ADIOS A FEDERICO

Après neuf créations théâtrales consacrées à l’œuvre de Federico Garcia Lorca d’une richesse et d’une force infinies, José Manuel Cano Lopezcompose un dernier parcours théâtral dans les multiples matériaux littéraires, musicaux et plastiques de son compagnon de route de Granada.

Une soirée pour essayer d’oublier la dernière nuit de Federico sous les étoiles tremblantes des collines arides de Viznar en ce 19 août 1936.

Ses personnages, ses paysages, ses rêves et ses peurs rôdent parmi les oliviers et les chênes lièges et sur le plateau du Plessis : Bernarda Alba, le Metteur en scène, Yerma, le Poète à New York, la Comédienne, Don Perlimplin, Marcolfe, Bélise, Antonito el Camborio, Buster keaton…

« La réalité commence, car l’auteur ne veut pas voir assis au théâtre, mais au milieu de la rue. Pour lui, plus de poésie, plus de rythmes, plus de littérature.
L’odeur des lys m’est agréable, mais je préfère l’odeur de la mer. Je pourrais dire que l’odeur de la mer s’exhale des seins des sirènes : cela lui est égal à la mer ; elle n’entend pas. Elle frappe sans cesse au rivage dans l’attente de nouveaux noyés.

C’est ce qui compte pour l’homme.

Mais comment apporter l’odeur de la mer dans une salle de théâtre,
comment inonder d’étoiles les fauteuils d’orchestre? »

L’ultime étape d’un parcours passionné, engagé il y près de 50 ans, par José Manuel Cano Lopez avec son maître et compagnon de route Federico Garcia Lorca.
Le dernier mois de vie de Federico dans une Espagne qui s’embrase se joue sur un « tablao » du cœur.

Un ultime et vibrant hommage au poète, peintre, musicien et dramaturge andalou pour essayer d’ « apporter l’odeur de la mer dans la salle de théâtre et d’inonder l’orchestre d’étoiles »…

Les étoiles tremblantes de Viznar près de la Fontaine des Larmes en cette nuit du 19 août 1936, nuit de l’assassinat du poète…
Le metteur en scène tourangeau-andalou invite ses amies et amis artistes de tous les horizons à s’emparer d’un univers inoubliable…

Textes : Federico Garcia Lorca

Conception et mise en scène : José Manuel Cano Lopez

Costumes et scénographie : Camille Lebègue

Musique, création sonore : Clément Cano Lopez, Rubin Steiner

Lumière : Clément Cano Lopez

Chorégraphie : Léa Carlosema

Distribution : Reine Bernard, José Manuel Cano Lopez, Françoise Cano Lopez, Léa Carlosema, Jean-Pierre Guitton, Jean-Louis Maitre, Alain Papillon, Matilde Thomas

Production : Compagnie Diotima avec l’aide du Plessis, commun culturel et humaniste et de la Retirada37 .

Jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 avril

19h RESTAURATION
Produits locaux et en circuits courts

20h REPRÉSENTATION THÉÂTRALE – « ADIOS A FEDERICO » D’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca, création originale de la COMPAGNIE DIOTIMA

TARIF MINIMAS : 8 euros

TARIF PARTAGÉ : 12 euros

TARIF SOLIDAIRE : 14 euros

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS : 02.47.38.29.29 ou info@plessis-tierslieu.fr

Le curé-bourreau d’Ocaña

Le curé-bourreau d’Ocaña

Le père Rodriguez était l’aumônier du centre pénitentiaire d’Ocaña, province de Tolède. Un village dans lequel on compta entre 1939 et 1959, 1300 victimes de la répression franquiste.

Texte de nuevarevolucion.es du 19 novembre 2020 de Maria Torres, Mémoire antifasciste.
Traduit par Luis

« Quand j’ai été dans le centre pénitentiaire d’ Ocaña on nous sortait dans la cour tous les jours pour assister à la messe. Tu sais ce que nous disait le père Rodriguez ? Un curé qui fut ensuite nommé à Tolède, un curé qui portait un gros pistolet et qui se devinait sous sa soutane. Il nous disait : vous les rouges vous savez ce à quoi vous avez droit ? Depuis la terre jusqu’au ciel vous n’avez droit à rien ! De la terre que vous foulez jusqu’en bas vous avez droit à quelques centimètres, de quoi vous enterrer. Ensuite, quand il fallait fusiller un peloton, ce curé te confessait la nuit précédente, le matin il assistait à l’exécution et se chargeait du coup de grâce…comment trouves-tu l’énergumène ? Tu parles d’un curé ! » (témoignage de Victorino F dans « Les conditions de vie dans la région de la Mancha Tolédane pendant la guerre civile et l’après-guerre » ouvrage de Isidro Cruz Villegas et Maria Dolores Cruz Villegas)
Le père Rodriguez était l’aumônier du centre pénitentiaire d’Ocaña (Tolède) un village où l’on compta entre 1939 et 1959 1300 victimes de la répression franquiste. A ce messager de Dieu sur la Terre le surnom de « bourreau d’Ocaña » lui fut donné ainsi que celui de « curé assassin ». Entre le réconfort spirituel et les confessions , il participait aux tortures des prisonniers et se chargeait du coup de grâce aux fusillés.
« Nous savions tous qu’il était le curé. Il participait aux tortures et après il prenait plaisir à prendre son pistolet et à donner le dernier coup de feu. Mais on savait peu de choses sur lui. Il ne se laissait pas voir dans le village et un beau jour il disparut de la prison. Je ne me souviens même plus de son nom. » (Teofilo Fernandez)
A part la mémoire orale de ceux qui survécurent pour le raconter, l’unique témoignage est dans ce poème écrit par Miguel Hernandez et ses compagnons prisonniers qui apprenaient à lire et à écrire avec lui dans les cours clandestins qu’il donnait dans la prison.

Le curé-bourreau d’Ocaña
Très tôt, et encore de nuit,
avant le son du clairon,
Tel un funeste présage
la noire soutane traversa la cour.
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!

Il arriva dans le couloir des cellules,
quand on perçut ses pas
et des serrures s’échappèrent
des cris aigus de frayeur
Courage, mes fils !
Telle est la volonté de Dieu !
Lâche et cynique à la fois
à l’abri derrière les gardes civils
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!

Les gardes civils nerveux
leur ligotèrent les mains dans le dos
pour éviter ces regards
acérés et incendiaires.

Sur le chemin de Yepes ils avancent,
Géants d’un peuple héroïque
Sur le chemin de Yepes ils avancent.
Faisant don de leur vie à l’Espagne
une chanson au bout de leurs lèvres
qui embrassent la Patrie.

Le curé marche derrière
souillant le matin de sa présence
Dix sept coups de feu
Déchirèrent l’aurore
et autant de coups de poignards dans nos poitrines
Les oiseaux des alentours
qui lissaient leur plumage,
se terrèrent dans les nids
puis cessèrent leurs aubades
La Lune spectatrice se cachait
Pour détourner son regard
du livre, de la croix
du pistolet déjà déchargé.
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!
Poème traduit par Pierre et Luis

El cura verdugo de Ocaña

EL PADRE RODRÍGUEZ ERA EL CAPELLÁN DEL PENAL DE OCAÑA EN TOLEDO. UN PUEBLO EN EL QUE SE REGISTRARON ENTRE 1939 Y 1959, MIL TRESCIENTAS VÍCTIMAS DE LA REPRESIÓN FRANQUISTA.
Nuenarevolucion.es   19/11/2020 Opinión Artículos, María Torres, Memoria Antifascista,   Por María Torres

“Cuando estuve en el penal de Ocaña nos sacaban al patio todos los días para oír misa. ¿Sabes lo que nos decía el padre Rodríguez? Un cura que luego estuvo en Toledo, un cura que llevaba un pistolón debajo de la sotana y que se le notaba el bulto. Nos decía: vosotros rojos, ¿sabéis a lo que tenéis derecho? ¡De la tierra que pisáis hacia el cielo no tenéis derecho a nada! ¡De la tierra que pisáis hacia abajo tenéis derecho a unos centímetros donde enterraros!.

Luego este cura Rodríguez cuando tocaba fusilar a una saca, la noche antes te confesaba y por la mañana iba al fusilamiento y se encargaba de dar el tiro de gracia… ¿Qué te parece el pájaro? ¡Eso el cura!”. (Victorino F. en “Las condiciones de vida en la comarca de La Mancha toledana durante la Guerra Civil y Postguerra” de Isidro Cruz Villegas y Mª Dolores Cruz Villegas)
El padre Rodríguez era el capellán del Penal de Ocaña en Toledo. Un pueblo en el que se registraron entre 1939 y 1959, mil trescientas víctimas de la represión franquista.  A este mensajero de Dios en la Tierra le pusieron el apelativo de «el verdugo de Ocaña» y el «cura asesino». Entre consuelo espiritual y

confesiones,  participaba en las palizas a los presos y se encargaba de dar el tiro de gracia a los fusilados. Cuentan que a veces, los remataba a martillazos.

“Todos sabíamos que era el cura. Participaba en las palizas y después gustaba de coger su pistola y dar el último disparo. Pero poco sabíamos de él. No se dejaba ver por el pueblo y un buen día desapareció de la prisión. Ni siquiera recuerdo su nombre”. (Teófilo Fernández)
Aparte de la memoria oral de los que vivieron para contarlo, el único testimonio de los crímenes de este siniestro personaje, es el que recoge un poema escrito por Miguel Hernández y los presos a los que éste enseñaba a leer y a escribir e impartía clandestinamente clases de poesía en el penal de Ocaña.  

El cura verdugo de Ocaña
Muy de mañana, aún de noche,
Antes de tocar diana,
Como presagio funesto
Cruzó el patio la sotana.
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Llegó al pabellón de celdas,
Allí oímos sus pisadas
Y los cerrojos lanzaron
Agudos gritos de alarma.
¡Valor, hijos míos,
que así Dios lo manda!
Cobarde y cínico al tiempo
Tras los civiles se guarda,
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Los civiles temblorosos
Les ataron por la espalda
Para no ver aquellos ojos
Que mordían, que abrasaban.
 
Camino de Yepes van,
Gigantes de un pueblo heroico,
Camino de Yepes van.
Su vida ofrendan a España,
Una canción en los labios
Con la que besan la Patria.
 
El cura marcha detrás,
Ensuciando la mañana.
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Diecisiete disparos
Taladraron la mañana
Y fueron en nuestros pechos
Otras tantas puñaladas.
 
Los pájaros lugareños
Que sus plumas alisaban,
Se escondieron en los nidos
Suspendiendo su alborada.
 
La Luna lo veía y se tapaba
Por no fijar su mirada
En el libro, en la cruz
Y en la star ya descargada.
 
¡Más negro que la noche.
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!

Miguel Hernandez dans la mémoire.

Miguel Hernández en la memoria

Miguel Hernandez dans la mémoire.

Mar Campelo Moreno

Publico du 26 mars 2022

A Elvira Hernandez Gilabert, ma grand-mère.

Ma chère grand-mère :

Il y a plus de 25 ans que tu es partie et aujourd’hui c’est le 80ème anniversaire de ta dernière visite à ton frère Miguel en vie, mais je n’ai pas oublié les anecdotes que tu m’as racontées à maintes reprises depuis que j’étais toute petite fille jusqu’à cette maudite maladie qui a emporté tes souvenirs ; même quand tu avais perdu les capacités de t’exprimer, tu ouvrais les yeux et quelque chose remuait en toi en voyant une photo de ton frère.
De la même façon tu riais quand tu me racontais les remontrances que tu lui lançais chaque fois que son esprit s’égarait dans ses promenades dans la montagne d’Orihuela pour aller lire ou écrire et que tu devais te justifier avec une quelconque excuse ou quand tu clouas les volets pour qu’il ne les ouvrit pas aux heures de fortes chaleur.
Il riait aussi quand tu lisais ses poèmes et que tu lui demandais qu’il t’expliquât ce qui se cachait derrière chaque figure de rhétorique, sans te lasser jusqu’à ce que tu ais tout compris. Et quand tu le reprenais pour ses expressions d’une tonalité osée. Quand tu parlais de votre enfance et de votre jeunesse, toujours tu souriais, tes yeux s’illuminaient en revivant ces instants, et tu dessinais l’image d’un garçon joyeux, spontané, affectueux et plein de vie, avec une énorme empathie pour la souffrance d’autrui.
Vous avez été compagnons de jeux, toujours complices et amis. Il te parlait de ses lectures, de sa passion créatrice – tu fus la première lectrice de beaucoup de ses poèmes- de son fervent désir d’aller à Madrid, mais aussi de ses expériences, de ses amis, des femmes qu’il avait aimées…Avec cette précision du détail qui te forçait à te retenir en riant du bout des lèvres « Miguel ne me raconte pas de telles choses »

Avec ce sourire en coin, tu me racontais que ta mère et toi vous trayiez les chèvres par deux fois pour récupérer quelques sous que vous envoyiez à Miguel pour qu’il survive à Madrid.

Tu t’es mariée et tu es partie à Madrid avec ton mari et ta fille (ma mère) ; l’oncle Miguel retourna à Madrid à cette même époque et bien que vous habitiez dans une pension de famille, il venait presque tous les jours pour manger et faire laver son linge.

Quand tu lus l’élégie qu’il écrivit pour son ami Manolo, mort noyé, tu lui demandas de ne pas l’éditer parce qu’elle aurait causé plus de douleur encore et il te l’offrit pour que tu en fasses ce que tu voulais. Tu l’as gardée dans ton classeur des trésors, celui qui contenait toutes les coupures de presse où on parlait de lui ; ce classeur se remplit tout le reste de ta vie avec chacune de ses lettres, de ses photos, chacune de ses publications, tout ce qui concernait ton frère, pour la plus simple raison.

Pourquoi retourna-t-il à Orihuela à la fin de la guerre ? Pourquoi n’écouta-t-il pas votre père quand il lui dit « va-t-en Miguel, c’est maintenant que vont venir les exterminations » ? Parce qu’il voulait embrasser sa famille et qu’il se savait innocent. Et ils l’ont emprisonné dans le Séminaire, dans cette montagne où il aimait se perdre pour écrire, pour lire, pour s’imprégner de la nature.

Ses lettres de prison tentaient de transmettre l’espoir, et il se permettait même quelques plaisanteries ; il vous cacha qu’il avait été condamné à mort jusqu’à ce qu’ils commuèrent la peine à la prison à perpétuité. Ces lettres qui passaient par la censure ou cachées sur le rebord du pot à lait, écrites sur du papier hygiénique. Et toi tu écrivais ou rencontrais tous ceux qui pouvaient intercéder pour qu’il puisse être libéré.

Tu habitais déjà à Alicante quand ils le déplacèrent dans un établissement pénitentiaire pour adultes, là où devait être sa dernière prison. A pied tu allais le voir chaque fois qu’on autorisait un parloir et tu lui portais de la nourriture envoyée par tes parents depuis Orihuela et tout ce que tu pouvais obtenir par le marché noir ; ces pots à lait si difficiles à remplir et que les matons laissaient tomber. Le jour de Notre Dame de Mercédès, le 24 septembre, les enfants pouvaient rendre visite aux prisonniers ainsi pouvaient entrer son fils et les trois tiens. Ma mère, à sept ans était l’ainée et tu lui faisais mémoriser les messages à lui transmettre. A la sortie, tu la sollicitais pour qu’elle te répétât chaque parole de ton frère.

Tu m’évoquais ce jour où vous allèrent le voir avec Josefina : il n’avait plus la force de marcher et il s’appuyait sur deux de ses compagnons. Dès qu’il vous aperçut, il se redressa, gonfla le torse et sourit.
– Miguel, tu es en pleine forme ? Tu vas mieux ?
– Ils sont venus m’offrir de l’argent et la liberté si je me rétracte sur tout ce que j’ai écrit et que je mets ma plume au service du régime.
-Tu as répondu que oui !
– J’ai dit que non.
« Mon frère était comme ça » tu concluais.
Sa santé s’aggravait. Tu parcourais tout Alicante, d’un bout à l’autre, sans arrêt, cherchant un appui, pour que puisse être levée l’interdiction qu’un médecin puisse lui rendre visite, jusqu’à ce que tu l’obtiennes. Il l’aida à mieux respirer, sans les moyens suffisants, il ne pouvait faire plus. L’idéal aurait été de le transférer au Sanatorium pour tuberculeux de Porta Coeli, où à l’écart de l’insalubrité de la prison, il aurait pu se récupérer. Mais tant que ton frère n’acceptait pas de retourner au sein de l’église, cela était impossible.
Quand tu allais pour lui rendre visite à l’infirmerie où il s’étouffait parmi la crasse ça te brisait le coeur. Tu le lavais, tu l’habillais avec du linge propre et tu lui faisais sortir le liquide de ses poumons comme te l’avait montré le médecin.

Conscient que c’était bientôt la fin, il accepta de se marier à l’église, prostré dans son lit, pour protéger sa famille (les mariages civils étaient non valides). Quelques jours après le transfert à Porta Coeli fut accepté, mais c’était déjà trop tard.

La nuit du 27 mars tu lui rendis visite avec Josefina. Ta voix se brisait quand tu me racontas que tu le lavas et l’aidas à respirer pour la dernière fois. Il mourut au matin.

Arrivèrent les années de silence, de peur à prononcer son nom, de l’hypocrisie, des livres des éditions Losada qui arrivaient mystérieusement d’Argentine, des conversations à mi-voix. Tu étais indignée par l’injustice, par la haine et les mensonges, toujours les mensonges. Tu me parlais de l’oncle Miguel entre des murmures et tu me demandais de parler moins fort quand je te demandais des précisions. « Ne raconte rien » « Ne te fais pas remarquer » Et bien à présent je le raconte, grand-mère, ma mémoire est ta mémoire.

Au début de la démocratie, tu allais à toutes les réceptions et tu répondais à toutes les interviews. Tu étais épuisée, mais c’était ton « devoir » de rendre hommage et de faire connaître le nom et l’oeuvre de ton frère. Ce fut la travail de toute ta vie.

Tu aurais été ravie de savoir que 2017 fut « l’année Miguel Hernandez », toi qui étais inquiète qu’ils le fassent disparaître. Ravie de savoir que je donne des conférences sur cet héritage de souvenirs dont tu m’as fait cadeau, que j’ai publié l’élégie à Manolo, comme tu le souhaitais, que le lit de ton frère (qui t’accompagna dans tous les lieux où tu as habité) est maintenant dans dans ta chambre, dans la maison de la rue de Arriba, qui aujourd’hui s’appelle Miguel Hernandez, et que c’est une maison-musée. Il n’a pas été oublié grand-mère, même une gare porte son nom, un aéroport, une université et des écolee et centres culturels.

Repose en paix, grand-mère, la poésie de ton frère résonne dans le monde entier ; son nom est écrit en lettres de feu ; et je continuerai à partager cet héritage que tu m’as transmis jusqu’à le laisser graver dans ma mémoire. Miguel Hernandez est, indiscutablement, un grand poète ; mais pour moi il restera toujours l’oncle Miguel.

traduction de l’article de Publico du 26 mars 2022 par Luis

Miguel Hernández en la memoria
MAR CAMPELO MORENO
Publico 26 de marzo 2022
• A Elvira Hernández Gilabert, mi abuela
Querida abuela:
Hace más de 25 años que te fuiste y hoy se cumplen 80 de la última vez que viste a tu hermano Miguel con vida, pero no he olvidado las anécdotas que me contaste una y otra vez desde que era una niña hasta que la maldita enfermedad se llevó tus recuerdos; aunque, incluso cuando habías perdido la capacidad de expresarte, abrías los ojos y algo se removía dentro de ti si veías una foto de tu hermano.
Cómo te reías cuando me contabas las regañinas que le echabas cada vez que « se le iba el santo al cielo » en sus excursiones a la sierra de Orihuela para leer o escribir y tenías que justificarlo con cualquier excusa, o cuando clavaste las contraventanas para que no las abriera en las horas de calor.
También se reía él cuando leías sus poemas y le hacías que te explicara lo que se escondía en cada juego retórico, no descansabas hasta que lo entendías todo. Y cuando lo reprendías por sus expresiones subidas de tono. Siempre sonreías cuando hablabas de vuestra niñez y juventud, se te iluminaban los ojos reviviéndolo y dibujabas la imagen de un muchacho alegre, espontáneo, cariñoso y vital, con una enorme empatía con el sufrimiento ajeno.
Fuisteis compañeros de juegos y siempre cómplices, amigos. Te hablaba de sus lecturas, de su pasión creadora –fuiste la primera lectora de muchos de sus poemas-, de su deseo vehemente de ir a Madrid, pero también de sus vivencias, de sus amigos, de las mujeres a las que amó… Con esa atención al detalle que tenías que reprimir entre risas pudorosas: « Miguel, no me cuentes esas cosas ».
Con esa sonrisa tuya de medio lado, me contabas que tu madre y tú ordeñabais las cabras por segunda vez para sacar unas perricas que le enviabais a Miguel para que sobreviviera en Madrid.
Te casaste y te fuiste a Madrid con tu marido y tu hija (mi madre); el tío Miguel volvió a Madrid en esa misma época y, aunque vivía en una pensión, iba casi a diario a tu casa a comer y a que le lavaras la ropa.
Cuando leíste la elegía que le escribió a su amigo Manolo, que había muerto ahogado, le pediste que no la publicara porque causaría más dolor y te la regaló para que hicieras con ella lo que quisieras. Tú la guardaste en tu carpeta de los tesoros, la que contenía todos los recortes de prensa en los que se hablaba de él; esa carpeta que fue creciendo durante el resto de tu vida con cada carta suya, cada foto, cada publicación, cada referencia a tu hermano por mínima que fuera.
¿Por qué tuvo que volver a Orihuela cuando acabó la guerra? ¿Por qué no escuchó a vuestro padre cuando le dijo « vete, Miguel, que ahora viene el exterminio »? Porque quería abrazar a su familia y se sabía inocente. Y lo encarcelaron en el Seminario, en esa sierra en la que le gustaba perderse para escribir, para leer, para empaparse de naturaleza.
Sus cartas desde la cárcel trataban de transmitir esperanza, incluso se permitía alguna broma; os ocultó que lo habían condenado a muerte hasta que le conmutaron la pena por cadena perpetua. Esas cartas que llegaban censuradas o escondidas en el borde de las lecheras, escritas en papel higiénico. Y tú escribías o visitabas a cualquiera que pudiera interceder para su excarcelación.
Ya vivías en Alicante cuando lo trasladaron al Reformatorio de Adultos, la que sería su última cárcel. Caminabas hasta allí cada vez que se permitía una « comunicación » y le llevabas los alimentos que enviaban tus padres desde Orihuela y los que podías conseguir a través del estraperlo; esas lecheras que tanto costaba llenar y que los carceleros dejaban caer.
El día de las Mercedes los niños podían visitar a los presos y entraban su hijo y los tres tuyos. Mi madre, con siete años, era la mayor y le hacías memorizar los mensajes que querías transmitirle. Cuando salían, la interpelabas para que repitiera cada palabra de tu hermano.
Me hablabas de aquel día que fuiste a verlo con Josefina: no tenía fuerzas para caminar y se apoyaba en dos compañeros. Cuando os vio, se irguió, hinchó el pecho y sonrió:

• Miguel, qué bien te veo, ¿estás mejor?
• Han venido a ofrecerme dinero y la libertad si me retracto de todo lo que he escrito y pongo mi pluma al servicio del régimen.
• ¡Habrás dicho que sí!
• He dicho que no.
« Ese era mi hermano », concluías.
Su salud empeoraba. Recorrías Alicante de punta a punta sin descanso buscando una recomendación que traspasara el bloqueo para que lo visitara un médico, hasta que lo conseguiste. Lo ayudó a respirar mejor aunque, sin los medios suficientes, no podía hacer más. Lo ideal era trasladarlo al sanatorio para tuberculosos de Porta Coeli, donde, fuera de la insalubridad de la prisión, se recuperaría. Pero mientras tu hermano no accediera a volver al seno de la iglesia, era imposible.
Se te rompía el corazón cuando entrabas a visitarlo a la enfermería y lo encontrabas ahogándose entre suciedad. Lo lavabas, lo vestías con ropa limpia y le extraías el líquido de los pulmones como te había enseñado el médico.
Consciente de que se acercaba el final, accedió a casarse por la iglesia, postrado en la cama, para proteger a su familia (los matrimonios civiles habían quedado invalidados). Pocos días después se aprobó el traslado a Porta Coeli, pero ya era tarde.
La noche del 27 de marzo fuiste a visitarlo con Josefina, se te quebraba la voz cuando me contabas que lo aseaste y lo ayudaste a respirar por última vez. Murió esa madrugada.
Y llegaron los años del silencio, del miedo a pronunciar su nombre, de la hipocresía, de los libros de Losada llegados misteriosamente desde Argentina, de las conversaciones a media voz. Te indignaba la injusticia, el odio y las mentiras, siempre las mentiras. Me hablabas del tío Miguel entre murmullos y me pedías que bajara la voz cuando te pedía detalles: « No cuentes nada », « no te signifiques ». Pues ahora lo estoy contando, abuela, mi memoria es tu memoria.
Ya en democracia, ibas a todos los actos y accedías a casi cualquier entrevista. Te quedabas exhausta, pero era tu « deber » homenajear y propagar el nombre y la obra de tu hermano. Esa fue la labor de toda tu vida.
Te habría encantado saber que 2017 fue el « Año de Miguel Hernández », a ti que te preocupaba tanto que lo hicieran desaparecer. Que de vez en cuando doy una charla sobre ese legado de recuerdos que me regalaste. Que publiqué la elegía a Manolo, como tú querías. Que la cama de tu hermano (que te acompañó a todos los lugares donde viviste) está ahora en su cuarto, en la casa de la calle de Arriba, que ahora se llama de Miguel Hernández, y que es su casa-museo. No lo han olvidado, abuela, hasta la estación de tren lleva su nombre, y un aeropuerto, y una universidad, y colegios, y centros culturales.
Descansa en paz, abuela, la poesía de tu hermano resuena en todo el mundo; su nombre está marcado a fuego; y yo seguiré compartiendo este legado que me transmitiste hasta dejarlo grabado en mi memoria. Miguel Hernández es, indiscutiblemente, un gran poeta; pero para mí siempre será el tío Miguel.

« LA PLUS GRANDE FOSSE COMMUNE DE LA RETIRADA DÉCOUVERTE AU CIMETIÈRE OUEST DE PERPIGNAN

C’est le journal L’INDEPEDANT dimanche qui le révèle à travers un article de Thierry Bouldoire du 20 mars
Merci à Paco Ortiz pour nous l’avoir communiqué.

841 exilé républicains reposent dans le plus grand ossuaire de la Retirada de 1939.
Jusque-là oubliée dans un recoin du carré Obis du cimetière ouest de Perpignan, cette fosse commune a été mise au jour par trois historiens catalans . Ce 18 février 2022, une cérémonie a salué la mémoire de ces disparus des camps de Saint-Cyprien ou du Barcarès, dont l’exil résonne de nouveau aujourd’hui sur les routes de l’exode ukrainien.

Inhumation N°728 ; nom Gelercan Ubach, âge 19 ans ; date inhumation 27 mars 1939. Méticuleusement imprimées sur une vaste bâche beige, 841 références identiques dévoilent ces victimes oubliées de la Retirada, dans un coin du cimetière de l’ouest de Perpignan, à deux pas de la cité des Baléares. 841 mémoires retrouvées grâce au travail de trois historiens catalans Jordi Oliva, Marti Picas et Noemi Riudor. Grau, Guasch, Gonzales, Garcia et tant de patronymes espagnols et catalans ont ainsi droit à un vrai repos.
« C’est la plus grande fosse commune d’exilés républicains en France » précise Mithé Pull membre de la Xarxa Cebrianenca i Collectiu « Joves del Rosello ». « Les historiens évaluent à au moins 2888 les victimes non retrouvées dans les Pyrénées-Orientales. Ceux décédés dans les camps d’Argelès, au Barcarès ou Saint-Cyprien sont très souvent inhumés dans les cimetières de ces communes, mais les registres ne disaient rien jusque-là des victimes à l’hôpital de Perpignan, loin de leur famille. On mourrait beaucoup de maladies, de faim ou de blessures mal soignées dans ce camps de misère sur nos plages. C’est toute la qualité et la pertinence du travail des trois historiens catalans. Ils leur ont redonné une mémoire ici. »
Non sans mal. L’accès à tous les registres n’a pas été simple. Impossible même au consulat d’Espagne de Perpignan, compliqué à l’état civil de la ville de Perpignan. Ce 18 février 2022 date anniversaire du premier corps d’exilé enterré, celui de Manuela Garcia le 18 février 1939 – un hommage a donc enfin été rendu à ces victimes de l’exil. Une délégation d’une centaine de personnes , dont Quim Torra l’ancien président de la Generalitat, un temps successeur de Carles Puigdemont, et de nombreuses associations, a fléché, fleuri et réclamé la sanctuarisation du site. Aujourd’hui, un simple parterre de béton aux trop rares pensées fleuries.
« Il y a eu des témoignages très émouvants. Comme cette dame venue d’Alabacete (centre de l’Espagne) retrouver la trace de son père perdu en 1939. Jusque-là, elle pensait qu’il avait abandonné sa famille et refait sa vie en France au lendemain de la guerre, sans donner le moindre signe de vie. En fait il est décédé à l’hôpital de Perpignan dès 1939. Ses mots si forts et si pudiques » témoigne Pierre Rossignol, membre de l’association Les amis de la Retirada de Saint-Cyprien.
A Cerbère,, au Perhus, à Prats-de-Mollo, en Vallespir, plus de 250 000 exilés ont franchi les frontières à partir de février 1939, fuyant la répression de la dictature franquiste. « Ils étaient pourchassés pour avoir choisi le camp de la démocratie, comme les Ukrainiens aujourd’hui. »

17000 KM pour récupérer la bague et la montre que les nazis dérobèrent à un prisonnier espagnol

Article traduit
https://www.eldiario.es/sociedad/17-000-kilometros-recoger-anillo-reloj-nazis-arrebataron-prisionero-espanol_1_8838769.html

Le 13 novembre dernier je lançais sur ce site un appel suite au message reçu d’Isabel et Jesus de Madrid qui recherchait la famille de Gabriel Alvarez Arjona, déporté au camp de Neuengamme en Allemagne pour récupérer des effets personnels (une montre à gousset et deux bagues, dérobés par les nazis. Aujourd’hui cet article de Carlos Hernandez paru dans le diario.es nous révèle l’issue de cette histoire.
Article de Carlos Hernandez du 20 mars 2022
El diario.es
traduit par mes soins : Luis

Manuel et son fils veulent entreprendre un voyage en Espagne depuis l’Australie pour récupérer les effets personnels que des chercheurs ont sauvé et qui appartenaient à son oncle, survivant du camp de concentration de Neuengame.

Le carillon de la porte retentit avec insistance. C’est la maison d’une famille espagnole : Los Montes. Il y a 60 ans que Manuel et son épouse Herminia ont abandonné leur patrie pour ce pays où ils ont cherché à construire un avenir pour leurs enfants : Mari Trini et Manuel.

Ils ont fait partie de la fameuse opération « Kangourou » un accord entre le régime franquiste et les autorités australiennes. Le pays océanique avait besoin de main d’oeuvre et son gouvernement recherchait en dehors de leurs frontières des travailleurs qui devaient être « blancs et catholiques ». La précaire situation économique en Espagne incita près de 8000 compatriotes à faire les valises et à se déplacer pour toujours à l’autre extrémité de la planète.

Il s’est passé beaucoup de temps, trop de temps. Manuel a aujourd’hui 88 ans et vit seul depuis que son épouse Herminia est partie pour son dernier voyage. Il vit seul, mais ses enfants restent proches de lui. C’est pourquoi, il n’a aucun doute sur sur celui qui sonne à la porte, son fils ainé. La seule chose que Manuel n’imagine pas un instant est la nouvelle qu’il va bientôt apprendre.

Camp de prisonnier de Sandbostel, Allemagne, le 29 avril 1945.

Gabriel Alvarez Arjona continue sans croire un instant ce qu’il est entrain de vivre. Plusieurs véhicules militaires étasuniens viennent d’entrer dans le camp. Le cauchemar prend fin. Derrière il y a 24 mois d’emprisonnement et deux grandes guerres. Tout avait commencé 9 ans avant.

Le coup d’état franquiste l’avait surpris dans sa terre natale, Madrid. Gabriel n’hésita pas un instant à laisser le pinceau de peintre en bâtiment et à s’enrôler comme volontaire dans les MAOC, les Milices antifascistes ouvrières et paysannes, pour défendre la démocratie républicaine et empêcher que la capitale ne tombe entre les mains des rebelles. Trois années de combats plus tard, Gabriel se vit obligé de s’enfuir en France avec un demi million d’autres Espagnols.

Après être passé dans plusieurs camps de concentration français le madrilène put s’installer dans la ville du Mans, où il reprit son travail de peintre-décorateur. La paix ne dura pas plus d’un an, parce qu’en juin 1940 la ville fut occupée par les troupes nazies. Gabriel continua son métier de peintre jusqu’en mai 1943 où il fut arrêté par ordre des autorités de la collaboration française. Dans le rapport de police il fut accusé d’être le chef d’un groupe d’agitateurs, financés par le Mexique, dans lequel il y avait des communistes espagnols et des anarchistes de Paris.
Les témoignages et les documents présentés pour réduire les charges contre lui ne servirent à rien. Il fut considéré comme un ennemi et un danger pour le Reich. En novembre il fut envoyé dans un camp d’internement pour prisonniers politiques à Voves.

Une enceinte contrôlée directement par le gouvernement collaborationniste du régime de Vichy. Les conditions de vie n’étaient pas excessivement mauvaises et les prisonniers arrivèrent à organiser des activités culturelles, éducatives et sportives en plus de tisser des réseaux de résistance clandestine. Grâce à cela des évasions purent se produire avec un pic dans la nuit de 5 au 6 mai 1944.

42 prisonniers s’enfuirent par un tunnel de 148 mètres qu’ils avaient creusé pendant trois semaines. Gabriel n’était pas parmi les évadés mais paya le prix fort pour cela. Les SS s’emparèrent du camp, ils le clôturèrent et transférèrent les prisonniers vers les camps de Buchenwald et de Neuengamme. C’est dans ce dernier camp qu’atterrit Gabriel.

Là il lui enlevèrent toutes ses affaires personnelles, entre autres une montre et deux bagues. Après il reçut le costume rayé , un triangle rouge inversé qui le distinguait comme prisonnier politique avec le numéro 32 040. Les 10 mois suivants il souffrit de la faim, des mauvais traitements, du manque d’hygiène et dut travailler comme un esclave. Mais le pire était devant lui.

Devant l’imparable avancée des troupes britanniques, les nazis durent déplacer les 9500 déportés depuis Neuengamme jusqu’au camp de Sandbostel. Un tiers d’entre eux périrent dans cette marche de la mort et dans les jours suivants en arrivant à leur nouvelle destinée. Gabriel fut victime, témoin et survivant de ce terrible périple.

Madrid 2022
Jesus et Isabel depuis 2019 font connaître et installent les STOLPERSTEINE en souvenir et en hommage aux madrilènes déportés dans les camps de concentration nazis. Il s’agit de petits pavés, avec une plaque dorée où figurent les principales informations des victimes, qui se placent sur sur le trottoir, en face du dernier domicile connu.
Sachant que les Archives internationales Arolsen, les plus importantes sur la répression nazie, conservent des objets personnels de quelques déportés espagnols, Jesus et Isabel ont décidé de participer à la remise des effets personnels aux héritiers des prisonniers madrilènes. En coordination avec l’historien Antonio Munoz, ils ont pu localiser les adresses de certains d’entre eux. Arolsen avait deux bagues et une montre gousset que les nazis avaient réquisitionnées à leur arrivée à Neuengamme appartenant à un Espagnol Gabriel Alvarez Arjona.

Les recherches sur Gabriel arrivaient toutes à une voie sans issue. Ils savaient qu’il était mort en France, très probablement dans les années 60, mais comment retrouver les descendants directs. En 1939 le madrilène apparaissait dans les registres comme veuf sans enfant et rien ne prouvait qu’il avait eu des enfants et ils durent approfondir les recherches.

Gabriel avait deux sœurs ; l’une n’avait pas eu d’enfant et l’autre donna naissance à un garçon et deux filles. Le chemin commençait à s’éclaircir jusqu’à ce que les différentes archives révélèrent qu’aucun des trois neveux n’avait eu d’enfant. Tout paraissait perdu quand un des documents révélait qu’une des nièces avait adopté un enfant après la guerre, en 1940. Son nom était Manuel Montes Exposito et son existence ouvrait ainsi une nouvelle voie de recherche pour retrouver les descendants de Gabriel.

Les archives permirent de reconstruire la vie de Manuel. Il se maria avec Herminia Martinez et eu deux enfants. Par contre entre 1960 et 1965 la piste documentaire de la famille disparaissait. Au moment de jeter l’éponge, ils tirèrent du fil généalogique d’Herminia et tombèrent sur deux de ses sœurs. C’est elle qui leur apporta la clef « ils émigrèrent en Australie dans les années 60 »

Jesus et Isabel partagèrent leurs avancées avec deux chercheurs. L’un d’entre eux, Unai Eguia, connaissait un Espagnol qui résidait en Australie et qui avait été animateur dans un programme radiophonique en direction des migrants espagnols. Ce n’est que quelques jours après qu’Unai était interviewé dans l’émission « Pain et chocolat, l’émission de radio de Brisbane 4EB » Pendant plus d’une heure il apporta les précisions sur les informations dont il disposait, il évoqua Gabriel, les bagues et sa montre et lança un appel pour que les auditeurs collaborent à la recherche de Manuel.

Manuel Montes Exposito peut à peine croire ce que lui raconte son fils Manuel. Ils sont entrain de le rechercher en Espagne pour lui remettre les objets personnels que les nazis dérobèrent à son oncle Gabriel à Neuengamme. Il n’arriva jamais à le voir en personne parce qu’il grandit dans l‘Espagne franquiste pendant que son oncle demeurait dans son exil forcé en France. Malgré tout cela une forte relation s’installa entre les deux. C’est pour cela qu’il conserve avec beaucoup d’affection la dernière photo qu’il lui envoya du Mans en septembre 1960. Au verso, d’une main tremblante, Gabriel lui avait dédicacé « pour vous Herminia et Manolo avec tout mon coeur ». L’ex-prisonnier de Neuengamme avait seulement 62 ans, mais les séquelles de sa dure existence on peut les sentir dans ses mots d’adieu «  je ne l’ai pas envoyé avant car je suis paralysé »

« Je ne savais même pas que mon oncle avait été déporté dans un camp de concentration nazi » avoue Manuel fils au Diario.es. « Jamais mon père ne me le raconta ni me parla de cela jusqu’au jour où je reçus la nouvelle qu’il le recherchait depuis l’Espagne, à travers une émission de radio. » La vérité est que je ne savais même pas que des Espagnols avaient été renfermés dans ces camps. »
Manuel fils n’avait que deux ans quand il laissa l’Espagne avec sa sœur Mari Trini plus jeune de 6 mois. Tous les deux se sont élevés et ont été éduqués en Australie où contrairement à ce qui se passe dans notre pays, l’histoire contemporaine a toujours été étudiée. « A l’école on enseigne la participation des Australiens à la guerre. Ici il est très important de savoir. Il y a une journée par an où sont commémorées les victimes et les soldats qui sont tombés pendant la deuxième guerre mondiale. C’est un grand jour. Est-ce qu’il y a cela en Espagne. ? Non.
La mémoire lui joue des tours, mais malgré cela Manuel Montes Exposito est inondé d’une grande émotion en pensant que bientôt il va avoir entre ses mains les bagues et la montre de son oncle Gabriel. « ça lui fait un énorme plaisir et à moi aussi, affirme Manuel fils. Ces évènements ne peuvent s’oublier. Si la santé de mon père le permet nous voyagerons jusqu’en Espagne ces prochains mois. » 
La remise des objets personnels volés par les nazis ne sera pas l’unique motif de cette visite. Jesus et Isabel sont entrain d’organiser la pose des « stolperstein » en souvenir de Gabriel Arjona. Un pavé de la mémoire qui sera installé devant le domicile du combattant antifasciste et victime du nazisme qui vécut à Madrid avant d’entreprendre son dramatique périple en 1936.
Manuel père et Manuel fils parcourront 17000 km pour récupérer une montre gousset, deux bagues et se retrouver enfin avec leur oncle Gabriel.

Le concert de David et Juan Francisco Ortiz

Le vendredi 11 mars, Retirada 37 reprenait ses modestes activités après deux ans d’inaction.

Pour le bonheur de tous, ce fut un succès !!!

Merci à José Manuel et toute son équipe « Le Plessis Tiers-lieu culturel et humaniste », et aux membres de Retirada 37 pour leur implication.

En présence d’un nombreux public, ce sont produit en concert Juan Francisco Ortiz à la guitare et David Ortiz son fils au violoncelle, ce fut une soirée emprunte d‘émotions avec une musique de qualité, les musiciens ont terminé leur concert sous des applaudissements chaleureux.

Merci à eux, ils nous ont offert ce concert gracieusement.

James ( président de Retirada37)

Le 27 janvier dernier Juan Francisco Ortiz et son fils David donnaient un concert pour la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste dans le musée Séfarade à Tolède. Ils étaient ce 11 mars sur la scène du Château du Plessis à l’invitation de notre association en partenariat avec ce nouveau tiers-lieu culturel et humaniste, à La Riche, pour rendre hommage à Francisco Ortiz et à tous les espagnols déportés à Mauthausen-Gusen (Autriche). Les Espagnols portaient un triangle bleu marqué de la lettre « S » pour Spaniers. Plus de 5000 Espagnols y moururent. Les rescapés furent libérés par l’armée américaine le 5 mai 1945. Francisco Ortiz fut de ceux-là.

Aujourd’hui le fils et le petit fils leur rendent hommage à travers leurs concerts de guitare et de violoncelle, avec des œuvres originales composées par Juan Francisco Ortiz et d’autres pièces musicales, de l’art populaire comme le célèbre « Emigrante » de Juanito Valderrama connu de tous les Espagnols réfugiés en France, ou de la poésie avec Federico Garcia Lorca, Antonio Machado et Miguel Hernadez.

Le drapeau républicain que le matricule 4252, Francisco rapporta du camp fut confectionné avec ses camarades. Le fac-similé du drapeau fut offert à José Manuel Cano lopez, responsable du Plessis et sera exposé à la vue du public. Juan Francisco le présenta au Mémorial de Mauthausen lors d’un concert en 2015.

Dans son concert il nous a raconté la vie de son père à travers les morceaux écrits, mais aussi les souffrances de tous ceux qui vécurent sous le franquisme, comme ces 13 jeunes filles qui furent exécutées le 5 août 1939 dans le cimetière de Madrid pour leur seule appartenance aux Jeunesses communistes. Ce fut lors de cet hommage le 5 août dernier que nous rencontrions, mon épouse et moi, Juan Francisco et David à Madrid où ils nous firent la promesse de venir jouer gratuitement à Tours à l’invitation de Retirada37.

La salle était comble, ce 11 mars au Plessis et ils furent nombreux, sur un liste d’attente, à ne pouvoir y participer. L’émotion était forte dans la salle. Juan Francisco et David furent longuement applaudis.
Ce fut une soirée de grande qualité musicale et d’une charge émotionnelle qui restera longtemps gravée dans nos mémoires.

Merci à Juan Francisco, merci à David, merci à José Manuel pour avoir accueilli ce magnifique spectacle. Merci à Viviane et Hervé pour leurs très belles photos. Merci à tous les adhérents de Retirada37 pour leur implication dans cette belle initiative.

Luis et Sylviane (adhérents de Retirada37)

Concierto Juan Francisco y David Ortiz – Memoria
Este 27 de enero pasado, Juan Francisco Ortiz y su hijo David daban un concierto por el día internacional de conmemoración de las víctimas del Holocausto en la Sinagoga del Tránsito (Museo sefardí de Toledo). Este 11 de marzo estaban con nosotros en el escenario del Castillo de Plessis (La Riche – Tours) invitados por nuestra asociación – Retirada37 – en colaboración con este nuevo espacio cultural y humanista, en el pueblo de La Riche, para rendir homenaje a Francisco Ortiz (padre y abuelo de los artistas) así como a todos los españoles exiliados y deportados en el campo de concentración nazi de Mauthausen-Gusen (Austria, 1940-1945). Asignaron a los presos españoles el tristemente famoso Triángulo Azul, con una «S» bordada por «Spaniers». Más de cinco mil españoles murieron durante esos años hasta la liberación del campo el 5 de mayo de 1945. Francisco Ortiz, preso número 4245 fue uno de los que sobrevivieron.

Hoy, el hijo y el nieto de Francisco, les rinden homenaje con un concierto de guitarra y violonchelo con obras originales compuestas por Juan Francisco Ortiz y otras piezas musicales, algunas populares como «El emigrante» de Juanito Valderrama, conocida por todos los españoles exiliados. Otras obras son adaptaciones de obras poéticas de Federico García Lorca, Antonio Machado o Miguel Hernández

La bandera republicana original, echa en Mauthausen por los propios presos sastres y que conservó el preso 4245, fue presentada al público y la familia Ortiz regaló un facsímil al responsable de Plessis, José Manuel Cano López y esta será expuesta en el mismo centro para el público visitante.

En este concierto, a través de la historia de Francisco Ortiz, los artistas cuentan con música y poesía el exilio, la deportación, así como el sufrimiento de las víctimas del franquismo, de las 13 Rosas fusiladas… El pasado 5 de agosto, durante la ceremonia de conmemoración del fusilamiento de las 13 Rosas en el cementerio del Este conocimos a Francisco y a David quienes nos hicieron la promesa de venir a tocar gratis a Tours con la invitación de nuestra asociación Retirada37.

Se llenó la sala este 11 de marzo en el Plessis y hasta tuvimos una larga lista de espera que no pudo asistir. Fue fuerte la emoción durante todo el concierto. Los artistas David y Francisco fueron largamente aplaudidos, una noche de gran calidad musical y con una carga emocional intensa que quedará grabada en nuestra memoria.
Gracias a Juan Francisco y a David. Gracias a José Manuel por haber recibido a los artistas y haber hecho posible este magnífico espectáculo. Gracias a Viviane y a Hervé por las increíbles fotos. Gracias a todos los miembros de Retirada 37 por su implicación en tan bella iniciativa.

Luis et Sylviane (Miembros de Retirada37) traducido por David
James Marco, le président de Retirada37, et José Manuel Cano Lopez, le taulier du théâtre du Plessis.


David et Juan Francisco Ortiz


José Manuel Cano Lopez et Juan Francisco Ortiz déployant le drapeau de république Espagnole.

Les réfugiés républicains espagnols piliers de la Résistance en Limousin

Il y a 80 ans, en Espagne, le général Franco remportait la victoire sur les Républicains, provoquant un exode massif de réfugiés vers la France.
Plusieurs milliers d’entre eux furent accueillis en Limousin et beaucoup jouèrent un rôle essentiel dans la Résistance…

Spécialiste de l’époque troublée de la guerre civile espagnole, l’universitaire Tiphaine Catalan travaille depuis plusieurs années sur le parcours des exilés espagnols réfugiés en Limousin après la défaite des Républicains.

Au fil de ses recherches elle a constaté l’ampleur de cet exil.

Quatre-vingt ans plus tard, ses travaux bientôt publiés montrent également le rôle essentiel qu’ont joué de de nombreux anciens combattants républicains de la Guerre d’Espagne dans les mouvements de résistance du Limousin.

Une guerre civile

Espagne, 1936 : après l’arrivée au pouvoir d’un Front Populaire, la contre révolution du général Franco dégénère en guerre civile.

La lutte entre les militaires nationalistes et les défenseurs de la République pousse de nombreux Espagnols sur les routes de l’exil.

En 1937 les premiers réfugiés, une centaine de femmes et d’enfants, arrivent en Limousin. Ils suscitent un important élan de solidarité. Des comités de soutien se mettent en place.

La Retirada : 7 000 réfugiés espagnols arrivent en Limousin

En 1939 Franco écrase les Républicains : des milliers de nouveaux réfugiés franchissent alors la frontière, c’est la Retirada.

En quelques semaines, près de 7 000 exilés espagnols arrivent en Limousin, beaucoup par le train.

Des femmes et des enfants encore, mais aussi pour la première fois, 3 500 d’hommes. La plupart sont des combattants républicains qui ont combattu les troupes de Franco pendant plusieurs années et qui ne peuvent plus rester en Espagne.

Femmes et hommes vont être séparés.

700 femmes vont être regroupées dans l’ancienne caserne de Magnac-Laval dans le nord de la Haute-Vienne.

D’autres seront envoyées à Bellac, dans le château du Chatelard à Saint-Junien ou dans l’ancienne prison désaffectée d’Aubusson en Creuse.

70 morts dans le camp de Nexon

La plupart des hommes vont être regroupés dans des camps, puis dans 14 compagnies de travailleurs étrangers (CTE) où ils jouissent d’une relative autonomie. Dépendants du ministère des armées ils effectuent des travaux pénibles laissés en jachère par les français mobilisés.

Des camps dits « de concentration » sont implantés à Saint Germain les Belles, Saint Paul d’Eyjeaux , Nexon, Sereilhac et La Meyze.

Durant l’hiver 1942, 70 réfugiés espagnols mourront de froid, de maladie et d’épuisement dans le camp de Nexon.

En 1940, après la défaite et l’armistice face à l’Allemagne, les réfugiés espagnols deviennent indésirables et suspects pour le gouvernement de Collaboration de Pétain.

En Limousin, beaucoup de femmes et d’enfants vont être expulsés de leurs lieux d’accueil pour laisser la place aux nouveaux réfugiés alsaciens.

Disséminés dans des Groupements de Travailleurs Etrangers

La surveillance des hommes va se renforcer. Les Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE) vont être transformées en Groupements de Travailleurs Etrangers (GTE).

Bien que le régime de Vichy les considère comme des ennemis potentiels, ils vont être dispersés dans les campagnes dans des petits groupes jouissant d’une relative autonomie.

Pour pallier le manque d’hommes mobilisés sur le Front ils effectuent des travaux de force sur des chantiers, dans les forêts, dans les fermes ou dans les mines.

En Corrèze, les barrages de l’Aigle et de Bort-les-Orgues seront construits en partie par les GTE espagnols.

Ces petits groupes d’anciens combattants soudés, politisés (ndc : notamment à la CNT en ce qui concerne le barrage de l’Aigle) et éloignés des villes vont rapidement devenir l’un des principaux terreaux des maquis limousins en gestation.

Le temps des Maquis

En novembre 1942, les Allemands envahissent la zone libre.

C’est aussi le début de l’entrée des Espagnols dans les mouvements de la Résistance limousine.

Avec l’instauration du Service de Travail Obligatoire en Allemagne (STO) la plupart des hommes des Groupements de Travailleurs Etrangers (GTE) espagnols disséminés dans les campagnes du Limousin vont prendre le Maquis.

Ils vont rapidement y être appréciés et très recherchés. Ils vont s’illustrer par leur expérience, leur efficacité et leur courage.

On va les retrouver indifféremment dans les trois principaux mouvements de Résistance à l’œuvre dans la Région : les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), l’Armée Secrète (AS) et l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Forts de leur expérience de la guérilla contre les troupes franquistes mais aussi de leur culture politique, les réfugiés espagnols joueront souvent un rôle de formateurs et d’instructeurs auprès des jeunes Français inexpérimentés qui ont rejoint le Maquis.

Les anciens de la Guerre d’Espagne sont également réputés pour leur expertise en matière d’explosifs. Les « dynamiteros », comme certains les appelaient à l’époque, seront à l’origine de nombreuses opérations de sabotage.

On estime qu’au moins 2 000 réfugiés républicains espagnols ont combattu dans la Résistance en Limousin.

Des figures marquantes de la Résistance

En Creuse, dans les environs de Grand-Bourg, une douzaine d’hommes du 420ème GTE se regroupent et prennent le Maquis autour de Vidal de Juan Baldazo, dit Vidal. Quatre d’entre eux seront arrêtés, torturés et fusillés à la prison de Limoges en 1944.

A Limoges, Casto Balesta, un anarchiste de la CNT qui avait participé à des expériences de collectivisation en Catalogne, prend contact avec l’Armée Secrète. Il en deviendra un des leaders jusqu’à la Libération.

A Treignac, en Corrèze, Joaquim Muro, dit Quino, ancien combattant communiste en Andalousie, rejoint le Colonel Guingouin, le chef du Maquis Limousin, dont il deviendra l’un des hommes de confiance jusqu’à la fin de la Guerre.

La socialiste barcelonaise Neus Català combat les nazis dans les Maquis de Dordogne et de Corrèze avant d’être arrêtée, emprisonnée à Limoges, torturée puis déportée à Ravensbrûck.

En juillet 1944, lors de la célèbre bataille du Mont Gargan, le colonel Guingouin les charge de contenir l’avancée allemande dans le cimetière de Saint-Gilles-les-Forêts.
Ils tiendront leur position pendant plusieurs jours face aux Allemands et aux miliciens, permettant à la Résistance d’évacuer plus facilement les armes et les munitions parachutées par les Alliés.

Le « Capitaine Tito »

En 1942, âgée de 5 ans, Amada Pedrola Rousseaud arrive à Bellac avec sa mère, une militante communiste qui avait fui Barcelone. Elle se souvient de son oncle qui les y a rejoints.

Après avoir combattu Franco dans l’armée républicaine en Catalogne Francisco Valero avait fui l’Espagne en 1939 avec les derniers réfugiés à franchir la frontière. Puis il avait rejoint la Résistance en Limousin après s’être évadé d’un camp de travail de l’organisation Todt en Bretagne.

Devenu le « capitaine Tito », il créé alors son propre groupe de l’Armée Secrète à Bellac : le « groupe Cherbourg ».

Avec 200 maquisards sous ses ordres, dont une majorité d’Espagnols, le « capitaine Tito » se spécialise rapidement dans les opérations de commandos et de sabotage.

Depuis son camp dissimulé dans les bois du Roy il organise des opérations de récupération de parachutage d’armes effectués par les alliés au Dorat.

Il fait exploser un pont sur la Glayeule à Bellac et en 1944 il mène des combats contre les Allemands à Droux.

Avec ses hommes Francisco Valero participe à la libération de Bellac et il défilera dans les rues de la ville lors des cérémonies de la Victoire.

D’autres groupes de résistants espagnols défileront aux côtés des hommes de Georges Guingouin à la libération de Limoges.

L’impossible retour

Après la Libération, comme beaucoup de réfugiés espagnols ayant participé à la Résistance, le « capitaine Tito » ne parlera plus de la guerre, même à sa famille.

Il se fondra dans la vie civile, abandonnera toute activité militante et tentera de reconstruire une vie paisible, avec dans le cœur, la blessure de l’impossible retour vers sa terre natale gouvernée d’une main de fer par la dictature franquiste jusqu’en 1975.

Une exposition consacrée aux Brigades Internationales espagnoles se tient actuellement au Musée de la Résistance à Limoges.

VIDEO : de la Guerre d’Espagne à la Résistance en Limousin

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/guerre-espagne-resistance-limousin-1759675.html

Motion au regard du conflit en Ukraine

Le Conseil d’Administration de Caminar a adopté hier le principe et les orientations d’une motion au regard du conflit en Ukraine.

Vous trouverez ci-dessous le texte de cette motion.

Nous sommes descendants et amis des exilés de l’Espagne républicaine.

Nos parents, nos amis ont subi il y a 86 ans des interventions extérieures sans lesquelles un quarteron de généraux putschistes n’aurait pu imposer au peuple espagnol une dictature sanglante qui s’est prolongée pendant plus de quarante années.

A ce titre nous ne pouvons que condamner l’agression militaire décidée par le Président Poutine contre un État souverain, l’Ukraine.

C’est sous l’égide de l’O.N.U, dans le respect des principes du droit international et de la diversité des populations des États souverains constituant la communauté internationale, que doivent se résoudre les conflits éventuels et non par la guerre et l’occupation.

Descendants et amis de l’exil républicain, nous savons les souffrances engendrées par la guerre. Pour beaucoup des nôtres elle a été à l’origine d’un exil définitif.

Le France des droits humains a accueilli dans des conditions souvent inhumaines et indignes les exilés de la République espagnole.

Déjà par centaines de milliers des Ukrainiens, femmes et enfants, fuient les combats cherchant refuge dans des États limitrophes.

Nous exigeons que notre pays, la France, remplisse ses devoirs humanitaires et respecte enfin un droit d’asile malheureusement mis à mal à l’occasion des conflits récents du Moyen Orient et de l’Afrique.

CONCIERTO PARA LA MEMORIA

Juan Francisco Ortiz à la guitare
et David Ortiz au violoncelle


11 Mars

DÉSIRS PARTAGÉS AVEC LA RETIRADA 37

LE PLESSIS,
tiers-lieu culturel et humaniste
LA RICHE

19h – BAR-RESTAURATION – produits bios et circuits courts

20h – CONCERT – « Concierto para la memoria » Juan Francisco et David Ortiz
TARIF LIBRE

5€ mini (tarif minimas sociaux, enfants, scolaires, étudiants)

8€ mini (tarif partagé)

10€ mini (tarif solidaire)

Réservations au 02.47.38.29.29

ou info@plessis-tierslieu.fr

Entrée sur présentation d’un pass vaccinal.

19h – EXPOSITION – Jean Louis Maître, Alain Papillon, Maxime Leroy Guerlot, Julie Sillard, Josselyn David, Agathe Bordeau, Karin Opolko Gonin.

Pour donner un coup de projecteur sur la gouvernance partagée du nouveau
projet du Plessis, l’exposition du mois de février met à l’honneur le comité
des usagers. Ancrée dans le partage et la solidarité, la première Exposition
des usagers propose la découverte d’œuvres des artistes Maxime Leroy, Guerlot, Alain Papillon, Karin, Opolko Gonin et Julie Sillard autour de la photographie, Jean-Louis Maitre, autour d’un travail sur le papier, et Josselyn David et Agathe Bordeau à travers la peinture, notamment.

Un dialogue entre pratiques professionnelles et amateurs au cœur des droits culturels et du projet du Plessis, /ers-lieu culturel et humaniste.
+ BAR-RESTAURATION

Retrouvez nos produits bios et en circuit court ! Clubs sandwich, soupes, gâteaux, vins, jus et tisanes bios.

20h – « CONCIERTO PARA LA MEMORIA» – Juan Francisco et David Ortiz

Le musicien franco-espagnol rend hommage à son père à la guitare et son fils David à son grand-père au violoncelle, Francisco Ortiz, prisonnier 4252 à Mauthausen-Gusen (Autriche). Il s’agit aussi d’un hommage aux Espagnols qui furent déportés dans les camps d’extermination nazis. Ils jouent en duo avec son fils David Dans ce programme il évoque son père, le camp de Mauthausen et l’histoire d‘un drapeau républicain, œuvre composée par lui-même inspirée par l’escalier de la mort du camp : 190 marches que les prisonniers étaient obligés de monter avec des blocs de pierre de plus de cinquante kilos. « Beaucoup d’entre eux périrent succombant à l’épuisement » rappelle F. Ortiz. Il interprète également « El Emigrante » de Juanito Valderrama, un texte que son père “chantait beaucoup” en souvenir de l’Espagne perdue; une suite juive de trois morceaux ainsi qu’une en Yiddish ; une autre composition de sa création sur les Treize Roses, résistantes républicaines fusillées par les franquistes (Que mon nom ne s’efface pas), un hommage aux poètes Lorca, Machado et Hernandez, avant de terminer sur trois œuvres symboliques de la résistance : La liste de Schlinder, El Cants dels Ocells, et Bella Ciao.

Élève des maîtres Alexandre Lagoya et Andrés Segovia, il a partagé des festivals avec Paco de Lucia, Manolo Sanlucar et Carmen Linares.
Nommé Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques en janvier 1985, en mai 2001, il est récompensé par la Médaille d’Argent de l’Académie des Arts, Sciences et Lettres et en septembre il est décoré de la Croix d’Argent du Mérite et
Dévouement français. En 2003, il obtient pour son travail la récompense « 21st Century Award of Achievement » de l’Université de Cambridge (Angleterre).

David Ortiz a suivi depuis son enfance, des cours de formation musicale aux
conservatoires de Pau et de Perpignan jusqu’à atteindre la Master classe de
Violoncelle et de musique de Chambre. Il a également été professeur de violoncelle au conservatoire de musique de Prades. Il joue pour de nombreuses associations de Mémoire historique et souvent en duo avec son père Juan Francisco Ortiz.

Juan et David Ortiz jouent gracieusement pour cet hommage musical au Plessis.
Cette manifestation vous est proposée en partenariat avec l’association Retirada
37 qui a pour but de faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains
espagnols exilés à travers des expositions, des conférences, des débats mais aussi par un travail de recherche sur cette histoire.

La Retirada désigne l’exode des réfugiés espagnols en 1939 suite à la guerre civile remportée par Franco. « L’association est née suite aux retrouvailles d’un vieil ami qui faisait partie d’Europe de la Mémoire et qui m’a proposé de faire quelque chose ensemble sur les mémoires des Républicains espagnols » explique Luis Lopez, le président à la création de l’association la Retirada 37.

Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés

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