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« Un été impardonnable. 1936 : la guerre d’Espagne et le scandale de la non intervention »

Dans le cadre des conférences du 2ème semestre 2017 de RETIRADA 37 :

Rencontre avec Gilbert GRELLET
Ecrivain, journaliste


le samedi 14 octobre 2017 à 14 h 30
autour de son livre :
« Un été impardonnable.
1936 : la guerre d’Espagne
et le scandale de la non intervention »

au Centre de vie du Sanitas à Tours

À l’été 1936, les troupes nationalistes du général Franco, avec l’appui d’avions allemands et italiens, remontent du sud de l’Espagne vers Madrid. C’est une véritable « colonne de la mort », formée de légionnaires et de mercenaires marocains. En chemin, ils multiplient les massacres de civils et assassinent les responsables politiques d’une République espagnole fragile, qui avait appelé au secours le gouvernement français du Front populaire. Indifférentes à ces crimes de masse, la France de Léon Blum, l’Angleterre de Churchill et l’Amérique de Roosevelt ont refusé d’intervenir pour aider les démocrates espagnols, alors que les régimes fascistes prenaient fait et cause pour Franco et les militaires putschistes. Le livre de Gilbert Grellet est le récit de cette faute impardonnable, qui allait meurtrir le peuple espagnol et accroître l’appétit de conquête d’Hitler et de Mussolini, préfigurant Munich et la Seconde Guerre mondiale. A l’heure où se repose la question des interventions extérieures, cette leçon d’histoire sonne comme un avertissement. L’attentisme et la démission sont inexcusables dans les situations extrêmes. Gilbert Grellet est écrivain et journaliste à l’Agence France-Presse, dont il a notamment dirigé le bureau de Madrid de 2005 à 2010.

Centre de vie du Sanitas – Salle Frédéric Maurice 10 Place neuve – Tours
Entré gratuite
Arrêt tramway : Palais des sports

Mala Vida

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C’est au travers d’une fiction que Marc Fernandez nous fait passer des instants graves qui se sont déroulés pendant de nombreuses années en Espagne. Ils ont débuté avec Franco et ont perduré au-delà de sa mort, l’histoire des « enfants volés ».

Il nous la fait vivre par le biais d’un journaliste de radio, Diego Martin, investigateur hors pair et peu apprécié du pouvoir en place. Il lui reste 2 heures d’antenne hebdomadaires dans un minuscule studio très tard le soir mais s’il est gardé par cette radio, c’est parce qu’il fait de l’audience.

Et l’audience va grimper quand il va aborder ce problème, cette histoire qui n’est pas terminée, hélas, car bien trop souvent ce sont des moments enfouis depuis si longtemps, ce sont les non-dits des familles « bien pensantes » ayant acheté un enfant. Tout ceci se passera sous couvert de l’Eglise, comme tant d’actes barbares, actes restés impunis.

On verra les mères espagnoles se soulever, se souvenir de ces instants abominables où on leur apprenait que leur enfant était mort. Elles ont hurlé, mais en vain, car au fond d’elles-mêmes elles savaient que c’était faux. Elles sont acculées face à ce Pouvoir qui musèle tout. Le scandale a été soulevé mais la Justice pourra t’elle faire son travail ?

C’est un petit livre facile à lire mais bien prenant, avec un côté parfois glaçant des faits.

 

José Pellicer Gandía

José Pellicer Gandía, né le 27 avril 1912 à El Grau (Valence, Espagne) et fusillé par le régime franquiste le 8 juin 1942, est un anarchiste et anarcho-syndicaliste espagnol principalement connu pour être le fondateur de la Colonne de fer des milices confédérales durant la Guerre d’Espagne en 1936. On le surnomme parfois le « Durruti valencien ».

José Pellicer naît dans une famille aisée. Son sens aigu de la justice se manifeste dès son plus jeune âge, ce qui l’amène à renoncer à une vie bourgeoise. Grand lecteur et doté d’une vaste culture, José Pellicer était également végétarien et naturiste.

Il adhère à l’âge de 18 ans aux organisations anarchistes de la CNT et de la FAI. Partisan de l’insurrection prolétaire, il défend par l’acte et la parole une conception révolutionnaire de la lutte des classes différente du syndicalisme : le Mouvement Ouvrier Anarchiste, dont le but est le communisme libertaire.

Lorsque survient le soulèvement militaire fasciste du 17 juillet 1936, le groupe Nosotros1 (dont José Pellicer fait partie avec Segarra, Cortés, Rodilla et Berga) est l’élément moteur de la Colonne de Fer (Columna de Hierro) aux côtés d’autres anarchistes tels que Rafael Martí (dit « Pancho Villa »), Francisco Mares, Diego Navarro ou Pedro Pellicer, le frère de José.

La Colonne de fer devient vite le symbole de ceux qui voulaient mener la révolution jusqu’à ses dernières conséquences, tant au front qu’à l’arrière. José Pellicer fut l’un des principaux opposants à la bureaucratisation des organisations anarchistes CNT et FAI qui avaient décidé de collaborer avec le gouvernement républicain. Pellicer s’opposa également à la militarisation des milices car cela portait atteinte à leur contenu anarchiste et révolutionnaire.

L’éloignement progressif de la part de la CNT et de la FAI des idéaux anarchistes au nom des nécessités de la guerre amène José Pellicer à entrer dans un conflit ouvert avec ces organisations. À travers la revue Nosotros et les éditions du même nom, Pellicer tenta à contre-courant de renforcer les idées anarchistes, mais son incarcération dans les geôles du SIM (le Servicio de Información Militar, les services secrets républicains, sorte de Guépéou espagnole contrôlée par les communistes) mit un terme à son action.

Lorsque la défaite du camp républicain fut proche, José Pellicer refusa de quitter le territoire espagnol. Il fut capturé, jugé et condamné à mort par le régime franquiste. Il fut exécuté avec son frère Pedro le 8 juin 1942 après avoir enduré de dures conditions de détention.

José Pellicer est l’exemple d’un anarchisme intransigeant du point de vue des principes, allié à une profonde éthique révolutionnaire refusant toute violence vengeresse et gratuite.

La Colonne de fer

La Colonne de fer collabora avec les paysans des villages où elle était présente en leur montrant comment être libres. Les premières expériences de communisme libertaire eurent lieu à la chaleur des combats contre les troupes fascistes (front de Teruel). Plus qu’aucune autre, y compris la Colonne Durruti, la Colonne de fer fonctionna à la fois comme milice de guerre et comme organisation révolutionnaire : elle leva les actes de ses assemblées, publia un quotidien (Línea de Fuego), rédigea des manifestes et diffusa des communiqués, tout cela dans le but d’expliquer ses actions à l’arrière-garde et justifier ses décisions devant les travailleurs et les paysans. Une telle organisation prêche par l’exemple et laisse des preuves. C’est une caractéristique de la Colonne de fer que l’historien Burnett Bolloten nota dans ses livres sur la Révolution espagnole.

DEUX OUVRAGES SUR LE CAMP DE DJELFA.

Djelfa 41-43. Un camp d’internement en Algérie.

 

 

Bernard Sicot, professeur à Paris Ouest ex Paris X –  Nanterre. Djelfa 41-43. Un camp d’internement en Algérie (histoire, témoignages, littérature), préface de Christian Phéline, Paris, Riveneuve, 2015, 442 p., 10 tableaux, 9 cartes et documents, 41 photographies h. t.

France, il n’en va pas de même pour ceux d’Afrique du Nord, et notamment d’Algérie. Or, de 1939 à 1943, plusieurs milliers de Français, d’Algériens, de Juifs, d’« indésirables » de diverses nationalités (principalement espagnols, polonais, russes, allemands, anciens de la guerre d’Espagne et des Brigades internationales) y ont été reclus. À Djelfa, à 300 kilomètres au sud d’Alger, dans une région de hauts plateaux, c’est quelque mille d’entre eux qui, de mars 1941 à juin 1943, ont subi les épreuves de cet internement. Certains y sont morts, victimes des dures conditions de vie, des soins insuffisants lorsqu’ils étaient malades et de violences diverses à leur égard. Le présent ouvrage entend les sortir de l’oubli et rappeler ce à quoi put conduire la politique d’exclusion et d’éloignement voulue par Vichy.
L’attention portée à l’iconographie qui en provient, aux archives, aux témoignages, aux œuvres qui lui sont consacrées, permet d’établir ici une véritable radiographie du camp, enrichie de nombreux documents inédits.
Bernard Sicot, professeur émérite à l’Université Paris Ouest, est spécialiste de littérature espagnole de l’exil et des camps. Il a notamment publié l’édition bilingue de Journal de Djelfa, du poète Max Aub et les Lettres des camps de concentration du Catalan Pere Vives i Clavé. Il est aussi traducteur de Sonnets votifs (ex-voto érotiques) de Tomás Segovia et de Lorsque finira la guerre, d’Enrique de Rivas (Riveneuve 2013).

Addenda iconographique :

https://ccec.revues.org/5693

 

 


 

Journal de Djelfa.

 

Écrivain espagnol d’origine française et étranger indésirable, Max Aub (Paris 1902-Mexico 1973) fut prisonnier au camp de Djelfa du 28 novembre 1941 au 18 mai 1942. Il y écrivit une centaine de poèmes qui disent l’exil, l’injustice, la violence, la souffrance, la mort mais aussi la solidarité, la vie et l’espérance. Dans son exil au Mexique, l’auteur publia d’abord, en 1944, vingt-sept de ces poèmes sous le titre Journal de Djelfa [Diario de Djelfa]. Lors de sa deuxième édition, en 1970, le recueil s’enrichit de vingt poèmes supplémentaires.

Max Aub, Journal de Djelfa, commentaires de Bernard Sicot, Perpignan, Mare nostrum, 2009, 279 pages.

L’EXTRAORDINAIRE HISTOIRE DU SOUS-MARIN C-2

Historien, Patrick Gourlay a enquêté sur un épisode de la guerre d’Espagne à Brest : en 1937, un commando franquiste a voulu s’y emparer d’un sous-marin républicain. Un livre passionnant.

L’ouvrage de Patrick Gourlay ferait un excellent scénario de film. « Cela se lit comme un roman d’espionnage, commente son éditeur, Erwan Chartier, de Coop Breizh, mais tout est vrai ! » Professeur d’histoire-géographie et déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire politique de la Bretagne, Patrick Gourlay s’est intéressé à ce sous-marin républicain arrivé dans le port de Brest le 29 août 1937.

« Je savais juste qu’il y avait eu un sous-marin espagnol à Brest. J’ai trouvé étrange cette histoire. J’ai commencé à creuser. » Et l’historien, originaire de Brest, est allé de surprise en surprise, avec cette rocambolesque expédition du commando franquiste.

« Mingua l’audacieuse »

La flotte de la République espagnole avait six submersibles nommés C-1, C-2, etc. Les Franquistes n’en avaient pas. Le C-2 avait fui l’avancée des nationalistes. Victime d’une avarie, le sous-marin et ses 46 hommes d’équipage étaient parvenus jusqu’à Brest. Son jeune commandant de 29 ans, José Luis Ferrando Talayero, entendait le faire réparer. Les autorités françaises surveillaient ce bâtiment amarré au 5e bassin.

« Début septembre, le commando franquiste, mené par le commandant Julian Troncoso, un maître-espion, et aidé de deux Français membres de la Cagoule, va commencer ses repérages », poursuit Patrick Gourlay. Le commandant du sous-marin a pris ses habitudes à Brest : après quelques parties d’échecs rue de Siam, il fréquente régulièrement l’Ermitage, le café-dancing de la rue Colbert.

L’Ermitage existe toujours, quasiment au même endroit. Il s’appelle désormais le Stendhal. Ses deux cogérants, René Guéguen et Pascal Artero ont ainsi appris que l’établissement, créé par leur grand-père en 1932, a été au centre de l’affaire. « On n’avait jamais entendu parler de cette histoire dans la famille », avouent les deux cousins. Ils ont retrouvé une photo de l’époque, qui figure dans le livre, et ont montré à l’historien la maquette de l’Ermitage réalisée par le père de l’un d’eux.

« Les franquistes voulaient retourner le commandant, poursuit l’historien. Et pour cela ils comptaient sur « Mingua l’audacieuse », une entraîneuse italo-espagnole et acquise à la cause des nationalistes. » Le commandant acceptera effectivement de rejoindre le camp franquiste. Mais l’attaque du sous-marin, le 18 septembre, échoua. Parce que les anarchistes espagnols de la CNT avaient dépêché leurs propres agents à Brest.

 

Photo de presse.

Le C-2 en rade de Brest (photo personnelle).

 

Des espions partout

« J’ai découvert, dans des archives aux Pays-Bas, qu’ils avaient infiltré le commando franquiste. La CNT avait deux espions qui lui rendaient compte de tout! » L’historien évoque aussi la mobilisation des communistes et anarchistes brestois pour protéger le sous-marin républicain arrivé dans un port qui avait déjà accueilli plusieurs navires chargés de réfugiés espagnols.

« Cette affaire a eu un énorme retentissement dans la presse française et même internationale. » D’autant que les membres du commando franquiste, dont un fut tué lors de l’assaut, furent arrêtés et jugés à Brest pour… transport et usage d’armes de guerre.

L’enquête dévoile aussi ce que devint le redoutable Troncoso une fois Franco au pouvoir. Et aussi l’étonnant parcours d’un des deux cagoulards qui devint un grand résistant, puis maire d’une commune du Finistère.

 

 

Nuit franquiste sur Brest, Patrick Gourlay, préface de Roger Faligot, 147 pages, avec carte, chronologie, sources, bibliographie, 12,50 €, éditions Coop Breizh.

Yannick GUÉRIN

 

Nuit noire sur Brest, roman graphique inspiré du livre de Patrick Gourlay, adaptation, scénario et dialogues de Bertrand Galic et Kris, Editions Futuropolis, 2016.

 

 

Source :

http://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/lextraordinaire-histoire-du-sous-marin-c-2-749247

EL EXILIO ESPAÑOL DE LA A a la Z

« L’Exil espagnol de A à Z ».

Un volumineux dictionnaire en quatre volumes sur l’exil espagnol vient d’être publié. Fruit du travail effectué par 102 chercheurs pendant vingt ans : « Dictionnaire biobibliographique des écrivains, éditeurs et revues de l’exil républicain de 1939 ». L’ouvrage recence l’oeuvre de 1191 écrivains forcés par l’exil dans le monde, il comporte également des cartes de l’exil.

Article suggéré par Alice C.


 

 

Un grupo de investigadores publica un monumental diccionario en el que han trabajado durante veinte años y que rescata a los escritores desterrados tras la Guerra Civil

EVA DÍAZ PÉREZ
Sevilla 14 JUN 2017

 

De izquierda a derecha, Emilio Prados, José Moreno Villa y Luis Cernuda, en la casa de Manuel Altolaguirre en México, en los años cincuenta. ARCHIVO MORENO VILLA

El “viento sucio de la Historia”, como decía Salinas, los arrojó al otro lado del mundo. Tenían la maleta detrás de la puerta, no compraban muebles en sus casas de desterrados porque eso sería renunciar al regreso a España cuando muriera Franco. Pero Franco no se moría. Y ellos comenzaron a habitar en los cementerios del exilio.

¿Qué fue de los desterrados españoles? ¿Dónde se guarda su memoria? Un grupo de investigadores lleva veinte años trabajando en una obra que es un monumento a esa memoria olvidada y que ahora sale a la luz. El Diccionario Biobibliográfico de los escritores, editoriales y revistas del exilio republicano de 1939, publicado por la editorial sevillana Renacimiento, es la propuesta para viajar por esos recuerdos del exilio intelectual, el atlas de los mapas del destierro. Casi 1.500 entradas que se adentran en la vida y la obra de 1.191 autores españoles que tuvieron que huir de España tras la Guerra Civil.

El libro, que se presentará hoy en el Ayuntamiento de Sevilla con el respaldo del Centro de Estudios Históricos de Andalucía aprovechando el Día de la Memoria, es un trabajo colectivo del Grupo de Estudios del Exilio Literario (GEXEL), adscrito a la Universitat Autònoma de Barcelona. Un total de 102 investigadores que participan en un ambicioso proyecto editorial del que ya han salido interesantes trabajos de rescate de la obra perdida de estos escritores.

Deuda moral

El grupo GEXEL se creó en 1993 para reconstruir la memoria cultural del exilio republicano de 1939. Era un proyecto de intención académica pero que también tenía implicaciones éticas y políticas al considerar que España tenía que saldar una deuda moral con “aquellos españoles que pagaron con el destierro forzoso su fidelidad a la legalidad democrática republicana”, según argumentaban en el manifiesto de creación.

 

Exiliados españoles, que viajaban en el barco Sinaia, a su llegada a Veracruz (México), el 13 de junio de 1939.ampliar foto
Exiliados españoles, que viajaban en el barco Sinaia, a su llegada a Veracruz (México), el 13 de junio de 1939.

La mayor parte del exilio intelectual no ha sido incorporado de forma natural al patrimonio español. Salvo el caso de los desterrados de primera fila como Luis Cernuda, Rafael Alberti, María Zambrano, Pedro Salinas o Francisco Ayala, el resto vive aún en el exilio puesto que es imposible encontrar sus libros en España, así en el franquismo como en la democracia. “Las obras que mencionamos en el capítulo de Creación debieran ser obras presentes en el catálogo de la Biblioteca Nacional de Madrid a disposición de cualquier lector. Son parte de nuestro patrimonio literario e intelectual, sin cuyo conocimiento nunca estará completa la historia de la cultura”, asegura Manuel Aznar Soler, catedrático de Literatura Española Contemporánea de la Universitat Autònoma de Barcelona, director del GEXEL y coordinador del libro junto al profesor José Ramón López García. “La recuperación de esta biblioteca del exilio y de la historia de nuestro exilio republicano de 1939 debería haber sido un tema prioritario de la política cultural de Estado y sigue siendo una asignatura pendiente”, añade.

Cada entrada del diccionario es un viaje en el tiempo hacia esas biografías del exilio y también un recorrido por la España del destierro, la que crearon los exiliados, como tantas veces relató Max Aub. En México DF se reunían en cafés como el Papillón, en la antigua calle Madero, que les recordaba la Carrera de San Jerónimo de Madrid, o el Ambassadeurs del Paseo de la Reforma que les evocaba el restaurante Lhardy. Con Francisco Ayala se viaja a Buenos Aires: allí frecuentaban los cafés de la Avenida de Mayo, que era como la calle de Alcalá trasplantada al otro lado del mundo.

En los mapas del exilio que ahora se descubren con este diccionario surgen otras ciudades-refugio para aquella España peregrina como París, Toulouse, La Habana, Nueva York, Montevideo o Londres. En Inglaterra, el autor malagueño Salazar Chapela, que llamaban el “tío de Londres”, recibía en La Bretagne, un restaurante en South Kensington y luego se iba a la sala de pintura española de la National Gallery. Así veían pasar el tiempo y la Historia de la que ya no formaban parte.

 

“Si terrible es el olvido de los exiliados, aún lo ha sido más para las mujeres. En este diccionario aparecen historias sorprendentes como la de Victoria Kent, la política republicana, escondida en un pequeño apartamento con nombre falso en el París de los nazis y cuyo sufrimiento relató en el libro Cuatro años en París; la historia de la poeta Concha Méndez, o de María Lejárraga, que había sido esposa de Gregorio Martínez Sierra y desde el exilio tuvo que reivindicar la autoría de los textos que firmó con el nombre de él.

Algunos de aquellos exiliados se adaptaron sin problemas, o sobrevivieron pero jamás lograron adaptarse, otros idealizaron España hasta confundir sus recuerdos y la realidad, otros murieron antes de regresar a un país que ya no era el que recordaban como subrayó desolado Max Aub en La gallina ciega.

Hay momentos especialmente trágicos al repasar las entradas biográficas de los exiliados que nunca lograron adaptarse como Pedro Garfias al que solían ver platicar con fantasmas en las tabernas de México. Garfias es uno de los símbolos derrotados del exilio con su cátedra de cantinas y emérito del pulque. El poeta se bebió la vida dejando sus versos abandonados en servilletas de las tabernas. Parecía el más alegre, pero fue el que nunca asumió la derrota. Este diccionario cuenta su historia y la de más de un millar de aquellos expulsados a los que al morir, como decía el verso de Juan Rejano, “les hallaron España en el pecho”.

 

 

EDITORIALES PARA LA SUBSISTENCIA
Este diccionario revisa, supera y amplía la obra mítica que en 1976 editó Taurus y que dirigió José Luis Abellán: El exilio español de 1939, en la que participaron autores desterrados como Manuel Andújar, Aurora de Albornoz, Tuñón de Lara o Juan Marichal. Abordaba el exilio desde la literatura, el teatro, el cine, la ciencia o el pensamiento. Y trataba un elemento fundamental en el que también incide el diccionario: la importancia de las revistas y las editoriales en los países de acogida, fundamentales para la subsistencia con el encargo de traducciones, correcciones, ilustraciones… Es el caso del Fondo de Cultura Económica de México o la bonaerense Losada.

 

Sources :

http://cultura.elpais.com/cultura/2017/06/13/actualidad/1497374517_678085.html

http://www.ecorepublicano.es/2017/06/un-diccionario-recopila-la-biografia-y.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ecorepublicano%2FfIqR+%28Eco+Republicano%29

 

 

« ÁNGEL », A TRAVERS LES YEUX DES ENFANTS. UN FILM DE STEPHANE FERNÁNDEZ.

 

Angel a 86 ans. Né à Barcelone, il voit sa mère mourir sous ses yeux en 1937. À 10 ans, part en exil sur les routes catalanes, seul responsable de sa sœur et de son frère âgés de 6 et 4 ans. Enfermée dans les camps de concentration français d’Argelès-sur-Mer, la fratrie retrouve finalement à Sarlat le père disparu. Plusieurs années plus tard, Angel revient en Espagne et se fait arrêter, torturer et condamner à mort.

Tout au long du film, Angel sera accompagné par son ami Dominique, lui-même fils d’exilés espagnols. Son père est mort des suites d’une blessure reçue durant la guerre d’Espagne. C’est à Dominique qu’Angel va confier son histoire, raconter ses souvenirs, montrer ses notes, ses photos, ses dessins…Le réalisateur, Stéphane Fernandez, a su nous captiver en entrecoupant les scènes de récits de séquences graphiques animés, une vraie belle trouvaille.

Venez nombreux, pour la première fois à Paris ce film d’histoire, d’émotion et de vie !
Le jeudi 15 juin 2017 à 19h suivi d’un débat avec le réalisateur
Paris Anim’Centre Place des Fêtes
2/4 rue des Lilas
75019 Paris
Entrée gratuite

 

Merci à Véronique Salou pour cette information :

Véronique Salou Olivares

Mémoires partagées
24-août-1944

 

 

PROJECTION DU FILM « FEDERICA MONTSENY L’INDOMPTABLE » LE JEUDI 22 JUIN 2017 A LA RICHE

L’association Retirada 37 s’associe à la Compagnie Cano López et vous invitent le jeudi 22 Juin à20h au Château du Plessis à La Riche (Indre et Loire) à la projection du film « Federica Montseny L’Indomptable » en présence de son réalisateur Jean-Michel RODRIGO.

Cette projection s’inscrit dans le cadre des « Kabinet Havel » nouvelle programmation du Plessis Théâtre. Elle met plus particulièrement l’accent sur le parcours du réalisateur, le film étant un support à cette découverte.

Vous pouvez déjà retrouver la présentation de ce parcours sur le site du Plessis.

https://www.leplessis.net/

La projection sera suivie d’échanges avec J-M Rodrigo et nous pourrons poursuivre par un moment de convivialité.

« LE FANTOME DE LA GUERRE D’ESPAGNE »

À la fin des années 1930, face à la guerre qui ravage leur pays, de nombreux Espagnols cherchent l’asile en France. Tandis que le Front populaire, arrivé au pouvoir en 1936, impose un accueil solidaire des réfugiés, les derniers gouvernements de la IIIe République mettent en place une législation restrictive qu’utilisera le régime de Vichy.
par Geneviève Dreyfus-Armand

 

 

Dans les années 1920, la France, touchée par la première guerre mondiale et les pertes d’hommes jeunes, est amenée à recruter des travailleurs étrangers et à accueillir des réfugiés. Elle devient, à l’aube des années 1930, le premier pays d’immigration du monde. Des travailleurs entrés individuellement ou recrutés collectivement par la Société générale d’immigration, créée par le patronat, se mêlent aux réfugiés. Mais les effets de la crise économique de 1929 provoquent une poussée de xénophobie.

De l’été 1936 au printemps 1938, les premiers bombardements de l’histoire de villes européennes et les représailles exercées par les franquistes provoquent l’arrivée de plusieurs vagues de réfugiés espagnols. Souvent suivis de retours, ces flux représentent plus de 150 000 personnes. Quarante-huit heures après le putsch de Francisco Franco, à la mi-juillet 1936, le gouvernement du Front populaire recommande de pratiquer à l’égard des réfugiés un accueil conforme à la « tradition ». Le 18 août 1936, il est demandé aux préfets des départements situés entre Garonne et Loire de procéder à un recensement des locaux susceptibles de recevoir les démunis. Une « Instruction générale sur l’hébergement des réfugiés espagnols », édictée en mai 1937, détermine la liste des départements concernés et synthétise les prescriptions en matière de conditions d’accueil.

 

 

Après la chute du gouvernement de Léon Blum, en juin 1937, il se produit une inflexion restrictive sensible. Le 27 novembre, il est décidé qu’en dehors des femmes, des enfants, des vieillards et des malades, qui peuvent encore être hébergés aux frais des collectivités publiques, les réfugiés doivent pouvoir subvenir à leurs besoins.

Le gouvernement d’Édouard Daladier, constitué en avril 1938, marque un net changement dans la politique d’admission des étrangers. On considère désormais que les réfugiés sont trop nombreux et menacent la sécurité nationale. Le 14 avril, le ministre de l’intérieur réclame « une action méthodique, énergique et prompte en vue de débarrasser notre pays des éléments indésirables trop nombreux qui y circulent ». Le 2 mai, un décret prévoit que, si un étranger frappé par un arrêté d’expulsion ne parvient pas à obtenir le visa qui lui permettrait de quitter la France, le ministère de l’intérieur « pourra assigner à l’intéressé une résidence déterminée qui rendra sa surveillance possible ». Le 12 novembre de la même année, un décret estime que, pour les « indésirables » qui « sont dans l’impossibilité de trouver un pays qui les accepte », l’assignation à résidence prévue en mai représente une « liberté encore trop grande » : ils seront dirigés vers des « centres spéciaux » où ils feront l’objet d’une surveillance permanente.

 

 

En janvier et février 1939, face à l’exode d’un demi-million de personnes consécutif à la conquête de la Catalogne par les franquistes, la principale préoccupation du gouvernement est d’assurer l’ordre et la sécurité, tout en incitant les arrivants à repartir en Espagne. Malgré les avertissements répétés des diplomates, rien n’a été prévu pour préparer le moindre hébergement. L’asile est certes consenti ; mais, dépassés par des événements qu’ils n’ont pas su ou voulu anticiper, les pouvoirs publics gèrent le grand exode de 1939 de manière sécuritaire.

La séparation des familles, quand elles ont pu partir groupées, s’effectue dès la frontière : les femmes, les enfants et les personnes âgées sont généralement évacués vers des centres d’hébergement en province où ils sont tant bien que mal accueillis. Quant aux combattants et aux hommes jeunes, ils sont conduits sous bonne escorte dans des camps aménagés à la hâte sur les plages du Roussillon. Ces camps sont dits alors « de concentration » dans les textes administratifs, au sens où l’on entend « concentrer », afin de les surveiller, ceux que l’on juge « indésirables ». Les réfugiés se retrouvent dispersés sur tout le territoire pour de longs mois, voire des années.

Chaos et improvisation dominent : les premiers camps poussent sur les plages du Roussillon, à Argelès-sur-Mer et à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales. Ce sont de simples espaces délimités par des barbelés, sans baraquements ni installations sanitaires, placés sous la surveillance de corps de troupe (gendarmerie, gardes mobiles, troupes coloniales). Les réfugiés doivent, en plein hiver, s’enfouir dans le sable pour se protéger des intempéries. Des épidémies se répandent, tant ces populations sont affaiblies par des mois de guerre et par de longues marches.

 

 

Ces camps se révèlent vite insuffisants ; les autorités en ouvrent d’autres : au Barcarès, non loin, pour les réfugiés en instance de rapatriement ; à Bram, dans l’Aude, à Agde, dans l’Hérault, à Septfonds, en Tarn-et-Garonne, puis au Vernet d’Ariège et à Gurs, près de Pau. En février 1939, quelque 275 000 Espagnols sont internés. Fin mars 1939, des réfugiés parviennent à gagner l’Algérie, où les autorités, souvent profranquistes, les accueillent rudement ; des camps précaires, tels Morand (à Boghari) et Suzzoni (à Boghar), attendent les combattants près d’Alger.

Les autorités françaises incitent les internés à retourner en Espagne, malgré les risques encourus, ou à s’engager dans la Légion étrangère. Les autres se retrouvent, de gré ou de force, employés à la fortification des frontières ou embarqués dans l’économie de guerre : enrôlement dans les compagnies de travailleurs étrangers, militarisées, et, sous Vichy, dans les groupements de travailleurs étrangers.

 

Ravitaillement en pain.

Les Espagnols attendront 1945 pour bénéficier du statut de réfugiés politiques, après avoir participé en grand nombre à la guerre et à la Résistance. Entre-temps, ces camps et d’autres nouvellement créés — comme celui de Rivesaltes — auront été utilisés par le régime de Vichy, qui en aura fait les instruments de sa politique d’exclusion à leur égard et à celui d’autres « indésirables », notamment des Juifs. Le sécuritaire avait toutefois pris le pas sur l’humanitaire dès la fin de la IIIe République.

Geneviève Dreyfus-Armand
Historienne, auteure de L’Exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco (Albin Michel, Paris, 1999) et, avec Odette Martinez-Maler, de L’Espagne, passion française. 1936-1975. Guerres, exils, solidarités (Les Arènes, Paris, 2015).

Source :
https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/DREYFUS_ARMAND/57481