« L’AFFAIRE Michel del Castillo », UNE CAMPAGNE DE PROTESTATION CONTRE LES MAISONS DE REDRESSEMENT ESPAGNOLES (1957-1959)

 

 

En 1957, Michel del Castillo publie son premier roman, Tanguy, dans lequel il raconte les trois années d’horreur qu’il a passées dans la principale maison de redressement barcelonaise, l’Asilo Durán. La parution de l’ouvrage en France entraîne la naissance, en Espagne, d’une campagne de presse aigüe et circonscrite dans le temps (hiver 1958-1959). Ce mouvement de protestation est impulsé par une avocate féministe et pourtant proche du régime franquiste,  Mercedes Fórmica ; cette dernière donne la parole à del Castillo ainsi qu’à des spécialistes réformistes de l’enfance irrégulière, qui critiquent vigoureusement des méthodes et des établissements qu’ils jugent archaïques. Unique dans l’histoire de la prise en charge de l’enfance irrégulière en Espagne de 1939 à 1975, cette « affaire del Castillo » fait grand bruit mais n’a qu’une postérité limitée. Elle contribue cependant, à plus long terme, à noircir l’image déjà sombre des maisons de redressement espagnoles et de la plus sinistre d’entre elles, l’Asilo Durán.

Source :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01213457/document

 

La critique que dresse Michel del Castillo de l’Asilo Durán s’articule, autour de quatre points : la faim, le travail, la violence et la sexualité.

 

Tanguy 

 

 

Courant 1955, un jeune homme ténébreux et timide de vingt-deux ans apporte son manuscrit aux éditions Julliard. Il n’est en France que depuis peu. Le texte qu’il a écrit, Tanguy, du nom de son personnage central, est à la fois terrible et bouleversant. Terrible par ce qu’il raconte : l’histoire d’un enfant perdu dans les guerres, interné dans des camps, abandonné par sa mère et repoussé par son père ; bouleversant par la simplicité de la forme narrative, par l’absence de haine, par la tristesse désespérée du ton. A l’état civil, l’auteur s’appelle Michel Janicot, né de père français et de mère espagnole. Il a vu le jour à Madrid, où il est resté jusqu’à l’âge de cinq ans. Ensuite, il a vécu en France, puis, après le départ de sa mère — il avait alors neuf ans —, il a été emmené en Allemagne, où il a été détenu dans divers camps de concentration. Il a été renvoyé en Espagne après la seconde guerre mondiale et il y a séjourné, d’abord à Barcelone, dans une maison de redressement pour fils de républicains et jeunes condamnés de droit commun, dont il s’est évadé ; ensuite à Ubeda, dans un orphelinat tenu par des jésuites ; puis à nouveau en Catalogne et en Aragon. Sa langue quotidienne, celle de ses lectures, de ses études, de sa vie ordinaire, est l’espagnol. Pourtant, lorsqu’il se met à écrire, il le fait en français. En revanche, il abandonne son patronyme français pour signer du nom espagnol de sa mère : del Castillo. Lorsque Tanguy paraît, deux ans plus tard (1957), l’accueil est unanime. Un écrivain est né.

Tanguy est bien plus qu’un premier roman réussi, traduit dans le monde entier et désormais prescrit dans les écoles, c’est un livre fondateur, la pierre sur laquelle Castillo va bâtir son œuvre. Tout l’univers de l’écrivain y est inscrit plus ou moins explicitement. Tous les thèmes qu’il développera de livre en livre, jusqu’à aujourd’hui, y sont abordés. Lors de la réédition de Tanguy aux éditions Gallimard, Castillo commente ainsi son projet implicite d’alors, dont il n’a pris conscience qu’en continuant à creuser le pré carré de sa mémoire : « Je ne romançais pas ma vie, je biographais le roman. » Castillo n’écrit pas pour raconter ni se raconter, il écrit pour comprendre, pour que les mots lui donnent cette cohérence indispensable que la vie lui a toujours refusée. De l’écriture comme art de recoller les morceaux. Morceaux d’existence, certes, mais surtout morceaux de soi. L’œuvre de Castillo est une lente et patiente reconstruction de l’homme. Il faut la lire comme on regarde les fragments reconstitués d’une mosaïque qui, malgré des trous, des blancs, finissent par recomposer un paysage. Ici, le paysage est intérieur, et c’est celui d’un homme.

Partant, la démarche du romancier consiste à reprendre les uns après les autres les personnages et les lieux qui sont à l’origine de sa vie et de ses bouleversements. A mener l’enquête, à chercher derrière les figures plus ou moins familières, derrière les souvenirs et les apparences, quelque chose qui n’est pas la vérité — qu’est-ce que la vérité ? —, mais qui, dans la logique du roman, s’approche de la vraisemblance. Dans L’Adieu au siècle, journal de l’année 1999, écrit pour les éditions du Seuil, Castillo écrit : « Autobiographie ? Ecrire la vie de soi. Le mot s’applique mal. Quelle vie aurais-je pu écrire quand j’ignorais ce que j’avais vécu ? Je ne dis pas la vérité, je la fais. »

Faire la vérité. On peut lire cette phrase de bien des manières. Prenons-en deux, qui sans cesse cohabitent dans l’œuvre de Castillo : inventer la vérité ou faire la lumière sur la vérité.

Quelles que soient les métamorphoses qu’il fait subir à son personnage, Castillo ne traque qu’une seule et même vérité, la sienne. Qu’ils s’appellent Jean-Pierre Barjac dans Une Femme en soi, Alain Mavon dans Le Démon de l’oubli, Sandro dans La Gloire de Dina, Xavier dans Rue des archives, ils sont tous frères et étrangement jumeaux, à la recherche d’une enfance perdue, d’une mère défaillante, d’une identité. Ils veulent comprendre pour pouvoir vivre ou mourir, et pour cela ils doivent élucider le mystère de leur génitrice.

Car la mère est la figure centrale, celle autour de laquelle tout tourne, ou plus exactement celle à cause de qui le monde s’est un jour arrêté de tourner. Qu’il la nomme Dina, Fina ou Candida, elle est celle que l’enfant aime passionnément, dont il partage parfois la couche, dont il attend, seul et dans l’angoisse, le retour dans une chambre obscure, une salle de cinéma, une salle de classe, alors qu’à l’extérieur le monde est hostile et menaçant. Passion amoureuse d’un gamin sans père présent pour celle qui, séductrice plus que mère, veut être admirée par les yeux de « son petit homme ». La crainte est toujours présente qu’elle ne revienne pas, qu’elle se perde, qu’on l’emmène. De fait, un jour, la mère disparaît. L’enfant a neuf ans. Plus rien ne lui importe que ce sentiment de vide qui l’habite. Il n’existe plus. En un sens, il est mort et il le restera jusqu’au jour où, par l’écriture, il renaîtra des cendres de sa vraie vie. Janicot est né en 1933, Castillo en 1957. Il est le fils de ses livres. Partant, hors des livres, point de salut.

La lecture, les livres, le besoin de lire sont indissociables de la figure de la mère. Livre fondateur, mythique, qui résume à lui seul tous les livres lus dans l’enfance et ceux écrits à l’âge adulte : Les Mille et une nuits. A l’âge de six ans, le jeune Michel reçoit en cadeau Les Mille et une nuits. Soixante ans plus tard, il écrit dans L’Adieu au siècle : « J’étais ébloui. Je fus encore plus bouleversé par la cause de ces récits fabuleux. Une nuit après l’autre, la jeune favorite sauvait sa tête en récitant ses fables ; de mon côté j’écoutais sa voix alors que je sentais partout autour de moi planer la menace de la mort. Elle parlait pour retarder sa mort et je lisais pour survivre » (c’est moi qui souligne). Plus tard, Castillo écrira à son tour pour survivre.

On ne peut pas lire l’œuvre de Castillo sans regarder du côté de ses lectures. A défaut de foyer, il a une bibliothèque ; à défaut de parents, il a des amis, des compagnons d’encre et de papier. L’image de Shéhérazade, envoûtante et fragile, se superpose volontiers à celle de sa mère qui, elle aussi, journaliste et républicaine dans l’Espagne franquiste, se bat avec des mots. La narratrice des Mille et une nuits et Fina-Dina-Candida ont en commun le courage, la conscience du pouvoir de la fiction, le sens des mots.

Michèle Gazier.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Gazier

 

Source de l’article :

Gazier Michèle, « Michel del Castillo. L’écriture, c’est la vie », Études, 1/2001 (Tome 394), p. 93-101.

http://URL : http://www.cairn.info/revue-etudes-2001-1-page-93.htm

 


 

Article similaire en espagnol 

Tanguy. Historia de un niño de hoy.

Autor: Michel del Castillo

Título: Tanguy. Historia de un niño de hoy

Edita: Ikusager. Vitoria-Gasteiz, 2004

En 1957, Michel del Castillo escribe Tanguy, una novela de carácter autobiográfico donde relata la vivencia de bandono y desarraigo de un niño en el marco de la Guerra Civil Española, la Segunda Guerra Mundial y la posguerra en la España franquista.

Todo empieza cuando Tanguy tiene que huir a Francia con su madre desde Valencia, en el momento en que el ejército rebelde está muy cerca de entrar en la ciudad. Llegados a Francia, la madre lo abandona y el padre, que ha iniciado otra relación, no se hace cargo de él. Tanguy es detenido y concentrado en el tristemente famoso Velódromo de Invierno (estadio donde el régimen colaboracionista de Vichy encerró en 1942 a unas 7000 personas que, posteriormente, serían deportadas a los campos de concentración nazis). Es enviado a un campo de concentración y después de una estancia de tres años en él, es devuelto a España, donde lo internan en el asilo Toribio Durán de Barcelona. La estancia en esta institución representa una experiencia dramática por la crueldad del sistema asilar. Huye hacia Madrid y, finalmente, termina en Úbeda, en otra institución que, pese a seguir un modelo tradicional de protección, es donde por primera vez encuentra a alguien que realmente se preocupa de él. Después de la estancia en Úbeda regresa a Barcelona y, finalmente, a Francia donde reencuentra al padre y a la madre, con los que mantendrá unas dificiles relaciones. A pesar de no ser específicamente una novela pedagógica, tiene suficientes elementos para ser leída en clave de la educación social. Básicamente, podemos remarcar los siguientes aspectos:

 

En primer lugar, el análisis de la vida institucional de los centros de protección de la España franquista. En principio, se presentan dos modelos. Por un lado, la vertiente más dura, represiva, siniestra y antieducativa representada en la permanencia en el asilo Toribio Durán (y que también ha sido muy bien representada en clave humorística por los cómicos de Carlos Jiménez en la serie Paracuellos del Jarama).

 

La rééducation des jeunes déviants dans les maisons de redressement de l’Espagne franquiste (1939-1975), page 293. Cf infra.

 

La segunda está representada por la estancia en Úbeda, donde se aplica un modelo tradicional pero respetuoso con el interno al que realmente se le da apoyo para que pueda iniciar una vida lo más autónoma posible. Las dos instituciones están muy contrastadas y muestran claramente las dos caras del modelo tradicional de protección.

En segundo lugar, en esta obra pueden analizarse las características de la relación educativa. Mientras que en el asilo Durán ésta es prácticamente inexistente (si pensamos estrictamente en acciones educativas), en Úbeda, Tanguy recibirá el apoyo del padre Pardo, un jesuita que lo orientará en el proceso de tomar decisiones para orientar su vida. La relación que establecen se basa en el respeto, en la no imposición, en la orientación y en la comprensión que el adulto es capaz de hacer respecto a los sufrimientos del adolescente. También es el reconocimiento consciente de las limitaciones de las instituciones: « me hubiese gustado poderte ofrecer más. Pero esto, pese a todo, sólo es un colegio. Tú necesitabas un hogar, un verdadero hogar… i Y yo tengo que ocuparme de todos! . Mientras que en el primer recurso Tanguy termina huyendo, del segundo marchará con el soporte de la institución.

En tercer lugar, es interesante analizar el sentimiento de desarraigo y soledad del protagonista. Los diferentes personajes que desfilan por la vida del protagonista van desapareciendo de forma absoluta. Su amigo Fermín, el padre Pardo, Sebastiana… todos van quedando atrás, perdidos en el pasado. Tanguy es un ser solitario que no tiene ataduras. Sabe relacionarse con las personas (no es un antisocial) pero su lógica vital es la soledad. Además, es joven, pero anifiesta una especie de cansancio existencial profundo. Como le dice el padre Pardo (que irónicamente explica que su mejor amigo es Filiston, un esqueleto que tiene en su despacho), « lo que hace envejecer una persona, tenla por seguro, son los adioses; cuantos s adioses has dado durante tu vida más viejo eres. Envejecer es dejar a alguien o algo

Te sentirás viejo… Quizá no te entenderán del todo ». La vida de Tanguy es una permanente separación, una pérdida constante que seguramente le hace adoptar una posición de observador distante de las personas, como si fuera un mecanismo de protección frente a estas rupturas (como el protagonista de la novela de Delibes, La sombra del ciprés es alargada, cuando afirma que lo mejor para no perder es no llegar a tener).

Seguramente, éste es un aspecto muy interesante de tener en cuenta en el trabajo educativo con personas vulnerables; analizar hasta que punto las experiencias más traumáticas de exclusión social posibilitan o impiden el desarrollo del sentimiento de prosocialidad, más allá de lo más simple estar correctamente socializado.

Como se puede ver, Tanguy puede leerse en clave literaria pero también se puede leer en clave pedagógica. De hecho, aun siendo una obra relativamente desconocida en nuestro país, en otros países ha sido un texto utilizado en la ormación de los educadores y educadoras.

Jesús Vilar Educación Social 34

 

 

PHOTOS DE L’ASILE DURÁN, Barcelone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pour approfondir :

La rééducation des jeunes déviants dans les maisons de redressement de l’Espagne franquiste (1939-1975).

Thèse d’Amélie Nuq, soutenue en 2012. Université Aix-Marseille. Directeur de thèse : Gérard CHASTAGNARET

 

Ce travail de thèse porte sur le destin des enfants et des adolescents envoyés en maisons de redressement (reformatorios) de 1939 à 1975. Il confronte la norme produite par l’État franquiste en matière de déviance juvénile aux réalités de la prise en charge des mineurs dans trois institutions particulières : l’Asilo Durán de Barcelone, la Colonia San Vicente Ferrer de Valence et, dans une moindre mesure, la Casa tutelar San Francisco de Paula de Séville. L’histoire heurtée et le caractère archaïque des reformatorios révèlent les carences de l’État espagnol (manque structurel de moyens, place considérable de l’Eglise catholique). Dans le domaine de la prise en charge de la déviance juvénile, le franquisme n’invente rien ou presque : il se contente d’abroger les réformes limitées mises en place par la Seconde République pour en revenir au dispositif de la Dictature de Primo de Rivera. Les pensionnaires de maison de redressement sont internés pour deux motifs principaux : le vol et l’indiscipline. Ils ne viennent pas majoritairement de quartiers populaires dans lesquels une population ouvrière est installée depuis longtemps : c’est plutôt le déracinement, lié à la guerre et aux mutations profondes de la société espagnole, qui provoque la fragilité et favorise la déviance. Il apparaît que les enfants de « rouges » ne représentent qu’une minorité des pensionnaires de l’Asilo Durán et de la Colonia San Vicente Ferrer. Néanmoins, les reformatorios constituent un des maillons de la chaîne répressive, de contrôle social et de bienfaisance mise en place par la dictature franquiste avec l’appui de l’Eglise catholique.

https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01213642/document

LES INTELLECTUELLES EUROPÉENNES ET LA GUERRE D’ESPAGNE : de l’engagement personnel à la défense de la République espagnole.

 

Allison Taillot est agrégée d’espagnol et maîtresse de conférences à l’université Paris- Ouest- Nanterre- La Défense.

Ouvrage remanié à partir de sa thèse soutenue en 2012. Présidente du jury : Mercédès Yusta Rodrigo.

 

La défense de la République espagnole pendant la guerre d’Espagne (1936-1939) a constitué un point de cristallisation de l’engagement des intellectuels européens et un catalyseur de la mobilisation des femmes en faveur d’un régime qui leur avait reconnu des droits dans la Constitution de 1931. A la croisée de ces deux communautés, seize femmes se sont impliquées dans cet épisode majeur de l’histoire européenne du XXème siècle en apportant leur soutien actif au gouvernement républicain. En mettant en regard ces huit Espagnoles (Rosa Chacel, Ernestina de Champourcin, Carmen Conde, María Teresa León, Concha Méndez Cuesta, Margarita Nelken, Isabel Oyarzábal de Palencia et María Zambrano) et ces huit étrangères (Valentine Ackland, Agnia Barto, Nancy Cunard, Clara Malraux, Anna Sehers, Sylvia Townsend Warner, Andrée Viollis, Simone Weil), cette thèse prétend mettre au jour des personnalités et des trajectoires individuelles méconnues – voire inconnues – et apporter sur le conflit un éclairage nouveau. A travers la prise en compte des prémices de leur engagement commun contre le fascisme entre 1936 et 1939, l’analyse de leur contribution directe à l’effort de guerre et l’étude de leur participation à la défense de la culture, il s’agit de montrer que la guerre d’Espagne fut pour toutes un espace d’affirmation et de revendication d’elles-mêmes comme femmes, comme antifascistes et comme femmes de lettres.

Dans ce sens, nous tenons ici à préciser et à justifier la composition de notre panel en termes de nationalité. Il nous a semblé judicieux, dans un souci de cohérence, de nous concentrer sur des femmes issues du continent européen. Nous n’inclurons par conséquent pas l’Argentine Delia del Carril (1884-1989), les Mexicaines Blanca Lydia Trejo (1906-1970) et Elena Garro (1920- 1998) ou encore la Franco-cubaine Anaïs Nin (1903-1977) dont la présence en territoire républicain ou parmi les signataires de manifestes favorables au gouvernement légal a néanmoins retenu notre attention et que nous projetons d’étudier dans l’avenir.

Les femmes sélectionnées pour la thèse sont originaires de cinq pays : l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’URSS. Comme nous aurons l’occasion de l’expliquer plus en détails dans le premier chapitre de la thèse, huit sont Espagnoles :

Isabel Oyarzábal de Palencia (1878-1974)

 

Margarita Nelken (1894-1968)

 

Rosa Chacel (1898-1994)

 

Concha Méndez Cuesta (1898-1986)

María Teresa León (1903-1988)

María Zambrano (1904-1991)

 

Ernestina de Champourcin (1905-1999)

 

Carmen Conde (1907-1996)

 

Les huit autres sont étrangères : les Anglaises

Sylvia Townsend Warner (1893-1978)

 

Nancy Cunard (1896-1965)

 

Valentine Ackland (1906-1969) – il s’agit bien d’elle –

 

les Françaises :

Andrée Viollis (1870-1950)

 

Clara Malraux (1897-1982)

 

Simone Weil (1909-1943)

 

l’Allemande Anna Seghers (1900-1983)

 

et la Russe Agnia Barto (1906-1981).

 

Cette répartition n’est pas anodine. Elle témoigne d’une part de la prépondérance logique des Espagnols parmi les intellectuels mobilisés.

 

 

Avant-Propos

Table des sigles et des abréviations

Introduction

Les prémices de l’engagement

Introduction
Les origines
Formation et premières préoccupations

Le choix de l’écriture dans les années 1920
L’écriture : vocation ou fruit des circonstances ?
Les premières œuvres
Sociabilité, stimulation intellectuelle et visibilité

Les premières causes défendues
La condition féminine
Les opprimés
De la paix à l’antifascisme
Vers une définition de l’intellectuel(le)

L’effort de guerre

Introduction

La lutte au front
Les intellectuelles européennes et la lutte armée
Les « faits d’armes » des intellectuelles européennes
Le front : espace de transgression et de révélation pour les intellectuelles

La lutte à l’arrière
Les victimes et les blessés
Les enfants
Les civils

Les intellectuelles européennes et la mobilisation antifasciste
Les outils oraux de la mobilisation antifasciste
Les outils écrits de la mobilisation antifasciste

La défense de la culture

Introduction

Le combat pour la culture
La protection de la culture
La promotion de la culture
La culture en termes de représentation

Le IIe Congrès International des Écrivains pour la Défense de la Culture (juillet 1937)
Origine, antécédents et organisation du Congrès
Le Congrès comme acte de solidarité : mythe ou réalité ?
Les interventions à la tribune des intellectuelles déléguées
La tribune comme espace de transition du politique à l’esthétique

Le Congrès de Valence dans les écrits de la guerre des intellectuelles
Le Congrès de Valence dans les écrits de presse des intellectuelles européennes
Le Congrès de Valence dans les poèmes des intellectuelles européennes
Le Congrès de Valence dans la prose de fiction
des intellectuelles européennes

Conclusion

Sources bibliographiques
Archives
Presse
Bibliographie

Éditeur Presses universitaires de Paris Nanterre

Livre broché
Nb de pages 324 p. Bibliographie . Notes .
ISBN-10 2840162342
ISBN-13 9782840162346
 Version en pdf :

https://bdr.u-paris10.fr/theses/internet/2012PA100184_diff.pdf

 

La route du massacre Malaga-Almeria

Jean-Louis San Roman, fier que des français se soient mobilisés pour cet hommage,  a voulu que cet article soit publié sur le site.
Andrés Torrico Alvarez a partagé la publication de Málaga Republicana sur la page Facebook de l’ASEREF

Llegada anoche a Málaga del colectivo de hijos e hijas del exilio que desde Francia vienen a participar en la marcha de homenaje a las víctimas de la masacre de la carretera de Málaga-Almería del próximo sábado.

Arrivée hier soir à Malaga du collectif des fils et filles de l’exil qui depuis la France viennent pour participer à la marche d’hommage aux victimes du massacre de la route de Málaga-Almería du samedi suivant.
Marcha homenaje a las víctimas de la masacre fascista en la Ctra. Málaga-Almería
C’est une belle galerie de photos à visionner en allant sur le lien suivant !!!
https://photos.google.com/share/AF1QipMozbICyUli5zQiJ9v-ciYSQO_3Mo0z2tp6bh7isM44M0w2BIFPsK5jJkPTxwhi9Q?key=emFVWXFVemdObGgydFdvc2hZZW5lY2NfWGNneW5B

CANCIÓN DE LOS REFUGIADOS

 

Chanson écrite par les réfugiés du camp d’Argelès-sur-Mer, archives de M. Vincent Arbiol. Des variantes existent, v. notamment Serge Salaün, Les voix de l’exil. La poésie espagnole en France : 1938-1946, in Pierre Milza; Denis Peschanski (sous la direction de), Italiens et Espagnols en France, 1938-1946, Paris, IHTP, 1992, p.424 ; v. également Max Aub, Manuscrit corbeau, Narbonne, Mare Nostrum, 1998 (1ère édition 1955), pp. 93-95.

 

Nul doute que ces paroles, crues sous tous les aspects, aient été écrites par des hommes. Des hommes en souffrance et en désespérance..

La chanson :

 

CANCION DE LOS REFUGIADOS

Somos los tristes refugiados
a este campo llegados
después de mucho andar,
hemos cruzado la frontera
a pie y por carretera
con nuestro ajuar

Mantas, macutos y matelas
dos latas de conservas
y algo de humor,
es lo que hemos podido salvar
después tanto luchar
contra el fascio invasor.

Y en la playa de Argelès sur Mer,
nos fueron a meter
¡ pa no comer!

Y pensar que hace tres años
España entera
era una nación feliz,
libre y prospera;
abundaba la comida,
no digamos la bebida,
el tabaco y el “parné”.

Había muchas ilusiones
la paz en los corazones
y mujeres a granel…
Y hoy, que ni cagar podemos
sin que venga un “Mohamet”,
nos tratan como a penados
y nos gritan los soldados…
¡ Allez!… Allez!

Vientos, chabolas incompletas,
ladrones de maletas,
¡ arena y mal olor!
mierda, por todos los rincones,
sarna hasta los cojones,
¡ Fiebre y dolor!
Y alambradas para tropezar,
de noche al caminar
buscando tu “chalet”
y por todas partes donde vas,
te gritan por detrás…
¡ Allez!… ¡ Allez!…
Y si vas al “barrio chino”,
estas “copado”,
Te quedas sin un real…
¡ y cabreado!

Tres cigarros mil pesetas
y en el juego no te metas
porque la puedes “palmar”
y si tu vientre te apura
y a la playa vas, oscura,
te pueden asesinar…
En mal año hemos venido,
no sabemos ya que hacer,
cada día sale un “bulo”
y al final de dan por el c…

¡ Allez!… ¡ Allez!…

 

CHANSON DES REFUGIES

Nous sommes les tristes réfugiés
Dans ce  camp  arrivés
Après avoir beaucoup marché
La frontière avons passé 
A pied et par la route
Avec notre balluchon.

Couvertures, sac à dos et matelas,
Deux boites de conserve
Et un peu d’humour,
C’est tout ce que nous avons pu sauver
Après tant de lutte
Contre l’envahisseur fasciste.

Et ils nous ont parqués sur la plage d’Argelès-sur-Mer
Sans rien à bouffer!

Et dire qu’il y a trois ans
L’Espagne était un pays heureux, 
libre et prospère ;
La nourriture était bonne, 
sans parler des boissons, 
du tabac et du pognon.

Nous avions tant de rêves,
La paix dans nos cœurs
Et des femmes à gogo…
Et maintenant, on ne peut même pas aller chier
Sans qu’un « Mohamed »
Ne nous traite comme des condamnés
Et que des soldats nous crient
Allez, allez !!

Vent, cabanes délabrées,
Voleurs de valises,
Le sable et les odeurs insupportables !
De la merde partout,
La gale jusqu’aux cou...,
Fièvre et douleur !

Les barbelés qui s’accrochent
La nuit quand tu cherches ton « pavillon »,
Et où que tu ailles
On te crie par derrière
Allez, allez !!

Et si tu vas au "quartier chinois",
T'es foutu
Tu t'retrouves sans un sou
T'es emmerdé !


Trois cigarettes mille pesetas,
Ne te lance pas dans les jeux
Parce que tu peux passer l'arme à gauche, 
Et si ton ventre a des besoins
Ne t'aventure pas sur la plage obscure
Car tu te fait trucider...


Nous ne sommes pas venus au bon moment,
On ne sait pas quoi faire, 
Chaque jour un ragot
Et à la fin tu l'as dans le c...
Allez, allez !!



 

 

Source :

La liberté d’expression dans les camps de concentration français : le cas des réfugiés espagnols en 1939. Dossier de recherche DEA de Valérie Lanier, sous la direction de M. Rafaël Encinas de Munagorri
Séminaire de Droit et Histoire, Droit de la personne et Protection de l’Humanité, Mention Sciences Politiques, Université de Bourgogne, 2000. Texte en pdf :

http://credespo.u-bourgogne.fr/images/stories/liberte_expression_camps_%20concentrationfranais_camps_%20rfugies_espagnols_1939%20.pdf

QUI A FINANCÉ LE COUP D’ÉTAT DU 18 JUILLET 1936 ?

Un ouvrage de l’économiste Ángel Sánchez Asiaín, La financiación de la Guerra Civil española (Crítica), 1 328 p, publié en 2013, récompensé par le Prix National d’histoire de l’Espagne, met au jour les différentes sources de financement de coup d’état qui a ensanglanté l’Espagne pendant trois ans.

On peut citer :
– Juan March, le plus connu, banquier, homme le plus riche d’Espagne qui aurait fourni un milliard de pesetas et quinze millions de livres sterling. Il a facilité également l’achat de pétrole via la compagnie américaine Texaco.
– Le président du Portugal Salazar a permis le transfert d’armes mais aussi l’octroi de crédits bancaires.
– La députation de Navarre par un impôt de guerre à hauteur d’environ quatorze millions de pts.
– Des dons de richissimes carlistes.
– Le conservateur catalan Francesc Cambó, fondateur de la Ligue Regionaliste Catalane, a collecté 410 millions de pts ainsi que des crédits à hauteur de 35 millions de dollars.
– D’importantes familles juives de Melilla.
– L’Italie fasciste pour une valeur d’environ sept milliards de lires, essentiellement en matériels de guerre .
– L’Allemagne nazie, qui estime à 372 millions de marks la dette espagnole ainsi qu’à 99 millions de marks le coût de la Légion Condor. Un accord signé en 1941 permet à l’Espagne de rembourser en nature par des minerais, huile, oranges, etc.
– Une holding d’entreprises portugaises pour 175 000 livres sterling prêtés à 5,5%.
– La Compagnie Générale des Tabacs des Philippines pour un million de dollars sans intérêts.
– La banque anglaise Kleinwort, Sons and Co, un crédit de 800 000 livres à 4% puis un autre de 1, 5 millions à 3%.
– La Société de Banque Suisse, un million de livres sterling.
– La Caixa Geral de Depósitos, entité bancaire portugaise à hauteur de cinquante millions d’escudos.
– Un consortium de banques italiennes pour un crédit de 125 millions de lires puis 300 millions.

Adolf Hitler y Benito Mussolini prestaron dinero a los franquistas para que ganaran la Guerra Civil

Adolf Hitler y Benito Mussolini prestaron dinero a los franquistas para que ganaran la Guerra Civil

MADRID.- El 18 de julio de 1936 se produjo un golpe de Estado militar contra el Gobierno de la II República, cuya legitimidad procedía de las urnas, que condujo a España a una brutal y sanguinaria Guerra Civil. Y este es un dato clave e imposible de pasar por alto: el conflicto estalla y España se desangra durante tres largos años porque un grupo de militares con el apoyo de civiles monárquicos y de la Italia de Mussolini, entre otros, deciden dar un golpe de Estado para imponer su voluntad por encima de las urnas.

Pero un golpe de Estado no se perpetra de la noche a la mañana. Y sobre todo, un golpe de Estado no triunfa sin un apoyo financiero sólido detrás tanto para el armamento necesario, el mantenimiento de las tropas y, sobre todo, el sostenimiento del nuevo Estado que nace después de una Guerra Civil tan devastadora como la que sufrió España.

El economista, banquero, marqués y un sinfín de epítetos más José Ángel Sánchez Asiaín (Barakaldo, 1929) publicó en 2013 la obra La financiación de la Guerra Civil española (Crítica), que, además de ser premiada con el Premio Nacional de Historia de España de ese año, recoge al detalle los apoyos económicos y financieros que obtuvieron por un lado los golpistas del 18 de julio, y, por otro, una vez comenzada la Guerra Civil, los respaldos financieros que obtuvo la República y los franquistas. 

Prácticamente nadie salvo la URSS y de una manera muy discreta Francia se atrevió a comerciar con la República

En este sentido, cabe destacar que una de las principales conclusiones que se puede obtener de la detenida lectura de la obra es que prácticamente nadie salvo la URSS y de una manera muy discreta Francia se atrevió a comerciar con la República ya sea por miedo al comunismo o a los aliados nazi-fascistas. Mientras que, por otro lado, el golpe de Estado que provocó la Guerra Civil y que tuvo su única justificación en la consigna de « salvar a España » estuvo financiado prácticamente en su integridad por capital extranjero que impuso altos intereses. Por lo que el autodenominado Movimiento Nacional no era tan Nacional como alardeaba.

Cuando se cumplen 80 años del golpe de Estado militar que arrastró a España a la Guerra Civil, Público recupera la obra de Sánchez Asiaín poniendo el foco en aquellos países, bancos y personajes que financiaron el golpe de Estado del 18 de julio y que le dieron soporte financiero en sus primeros meses, a pesar de haber fracasado en buena parte del territorio y de saber que ese dinero estaba destinado a la destrucción del país. 

Juan March

El banquero y contrabandista Juan March, cuya familia sigue disponiendo de una amplia fortuna, era el hombre más rico e influyente de la España de 1936 y no tuvo ningún reparo en financiar todo tipo de acciones para socavar la República. Primero, alentando la « conspiración ». Después, facilitando medios para que la rebelión fuera una realidad en 1936 y,  posteriormente, siendo generoso con su dinero especialmente en los primeros momentos a la hora de financiar la compra de todo tipo de material de guerra.

 

Juan March

Es imposible cuantificar cuánto dinero puso March a disposición de los militares sublevados. Las cifras de historiadores y periodistas han oscilado entre los mil millones de pesetas y los 15 millones de libras esterlinas más la financiación de buena parte de la intervención italiana en Mallorca. De cualquier modo, sí está claro que ya March en los primeros días del golpe de Estado puso a disposición del general Mola 600 millones de pesetas de la época a través de una cartera de Valores. Así, también pagó el alquiler del avión inglés que llevó a Franco de Canarias a Marruecos y en avalar cuantos créditos fueran necesarios para la causa franquista, no sin antes establecer unos intereses beneficiosos para él y sus socios.

El banquero, asegura la obra de Sánchez Asiaín, también se ocupó de dar solución a una cuestión de tanta importancia para un conflicto militar como el suministro y financiación del petróleo que utilizó el llamado ‘Gobierno de Burgos’. March ofreció las garantías suficientes a la empresa norteamericana Texaco para financiar los primeros envíos de petróleo a los sublevados, que dejaron de suministrar petróleo a la República, a pesar de los acuerdos firmados con ésta. El autor, además, añade: « No está documentado pero parece también claro que España recibió petróleo de Portugal siendo también March el financiador de esas compras ». 

El dinero de Juan March también sirvió para sufragar las escuálidas arcas de Falange. El propio José Antonio Primo Rivera había afirmado en 1934 que « uno de los primeros actos del Gobierno de la Falange será colgar al multimillonario contrabandista Juan March« . Sin embargo, 1936 el dinero de March ya fluía en las arcas revolucionarias de los falangistas, primero a disgusto de José Antonio y después con su aprobación.

La Portugal de Salazar

Escribe Sánchez Asiaín que « la ayuda de Portugal a la sublevación fue realmente importante y generosa. Aunque dada la limitación de recursos que Portugal disponía, esa ayuda fue, en su volumen y regularidad, muy inferior a la ayuda prestada por italianos y alemanes« . La importancia de la ayuda de Portugal fue que se produjo en los primeros días del golpe cuando los sublevados estaban en una situación de inferioridad.

Antonio de Oliveira Salazar

El país luso se convirtió, de hecho, en el receptor formal de armas por cuenta de Franco. El país pasó de prácticamente no existir en la lista de receptores de armas a ocupar el tercer lugar mundial en la lista de clientes de la industria bélica de la Alemania nazi y la primera europea. El apoyo fue clave para salvar el pacto de no-intervención y como retaguardia de apoyo logístico ya que servía de comunicación de la zona franquista, que había quedado partida en dos tras el fallido golpe de Estado.

La obra acredita además que el gobierno de la dictadura portuguesa puso a disposición de los franquistas todo tipo de recursos financieros, créditos de bancos portugueses y una amplia protección política y diplomática. « Así, queda constancia de que en 1937 y desde el Banco Espíritu Santo de Lisboa se comunicaba a 37 representantes diplomáticos españoles que les remitían unas determinadas cantidades económicas ».

La Diputación Foral de Navarra

Navarra gozaba de un régimen foral que otorgaba a la Diputación Foral el control económico y fiscal del territorio. El economista y banquero acredita que la Diputación Foral de Navarra mantuvo una « importante, generosa y constante ayuda institucional a los sublevados ». El mismo 24 de julio de 1936, el general Mola dio orden a la Diputación para que le habilitara un crédito por dos millones de pesetas para hacer frente a los gastos originados por « el movimiento emprendido para salvar España », crédito que posteriormente sería liquidado sin ser abonado.

La Diputación de Navarra también creó una serie de impuestos de guerra que sirvieron para recaudar 13.942.813 pesetas que fueron puestos a disposición de la « causa nacional ». Este dinero sirvió para, entre otras cosas, adquirir aviones para la defensa de Pamplona, cancelar el crédito a Mola, poner un coche blindado a disposición de Franco, motocicletas para el general Varela, una pensión de 1.840 pesetas a las hijas de Mola para gastos educativos o el pago de la factura de 4.700 pesetas presentada por el Colegio de Arquitectos vasco-navarro por la confección del proyecto del chalet para la viuda del General Mola.

Carlistas

Otra importante fuente de financiación de la sublevación fueron los donativos que hizo un grupo muy selecto de carlistas, económicamente bien situados, entre los que pueden citarse Joaquín Baleztena, Miguel María Zozaya y Fernando Contreras. Pero lo que constituyó una excepcional fuente de financiación, explica el autor, fue el sistema regular de cuotas que los carlistas tenían establecidos desde 1934, de acuerdo con el cual todos los afiliados debían pagar al « Tesoro de la Tradición » una suma, « por lo menos igual a la pagada en imposición directa al Estado ».

Francesc Cambó

Francesc Cambó

El político catalán, cofundador y líder de la Liga Regionalista, descrito por Romanones como « el mejor político del siglo XX », ayudó a recaudar en el extranjero 410 millones de pesetas para financiar la sublevación de los militares golpistas. Asimismo, avaló o ayudó a conseguir créditos que pudieron ascender a 35 millones de dólares.

Aportaciones judías

A pesar de las amenazantes frases lanzadas en Radio Sevilla por Queipo de Llano, las grandes familias judías de Melilla « destinaron cuantiosas sumas de dinero a la causa rebelde ». Franco, que estaba gestionando créditos con la banca judía de Tetuán y Tánger, se vio obligado a desautorizar estas emisiones antisemitas y el 15 de agosto de 1936 dirigió una carta al Consejo Comunal Israelita de Tetuán pidiéndoles que no prestarán atención alguna a las emisiones antisemitas.

La Italia fascista

El autor argumenta que hay dos tipos de razones que justifican la ayuda de Mussolini a los franquistas con la intensidad con la que lo hizo. Unas son razones de tipo político y económico, y se refieren a la voluntad de Mussolini de dominar como fuera el Mediterráneo y, en todo caso, impedir su bloqueo mediante un pacto hispano-francés. Las otras se refieren a la creencia de Mussolini de que su misión en la Historia era luchar contra el comunismo. « En todo caso, también influyó el hecho de que España ofrecía un buen campo de experimentación para el nuevo armamento », añade el autor.

El Gobierno italiano propuso fijar en 5.000 millones de liras la deuda total del Gobierno español por suministro de material de guerra de todas clases

Más allá de la cuantiosa ayuda militar que Italia destinó a España en forma de aviones Savoia y cazas Fiat, armas y militares de las que el historiador Ángel Viñas ha dado buena cuenta, cabe destacar que una vez acabada la guerra, representantes italianos y españoles, valoraron que el total del crédito que Italia había puesto a disposición de los golpistas ascendía a 6.926 millones de liras.

No obstante, el Gobierno italiano, mucho más generoso que el alemán, propuso fijar en 5.000 millones de liras la deuda total del Gobierno español por suministro de material de guerra de todas clases y diferentes gastos hechos hasta el 31 de diciembre de 1939. El resto quedaba condonado.

La Alemania nazi

El proceso oficial de petición de ayuda de los sublevados a Alemania comenzó el 21 de julio de 1936, cuando Franco, tratando de llegar a Hitler de la forma más directa posible y rápida, recibió a Johannes Bernhard, del que se sabía que estaba en condiciones de contactar con facilidad y sin trámites administrativos con el dictador nazi.

Cuando la petición de ayuda llegó a Hitler, los ministros del Aire, Goering, y de Guerra, Blomberg, animaron a Hitler a prestar ayuda e involucrarse en la operación tanto « por simpatía hacia sus planteamientos anticomunistas, como para utilizar el conflicto español como un laboratorio para mejorar las técnicas de los ejércitos alemanes ». Goering también recordó a Hitler que, a cambio de los aviones, Alemania podría obtener de España los minerales que tanto necesitaba.

Adolf Hitler

Adolf Hitler

De tal manera que la intervención alemana en la Guerra Civil española, dice el autor, no puede entenderse sin tener en cuenta la política de aprovisionamiento de materias primas, especialmente de minerales aplicados a las necesidades de la guerra. Sobre esta base, los rebeldes firmaron con Hitler el 20 de marzo de 1937 un Protocolo de Amistad. Las operaciones entre ambos países durante la guerra fueron múltiples, todas con « olvido sistemático » de las opiniones españolas imponiéndose en todo momento el deseo alemán.

Una parte considerable de la deuda que España contrajo con Alemania fue pagadas por compensación, es decir, con exportaciones españolas a Alemania, sobre todo de minerales. Una vez terminada la guerra Alemania fijó la deuda en 372 millones de marcos, incluyendo el coste de la Legión Cóndor, que los alemanes cifraron en 99 millones de marcos.

No obstante, la dictadura de Franco y la de Hitler jamás llegaron a un acuerdo para calcular el importe de la deuda aunque sí que encontraron una solución política de entendimiento mutuo para demorar el problema. Esta solución fue firmada en 1941 y permitía a los alemanes hacer compras en España sin pagar su importe. « Y minerales, aceite y naranjas, entre otras cosas, fueron enviados a Alemania sin generar divisas para la economía española », añade el autor.

Sociedade Geral de Comércio, Industria e Transportes Limitada

Este holding de empresas portugués dispuso de un crédito de hasta 175.000 libras esterlinas para los golpistas el 8 de agosto de 1936 con un interés del 5,5% anual.

Compañía General de Tabacos de Filipinas

Dispuso un crédito de un millón de dólares, ampliado en 200.000 dólares más. Fue otorgado el 22 octubre de 1936. Sin intereses.

Kleinwort, Sons & Co

El banco inglés otorgó un crédito de 800.000 libras con una remuneración del 4% anual el 15 de septiembre de 1937. Apenas un mes después, la misma entidad concedió otro crédito de hasta 1.500.000 libras esterlinas con un interés del 3% anual.

Société de Banque Suisse

Concedió otro crédito de hasta un millón de libras esterlinas el 20 de octubre de 1938.

Caixa Geral de Depósitos

La entidad bancaria portuguesa concedió un crédito hasta el límite de 50 millones de escudos portugueses el 28 de febrero de 1939 con un interés del 4% anual.

Consorcio bancos italianos

Independientemente de la ayuda prestada por el Estado italiano, un consorcio de bancos italianos que presidía el Banco de Italia, con la colaboración de los bancos Hispano Americano y Español de Crédito puso a disposición de los sublevados un crédito de hasta 125 millones de liras el 20 de noviembre de 1937 alcanzando un total de 300 millones de liras en 1939.

ALEJANDRO TORRÚS

Source :

http://www.publico.es/politica/financiadores-del-golpe-da-inicio.html

 

 

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