Les bébés volés pendant la période franquiste, une honte !

L’Espagne attend le premier procès sur le scandale des « bébés volés » sous la dictature de Franco

L’Espagne va rouvrir le dossier des « bébés volés du franquisme ». Ces milliers d’enfants volés à leurs parents, puis offerts à d’autres familles sous la dictature de Franco. Un premier procès va bientôt pouvoir se tenir.

Manifestation à Madrid, des mères victimes du scandale des \"bébes volés du franquisme\", le 27 janvier 2014.

Manifestation à Madrid, des mères victimes du scandale des « bébes volés du franquisme », le 27 janvier 2014. (ANDREA COMAS / REUTERS)

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franceinfoMarie-Hélène BallesteroRadio France

Mis à jour le 22/02/2017 | 15:43
publié le 22/02/2017 | 15:43

Quarante-deux ans après la fin de la dictature de Franco en Espagne, le scandale des « bébés volés du franquisme » va connaître son premier procès. La date n’a pas encore été fixée mais l’accusé est déjà connu. Il s’agit d’un ancien gynécologue, soupçonné d’avoir soustrait une petite fille à sa mère, lors de sa naissance.

Des bébés volés aux opposants du régime

Àgé de 83 ans, Eduardo Vela, ancien gynécologue, a travaillé de 1961 à 1981 dans la clinique madrilène de San Ramon. Il est soupçonné d’avoir participé en 1969 au « vol » d’Inés Madrigal. Cette dernière accuse le médecin d’avoir falsifié son certificat de naissance, afin que sa mère adoptive apparaisse sur le papier comme sa mère biologique. Des faits reconnus par la mère adoptive elle-même.

Eduardo Vela est poursuivi pour soustraction de mineurs et falsification de documents officiels. Il aurait pris part activement, à ce trafic macabre debébés volés en Espagne. L’enlèvement de nouveaux-nés a démarré dans les prisons du franquisme pendant la dictature, lorsque les parents étaient considérés comme des opposants de gauche au régime du général Franco.

Des maternités catholiques complices des vols

Ce système de vol aurait perduré jusque dans les années 1980, avec un trafic de ventes de bébés volés. La pratique se déroulait notamment dans des maternités gérées par des institutions catholiques. On faisait croire aux parents que leur bébé était mort peu après la naissance et que l’établissement prenait en charge les funérailles. Des milliers de bébés auraient ainsi été volés en Espagne pendant plusieurs décennies. Des Espagnols devenus adultes aujourd’hui, et qui ignorent toujours, pour la plupart, leur véritable histoire.

Mémoire vivante de l’Argentine (6) : Les Mères de la Place de Mai… en direct de Buenos Aires

Tous les jeudis, et cela depuis quarante ans, les Mères qui sont devenues des Grands-Mères défilent sur la Place de Mai pour rappeler qu’elles n’ont pas renoncé au combat et qu’elles ne renonceront jamais. Pour rien au monde elles ne manqueraient ce rendez-vous !

Jeudi 20 janvier 2017 – 15 heures

Un stand est installé sur la place à côté de l’obélisque de Mayo et une petite dame, le foulard blanc bien reconnaissable sur la tête,  vend toutes sortes d’objets au bénéfice de l’association.

Sur les grilles qui entourent l’obélisque, on a accroché des pancartes sur des Cansons de toutes les couleurs. Les phrases sont brèves et trouvent leur écho dans le passé et le présent.

« Ces yeux demandent la raison de tant de haine »

« Cette Histoire mûrit dans l’univers du Sang et  la MEMOIRE »

« Je sais qu’ils viendront une de ces nuits… »

« Sous les cendres RESISTE le feu »

« Ce sont des jours sans oubli ni consolation »

Les gens commencent à se rassembler. Ils tiennent des drapeaux bleus et blancs  en plastique sur lesquels on voit le foulard blanc caractéristique du mouvement, « Asociación  Madres de la Plaza de Mayo » et un slogan volontariste : « Ni un paso atrás (Pas un pas en arrière !) ». Il y a quelques touristes aussi…

Un minibus arrive sous les acclamations des gens présents, une bonne cinquantaine de personnes  qui attendaient depuis un moment déjà.

Les grands-mères sont arrivées et on devine leurs visages derrière les vitres du minibus qui est aux couleurs de l’association. Sur le minibus on peut lire « Hasta la victoria siempre queridos hijos », qui tout en reprenant  la célèbre phrase du Che à Fidel Castro rappelle le combat de ces femmes pour retrouver leurs enfants et petits-enfants disparus pendant la Junte militaire, et on peut voir les traînées de feu hautement symboliques que laissent les roues avant !

Elles ne sauraient passer inaperçues. La porte s’ouvre et elles descendent, accompagnées et protégées de la ferveur des gens car elles sont bien vieilles et il faut les guider et les aider pour qu’elles puissent descendre. Elles sont cinq  aujourd’hui.

Tout le monde se met en place. La marche autour de l’obélisque démarre et les Grands-Mères qui en feront plusieurs fois le tour, marchent devant. Si le pied est parfois chancelant, la voix est bien ferme. Elles tiennent une banderole sur laquelle on peut lire : « La falta de trabajo es un crimen (Le manque de travail est un crime) » et il faut dire que les mesures prises par le gouvernement de Mauricio Macri ont mis un grand nombre d’Argentins, parmi les plus modestes, au chômage. Et elles martèlent des slogans qu’elles répètent et qui sont repris par la foule : « En la lucha, hay que tener más cojones (je préfère ne pas traduire !) »… Et elles apostrophent Macri et leurs doigts font le signe de la victoire.

Je ne prends plus de photos et je marche moi aussi. Mon cœur se réjouit de voir une gamine de 10 ans, blonde et menue, longiligne comme peuvent l’être les pré-ados, qui marche fièrement et qui martèle elle aussi les slogans, le poing dressé.

Les Grands-mères sont fatiguées, on leur a préparé des chaises en plastique blanc et on déploie devant elle une corde pour les protéger car les gens veulent les toucher, les embrasser, leur parler. Quelqu’un lit un texte qui est un hommage émouvant à l’action de ces femmes puis une d’entre elles (est-ce Hebe de Bonafini, la présidente de l’association ? Je ne saurais le dire !) prend la parole. Elle rappelle l’origine de la lutte, retrouver les enfants et petits-enfants disparus, mais elle affirme surtout l’engagement politique actuel de l’association. Elle salue « Cristina », l’ex-présidente qui est ovationnée et demande à Mauricio Macri de « bien se tenir ». Attention à toi Macri ! Jamais elles n’ont plié l’échine devant Videla et sa clique, ce n’est pas maintenant qu’elles vont renoncer !

Mais « Cristina », la femme de Nestor Kirchner(1),  « Cristina »  la sainte contre « Macri » le diable ? Populisme contre néolibéralisme ? Les Argentins sont divisés (2)… mais pendant ce temps-là, crise économique et corruption endémique  continuent de plus belle…

Les discours sont terminés et il est temps pour les Mères de rentrer ! Elles se lèvent alors et elles s’en vont, soutenues et guidées par des mains amies, saluées par tous ceux qui sont là !

(1) Nestor Kirchner s’était montré un ardent défenseur des droits de l’homme. En 2004, dans un discours prononcé à l’ESMA, il avait publiquement demandé pardon, au nom de l’Etat, aux victimes de la dictature. En 2005, il avait fait révoquer par la Cour Suprême les lois d’amnistie votées en 1986 (loi du point final) et en 1987 (loi de l’obéissance due) par le gouvernement de Raul Alfonsin et qui assuraient l’impunité aux tortionnaires. Ces mesures ont ensuite ouvert la voie à de nombreux procès. Il meurt d’une crise cardiaque en 2010 et sa femme, Cristina, se retrouve seule à tenir les rênes du pouvoir… et le souvenir d’Evita Perón pointe alors le bout de son nez !

(2) Les Argentins sont divisés…

Une main a écrit en grosses lettres noires : « Si on touche à Cristina, l’Argentine la défend » et une autre main a glissé en bleu la négation « no » : « Si on touche à Cristina, L’Argentine ne la défend pas« .

 

 

Mémoire vivante de l’Argentine (5) : Las Madres de la Plaza de Mayo et les enfants volés de la dictature

De 1976 à 1983, les enfants des femmes enceintes enlevées par les forces du terrorisme d’état et exécutées sans pitié quelques jours après leur accouchement, sont donnés en adoption à des familles proches du régime. Ces enfants constituent en quelque sorte un « butin de guerre ».

A mesure que les enlèvements et les assassinats se multiplient, un groupe de mères hantent les couloirs des bureaux officiels et des casernes pour savoir ce qu’il était advenu de leurs enfants disparus. Leurs multiples demandes restent sans réponse. C’est alors qu’à partir d’avril 1977, en pleine terreur, un groupe de mères (elles étaient 14), conduites par Azucena Villaflor, décident de se réunir tous les jeudis sur la Place de Mai, devant la Casa Rosada, là où se trouve le siège du gouvernement, pour protester.

Azucena Villaflor

La police arguant de l’état de siège cherchait à les faire partir. « Circulen… Circulen… » Et elles circulèrent en effet : elles commencèrent à tourner  en silence autour de l’obélisque de la place, tout en exigeant de connaître le destin de leurs enfants et le châtiment des coupables.

Malgré la menace, la violence de la répression, la peur, les Mères ne faiblirent jamais et de maison en maison, elles se mirent à la recherche d’autres mères qui avaient aussi perdu leurs enfants. Ce n’était pas une tâche facile… Mais leur groupe grandissait et elles étaient maintenant  60 à 70 à se réunir sur la place. Le gouvernement ne pouvait tolérer un tel défi. Les mères furent frappées, on  lança des chiens contre elles, on les arrêtait, on les arrosait de gaz lacrymogènes mais elles circulaient, conformément à l’ordre qui leur était donné !

En octobre 1977, elles participèrent à une marche organisée par un organisme de défense des droits humains puis à une autre marche organisée par la basilique de Luján à Buenos Aires. Comment pouvaient-elles être reconnues au sein de ces manifestations ? C’est alors qu’elles décidèrent de se couvrir la tête d’un foulard blanc. L’Argentine prenait conscience des disparitions !

Leur organisation fut infiltrée par des agents du gouvernement. Alfredo Astiz, capitaine de Marine, prétendit avoir un frère disparu. Les informations qu’il donna au gouvernement furent la cause de la disparition de plusieurs Mères et de l’assassinat de deux religieuses françaises. Pour ce dernier cas, celui qu’on surnommait « l’ange blond », a été jugé en France par contumace et condamné à la prison à perpétuité.

Fin 1977, les Mères commencèrent à publier des avis de recherche dans les principaux journaux du pays. Le jour de la première publication, Azucena Villaflor, la fondatrice du groupe, fut enlevée alors qu’elle se dirigeait vers le kiosque à journaux. Elle compte aujourd’hui au nombre des disparus.

Malgré la mort d’Azucena, les Mères ne baissèrent pas les bras et dorénavant elles chercheraient non seulement leurs enfants mais aussi leurs compagnes disparues.

1978 : Mondial de Football. Le gouvernement fit tout son possible pour dissimuler l’action de ses femmes que certains medias argentins accusaient d’antinationalisme ! Mais les journalistes étrangers, venus nombreux pour l’évènement, ne s’en laissèrent pas tous compter. Un jeudi, l’équipe de la télévision hollandaise présenta la Marche des Mères au lieu des matchs et le mouvement connut alors une répercussion mondiale. Les Mères commencèrent à voyager en Europe et à manifester un peu partout devant les ambassades argentines.

1979 : une mission d’enquête de l’Organisation des Etats Américains se déplaça en Argentine et les fonctionnaires virent arriver non pas une délégation  de femmes mais environ 150 Mères ! Elles étaient toutes venues ! Malheureusement cette commission, bernée par le régime en place, n’eut pas l’impact escompté. Mais cette même année fut créée l’Associación Madres de la Plaza de Mayo.

L’année suivante, en 1980, les Mères, qui avaient maintenant un bureau, éditèrent leur premier bulletin. Elles avaient des groupes d’appui dans toute l’Europe et elles recevaient de partout des soutiens financiers. Elles étaient 300 à 400 à se réunir le jeudi Place de Mai et elles avaient constitué des groupes d’action dans tout le pays, car le problème des « enfants volés » ne se limitait pas à Buenos Aires.

« Où sont-ils, les centaines de bébés nés en prison ? »

1982 : La dictature, pour redorer son blason à l’intérieur du pays, se lance dans la désastreuse guerre des Malouines. Les Mères condamnèrent cette guerre car elle envoyait à la mort nombre de jeunes gens issus de familles pauvres avec les mères desquels elles se solidarisèrent. Elles ne voulaient pas qu’on oublie que, si les Malouines devaient être argentines, les disparus de la dictature l’étaient aussi !

Et en 1983 la démocratie revint en Argentine mais les gouvernements successifs faisaient la sourde oreille aux revendications des Mères. En dépit de tout, les Mères ont continué leur combat pour retrouver leurs enfants et petits-enfants.

En 1986, le mouvement s’est scindé en deux, d’un côté « Mères de la Place de Mai, ligne fondatrice » et de l’autre « Association des Mères de la Place de Mai« , en raison de nombreuses divergences sur l’attitude à adopter face aux mesures prises par le gouvernement de Raúl Alfonsin, élu en 1983, et sur les manières de mener la lutte. (1)

Après la création d’une banque de données génétiques en 1984, elles continuent aujourd’hui à mener de véritables enquêtes de détectives, visitent les orphelinats, les églises, les tribunaux pour mineurs, fouillent les archives d’adoption de l’époque. Elles lancent des campagnes publicitaires : « Ma grand-mère me recherche, aidez-la à me retrouver. » Elles obtiennent que les parents adoptifs soient jugés par les tribunaux et condamnés.

« Identité – Famille – Liberté… ABUELAS de Plaza de Mayo… Si tu as des doutes sur ton identité, appelle les Grands-Mères »

On estime à 500 le nombre des bébés volés. Aujourd’hui un peu plus d’une centaine ont été retrouvés.

Mais les enfants volés sont devenus des adultes. Certains ne veulent rien entendre de ce qui s’est  passé et continuent à considérer leurs parents adoptifs comme leurs vrais parents. La décision de réintégrer ou non  la famille de leurs parents disparus n’appartient qu’à eux. Pour ces femmes qui ont bataillé toute leur vie, c’est une situation extrêmement douloureuse. Comment faire cohabiter deux mémoires ?

Récemment un petit-fils volé, Hilario Bacca, a gagné, à 39 ans, après neuf ans de batailles judiciaires, le droit de garder le nom de famille des parents qui l’avaient adopté et qui, pour l’avoir volé, ont été condamnés à six ans de prison. Il ne s’appellera pas Federico Cagnola. Pour les Mères, c’est un affront à la mémoire de ses parents disparus. Hilario Becca refuse, quant à lui, de se plonger dans les douleurs du passé, il préfère  se tourner vers l’avenir. Deux mémoires inconciliables. Les tribunaux sont toujours en charge de cette affaire.

Hilario Bacca refuse qu’on lui impose un nom qu’il ne considère pas comme le sien (2015)

Estela de Carlotto, qui s’était battue pendant quarante ans pour que des Grands-Mères retrouvent leurs petits-enfants disparus, a retrouvé son petit-fils en 2014. Ce dernier, conscient que quelque chose n’allait pas dans ses origines, avait décidé de se soumettre à un test ADN. A 36 ans, il a renoué avec sa vraie famille mais en même temps il a voulu garder le prénom que lui avaient donné ses parents adoptifs et non celui que sa mère disparue avait choisi pour lui. A ce sujet, Estela a dit à un journaliste de El País venu l’interroger : « Cela m’a fait souffrir car le monde entier l’a cherché sous le nom de Guido. Sa maman l’avait appelé ainsi, et c’était à cause de son papa, mon mari. Nous devons nous connaître, il ne me connaît pas et moi non plus je ne le connais pas. Cela m’a fait souffrir mais je l’ai compris. » Aucun esprit de revanche chez cette grand-mère qui sait qu’on n’impose pas une mémoire au nom du droit du sang !

Pour comprendre mieux cette douloureuse histoire, on peut lire en français le roman d’Elsa Osorio, Luz ou le Temps sauvage (A veinte años, Luz, en espagnol ) qui suit le point de vue d’une enfant volée ou voir le film de Luis Puenzo, L’histoire officielle (La Historia oficial) qui raconte comment une mère découvre que le bébé que son mari lui a amenée un jour à la maison est une enfant volée.

(1) Comme toutes ces associations, et d’autres encore, ont toutes leurs bureaux à l’Espace Mémoire et Droits Humains, je n’ai pas développé cet aspect de la scission de l’association pour ne pas surcharger cet article, partant du principe que le fond du combat mené au départ était le même en dépit des divergences postérieures. L’Association Mères de la Place de Mai se montre plus politisée mais le soutien inconditionnel à « Cristina », l’ex-présidente d’Argentine, dont les méthodes populistes cachent corruption et peut-être crime, jette une ombre sur leur engagement. La présidente de l’association, Hebe de Bonafini, 89 ans, personnalité très médiatique, est sous le coup d’une convocation au tribunal dans le cadre d’une enquête sur l’utilisation de fonds publics.

Les femmes espagnoles rasées à ne pas oublier

Elles furent rasée car femmes pu filles de « rouges »

Las rapadas que nunca deberíamos olvidar

rapadas
Estas cuatro mujeres tenían nombres. Anotadlos: Prudencia Acosta, María Antonia de la Purificación (conocida por sus vecinos como «Pureza»), Antonia Juntas Hernández («Antonia la Planchadora») y Antonia Gutiérrez Hernández. No las olvidéis. Fueron rapadas, agredidas, obligadas a beber el aceite del fascismo y exhibidas como vulgares trofeos de la jauría junto al estanco del pueblo. Sucedió en Oropesa, Toledo. Sí, aquí mismo.
Repugna y sobrecoge. Olvidadas, señaladas y violadas, las mujeres que quedaron en la retaguardia, cuando los fascistas arrasaron España a golpe de látigo y fusil y bombardeos, sufrieron una represión extrema cuyo objetivo era desposeerlas de su propia feminidad. Han sido y son las grandes olvidadas. Se habló poco de ellas durante la guerra civil y menos aún luego, cuando algunos de sus maridos no regresaron jamás (fallecidos en el frente, fusilados en cunetas o enviados a tenebrosas cárceles) y ellas sufrieron en sus propios cuerpos una venganza y un ensañamiento que supera lo imaginable.
Las rapaban para que nadie olvidase su «delito». Muchas de ellas fueron forzadas a beber grandes cantidades de aceite de ricino, cuyos efectos inmediatos eran un gran dolor de barriga, quemazón, diarrea y vómitos. Luego eran paseadas o exhibidas en los pueblos y ciudades, vagando como figuras fantasmales para su propio escarnio y el de sus familias. A algunas, como las de Montilla, Córdoba, se las rapaba pero dejaba en la coronilla un mechón de pelo al que anudaban un lazo rojo como mofa por su supuesta vinculación a partidos y grupos izquierdistas.
MUJERES REPUBLICANAS RAPADAS EN MONTILLA, CÓRDOBA
Y fue justificado por los ideólogos y asesinos del fascismo, gañanes que se convirtieron en ejecutores, papanatas con aires de grandeza, acomplejados y víctimas de patologías que pondrían los pelos de punta, don nadies que de la noche a la mañana se vistieron con galones. Como Queipo de Llano, uno de los militares golpistas más salvajes, que en Unión Radio Sevilla, perteneciente a la Cadena Ser, exhortaba al atavismo y la violencia contra las mujeres: «Nuestros valientes legionarios y regulares han demostrado a los rojos cobardes lo que significa ser hombres de verdad. Y de paso también a sus mujeres […] Esto está totalmente justificado porque estas comunistas y anarquistas predican el amor libre. Ahora por lo menos sabrán lo que son hombres y no milicianos maricones. No se van a librar por mucho que berreen y pataleen».
La propaganda surgía de muchos lugares y personas. Los medios fascistas impulsaban el feminicidio, como el periódico Arriba, que el 16 de mayo de 1939 publicó este artículo titulado «El rencor de las mujeres feas» firmado por José Vicente Puente:
«Con la noticia de tanto martirio, Madrid, como todo lo que fue la España “roja” —negación de la patria—, nos ha mostrado una fauna que llevábamos entre nosotros, rozándonos diariamente con ella, y sin que su pestilencia trascendiese por encima de nuestra ignorancia respecto a su maldad. Una las mayores torturas del Madrid caliente y borracho del principio fue la miliciana de mono abierto, de las melenas lacias, la voz agria y el fusil dispuesto a segar vidas por el malsano capricho de saciar su sadismo. En el gesto desgarrado, primitivo y salvaje de la miliciana sucia y desgreñada había algo de atavismo mental y educativo. Quizá nunca habían subido a casas con alfombras ni se habían montado en unas siete plazas. Odiaban a las que ellas llamaban señoritas. Les aburría la vida de las señoritas. Preferían bocadillos de sardinas y pimientos a chocolate con bizcochos […]. Eran feas, bajas, patizambas, sin el gran tesoro de una vida interior, sin el refugio de la religión, se les apagó de repente la feminidad. El 18 de julio se encendió en ellas un deseo de venganza, y al lado del olor a cebolla y fogón del salvaje asesino quisieron calmar su ira en el destrozo de las que eran hermosas».
Arriba (16 de mayo de 1939)
En el 2013, un grupo de mujeres zapateó sobre la tumba de Queipo, en Sevilla, para que el ruido no ahogue la memoria. Para que no las olvidemos.
Las rapadas que nunca deberíamos olvidar
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  • Date : 19.2.17
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Mémoire de l’Argentine (4) : El Parque de la Memoria, Buenos Aires

El Parque de la Memoria, sur la Costanera Norte au bord du río de la Plata, non loin de l’aéroport Jorge Newbery, est un immense espace public de 14 hectares consacré à la mémoire des victimes des violences d’état (1969-1983). L’initiative a été lancée en 1998 et aujourd’hui le lieu, inauguré en 2007, donne l’impression d’être sans cesse ouvert à de nouvelles créations…

Rien n’est indiqué dans mon guide et il ne va pas être facile d’y aller. D’abord acheter le billet à la gare de Retiro-Belgrano Norte pour descendre à l’arrêt Raúl Scalabrini Ortiz. Petit problème : l’arrêt a été supprimé. Qu’à cela ne tienne, nous descendrons à l’arrêt suivant, Ciudad Universitaria. Sur le quai, un train « destartalado » (seul le mot espagnol colle à la réalité !) qui fonce les portières et les fenêtres ouvertes avec le vent de la course qui décoiffe tous les voyageurs… Il vaut mieux ne pas trop s’approcher du marchepied ! Le long de la voie des bidonvilles, de petits immeubles de briques construits à la va-vite et  jamais terminés… La ligne n’est pas touristique.

Nous descendons à Ciudad Universitaria mais c’est trop loin pour y aller à pied ! Un bus vide – c’est l’été et les vacances universitaires – nous conduit à toute allure dans un bruit d’enfer là où nous voulons aller, là où en fait il n’y a pas d’arrêt mais malgré tout, sur un coup de frein brutal, le chauffeur stoppe sa machine et nous indique vaguement le chemin d’un geste de la main !

Un grand espace qui semble s’étendre à l’infini… Le delta du río de la Plata, immense et boueux, sur lequel se réverbère la lumière… Le ciel intensément bleu et le soleil de plomb…

Une longue allée pavée sert d’entrée et elle est ponctuée par une succession de panneaux de signalisation fixés sur de hauts lampadaires et accompagnés de textes qui racontent les années de la dictature. On ne peut que s’arrêter à chaque panneau, prendre le temps de lire le texte et regarder l’image car il est impossible de presser le pas, les pieds sont de plomb !

Et la dictature s’abattit sur l’Argentine

Plus de Congrès, plus de Justice, plus de Liberté, plus de Livres…

Les Forces armées anti communistes ont des appuis au Nord…

La haute hiérarchie de l’Eglise se rend complice des crimes de la dictature

La peur et le silence

« La peur m’a rendu aveugle et je ne veux rien savoir de ce qui arrive à mon voisin. »

L’exil pour plus de 200000 Argentins

Le plan Condor

Les opposants qui se sont exilés  sont poursuivis à l’étranger par les services secrets de toutes les  dictatures  sud-américaines de l’époque (Argentine – Chili – Bolivie – Brésil – Paraguay – Uruguay), enlevés, torturés, portés disparus ou  assassinés avec la complicité tacite des Etats-Unis. C’est l’opération Condor, opération clandestine conçue dans le cadre de la Guerre Froide pour abattre le communisme, qui voit le jour au Chili après le coup d’état de Pinochet et qui ne cessera qu’en 1983 avec la chute de la dictature argentine. Elle comporte trois volets :

–        Coopération entre les dictatures pour créer un fichier des personnes dites subversives et échanger des informations

–        Opérations transfrontalières pour enlever, interroger et faire disparaître les opposants

–        Création spéciale d’équipes pour des assassinats ciblés

Fin 1992, après la chute de Stroessner au Paraguay, on découvre par hasard dans un commissariat deux tonnes d’archives qui ont permis de faire la lumière sur les activités criminelles de ce réseau international. En 2000 le déclassement  de documents de la CIA concernant le Chili est venu compléter ces « archives » du terrorisme d’état. Les Etats Unis connaissaient l’existence de ce dispositif et le secrétaire d’Etat américain, Prix Nobel de la Paix, Henry Kissinger, quoi qu’il ait pu en dire, a pleinement encouragé la répression et soutenu les dictateurs…

La violence au quotidien

Nul n’est plus à l’abri chez soi…

Arrestation des opposants

Les sinistres Ford Falcón vertes du même modèle que les voitures de l’armée et de la police, maquillées et  sans plaque d’immatriculation, qui glissaient la nuit dans les rues des villes et qui s’arrêtaient là où habitaient des opposants pour les enlever et les faire disparaître.

Les victimes droguées et vivantes étaient sorties des centres de détention et jetées du haut d’hélicoptères dans le delta du río de la Plata.

Les femmes enceintes accouchaient dans les prisons et leur bébé leur était enlevé pour les donner à des familles proches du régime. Ces femmes étaient ensuite exécutées.

500 enfants ont ainsi disparu… Grâce à l’action des Mères et des Grands-Mères de la Place de Mai (ce sera le sujet d’un dernier article), une centaine d’entre eux ont pu être retrouvés.

Le silence complice…

Pendant la coupe du monde de 1978 organisée par l’Argentine, au stade Monumental, les hurlements des supporters couvraient les cris des victimes que l’on torturait dans le Casino des Officiers non loin de là, à l’ESMA. Malgré de nombreux appels au boycott, la compétition eut lieu dans un contexte de répression et de terreur. Les Bleus avaient laissé leur conscience en France et s’ils firent grève, ce fut contre le sponsor Adidas ! Quant à l’Argentine, elle gagna sa première  Coupe du Monde et l’infâme Videla vint en personne féliciter les joueurs.

30000 disparus

« Silence et pardon« 

1983 Les lois d’amnistie qui protègent les coupables… Sur  ce qui semble être une urne, on retrouve le symbole de la Révolution Française, le bonnet phrygien au bout d’une pique tenue par deux mains !

Reconversion

Les militaires subalternes qui avaient été complices des tortures se reconvertissent dans les services de sécurité privés.

Les panneaux sont très nombreux et je ne les ai pas tous photographiés. Mais le chemin était long et il n’est pas difficile de comprendre qu’en empruntant ce chemin, on chausse des chaussures de plomb !

Quand on arrive au bout de cette allée, on longe à gauche un mur de pierres retenues par du grillage, au pied duquel s’étend une pelouse verte et on arrive au bord du delta. Le regard est immédiatement attiré par une statue brillant de mille feux, qui se dresse au milieu de quatre bouées et qui semble marcher sur l’eau. Cette statue fut conçue pour la place qu’elle occupe, el río de la Plata, pour rappeler que c’est dans ce fleuve que furent précipitées beaucoup des victimes du terrorisme d’état. Elle correspond au portrait de Pablo Miguez qui fut le plus jeune disparu de l’ESMA, lors d’un de ces « vols de la mort » alors qu’il avait tout juste quatorze ans. Je ne raconterai pas ce qu’il vécut en captivité aux côtés de sa mère durant un mois et demi.

Ensuite on reprend le chemin qui monte comme une rampe d’accès et de l’autre côté du mur de pierres, on découvre alors le Mémorial. Il est constitué de quatre murs en béton qui forment une ligne brisée symbolique, comme une blessure qui ne se refermera jamais, et qui portent  30000 plaques de porphyre de Patagonie. Sur 9000 de ces plaques environ, sont gravés les noms de 9000 disparus dans une période plus large que celle du terrorisme d’état car elle va de l’année 1969 à l’année 1983.

Sous le soleil, les mots gravés étaient difficilement lisibles. « La liste des noms de ce monument comprend les victimes du terrorisme d’état, détenus, disparus et assassinés, et ceux qui moururent en combattant pour les mêmes idéaux de Justice et d’équité. »

Dans ceux qui moururent en combattant pour des idéaux de Justice, il faut compter entre autres les Monteneros de la gauche péroniste qui furent éliminés durant les années 70 par les Montoneros de la droite péroniste avec la bénédiction de Juan Perón lui-même. Juan Perón  fut à deux reprises le président populiste de l’Argentine et il doit une partie de sa grande popularité à sa deuxième épouse, Evita, personnage controversé de l’histoire argentine et qui fut surnommée « la madone des pauvres »… Le Président Nestor Kirchner et ensuite sa femme Cristina qui fut deux fois présidente avant de laisser la place à Mauricio Macri en 2015, se sont présentés comme les héritiers aujourd’hui du péronisme ?!

Les noms suivent l’ordre chronologique de l’année de leur disparition et sont, à l’intérieur de chaque année, classés par ordre alphabétique. Outre le nom, peu d’informations : l’âge des victimes, jeunes le plus souvent, et les femmes enceintes au moment de leur disparition.

 

Quelques noms… Année 1978…

« GOMEZ, MONICA GRACIELA 17 ans

GRINSPON, MONICA SOFIA 23 ans enceinte

GRECO, DORA CRISTINA 30 ans enceinte

GRANO, DOMINGO 45 ans »

Année 1976… Je cherche le nom d’Haroldo Conti… Année 1976, la liste est longue et semble ne jamais vouloir finir… La terreur bat son plein… Enfin je le trouve, victime parmi les autres victimes : « CONTI, HAROLDO PEDRO 50 ans »

Entre les plaques, quelquefois, une main qui ne veut pas oublier a glissé une rose rouge comme une tache de sang.

Sur le parcours qui mène à la sortie, trois statues commémoratives parmi toutes celles qui se trouvent dans le parc…

« Pensar es un hecho revolucionario » de Marie Orensanz

Torres de la Memoria de Norberto Gómez

Une énorme masse médiévale qui rappelle la violence inhérente à toute société, du Moyen Âge à nos jours. Au loin les bâtiments de la cité universitaire.

Œuvre de Nicólas Guagnini qui représente le père de l’artiste disparu en 1977. On ne peut appréhender le visage entier que d’un seul point de vue car ce visage apparaît et disparaît en fonction du déplacement du spectateur.

L’allée redescend lentement vers la sortie.

El Parque de la Memoria est un lieu silencieux et douloureux dont on ne sort pas indemne.

NI OLVIDO NI PERDÓN JUSTICIA

 

 

Pour l’accueil des réfugiés, manifestation à Barcelone

A Barcelone, manifestation géante pour l’accueil des réfugiés en Espagne

En vertu de ses engagements envers l’UE, l’Espagne devait recevoir quelque 16 000 candidats à l’asile, à partir de 2015. Mais seuls 1 100 sont arrivés jusqu’à présent.

LE MONDE | 18.02.2017 à 20h36

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Cent soixante mille personnes ont manifesté à Barcelone (Espagne) pour l’accueil des migrants, le 18 février.

« Plus d’excuses ! » : quelque 160 000 personnes ont manifesté samedi 18 février à Barcelone, selon la police municipale, pour réclamer que l’Espagne accueille « dès maintenant » les milliers de réfugiés qu’elle s’était engagée à recevoir dès 2015.

Le défilé était organisé dans le cadre de la campagne « Chez nous c’est chez vous » (« Casa nostra casa vostra », en catalan). Selon son site internet, elle avait été lancée par « un groupe de personnes indépendantes travaillant dans le monde de la communication » en Catalogne, qui s’était retrouvé en mai 2016 dans les camps de réfugiés, à la frontière entre Grèce et Macédoine, en tant que professionnels ou bénévoles.

Lire aussi :   La Commission européenne détaille les quotas de réfugiés par pays

Le rassemblement était soutenu par la majorité des partis politiques, syndicats et entités en Catalogne, selon les médias espagnols. La maire de gauche de la deuxième ville d’Espagne, Ada Colau, avait appelé les manifestants à « emplir les rues » pour cette marche intitulée « nous voulons accueillir ».

Accueillir les 16 000 candidats

Dès 16 heures, des dizaines de milliers de manifestants envahissaient les rues du centre, souvent vêtus de bleu pour former une « marée » d’où surnageaient des pancartes portant le slogan du rassemblement : « plus d’excuses, accueillons maintenant ».

En vertu de ses engagements envers l’Union européenne, l’Espagne devait recevoir quelque 16 000 candidats à l’asile déjà admis dans d’autres pays, à partir de 2015. Mais seuls 1 100 sont arrivés jusqu’à présent.

Cent soixante mille personnes ont manifesté à Barcelone (Espagne) pour l’accueil des migrants, le 18 février.

« Nous réclamons ce minimum de dignité : qu’au moins ce nombre de réfugiés là puisse arriver », a dit un des manifestants, Jacint Comelles, céramiste catalan de 62 ans, marchant avec famille et amis. « En Catalogne, tout est prêt pour accueillir » plusieurs milliers de personnes, a-t-il dit.

A la fin du défilé, le secrétaire aux migrations du gouvernement catalan – dirigé par les indépendantistes – a souhaité que les Etats européens écoutent cette « clameur » et que le gouvernement espagnol « reconsidère sa position » en donnant des visas.

« C’est la manifestation la plus grande qui ait été faite en Europe pour la défense des droits des réfugiés », a affirmé cet élu catalan, Oriol Amoros. La manifestation s’est terminée symboliquement au bord de la mer Méditerranée, où plus de 5 000 migrants ont péri en 2016.

Mémoire de l’Argentine (3) : La culture comme arme militante contre l’oppression

 

Après avoir suivi, silencieux et recueillis, le parcours de la mémoire, on arrive devant un bâtiment inauguré en 2008 au sein même de l’ex-ESMA, el Centro Cultural de la Memoria Haroldo Conti.

Ce centre culturel  est très actif : ateliers, conférences et débats, présentations de livres, expositions, cinéma, musique, théâtre, séminaires…  Comme le Secrétariat des Droits Humains de la Nation ne lui alloue aucune subvention, les activités proposées -et elles sont nombreuses et variées, il suffit de jeter un œil sur l’agenda- sont toutes gratuites  et elles ne peuvent exister que grâce au bénévolat des artistes qui acceptent de ne pas recevoir d’honoraires quand ils s’y produisent !

On y trouve aussi une bibliothèque, des archives, une cafeteria et une librairie. Un lieu terriblement vivant !

Pourquoi un centre culturel dans cet espace mémoriel ?

A l’entrée du bâtiment, une plaque est posée qui donne d’emblée la réponse à ceux qui pourraient en critiquer l’existence ! Et on peut lire le texte suivant :

« ART ET MEMOIRE

Toute création artistique, toute poétique, suppose un travail de mémoire. Quand ce travail se trouve en relation avec les grands traumatismes sociaux comme l’Holocauste ou le Terrorisme d’Etat en Argentine, surgissent les discussions sur la façon de représenter l’horreur, sur la légitimité de l’approche artistique d’épisodes qui défient les limites de la compréhension humaine, sur l’idée même de représentation.

L’art, loin d’être pure illustration, apporte de nouveaux regards qui insufflent une compréhension plus profonde. Il n’existe pas de moyens canoniques pour représenter l’homme ni de thèmes qui soient interdits aux différents langages artistiques.

Transformer avec un esprit pluriel ce qui avant aura été un site emblématique de privation, d’exclusion et de mort en un espace ouvert à la culture est notre plus grand engagement.

                                                                                     Centro Cultural de la Memoria »

Paco Ibañez a chanté ce poème de Gabriel Celaya, « La poésie est une arme chargée de futur », et cette phrase s’applique à toutes les formes d’art quelles qu’elles soient, pas seulement à la poésie.

Les librairies m’attirent comme un aimant et en Argentine, ma boussole intérieure s’affole car des librairies, il y en a partout et certaines sont exceptionnelles ! Je suis donc allée à la librairie du Centre Culturel Haroldo Conti pour acheter des livres… d’Haroldo Conti justement  ! La personne qui tenait la caisse m’a raconté que le Centre, après la nomination à la présidence de Mauricio Macri, venait de vivre six mois difficiles : menaces de mort anonymes, fouilles à répétition, évacuations répétées des lieux… Les choses semblent un peu calmées maintenant mais la peur demeure, même s’il y a eu, semble-t-il, des arrestations. L’art est donc dangereux et quand il côtoie un lieu où se trouvent des archives de la dernière dictature, il est encore plus dangereux !

Pourquoi ce centre culturel porte-t-il le nom d’Haroldo Conti ?

Haroldo Conti est né en 1925 en Argentine à Chacabuco, dans la province de Buenos Aires. Il a exercé toutes sortes de métiers avant de se consacrer à l’écriture.

A partir de 1971, il a été plusieurs fois juré pour le concours « Casas de las Américas » à Cuba. A ce moment-là,  il commence à militer au PRT, Parti Révolutionnaire des Travailleurs,  et au FAS, Front Anti Impérialiste pour le Socialisme. Il a toujours affirmé que c’est à la Havane qu’il avait pris conscience de l’Amérique Latine.

En 1974, il publie un texte, « Una misma sangre » pour dénoncer le massacre sanglant de 16 membres de différentes organisations de lutte armée  à Trelew (1972), et dans la revue Crisis à laquelle il participe, il affirme sa foi en l’idéal socialiste.

En 1975, son roman, Máscaro, el cazador americano (2), reçoit le prix Casa de las Américas à La Havane. Haroldo Conti est alors considéré comme un agent subversif et son livre, Máscaro, est censuré pour des raisons idéologiques.  Après le coup d’état militaire en mars 1976,  il est arrêté chez lui le 5 mai 1976 et il est aujourd’hui disparu.

Dans son bureau, il avait accroché cette  affiche prémonitoire avec une phrase en latin (il avait enseigné le latin) : « Hic meus locus pugnare est et hinc non me remevebunt » (« Ici est mon lieu de combat et on ne m’en fera pas sortir »).

Le 19 mai 1976, peu après l’arrestation d’Haroldo Conti, le dictateur Videla réunit lors d’un déjeuner à la Casa Rosada, un groupe d’hommes appartenant au monde culturel argentin de l’époque, parmi lesquels se trouvaient deux intellectuels de renom, J. L. Borges et E. Sabato (!)… Parmi les présents, seul le Père L. Castellani osa demander des nouvelles d’Haroldo Conti. Il fut le dernier à l’avoir vu vivant dans son lieu de captivité. Le nom de cet homme courageux n’est pas passé à la postérité, je n’ai trouvé aucun renseignement sur lui !

Haroldo Conti disparaît en 1976 dans l’indifférence générale. Seul un journal anglais, le Buenos Aires Herald, signala son arrestation ! On ne parlera de lui en France qu’en 1982 quand sortira la traduction française de son roman, Mascaro, le chasseur des Amériques.

El Centro Cultural Haroldo Conti lui consacre un grand espace particulièrement émouvant : photos, objets (sa machine à écrire), biographie, bibliographie et exposition de ses livres, nombreuses citations qui permettent d’appréhender l’homme dans la richesse de sa pensée et de son engagement.… On comprend que cet écrivain qui n’est plus qu’un nom parmi des milliers d’autres (j’aurai à en reparler) ait été choisi pour donner son nom à ce Centre Culturel de la Memoria.

Dans un texte  datant de 2006 dont le temps n’a pas effacé la douleur, sa femme raconte ainsi les derniers instants qu’elle a partagés avec lui au moment de son arrestation.

« Nous sommes arrivés à la maison, je veux ouvrir la porte, elle est fermée. Haroldo descend et dit : »Je peux, je peux ». Et quand il essaie d’ouvrir, la porte s’ouvre d’un coup. Il y avait un groupe qui nous attendait, dans l’immédiat la seule chose que j’aie réussi à voir, ce fut un groupe de six ou huit personnes -il faut bien trouver une manière de les désigner- qui me pointent une arme avec un silencieux sur la tête, je me rappelle qu’ils me jettent par terre, me mettent une cagoule et m’attachent.

Quand on me jette au sol, je réussis à voir Juan Carlos qui est déjà à terre, sans cagoule, mais attaché. Ils me laissent dans le salon où ce dernier se trouvait. J’entends qu’on emmène Haroldo, qu’on lutte, j’écoute plusieurs mouvements de quatre ou cinq personnes, là je me rends compte qu’Haroldo résiste pour se laisser attacher et emmener.

Ce fut le commencement d’une nuit épouvantable où par moments je perdais l’esprit parce que terrible était la fébrilité désespérée de ces types pour voler tout ce qu’il y avait dans la maison, depuis les vêtements et les meubles, tout ce qu’ils pouvaient emporter, ils cherchaient de l’argent, ils brisaient des vases, ils demandaient « Où est l’argent ? Où est l’argent ? »

Ce groupe se divisait en deux : il y avait le bon, intellectuel, et je dois reconnaître que dans son intérêt  -non parce qu’il était bon- il me protégea de quelques coups, il m’emmena devant le bureau et me posa des questions sur Máscaro, pourquoi j’avais collaboré avec Máscaro, pourquoi j’avais voyagé à Cuba. Cette personne essayait de garder sa sérénité mais bientôt ils ne peuvent plus cacher ce qu’ils sont et ils disent : « Nous sommes en guerre, c’est vous ou nous, nous ne pouvons pas même laisser une seule semence de vous. »

Une nuit très longue, quelques heures, j’entends qu’on va emmener Haroldo, j’entends qu’on lui dit : « Haroldo, tu vas payer cher pour tout cela. »

Quand je me rends compte que c’est inutile, que bien sûr ils ne vont pas faire cas de moi, je leur demande de me laisser  dire adieu à Haroldo, que je voulais le saluer.

Aussitôt cet homme m’arrête et je sens l’haleine, la présence, la chaleur d’Haroldo, et je veux tendre les mains et je ne le peux car je suis attachée. Je commence à l’appeler et il me dit : » Je suis là, je suis là, chérie, sois tranquille, je suis bien » . Et moi je lui dis : « Je veux te voir, j’ai besoin de te voir. »

Lui s’approche et il me donne un baiser sur le menton qui était le seul endroit que j’avais de découvert. C’était là qu’arrivait la cagoule qu’il m’avait faite avec deux chemises. Quand Haroldo m’embrasse à cet endroit du visage qui était découvert, je me rends compte qu’il n’est pas cagoulé parce que ses mouvement auraient été différents, quand je me rends compte qu’il n’est pas cagoulé, je perds le contrôle de moi-même que j’avais pu garder plus ou moins durant les heures précédentes. J’ai commencé à crier désespérément qu’on ne me le prenne pas.

Ils me jettent sur notre lit, un des types se jette sur moi, il me pointe une arme sur la tête en me demandant de me taire et en même temps j’entends des  bruits des chaînes, on emmenait Haroldo qui évidemment traînait avec ses pieds et ses jambes une chaîne, encore aujourd’hui il me semble entendre ces bruits et moi je criais et lui me disait, et ce furents ses dernières paroles : « Occupe-toi du bébé ! Occupe-toi du bébé ! » Ce sont les dernières paroles que j’ai entendues de lui »

Témoignage de Marta Scavac (1), à trente ans de la disparition d’Haroldo Conti.

(1) Marta Scavac était la deuxième femme d’Haroldo Conti. Elle avait été son élève au lycée et elle sera sa compagne jusqu’à sa disparition. En février elle avait mis au monde un petit garçon qui ne connaîtra jamais son père.

(2) Le roman d’Haroldo Conti, Máscaro, el cazador americano, hautement symbolique, appartient à la veine du réalisme merveilleux qui a fait en son temps la gloire de la littérature sud-américaine.

Rodolfo Walsh ou le choix assumé

Près du Casino de los Oficiales, se trouve un « monument » très particulier ( je n’ai pas malheureusement pas pu  le photographier) : une structure de quatorze panneaux, en forme de paravent, réalisée en verre et en acier, reproduit le texte complet de « La Carta de un escritor a la Junta Militar », le dernier texte écrit par Rodolfo Walsh, qui fut le créateur du journalisme d’investigation en Argentine. C’est son ami, l’artiste plastique León Ferrari, qui en a conçu l’installation.

Durant l’hommage qui fut rendu à Rodolfo Walsh, lors de l’inauguration du monument en 2012, son amie Liliana Ferreyra raconte l’histoire de cette longue lettre. Le texte, dont la rédaction dura trois mois,  fut tapé et corrigé sur  une machine à écrire Olympia et son auteur en déposa les premières copies dans une boîte aux lettres le 24 mars 1977, quand le terrorisme d’état muselait tout un peuple et l’assujettissait dans la terreur ! Le lendemain, le 25 mars 1977, il fut enlevé par un commando de la Marine. Comme Haroldo Conti, il est aujourd’hui disparu. Ses textes inédits ont été détruits par la Junte au pouvoir, disparus eux aussi ! Sous une dictature, les mots sont aussi dangereux que les hommes qui les professent !

La lettre est prémonitoire et peut se lire dans son intégralité, en espagnol et en français, sur Internet. En voici les derniers mots :

« Telles sont les réflexions qu’en ce premier anniversaire de votre funeste gouvernement j’ai voulu faire parvenir à cette Junte, sans espoir d’être entendu, sûr d’être poursuivi, mais fidèle à l’engagement que j’ai assumé il y a bien longtemps. Celui de témoigner dans les moments difficiles. »  Rodolfo Walsh,  Buenos Aires, le 24 mars 1977

La culture est bien une arme militante contre l’oppression et elle paie le prix du sang !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mémoire de l’Argentine (2) : l’ESMA, la torture au coeur de Buenos Aires

L’ESMA, Escuela de Mecánica de la Armada, porte aujourd’hui un autre nom : Espacio Memoria y Derechos Humanos (Espace Mémoire et Droits humains). En effet comment ce lieu de torture pendant le terrorisme d’état aurait-il pu conserver ce nom souillé de sang ?

La mémoire de la dictature est bien présente à Buenos Aires mais les guides de voyage qui sont très prolixes pour le Chili, sont assez discrets en ce qui concerne la capitale argentine.

Pour se rendre à ce lieu de mémoire, il faut prendre à la gare de Retiro un train de banlieue flambant neuf, rayé bleu et blanc aux couleurs de l’Argentine (Buren, là, n’y est pour rien !), made in China bien sûr, et descendre à l’arrêt Rivadavia.

La station de Rivadavia est une station de la Mémoire comme le rappelle une plaque sur le quai mais la gare est en réfection et aucun panneau ne signale  l’Espace Mémoire et Droits Humains. Il suffit de demander et un vieux monsieur chargé de sac à provisions en plastique nous met sur le chemin.

Quand nous débouchons sur la vaste Avenida del Libertador face au numéro 8151, c’est ce bâtiment de bien sinistre mémoire que je découvre de l’autre côté de l’avenue, derrière des grilles. Je l’ai déjà vu dans des documentaires, dans des livres mais le voir là, sous mes yeux, me serre le cœur.

Le nom d’infamie du bâtiment est resté affiché sur la façade comme une marque indélébile de déshonneur et le médaillon au milieu du fronton rappelle curieusement un des emblèmes de la Révolution Française, le bonnet phrygien rouge au bout d’une pique tenu par deux mains (cet emblème est très présent partout en Argentine).

Ce sera pour moi l’occasion de me rappeler que la France, à la fin des années 50 a exporté des méthodes de torture et de répression utilisées durant la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. L’impact du film de Marie-Monique ROBIN, Escadrons de la mort, l’école française (2003), causa une véritable onde de choc en Argentine, au moment où le Président Nestor Kirchner venait de faire annuler par le Parlement deux lois d’amnistie qui avaient jusque-là protégé les tortionnaires. Dans ce domaine, la France n’a pas fait son travail de mémoire. En 2003, année de la sortie de ce documentaire, Edouard Balladur qui était le président de la Commission des Affaire étrangères a soutenu que les allégations portées sur le rôle de la France en Amérique Latine dans les années 70 étaient sans fondement. Et si un jour les Argentins demandaient des comptes à la patrie des Droits de l’Homme ?

En face de L’ESMA, de l’autre côté de l’avenue, de grands immeubles modernes, plus ou moins  cossus, qui n’existaient pas dans les années 1976-1983, dominent le lieu. Seul souvenir de cette époque, le bâtiment de la Comisión  Nacional de Energía Atómica édifié dans les années 50 du temps de Perón. On imagine bien les employés d’alors se rendant à leur travail en détournant le regard, en hâtant le pas, pour ne pas voir ce qui se passait en face, derrière les grilles et les arbres, de l’autre côté de ce chemin goudronné, dans ce vaste parc arboré qui abritait une école militaire.

En 1924 la ville de Buenos Aires cède au Ministère de la Marine un terrain de 17 hectares situé sur l’Avenida del Libertador. Ce terrain fut d’abord utilisé comme centre d’instruction militaire. La Escuela de Mecánica de la Armada (« Armada » en espagnol désigne la marine) est inaugurée quatre ans plus tard en 1928. Puis s’y installe La Escuela de Guerra Naval et d’autres installations suivront pour atteindre un ensemble de 35 bâtiments.

A partir du coup d’état militaire en 1976 et jusqu’en 1983, le site, tout en continuant à fonctionner comme école, est au service de l’action répressive. C’est un des plus grands centres clandestins de détention, de torture et d’extermination de la dernière dictature.

En 1998, le président Carlos Menem, celui qui va conduire l’Argentine à la banqueroute en 2001, décrète le transfert de l’école à la base navale de Puerto Belgrano et prévoit la démolition de tous les bâtiments pour y élever un monument à… l’union nationale ! Les familles de disparus qui ne veulent pas de cette destruction de la mémoire présente un recours contre la démolition.

En 2000, la ville de Buenos Aires révoque la cession du terrain (au journal La Nación, si j’ai bon souvenir) et elle envisage d’installer dans les bâtiments de l’ESMA un musée de la mémoire. Différents projets sont envisagés et en 2004, le président Nestor Kirchner signe avec le chef du gouvernement de la ville de Buenos Aires, Aníbal Ibarra, un accord pour y créer El Espacio Memoria y Derechos Humanos.

« Deux ans après ta mort tu seras toujours présent dans cet espace, où tu as demandé pardon pour les crimes commis au cœur de l’Etat et parce que tu l’as rendu au peuple argentin. MERCI NESTOR ! Grands-mères de la Place de Mai / Association Mères de la Place de Mai / Familles des Détenus et Disparus pour Raisons Politiques / H.I.J.O.S. / Mères de la Place de Mai Línea Fundadora »

Ce qui serre le cœur quand on pénètre à l’intérieur de cet espace, c’est la beauté et la sérénité qui se dégage des lieux : de larges allées ombragées par de grands arbres, certains couverts de fleurs. Et je ne peux m’empêcher de penser au poème de Rimbaud, Le Dormeur du Val, la beauté de la nature indifférente au malheur des hommes ! Des panneaux sont là pour rappeler, dans la chaleur de ce bel été austral, l’histoire d’un grand nombre de disparus avec textes et photos : tant de jeunes gens morts au nom d’un idéal de justice sociale et de liberté, tant de vies brisées par la Bête immonde…

L’accès se fait aujourd’hui par là même où pénétraient les groupes chargés des opérations d’enlèvement dans des véhicules sans plaque d’immatriculation ou avec une plaque d’immatriculation fausse.

El Pabellón central, (voir la 1° photo), était l’édifice principal de l’ESMA : des salles de classe, le bureau du directeur et la salle des professeurs. Les élèves y entraient à l’âge de 15 ans pour y recevoir une formation technique et militaire. A partir du coup d’état, ils furent assignés à des activités répressives, principalement de contrôle et de surveillance de ceux qui étaient détenus dans le Casino de los Oficiales.

Le long de la voie qui suit l’Avenida del Libertador, une guérite et là on arrêtait les véhicules qui amenaient des prisonniers. Une fois l’accès autorisé, une grosse chaîne d’amarre était baissée (le sol a gardé trace du poids de cette chaîne) et le véhicule pénétrait dans la zone interdite au personnel non autorisé. Un double mur cachait le parc de stationnement des véhicules !

El Casino de los Oficiales était le noyau central du centre de torture : 5000 personnes détenues disparues dans cet édifice… On y trouvait aussi le mess des officiers et des logements. Dans les greniers, la « Capucha », les dortoirs des détenus (ils avaient en permanence les yeux bandés ou une capuche noire sur la tête, d’où le nom du lieu), qui fonctionnaient aussi comme maternité clandestine, et la « Capuchita » où l’on torturait les prisonniers. C’est là qu’on a retrouvé le plus de traces de passage des victimes car les murs parlent à quelques centimètres du sol : initiales, signatures, cœurs, croix, dates, mégots de cigarettes, petits papiers glissés dans les interstices des poutres… et ces traces étaient indélébiles ! Et pourtant quand des inspecteurs de la Organización de los Estados Americanos étaient venus au Casino de  los Oficiales, tout avait été si bien camouflé que les inspecteurs avaient conclu qu’il s’agissait seulement d’un bâtiment en travaux… Dans les sous-sols il existait un autre centre de torture, dernier lieu par lequel passaient les détenus avant d’ « être transférés », terrible euphémisme.

Cette macabre proximité entre bourreaux et victimes était aussi une caractéristique dans le même temps de la répression au Chili, avec la Villa Grimaldi, par exemple, à Santiago du Chili.

Le bâtiment abrite aujourd’hui un musée dans lequel on peut lire des témoignages de victimes qui ont survécu à l’horreur, des photos et différentes archives.

Le lieu n’était pas ouvert au public le jour où j’y suis allée et de toute façon, je n’y serais pas entrée…

Le bâtiment de l’infirmerie était réservé aux soins des personnels militaires mais des médecins et des infirmiers complices de la dictature qui travaillaient dans l’infirmerie participaient aussi activement à toutes les méthodes de torture et à l’accouchement des prisonnières.

L’itinéraire historique passe par d’autres lieux sur lesquels je ne m’attarderai pas, le pavillon Coy où étaient logés les « étudiants », l’atelier de mécanique où l’on réparait et maquillait les véhicules, l’imprimerie où des détenus fabriquaient toutes sortes de faux papiers, même des décalcomanies pour le Mondial de Foot avec la légende : « Los Argentinos somos derechos y humanos » (Nous les Argentins sommes droits et humains), le terrain de sport, la Plaza de Armas, grand espace ouvert entouré de bâtiments blanc et rouge, comme tous les autres bâtiments d’ailleurs, qui servait de terrain d’entraînement, de piste d’atterrissage pour les hélicoptères (j’y reviendrai), de lieu de célébration pour les cérémonies officielles, et enfin l’Ecole de Guerre.

De nos jours en plus des lieux que je viens d’évoquer, on peut y trouver le siège de différentes associations de la mémoire, la structure en verre et en acier qui reproduit la dernière lettre à la Junte Militaire du journaliste d’investigation, Rodolfo Walsh et  le centre culturel Haroldo Conti (j’en reparlerai dans un article suivant)…

 

 

 

 

 

 

Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés

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