90 ans de la 2e République espagnole

14 avril 1931-14 avril 2021

90 ans de la 2e République espagnole

L’association 24 août 1944
vous invite à une soirée spéciale projection:

Espagne/ L’espoir 1931/1936

suivi de

Je demande la parole

le mercredi 14 avril à 20h30

Si l’empreinte de cette mémoire continue à provoquer tant d’intérêt et de passion, c’est surtout parce qu’elle est synonyme d’avenir.

Ce 14 avril 2021 marque les 90 ans de la seconde république espagnole. Celle pour laquelle tant de personnes sont mortes, pour la défendre contre un coup d’état militaire.

Malgré la situation sanitaire pour le moins difficile dans le monde cette année encore, nous ne voulons pas cesser nos activités. Il est important pour l’avenir de marquer cet anniversaire. Il représente la première pierre posée par le peuple espagnol pour la conquête de ses droits sociaux, pour l’émancipation de la femme, pour le partage des richesses…… Il s’agit d’un projet social sans précédent dans ce monde féodal qu’est l’Espagne de 1930.

C’est pour toutes ces avancées que la République fut si durement attaquée et balayée par les forces fascistes, bourgeoises, et réactionnaires de toute l’Europe voire du monde.

Le « travail de mémoire » doit essentiellement servir l’avenir, empêcher le retour de dictateurs en éclairant la vérité historique sans complaisance. Nous devons parvenir à regarder en face le déroulement de l’histoire et que chacun reconnaisse ses actes, louables ou condamnables.

Il ne suffit pas de crier Viva la república ! encore faut-il savoir quelle république nous voulons, celle de 1933–1934, qui exerça une répression féroce contre les ouvriers, les mineurs, les paysans et les syndicalistes qui les représentaient ou celle de 1936–1937, qui fit naitre une expérience sociale révolutionnaire jamais renouvelée ?

Ne pas avoir cette démarche vers demain c’est condamner leur révolution à une momification. C’est aussi falsifier l’histoire en omettant de transmettre les raisons et les difficultés de leur combat.

C’est pour cela que notre association 24 août 1944 a décidé de ne pas rester silencieuse sous les consignes de confinement mais de partager avec vous :

Un petit documentaire sur cette République qui a tant fait parler d’elle qu’on en parle encore en 2021:

La conquête démocratique en Espagne/ L’espoir 1931/1936 (11,48’) par le collège André Malraux.avec les intervenants suivants:

Jean-Pierre Amalric, historien;
José Martinez Médecin/historien;
Jorge Semprun, écrivain;
Francisco Solano, protagoniste et maire de Moutiers-en-Puisaye pendant 30 ans(Yonne);
Lise London, militante communiste de l’époque.

Et le premier volet du film: Un autre futur, 1ère partie: Je demande la parole de Richard Prost 1990.

Auteurs : Aimé Marcellan, Angel Carballeira, Floréal Samitier, Alain Doboeuf.

Remarque : Le syndicat du cinéma a été aussi collectivisé en 1936. Les extraits de films utilisés dans la première partie proviennent du fond de la CNT spectacle. (43′). Il nous explique comment est née la puissante lutte sociale en Espagne et ce qu’elle a affronté

En attendant de pouvoir à nouveau se rencontrer dans le monde réel:

Rejoignez nous pour cette projection,

mercredi 14 avril 2021 à 20h30

Sans inscription

cermi association et 24 août 1944 vous invitent à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : 14 avril 1931-14 avril 2021 La 2e république espagnole

Heure : 14 avr. 2021 08:30 PM Paris

Participer à la réunion Zoom
https://us02web.zoom.us/j/85473590593?pwd=ci9mb0hhTFByZlNBWms2YzhuREkxdz09

ID de réunion : 854 7359 0593

Code secret : 296825

Le dernier grand trésor photographique de la guerre civile espagnole

Retrouvées dans deux boîtes rouges au fond d’un garage, 5 000 photos cachées du photographe Antoni Campañà, prises durant la guerre civile espagnole, sont dévoilées pour la première fois.

On dit des photographes qui ont couvert la guerre d’Espagne (1936-1939) qu’ils ont été les pionniers du photojournalisme. A l’époque, cette guerre civile enflamme le pays. Elle oppose le camp des républicains espagnols composé de loyalistes à l’égard du gouvernement légalement établi, de communistes, de léninistes, d’anarchistes à celui des nationalistes et rebelles putschistes dirigés par le général Franco. Robert Capa, David Seymour, Gerda Taro ont photographié le conflit. Leurs images ont fait le tour du monde.

On pense alors avoir tout vu de cette guerre avant qu’en 2018, près de Barcelone, lors de la démolition d’une maison ayant appartenu au photographe catalan Antoni Campañà apparaissent, au fond d’un garage, deux boîtes rouges. Elle contiennent plus de 5 000 photos, des négatifs pour la plupart, mais également plusieurs centaines de tirages, le tout réalisé durant les trois années d’affrontements. Selon le quotidien catalan La Vanguardia, il s’agit « du dernier grand trésor photographique de la guerre civile espagnole ».

Mais qui est Antoni Campañà ? Dans le très beau texte d’introduction du livre La boîte rouge (Seuil) qui revient sur cette histoire et a été codirigé par le journaliste Plàcid Garcia-Planas, l’historien Arnau Gonzàlez Vilalta et le photographe David Ramos, la question est posée. « Qui fut Antoni Campañà Bandranas ? Un artiste, un photojournaliste de sport, un reporter de la vie politique et de la guerre, un représentant de commerce pour Leica et Contax, un éditeur de cartes postales ? Ou encore un saxophoniste de l’Iberian Orchestra, qui se produisait dans les années 1930 à Barcelone ? En guise de réponse, on pourrait dire que (…) Campañà fut un parfait homme-orchestre de la photographie. » Fils et petit-fils d’entrepreneurs dans le domaine de la construction, issu d’une famille aisée, Campañà décide très jeune de faire de la photographie sa vie. À douze ans, il vend déjà ses positifs. À quatorze ans, il réalise un reportage « graphique » sur le roi Alphonse XIII, publié dans une revue espagnole. Dès lors, l’appareil photo devient un inséparable compagnon.

Campañà a trente ans quand débute la guerre civile espagnole. Républicain, catalaniste et fervent catholique, le photographe manifestera très peu de prises de position politiques publiques, affirmant simplement être du côté de ceux « qui gouverneront, s’ils me plaisent ». Il adopte en quelque sorte la position d’un diplomate, et cette diplomatie lui permet de photographier les uns et les autres sans distinction : « De la Ligue de Cambò ou la gauche républicaine de Catalogne de Companys de février et mars 1936, puis, quelques mois plus tard, les révolutionnaires anarchistes et les franquistes victorieux, puis les fascistes et les nazis en 1939. »

Ses images, aussi exposées en ce moment au Musée national d’art de Catalogne, dépeignent une réalité tragique pleine de nuances et de contrastes douloureux. Elles sont une découverte incroyable sur la guerre civile espagnole, une véritable fresque allant du coup d’état de Franco, à la « Barcelone soviétique », jusqu’aux portraits des miliciens antifascistes se rendant au front. Campañà observe ce qui l’entoure, se soucie de son prochain et il se rend partout où il peut aller. Il photographie parfois au Leica, parfois au Rolleiflex, tout ce qu’il considère comme important, en particulier des évènements qui l’ont profondément heurté ou marqué : des églises victimes des révolutionnaires iconoclastes aux portraits d’attirants combattants libertaires, des protestations de rues aux conséquences misérables de la guerre.Retour ligne automatique

Car c’est de cela qu’il s’agit dans ces images cachées et retrouvées près de trente ans après la mort du photographe : de l’histoire d’un homme meurtri de voir son pays détruit. « Campañà a photographié la guerre civile espagnole avec amertume et tristesse, cet état d’âme a guidé son refus de diffuser ses photographies », écrit la commissaire d’exposition Marta Gili. Le photographe n’a pourtant pas aimé photographier la pauvreté, comme il l’a confié à ses enfants. Ainsi son fils Antoni se rappelle-t-il que son père « n’a jamais voulu que l’on sache qu’il avait réalisé des images de la guerre ». A qui se destinaient alors ces photos ? Nul ne le sait mais comme il est joliment écrit sur la quatrième couverture du livre La boîte rouge : « Aujourd’hui, par bonheur, elles nous sont offertes. »

Par Sabyl Ghoussoub

P.-S.

Né à Paris en 1988 dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub est un écrivain, chroniqueur et commissaire d’exposition. Son deuxième roman Beyrouth entre parenthèses est sorti aux éditions de l’Antilope en août 2020.

https://www.blind-magazine.com/fr/stories/1276/Le-Dernier-Grand-Tresor-Photographique-De-La-Guerre-Civile-Espagnole

De la guerre civile au 15 Mai 2011 : les échos de la Commune de Paris qui ont atteint l’Espagne

De la guerre civile au 15 Mai 2011 : les échos de la Commune de Paris qui ont atteint l’Espagne
Les réminiscences du soulèvement français ont marqué une Espagne divisée : le mouvement cantonaliste, la persécution de l’Internationale, le symbolisme partagé et les commémorations de la révolution parisienne sont quelques-uns des marqueurs arrivés du pays frontalier.

Paris était un véritable bouillonnement de liberté et de ferveur patriotique. Cette révolution du 18 mars 1871 a mis en place le premier gouvernement de la classe ouvrière dans le monde. Cela dura peu de temps, 72 jours seulement, le temps qui s’écoulerait jusqu’à l’implacable répression qui en finirait avec les nouvelles lois inspirées du socialisme autogestionnaire.
La Commune de Paris a pris fin le 28 mai , et avec elle les décrets qui ont donné plus de pouvoir au peuple, entre autres : l’obligation des églises d’accueillir des assemblées de quartier, la laïcité, la création de crèches pour les enfants d’ouvriers, l’autogestion des usines abandonnée par leurs patrons et la suppression des intérêts sur les dettes.
En Espagne, la révolution est largement diffusée par la couverture médiatique des journaux de l’époque dans leurs différentes lignes éditoriales. « L’arc politique a été partagé entre ceux qui l’ont soutenue et ceux qui l’ont décriée, mais il y a des références explicites à La Commune jusqu’en 1937 », a commenté Marie-Angèle Orobon , professeure à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 (La Sorbonne), specialiste du sujet. 
 
 
Une France qui venait de sortir du chaudron de la guerre franco-prussienne et devint le principal héros de la presse Espagnole. « Les journaux républicains espagnols, très importants à l’époque, ont immédiatement souligné la légitimité de la réaction du peuple face à ce qu’ils ont considéré comme une attaque gouvernementale, tandis que les milieux monarchiques, libéraux, conservateurs et même les carlistes dénoncèrent l’anarchie et le desordre qui régnaient à Paris », explique madame Orobon. En Espagne, en plein dans sont mandat démocratique de six ans, (sexenio democratico) entre 1868 et 1874, les idées républicaines perçoivent la Commune comme le modèle d’un nouvel ordre social, allant jusqu’à la qualifier de «temple de la liberté, de l’égalité et de la fraternité» .   
Les premières conséquences de la révolution parisienne ne se font pas attendre «Les milieux internationalistes font preuve de prudence pour soutenir le soulèvement populaire, mais le 2 mai, date importante qui marque le début de la résistance anti-française, la section madrilène de l’Internationale organise une soirée fraternelle en soutien à la Commune; un évènement qui finit par être réprimé « , selon les termes de Marie Angèle Orobon.
Presque immédiatement après la révolution, on assiste à plusieurs  façons d’écrire cette histoire en Espagne. « Les républicains en Espagne n’appuyèrent pas la Commune de façon unanime, et par la suite certains d’entre eux écrivirent des ouvrages pour aider les citoyens afin de clarifier la compréhension de ce que fut le mouvement des communards », commente le professeur d’université .
 
 Illégalisation de l’Internationale
Cette première fois où les masses entrèrent dans l’histoire, eut des répercussions dans la société espagnole, là où les milieux sympathisant voyaient avec le soulèvement leurs idéaux se réaliser, bien que contrecarrés.

 En fait, quelques années plus tard, le mouvement cantonaliste espagnol s’inspirera de certaines des revendications portées par la Commune: « Antonio de la Calle participa à l’action dans le canton de Carthagène en 1873, il avait été aussi présent à Paris. S’il est vrai que le mouvement cantonal , surgi pendant la Première République espagnole, eu quelques corrélation avec la Commune, je ne crois pas qu’il en fut pour autant le produit des événements de Paris », précise M-A Orobon.  
La répression contre l’Internationale en Espagne fut une des conséquences directes que laissa le bref triomphe de la Commune Parisienne.  « Fin mai 1871, Mateo Sagasta , ministre de l’Intérieur de l’époque, réprima les membres de cette organisation par des persécutions et emprisonnements ; même les dirigeants de l’Internationale durent s’enfuir au Portugal. En Espagne, ils finirent par l’illégaliser en octobre 1871. Elle était considérée comme une organisation susceptible de mettre en danger la sécurité de l’État, alors que Fernando Garrido, Francisco Pi i Margall, Nicolás Salmerón et Emilio Castelar s’opposèrent à cette décision lors du débat au Congrès des députés », explique l’experte.  
Le pétrole : chaos et désordre
En conséquence la répression subie par le peuple parisien cristallisa les divergences qui couvaient dans les rangs républicains en Espagne. Les différences entre l’ouvriérisme et le républicanisme fédéral commençaient à devenir insurmontables , dès lors que les républicains espagnols étaient liés à cette France qui avait perpétré le massacre contre la Commune.  Les symboles laissés par la révolution parisienne furent très présents en Espagne. À titre d’exemple, le pétrole devient un symbole de désordre et de chaos 
 
 
C’est ainsi que l’explique M-A orobon, elle-même: «La Commune s’est terminée par un terrible incendie pendant la Semaine sanglante, quand elle fut abattue. Malgré le fait qu’il y ait eu nombre d’incendies, l’idée commença à circuler que presque tous étaient causés par des femmes, que l’on appelait Les Pétroleuses. 

On disait que les communards voulaient en finir avec Paris en la détruisant. Mais la vérité est que les premiers foyers ont commencé avec les bombes incendiaires lancées par les ennemis de la Commune. Cette symbolique, celle du pétrole, se propagea en Espagne depuis 1871jusqu’à la décennie des années 80 devenant ainsi un symbole intégré par le monde de la culture politique espagnole et reproduite de façon indépendante dans différentes caricatures publiées dans la presse de l’époque. »
De la commune à la guerre civile
L’Espagne n’oublia pas ce qui s’était passé, et encore moins ceux qui défendirent les idées qui avaient porté le peuple de la capitale française au pouvoir. Lors du premier anniversaire du soulèvement, des banquets et des fêtes eurent lieu dans diverses villes et au cours des années suivantes, les cercles socialistes et anarchistes ont commémoré la révolution comme une expression de la mémoire collective des travailleurs qui peu à peu se développe progressivement à la fin du 19e. siècle.  
Un militant en Catalogne, en 1887, disait déjà : « Ce que nous commémorons ici nous appartient, appartient au Parti socialiste ouvrier, car les idées qui ont donné à la Commune son véritable caractère révolutionnaire étaient les nôtres », une citation recueillie dans El Socialista sur 1er avril. Les cercles anarchistes organisent des soirées artistiques avec le même objectif, comme cela s’est produit avec le magazine mensuel catalan Acracia à l’occasion du 15e anniversaire de la Comuna dans un théâtre de Barcelone. L’entrée du XXe siècle n’a pas perturbé les réminiscences communales en Espagne. Ainsi, le théâtre Ensanche de Bilbao a creé le 18 mars 1904 la pièce La Grande Lutte , de Francisco Olabuénaga.       
 
 
Dans la guerre civile, l’expérience parisienne était encore chaude. Le 14 mars 1937, à Valence, la ministre anarchiste Federica Montseny a célébré l’insurrection avec une conférence intitulée La Commune de Paris et la Révolution espagnole . Dans cette intervention, la dirigeante libertaire fit le parallèle entre les aspirations de la Commune et de l’Espagne républicaine à cette époque. Orobon cite les paroles de Montseny: « Il y a toute une cause mondiale unie à la nôtre. La Commune vaincue déclencha la répression dans le monde entier . La révolution espagnole, vaincue, serait le début d’une agonie d’une révolution internationale en Europe et en Amérique. Le fascisme s’étendrait comme une tache d’huile.  »  
« Une prophétie qui s’est réalisée », fait remarquer la professeure de la Sorbonne. Au XXIe siècle, selon l’experte, quelque chose de La Commune pourrait aussi être vu dans le mouvement des indignés et du 15-Mai:  » Anti-système , comme on dit maintenant, mais aussi spontané, venant des bases populaires et avec une certaine projection internationale en dehors des partis politiques où se rassemblent différentes idéologies qui convergent vers l’autonomie sont les principaux aspects partagés ».  
Si la Commune fonctionne comme une sorte de mythe, dans lequel le mouvement spontané surgit des entrailles de la société et de ceux qui ne s’étaient jamais exprimés, il faut également voir cet évènement comme une révolution, comme le soutient notre experte. « Ce fut une révolution profondément sociale pour la défense de la République démocratique et sociale, qui fait appel à la République avec toutes ses conséquences», a conclu Orobon.   
 
traduction Luis Lopez

TEXTE EN ESPAGNOL tiré du journal Publico

De la Guerra Civil al 15M: los ecos de la Comuna de París que llegaron a España
Las reminiscencias del levantamiento francés impregnaron a una España que se dividió: el movimiento cantonalista, la persecución a La Internacional, la simbología compartida y las conmemoraciones de la revolución parisina fueron algunos de los hechos que llegaron del país fronterizo.

París era un hervidero de libertad y fervor patriótico. Aquella revolución del 18 de marzo de 1871 dio comienzo al primer gobierno de la clase obrera del mundo. Duraría poco, tan solo 60 días, el tiempo que trascurrió hasta que una implacable represión acabaría con la novedosa legislación vertebrada en torno al socialismo autogestionario.
La Comuna de París murió el 28 de mayo, y con ella los decretos que daban más poder al pueblo, entre otros: la obligación de las iglesias a acoger asambleas de vecinos, la laicidad del Estado, la creación de guarderías para los hijos de las obreras, la autogestión de las fábricas abandonadas por los patrones y la abolición de los intereses de las deudas.
En España, la revolución fue ampliamente difundida por la cobertura que hicieron los periódicos de la época con sus diferentes líneas editoriales. « El arco político se dividió entre aquellos que la apoyaron y los que la denostaban, pero hay referencias explícitas de La Comuna hasta 1937 », comenta Marie-Angèle Orobon, profesora en la Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 (La Sorbona) y estudiosa del tema.

Una Francia en el calderero que acaba de salir de la guerra franco-prusiana se convirtió en la protagonista de la prensa española. « Los diarios republicanos españoles, muy importantes en aquella época, recalcaron en seguida la legitimidad de la reacción del pueblo ante lo que consideraban un ataque gubernamental, mientras que los medios monárquicos, liberales, conservadores e incluso carlistas denunciaron la anarquía y el desorden que reinaba en París », explica Orobon. En España, inmersa en su sexenio democrático, el republicanismo percibe a La Comuna como un modelo de nuevo orden social, llegándolo a tildar de « templo de la libertad, igualdad y fraternidad ».
Las primeras consecuencias de la revolución parisina no se hacen esperar: « Los círculos internacionalistas son prudentes con el apoyo al levantamiento popular, pero el 2 de mayo, una fecha muy señalada al marcar el inicio de la resistencia antifrancesa, la sección madrileña de La Internacional organiza una velada de té fraternal en apoyo de La Comuna; un acto que terminó siendo reprimido », en los términos de Orobon.
Casi de forma inmediata a la revolución se produce una gran historiografía sobre la misma en España. « Los republicanos en España no apoyaron La Comuna de forma unánime, y después algunos de ellos escribieron algunas obras como un servicio a la ciudadanía para aclarar qué fue el movimiento comunal », comenta al respecto la profesora universitaria.

Ilegalización de La Internacional
La primera vez que las masas ascendieron a la historia repercutió en la sociedad española, donde los círculos adheridos al levantamiento vieron realizados sus ideales, aunque frustrados.

De hecho, un par de años después el movimiento cantonalista español bebería de algunas de las reivindicaciones efectuadas en La Comuna: « En el cantón de Cartagena de 1873 participó Antonio de la Calle, quien también había estado en París, pero aunque el movimiento cantonal surgido en la Primera República española tuviera cierta relación, no creo que sea producto de lo ocurrido en París », puntualiza Orobon.
La represión contra La Internacional en España fue una de las consecuencias directas que dejó el corto triunfo de La Comuna parisina. « A finales de mayo de 1871, Mateo Sagasta, Ministro de Gobernación en aquel momento, reprimió a sus miembros con persecuciones y encarcelamientos; incluso la cúpula de La Internacional tuvo que huir a Portugal. En España terminaron por ilegalizarla en octubre de 1871 al ser considerada como una organización que podía poner en peligro la seguridad del Estado, pese a que Fernado Garrido, Francisco Pi i Margall, Nicolás Salmerón y Emilio Castelar se hubieran pronunciado en contra de la decisión durante el debate en el Congreso de los Diputados », se explaya la experta.
El petróleo: caos y desorden
De esta forma, la represión que sufrió el pueblo de París fue la cristalización de la separación que ya se venía fraguando dentro de las filas republicanas en España. Las diferencias entre el obrerismo y el republicanismo federal empezaron a ser insalvables, ya que los republicanos españoles eran ligados a aquella Francia que había perpetrado la masacre anticomunera, parafraseando a Orobon. La simbología que dejó la revolución de París también tuvo gran presencia en España. Como ejemplo de ello, el petróleo se convirtió en un símbolo de desorden y caos

Así lo explica la propia Orobon: « La Comuna terminó con un incendio terrible durante la Semana Sangrienta, cuando la derrotan. Pese a que hubo muchos incendios, empezó a circular la idea de que casi todos ellos eran provocados por mujeres, a las que se denominó las petroleras. Se dijo que los comuneros querían arrasar París para destruirlo, pero en realidad los primeros fuegos empezaron con las bombas incendiarias que tiraron los enemigos de La Comuna. Este símbolo, el del petróleo, circuló por España desde 1871 hasta la década de los 80, llegando a ser un símbolo asimilado por la cultura política española debido a que ya era utilizado de forma independiente en diferentes caricaturas publicadas en la prensa de la época ».
De La Comuna a la Guerra Civil
Pero España no olvidaba lo ocurrido, y mucho menos lo hacían quienes defendían las ideas que habían aupado al poder al pueblo de la capital francesa. En el primer aniversario del levantamiento se celebraron banquetes y fiestas en varias ciudades y durante los próximos años, tanto los círculos socialistas como anarquistas, conmemoraron la revolución como una expresión de memoria colectiva obrera que poco a poco se va elaborando a finales del siglo XIX.
Un militante en Catalunya, ya en 1887, diría: « El hecho que aquí conmemoramos es puramente nuestro, del Partido Socialista Obrero, pues las ideas que dieron a la Commune verdadero carácter revolucionario fueron las nuestras », cita recogida en El Socialista el 1 de abril. Los círculos anarquistas organizan veladas artísticas con la misma vocación, como ocurrió con la revista mensual catalana Acracia con ocasión del XV aniversario de La Comuna en un teatro de Barcelona. La entrada del siglo XX no perturbó las reminiscencias comunales en España. Así, el teatro del Ensanche de Bilbao estrenó el 18 de marzo de 1904 la obra La gran lucha, de Francisco Olabuénaga.

En la Guerra Civil la experiencia parisina seguía candente. El 14 de marzo de 1937, en Valencia, la ministra anarquista Federica Montseny conmemoró el levantamiento con una conferencia denominada La Comuna de París y la Revolución española. En ella, la líder libertaria hizo un paralelismo entre las aspiraciones de la Comuna y la España republicana en aquel momento. Orobon cita las palabras de Montseny: « Hay toda una causa mundial unida a la nuestra. La Commune vencida, fue la represión en todo el mundo. La revolución española, vencida, sería el principio del fin de una revolución internacional en Europa y en América. El fascismo se extendería como una mancha de aceite ».
« Una profecía que sí se cumplió », puntualiza la profesora de La Sorbona. En el siglo XXI, según la experta, también se pudo ver algo de La Comuna en el movimiento de los indignados y el 15-M: « Antisistema, como se dice ahora, pero también espontáneo, procedente de las bases populares y con cierta proyección internacional al margen de partidos políticos en donde se aglutinaban diferentes ideologías distintas que convergían en la autonomía son los aspectos que comparten ».
Aunque La Comuna funciona como una especie de mito, en el que el movimiento espontáneo surgió de las entrañas de la sociedad y de los que siempre habían callado, hay que verla como una revolución, tal y como defiende la experta. « Fue una revolución profundamente social en defensa de la república democrática y social, lo que en aquel momento denominaban como la República con todas sus consecuencias », concluye Orobon.

France Navigation 5/5

1940 : Les nazis occupent le pays, Vichy s’installe, l’extrême droite pavane. France-Navigation a été mise en gérance, trois concurrents se partagent ses navires, la Transatlantique, les Chargeurs et Worms. La direction de la compagnie passe en procès en août, à Toulon. Il s’agit en fait de quatre de ses responsables dont Auguste Dumay et Simon Pozner (Georges Gosnat a été fait prisonnier sur le front belge par les Allemands en mai 40 et Allard/Ceretti a pu échapper à la police).
La presse collabo couvre largement le procès, elle parle de « compagnie étrange » qui se livrait à une « étrange activité ». Pourtant la justice a du mal à trouver la faille, et l’argent. Les preuves manquent, et l’avocat (Maître Moro-Giafferi, vedette du barreau et homme politique fameux) est bon. Les quatre dirigeants sont acquittés le 27 août 1940, et France-Navigation la rouge est blanchie, si l’on peut dire.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La société suscite bien des appétits. Nombreux sont ceux qui veulent mettre la main sur les fonds de France-Navigation, des aventuriers en tout genre, trafiquants d’armes ou aigrefins, des affairistes vichystes et l’occupant allemand. Tous sont à la recherche des actions (30 000) et des actionnaires. Tous multiplient les enquêtes, les procédures. La Gestapo veille.
Dans les archives de France-Navigation, on peut lire les commentaires de l’administrateur judiciaire de la société, ces années-là ; il y est beaucoup question des investigations d’un officiel allemand, un certain Rosenchaft, gestapiste. Chargé de suivre le dossier, il se montre très actif ; pourtant, de procès en procès devant le tribunal de commerce de Paris, les choses n’avancent pas. « Rien ne semble pouvoir résoudre l’affaire », écrivent les auteurs de l’ouvrage Les brigades de la mer. Puis, coup de théâtre : les Allemands s’aperçoivent que Rosenchaft est en fait un rouge infiltré, un juif hollandais qui travaille pour l’Internationale ; il est arrêté, déporté. Le dossier de France-Navigation est au point mort. On bute sur des questions juridiques, de propriété, d’identité des actionnaires, de secret bien gardé.
Juin 44 : Paris se libère. Le même administrateur, qui tient toujours une sorte de journal de bord, décrit l’ambiance parisienne : « ça tire de partout ». Paniqué, et prudent, il s’enfuit.
1945, Georges Gosnat rentre du camp disciplinaire nazi de Lübeck. Il se retrouvera bientôt, on l’a dit, secrétaire d’État à l’Armement. Il récupère la société, re-identifie petit à petit les différents actionnaires (qu’on retrouve jusqu’en Suède…), remet la main sur les 30 000 actions (volées par un patron de presse indélicat). Et France-Navigation repart. Mais sur un mode marchand plus traditionnel. La compagnie sera vendue en 1953 ; celui qui s’occupe de cette transaction s’appelle Raymond Aubrac.
Pas de conclusion mais une remarque : lorsque les deux livres mentionnés plus haut sur l’histoire de « France-Navigation » sont sortis, dans les années 70, les médias de droite ou de gauche, du Figaro de Giscard au Matin de Mitterrand, ont réservé à ces ouvrages des critiques assez hargneuses. On ne discutait pas les faits, avérés, on traitait le dossier avec mépris. Pourquoi cette attitude ? Sans doute qu’il ne fallait pas créditer les communistes de cette histoire puissante. Ainsi fonctionnait à l’époque l’anticommunisme ambiant. N’empêche, les faits sont là, il reste une formidable histoire rouge.
Gérard Streiff