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INAUGURATION D’UN JARDIN EN L’HONNEUR DE « LA NUEVE » A MADRID : LA VIDEO.

On remarquera en particulier la présence de Rafael Gómez (et de son fils Jean-Louis) le dernier survivant de La Nueve  ; de l’écrivaine Almudena Grandes ; d’Anne Hidalgo (discours) ; de Manuela Carmena (discours) ; de Pablo Iglesias et de Íñigo Errejón de Podemos ; Evelyn Mesquida auteure de l’ouvrage de référence sur La Nueve ; Colette Dronne, fille du commandant de La Nueve  et Mar y Luz Cariño López, vice présidente de notre association Retirada 37 dont le papa commanda le char « Guernica » de La Nueve.

Luisa Royo dépose dans le colombarium du cimetière de La Almudena les cendres de son père, Luis Royo, décédé l’an dernier.

Un hommage très émouvant.

 

Source :

Á PROPOS DES PHOTOS DU CAMP DE MAUTHAUSEN, ANTONIO GARCÍA ET FRANCISCO BOIX : QUELQUES VERITES.

Merci à Véronique Salou Olivares pour ces précisions en réponse à notre article :

PARÍS DARÁ EL MAYOR RECONOCIMIENTO AL FOTÓGRAFO DE MAUTHAUSEN

 

Juste dire qu’au-delà de tous les mérites et les risques pris par Francisco Boix pour collecter ce témoignage précieux de photos et les sortir du camp ou les cacher dans le camp, il n’était pas seul. Il a beaucoup oeuvré pour ce devoir collectif de résistance et de survivre. Mais son décès très jeune en a fait un martyr idéal pour ceux qui voulaient créer une figure « d’Épinal » pour la résistance du camp, et pour cause il ne pouvait plus rien dire.
Antonio Garcia Alonso par son fils Claude : (extraits)

Lorsque Boix arrive à L’Erkennungsdienst (labo photo du camp de Mauthausen) il y a déjà une résistance organisée au sein de ce Kommando:
« Six déportés travaillaient au labo photo en mai 1941 : un socialiste autrichien, Hans, était le Kapo; un jeune républicain espagnol, Antonio García Alonso, ( N°4665) travaillait depuis début mai au labo photo; Stefan Grabowski, le « Polonais rouge », qui avait combattu en Espagne dans les Brigades internationales, Miroslav Lastowka, un autre Polonais ; Johann Gralinski ; enfin un autre Espagnol, Ruiz.
Antonio García s’est vite rendu compte que Grabowski, responsable avant son arrivée du développement, tirait clandestinement un sixième exemplaire de certaines photos et cachait cette collection dans le labo. Il continua lui-même ce travail qui, découvert, leur aurait valu une mort atroce, et a probablement mis de côté quelques clichés de la visite de Himmler du 31 mai. Fin 1942, García demanda un assistant, étant donné la surcharge de travail due aux arrivées massives de déportés, et proposa à Paul Ricken (adjudant SS responsable du labo) un nom, choisi en fait par les dirigeants clandestins à Mauthausen du parti communiste espagnol : un autre Catalan, Francesc Boix Campo, appelé couramment Francisco Boix. en 1944, arriva dans le service photo un dernier Espagnol : José Cereceda.
Trois déportés étaient au courant de la collection secrète : Grabowski, mort fin 1944, García et Boix. Très malade, García fut hospitalisé au Revier (hôpital) de février à mars 1945. À son retour, la collection, d’environ 200 clichés, avait disparu de sa cachette. Boix, devenu dans l’intervalle Kapo du labo (mais il le nia au procès de Nuremberg), finit par dire à García l’avoir remise aux dirigeants communistes clandestins, qui l’avaient dispersée et camouflée dans le camp. Après le suicide de Hitler le 30 avril, annoncé à la radio le lendemain, le commandant de Mauthausen ordonna à Paul Ricken de détruire l’ensemble des négatifs et des photos de l’Erkennungsdienst, pour effacer les traces de l’esclavage et de la barbarie à l’oeuvre dans le camp. García et Boix réussirent alors à soustraire encore des négatifs et des photos.
L’organisation clandestine espagnole avait, quelques semaines avant, décidé de faire sortir du camp les clichés cachés depuis quatre ans, grâce à deux jeunes communistes catalans, Jacinto Cortés et Jesús Grau, qui portaient chaque jour ses repas à un Kommando d’Espagnols travaillant au village de Mauthausen. Ils avaient sympathisé au fil des mois avec Anna Pointner, une habitante voisine du chantier, qui accepta de dissimuler les photos dans une lézarde du mur de son jardin. Et le 5 mai, donc, le camp fut libéré.

Boix, apparemment, récupéra le lot de clichés et l’emporta en France où il travailla pour la presse communiste : le 1er juillet, l’hebdomadaire Regards publia 21 des photographies ; le 1er août, le quotidien Ce soir leur consacra un numéro spécial. En 1946, Boix s’attribua le mérite d’avoir sauvé 20 000 photos… Mais « sa » collection fut éclatée : García récupéra certains tirages, Boix en vendit à des agences de presse, notamment tchèques, avant sa mort survenue en 1951, à l’âge de 31 ans, de tuberculose – il est enterré au cimetière parisien de Thiais. Boix devint ensuite un héros porté par la mémoire du Parti communiste espagnol, clandestin sous Franco, et du PCF. García, lui, soupçonné de sympathies trotskystes, n’a pas bénéficié de la même valorisation. L’historien américain David Wingeate Pike, qui a très longuement interviewé García, décédé en 2000, a réhabilité aujourd’hui son rôle dans la soustraction et le sauvetage des photos.

NDLR : Les restes Francisco Boix seront tranférés au cimetière du Père Lachaise à Paris lors d’une cérémonie prévue le 16 juin 2017.

 

Antonio Garcia Alonso :

Né le 19 mai 1913, à Tortosa, province de Catalogne, décédé le 10 juillet 2000. Il écrivit sur le bulletin de la FEDIP sous le pseudonyme de « Juan de Portado ». Au camp il fut très actif dans son kommando le Erkennungdiens, service anthropométrique des prisonniers, pour collecter les preuves des assassinats. (informations données par sa femme Odette) Matricule N° 4665.
Des photos SS présentées comme preuves aux procès de Nuremberg et Dachau
Francisco Boix fut le seul Espagnol appelé à témoigner devant le tribunal militaire international de Nuremberg, les 28 – le même jour que Marie-Claude Vaillant-Couturier – et 29 janvier 1946. Six photos apportées par Boix furent projetées devant le tribunal et versées au dossier des preuves. Dans sa déposition, il certifia, par le biais des photos développées et tirées à l’Erkennungsdienst, la présence de Kaltenbrunner (en compagnie de Himmler) et de Speer (en mars 1943) lors de visites officielles de Mauthausen ou de l’annexe de Gusen – alors que les deux accusés niaient connaître le camp. C’était là la raison d’être de la comparution de Boix, cité comme témoin de l’accusation par Charles Dubost, procureur adjoint de la délégation française.
C’est à Dachau qu’eut lieu, du 7 mars au 13 mai 1946, le procès de 61 responsables, médecins, gardes et Kapos du camp de Mauthausen. Ils furent jugés par un tribunal militaire américain, bien que Mauthausen fît partie de la zone d’occupation soviétique : c’était en effet l’armée américaine qui avait libéré le camp. Francisco Boix témoigna de nouveau, le 11 mai, et fournit 30 photographies qui furent versées au dossier d’accusation comme preuves.

Mémoires Partagées, Association 1901
62 rue du 11 Novembre, 91600 Savigny sur Orge,

http://www.24-aout-1944.org/

 

 

PARÍS DARÁ EL MAYOR RECONOCIMIENTO AL FOTÓGRAFO DE MAUTHAUSEN

Le cercueil de Francisco Boix sera transféré du cimetière de Thiais (Val de Marne) à celui du Père Lachaise à Paris. Un hommage lui sera rendu en présence d’Anne Hidalgo et de Ramiro Santisteban dont le père fut sauvé de la mort à Mauthausen par Francisco Boix.

La cérémonie aura lieu le vendredi 16 juin à 13h30.

Sa reconnaissance officielle est tardive mais bien méritée. Il est méconnu en Espagne.

Photographe espagnol interné au camp de Mauthausen, Boix a réussi à sauvegarder 2000 clichés qui ont servi de preuves au procès de Nuremberg (il est le seul témoin espagnol au procès). Des photos montrent une visite de hauts responsables nazis dont le chef du Bureau de la Sécurité du Reich, Ernst Kaltenbrünner. Celui-ci avait  pourtant nié avoir visité le camp… Il avait probablement perdu la mémoire, mais les victimes, elles, ne peuvent oublier.

Au cimetière du Père Lachaise reposent  également Juan Negrín López dans la 88e division et, dans la 97e division, en face du Mur des Fédérés, sont inhumés plusieurs participants de la Guerre d’Espagne, espagnols et étrangers, notamment membres des Brigades Internationales, à proximité du tombeau de Francisco Largo Caballero.

Cette même 97e division accueille le Mémorial des Espagnols morts pour la Liberté (environ 35 000 dont 10 000 déportés, principalement à Mauthausen, de 1939 à 1945). Erigé à l’initiative de la Fédération Espagnole des Déportés et Internés Politiques, ce Mémorial est aujourd’hui la propriété de l’Etat Espagnol.

Il doit de ce fait être considéré comme un monument national espagnol.

 

Sa biographie en français :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Boix

 

París dará el mayor reconocimiento al fotógrafo español de Mauthausen
Los restos de Francesc Boix serán trasladados al Père Lachaise, el cementerio más conocido de la capital francesa

Al acto asistirá la alcaldesa de la ciudad y el deportado Ramiro Santisteban, a cuyo padre salvó Boix de la muerte en el campo de concentración de Mauthausen

El fotógrafo catalán organizó el robo de las fotografías que probaban los crímenes cometidos por los SS y testificó en los Juicios de Núremberg

Carlos Hernández

eldiario.es
07/04/2017

 

Francesc Boix fotografiado en Mauthausen / MHC (Fons Amical de Mauthausen)

MÁS INFO (véase eldiario.es)
• « Si los españoles terminaron en Mauthausen fue gracias al cuñadísimo Serrano Súñer »
• Un convoy de 22 españoles acabó en Mauthausen porque Buchenwald no era lo bastante duro

 

 

El viaje de Eugenio Sánchez a la cámara de gas nazi

 » Boix merece un monumento. Tenía la cara más dura que el cemento, pero ayudaba todo lo que podía en el campo de concentración ». Quien así habla es Ramiro Santisteban, un cántabro que sobrevivió a Mauthausen y que aún puede contarlo. A sus 95 años de edad la memoria a corto plazo le juega malas pasadas, pero lo que no olvida son los casi cinco años que pasó en el infierno de los campos nazis junto a su hermano Manuel y a su padre, Nicasio.
« Mi padre era mayor y si hubiera trabajado mucho tiempo en la cantera de Mauthausen habría muerto como tantos otros. Yo quería colocarle en la cocina, pelando patatas, y Boix lo hizo posible. Él tenía buena relación con algunos SS porque les conseguía cosas en el mercado negro del campo. Coincidió que sorprendieron a un cocinero alemán robando un salchichón; así que le mandaron a la cantera y mi padre cubrió su hueco pelando patatas. Eso le salvó la vida y fue gracias a Boix », recordaba Ramiro con los ojos enrojecidos por la emoción.
El viejo luchador de Laredo tiene previsto desafiar una vez más a sus achaques para asistir en primera fila al gran homenaje que París prepara al fotógrafo de Mauthausen. En el mediodía del próximo 16 de junio, los restos mortales de Francesc Boix serán trasladados desde su humilde tumba de la necrópolis de Thiais hasta un privilegiado sepulcro del Père Lachaise, el cementerio de las celebridades de la capital francesa.
Reposar en este lugar no es una posibilidad al alcance de cualquiera porque simboliza el más alto reconocimiento de la ciudad. Buena prueba de ello será la presencia de la alcaldesa, Anne Hidalgo, de la asistencia de representantes del Gobierno central y de los honores de Estado con que contará la ceremonia.
Este apoyo institucional no ha sido espontáneo, sino que es fruto del intenso trabajo realizado durante años por la Amicale de Mauthausen de París. Desde su sede central en la capital francesa, se realizó una colecta popular para sufragar los gastos del traslado y se negoció hasta la saciedad con el Ayuntamiento parisino para conseguir ayudas, permisos y hasta su implicación directa en el evento. « Es un mérito de toda la asociación », afirma una de sus dirigentes, que insiste en no ser identificada para no apropiarse de un éxito que, asegura, « tiene muchos nombres ».

Photos et vidéos. Sur la première vidéo, à 2’20“, on assiste à son témoignage – en français – au tribunal de Nuremberg. Des images peuvent choquer :

https://alchetron.com/Francisco-Boix-762703-W

 

Ramiro Santisteban estuvo casi cinco años compartiendo cautiverio en Mauthausen / Carlos Hernández

 

Olvidado en España, reconocido en Francia

Analizando el simbolismo del acto, Juan Ocaña, hijo de un deportado español superviviente de Mauthausen, afirma que este reconocimiento a Francesc Boix tiene dos lecturas: « En clave francesa es un paso extraordinario porque, tras la guerra, De Gaulle ocultó el decisivo papel que los republicanos españoles habían jugado en la Resistencia y también el sufrimiento de miles de ellos en los campos nazis. Si Boix fuera francés, tendría desde hace muchos años una estatua en París. Esa injusticia, poco a poco, se va corrigiendo y ahora este acto servirá para poner en primer nivel la figura de ese gran hombre. En clave española, el acto creo que dejará más en evidencia al Estado español que sigue ignorando a todos estos hombres y mujeres que lucharon contra el fascismo ».
Otros hijos y nietos de compañeros de Boix en Mauthausen también se preguntan por qué no tiene una estatua en Madrid, Sevilla o Barcelona. Su vida, que muy pronto se convertirá en película, atravesó dos guerras. En la de España trabajó como fotógrafo en las filas republicanas; en la europea apenas pudo hacer nada antes de ser capturado por las tropas nazis y deportado a Mauthausen. Fue en este campo de concentración donde el catalán escribió sus páginas más gloriosas.
Los SS aprovecharon su experiencia como fotógrafo para colocarle como ayudante en el laboratorio fotográfico. Allí, junto al también español Antonio García, empezaron a robar copias y negativos en los que se veían los crímenes cometidos en el campo. Boix organizó un plan para sacar del recinto ese material con la ayuda de tres jóvenes prisioneros españoles: Jacinto Cortés, Jesús Grau y José Alcubierre. El paquete acabó en las manos de una vecina del pueblo de Mauthausen, simpatizante antifascista, que lo guardó hasta el final de la guerra.
Tras la llegada de las tropas estadounidenses, Boix recuperó los negativos que acabarían siendo exhibidos en los Juicios de Núremberg en los que se juzgó a la cúpula del régimen nazi. El fotógrafo catalán fue el único español que testificó ante ese histórico tribunal, armado con sus fotografías.

 

Monumento a las víctimas de Mauthausen en el cementerio de Père Lachaise / Carlos Hernández

 

Además de todo tipo de crímenes, en las imágenes se veía a algunos de los jerarcas nazis recorriendo Mauthausen. Entre ellos estaba el Jefe de la Oficina de Seguridad del Reich, Ernst Kaltenbrünner, que había negado previamente haber visitado el campo de concentración. El general de las SS enmudeció al verse en las fotos exhibidas por Boix. Meses después pagaría sus crímenes en la horca.
Boix volvió a testificar en el juicio de Dachau en el que comparecieron algunos de los responsables nazis que dirigieron Mauthausen. La tuberculosis y otras secuelas que le dejó el campo le acompañaron hasta su fallecimiento, el 7 de julio de 1951. Estaba a punto de cumplir los 31 años de edad. Sesenta y seis años después, sus restos mortales realizarán un último viaje hacia el cementerio de las celebridades.

 

Morada de personalidades, lugar de conmemoraciones

Una de las calles del gigantesco Père Lachaise está dedicada a recordar a las víctimas de los campos de concentración nazis. En medio de un conmovedor silencio y entre los árboles, se alza un monumento por cada campo. Esqueléticas figuras de bronce arrastran un carro con un compañero muerto para conmemorar el sufrimiento en Auschwitz III; dos grandes manos, atadas, recuerdan a las mujeres cautivas y asesinadas en Ravensbrück; un agónica figura, acarreando una piedra por una inacabable escalera, representa el sufrimiento vivido por los deportados de Mauthausen.
Este cementerio es el más visitado del mundo y es la última morada de cientos de celebridades históricas como Molière, Georges Bizet, Frédéric Chopin, Marcel Proust, Oscar Wilde o más contemporáneas como Jim Morrison o Édith Piaf. El que fuera presidente de la República española, Juan Negrín, y la mítica fotoperiodista Gerda Taro, colega y compañera de Robert Capa, también descansan en un rincón de sus más de 40 hectáreas. Difícil imaginar un lugar mejor para que reposen los restos mortales del fotógrafo de Mauthausen.

 

Source :

http://www.eldiario.es/sociedad/Ciudadanos-Gobierno-Francesc-Boix-Mauthausen_0_634487443.html

Camp d’internement de Gurs, en Béarn : un documentaire à voir en replay

« Gurs, un silence assourdissant » a été diffusé lundi 24 avril 2017. Un documentaire sur ce sombre pan de l’histoire, à revoir en replay

« Gurs, un silence assourdissant » a été diffusé lundi 24 avril 2017 sur France 3. Ce documentaire de 52 minutes revient sur ce sombre pan de l’histoire française.

Le camp de Gurs, situé près de Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques), est créé en janvier 1939, après la débâcle des Républicains espagnols face aux troupes du Général Franco.

Des Républicains espagnols, des membres des brigades internationales sont placés dans 428 baraques, organisées en 13 îlots ceinturés de barbelés.

L’enfer de Gurs

Au début de la Seconde Guerre mondiale, « le camp s’ouvre, et la plupart des Espagnols décident de partir […] Le camp se dégrade […] Il doit être détruit. Mais les événements se précipitent. La IIIe République agonise, la France capitule […] Le camp de Gurs est une aubaine pour les autorités. Gurs devient une prison, ou plutôt un enfer », relate le documentaire.

« De 1939 à 1945, 60 000 personnes sont internées au camp de Gurs. Après les Espagnols, des opposants politiques, des réfugiés ayant fui l’Allemagne, des Tziganes, des homosexuels, mais en majorité des Juifs. »

Dans l’un des plus grands camps d’internement de France, 1074 personnes perdront la vie, selon l’historien, Claude Laharie.  « A Gurs, on ne meurt pas de torture, on ne meurt pas parce que l’on vous fait mourir. On vous laisse mourir ».

Les déportations des prisonniers débuteront l’été 1942.

Le camp sera dissout le 31 décembre 1945. Dans les mois qui suivront, une forêt sera plantée à la place. Il faudra attendre plusieurs années pour que l’histoire refasse surface.

Le documentaire, à revoir ici, en replay :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/emissions/les-documentaires-en-aquitaine/gurs-silence-assourdissant-film-ne-jamais-oublier-1240321.html

 

Source :

http://www.sudouest.fr/2017/04/25/video-camp-d-internement-de-gurs-en-bearn-un-documentaire-diffuse-sur-france-3-3395654-4693.php

HOMENAJE A MAX AUB

L’Institut Cervantes rend un hommage à Max Aub, grand écrivain connu en particulier pour sa série de six romans sur la guerre d’Espagne et ses lendemains « El laberinto mágico » – « Le labyrinthe magique ». Ces ouvrages sont édités en français aux éditions « Fondeurs de briques ». Un homme d’exception.

« Je retournerai en Espagne. Même poussière j’y retournerai ».

 

Immeuble situé au 3 cité de Trévise, Paris 9è.

En français :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Aub

 

HOMENAJE A MAX AUB
“A España volveré. Hecho polvo, pero volveré”

El Instituto Cervantes inaugura la exposición ‘Retorno a Max Aub’, recorrido por la vida y obra creativa de una de las figuras clave de nuestra literatura. Nómada por obligación, ‘outsider’ por vocación, su legado se mantiene vigente.

 

Retrato de Max Aub en su despacho de Radio UNAM. México, 1962. (Foto: Ricardo Salazar. Fundación Max Aub)

 

MADRID
19/04/2017 20:21 Actualizado: 20/04/2017 07:00
JUAN LOSA
@jotalosa

 

Ni francés ni alemán ni mexicano ni judío, a Max Aub solo le quedaba ser español a “destiempo”, de una época desvanecida, como ya sabía y por eso anotó en su diario: “Soy un turista al revés: vengo a ver lo que ya no existe”. Lo escribió durante su primera visita a España después de treinta años de ausencia, y lo que encontró, sobra decir, fue desolador.
Nómada por obligación. El eterno judío errante de nuestra literatura nació en París en el seno de una familia judía alemana. Fue la Primera Guerra Mundial la que hizo que creciera en Valencia y, de rebote, la que nos brindó una de nuestras mayores —y más sui generis— figuras literarias. “Yo no contaba, tan de viaje siempre…”, llegó a escribir, colmado de nostalgia. Su periplo vital le convirtió en un outsider,ajeno a los principales focos culturales de la época, pero al mismo tiempo valorado y referenciado por ellos.
“No fue el mejor novelista de sus años, ni el mejor dramaturgo, ni el mejor crítico, ni el mejor ensayista, ni el mejor diarista, ni por supuesto el mejor poeta de su contexto… y, sin embargo, tal vez con la excepción insuperable de su admirado Juan Ramón Jiménez, seguramente no hay un escritor más completo y sólido entre la nómina del exilio republicano español”, explica el profesor y crítico literario Domingo Ródenas de Moya en el libreto de la exposición.
Y no es para menos, basta un recorrido por Retorno a Max Aub para evidenciar la naturaleza insólita de su talento. Como explica Juan Marqués, poeta y comisario de la exposición, “la obra de Aub es un laberinto divertido pero también desgarrador, a veces rudo y a menudo sensible, hecho de violencia y de poesía”. Fiel reflejo de cómo encaró sus días en el exilio; renuente al ensimismamiento en lo que no pudo ser, pero —y al mismo tiempo— reacio a pasar página. “Si existe algún escritor español en cuya obra no haya repercutido la guerra abominable que nos ha sido impuesta, o no es escritor o no es español”, llegó a decir. Humor y compromiso son la misma cosa en Aub. “Sus chanzas —apunta Marqués— hay que entenderlas como un medio para llegar a sitios más profundos, el humor es para Aub un camino más”.

Pasaporte mexicano de Max Aub, que le permitió la entrada en España en 1969. (Foto: Fundación Max Aub)

Cuatro etapas vitales

La muestra se divide en cuatro apartados: Primeros años, primeros libros (1903-1936) que aborda su nacimiento en París, el posterior traslado con su familia a Valencia en 1914 y el comienzo de la Guerra Civil. Una segunda etapa, denominada Campo de sangre (1936-1942) en la que se recorre su vida durante la contienda y la primera posguerra en Francia, donde fue agregado cultural de la Embajada de España en la Exposición Internacional de París en 1937. En esta sección se incluye su etapa como condenado en campos de concentración franceses y argelinos por « comunista » y su marcha de Argelia a México, donde fue acogido.
La última sección corresponde a Regreso(s) a España. Campo abierto (1968-1972), cuando el autor volvió a España en dos ocasiones; una en plena dictadura en 1969 para escribir un libro sobre Buñuel, y la otra en 1972, poco antes de morir, tal y como vaticinó en su obra La gallina ciega: “A España volveré. Hecho polvo, pero volveré”.

 

Fundación Max Aub :

http://www.maxaub.org/

 

Source :
http://www.publico.es/culturas/homenaje-max-aub-espana-volvere.html

JOURNEE D’ETUDES PLURIDISCIPLINAIRE LE 28 AVRIL 2017 – UNIVERSITE FRANÇOIS RABELAIS A TOURS : DICTATURES, ARTS, MÉMOIRES : ESPAGNE – CÔNE SUD

 

Journée d’études pluridisciplinaire organisée par le Laboratoire Interactions Culturelles et Discursives

(EA 6297)

CREDIT PHOTOS:

catherine felix

Programme de la journée d’études

« Dictatures, arts, mémoires : regards croisés Espagne – Cône Sud »

Vendredi 28 avril 2017, 9h00-17h00

Université François-Rabelais de Tours

Bibliothèque Universitaire (5° étage)

 

 

 

 

De la part de Cathy FELIX

Quelques informations sur les communications de la Journée d’étude proposée par Samya Dahech le vendredi 28 avril 2017 à l’université François Rabelais.

L’Espagne d’une part, l’Argentine, le Chili et l’Uruguay d’autre part, ont connu à des époques diverses des régimes dictatoriaux. Dans les années 2000, dans tous ces pays, de nombreuses études ont travaillé à la récupération de la mémoire historique bien souvent occultée dans les périodes dites de transition après le retour à la démocratie.

Cette récupération de la mémoire suit deux cheminements différents. Elle peut s’ancrer dans la réalité historique à l’aide des archives, des témoignages, des musées, des plaques et des manifestations commémoratives mais elle peut aussi emprunter la voie de toutes les formes artistiques, littérature, BD, musique, cinéma, théâtre, danse…

C’est ce rapport entre les manifestations mémorielles concrètes et les re-créations artistiques du passé historique qui sera au coeur de cette journée d’études.

Les communications seront présentées en espagnol ou en français.

 

Table ronde n°1 : Esthétiques visuelles de la mémoire

9h30 – 10h00

La pulsión política de las estéticas de desecho en la cultura catalana postfranquista (Mercé PICORNELL, Universitat de les Illes Balears)

10h00 – 10h30

Los lugares de memoria y la creación audiovisual en Chile : estudios de « Trazos de Memoria » (Angélica María MATEUS MORA, Université François Rabelais de Tours)

Trazos de Memoria est un court-métrage de 14’31’’ basé sur six histoires en lien avec la Casa Londres 38. Cette maison située dans le quartier Londres de Santiago du Chili a été un lieu de répression et d’extermination de la DIrección de Inteligencia Nacional (DINA) de septembre 1973 à 1975. Elle est maintenant un Musée de la Mémoire et l’organisation Londres 38, depuis 2005, s’attache à la sauvegarde de la mémoire du lieu.

Le court-métrage est visible sur YouTube.

10h30 – 10h45 Pause

10h45 – 11h15

Le sauvetage et la transmission de la mémoire dans le cinéma argentin (Kostoula KALOUDI, Université du Péloponèse)

Le cinéma argentin a une renommée internationale qui dépasse largement les frontières du pays et nombreux sont les réalisateurs qui ont fouillé la mémoire des années de la dictature, soit en faisant le choix de la fiction, soit en utilisant le documentaire, soit en s’appuyant sur des souvenirs personnels…

11h15 – 11h45

La patrimonialisation du souvenir dans le film « Ciudadano Negrín » (Sabrina Grillo, Université d’Artois)

Ce film est un documentaire nominé aux Goya 2011 comme Meilleur Film Documentaire qui retrace la vie de Juan Negrín, dernier chef du gouvernement de la Seconde République espagnole, figure controversée de la Guerre Civile, à travers ses écrits et ses discours, les souvenirs de ses petits-enfants et les images de sa famille qu’il a filmées dans son exil.

11h45 – 12h15 Débat

 

Table ronde n°2 : Reconfigurations des enjeux discursifs

14h15 – 14h45

Poéticas visuales en contacto : la huella de la(s) dictadura(s) en J.M. Calleja y Clemente Padín (María Victoria PARRA MOYA, Universitat de les Illes Balears)

José María Calleja est un journaliste, écrivain et universitaire espagnol qui a été emprisonné dans les geôles franquistes pour son opposition au régime de Franco, entre 1973 et 1974, alors qu’il était âgé de 18 ans.

Clemente Padín, qui est né en 1939, est un poète et artiste visuel uruguayen qui a passé deux ans en prison pour son opposition à la dictature. Jusqu’en 1984 il a été placé en liberté surveillée.

14h45 – 15h15

Auprès de la mémoire : les oeuvres d’Enrique Raírez et de Nicolas Jaar en tant que récits de la postmémoire (Nicholas DAWSON, Université du Québec de Montréal)

Enrique Ramírez est un artiste visuel chilien né en 1979 sous la dictature de Pinochet et qui pose dans certaines de ses réalisations audiovisuelles le problème de l’histoire et de la mémoire de son pays.

Nicolas Jaar est un compositeur et producteur américano-chilien de musique électronique né en 1990. Une de ses chansons, « No », rappelle la réponse des Chiliens au referendum de Pinochet en 1988.

15h15 – 15h30 Pause

15h30 – 16h00

Le théâtre de la mémoire : Los niños perdidos et Santa Perpetua de Laila Ripoll ou les fantômes du franquisme (Adelina LAURENCE, Université de Poitiers / Université de Grenade)

Laila Ripoll est une metteure en scène et dramaturge espagnole contemporaine qui privilégie une esthétique du grotesque pour aborder les thèmes de la récupération de la mémoire historique en Espagne.

16h00 – 16h30

Quelles mémoires pour les exilés politiques uruguayens en France. Le cas du projet « Faire avec l’exil » (Mathilde ROUSSIGNÉ, Université Paris 8 Saint Denis)

Une exposition qui est une réflexion sur la mémoire de l’exil politique uruguayen (1973-1984), qui croise archives et témoignages du quotidien et qui pose la question du lien entre l’intime et le politique.

16h30 – 17h00 Débat

 

 

Laboratoire Interactions Culturelles et Discursives (ICD) 3 rue des Tanneurs BP 4103 37041 Tours Cedex 1

Contacts :

samya.dahech@univ-tours.fr

icd@univ-tours.fr

http://icd.univ-tours.fr/accueil/

LES MAIRES DE MADRID ET DE PARIS INAUGURENT UN JARDIN EN L’HONNEUR DE LA « NUEVE »

Manuela Carmena et Anne Hidalgo, respectivement maire de Madrid et de Paris, ont inauguré le jeudi 20 avril 2017, dans le quartier madrilène de Ciudad Lineal un jardin en l’honneur de la « Nueve » à l’instar de celui de Paris situé près de l’Hôtel de Ville.

Est cité dans cet article l’ouvrage d’Evelyn Mesquida consacré à La Nueve.

 

¿Qué es La Nueve a la que homenajean Manuela Carmena y la alcaldesa de París?

La Nueve es el nombre que recibe la división republicana que participó en la liberación de París de nazismo el 24 de agosto de 1944

Manuela Carmena y Anne Hidalgo han inaugurado este jueves un jardín en Ciudad Lineal en honor a los combatientes republicanos

La contribución de los republicanos españoles en la liberación de París ha sido durante muchos años silenciada: el reconocimiento francés llegó en 2004, 60 años después

Andrés Gil

19/04/2017

eldiario.es

Foto de archivo de la Tanqueta Guadalajara llegando a la alcaldía de París durante la II Guerra Mundial, el 24 de agosto de 2004.. EFE EFE/LAFOTOTECA.COM

 

 

Combatientes republicanos españoles estuvieron en la vanguardia de la liberación de París del nazismo. Era el 24 de agosto de 1944. Miles de republicanos españoles lucharon codo con codo con soldados franceses en la resistencia frente al fascismo, después de haber combatido en España contra el franquismo –y de haber caído derrotados–.

Los republicanos españoles participaron el desfile de la victoria por las calles de París, con el general Charles de Gaulle. Pero su reconocimiento oficial, con placa incluida, no llegó hasta el 60 aniversario de la liberación de París, en agosto de 2004.

 

Los combatientes Luis Royo y Manuel Fernández posan junto a la placa conmemorativa de la compañía llamada « La Nueve », durante el homenaje a los republicanos españoles que participaron en la liberación de París, el 24 de agosto de 2004. ORGE SCLAR/EFE/LAFOTOTECA.COM

 

 

El reconocimiento de la ciudad de Madrid llega ahora: con un jardín en honor de La Nueve en el distrito de Ciudad Lineal, inaugurado este jueves por las alcaldesas de Madrid y París, Manuela Carmena y Anne Hidalgo, junto con la concejala del distrito, Yolanda Rodríguez. Al acto han anunciado su asistencia el secretario general de Podemos, Pablo Iglesias, y el diputado de Unidos Podemos por Madrid Íñigo Errejón.

El acto de este jueves constitiuye el primer homenaje oficial de la capital española a esta compañía. Y es un primer paso para poner en valor una historia « realmente increíble » que habría dado para hacer « diez o quince películas » si « hubieran sido americanos », aseguraba a Efe la escritora Evelyn Mesquida, autora del libro La Nueve, los españoles que liberaron París (Ediciones B), y que participa en el ciclo municipal de conferencias y actos sobre La Nueve que se celebra en el Centro Cultural Príncipe de Asturias.

 

Vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=8umkB-w0Ssk

 

La Nueve nace con la derrota de la Guerra Civil, con el exilio que le siguió de muchos republicanos que dieron sus huesos en los campos de refugiados en el suroeste francés, Túnez, Argelia y Marruecos. « Les ofrecían volver a España o alistarse a la Legión Extranjera francesa », explica Mesquida, y muchos de ellos fueron a parar a la compañía denominada La Nueve, en la que 146 de los 160 soldados eran españoles y que en 1943 se integró en la recién creada 2º División Blindada del general Leclerc, bajo el mando de la Francia Libre de Charles de Gaulle.

Aunque hubo « más de treinta nacionalidades » combatiendo el nazismo junto a los franceses, La Nueve fue el único escuadrón con « oficiales de alto rango » de nacionalidad española, y sus tanquetas tenían nombres como Ebro, Guernica, Don Quijote, Guadalajara o España cañí.

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AHCC La Nueve @AHCCLaNueve

Mañana desde aquí rendiremos homenaje a los combatientes de #LaNueve, narrando su entrada en #París ¿Nos acompañas?

1:14 PM – 23 Aug 2016

El antifascismo y la libertad, el odio al nazismo y y la experiencia militar adquirida en la Guerra Civil hicieron de La Nueve un grupo temible. Tras llegar a Normandía semanas después del desembarco estadounidense, la División Leclerc llegó a las inmediaciones de París y envió a La Nueve como avanzadilla de reconocimiento, de tal modo que, el 24 de octubre, la tanqueta Guadalajara fue la primera del ejército aliado en pisar suelo parisiense.

Sin embargo, lo que pasó la Historia fue el discurso pronunciado por De Gaulle dos días más tarde.

NB : Une coquille dans l’article ; il faut lire Dronne au lieu de Bronne.

 

AHCC La Nueve @AHCCLaNueve

Aunque se omite en el titular, el oficial que aparece en la fotografía es español: #AmadoGranell

9:26 PM – 24 Aug 2016

Tampoco quedó constancia del « verdadero héroe » de La Nueve, el protagonista de la « única foto » que se tomó del escuadrón en París, un teniente de Burriana (Castellón) llamado Amado Granel que por su « valor extraordinario » fue condecorado hasta la saciedad. A Granel le ofrecieron, incluso, ascender a general en el ejército francés, pero renunció por no querer aceptar la única condición que le impusieron: nacionalizarse francés.

A los combatientes de La Nueve el final de la Segunda Guerra Mundial les pilló en Berchtesgaden (Alemania), y es que también fueron los primeros en llegar al refugio de montaña que allí tenía Adolf Hitler, el conocido como « Nido del águila ». « Pero su guerra no había terminado », apunta Mesquida, ya que para los exiliados, que « no habían luchado por Francia, sino por España, para poder volver », el combate no podía acabar mientras el franquismo siguiera en pie.

No les quedó más remedio: tras nueve años de campaña militar prácticamente ininterrumpida (desde el inicio de la Guerra Civil en 1936 hasta el final de la Segunda Guerra Mundial en 1945), los integrantes de La Nueve colgaron el fusil y se quedaron « en soledad » al otro lado de los Pirineos. Por lo general, lograron « salir adelante » gracias a que, por su experiencia militar, eran « magníficos mecánicos » y, en muchos casos, encontraron acomodo en Renault, Citroën u otros gigantes del sector automovilístico.

Sin embargo, nunca consiguieron desprenderse de la sombra de la « desmemoria », y sólo uno de los 146 soldados, el almeriense Rafael Gómez, vive hoy para ver cómo la capital de su país natal rinde tributo a su compañía. Gómez, de 97 años y residente en Estrasburgo, fue uno de tantos jóvenes arrojados a las trincheras con la mayoría de edad por cumplir, uno de tantos exiliados humillados en los campos de concentración que encontraron en La Nueve un instrumento para mantener viva su lucha por la libertad.

Source :

http://www.eldiario.es/politica/La-Nueve-homenajean-Manuela-Carmena-alcaldesa-Paris_0_634837564.html

ARMAND GATTI NOUS A QUITTÉ.

Armand Gatti, miroir éclaté des utopies

Engagé sa vie durant auprès des sans-voix, le reporter, écrivain et metteur en scène s’est éteint, jeudi 6 avril, à l’âge de 93 ans.

LE MONDE | 06.04.2017 à 12h47 • Mis à jour le 07.04.2017 à 07h47 |Par Brigitte Salino

Le poète et dramaturge Armand Gatti, en 2006.

Son arme était la parole, son horizon l’utopie. Armand Gatti, mort jeudi 6 avril, à l’hôpital Begin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), à 93 ans, aura passé sa vie à se battre avec les mots, d’abord comme journaliste, puis dans le théâtre, où il s’est engagé auprès des sans nom, les gens ordinaires ou à la marge, les sans voix et les exclus.

Travailleur infatigable, écrivain insatiable et exalté de la rencontre, Armand Gatti a mené un chemin unique dans le théâtre français du XXe siècle. Lui qui aimait les arbres évoquait un chêne : grand, robuste, planté, la tête ébouriffée dans le ciel, et une petite voix qui contrastait avec son allure. Le temps a eu raison de sa force, mais son parcours témoigne d’un élan vital rare, et d’un désir d’être au monde passionné. C’était un conteur hors pair, un fabulateur aussi, à l’occasion, comme en témoigne le triste épisode de la seconde guerre mondiale, où il s’engagea comme résistant et combattant des forces françaises, mais où il ne fut pas déporté en camp de concentration, comme il a voulu le faire croire.

Personne n’est taillé dans une seule étoffe. Armand Gatti a eu des vérités multiples et plusieurs vies, qui épousent le siècle dernier dans tous ses paradoxes. Le premier fut celui qui le vit grandir, pauvre dans un endroit riche : le rocher de Monaco. C’est là qu’il naît, le 26 janvier 1924. Sa mère est femme de ménage, son père, balayeur et anarchiste. Ils vivent au Tonkin, un bidonville de Beausoleil, qui jouxte Monte-Carlo. La discipline n’est pas la première vertu du petit Gatti, encouragé par le rêve libertaire de son père : en 1941, il se fait exclure du petit séminaire Saint-Paul de Cannes. C’est alors qu’il rejoint le maquis, en Corrèze.

Les mots sont tout pour lui

Dans sa besace, il a emporté des livres. Déjà les mots sont tout pour lui. Mots des poètes, comme Henri Michaux, son « maître ». Mots des révolutionnaires, comme Antonio Gramsci. Mots des scientifiques, comme Niels Bohr. Et ses mots à lui, bien sûr. Quand il se fait prendre, dans le trou de la forêt de Tarnac où il se cache avec des camarades, il répond au gendarme qui lui demande ce qu’il est allé faire là : « Je suis venu faire tomber Dieu dans le temps ! »

Condamné à mort en 1943, Armand Gatti est gracié, en raison de son jeune âge. C’est à ce moment-là que se joue la part la plus trouble, et la plus troublante, de son histoire : pendant des décennies, Armand Gatti a raconté qu’il avait été déporté au camp de concentration de Neuengamme, dans le nord de l’Allemagne, où il avait eu la révélation du théâtre, en voyant la première pièce de sa vie, jouée par des Juifs baltes, qui tenait en trois phrases : « Ich bin. Ich war. Ich werde sein. » (« Je suis. J’étais. Je serai. »). Ce fut, disait Gatti, une expérience fondatrice pour son œuvre : « Essayer de construire des hommes non pas en vertu de leur état-civil, mais de leur possibilité. »

L’AMICALE DE NEUENGAMME A DEMANDÉ À ARMAND GATTI DE « NE PLUS USURPER LE TITRE DE DÉPORTÉ »

Ce socle s’est effondré en 2011, quand l’amicale de Neuengamme a prouvé que le nom d’Armand Gatti ne figurait pas dans le livre mémorial de Neuengamme, ni dans celui de la Fondation pour la mémoire de la déportation. L’amicale a demandé à Armand Gatti de « ne plususurper le titre de déporté », et Armand Gatti a reconnu n’avoir jamais été au camp de Neuengamme, mais dans un camp de travail. Ce qui est certain, c’est que le jeune résistant a rejoint les Forces françaises, à Londres, en 1944. Il a combattu dans l’armée de l’air, et son engagement lui a valu d’être décoré à la Libération.

Lire l’éclairage :   « Je n’ai jamais été au camp de Neuengamme »

Prix Albert-Londres en 1954

Tristement déplorable, sur le plan moral, ce mensonge sur les camps a permis, sur le plan artistique et politique, de fonder un théâtre qui restera comme une des aventures les plus engagées et les plus marquantes du XXe siècle. A la fin de la seconde guerre mondiale, Gatti, qui s’appelle Dante Sauveur à l’état civil, travaille pour plusieurs journaux, et devient Armand. Il voyage en Algérie, où il rencontre Kateb Yacine, il effectue des reportages en Europe sur les « personnes déplacées », il va jusqu’en Chine avec Michel Leiris, Chris Marker, Paul Ricœur. Il rend compte aussi des combats ouvriers en France et du massacre des Indiens au Guatemala… Ses reportages lui valent le prix Albert-Londres, en 1954.

Déjà, Armand Gatti est engagé sur tous les fronts du monde qui bouge et combat. Il ne cessera de suivre cette route, quand il laissera le journalisme et deviendra « passeur des paroles de l’homme », en écrivant et en réalisant des films. En 1959, Jean Vilar met en scène sa pièce Le Crapaud-Buffle. En 1960, il tourne L’Enclos, un film sur l’univers concentrationnaire, primé en 1961 à Cannes, où Armand Gatti revient en 1963 avec El Otro Cristobal, qui représente Cuba.

Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Armand Gatti laisse le cinéma et retourne vers le théâtre, où il enchaîne les pièces : La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., La Deuxième Existence du camp de Tatenberg, Chroniques d’une planète provisoire, Chant public devant deux chaises électriques, V comme Vietnam…

Lire le reportage (août 2010) :   Armand Gatti, aux sources de sa résistance en Corrèze

Armand Gatti s’adresse au public dans le cadre de sa pièce « Adam quoi ? » à Marseille, le 27 juillet 1993.

« Un théâtre d’agitation »

Armand Gatti veut faire « un théâtre d’agitation, un théâtre qui divise ». Il y arrive si bien qu’il est victime de censure, en 1968. Cette année-là, il doit présenter, au Théâtre de Chaillot, à Paris, La Passion enviolet, jaune et rouge, qui met en scène le général Franco. A la demande du gouvernement espagnol, et malgré le soutien d’André Malraux, ministre de la culture, la pièce est interdite par le général de Gaulle, qui appelle Armand Gatti « le poète surchauffé ».

Cet acte marque un tournant : Armand Gatti décide de rompre avec le théâtre institutionnel. Il commence une autre vie, qui le mène de Berlin à Gênes en passant par l’Irlande. Il se voit comme un « Indien », le miroir éclaté des utopies du siècle, dont il rend compte en travaillant de manière collective.

DANS SON ŒUVRE COMME DANS SA VIE, IL Y A TOUJOURS DEUX VÉRITÉS : LA VÉRITÉ HISTORIQUE ET LA VÉRITÉ « GATTIENNE »

Un exemple : en 1979, pour son opéra RogerRouxel (du nom d’un des héros de L’Affiche rouge, mort à 18 ans en 1941), il fait d’abord un film, qu’il montre à des apprentis, des couturières, des gendarmes, des résistants, des lycéens, des Gitans… de L’Isle-d’Abeau et de Bourgoin-Jallieu (Isère). Puis chacun participe à la création d’une scène de l’opéra, en composant de la musique…

Démesure

S’il pratique la création collective, et s’il aborde tous les thèmes, la misère et la prison, l’asile psychiatrique et les luttes ouvrières, Armand Gatti reste le poète, celui qui écrit avec des mots fous comme le vent, beaux comme l’espoir, délesté de l’obligation de coller à la réalité. Dans son œuvre comme dans sa vie, il y a toujours deux vérités : la vérité historique et la vérité « gattienne ». Parce que les mots sont faits pour « donner à l’homme sa seule dimension habitable : la démesure ».

C’est cette démesure qui fait la grandeur d’Armand Gatti. A partir de 1984, elle s’inscrit dans des pièces nées de la rencontre avec des jeunes, souvent en stage de réinsertion, à Toulouse, Marseille ou Strasbourg. Gatti les appelle ses « loulous ». Il leur donne des armes pour exister, les invite à réinventer le monde.

Et toujours, il écrit, poursuivant son Aventure de la parole errante qui constitue une œuvre unique, et a trouvé, ces dernières années, refuge à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans La Maison de l’arbre où il vivait. Dans le maquis, il avait choisi le nom de Don Quichotte. Le Don Quichotte d’un monde d’avenir.

Le dramaturge Armand Gatti à Paris, le 13 juin 2005.

Sur le Web : www.la-parole-errante.org et www.archives-gatti.org

La Nueve mise en scène au théâtre :

https://chroniques-rebelles.info/spip.php?article866

SIX COLLÉGIENNES EN QUÊTE DE MEMOIRE

Elles enquêtent sur les réfugiés espagnols

21/03/2017  La Nouvelle République.

Les collégiennes, autour de Mar-y-Luz, et du drapeau des républicains espagnols.

Six collégiennes de Tours viennent de réaliser une enquête vidéo sur les traces de réfugiés espagnols hébergés à Noizay en 1937.

Au départ, il y a eu une découverte, dans le grenier de la mairie de Noizay. La bibliothécaire a mis la main sur une liste de noms de familles espagnoles hébergées sur la commune, au cours de l’été 1937. Trois petites feuilles administratives toutes grises, mentionnant un groupe d’une dizaine de jeunes femmes avec des enfants, et les frais engagés…

Des documents qui auraient très bien pu passer les prochaines décennies, dans un autre carton, jusqu’à un prochain rangement… C’était sans compter l’enthousiasme de la bibliothécaire, et la proximité du cycle « Exils », organisé à partir du 16 mars dans les bibliothèques du département (voir ci-dessous).
Une copie de la liste a été confiée à six collégiennes de troisième du collège Anatole-France à Tours. Six volontaires de 14 ans, prénommées Leobelsa, Clothilde, Rachel, Noée, Dünya et Elsy, qui étudient la guerre d’Espagne et la littérature espagnole avec leur professeur de français Adeline Robin.

Les archives sont tellement rares

Les six copines ont mené une enquête filmée sur les réfugiés de Noizay, découvrant le lieu où ils avaient été hébergés, les moyens qui avaient été déployés… « On a retrouvé des bons d’alimentation, explique Rachel. Des documents qui donnent envie d’enquêter encore plus. C’est passionnant. » Malheureusement, les collégiennes n’ont pu raviver les souvenirs des habitants. « Le dernier grand-père qui se souvenait de leur présence est décédé récemment… » 
L’enquête s’est poursuivie aux archives départementales. Les jeunes filles ont appris que 1.555 réfugiés espagnols avaient transité par Tours durant cet été-là, et avaient été répartis sur plusieurs communes. Elles ont aussi découvert un maigre détail qui les a comblées : « La trace d’une réclamation d’une de ces femmes pour un bagage perdu en gare de Tours. » Une plainte qui « humanise » cette femme.
« Ces documents peuvent fortement intéresser des associations ou des familles espagnoles qui sont aujourd’hui toujours à la recherche d’ancêtres ayant transité en France », les a averties Mar-y-Luz Cariño-Lopez, la fille d’un réfugié espagnol à Ferrière-sur-Beaulieu, qui, elle-même, a découvert bien tard, grâce à un historien, le parcours de son père (lire la NR du 24 mars). « Un prénom peut attirer l’attention. Les archives sont tellement rares que le moindre document est important. De très nombreuses personnes sont toujours dans l’ignorance de ce qu’est devenu un membre de leur famille. » 
Les réfugiés de Noizay avaient quitté le village quelques mois plus tard. Ils avaient été renvoyés par le train en Catalogne, l’année suivante, « pour des raisons financières ». Et Clothilde de tenter de se rassurer : « Aujourd’hui, on ne pourrait jamais renvoyer ainsi des réfugiés dans leur pays où ils seraient en danger… »

Le film des collégiennes sera diffusé le 31 mars à 19h, lors des portes ouvertes du collège Anatole France, et à 20h à la bibliothèque de Noizay, avec en prime l’intervention de Retirada 37 et de David Garcia sur les luttes des femmes espagnoles. Plus d’informations sur  http://retirada37.com

en savoir plus

Exils

Du 16 mars au 16 avril, la Direction du livre et de la lecture du Département organise le cycle « Exils, et si on en parlait ? », avec trente-trois bibliothèques d’Indre-et-Loire. Au programme : théâtre, lectures d’archives, concert, expositions, projections-débat, témoignages, rencontres d’auteures et de réalisateurs, ateliers d’écriture…

Plus d’infos sur www.lirentouraine.com

Cécile Lascève