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Le massacre d’Atocha, un crime d’État en pleine transition

Traduction d’un article paru dans Público d’Adéla LOBO par mes soins

Dans la nuit du 24 janvier 1977, des nervis armés d’extrême droite ont fait irruption dans un cabinet d’avocats du travail situé au numéro 55 de la rue Atocha. Les assaillants ont tué cinq personnes. Quatre autres ont été blessés.

MADRID
24/01/2023 07:15 MISE À JOUR : 24/01/2023 07:24
ADÉLA LOBO
Le récit de la transition comme pacifique et exemplaire se poursuit dans l’imaginaire social malgré les meurtres commis alors que Francisco Franco était déjà mort. Les événements de ce qu’on appelle la Semaine tragique de la Transition en sont exemplaires.

Le 23 janvier 1977, un membre de la guérilla paramilitaire de Cristo Rey assassine l’étudiant Arturo Ruiz lors d’une manifestation pro-amnistie.

Le lendemain, lors du rassemblement pour sa mort, María Luz Nájera Julián est décédée des suites de l’impact d’un fumigène lancé par la police anti-émeute. Cette même nuit, un groupe d’ultra-droitiers a attaqué le cabinet d’avocats du travail situé au numéro 55 de la rue Atocha.

C’est arrivé le 24 janvier 1977. Trois fascistes armés ont fait irruption dans ce bureau. Ils cherchaient Joaquin Navarro, dirigeant du syndicat des transports des Commissions Ouvrières. Alors que le célèbre syndicaliste était parti plus tôt et n’était plus au bureau, les militants d’extrême-droite ont tiré sur les personnes présentes. Ils ont tué trois avocats du travail, un étudiant en droit et un agent administratif. Quatre autres personnes ont été blessées

Le chercheur Carlos Portomeñe a publié Le Massacre d’Atocha et autres crimes d’État, un ouvrage qui traite du terrorisme d’extrême droite à la fin du franquisme et pendant la Transition.

Le travail de recherche de Portomeñe montre que l’État et des groupes de l’extrême droite italienne qui faisaient partie de l’Internationale Noire ont été impliqués dans le massacre d’Atocha.

« Nous parlons d’Italiens qui ont commis les attentats les plus sanglants, qui étaient recherchés dans leur pays et qui vivaient tranquillement en Espagne sous la protection des services de renseignement et de l’État », a expliqué Portomeñe à Público.

L’enquête de Carlos Portomeñe indique que Stefano Delle Chiaie, le chef de l’Internationale Noire, a été impliqué dans les événements de Montejurra, un autre crime d’État, selon les documents auxquels ce journal a eu accès. Le fasciste italien a également participé au meurtre d’Arturo Ruiz. « Delle Chiaie faisait partie du groupe de cinq personnes qui étaient présentes lors de l’assassinat d’Arturo Ruiz.

Et dans ce groupe se trouvait Fernández Cerra, qui le lendemain est l’un de ceux qui assassinent les avocats d’Atocha », précise Portomeñe. Tout cela prouve que les événements de la semaine tragique n’étaient pas le fruit du hasard mais étaient fortement liés les uns aux autres.
La nuit du 24 janvier
L’œuvre de Portomeñe recueille le témoignage de Miguel Sarabia, blessé lors de la fusillade : « Nous étions assis dans le salon lorsqu’un individu qui tenait une arme nous a dit de nous lever et de mettre les mains en l’air. » Les assaillants ont demandé si Joaquín Navarro se trouvait ici et les avocats ont répondu qu’il n’était plus dans ce bureau. Mais les nervis fascistes étaient certains qu’il était à cet endroit. Malgré l’absence du syndicaliste, ils ont tiré à bout portant.

Carlos García Juliay, José Fernández Cerra sont les assaillants qui ont appuyé sur la gâchette. Un troisième, Fernando Lerdo de Tejada, n’a jamais pu entrer dans le bureau. « Il était derrière la cloison vitrée qui se trouvait dans le bureau d’Atocha, il n’avait pas de balles dans son arme, mais il portait un énorme pistolet », a déclaré Alejandro Ruiz-Huerta, le seul avocat qui a subi cette attaque et qui est actuellement toujours en vie.

Les trois mis en cause sont entrés en prison en mars 1977. « Tous les 24 janvier, ils célébraient leur séjour en prison et la mort qu’ils avaient causée en réclamant un plateau de fruits de mer », révèle Ruiz-Huerta. Les militants syndicaux ont appris cette nouvelle par l’intermédiaire de leurs avocats et des responsables de la surveillance pénitentiaire. « Ils ne l’ont pas regretté à cet instant et ne l’ont jamais regretté », dit-il.

Défense du mouvement ouvrier
Les avocats du travail étaient dans le collimateur des groupes d’ultra-droite. Non seulement en raison de ses liens avec le CCOO et le PCE, mais aussi en raison de leur engagement pour la démocratie et de leur travail inlassable pour améliorer les conditions de travail des travailleurs.
« La tension a été très forte en janvier, entre autres évènements, parce que la grève des transports a été organisée ce mois-là », explique Ruiz-Huerta. « Entre nous, nous avions l’habitude d’accompagner nos collègues en voiture chez eux et nous attendions jusqu’à ce qu’ils rentrent », raconte-t-il.

Le bureau contre lequel ils ont mené l’attaque dans la nuit du 24 janvier 1977 était l’extension d’un autre similaire situé au numéro 49 Rue Atocha, qui était resté un peu à l’étroit en raison de sa grande activité. Tous deux appartenaient à un réseau de cabinets créés dans les années 1960 par le PCE pour défendre le mouvement ouvrier.
Les avocats effectuaient les démarches avec les administrations, recevaient dans leurs cabinets et se rendaient aux procès.

L’un des nombreux exemples du travail acharné des avocats du travail est la consultation qu’ils menèrent depuis leur balcon du cabinet. « Au moment où on a dit « au suivant’ » tous les salariés d’une entreprise sont entrés, ils avaient tous été licenciés », raconte Ruiz-Huerta. « Nous avons dû mener la concertation depuis le balcon pour parler aux 250 travailleurs », poursuit-il. C’était toute une entreprise du secteur chimique dont les ouvriers n’avaient pas touché leurs salaires depuis 2 mois. Finalement, ils ont réussi à gagner le procès.
Ce 24 janvier, les nervis d’extrême-droite ont assassiné Javier Sauquillo Pérez del Arco, Luis Javier Benavides Orgaz, Enrique Valdelvira Ibáñez, Serafín Holgado de Antonio et Ángel Rodríguez Leal. Que leurs noms ne soient pas oubliés !

Matilde Eiroa: « Hemos cometido el error de vincular la República con las izquierdas »

En octubre del 2019 encontré a Matilde Eiroa en el Congreso internacional de Mujeres exiliadas de 1939 en el Instituto Cervantes en Madrid. Matilde con quien había hablado desde Francia representando la asociación Retirada37 nos había dado la oportunidad que podamos intervenir. Una prima mía contó la historia de su madre Anita en el exilio. Me alegré esta mañana al leer el diario Público donde se entrevistaba a Matilde .Este artículo muy interesante sobre lo que es una República que no siempre tiene políticas de izquierdas.

MADRID
13/04/2024 21:56
ANA MARÍA PASCUAL@ANMARIAPASCUAL
Diario Público
La profesora titular de la Universidad Carlos III de Madrid Matilde Eiroa San Francisco desmiente tajantemente un dato invocado hasta la saciedad por la derecha y la extrema derecha españolas: la Segunda República fue la causa de la guerra civil. La catedrática de historia niega tal extremo: « No es momento de denostarla ni de mitificarla, pero no podemos dejar de valorar como aciertos de la República el sufragio universal, la separación Iglesia-Estado o la labor educativa, entre otros logros ». Este aniversario de la proclamación de la Segunda República, el 93º queda enturbiado por las llamadas leyes de la concordia con las que Vox y el PP tratan de criminalizar el periodo republicano y limpiar la imagen del franquismo. 

Profesora, la propuesta de ley de concordia del País Valencià equipara las víctimas del terrorismo de ETA con las del franquismo. ¿Qué le parece esto? 

Esto es vergonzoso, por el desconocimiento que muestran los autores de estas propuestas de ley de concordia en València y en Castilla y León, porque las víctimas del terrorismo tienen su propia ley y son víctimas son muy protegidas, algo que está muy bien; pero no son víctimas iguales que las del franquismo. PP y Vox tratan de igualar a todas las víctimas y dicen que todas son víctimas independientemente del lugar donde cayesen. Pero esto hay que matizarlo. No es igual atacar que ser atacado; hay que saber por qué una persona se convierte en víctima. 
Las víctimas son víctimas pero hay que explicar dónde, cómo y por qué. Por ejemplo, dónde hubo más campos de concentración. Pues en Galicia y en Castilla y León, que fueron zonas donde no hubo guerra porque desde el principio se sumaron algolpe de Estado golpe de Estado. 
Me ha llamado la atención que en la propuesta valenciana se ofrecen  cifras sobre las muertes por terrorismo, pero no de la represión del franquismo, de los encarcelados, exiliados, fusilados, gente en campos de concentración, ni de los cuerpos ya exhumados de las fosas. Y esto es un sesgo ideológico muy importante. 
Para las derechas, 1931 es una fecha maldita, pero olvidan que hubo republicanismo de derechas.
Es que la propuesta de ley valenciana me ha sorprendido por su planteamiento simplista; es de un bajísimo nivel pero con una gran carga política. Ya en la exposición de motivos dice que el ámbito de la ley va desde 1931 hasta la actualidad, son casi 100 años de la historia de España. ¿Por qué desde 1931, es decir, el inicio de la Segunda República española y no, por ejemplo, desde 1923, desde la dictadura de Primo de Rivera? Pues porque lo que quieren es apartar a la Segunda República del hilo que la vincula con la democracia actual. 
La futura ley de la concordia valenciana reconoce el mismo régimen de protección y reconocimiento a las víctimas de la Segunda República y del terrorismo que a las víctimas del franquismo. ¿Quiénes fueron las víctimas de la República?
Pues no tengo ni idea. Me imagino que pueden referirse a las víctimas de Paracuellos o a las que provocaron los comités de vigilancia en Madrid durante la guerra, las llamadas checas. En cuanto a lo de Paracuellos, ocurrió en noviembre de 1936, durante el primer asedio fuerte sobre Madrid de las tropas sublevadas. Los prisioneros del bando golpista estaban en la cárcel Modelo, al lado del Ministerio del Aire, en Moncloa. Las tropas golpistas los habían llevado al río Manzanares. Los dirigentes de la República tuvieron miedo de que pudieran cruzar el río y llegaran a rescatar los presos de la Modelo. 

Por eso decidieron llevárselos a la retaguardia, hacia València. No sabemos quién dio la orden de pararlos en el pueblo de Paracuellos del Jarama y allí los fusilaron. Fue un episodio muy lamentable, que perjudicó a la imagen de la República. 

¿Y las checas?

Eran comités de vigilancia que no tenían ninguna vinculación con el aparato soviético, pero desde el bando golpista se les dio ese nombre para igualarlo con el sistema soviético, tal y como ha estudiado el historiador Fernando Jiménez Herrera. Hubo desmanes en alguno de esos comités, con las llamadas sacas de presos para fusilarlos. Pero otros comités se dedicaron a labores solidarias, como llevar comida a los soldados, atender a las familias… 

¿Qué pretenden PP y Vox con las leyes de la concordia?

Erigirse como los salvadores frente a unas leyes, las de memoria democrática, que según ellos dicen han perjudicado la convivencia y el entendimiento social. Cómo llegar a la concordia sin pasar por la memoria; es imposible. Estas leyes que se han propuesto en València y Castilla y León destilan una gran ignorancia y un sesgo ideológico alarmante. No es lo mismo luchar en una guerra que ejercer la violencia durante décadas. No olvidemos que durante toda la década de los 40 y principios de los 50 la dictadura ejerció una tremenda violencia en desigualdad de fuerzas.
 
Pasados 93 años de la proclamación de la República, ¿queda algo por  descubrir de este periodo histórico, desde el punto de vista de los historiadores? 

Sí, todavía desconocemos cosas, pero las investigaciones están muy avanzadas y conocemos la gran arquitectura de lo que fue la Segunda República y cómo el fracaso del golpe de Estado condujo a una guerra civil. Hay que tener en cuenta que hay archivos que desaparecieron, como el del general Mola, el de Serrano Suñer, el de Sanjurjo.
 
¿Cuál fue el gran error de la República?

La rapidez en poner en marcha algunas de las medidas. No se tuvo en cuenta que en política se puede cambiar de un día para otro por unas elecciones, pero de mentalidad no se cambia en un día, se necesita más tiempo. Hay que tener en cuenta que la República española fue un modelo típico de los democracias de los años 30 y tuvo sus errores, como la república francesa o la alemana.
Hay que tener en cuenta además otros factores muy particulares de España, como el analfabetismo tan extendido, los privilegios de una clase social que estaban muy arraigados. Se pensó, por ejemplo, que se podrían construir muchos colegios públicos como para prescindir de las congregaciones religiosas, pero no se pudo cumplir esa promesa.  

¿Por qué la derecha tiene ese problema con el pasado y no puede reconocer lo que hicieron sus abuelos?

Nosotros no somos responsables de lo que hicieron nuestros abuelos, ni para bien ni para mal. No tenemos por qué sentirnos concernidos. Hay que tener en cuenta que la represión fue ejercida durante la dictadura por mucha gente: jueces, empresarios, policías y también ciudadanos de a pie. Esa violencia quedó impune y así quieren que siga, viendo quiénes son los autores de esta legislación de la concordia. 
Hay que recordar que el PP nació siendo Alianza Popular (AP), que se constituyó en 1976, con figuras clave del régimen. Y no hay que olvidar que en marzo de 1977 los dirigentes de AP reivindicaron la figura de Franco, con 3.000 simpatizantes. En 1989 AP se refundó y nació el Partido Popular. Y Vox ya sabemos que viene del PP. 

Retour sur la soirée du 6 avril 2024

Samedi 6 avril 2024, château du Plessis à La Riche, nous sommes accompagnés par la douceur printanière.

En fin d’après midi, la Cie Diotima, Véro LP et José Manuel Cano Lopez retiennent notre attention avec des contes, chansons populaires et poèmes espagnols, accompagnés par la dégustation de tapas…

En soirée nous avons vécu des moments très forts en émotions, avec la représentation de RAPSODIA concert théâtralisé de la Cie Arsenika « mémoires de femmes ayant vécu la guerre d’Espagne et la répression du franquisme ».

Un spectacle exceptionnel !!! nous avons pu le mesurer à la fin, par des applaudissements nourris et très longs…

Clara a été sublime dans ces interprétations du début à la fin, Raphaël nous a transporté avec ses instruments à cordes et percussions, je me souviendrai longtemps de ces morceaux interprétés au « Lavta ».

Un grand bravo à cette compagnie, surtout, n’hésitez pas à vous déplacer pour voir ce spectacle et même le produire si vous en avez la possibilité.

Merci à toute l’équipe « du Plessis, Tiers lieu Commun Culturel et Humaniste »
A la Cie Rapsodia

Et aux membres de Retirada37

James

Hommage au maquis des Glieres

Macron, lors de son hommage au maquis des Glieres a rendu hommages aux étrangers, aux gaullistes, aux communistes et… aux anarchistes qui y ont combattus. : « Des professeurs, paysans, notables, juifs comme catholiques, communistes, socialistes ou gaullistes, anarchistes, officiers français et étrangers unis dans le même combat face au nazisme » (Ouest-France, France Inter) .

C’est la première fois qu’un président de de la république rend compte du rôle des anarchistes (la plupart espagnols) dans les combats de la résistance en France (rôle important en Auvergne, Ariège, Limousin et haute Garonne). (https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-savoie/video-emmanuel-macron-aux-glieres-retour-sur-l-histoire-de-ce-maquis-symbole-de-la-resistance-2946399.html)

Pour en sa voir plus : http://resistance-espagnole74.com/pourquoi-des-espagnols-a-glieres/

https://www.24-aout-1944.org/Les-combattants-espagnols-dans-la/

La violence extrême de la dictature de Franco

Trois jours de colloque sur le franquisme et une grande expo à Toulouse : « C’est exceptionnel en Europe »

Mercredi 20 mars 2024 à 21:41

Par

  • France Bleu Occitanie

Jusqu’à vendredi, des historiens participent à Toulouse à un colloque sur le franquisme, la dictature de Franco en Espagne, de 1939 à 1977. Une grande exposition suivra ensuite à partir du 4 avril. Avec un écho particulier à Toulouse, qui fût capitale de l’exil des Républicains espagnols.

Le colloque se déroule dans l'hémicycle départemental.
Le colloque se déroule dans l’hémicycle départemental. © Radio France – Mathieu FERRI

« C’est le début d’un cycle scientifique et mémoriel » résume François Godicheau. L’historien toulousain spécialiste de la guerre d’Espagne et de ses suites, est l’organisateur de « Anatomie du franquisme » : un colloque jusqu’à vendredi au Conseil départemental de Haute-Garonne, et une grande exposition qui débutera le 4 avril au musée départemental de la Résistance et de la Déportation, à Toulouse. Il y en aura une deuxième en 2025.

« C’est exceptionnel à Toulouse, en France et en Europe. C’est le premier colloque de synthèse sur l’histoire du franquisme après trois décennies de recherche intense » insiste François Godicheau. Pour ces échanges en langue espagnole, les meilleurs historiens de l’autre côté des Pyrénées sont présents pour exposer leurs travaux sur la dictature du général Franco, qui a régné sur l’Espagne de la fin de la guerre civile en 1939 jusqu’à sa mort en 1975. Le régime a perduré jusqu’en 1977.

« Une dictature d’une violence extrême »

Ces historiens réunis à Toulouse viennent des universités de Madrid, de Barcelone, de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Valence, etc. Leur but : faire mieux prendre conscience les horreurs de cette dictature aux Français. Car pour François Godicheau, il y une ignorance sur le sujet : « Dans les consciences en Europe, ce régime était certes autoritaire, mais finalement paternaliste sur la fin, etc. Non, c’était une dictature d’une violence extrême ! (…) Il y a une condamnation morale absolue du fascisme et du nazisme dans la conscience européenne, mais elle n’a pas touché le franquisme. C’est donc extrêmement important de rétablir ce qu’a été cette dictature et de comprendre sa nature et comment elle a duré 40 ans« .

Toulouse, capitale de l’exil républicain… mais qui l’oublie

Et le choix de Toulouse n’a rien d’un hasard : la ville a été la « capitale de l’exil » des républicains espagnols. Des familles qui ont fuit les combats en 1936-1939 et qui ont refusé la dictature de Franco. En 1945, 10% de la population de Toulouse était ainsi d’origine espagnole. La ville a aussi accueilli le siège de plusieurs partis politiques, et notamment du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol).

Parmi les spectateurs de ce colloque, Placer Marey-Thibon. Cette fille de réfugiés est présidente du CTDEE, le Centre Toulousain de Documentation sur l’Exil Espagnol. Avec le temps, et la progressive intégration en France, difficile de maintenir une identité et de transmettre la mémoire des Espagnols exilés à Toulouse. Mais Placer Thibon espère que ce colloque et cette expo vont donner « un nouveau souffle » et « une prise de conscience« .

Pas de projet de musée à l’horizon

Placer Marey-Thibon rêve aussi d’un musée, mais pour l’instant aucune collectivité, Ville, Département ou Région, ne semble intéressée : « Toulouse se revendique ville capitale de l’exil républicain, mais je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ne savent même pas ce que cela signifie« .

« On a l’impression d’être parfois ignoré et c’est un peu douloureux. Si on a fondé cette association en 2008, c’est pour essayer de perpétuer cette mémoire. On essaie de récupérer beaucoup de choses, mais c’est aussi très frustrant parce qu’on se dit la mémoire va être perdue, que nous sommes les derniers des Mohicans… »

Elle insiste aussi sur l’héritage : « La plupart des enfants de réfugiés ont compté dans la vie toulousaine, dans la vie culturelle, scientifique, etc. Alors c’est dommage de l’oublier. Nos parents ont eu un rôle. Nous, on continue à avoir un rôle. Peut-être que ces journées vont être un déclencheur« .

Notamment pour l’avenir du CTDEE : le centre doit être délogé de son local au faubourg Bonnefoy, rue des cheminots. Il est hébergé par la mairie, mais le quartier est en démolition et en transformation. Le CTDEE va devoir déménager, mais à ce jour, il n’a pas de point de chute.

 

Les 23 de l’Affiche rouge vont être honorés, et nous nous en félicitons.

Notre association RETIRADA37 a participé à de nombreux hommages en direction des antifascistes espagnols. Hier encore 18 février 2024 Juan Francisco Ortiz, à travers ses œuvres musicales à la guitare nous faisait vivre avec une profonde émotion les souvenirs de son père emprisonné dans le camp d’extermination de Mathausen.
En plus de ces 23, de nombreux étrangers ont participé aux combats de la Résistance, certains ont été emprisonnés, déportés et fusillés. D’autres ont pu témoigné de leurs luttes antifascistes comme tous ces Espagnols qui après la guerre d’Espagne ont rejoint la Résistance pour défendre la France, les valeurs de la République bafouées lors de leur entrée en territoire français dans les camps de concentration d’Argelès, de Septfonds, du Vernet….Malgré tout cela ils furent les premiers à entrer dans Paris avec La NUEVE, ils constituèrent dans la Résistance le noyau dur des combattants avec leur expérience de la « guerrilla », ils furent avec d’autres étrangers, « et nos frères pourtant » comme le dit Aragon, plus patriotes que beaucoup de Français.

Se souvenir de cette période devrait nous inciter à avoir un minimum de lucidité pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui. La montée des extrêmes droites en Europe devrait nous alerter. La lepénisation des esprits, la montée du FN appelé aujourd’hui RN devrait nous inciter à la réflexion. Comment un parti qui a été créé par d’anciens collabo proches de Déat ou Doriot, anciens membres de la Waffen SS, ex-membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète, qui organisa de nombreux attentats en Algérie et en France), néofascistes de toutes variétés, et autres négationnistes et associé aujourd’hui à l’AFD au parlement européen, peut aujourd’hui être « dédiabolisé » et séduire autant de personnes.

Ce qui s’est passé pendant cette période ne peut être effacé d’un trait de plume. Les héritiers idéologiques, historiques qui se revêtissent d’ une tenue de camouflage les faisant apparaître comme présentables ne peuvent nous faire oublier ce qu’ils sont réellement. L’Histoire ne peut être malmenée, détournée, falsifiée. Les faits sont les faits. Ce qu’ont vécu les antifascistes espagnols doit être raconté et raconté.
Certains pensent aujourd’hui qu’il n’est pas utile de rappeler cette Histoire, que cela ne sert à rien, que dénoncer l’extrême droite sous cette forme serait contre-productif, qu’il faudrait seulement montrer que leur politique est libérale et contraire à l’intérêt des travailleurs, pour que les gens comprennent. En quelque sorte participer à leur « dédiabolisation » sous une autre forme, sans dénoncer le caractère fascisant de leurs orientations. Ayons le courage d’appeler un chat un chat ! Et cessons de tourner autour du pot en les dédouanant de leur passé ignoble qu’ils veulent faire oublier. Le danger est bien réel aujourd’hui, rassemblons tous ceux qui veulent vivre en paix, en liberté, en démocratie contre tous ceux qui sans se réclamer de ce passé immonde sont les héritiers directs de ces idéologues de la peste brune des années 30.
Se souvenir des 23 et de tous ces étrangers, « qui criaient la France en s’abattant » c’est aussi leur rendre hommage par notre combat antifasciste, de façon claire.
Luis

L’affiche rouge

Vous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.

Louis Aragon.​

Communication CAMINAR

​ Des FTP-MOI honorés à travers Missak Manouchian

​ Missak Manouchian entre au Panthéon
Le jour même de l’entrée de Missak Manouchian et de son épouse Mélinée au Panthéon, le mercredi 21 février 2024, plus de 25 associations dont la Coordination Caminar,  l’Association des Parents de Familles Espagnoles Emigrées en France  et Terres de Mémoires et de Luttes, vont leur rendre un hommage à Bordeaux, à Paris et Montrouge.

Dans ces trois villes auront lieu des conférences de presse, des cérémonies et dépôts de gerbes, à Bordeaux, la projection du film « Ni Travail, Ni Famille, Ni Patrie » – suivi d’un débat – et des émissions radios.

Cet hommage sera aussi celui de tous ces milliers de combattants et résistants étrangers, qui ont lutté avec courage, les armes à la main, afin de défendre la République française et ses valeurs et ainsi de combattre le nazisme.

Alfonso Celestino (1916-1944)
Rappelons que le 21 février 1944, au fort du Mont-Valérien, les Allemands ont fusillé 22 membres du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian, parmi lesquels figurait un Espagnol : Celestino Alfonso.
Originaire de la province espagnole de Salamanque, Celestino Alfonso arrive en France en 1927. En 1934, il adhère aux Jeunesses Communistes et en 1936, rejoint le combat des Républicains espagnols en s’engageant dans les Brigades Internationales. A partir du 27 août 1936, il est mitrailleur avec le grade de sergent dans la 3ème Brigade. Blessé en 1938, il a le grade de capitaine au moment de la Retirada. En février 1939, il est interné au camp de concentration d’Argelès-sur-Mer. Camp qu’il quitte en décembre 1939 pour être intégré dans une compagnie de Travailleurs Etrangers.
De retour à Paris en juin 1940, il est arrêté et passe un mois en prison avant d’être envoyé en Allemagne. Revenu en France, en juin 1941, il adhère au Parti Communiste clandestin. En juillet 1943, il intègre les FTP-MOI. Il participe à de nombreux attentats dirigés contre les forces d’occupation allemandes, jusqu’à son arrestation, le 17 novembre 1943, à Paris. Condamné à mort, il est fusillé le 21 février 1944
​ Liste des 23 membres du groupe Manoukian :
1. Alfonso Celestino, Espagnol, 27 ans
2. Bancic Olga, Roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944)
3. Boczov Joseph, Hongrois, 38 ans
4. Cloarec Georges, Français, 20 ans
5. Della Negra Rino, Italien, 19 ans
6. Elek Thomas, Hongrois, 18 ans
7. Fingercwajg Maurice, Polonais, 19 ans
8. Fontanot Spartaco, Italien, 22 ans
9. Geduldig Jonas, Polonais, 26 ans
10. Glasz Emeric, Hongrois, 42 ans
11. Goldberg Léon, Polonais, 19 ans
12. Grzywacz Szlama, Polonais, 34 ans
13. Kubacki Stanislas, Polonais, 36 ans
14. Luccarini Cesare, Italien, 22 ans
15. Manouchian Missak, Arménien, 37 ans
16. Manoukian Armenak Arpen, Arménien, 44 ans
17. Rajman Marcel, Polonais, 21 ans
18. Rouxel Roger, Français, 18 ans
19. Salvadori Antoine, Italien, 24 ans
20. Schapiro Willy, Polonais, 29 ans
21. Usseglio Amedeo, Italien, 32 ans
22. Wajsbrot Wolf, Polonais, 18 ans
23. Witchitz Robert, Français, 19 ans

L’association 24 août 1944 & Le collectif pour la commémoration des résistants étrangers en France vous invitent le 21 Février

Afin de rendre hommage, à l’occasion de l’entrée de Missak Manouchian au Panthéon, aux résistants étrangers et plus particulièrement aux Portugais et aux Républicains espagnols. Un certain nombre d’actes auront lieu ce 21 février tant à Bordeaux qu’à Paris. Nous vous invitons à consulter le programme (ci dessous) et à vous joindre à nous pour cette cérémonie collective.

Le collectif :

La Ligue des Combattants et Résistants portugais, région Nouvelle-Aquitaine/ Le Comité Sousa Mendes/ Le CERMI, Centre d’Études et de Recherche sur les Migrations Ibériques / L’Amicale des anciens Guérilleros espagnols / Ay Carmela de Bordeaux / Le Rahmi/ La Ligue des Droits de l’Homme, section de Bordeaux / La Ligue des Droits de l’Homme, fédération de la Gironde / La Clé des Ondes / Le Luso Jornal / Mémoire vivante / Ancrage en partage / Les Amis du Plateau, Champigny / Radio Alpha / Mémoire vivante / Association du 24 aout 1944 / Activa / CCPF / Terre de Lutte et de Mémoire d’Oloron-Sainte-Marie.

Les partenaires et institutions :

Mairie de Bordeaux / L’ONAC / Groupement régional du Groupement des porte-drapeaux de la zone Sud-Ouest Aquitaine / Le cinéma Utopia à Bordeaux / Mairie de Paris / Mairie de Montrouge / Ambassade du Portugal et consulat du Portugal à Paris / Mairie de Bordeaux et consulat du Portugal de Bordeaux / Ambassade espagnole et consulat d’Espagne de Paris et de Bordeaux / Université Paris 8 / Caminar / O Sol de Portugal.

Contacts :

Contacts à Paris : Marie-Christine Volovitch Tavares et Cristina Clímaco

Contacts à Bordeaux : Manuel Dias et Valentin Fernandes.

D’autre part, nous vous convions à

la Projection du 28 février

TERRORISTES À LA RETRAITE

un documentaire :

de Mosco Levi Boucault

(1983/diffusé le 5 /06/1985 grâce à Marin Karmitz ; MK2 dans son cinéma, 14 juillet Racine)
(84’)

Des terroristes à la retraite, soutenu par l’actrice Simone Signoret. Le film raconte l’histoire d’émigrés venus de l’Est, réunis par la CGT au sein de ses sections étrangères de la M.O.I (main-d’œuvre immigrée), et qui vont prendre les armes, (quand le pacte germano-soviétique sera rompu), à l’instigation du Parti communiste français, pour mener des actions de guérilla contre l’armée allemande à Paris.

« L’Affiche rouge » symbolise leur combat : elle porte les photos de 10 de leurs 23 camarades arrêtés et fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944. Parmi eux le poète arménien Missak Manouchian qui écrira dans sa dernière lettre à son épouse Mélinée: « je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal, ou qui ont voulu me faire du mal, sauf à celui qui nous a trahis pour sauver sa peau et à ceux qui nous ont vendus ».

Ces paroles « ceux qui nous ont vendus » se réfèrent à la direction militaire du Parti communiste clandestin en région parisienne qui n’a pas su mettre à l’abri les combattants étrangers des FTP.MOI (francs-tireurs partisans de la main-d’œuvre immigrée) malgré des informations concordantes qui lui étaient parvenues sur les filatures de la police qui les menaçaient.

Le scénario reconstitue le parcours de cinq ex MOI en l’émaillant du témoignage de camarades. Ces sources de première main, celles des seuls survivants, sont présentées dans le cadre d’une contextualisation confiée à des historiens.

La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur Mosco Boucault (sous réserve), et Jean Estivill le neveu de Celestino Alfonso et en présence de Mesdames Juana Alfonso, petite fille et Christine Montiel nièce de Celestino Alfonso, un des 23 fusillés du 21 février 44 au Mont Valerien.

Le mercredi 28 février 2024 à 19h

Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes

2/4 rue des Lilas

75019 Paris

Entrée gratuite