Les massacres oubliés de la guerre d’Espagne : « La carretera de la muerte »

Une information de Dolorès : conférences-débats le 25 avril 2015 à Toulouse.

Du 8 au 12 Février 1937 un massacre essentiellement de civils femmes, enfants, blessés et vieillards eut lieu sur la route qui menait de pauvres gens fuyant la répression franquiste  de Malaga à Almeria, route qui fut alors baptisée Carretera de la muerte. Tragique destin pour ces républicains espagnols désarmés qui, poursuivis par les unités de Queipo de Llano, le boucher de Séville puis de Malaga, seront bombardés par l’aviation et les navires des pays de l’axe. Les haines fascistes se déchaînant, bien qu’il y ait eu beaucoup plus de morts qu’à Badajoz ou qu’à Guernika ce massacre est à peine connu tant en France qu’en Espagne.

Espagne 36-39 les massacres oubliés

La Nueve le 21 avril à Tours

Le 24 août 1944, 150 soldats, républicains espagnols, de la France libre entraient dans Paris occupé, avec la 9ème compagnie de la 2ème Division Blindée de l’armée du Général Leclerc. Les blindés s’appelaient Guernica, Guadalajara, Ebro, Don Quichotte, Teruel…
Nous allons honorer le 21 avril prochain ces héros oubliés de la Nueve dans une rencontre avec Evelyn Mesquida. Elle dédicacera son livre qui sera en vente ce soir là.

Sur le site 24 août 1944 de nombeux articles vous informent sur cette période.

http://www.24-aout-1944.org/-Articles-presse-

Je vous invite aussi à regarder avec attention le documentaire « La Nueve ou les oubliés de la victoire » qui retrace à travers des témoignages émouvants ce grand moment de notre Histoire.

L’association Retirada 37 a été créée pour faire vivre l’action de ces républicains espagnols exilés en France : combattants de la Nueve et aussi les nombreux résistants espagnols en France qui ont combattu pour la Libération de notre pays.

La bête immonde ressurgit aujourd’hui en Europe, en France sous des formes qui se voudraient plus « civilisées ». Nous avons le devoir de les dénoncer, de les combattre avec la même force. Les républicains espagnols, mais aussi les Brigades Internationales nous ont appris que la lutte contre le fascisme, contre la barbarie nazie est universelle. A nous de perpétuer ces valeurs, ces mémoires.

NO PASARAN !

Qu’appelle-t-on « la retirada  » ?

la-foule-des-refugies-au-perthus-29-janvier-1939_451624_516x332 RETIRADA 1939 2 RETIRADA 1939Un peu d’histoire : la seconde République espagnole a été proclamée à la suite des élections municipales d’avril 1931. Le roi Alphonse XIII abandonne Madrid et part en exil sans avoir abdiqué. Ce fut la fin de la dictature monarchique espagnole (1923-1930).

En juillet 1931, la gauche espagnole a donc le pouvoir de transformer par voie législative l’ordre social et économique du pays, et de moderniser l’Espagne.

Malheureusement, compte tenu notamment de la complexité de la société espagnole et des divergences entre les différents acteurs politiques (anarchistes, communistes, socialistes, droite modérée), et malgré les nombreuses réformes progressistes mises en place, les espoirs suscités par ce régime républicain seront partiellement déçus .

Néanmoins, les élections du 16 février 1936 ont vu la victoire du Frente Popular (front populaire espagnol).

Mais le coup d’état de juillet 1936 mené par le général Franco plongera l’Espagne dans une guerre civile au cours de laquelle Hitler et Mussolini apporteront un soutien militaire décisif aux franquistes et qui s’achèvera le 1er avril 1939, après avoir provoqué l’exil de près de 500 000 républicains espagnols majoritairement vers la France, pour échapper à la féroce répression des franquistes.

Cet exil sera par la suite appelé « retirada » en espagnol et catalan .

D’autres partiront vers l’Afrique du nord et certains pays d’Amérique latine, notamment le Mexique et le Brésil.

  • Pour en savoir plus, on peut par exemple se reporter notamment aux sites suivants :

http://www.histoire-immigration.fr/des-dossiers-thematiques-sur-l-histoire-de-l-immigration/la-retirada-ou-l-exil-republicain-espagnol-d-apres-guerre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Retirada

  • ainsi qu’au livre de Geneviève ARMAND-DERYFUS : « L’exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco ». (Editions Albin Michel).

 

Mémoires d’un homme d’action

Juan_García_OliverJUAN GARCIA OLIVER : L’écho des pas
Enfin traduit en français, le livre/épopée des mémoires de Juan Garcia Oliver
640 pages – 25 €

L’écho des pas est resté jusqu’à ce jour inédit en français. A sa parution originale en espagnol en 1978, « le pavé de Garcia Oliver -650 pages- y produisit quelques effets, dont l’irritation ne fut pas le moindre. C’est que le bonhomme avait l’avantage d’exaspérer d’abord les siens, et ce depuis longtemps » comme l’écrit Freddy Gomez qui signe la préface de cette édition française.
Quand il proposa au Plenum du 23 juillet 1936 que la CNT prenne tout le pouvoir en Catalogne, Garcia Oliver ne fut pas suivi. Seul le canton du Bas Llobregat vota pour sa proposition. C’est le ralliement à l’idéologie de front républicain qui prévalut…
Pour Garcia Oliver, tout s’est joué ce 23 juillet. « Je n’en revenais pas. C’était le Plénum de fédérations locales et cantonales le plus insolite. Des délégués convoqués dans l’urgence et ignorant ce dont on allait parler dans cette assemblée, venaient d’adopter des positions qui jetaient par terre tous les accords fondamentaux de la CNT ignorant les aspects les plus élémentaires de son histoire d’organisation fortement influencée par le radicalisme anarchiste (…) écrit-il .
Le témoignage de celui qui fut, depuis 1919, un des hommes clé de la CNT, tour à tour garçon de café, organisateur de syndicats, homme d’action revolver au poing et… ministre de la justice est incontournable(…)

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Il s’agit des mémoires parues en 1978, inédites en Français de celui qui « n’a pas voulu occulter tout ce qui jusqu’alors avait été censuré même par les propres anarchistes ou traité de façon obscure dans l’histoire de la CNT. En définitive, il ne se tait pas pour critiquer les mythes et les martyrs de l’anarchisme. »

(extrait de Solidaridad Obrera n° spécial 2007)

Pourquoi créer une association sur la RETIRADA ?

Pourquoi créer une association concernant des évènements qui se sont déroulés il y aura bientôt 80 ans ?

La guerre civile espagnole (1936-1939) s’est terminée par une tragédie pour les Républicains espagnols qui se battus contre les rebelles franquistes, soutenus de façon décisive par les fascismes allemand et italien (Hitler et Mussolini).

Non seulement, les Républicains ont perdu la guerre mais de plus, celle-ci a provoqué un exil massif, la retirada en espagnol, de près de 500 000 personnes, principalement vers la France via la frontière pyrénéenne, et vers l’Afrique du nord. Certains pays d’Amérique latine ont également accueilli une partie de ces réfugiés.

Au-delà des raisons de la défaite, ces républicains se sont battus pour défendre un régime politique, la République, qui devait apporter aux espagnols une meilleure existence, de la justice, l’éducation pour tous, la culture pour tous, bref des valeurs progressistes qui nous semblent tellement évidentes aujourd’hui et qui sont tout le contraire de ce que toute dictature apporte.

Ces Républicains ont perdu mais faut-il pour autant oublier leur combat ?

Pour leurs descendants, parfaitement intégrés dans la société française, la réponse est évidemment NON.

Pour ceux qui ne sont pas d’origine espagnole mais qui sont sensibles aux valeurs progressistes et qui s’intéressent à cette période cruciale pour l’Espagne et pour l’Europe, la réponse est également NON.

Alors, oui, une telle association est utile et nécessaire afin de contribuer à la transmission auprès d’un large public et notamment des jeunes générations, de la mémoire, des mémoires de cette tragédie, et des valeurs progressistes de ceux qui l’ont vécue, valeurs universelles et d’actualité permanente.

Georges Pares

Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés

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