Tous les articles par Eric Sionneau

L’or de Moscou

Le 25 octobre 1936, 510 tonnes d’or de la Banque d’Espagne ont été expédiées à Odessa, puis à Moscou. À la fin de la guerre civile espagnole, le trésor de la Banque d’Espagne avait été liquidé. En 1994, Maria Dolors Genovés, directrice des programmes spéciaux de TV3, a réalisé pour cette chaîne de télévision régionale un précieux documentaire intitulé L’Or de Moscou, un travail d’investigation qui, pour la première fois, a donné accès à la documentation la plus secrète des archives de l’Armée rouge à Moscou.

Le terme “Oro de Moscou”, ou aussi “Oro de la República”, fait référence à l’opération de transfert de 510 tonnes d’or, correspondant à 72,6 % des réserves d’or de la Banque d’Espagne, de son dépôt à Madrid vers l’Union soviétique, quelques mois après le début de la guerre civile espagnole, ainsi qu’aux négociations ultérieures liées à sa vente à l’URSS. Les fonds obtenus ont servi à l’achat d’armement commandés pendant la guerre sur ordre du gouvernement de la Seconde République, présidé par Francisco Largo Caballero, et à l’initiative de son ministre des Finances, Juan Negrín. Le quart restant de la réserve de la Banque, soit 193 tonnes, a été transféré et converti en devises en France, une opération connue par analogie sous le nom d’Or de Paris.

L’or de Moscou

De María Dolors Genovés

Titre original “El oro de Moscu”

1994 – Espagne – 65′

Espagnol et catalan sous-titré en français

¡Solidarias!

Les volontaires étrangères et la solidarité internationale féminine durant la guerre d’Espagne (1936-1939)

Édouard Sill (dir.)

La participation des femmes étrangères durant la guerre civile (1936-1939) – et notamment celles qui s’engagèrent dans les Brigades internationales pour défendre la République et combattre le fascisme – n’avait fait l’objet jusqu’à présent que de très peu de travaux historiques. Il s’agit pourtant d’une dimension majeure de l’histoire de l’antifascisme et des engagements internationalistes féminins.

À l’initiative de l’ACER (Amis des combattants volontaires en Espagne républicaine) et de partenaires institutionnels et universitaires, l’ouvrage ¡Solidarias! met en valeur cette mobilisation solidaire, humanitaire, militaire et sanitaire de centaines d’étrangères. Organisé par thématiques, il couvre de nombreux aspects tels que les enjeux historiographiques du sujet, l’observation comparée des femmes dans les différents contingents de volontaires et l’engagement féminin au sein de la mobilisation transnationale autour de l’Espagne, ainsi que la partition des intellectuelles étrangères. Il est proposé ici une mise à jour essentielle de la recherche historique sur la place des femmes dans les solidarités antifascistes et de leur rôle dans le volontariat international.

Éditeur : Presses universitaires de Rennes Collection : Histoire Lieu d’édition : Rennes Année d’édition : 2022 Publication sur OpenEdition Books : 10 mai 2022 EAN (Édition imprimée) : 9782753582774 EAN électronique : 9782753587328 DOI : 10.4000/books.pur.162646 Nombre de pages : 252 p.
https://books.openedition.org/pur/162646?lang=fr#book-more-content-presentationfull

Sur Edouard Sill, à revoir : http://demainlegrandsoir.org/spip.php?page=article&id_article=1826

Exposition à Argeles sur Mer – La boîte rouge d’Antoni Campañà – Un trésor photographique de la Guerre d’Espagne (1936-1939).

Du 3 septembre au 29 octobre 2022 Galerie Marianne, espace Liberté (rue du 14 Juillet) à Argeles sur Mer. Ouverture : du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h. Entrée libre : Après l’exposition Robert Capa (automne 2021), le Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer vous invite à marcher dans les pas d’un autre photographe de la Guerre d’Espagne : Antoni Campañà. Du 3 septembre au 29 octobre, la Galerie Marianne exposera, pour la première fois en France, soixante-dix-sept tirages exhumés de deux boîtes rouges cachées par le photographe il y a quatre-vingt ans. Plus qu’une exposition, La boîte rouge d’Antoni Campañà est une chronique inédite de la Guerre d’Espagne. Un trésor photographique sorti de l’oubli : Antoni Campañà i Bandranas (1906-1989) fut un des plus grands photographes pictorialistes catalans. Républicain, catalaniste et catholique, ce photographe et photoreporter a renseigné au plus près les trois années de guerre en Catalogne, en travaillant notamment pour la presse anarchiste puis comme chauffeur pour l’armée de l’air. Après toute cette tourmente, traumatisé par la guerre, Antoni Campañà va volontairement enfouir cette œuvre, la dérober à toute vue, sans la détruire. Ce n’est qu’en 2018 que sa famille découvre près de 5 000 photographies dans deux boîtes rouges, bien cachées depuis de près de 80 ans dans sa maison barcelonaise. Cette collection couvre tout le cycle de la guerre à Barcelone et en Catalogne républicaine : depuis le coup d’État raté et la révolution anarchiste de 1936,jusqu’à la victoire de Franco et aux empreintes de la Retirada sur les routes de l’exil vers la France en 1939. À voir, pour la première fois en France, à Argelès-sur-Mer : Soixante-dix-sept de ces tirages d’une grande force graphique et historiographique sont à découvrir pour la première fois en France, à Argelès-sur-Mer. Coordonnée par l’historien Arnau Gonzàlez i Vilalta et Antoni Monné Campañà, neveu du photographe, cette exposition montre différents aspects de la guerre et offre un regard inédit sur l’un des conflits majeurs du XXe siècle qui fut à la fois un déluge de feu et d’images. Une chronique de cette société catalane, essentiellement barcelonaise, qui a sombré au milieu des utopies et des drapeaux contradictoires, à “lire” sur les cimaises de la Galerie Marianne, du 3 septembre au 29 octobre. Vernissage et chants de l’exil espagnol, le 2 septembre : Vendredi 2 septembre, à 18h à la Galerie Marianne : inauguration de l’exposition et tour de chants dans les pas de l’exil espagnol par la chorale Les Voix Libres.

Source : https://www.le-journal-catalan.com/exposition-a-argeles-sur-mer-la-boite-rouge-dantoni-campana-un-tresor-photographique-de-la-guerre-despagne-1936-1939/111145/?fbclid=IwAR2InmnHztVWA5uPloPssaYonHc_97iqFYc06RaTynMwah2LfrPnqia-t_s

Fosses communes

La carte ci-dessous indique l’emplacement des fosses communes où furent jetés les corps de centaines de milliers d’Espagnols antifranquistes, républicains, anarchistes, socialistes, communistes.

On mesure ainsi l’ampleur du majuscule crime commis après la victoire des militaires factieux et des bandes fascistes à leur côté, d’autant que quatre-vingt-trois ans après la fin de la guerre civile, toutes les fosses communes du pays n’ont pas été mises au jour. Il paraît que seul le Cambodge des Khmers rouges en compte davantage. En Espagne, les assassins n’ont jamais eu à rendre de comptes.
https://florealanar.wordpress.com/2022/07/03/fosses-communes/

Sur les fosses ce site du ministère de la justice permet des recherches sur les fosses, sur les victimes par nom par comunidad. C’est un outil utile pour tous ceux qui recherchent des familles : https://www.mpr.gob.es/memoriademocratica/mapa-de-fosas/Paginas/index.aspx

Ce révisionnisme qui veut blanchir le génocide du dictateur Francisco Franco

À la suite de la parution dans Le Figaro Histoire d’un entretien avec Pio Moa, auteur des Mythes de la Guerre d’Espagne, Emilio Silva Barrera, Président de l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique en Espagne (ARMH), nous a adressé le texte suivant.

Pendant de nombreuses années après le retour de la démocratie, il n’y a pas eu de débat dans la société espagnole sur les conséquences des violations des droits humains par la dictature. Les élites du franquisme, qui le sont restées sous la démocratie, ont gagné leur impunité grâce à une Loi d’amnistie, et elles ont établi un nouveau modèle de démocratie dans lequel les institutions de l’État sont devenues des fabriques d’ignorance pour occulter ce passé.

Pendant les vingt-cinq années qui ont suivi la mort du dictateur, le Parlement espagnol n’a pas débattu des crimes du franquisme. Les manuels scolaires occultaient l’histoire de la dure répression de la dictature. Et tout ce silence négationniste a fait survivre dans l’imaginaire collectif le récit franquiste, qui justifiait la nécessité qu’un général fasciste fasse un coup d’État et attaque violemment le pouvoir avec l’aide des armées de Hitler et Mussolini.

Pendant la transition, on a appelé « réconciliation » le fait d’occulter le passé, de laisser les fascistes normaliser leur présence dans la vie démocratique et de laisser les victimes sans justice ni réparation.

Le passé semblait clos et résolu, sans dettes en suspens. Mais en 2000, dans un fossé du village de Priaranza del Bierzo, un groupe d’archéologues et de médecins légistes a commencé à exhumer les corps de treize civils républicains assassinés par des fascistes le 16 octobre 1936. C’est à ce moment que sont nés l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique et un mouvement social qui a commencé à dénoncer les crimes de la dictature. Ce fut une petite fissure dans un gigantesque mur d’impunité.
N’importe quel assassinat, attentat terroriste ou délit violent commis pour des motifs politiques contre la République depuis son premier jour d’existence était déclaré légal.

C’est ainsi que s’est mis en marche un mouvement citoyen pour rechercher les disparus de la répression franquiste. Les images des fosses communes ont commencé à circuler dans les médias, des personnes qui ne connaissaient pas ces faits se sont indignées en en prenant connaissance et d’autres, qui les avaient vécus mais qui, par peur, s’étaient tues, ont commencé à en parler.

Face à cette preuve physique, scientifique de la répression, les mouvements de la droite espagnole liés au franquisme avaient besoin d’apporter une réponse, parce que le récit monolithique imposé pendant la transition se fissurait. Et comme ils ne pouvaient attaquer ni les enfants, ni les petits-enfants de ces républicains assassinés, enterrés loin de cimetières et avec des impacts de balle dans les os, ils ont décidé de reconstruire le récit franquiste sur le plan éditorial, médiatique et culturel.

Deux auteurs, César Vidal et Pío Moa, sont devenus les principaux défenseurs et diffuseurs de l’explication franquiste : la guerre était de la faute de la révolution des mineurs de 1934 ou de cette secrète intention du gouvernement de la République de vendre l’Espagne à Staline pour en faire une république soviétique.

Mais le fait est que le dictateur Francisco Franco a signé dans le Bulletin officiel de l’État l’explication de ce qu’il s’est passé. Il s’agit de la Loi du 23 septembre 1939 qui considérait comme non délictuelles les actions menées entre le 14 avril 1931, jour de la proclamation de la Seconde République, et le 18 juillet 1936, jour de son coup d’État. Les actes que Franco ne considérait pas comme des délits étaient : n’importe quel délit contre la Constitution, contre l’ordre public, les infractions à la Loi sur la détention d’armes et d’explosifs, les homicides, les coups et blessures, les menaces et les contraintes commises par des personnes dont il était attesté que leur idéologie coïncidait avec celle du Mouvement national. C’est-à-dire que n’importe quel assassinat, attentat terroriste ou délit violent commis pour des motifs politiques contre la République depuis son premier jour d’existence était déclaré légal.
Apartheid espagnol

L’objectif de Franco n’était pas de mettre de l’ordre mais de maintenir une structure sociale quasi médiévale, avec un taux extrêmement élevé d’analphabétisme et un modèle d’exploitation des travailleurs inhumain et très avantageux pour les grands propriétaires du pays, y compris l’Église catholique.

Le phénomène du révisionnisme a bénéficié d’énormes soutiens médiatiques, parmi lesquels la télévision publique sous le gouvernement de José María Aznar. Mais le mouvement pour la récupération de la mémoire a continué d’exhumer des fosses, a dévoilé des milliers d’assassinats, a impliqué les Nations Unies et a fait de millions d’Espagnols des témoins de ces crimes.

À la fin de la guerre, Franco a récupéré les cadavres de « ses » morts, donné réparation à leurs familles avec des bourses scolaires, des pensions spéciales, des postes de fonctionnaire à vie, une reconnaissance sociale et tout le soutien économique. Mais on n’a pas laissé les familles qui n’ont pas soutenu le coup d’État chercher leurs morts. On leur a confisqué leurs biens sous la menace des pistolets et on a créé un apartheid espagnol où les défenseurs du fascisme avaient des droits et des avantages sociaux. Tandis que les familles antifascistes n’avaient d’autre choix que de travailler au service des vainqueurs, vivre dans la misère ou émigrer, comme l’ont fait près de deux millions de personnes de familles républicaines qui ont émigré dans les années 1950 et 60.

Franco a fait disparaître au moins 114 226 civils ; il a créé 300 camps de concentration, l’un d’eux spécifiquement pour les homosexuels ; il a fait appliquer des électrochocs aux lesbiennes pour les guérir de leurs perversions ; il a volé des bébés aux prisonnières républicaines sur les théories d’un psychiatre, Antonio Vallejo Nájera, qui a mené des recherches sur la transmission d’un prétendu gène marxiste ; même lorsqu’il a acheté les premiers vaccins contre la poliomyélite, c’était seulement pour les enfants des vainqueurs

Il faut comprendre la publication en France d’ouvrages qui justifient la dictature franquiste, la nécessité de son coup d’État et qui cherchent à humaniser le fascisme comme un phénomène européen. L’extrême droite cherche un récit du passé qui ne fasse pas peur et qui explique que les vieux fascismes ont été utiles pour sauver l’Europe. L’ombre ravivée du fascisme voyage dans les pages de livres, dans des programmes électoraux et s’étend dans des villes, des médias et des Parlements.

Le révisionnisme espagnol justifie la dictature de Franco en affirmant que les autorités de la République étaient en dehors de la légalité. Mais ce qu’a réellement fait le gouvernement de la République a été de construire des milliers d’écoles pour combattre l’analphabétisme, séparer l’Église de l’État, organiser des élections démocratiques au suffrage universel masculin et féminin, avoir des gouvernements de gauche et de droite, légaliser le divorce, avoir la première femme ministre ou apporter la culture dans le dernier village du territoire espagnol pour améliorer le pays.

C’est en Espagne qu’a eu lieu la première grande victoire militaire du fascisme européen. C’est là que les armées de Franco, Hitler et Mussolini ont commencé leur route pour essayer d’entraîner le monde vers leur enfer. Certains veulent laver leur image pour ouvrir de nouvelles voies vers le fascisme. Tandis qu’il y a en Espagne 114 226 civils disparus à cause de la violence franquiste et qu’aucun responsable de ces crimes n’a jamais été jugé.

Les personnes qui ont bâti la Seconde République modernisaient le pays. L’Espagne a fait sa transition démocratique dans les années 30, au siècle dernier. Les personnes qui ont lutté contre Franco voulaient défendre cette démocratie. Les républicains espagnols qui ont fui l’Espagne de Franco ont continué leur lutte pour la démocratie sur le sol français, en faisant partie de la Résistance et des forces qui ont libéré Paris du nazisme. Leurs corps sont enterrés du nord de la Norvège jusqu’au sud de la France.

Ceux qui veulent laver l’image de Franco ont besoin de délégitimer la République. Mais cela fait des années que nous voyons leurs crimes dans des milliers d’os, de vies brisées et de civils assassinés dans des fossés. Le récit qui veut adoucir le fascisme cherche à tracer un chemin et les seuls chemins qui respectent la diversité et protègent les droits passent par le territoire de la démocratie.

Emilio Silva Barrera, petit-fils d’un civil disparu, victime de la répression fasciste en Espagne, Président de l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique (ARMH).

Ils ne passeront pas !

Après leur avoir donné le soutien de sa division azul, le régime franquiste a recyclé des anciens nazis qui ont résidé tranquillement jusqu’à leur mort sur la Costa Brava.

Il a recyclé des dignitaires pétainistes dont le plus célèbre était Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives sous l’occupation en France.
Il a recyclé les anciens de l’O.A.S, organisation criminelle créée grâce au soutien de Franco le 11 février 1961 à Madrid.

Voilà que maintenant la France des Droits Humains, après avoir connu au cours de sa dernière campagne présidentielle la tentative de réhabilitation de Pétain par un triste personnage qui se prétendait historien qualifié, voit le groupe de presse qui l’avait promu tenter la même opération avec les auteurs du coup d’État du 18 juillet 1936.

Le 20 novembre 2002 le congrès des députés espagnol, à majorité P.P, a condamné à l’unanimité ce coup d’État.

Le parlement européen a fait de même le 17 mars 2006.

En recyclant un pseudo historien de la guerre d’Espagne, le quotidien Le Figaro prend une lourde responsabilité et donne une publicité indécente à la thèse révisionniste selon laquelle le coup d’État du 18 juillet 1936 « n’était qu’une réaction de légitime défense face au chaos» ( https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/le-figaro-accuse-de-revisionnisme-sur-franco-par-ces-politiques-et-historiens_206516.html ).

Personne en Espagne n’accorde le moindre crédit à l’auteur de ces propos qui est totalement déconsidéré dans les milieux de la recherche historique.

Pourquoi chercher à lui donner en France une audience qu’il a définitivement perdue dans son pays d’origine ?

Nous devons face à cette triste opération conserver à l’esprit le « Plus jamais ça » que nous ont légué nos amis et nos proches qui ont vécu ces périodes historiques.

Ils ne sont plus là pour témoigner et les forces de la haine et de l’exclusion y voient l’occasion, en profitant de la banalisation et de l’oubli que permet le temps passé, de renverser les digues que les démocraties ont érigées contre le fascisme et l’extrême droite.

Ils ne passeront pas !

Coordination Caminar

EXILÉS DE L’ESPOIR

L’association 24 août 1944
vous invite à l’hommage

en deux parties aux

EXILÉS DE L’ESPOIR

MERCREDI 24 AOÛT 2022

À PARTIR DE 18H

1 rue de Lobau 75004

Jardin de la Nueve (dans le jardin)

Cette année, nous voudrions dédier cet hommage à notre amie, disparue cette année sans crier gare, fille d’un combattant espagnol de la Nueve, José Cortes, blessé rue des Archives le 25 août 1944 et qui épousa l’infirmière qui lui sauva la vie. Sa fille, notre regrettée Marie José fut toujours présente à toutes les actions et interventions concernant la mémoire de son père et de ses compagnons.

Ce 24-Août- 2022 Dans le contexte actuel de repli identitaire, nous avons choisi de rappeler l’attitude des étrangers réfugiés en France :

Ceux qui fuyant le nazisme et le fascisme n’ont pas hésité à s’engager pour la Liberté. Outre des Espagnols en grand nombre, il y avait au sein de la Nueve , entre autre, un patchwork de nationalités, citons notamment:

CARRASCO Joaquin – (Brésil)

CATIZONE Guiseppe – (Italie)

CORTESI Daniel – (Italie)

MENDELSON Félix – (Allemagne)

PIRLIAN Krikor – (Arménien de Turquie),

PORESKI Wilhelm – (Allemagne)

REITER Johann – (Allemagne)

Et avec ces Espagnols, ils étaient les soldats de première ligne, les francs-tireurs de la première heure, agents de liaison, passeurs de lignes et de frontières, porteurs d’armes, de tracts, ou de messages. Ils ont été de tous les combats, dans les pires conditions ; ils ont enduré les pires souffrances pour ne pas permettre que le fascisme leur arrache leur dignité.

Puis nous filerons en cortège à la Halle des Blancs manteaux où nous attend l’exposition :

VISAGES D’EXIL 1939-2019

Chemins d’exil, photos inédites 1939, Philippe Gaussot

La sangre no es agua, photos 2019, Pierre Gonnord

Composée de deux expositions de photos :

Chemins de l’exil de Philippe Gaussot, qui a saisi sur le vif la retirada et les camps sur les plages en février 1939, mais auparavant avait aussi photographié le secours aux enfants basques et catalans en 1937.

La Sangre no es agua de Pierre Gonnord qui en 2019, à la demande du gouvernement socialiste espagnol partit à la recherche de survivants exilés ou de leurs enfants et trouva facilement son bonheur (et le nôtre de le rencontrer) l’adresse du 33 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris.

Présenter ces deux expositions s’est imposée à nous comme une évidence.

Aux foules anonymes que capte Philippe Gaussot en 1939, répondent les portraits et témoignages de Pierre Gonnord 80 ans après.

Car ce que dit Pierre Gonnord en 2019, c’est que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de 1939 a une histoire.

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille Du Temple 75004 Paris à 19h le 24 août 2022.

Vous pourrez visiter cette exposition exceptionnelle

Du 25 au 31 août 2022

De 14 à 19h. Visites guidées à 15h et à 17h tous les jours.

Aucun sujet de côté !

Penser rend libre : épreuve écrite d’espagnol de spécialité 2023, aucun sujet de côté !

Je me présente : M. Jean-François GRIVAUX, professeur agrégé d’espagnol depuis 2013 et en poste fixe au lycée Jean Moulin de Torcy (77200) depuis 2014.

Je souhaitais ici vous faire part d’une très vive inquiétude, partagée par de nombreux collègues de la communauté enseignante d’espagnol cosignataires de ce courrier, suite à la lecture des « recommandations » suivantes, émises dans la note officielle aux concepteurs de corpus pour l’épreuve écrite de LLCER espagnol 2023 et transmises le 9 juin 2022 par l’inspection d’espagnol de l’académie de Paris :

« Recommandations :

Les documents pouvant heurter la sensibilité des candidats (disparitions d’enfants, enlèvement, torture, viol, attentats) mais aussi les sujets d’actualité trop polémiques et récents (nationalisme et régionalisme en Espagne, la violence d’état en Amérique Latine) doivent être évités.

Attention : des extraits des ouvrages au programme peuvent être considérés comme polémiques pour un sujet national. Cela signifie que que votre corpus ne sera pas choisi pour être travaillé car aucun recteur ou rectrice ne prendra le risque de le signer.

Ainsi, nous éviterons, dans la mesure du possible :

Les textes faisant référence à la Guerre Civile espagnole, à la dictature franquiste ou aux dictatures latino-américaines afin de proposer une réflexion ouverte sur des objets d’études plus divers et sur des enjeux plus contemporains.
Les textes également présents dans les manuels scolaires. »

Jamais, de toute ma carrière d’enseignant, je n’aurais pu imaginer être amené à lire des attentes d’une telle teneur, et encore moins les savoir transmises par l’inspection d’espagnol. J’ai cru littéralement tomber de ma chaise au moment d’en prendre connaissance.

Depuis ma prise de poste, au-delà des compétences linguistiques et des objectifs culturels travaillés avec mes lycéens, je n’ai jamais perdu de vue l’importance capitale d’aiguiser leur esprit critique. L’intérêt est bien de pouvoir les amener à réfléchir précisément sur ce qui fait problème dans le monde hispanique (socialement, historiquement), de pratiquer un débat contradictoire fécond autour de sujets d’actualité ou de thèmes historiques parfois complexes et délicats, en prenant soin d’écarter le risque de réappropriation(s) politique(s) ou d’instrumentalisation, notamment médiatique, des discours.

La confrontation respectueuse des idées et la sensibilisation des élèves à la pluralité des perspectives, en classe comme lors des épreuves, sont le meilleur moyen de former des citoyens éclairés et instruits, désireux de protéger les valeurs démocratiques qui nous animent. Enfin, la pensée critique qui émerge du débat est plus souvent encline à soulever des interrogations qu’à imposer des jugements péremptoires, ce qui est d’autant plus précieux. Telle est, selon moi, l’essence de notre devoir républicain et le sens même notre pratique professionnelle qui ne devrait rien discriminer des sujets qu’elle aborde (bien que certaines précautions méritent évidemment d’être prises).

Or l’histoire, contemporaine comme passée, est à mon sens notre meilleur matériau de travail, le vivier et la matrice de tout ce qui a traversé et continue de secouer nos sociétés, parfois certes sans ménagement. Prétendre ainsi l’écarter en partie ou en faire abstraction, même seulement à l’occasion d’une épreuve, c’est à mes yeux faire le choix d’un évitement périlleux -et moyennement responsable- dans un monde qui, lui, n’attend pas pour se radicaliser dangereusement et venir porter régulièrement atteinte à la démocratie. Face à des polarisations toujours plus vives et déjà particulièrement patentes en milieu scolaire, nous avons grand besoin de force de volonté, de détermination, de fermeté et non de pusillanimité. Nous avons été formés à l’école de la pensée libre, alors défendons-la.

Les soubresauts de l’Histoire sont indissociables de notre mémoire collective. Difficile dans ce cas de ne pas pouvoir librement aborder la question de la violence d’État en Amérique latine, ou encore de devoir éviter de proposer un sujet sur la guerre civile espagnole, alors que les enseignants abordent bien souvent Guernica avec leurs élèves dès le collège…Que recherche-t-on exactement par là ? À lisser la moindre aspérité, à déserter la réflexion historique, à ignorer soigneusement un devoir de mémoire pourtant mené avec une remarquable dignité ces dernières décennies ? Combien d’auteurs actuels, d’écrivains, d’essayistes, d’historiens et plus généralement de penseurs tomberaient probablement des nues devant la lecture de pareilles « recommandations » ?

D’autant que l’enseignement de spécialité a pour vocation, entre autre, de préparer nos élèves aux attentes et aux contenus universitaires. Or peut-on raisonnablement imaginer que dès les premiers mois de L1, les facultés écartent quelque sujet que ce soit en littérature ou en civilisation ? Alors pourquoi donc nous demander de le faire lors des épreuves ? Même d’un point de vue purement et strictement disciplinaire, nous ne rendons pas service aux élèves. PRAG, maîtres de conférences ou enseignants-chercheurs : eux aussi seraient certainement abasourdis devant de telles restrictions de choix de sujets en spécialité LLCER.

Si l’Éducation nationale se raidit de peur face au moindre risque (de recours ou d’autre nature) et que l’on antépose le principe du « pas de vague » aux bienfaits émancipateurs de la réflexion critique sur des sujets complexes ou délicats, alors oui, la bataille pour la pensée libre semble perdue d’avance. Je pense cependant avoir bien compris, étant donné le caractère explicite de certains passages de la note, qu’il s’agissait, avant même de ménager la sensibilité des élèves, de protéger prioritairement monsieur le recteur face à la responsabilité engagée par la validation des sujets.

Je m’interroge alors : de quoi sera fait l’avenir ? Comptons-nous vider progressivement les programmes de leur substance « sensible », rogner notre liberté pédagogique, faire la promotion de l’amnésie collective ou encore maquiller d’opaques stratégies évoquant lointainement la censure (le terme « recommandations » ne semblant pas le plus honnête et approprié pour s’ajuster au contenu du paragraphe de cette note) ?

Ce message, entendu et soutenu par de nombreux collègues de la communauté d’enseignants d’espagnol, semble appeler une réponse : pourriez-vous clarifier les fondements de ces nouvelles directives inquiétantes ?

En mon nom et celui des cosignataires de ce courrier, nous vous remercions tous par avance de l’attention portée à notre demande.

Cordialement,

M. Jean-François GRIVAUX, professeur d’espagnol au lycée Jean Moulin de Torcy (77200)

Signer la pétition ici : https://www.change.org/p/penser-rend-libre-%C3%A9preuve-%C3%A9crite-d-espagnol-de-sp%C3%A9cialit%C3%A9-2023-aucun-sujet-de-c%C3%B4t%C3%A9?signed=true

« DES ANARCHISTES FACE AU FRANQUISME »

Tribulations de Félix mon père, Pelao, Victor, Talego et les autres.

– Joel Ruiz.

Après la découverte sous une pile de draps dans l’armoire familiale d’un carnet de guerre ayant appartenu à son père, l’auteur s’engage dans une grande enquête. Qui fut son père ? Qui furent ses compagnons ? Quel fut leur engagement passionné et douloureux dans la guerre d’Espagne contre le franquisme ? Comment ont-ils dû faire face au triomphe de l’arbitraire et de la terreur qui marqua le régime de Franco et l’échec de leur lutte ? Et comment témoigner aujourd’hui de cette époque majeure de l’histoire de l’Europe, moment où le totalitarisme l’a pour la première fois emporté ?En nous racontant l’extraordinaire engagement de cette génération d’hommes qui ont lutté pour la liberté, il rend plus concret ce que fut leur lutte au quotidien. Une lutte qui, nourrie du refus de tout fanatisme, s’inventa comme une forme d’anarchisme vibrante.

Anarchisme dont il est urgent de comprendre le sens, la portée et l’inspiration, loin des caricatures dont ce mouvement est encore marqué.