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L’or de Moscou

Le 25 octobre 1936, 510 tonnes d’or de la Banque d’Espagne ont été expédiées à Odessa, puis à Moscou. À la fin de la guerre civile espagnole, le trésor de la Banque d’Espagne avait été liquidé. En 1994, Maria Dolors Genovés, directrice des programmes spéciaux de TV3, a réalisé pour cette chaîne de télévision régionale un précieux documentaire intitulé L’Or de Moscou, un travail d’investigation qui, pour la première fois, a donné accès à la documentation la plus secrète des archives de l’Armée rouge à Moscou.

Le terme “Oro de Moscou”, ou aussi “Oro de la República”, fait référence à l’opération de transfert de 510 tonnes d’or, correspondant à 72,6 % des réserves d’or de la Banque d’Espagne, de son dépôt à Madrid vers l’Union soviétique, quelques mois après le début de la guerre civile espagnole, ainsi qu’aux négociations ultérieures liées à sa vente à l’URSS. Les fonds obtenus ont servi à l’achat d’armement commandés pendant la guerre sur ordre du gouvernement de la Seconde République, présidé par Francisco Largo Caballero, et à l’initiative de son ministre des Finances, Juan Negrín. Le quart restant de la réserve de la Banque, soit 193 tonnes, a été transféré et converti en devises en France, une opération connue par analogie sous le nom d’Or de Paris.

L’or de Moscou

De María Dolors Genovés

Titre original “El oro de Moscu”

1994 – Espagne – 65′

Espagnol et catalan sous-titré en français

Coro, Tierra y libertad – Preliminares

Actuación en directo del concurso oficial de agrupaciones carnavalescas de Cádiz (COAC), retransmitidos a través de Onda Cádiz Televisión.

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Les réfugiés républicains espagnols piliers de la Résistance en Limousin

Il y a 80 ans, en Espagne, le général Franco remportait la victoire sur les Républicains, provoquant un exode massif de réfugiés vers la France.
Plusieurs milliers d’entre eux furent accueillis en Limousin et beaucoup jouèrent un rôle essentiel dans la Résistance…

Spécialiste de l’époque troublée de la guerre civile espagnole, l’universitaire Tiphaine Catalan travaille depuis plusieurs années sur le parcours des exilés espagnols réfugiés en Limousin après la défaite des Républicains.

Au fil de ses recherches elle a constaté l’ampleur de cet exil.

Quatre-vingt ans plus tard, ses travaux bientôt publiés montrent également le rôle essentiel qu’ont joué de de nombreux anciens combattants républicains de la Guerre d’Espagne dans les mouvements de résistance du Limousin.

Une guerre civile

Espagne, 1936 : après l’arrivée au pouvoir d’un Front Populaire, la contre révolution du général Franco dégénère en guerre civile.

La lutte entre les militaires nationalistes et les défenseurs de la République pousse de nombreux Espagnols sur les routes de l’exil.

En 1937 les premiers réfugiés, une centaine de femmes et d’enfants, arrivent en Limousin. Ils suscitent un important élan de solidarité. Des comités de soutien se mettent en place.

La Retirada : 7 000 réfugiés espagnols arrivent en Limousin

En 1939 Franco écrase les Républicains : des milliers de nouveaux réfugiés franchissent alors la frontière, c’est la Retirada.

En quelques semaines, près de 7 000 exilés espagnols arrivent en Limousin, beaucoup par le train.

Des femmes et des enfants encore, mais aussi pour la première fois, 3 500 d’hommes. La plupart sont des combattants républicains qui ont combattu les troupes de Franco pendant plusieurs années et qui ne peuvent plus rester en Espagne.

Femmes et hommes vont être séparés.

700 femmes vont être regroupées dans l’ancienne caserne de Magnac-Laval dans le nord de la Haute-Vienne.

D’autres seront envoyées à Bellac, dans le château du Chatelard à Saint-Junien ou dans l’ancienne prison désaffectée d’Aubusson en Creuse.

70 morts dans le camp de Nexon

La plupart des hommes vont être regroupés dans des camps, puis dans 14 compagnies de travailleurs étrangers (CTE) où ils jouissent d’une relative autonomie. Dépendants du ministère des armées ils effectuent des travaux pénibles laissés en jachère par les français mobilisés.

Des camps dits « de concentration » sont implantés à Saint Germain les Belles, Saint Paul d’Eyjeaux , Nexon, Sereilhac et La Meyze.

Durant l’hiver 1942, 70 réfugiés espagnols mourront de froid, de maladie et d’épuisement dans le camp de Nexon.

En 1940, après la défaite et l’armistice face à l’Allemagne, les réfugiés espagnols deviennent indésirables et suspects pour le gouvernement de Collaboration de Pétain.

En Limousin, beaucoup de femmes et d’enfants vont être expulsés de leurs lieux d’accueil pour laisser la place aux nouveaux réfugiés alsaciens.

Disséminés dans des Groupements de Travailleurs Etrangers

La surveillance des hommes va se renforcer. Les Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE) vont être transformées en Groupements de Travailleurs Etrangers (GTE).

Bien que le régime de Vichy les considère comme des ennemis potentiels, ils vont être dispersés dans les campagnes dans des petits groupes jouissant d’une relative autonomie.

Pour pallier le manque d’hommes mobilisés sur le Front ils effectuent des travaux de force sur des chantiers, dans les forêts, dans les fermes ou dans les mines.

En Corrèze, les barrages de l’Aigle et de Bort-les-Orgues seront construits en partie par les GTE espagnols.

Ces petits groupes d’anciens combattants soudés, politisés (ndc : notamment à la CNT en ce qui concerne le barrage de l’Aigle) et éloignés des villes vont rapidement devenir l’un des principaux terreaux des maquis limousins en gestation.

Le temps des Maquis

En novembre 1942, les Allemands envahissent la zone libre.

C’est aussi le début de l’entrée des Espagnols dans les mouvements de la Résistance limousine.

Avec l’instauration du Service de Travail Obligatoire en Allemagne (STO) la plupart des hommes des Groupements de Travailleurs Etrangers (GTE) espagnols disséminés dans les campagnes du Limousin vont prendre le Maquis.

Ils vont rapidement y être appréciés et très recherchés. Ils vont s’illustrer par leur expérience, leur efficacité et leur courage.

On va les retrouver indifféremment dans les trois principaux mouvements de Résistance à l’œuvre dans la Région : les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), l’Armée Secrète (AS) et l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Forts de leur expérience de la guérilla contre les troupes franquistes mais aussi de leur culture politique, les réfugiés espagnols joueront souvent un rôle de formateurs et d’instructeurs auprès des jeunes Français inexpérimentés qui ont rejoint le Maquis.

Les anciens de la Guerre d’Espagne sont également réputés pour leur expertise en matière d’explosifs. Les « dynamiteros », comme certains les appelaient à l’époque, seront à l’origine de nombreuses opérations de sabotage.

On estime qu’au moins 2 000 réfugiés républicains espagnols ont combattu dans la Résistance en Limousin.

Des figures marquantes de la Résistance

En Creuse, dans les environs de Grand-Bourg, une douzaine d’hommes du 420ème GTE se regroupent et prennent le Maquis autour de Vidal de Juan Baldazo, dit Vidal. Quatre d’entre eux seront arrêtés, torturés et fusillés à la prison de Limoges en 1944.

A Limoges, Casto Balesta, un anarchiste de la CNT qui avait participé à des expériences de collectivisation en Catalogne, prend contact avec l’Armée Secrète. Il en deviendra un des leaders jusqu’à la Libération.

A Treignac, en Corrèze, Joaquim Muro, dit Quino, ancien combattant communiste en Andalousie, rejoint le Colonel Guingouin, le chef du Maquis Limousin, dont il deviendra l’un des hommes de confiance jusqu’à la fin de la Guerre.

La socialiste barcelonaise Neus Català combat les nazis dans les Maquis de Dordogne et de Corrèze avant d’être arrêtée, emprisonnée à Limoges, torturée puis déportée à Ravensbrûck.

En juillet 1944, lors de la célèbre bataille du Mont Gargan, le colonel Guingouin les charge de contenir l’avancée allemande dans le cimetière de Saint-Gilles-les-Forêts.
Ils tiendront leur position pendant plusieurs jours face aux Allemands et aux miliciens, permettant à la Résistance d’évacuer plus facilement les armes et les munitions parachutées par les Alliés.

Le « Capitaine Tito »

En 1942, âgée de 5 ans, Amada Pedrola Rousseaud arrive à Bellac avec sa mère, une militante communiste qui avait fui Barcelone. Elle se souvient de son oncle qui les y a rejoints.

Après avoir combattu Franco dans l’armée républicaine en Catalogne Francisco Valero avait fui l’Espagne en 1939 avec les derniers réfugiés à franchir la frontière. Puis il avait rejoint la Résistance en Limousin après s’être évadé d’un camp de travail de l’organisation Todt en Bretagne.

Devenu le « capitaine Tito », il créé alors son propre groupe de l’Armée Secrète à Bellac : le « groupe Cherbourg ».

Avec 200 maquisards sous ses ordres, dont une majorité d’Espagnols, le « capitaine Tito » se spécialise rapidement dans les opérations de commandos et de sabotage.

Depuis son camp dissimulé dans les bois du Roy il organise des opérations de récupération de parachutage d’armes effectués par les alliés au Dorat.

Il fait exploser un pont sur la Glayeule à Bellac et en 1944 il mène des combats contre les Allemands à Droux.

Avec ses hommes Francisco Valero participe à la libération de Bellac et il défilera dans les rues de la ville lors des cérémonies de la Victoire.

D’autres groupes de résistants espagnols défileront aux côtés des hommes de Georges Guingouin à la libération de Limoges.

L’impossible retour

Après la Libération, comme beaucoup de réfugiés espagnols ayant participé à la Résistance, le « capitaine Tito » ne parlera plus de la guerre, même à sa famille.

Il se fondra dans la vie civile, abandonnera toute activité militante et tentera de reconstruire une vie paisible, avec dans le cœur, la blessure de l’impossible retour vers sa terre natale gouvernée d’une main de fer par la dictature franquiste jusqu’en 1975.

Une exposition consacrée aux Brigades Internationales espagnoles se tient actuellement au Musée de la Résistance à Limoges.

VIDEO : de la Guerre d’Espagne à la Résistance en Limousin

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/guerre-espagne-resistance-limousin-1759675.html

La Nueve, ces anarchistes qui libérèrent Paris…

Manuel se souvient… Il a perdu la plupart de sa famille pendant le bombardement nazi en Espagne. Après la défaite, Manuel rejoint la Neuvième compagnie, La Nueve, dans une lutte désespérée pour libérer l’Europe du Nazisme et retrouver sa fille.

Voir ce le lien vers ce petit film (en espagnol) de 14 minutes
: https://fibabc.abc.es/cortos/la-nueve/

Label Histoire – Les réfugiés Espagnols

Et vous, auriez-vous tendu la main aux réfugiés de la guerre d’Espagne ?

En février 1939, après la victoire de Franco, un demi-million d’espagnols traverse les Pyrénées pour chercher refuge en France. Ils n’ont plus rien. Juste faim et froid. Et fuient 3 ans de guerre civile qui les ont déjà épuisé.

Mais désignés comme des « étrangers indésirables », les réfugiés vont être traités comme du bétail, logés dans ce qu’on n’a pas peur d’appeler à l’époque « des camps de concentration » avant d’être emportés dans le tourbillon de ce qu’ils appellent la guerre de France, c’est-à-dire la seconde guerre mondiale !

Pourquoi Léon Blum n’a-t-il pas soutenu le Front Populaire espagnol ? La France a-t-elle trahi les républicains ? Et vous, auriez-vous tendu la main aux réfugiés de la guerre d’Espagne ?

Myriam Bounafaa et François Reynaert mènent l’enquête auprès de Cali, le chanteur, et ceux qui ont vécu le drame …

ENTUSIASMO

L’association 24 août 1944
vous invite à la projection

du Documentaire:

ENTUSIASMO

De Luis Herrero

Pour la première fois en France, la transition à ses premiers instants, avec ses espoirs et ses déceptions.

El entusiasmo, de Luis Herrero, 2018, 80’

Une fois Franco mort, Tout paraissait possible !

Un film documentaire qui nous fait partager ce fol espoir de liberté avec les films d’archives de l’époque !

Tout y est : la réapparition au grand jour de la CNT fin des années 70, la contreculture, les innombrables grèves, le pacte de la transition, et la provocation policière de la Scala pour abattre une CNT qui recommençait à avoir une trop grande influence.

Avec la mort de Franco, un nouvel état d’esprit s’est emparé de la société espagnole. Luttes ouvrières, luttes de quartier, légalisation des partis et des syndicats, féminisme, contre-culture… des libertés collectives et individuelles qui ont trouvé une intensité particulière dans la sphère libertaire et dans la CNT. Dans une évolution fulgurante, la CNT passe en deux ans seulement de la clandestinité à l’organisation de manifestations de masse, sa trajectoire étant interrompue au début de l’année 1978 par une sombre affaire d’infiltration policière, dite affaire Scala. « El Entusiasmo » est l’histoire de quelques années intenses et uniques au cours desquelles la rue et les journaux parlaient d’utopie et de révolution, de rupture, de réforme et de changement. Une fois Franco mort, tout semblait possible.

L’Espagne, 1976 : Après quarante ans de dictature, la reconstruction du syndicat anarchiste CNT pendant la Transition vers la démocratie dépassa toutes les prévisions. Mais sa spectaculaire croissance n’allait pas passer inaperçue dans un moment particulièrement délicat pour le pays. El entusiasmo est aussi l’histoire d’un échec.

Luis E. Herrero (Madrid, 1976). Historien, cinéaste et chercheur culturel. Au sein de Hanoi Films, il réalise et produit des documentaires qui portent un regard sur le passé. Ses dernières œuvres comprennent le long métrage El Entusiasmo (2018) et les courts métrages Vitoria, mars 1976 (2019) et El largo túnel (2020), disponibles sur différentes plateformes de films en ligne. Son travail dans le domaine de la recherche et de la diffusion culturelles l’a amené à collaborer avec diverses institutions et publications sur l’histoire, l’art et le cinéma.

Le jeudi 18 novembre 2021 à 19h suivi d’un débat avec le réalisateur, Luis Herrero.

Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes

2/4 rue des Lilas

75019 Paris

Entrée gratuite (dans le respect des consignes sanitaires)

Federica Montseny “La femme qui parle”

Vaut-il la peine de trahir ses propres idéaux pour ce qui vous semble être un bien plus grand ?
Au milieu de la guerre civile espagnole, l’influence de l’anarcho-syndicalisme a amené Federica Montseny au gouvernement de la République. Elle l’accepte à contrecœur pour empêcher la montée du fascisme et devient la première femme ministre d’Espagne et d’Europe.
Après la guerre, Montseny s’est exilée en France, où elle fait face à un procès d’extradition qui met à l’épreuve ses fortes convictions. Si elle le perd, elle retournera dans l’Espagne de Franco pour être exécutée.

Avec : Màrcia Cisteró (Federica Montseny), Emilio Gutiérrez Caba (Largo Caballero), Òscar Muñoz (Germinal Esgleas), Miquel Gelabert (Federico Urales), Ivan Benet (Joan Garcia i Oliver), David Bagés (Joan Peiró), Fran Nortes (Juan López), Pep Ambròs (Marianet), Candela Moreno (Mercedes Maestre), Vicente Genovés (Manuel Azaña), Jaime Linares (Juan Negrín), Sergi Torrecilla (Jesús Hernández) et Òscar Intente (Lluís Companys)

Produit par Distinto Films en coproduction avec Televisió de Catalunya et Voramar Films et avec la participation d’À PUNT MÈDIA et d’IB3, avec le soutien du Departament de Cultura de la Generalitat de Catalunya, l’Institut Valencià de Cultura, Creative Europe Media Programme of the European Union et avec la collaboration du Ministeri d’Igualtat-Institut de la Dona et la participation de CREA SGR, 2021

Laura MAÑA, mars 2021, 85 min, Catalan – castillan – français sous-titré en français

La Mancha, rouge et internationale

Dans la province de la Mancha, les plaines d’Albacete évoquent les fameuses batailles de Don Quichotte contre des moulins à vent. Elles furent également le théâtre d’un combat bien réel, celui des Brigades Internationales. Lorsque la guerre d’Espagne éclate en 1936, des hommes y viennent des quatre coins du monde pour lutter contre la montée du totalitarisme.

L’Espagne vivra, Henri Cartier Bresson (1938-1939)

« L’Espagne vivra » est un film documentaire français réalisé en 1938 par Henri Cartier-Bresson sur la guerre civile en Espagne et sorti en 1939.
Le film est structuré en trois parties : un exposé de la présence militaire étrangère venue aider la rébellion franquiste, une dénonciation de la politique de non-intervention décidée par la Société des Nations et la valorisation du travail militant des membres du Secours populaire français en faveur de l’Espagne républicaine.

Ce document a été restauré par les Archives Françaises du Film du Centre National de la Cinématographie, Ministère de la culture.

Titre : L’Espagne vivra

Réalisation : Henri Cartier-Bresson

Écriture du commentaire : Georges Sadoul

Production : Secours populaire français

Pays d’origine : Drapeau de la France France

Format : Noir et blanc – 1,37:1 – Son mono – 35 mm

Genre : film documentaire

Durée : 45 minutes

Date de sortie : France – 1939

Les Deux mémoires – Jorge Semprún

Film visible sur HENRI jusqu’au mercredi 20 avril 2022

Les Deux mémoires, « une enquête sur les mémoires républicaine et franquiste », selon les mots de Jorge Semprún, se construit autour d’entretiens réalisés en 1972 en France et en Espagne, d’images d’archives de la Guerre civile et d’actualités de la période franquiste.

https://www.cinematheque.fr/henri/film/59381-les-deux-memoires-jorge-semprun-1972/?fbclid=IwAR1KmNeuHgBVndc3hzjcUkT1brwJllQFJ9ujxyIWAUEvHK2tPInhzM0BHi4

Avec les témoignages de Federica Montseny (dirigeante de la CNT, anarchiste), Santiago Carrillo (secrétaire général du PCE, communiste), José Peirats (dirigeant de la CNT), Maria Casarès (comédienne), Gabriel Jackson (historien), Fernando Claudín (ancien secrétaire du PCE), José María Gil-Robles (ancien dirigeant de la CEDA, conservateur), Lucio Losa (ancien militant des JSU, gauche), José Menese (cantaor de flamenco), Ian Gibson (écrivain et enseignant), Wilebaldo Solano (dirigeant du POUM, marxiste), Juan Andrade (dirigeant du POUM), Manuel de Irujo (conseiller du gouvernement basque en exil), Juan Goytisolo (romancier), Núria Espert (comédienne), José Martin Artajo (écrivain), André Malraux (écrivain), Lucy Durán (musicologue), Carmen Claudín (étudiante), Simón Sánchez Montero (dirigeant du PCE), Dionisio Ridruejo (écrivain, ancien dirigeant de la Phalange espagnole), Xavier Domingo (écrivain), l’abbé de Montserrat, Raimon (chanteur), Yves Montand (comédien).

Film restauré en 2010 par la Filmoteca de Catalunya, la Filmoteca española et la Cinémathèque française avec le soutien de Jorge Semprún à partir des éléments originaux conservés par le laboratoire LTC. L’analyse de ces éléments et d’une copie conservée à la Cinémathèque française a permis de reconstituer une version fidèle à celle qui avait été découverte en salles par le public français en 1974. Ce nouveau tirage a été réalisé en 2012 par le laboratoire Éclair.

« Il y a eu amnistie et amnésie. L’amnistie, c’est évident, ça passe par la loi, mais l’amnésie, ça ne se légifère pas. On ne peut pas dire, comme dans l’édit de Nantes : « Il est interdit de rappeler les troubles du passé. » Ça a trop duré en Espagne, et c’est un signe de bonne santé démocratique qu’on puisse aujourd’hui se permettre le luxe de retrouver la mémoire. » (Jorge Semprún)

La mémoire, la possibilité du partage d’une expérience vécue, étaient au cœur des préoccupations de Jorge Semprún (1923-2011), qui a vécu l’exil au début de l’adolescence, la Résistance, la déportation à Buchenwald, puis l’engagement clandestin dans les plus hautes instances du Parti communiste espagnol sous la dictature franquiste. Ce souci de la mémoire, qui sera si souvent la matière de son écriture – ses romans, scénarios, et surtout essais – passe ici, en 1972, par le cinéma et l’enregistrement de la parole des acteurs des deux camps de la Guerre civile, républicains et nationalistes. Autorisé cette année-là pour la première fois à se rendre légalement en Espagne, Semprún présente son projet aux autorités comme un film sur le futur de l’Espagne et de l’Europe. Les entretiens sont tournés en Super 16 durant l’été 1972, en France et, dans la semi-clandestinité, en Espagne. Des presque quarante heures de témoignages filmées, le réalisateur a d’abord monté une première version de six heures, qu’il réduisit à deux heures pour la sortie en salles. Le film est sorti sur les écrans français en février 1974, où il est resté à l’affiche près d’un mois. Il n’a jamais été distribué dans les salles espagnoles.

Camille Blot-Wellens