Tous les articles par Eric Sionneau

La Retirada, exode espagnol par-delà les Pyrénées

Entre la France et l’Espagne, la chaîne de montagnes des Pyrénées s’étend de tout son long, majestueuse et imposante. Cette frontière naturelle, des milliers d’Espagnols l’ont franchie au début de la Seconde Guerre mondiale. Ces réfugiés apportent dans leurs bagages leurs cultures, leurs mœurs et leurs idéaux, mais l’accueil français est rude. Cette retirada a forgé l’identité du pays catalan français d’aujourd’hui.

https://www.arte.tv/fr/videos/101056-003-A/la-retirada-exode-espagnol-par-dela-les-pyrenees/

Un tourangeau impliqué dans une tentative d’attentat contre Franco !

PARCOURS LIBERTAIRE (Entretien avec Georges FONTENIS)
FRANCK WOLFF

Regarder en particulier de la neuvième minute à la treizième, où Georges nous relate la tentative d’attentat contre Franco

Entretien avec Georges Fontenis dans sa demeure en Touraine, deux ans avant sa disparition en 2010, autour de son engagement dans le mouvement communiste libertaire….

La vie de George Fontenis se confond avec les histoires des luttes ouvrières du 20ème siècle et plus particulièrement avec celle du mouvement anarchiste français.
La vie d’un homme qui côtoie des personnages illustres comme Brassens ou Camus. Un homme engagé qui soutiendra non sans risque les anarchistes espagnols ou les indépendantistes algériens.
C’est aussi une vie faite d’isolement, et de diabolisation par son propre camp politique car osant ouvrir les préceptes libertaires à d’autres champs de réflexions.
L’engagement de Georges Fontenis est celui d’un homme libre, qui ne renonce pas. Un homme qui porte un regard éclairé sur les engagements actuels.

La mort en marche Robert Capa

Réédition du livre.

Des images de guerre des reporters Gerda Taro,Chim et Robert Capa,maquettées par l’immense André Kertész, l’un des pères de la photographie moderne. Publié en 1938,cet hommage bouleversant de Capa au courage des républicains espagnols s’est depuis,imposé comme l’un des monuments de l’histoire de la photographie. Il est aujourd’hui réédité dans une version identique mais de bien meilleure qualité.

Aux éditions DELPIRE & CO 112 p. 35€

Actes du colloque de Toulouse

Bonjour à toutes et à tous, Caminantes et membres individuels,

Enfin une bonne nouvelle en cette période austère : nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie des actes du colloque de Toulouse !

Le document final fait 632 pages et pèse près de 1,2 kg !

Tous les livres ont été livrés chez Pascale à Saint-Pierre sur Dropt – entre Sainte Foy la Grande et Marmande – , et si la fin du confinement est confirmée, nous nous réunirons chez elle afin d’envisager la répartition, le samedi 19 décembre.

Pour des raisons de coût, seuls les intervenants du colloque recevront les livres par courrier.

Concernant la livraison des commandes passées par les associations, plusieurs lieux de dépôt sont envisagés, de façon à ce que vous puissiez avoir les livres pour les fêtes.

Pour les individuels qui ne pourraient se déplacer, les livres seront disponibles à la prochaine AG, qui devrait avoir lieu fin janvier ou en février. Pour l’Indre et Loire, à réserver auprès de retirada37@gmail.com

Afin de préparer les commandes, nous avons besoin de connaître très rapidement à quel endroit vous pouvez vous rendre.

Merci de nous répondre avant le 15 décembre.

Emma Goldman : Durruti n’est pas mort !

Le 20 novembre 1936, Durruti mourrait, à Madrid, dans la zone des combats contre les fascistes.

Plusieurs centaines de milliers de personnes participaient à son enterrement, le 22 novembre 1936, à Barcelone.

Ci-dessous, un témoignage d’Emma Goldman qui nous parle de ce militant d’exception :

★ Emma Goldman : Durruti n’est pas mort ! (1936).

« Durruti, que j’ai rencontré pour la dernière fois il y a un mois, est mort en luttant dans les rues de Madrid.

J’ai tout d’abord connu ce vaillant combattant du mouvement anarchiste et révolutionnaire en Espagne par ce que je pouvais lire de lui. Lorsque j’arrivai à Barcelone, j’entendis beaucoup d’anecdotes à propos de lui et de sa colonne. J’étais donc impatiente de me rendre sur le front d’Aragon, front où il galvanisait les milices courageuses qui luttaient contre le fascisme.

À la tombée de la nuit, j’arrivai à son état-major, complètement épuisée par le long voyage effectué en voiture sur un chemin accidenté. Quelques minutes avec Durruti me procurèrent un grand réconfort, elles me firent l’effet à la fois d’un rafraîchissement et d’un encouragement. Homme musclé, comme ciselé dans la pierre à coups de marteau, il représentait certainement la figure la plus dominante parmi les anarchistes que j’avais rencontrés depuis mon arrivée en Espagne. Comme pour tous ceux qui l’approchaient, son énorme énergie m’impressionna.

Je trouvai Durruti au milieu de ses compagnons, dans une ambiance aussi active que celle d’une ruche. Des hommes allaient et venaient, il était constamment sollicité au téléphone, et, en même temps, des coups de marteau assourdissants retentissaient sans arrêt car des ouvriers étaient en train de construire une charpente en bois pour son état-major. Au milieu de cette activité bruyante et continue, Durruti restait serein et patient. Il me reçut comme s’il me connaissait depuis des années. L’accueil cordial et chaleureux de cet homme, engagé dans une lutte à mort contre le fascisme, était pour moi un événement inattendu.

J’avais beaucoup entendu parler de sa forte personnalité et de son prestige dans la colonne qui portait son nom. Je lui demandai comment il avait réussi à mobiliser 10 000 volontaires sans aucune expérience ni aucun entraînement, d’autant plus que l’armée ne l’avait pas aidé dans cette tâche. Il parut surpris de ce que moi, une vieille militante anarchiste, je lui pose une telle question.

– J’ai été anarchiste toute ma vie, me répondit-il, et j’espère continuer à l’être. C’est pourquoi il me serait très désagréable de me transformer en général et de commander mes hommes en leur imposant la discipline stupide que prônent les militaires. Ils sont venus à moi de leur plein gré, ils sont disposés à donner leur vie pour notre lutte antifasciste. Je crois, comme j’ai toujours cru, en la liberté. Une liberté qui repose sur le sens de la responsabilité. Je considère que la discipline est indispensable, mais qu’elle doit reposer sur une autodiscipline, motivée par un idéal commun et un fort sentiment de camaraderie.

Durruti avait gagné la confiance et l’affection de ses hommes, parce qu’il ne s’était jamais considéré supérieur à eux. Il était l’un d’entre eux. Il mangeait, dormait comme eux. Souvent il renonçait à sa part, au bénéfice d’un malade ou d’un individu faible, plus nécessiteux que lui. Il partageait le danger avec eux dans toutes les batailles. Tel était certainement le secret de son succès avec sa colonne. Ses hommes l’adoraient. Non seulement, ils obéissaient à tous ses ordres, mais ils étaient toujours disposés à le suivre dans les actions les plus dangereuses pour conquérir les positions du fascisme.

J’arrivai la veille d’une attaque qu’il avait préparée pour le lendemain. À l’heure indiquée, Durruti, comme le reste de ses miliciens, le Mauser pendu à l’épaule, ouvrit la marche. Avec ses camarades il fit reculer l’ennemi de quatre kilomètres. Il réussit aussi à récupérer un nombre considérable d’armes que l’ennemi avait abandonnées dans sa fuite.

Son égalitarisme sans affectation n’était certainement pas l’unique explication de son influence. Il y en avait une autre : sa grande capacité à faire comprendre aux miliciens le sens profond de la guerre antifasciste. Sens qui avait dominé son existence et qu’il avait enseigné aux plus pauvres et aux plus démunis.

Durruti me parla des problèmes difficiles que lui posaient ses hommes quand ils lui demandaient une permission au moment où ils étaient le plus nécessaires au front. Il est évident qu’ils connaissaient leur dirigeant ; qu’ils connaissaient sa décision, sa volonté de fer. Mais ils connaissaient aussi la sympathie et la gentillesse que dissimulait son attitude austère. Comment résister quand les hommes lui parlaient des maladies et des souffrances qu’enduraient leur famille, leurs parents, leur épouse ou leurs enfants ?

Avant les journées glorieuses de juillet 1936, Durruti fut poursuivi comme une bête féroce dans tous les pays. Il était continuellement emprisonné comme un criminel. Il fut même condamné à mort. Lui, l’anarchiste, répudié, haï par la Sinistre Trinité que constituent la bourgeoisie, l’État et l’Église, ce vagabond sans foyer était incapable d’éprouver les sentiments dont l’odieux capitalisme l’accusait, prouvant que ses ennemis le connaissaient fort mal Durruti. Et comprenaient bien peu son cœur, toujours débordant d’amour ! Jamais il ne sut rester indifférent aux besoins de ses compagnons. Maintenant qu’il était engagé dans une lutte désespérée contre le fascisme, pour la défense de la Révolution, chacun devait occuper son poste. À mon avis, il avait une tâche très difficile. Il écoutait patiemment les hommes qui lui confiaient leurs souffrances, il diagnostiquait leurs causes et proposait des solutions chaque fois qu’un malheureux souffrait sur le plan moral ou physique. À cause de l’excès de travail, de la nourriture insuffisante, du manque d’air pur, ou de la perte de la joie de vivre.

– Tu ne vois pas, camarade, que la guerre que toi, moi, et tous les autres nous menons, vise à sauver la Révolution, et que la Révolution veut mettre fin aux misères et aux souffrances des hommes ? Nous devons écraser notre ennemi fasciste. Nous devons gagner la guerre. Tu es une part essentielle de celle-ci. Tu ne le vois pas, camarade ?

Les camarades de Durruti s’en rendaient bien compte et restaient. Parfois, un compagnon se refusait à entendre ces raisons et insistait pour abandonner le front.

– Très bien, lui disait Durruti, mais tu t’en iras à pied, et quand tu arriveras chez toi, tout le monde saura que tu as manqué de courage, que tu as déserté l’accomplissement du devoir que toi-même tu t’étais imposé.

Ces paroles produisaient de magnifiques résultats. L’homme suppliait alors Durruti de ne pas le laisser partir. Aucune sévérité militaire, aucune coercition, aucun châtiment disciplinaire ne maintenait la colonne de Durruti au front. Seulement la grande énergie de l’homme qui les poussait et les faisait sentir à l’unisson avec lui.

Un grand homme, l’anarchiste Durruti. Un homme prédestiné pour diriger, pour enseigner. Un camarade attentif et tendre. Tout en un. Désormais Durruti est mort. Son cœur ne bat plus. Son corps imposant s’est abattu comme un arbre géant. Pourtant, Durruti n’est pas mort, comme en témoignent les centaines de milliers de personnes, qui, le dimanche 22 novembre 1936, lui ont rendu un dernier hommage.

Non, Durruti n’est pas mort. Le feu de son esprit ardent a éclairé tous ceux qui l’ont connu et aimé. Jamais il ne s’éteindra. Déjà les masses brandissent la torche qui est tombée de ses mains. Triomphalement elles sont en train de la porter sur le sentier qu’il a éclairé durant de nombreuses années. Le sentier qui conduit au sommet de son idéal. Cet idéal, c’est l’anarchisme – la grande passion de sa vie – auquel il se consacra en entier et fut fidèle jusqu’à son dernier soupir ! Non Durruti n’est pas mort ! »

Emma Goldman, novembre 1936

P.S. : Ce texte a été publié dans le Boletin de informacion de la CNT-AIT du 27 novembre 1936, en reprenant aussi quelques passages d’une traduction française éditée par la CNT-FAI à Barcelone en 1936 dans une brochure intitulée Buenaventura Durruti.

Les dernières heures de Puig Antich

Militant anarchiste du MIL (Mouvement ibérique de libération), Salvador Puig Antich est arrêté le 25 septembre 1973, quelques mois après l’autodissolution du MIL*. Lors de son arrestation, il est grièvement blessé à la tête. Un inspecteur de police, Francisco Anguas Barragán est tué dans la confusion (sans doute par un autre policier, Salvador n’étant pas en état de tirer). Le 7 janvier 1974**, la peine de mort est néanmoins requise contre le jeune militant, malgré d’évidents vices de forme. Ses camarades, jugés en même temps que lui, sont condamnés : José Luis Pons Llobet à trente ans de prison, son amie Maria-Angustias Mateos Fernandez, lycéenne de 17 ans, à cinq ans de prison. Partout en Europe (et jusqu’en Argentine), les démocrates se mobilisent pour demander leur libération. À Toulouse, des affrontements avec la police ont lieu devant le consulat espagnol. Malgré les nombreuses demandes de grâce, le Conseil des ministres présidé par Franco, ratifie la sentence qui est rapidement exécutée. Pendant ce temps, les médias espagnols s’intéressent au combat de boxe entre Urtain et King Roman…

Puig Antich, âgé de 26 ans, est exécuté par garrot vil (lace étrangleur), à la prison Modelo de Barcelone, le 2 mars 1974, même jour qu’Heinz Chez, un détenu de droit commun polonais, accusé d’avoir tué un garde civil. Puig Antich est l’ultime condamné garrotté par le régime franquiste. L’homme chargé de rédiger sa sentence de mort est Carlos Rey González, aujourd’hui avocat.

Une déclaration d’une des sœurs de Salvador Puig Antich : « Le procès fut une farce en uniforme militaire. Les papiers tombaient des mains des juges, qui s’endormaient. Salvador agonisa pendant vingt minutes. »

*MIL, Movimiento ibérico de liberación (Mouvement ibérique de libération).

En mars 1971, une brochure appelle au boycott des élections syndicales espagnoles ; elle est signée « 1000 ». La presse et la police, qui veulent absolument une signature, trouvent la signification des trois lettres MIL. Le mouvement se veut l’héritier des révolutionnaires espagnols de mai 1937. Il agit essentiellement dans le triangle Barcelone-Perpignan-Toulouse. Entre juillet 1972 et septembre 1973, le MIL passe à l’action et revendique une douzaine d’attaques de banques (actions appelées « expropriations ») en Espagne, pour alimenter les caisses des grévistes et pour imprimer leur presse. Son activisme est fait de réseaux, de brochures distribuées sous le manteau, de passages clandestins de la frontière… S’y ajoute une longue pratique de l’illégalité, devenue chez les Espagnols une seconde nature.

On a souvent réduit le MIL à une activité quasi terroriste, ou aux seules luttes de soutien à ses prisonniers, dont le plus connu est Salvador Puig Antich. Le mouvement s’auto dissout en août 1973.

**Il faut préciser que Luis Carrero Blanco (04/03/1903- 20/12/1973), amiral espagnol, homme d’état franquiste, président du gouvernement depuis le 9 juin 1973 vient d’être assassiné de façon spectaculaire par l’ETA (organisation basque de résistance au franquisme) le 20 décembre 1973. Le régime veut démontrer toute son autorité

La Nueve

https://fibabc.abc.es/cortos/la-nueve/?fbclid=IwAR2NlCrdpgmNf6u3nE2WPxmFhpAbdZ4nTlx-ijO_CBP3LifUbVB6Pwg2RWY&ref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com%2Fhttp%3A%2F%2Fm.facebook.com%2F

Sinopsis: Manuel se une a la Novena Compañía para salvar a su hija del París ocupado por los nazis. Inspirado en la historia real de la Novena Compañía, formada íntegramente por exiliados españoles, punta de lanza del ejército aliado en la liberación de Europa. www.la9.es

Duración: 13:59 min.

País de Producción: España

Reparto: Emilio Gutiérrez CabaCristina de InzaRamón ÁlvarezSamy Kalil
Guión: Daniel H. Torrado

Música: Carlos López Amor

Productora: Virtual World Pictures / Canary Film Factory

Distribución: Virtual World Pictures

Fecha de Estreno: 2018-10-06

Nacionalidad del director o directores: Español

Guerre d’Espagne Une passion française

La France a « l’Espagne au cœur » comme l’écrivait Pablo Neruda. La guerre civile espagnole (1936-1939) a profondément marqué notre pays où les enfants d’exilés ne cessent d’en porter la mémoire. Ce hors-série fait le point sur les travaux des historiens, romanciers et journalistes qui, d’un côté et de l’autre des Pyrénées, n’en finissent pas de revisiter l’histoire de ce conflit.

https://boutique.lemonde.fr/hors-series/le-monde-hors-serie-guerre-d-espagne.html