Archives de catégorie : Actualités

GUERRE A LA GUERRE !

Les organisations SUD/SOLIDAIRES 37, SUD Rail 37, Les Amis de Demain Le Grand Soir, Retirada 37 , NPA 37, MJCF 37 appellent les Tourangelles et les Tourangeaux à se réunir le 11 novembre lors d’un rassemblement qui se déroulera devant le parvis de la faculté de lettres de Tours, rue de Tanneurs, à 10 heures (entrée Thélème).

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Ce monde, malgré les douloureux exemples des deux premières guerres mondiales, est toujours un monde en guerre. La France est malheureusement bien placée dans cette course à l’horreur : Elle s’évertue à être dans le leadership des marchands de canons.

Au nom de considérations diplomatiques douteuses, elle intervient dans telle ou telle partie de la planète développant un chaos mondial dont les fondamentaux restent, derrière les discours lénifiants, la recherche effrénée du profit.

Sur tous les continents la guerre sévit, au profit des mafias locales et/ou des Etats nationaux et toujours au détriment des populations et des salariés.

Le douloureux exemple des demandeurs d’asile qui viennent se réfugier, par centaines de milliers, en Europe est là pour nous le rappeler au quotidien.
L’armée, quelle qu’elle soit, est l’école du crime. Il faut inlassablement le dire, le répéter et la combattre. C’est ce que nous ferons, avec « nos armes » (la parole, l’humour, le cri, etc.), le 11 novembre prochain.

Premiers signataires : SUD/SOLIDAIRES 37, SUD Rail 37, Les Amis de Demain Le Grand Soir, Retirada 37, Alternative Libertaire 37, NPA 37, MJCF 37…

Emilio Marco et ses compagnons de lutte

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¡ A Zaragoza o al charco !

Aragon 1936-1938. Récits de protagonistes libertaires

 

Les Giménologues et L’Insomniaque publient en 2016

« ¡ A Zaragoza o al charco ! » se lançaient les miliciens sur le front d’Aragon pour entretenir leur courage. Et cette formule [1], ils se la rappelèrent plus tard, dans les camps en France, nous disait un jour Emilio Marco, l’un des protagonistes de ce livre.

Le 18 juillet 1936, dans la capitale de l’Aragon, les jeunes libertaires comme Petra Gracia arpentent les boulevards en attendant de connaître l’attitude de la CNT-FAI face au soulèvement militaire prévisible. Le 19 juillet, Saragosse tombe aux mains des factieux.
La chute incompréhensible de la « perle anarchiste », encore retentissante de la motion sur le communisme libertaire adoptée au IVe congrès de la CNT en mai, est ressentie comme une catastrophe.
Le 24 juillet partent de Barcelone les miliciens de la « Primera columna », conduite par Buenaventura Durruti, puis ceux de la « Segunda columna », conduite par Antonio Ortiz, où Emilio Marco s’embarquera. Il combattra dans la centurie de Juan Peñalver, cénétiste de Sant Feliu de Llobregat.
Dans les quartiers ouvriers de Saragosse, les militants sont traqués et Florentino Galvàn se cache où il peut.

Alors que pour la plupart des libertaires, l’offensive pour reprendre Saragosse ne peut se dissocier de l’abolition du salariat et de l’argent, et de la mise en commun des terres, des outils et du travail, au niveau des Comités directeurs de la CNT et de la FAI on s’aligne sur l’antifascisme et l’on exige « que personne n’aille au-delà ».

Voilà le cœur de l’un des drames à plusieurs facettes qui se nouèrent dans la partie de l’Espagne restée républicaine. Mais avant que les mâchoires de la contre-révolution ne se referment sur les impatients du front et de l’arrière, une expérimentation aux dimensions historiques eut cours, un début de vie nouvelle fut savourée jusqu’à la dernière goutte, au sein de l’Aragon rural.

Miliciens catalans partant pour SaragosseAprès avoir accompagné les volontaires espagnols et internationaux de « la Durruti » dans le secteur de Pina, nous repartons en campagne au sud de l’Èbre, du côté de Belchite avec « la Ortiz ».
Et dans la continuité de À la recherche des fils de la nuit, nous tentons une fois encore d’articuler les histoires particulières et l’analyse des questions collectives.
Car cet ouvrage s’ancre dans les récits d’hommes et de femmes engagés dans les milices et dans les activités des collectivités aragonaises. Les rencontres qui se sont succédé après 2006 avec ces compañeros et compañeras – ou leurs enfants – représentent un petit miracle.

À Tours Engracia, fille de Florentino Galván [2], membre du Conseil d’Aragon, et Emilio Marco, milicien de la colonne Sur Ebro, ont sacrément animé notre soirée de présentation.
À Grenoble, Hélios se trouvait dans la même soirée que nous sur l’Espagne, et nous nous sommes « reconnus » au gré de nos interventions respectives. Il a lui-même rédigé l’histoire de son père Juan Peñalver [3], centurion d’Emilio (double surprise !).
Tomás Ibánez nous a dit un jour où nous étions au CIRA de Lausanne que sa mère Petra Gracia, fort âgée, n’arrêtait pas de lui parler (et pour la première fois) des terribles journées de l’été 1936 à Saragosse.
Après avoir lu l’édition espagnole des Souvenirs d’Antoine, Isidro Benet, un « ex » du Groupe international de la colonne Durruti, et son fils César, nous ont un jour contactés par mail depuis Valencia, histoire de savoir si les souvenirs du miliciano pouvaient nous intéresser…
Antoine et ses copains ont été un peu secoués en lisant dans « à la recherche des fils de la nuit » les noms de destacados anarchistes qu’avait bien connus son père, Manolo Valiña [4], lui-même ancien homme d’action de la CNT-FAI. Eux-mêmes avaient longtemps cherché à compléter son histoire.

Voilà que l’on pouvait encore approcher cette expérience de manière incarnée, avec des protagonistes du mouvement libertaire espagnol. Ce furent désormais les derniers témoins directs à nous avoir parlé aussi précisément, et avec toujours autant de passion, de ce moment fort de l’histoire.
Au fil des ans, nous avons régulièrement soumis à Emilio, Hélios, Petra, Isidro, Engracia et Antoine les nouvelles moutures des notices en cours de rédaction, jusqu’à la disparition des quatre premiers d’entre eux.
Nous saluons aussi au passage la mémoire de Josep Fortuny de Tarnac, et de Juan et María Gutiérrez de Banat, maintenant disparus.

Les récits de nos amis ont donc servi de matrice chronologique et événementielle que nous avons développée et recoupée à partir de ce que nous avons trouvé dans les centres d’archives, dans la presse des années trente, dans la documentation du mouvement libertaire espagnol, dans d’autres témoignages publiés ou non, et dans les travaux d’historiens ou de chercheurs amateurs.

Nous avons ajouté des développements de notre cru sur deux thèmes qui nous paraissent essentiels quand on se penche sur le processus révolutionnaire qui eut cours dans l’Espagne des années trente : le projet de société communiste libertaire, et la polémique, toujours entretenue aujourd’hui, sur une supposée cruauté spécifique des anarchistes espagnols.

Puisse cette mosaïque donner un peu à voir ce qui s’est joué au cours des luttes anticapitalistes dans les années trente en Espagne.

Le 24 avril 2016. Les Giménologues, Clermont-Ferrand, Lagarde, Marseille, Périgueux, Valbonnais.

 

 

[1« ¡ A Zaragoza o al charco ! » [À Saragosse ou à la mare !] est une expression célèbre tirée d’une historiette datant du XIXe siècle, destinée à illustrer l’opiniâtreté des Aragonais. Un Aragonais rencontre sur son chemin un curé qui lui demande où il se dirige. « À Saragosse », répond-t-il. Le curé rétorque « Si Dieu le veut », et l’autre lui répond : « Qu’il le veuille ou non, c’est à Saragosse que je vais. » Dieu apparaît à cet instant, et pour punir le récalcitrant il le transforme en grenouille et le jette dans une petite mare, où il croupit.
Longtemps après, il lui redonne sa forme humaine, et l’Aragonais reprend sa route.
Mais il croise à nouveau un curé qui lui pose la même question, et il lui répond : « Voy a Zaragoza… o al charco », car il n’est pas acceptable pour lui de dire « Si Dieu le veut. »
Devant une telle détermination, Dieu jeta l’éponge.
On comprend que cette fable au fond irrévérencieux à l’égard de la religion, et où l’individu s’affirme face à l’autorité suprême ait séduit les anarchistes, au point que, comme on le verra dans ce livre, l’un d’entre eux signait ses articles : « Uno del charco ».

[2Mort en 1966

[3Mort en 1983

[4Mort en 1976

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Conférence à Argenton-sur Creuse : l’exil républicain en France

ARGENTON WP_20160116_002ARGENTON SUR CREUSE 001De la part de Mar-y-Luz CARINO LOPEZ

Dans le cadre de l’Université Populaire d’Argenton-sur-Creuse (UPAC, 69 rue Auclert Descottes, 36200 Argenton-sur-Creuse, courriel : upopargenton36@orange.fr), une conférence est organisée  avec la participation de Geneviève Dreyfus-Armand :  « L’exil républicain espagnol en France : de l’histoire à la mémoire ».

Cliquez sur l’image.

Entrée : 2 € pour les adhérents, 5 € pour les non adhérents.

Maternité suisse d’Elne (66) : la mémoire retrouvée

Maternité suisse photoDe la part d’Alice CHANIOUX

LA MEMOIRE RETROUVEE

Autour d’une exposition au Musée Terrus d’Elne (Pyrénées Orientales) « Un berceau d’humanité au cœur de l’inhumain », une belle histoire racontée : celle de la maternité Suisse d’Elne, installée dans le château d’En Bardou (vieille famille roussillonnaise).

Ce lieu a d’ailleurs été classé monument historique pour que personne n’oublie le combat d’une femme : Elisabeth EIDENBENZ, membre du secours Suisse aux enfants d’Espagne, elle sera l’âme et la cheville ouvrière de ce lieu de vie et d’espoir.

Le maire d’Elne, lui même petit fils de Républicains Espagnols, outré par la façon dont la France avait « accueilli » ces réfugiés qui fuyaient l’Espagne fasciste de Franco, les rescapés de la Retirada, disait que pour beaucoup, la seule chose qui leur soit arrivé de bien en France, c’était leur passage à Elne car « la Republica volvia la espalda a la Republica »  (la République – française – avait tournait le dos à la République – espagnole).

C’est   lui qui a remué «  ciel et terre » pour que ce lieu soit restauré et cette histoire connue.

En effet, entre 1939 et 1944, durant 5 ans, 600 enfants de mères Républicaines (principalement) sont nés dans cette maternité, mères extraites des camps de prisonniers du sud (Rivesaltes, Le Barcarès, Argelés, Saint Cyprien) où elles survivaient à grand peine. En plus de ces naissances, un millier de femmes et d’enfants seront ici accueillis, dans un îlot de paix, échappant ainsi à l’horreur !

Un film de Frédéric Goldbronn a retracé cette histoire en 2002.

On peut retrouver également sur Wikipédia   « Mémoria   del exilio »,   une émouvante interview d’Elisabeth (en espagnol) qui est décédée en 2011.

La Reine Sophie d’Espagne a d’ailleurs décoré le maire d’Elne (en l’absence de l’héroïne), au nom de son pays, la Région ( la Provencia )de Catalogne en a fait de même !

La restauration de ce lieu est quasiment terminée.

Les enfants d’Elisabeth s’y retrouvent déjà avec leurs descendants car Elisabeth EIDENBENZ avait pris soin de photographier chaque enfant pour que les mamans aient un souvenir. Elle donnait un prénom espagnol aux bébés de mamans juives pour qu’ils échappent à la Gestapo, cela a failli lui coûter la vie !

Pour en savoir plus :

http://www.ville-elne.fr/fr/information/71625/la-maternite-suisse

http://www.racontemoilhistoire.com/2015/09/20/elisabeth-eidenbenz-maternite-suisse/

 

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