Archives de catégorie : Témoignages et récits

« RÊVES COLLECTIFS »

Un documentaire à partager

https://potyomkinproducciones.wordpress.com/suenos-colectivos-2011/

Un avis à lire sur le doc « suenos collectivos »

J’avais relayé ce film, par l’intermédiaire de Luis L . et Eric S. , je relaie donc aussi cette analyse (postée sur FB par Claude Mariejean)

SUENOS COLLECTIVOS

Il y a trois ans, j’ai participé à une réunion publique de la CNT AIT Toulouse pendant laquelle a été projeté le film documentaire « Sueños colectivos » (« rêves collectifs »). Comme probablement la majorité des spectateurs, j’avais trouvé ce film très intéressant et je n’avais pas grand-chose à y redire. Lors du débat qui suivit, un compagnon, aujourd’hui décédé, affirma : « ce film n’est pas un film anarchiste, il ne défend pas l’anarcho-syndicalisme ». Je l’avoue, sur le moment je n’ai pas compris ces objections. Il y a peu, j’ai revu ce film ; les paroles du compagnon me sont revenues à l’esprit et tout est devenu clair.

« Sueños colectivos » retrace l’histoire des collectivités rurales en Aragon entre juillet 1936 et mars 1938. Après le 19 juillet 36, dans toute l’Espagne républicaine, les populations des villes et des campagnes ont pris leur destin en main en collectivisant les outils de production, en renversant le vieil ordre social et en établissant les bases d’une société plus égalitaire, plus libre, plus démocratique.

En s’appuyant sur des documents d’époque (films, photos…), le réalisateur met en scène les témoignages de personnes ayant vécu et travaillé dans ces collectivités et il faut le dire, c’est un vrai bonheur que d’entendre ces villageois, aujourd’hui très âgés nous raconter leur expérience : la dureté de la vie dans l’Espagne rurale d’avant 36, puis la création et le fonctionnement au quotidien des collectivités et enfin (le film suit la chronologie des événements) la destruction des collectivités par la colonne républicaine Lister (général communiste), leur reconstruction envers et contre tout, et au final leur anéantissement par l’armée franquiste.

Après chaque témoignage, des intellectuels, historiens pour la plupart commentent les dires des collectivistes et resituent les événements dans le contexte historique. Tout le film est donc rythmé par l’alternance entre les paroles, choisies par le réalisateur, de travailleurs manuels et intellectuels, maintenant très âgés qui nous racontent leur vécu dans cette période qui a vu la transformation radicale de leurs conditions, et celles donc d’historiens qui, forts de leur savoir précisent, corrigent, mettent des bémols et montrent surtout les limites de l’ « expérience ». L’opposition entre les témoignages des vieux villageois qui n’ont -malgré le temps passé- rien perdu de la foi et de l’enthousiasme qui, dans leur jeunesse, les amena à transformer radicalement les rapports sociaux, et les regards désincarnés et « objectifs » que des érudits posent sur ces réalisations, génère un sentiment de doute.

Ce sentiment est encore augmenté par les choix très subjectifs du réalisateur. Par exemple aucun des historiens n’emploie jamais le mot « anarchie » alors que ce mouvement de collectivisation a été très fortement influencé par les idées anarchistes, et que des militants anarchistes y ont pris une part très active. On dirait que ce mot fait peur. Les anciens collectivistes, eux même, ne prononcent ce mot que quatre fois dans le film : une fois associé au mot vengeance, une autre fois prononcé par une ancienne maîtresse d’école qui définit l’anarchisme comme une utopie impossible, une horreur … et les deux autres fois par un vieux cénétiste qui en parle comme d’un idéal lointain.

On pourrait croire qu’il y a de la part du cinéaste une volonté de minorer l’influence anarchiste dans ce mouvement des collectivités. Pourtant, plusieurs des témoins cités, anciens paysans ou ouvriers, étaient des militants anarchistes convaincus mais le réalisateur ne leur donne jamais l’occasion de donner leur sentiment à ce sujet. De la même façon, on ne peut que s’étonner de l’intérêt que la narration accorde à la présence de militants du Parti Communiste dans les collectivités. On nous dit qu’il y a eu une collectivité très influencée par les communistes, que les paysans de cette collectivité ont copié l’expérience soviétique et que lors de la destruction par le communiste Lister des collectivités, nombre de militants du PC espagnol ont été choqués. La vérité est qu’en 1936, le Parti Communiste était groupusculaire, que son influence dans le monde rural était insignifiante et qu’il a été pendant toute la période un ennemi acharné des collectivisations tant à la ville qu’à la campagne.

De même, quand le cinéaste nous parle de la genèse du mouvement, il cite nombre de théoriciens du collectivisme, Costa, Reclus, etc… sans jamais dire que ce sont des socialistes très à gauche (Costa) ou des anarchistes convaincus (les autres). Si l’on en croit le film, la divulgation de leurs idées a été faite par les maîtres d’école, donc entre 1931 et 1936 pendant la seconde république, mais ce que le film ne nous dit pas, c’est que depuis bien plus longtemps, nombre de militants anarchistes et anarcho-syndicalistes diffusaient dans les campagnes les principes anarchistes et collectivistes. C’est cet effort continu de diffusion des idées par la parole, la brochure, les actes, poursuivi pendant des années par des centaines de militants anonymes, relayé dans les athénées libertaires et les syndicats (athénées libertaires et syndicats avaient un rôle d’éducateurs, nombre de syndiqués y apprenaient à lire et à écrire ; pourtant leur rôle n’est pas évoqué dans le film) qui a permis l’élévation du niveau de conscience des populations aragonaises et qui a abouti à la création des collectivités.

Tous ceux qui ont l’âme libertaire, qui s’intéressent à la révolution sociale espagnole, qui ont de l’empathie pour les vieux anarchistes, tous ceux-là trouveront le film superbe. Mais tous les autres, tous ceux qui ne connaissent pas l’histoire de l’Espagne, tous ceux qui ignorent celle du mouvement anarchiste donc l’immense majorité ne verront dans ce film que la description d’une expérience sociale intéressante, celle de villageois utopistes qui ont voulu vivre un rêve et qui au final, ont été rattrapés par la réalité. La leçon qu’ils en tireront est que leurs illusions se sont brisées sur le socle invincible des nécessités, il ne pouvait pas en être autrement.

Depuis plus d’un siècle, les états et les défenseurs de l’ordre social existant, pour combattre les idées anarchistes, hésitent entre deux discours : soit ils affirment que les anarchistes prônent la haine et la violence, que Ravachol et Vaillant furent de pires assassins qu’Hitler et Staline réunis, soit ils définissent l’anarchie comme une utopie irréalisable, un rêve impossible. Il n’est pas d’anarchiste qui n’ait été un jour ou l’autre traité de doux rêveur.
Ce film renforcera donc la conviction partagée par tous les bien-pensants qu’une révolution sociale est impossible, que tous ceux qui défendent un projet révolutionnaire sont des rêveurs, des utopistes, des fous. Les dernières séquences du film sont très explicites : immédiatement après qu’un vieux collectiviste ait dans un éclair, prononcé les mots révolution, communisme libertaire, anarchie ; un historien nous donne les leçons, adaptées au monde d’aujourd’hui, qu’il faut retenir de l’expérience des collectivités : plus question de révolution, de communisme libertaire, de renversement des rapports sociaux, contentons-nous nous dit-il de réformer la société en développant l’entraide, la solidarité, en favorisant l’écologie, voilà selon-lui des objectifs réalistes pour l’époque actuelle.

Libre à lui de penser ainsi mais c’est absolument scandaleux de mettre les combats et les réalisations sociales des collectivistes aragonais au service de cette idéologie. C’est par ce qu’ils avaient la certitude qu’une révolution sociale était possible, qu’il est possible si on le veut vraiment de mettre un terme à l’exploitation de l’homme par l’homme que les révolutionnaires aragonais, catalans, valenciens etc… ont en juillet 1936 écrasé les forces de répression, puis mis en place des rapports sociaux libres et égalitaires. C’est parce qu’ils ne rêvaient pas, parce qu’ils avaient bien compris les mécanismes du système qui les opprimait, parce qu’ils savaient exactement qui étaient leurs ennemis et qu’ils avaient acquis la conviction qu’il n’y avait pas d’autre solution que de détruire le système existant pour parvenir à l’émancipation que ces hommes et ces femmes ont trouvé l’énergie pour réellement construire un nouveau monde.
En finançant ce film, le gouvernement Aragonais et la municipalité de Huesca poursuivaient deux objectifs : d’une part émasculer l’image révolutionnaire traditionnellement associée au mouvement des collectivités et d’autre part « enrichir » l’image de l’Aragon. Puisque aujourd’hui, les champs de bataille de la guerre de 14-18, les cimetières militaires, les forts de la ligne Maginot etc… sont devenus des lieux touristiques, sources de profits pour les territoires, le souvenir des collectivités aragonaises et autres peut bien lui aussi être récupéré au service du tourisme aragonais. L’Aragon, ses montagnes, ses canyons, ses « collectivités »… et de plus, ça leur donne bonne conscience !
Dans un monde où tout est marchandise, même le souvenir des révolutionnaires les plus sincères est transformé en une énième et écœurante interprétation de l’histoire. Malgré l’importance et la qualité des témoignages produits dans ce documentaire, le titre et le discours sur lesquels s’achève le film, minorent les faits et donnent à penser aux spectateurs que l’expérience des collectivités ne pouvait être autre que ce qu’elle a été par manque de réalisme ; c’est à dire parce que leurs membres poursuivaient un idéal aussi utopique qu’inaccessible.
Même si la révolution sociale qu’ils avaient entreprise a connu une fin tragique, de « rêves », il n’y en eut aucun.

« Révolution sociale 36/38 » en Aragon, en Catalogne, dans le Levant etc… aurait été un titre moins onirique et littéraire que « Sueños colectivos » plus accrocheur, certes, mais beaucoup moins juste et fidèle aux réalisations concrètes des populations de ces collectivités, debout pour leur dignité et qui ont mis en place une nouvelle organisation sociale, sur des principes anarchistes et anarchosyndicalistes :

La fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, égalité homme/femme

L’abolition de l’argent et de la propriété privée

« A chacun selon ses moyens, a chacun selon ses besoins ! »

Éducation et instruction rationaliste.

Et durant 18 mois, Femmes et Hommes de ces collectivités ont vécu concrètement selon les règles qu’ils avaient librement et collectivement choisis. Les sentiments d’échec et de déception qu’entretient le film n’ont pas lieu d’être, les membres des collectivités ne sont en aucune façon responsables de la triste fin de celles-ci. Elle n’est que la conséquence de l’affrontement des dirigeants du vieux monde qui ont en commun les mêmes rêves d’ambition et de domination, le même goût pour le pouvoir et la même volonté de puissance.

C’est pour satisfaire ces rêves inaccessibles, ces pulsions qui ne sont que pures folies qu’ils n’ont aucunement hésité à liquider jusqu’au dernier les tenants de cette nouvelle organisation sociale.

Article d’Anarchosyndicalisme ! n°166

Femmes en exil, les réfugiées espagnoles en France 1939-1942

Maëlle Maugendre est historienne. Après avoir travaillé sur le camp du Vernet d’Ariège, elle a consacré sa thèse au devenir des femmes espagnoles réfugiées sur le sol français entre 1939 et 1942. Elle a aussi co-réalisé “A posteriori ”, un film documentaire sur la trajectoire de deux anciens réfugiés espagnols anarchistes en France (dont Emilio Marco). Elle poursuit aujourd’hui ses recherches sur les actions menées par des femmes espagnoles anarchistes dans les années 1920, tout en étant professeure documentaliste dans un collège de Seine-Saint-Denis.

Elles sont entre 75 000 et 95 000 à chercher refuge en France. Des femmes dont on ne parle pas. Des figures subalternes de l’histoire, qui restent dans l’ombre de leurs compagnons d’armes. Des femmes dont les trajectoires et les expériences restent invisibles. Lors de la « Retirada », l’exode antifranquiste au début de l’année 1939, des hommes mais aussi des femmes et des enfants traversent la frontière pyrénéenne pour se réfugier en France. Des centres de triage aux centres d’hébergement disséminés sur tout le territoire, en passant par les camps d’internement pour certaines d’entre elles, les Espagnoles subissent des pratiques coercitives qui les contraignent et les violentent. Mais elles résistent aussi, et de multiples manières! Au croisement de l’histoire des femmes, du genre et des migrations, la conférence de Maëlle Maugendre rend visibles les expériences des femmes espagnoles réfugiées en France de 1939 à 1942. Cette historienne propose une narration au féminin de l’exode sur le sol français pour faire advenir ces femmes comme sujets politiques sur la scène historique. 80 ans après la retirada, il est temps de mettre en lumière la dimension résolument politique de ces femmes en exil.

ENTERRAR Y CALLAR

« RETIRADA 37 » VOUS INVITE AU DÉBAT SUR LES BÉBÉS VOLÉS

SAMEDI 19 OCTOBRE

De 14 h à 18 h Salle de la Médaille à St Pierre des Corps

Avec la participation de ANNA LOPEZ LUNA

(auteur de)

ENTERRAR Y CALLAR

(Enterrer et Taire)

Le titre d’une gravure de Francisco Goya pour un film qui ouvre sur le paysage inquiétant d’une Espagne.

Car ce qui se révèle ne procède pas seulement d’un passé qui peut être tenu dans une distance qui rassure, mais continue de servir le présent : le vol des nouveaux nés dans les maternités.

Abus de pouvoir médical, contrôle religieux, corruption institutionnalisée, mépris de l’autre :

Ces mots et ces sentiments résonnent d’une parole à l’autre et dévoilent des procédés qui ont été perpétrés pendant la dictature franquiste et qui ont continué dans la démocratie.
Une série d’entretiens recueillie dans toute l’Espagne :

Des mères, pères, enfants, l’un après l’autre, déposent leurs histoires enfouies sous terre.

Alors, la parole, dans l’espace du film, commence à penser et se révolter contre le vide juridique qui les étouffe.

Ce vide toujours actif s’emmêle à une situation de l’Espagne contemporaine: l’impunité des crimes, la corruption de l’état, la spoliation du système social et le durcissement d’une morale sexuelle de droite. Contre l’humiliation sourde, les personnes se tiennent là, fragiles mais pourtant l’une à côté de l’autre dans le cadre de l’écran.

Et c’est par le lien de l’écoute que le film propose l’affrontement du cynisme et de son autorité.

1944-2019, 75e anniversaire de la libération de Paris.

75º anniversario de la liberación de París 

À l’occasion du 75eanniversaire de la Libération de Paris, l’association 24 août 1944 a le plaisir de vous inviter à partager les événements en hommage aux combattants de la Nueve, arrivés en éclaireurs de la 2eDB le 24 août 1944.

Notez sur votre agenda le samedi 24 août, pour être parmi nous !

À très bientôt pour ces moments d’émotion et de mémoire.

Cordialement.

75º anniversario de la liberación de París 

Con motivo del 75° aniversario de la Liberación de París, la asociación 24 août 1944 se complace en invitarles a compartir sus eventos en homenaje a los combatientes de la Nueve,que llegaron a la vanguardia de la 2ª DB el 24 de agosto de 1944.

¡No olvida el Sábado 24 de agosto de 2019, de estar con nosotros!

Seremos felices de acogerles para estas evocaciones particulares de los defensores extranjeros de París, luchadores de la libertad.

 

Retrouvez l’ensemble des manifestations prévues et soutenues par la mairie de Paris
pour le 75e anniversaire de la Libération de la ville  à l’adresse suivante : https://quefaire.paris.fr/80143/75e-anniversaire-de-la-liberation

Le Silence des autres – El silencio de otros

 

de Almudena Carracedo, Robert Bahar

« L’Espagne est pleine de charniers » dit l’une des survivantes de la période franquiste. En 1977 une loi d’amnistie générale libère tous les prisonniers politiques, en même temps qu’elle interdit toute poursuite contre les responsables d’enlèvements, meurtres, viols, tortures etc. C’est donc en Argentine, faute de pouvoir le faire en Espagne, que la Justice a été saisie pour qu’enfin soit brisé ce « pacte de l’oubli ».

À la fois enquête, récit et réflexion, un film documentaire passionnant et d’une grande intelligence.

Au cinéma  Studio, 2 rue des ursulines, Tours, du 17 au 23 avril à 19H15 et le samedi 27 avril et le dimanche 28 avril, à 15H30.

1969, Paco Ibáñez : l’Espagnol d’Aubervilliers

Le 2 décembre 1969 le chanteur en exil donnait à l’Olympia un concert devenu légendaire, incarnation fervente de la résistance au franquisme. 50 ans plus tard et avant de ressusciter cette prestation le 24 janvier prochain au Casino de Paris, il revient sur cette histoire.

Né en 1934 à Valence, fils d’anarchiste, forcé par la guerre civile à s’exiler au pays basque puis à Perpignan, Paco Ibáñez débarque à Paris en 1952. Sa rencontre, quelques années plus tard avec Georges Brassens consacre sa révélation pour la poésie. Dès lors, il n’aura de cesse que de mettre en musique les plus grands poètes de langue espagnole (Rafael Alberti, Gabriel Celaya, Antonio Machado, Pablo Neruda, José Agustín Goytisolo etc).

Vivant à Aubervilliers, il fréquente de nombreux artistes espagnols ou latino-américains et publie deux albums en 1964 puis 1967.

En 1968, il assiste aux événements de mai à Paris et, profitant d’un assouplissement temporaire du régime espagnol, se produit pour la première fois en Catalogne et à Madrid. Pourtant début 1969, Franco resserre la vis et instaure l’état d’exception : contraint de retourner à Paris, Paco Ibáñez se produit cette année-là dans la cour de la Sorbonne puis à l’Olympia, au cours de deux soirées restées dans les mémoires en raison de la communion entre le chanteur et son public.

A l’occasion du concert qu’il donnera le 24 janvier prochain au Casino de Paris, recréation de la performance de l’Olympia (augmentée d’autres chansons) Juke-Box modifie sa formule habituelle et reçoit le chanteur espagnol pour une interview exceptionnelle.

 » UNE LONGUE MARCHE DE LA RÉPRESSION FRANQUISTE AUX CAMPS FRANÇAIS « 

Albino GARRIDO SAN JUAN : « UNE LONGUE MARCHE DE LA REPRESSION FRANQUISTE AUX CAMPS FRANÇAIS ». Publié aux EDITIONS PRIVAT .

 » Une longue marche – De la répression franquiste aux camps français  » retrace le parcours d’Albino Garrido San Juan, jeune journalier de Castille, pris dans le tourbillon de la guerre d’Espagne. Agé d’à peine 17 ans il s’enrôle dans la colonne des milices populaires du colonel Julio Mangada puis dans la 34ème Brigade Mixte et lutte pour défendre la République, dans la Sierra, aux confins des provinces d’Avila et de Madrid. Démobilisé au printemps de 1937, il s’engage alors dans l’aviation. Affecté à plusieurs aérodromes à l’arrière du front, la fin de la guerre le surprend en Estrémadure. Dans des conditions particulièrement dramatiques il est fait prisonnier par les troupes franquistes et est interné dans le terrible camp de concentration de Castuera dans la province de Badajoz. Après plus de huit mois de réclusion dans un univers où l’arbitraire, les privations et la brutalité des vainqueurs règnent en maîtres, il parvient à s’évader accompagné de cinq camarades.

Commence alors, au coeur de l’hiver, une longue et périlleuse marche à travers l’Espagne. Se déplaçant de nuit, s’aidant d’un petit manuel de géographie pour tracer leur route, s’orientant lorsque le temps le permet à l’aide de l’étoile polaire, il réussit avec trois camarades à atteindre le 22 mars 1940 la frontière française à Urdos. Son périple a duré 79 jours.

Itinéraire approximatif suivi par Albino Garrido et ses compagnons lors de leur évasion du camp de concentration de Castuera. Leur pérégrination à travers l’Espagne dura 79 jours, du 4 janvier au 22 mars 1940. Elle les conduisit jusqu’à Canfranc puis Urdos, en France

Interné dans le camp de concentration de Gurs puis dans celui d’Argelès sur Mer il réussit à en sortir et travaille dans l’agriculture dans le département de l’Hérault. Après l’entrée des troupes allemandes à Paris il s’enfuit et rejoint Marseille. Commence alors une vie d’errance. Emprisonné à Aix en Provence pour défaut de papiers d’identité il rejoint les Groupements de Travailleurs Etrangers afin de régulariser sa situation. Passant d’un GTE à l’autre pour se soustraire aux réquisitions des autorités de Vichy qui veulent le mettre au service de l’organisation Todt, il quitte le midi de la France pour rejoindre Royan en juillet 1943. Il s’y trouve à la fin de la guerre. La longue nuit de la dictature franquiste anéantit tout espoir de retour en Espagne. Il fonde une famille et s’établit définitivement en France.

Ce récit a été traduit par son fils Luis qui, s’appuyant notamment sur des recherches dans différents services d’archives tant en Espagne qu’en France, l’a enrichi de nombreuses notes pour l’éclairer aussi bien sur le plan général de la guerre et de ses conséquences, que sur celui de ce parcours si particulier.

Le livre d’Albino GARRIDO sera présenté par son fils Luis qui parlera et debattra du système concentrationnaire franquiste et du combat pour la mémoire le : Samedi 13 Octobre de 14 h 30 à 18 heures

Salle 121 aux Halles à Tours