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Mala Vida

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C’est au travers d’une fiction que Marc Fernandez nous fait passer des instants graves qui se sont déroulés pendant de nombreuses années en Espagne. Ils ont débuté avec Franco et ont perduré au-delà de sa mort, l’histoire des « enfants volés ».

Il nous la fait vivre par le biais d’un journaliste de radio, Diego Martin, investigateur hors pair et peu apprécié du pouvoir en place. Il lui reste 2 heures d’antenne hebdomadaires dans un minuscule studio très tard le soir mais s’il est gardé par cette radio, c’est parce qu’il fait de l’audience.

Et l’audience va grimper quand il va aborder ce problème, cette histoire qui n’est pas terminée, hélas, car bien trop souvent ce sont des moments enfouis depuis si longtemps, ce sont les non-dits des familles « bien pensantes » ayant acheté un enfant. Tout ceci se passera sous couvert de l’Eglise, comme tant d’actes barbares, actes restés impunis.

On verra les mères espagnoles se soulever, se souvenir de ces instants abominables où on leur apprenait que leur enfant était mort. Elles ont hurlé, mais en vain, car au fond d’elles-mêmes elles savaient que c’était faux. Elles sont acculées face à ce Pouvoir qui musèle tout. Le scandale a été soulevé mais la Justice pourra t’elle faire son travail ?

C’est un petit livre facile à lire mais bien prenant, avec un côté parfois glaçant des faits.

 

La route du massacre Malaga-Almeria

Jean-Louis San Roman, fier que des français se soient mobilisés pour cet hommage,  a voulu que cet article soit publié sur le site.
Andrés Torrico Alvarez a partagé la publication de Málaga Republicana sur la page Facebook de l’ASEREF

Llegada anoche a Málaga del colectivo de hijos e hijas del exilio que desde Francia vienen a participar en la marcha de homenaje a las víctimas de la masacre de la carretera de Málaga-Almería del próximo sábado.

Arrivée hier soir à Malaga du collectif des fils et filles de l’exil qui depuis la France viennent pour participer à la marche d’hommage aux victimes du massacre de la route de Málaga-Almería du samedi suivant.
Marcha homenaje a las víctimas de la masacre fascista en la Ctra. Málaga-Almería
C’est une belle galerie de photos à visionner en allant sur le lien suivant !!!
https://photos.google.com/share/AF1QipMozbICyUli5zQiJ9v-ciYSQO_3Mo0z2tp6bh7isM44M0w2BIFPsK5jJkPTxwhi9Q?key=emFVWXFVemdObGgydFdvc2hZZW5lY2NfWGNneW5B

Antimilitarisme

Pour compléter mon article sur notre présence lors du 11 novembre à Tours auprès de plusieurs associations manifestant contre la guerre en général, je rajoute qu’une très belle chanson m’a inspirée dans ma jeunesse rebelle. Déjà, lorsque j’étais adolescente je disais que si j’étais un mec j’aurais refusé de faire le service militaire en préférant être objecteur de conscience, quitte à faire de la prison.

Quand ce fut le tour de mon fils, je me suis arrangée pour qu’il effectue un service civique, bien plus intéressant pour un jeune. Quand ma fille a essayé d’entrer dans l’armée, en tant que juriste, dès qu’on lui a dit qu’il fallait passer par la « case obligatoire » du maniement des armes elle a immédiatement refusé.

Cette chanson c’est Boris Vian qui l’a écrite, chanson qui a été censurée bien évidemment à l’époque car mal vue par ceux qui sont les protagonistes des guerres. Elle accompagne parfaitement bien la chanson de Craonne.

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C’est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m’en vais déserter

Depuis que je suis né
J’ai vu mourir mon père
J’ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j’étais prisonnier
On m’a volé ma femme
On m’a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J’irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d’obéir
Refusez de la faire
N’allez pas à la guerre
Refusez de partir
S’il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer

Boris Vian, Le déserteur

ETRE PRESENTS LE 11 NOVEMBRE – Point de vue

Anti-militariste convaincue depuis de longues années, je trouve que la Retirada 37 a toute sa place le 11 novembre, aux côtés de plusieurs associations, dénonçant la Guerre en général.

Je  n’oublie pas que mon père s’est battu, pour que les valeurs de la jeune République perdurent dans son pays qu’était l’Espagne. Aujourd’hui je prends son relais « pour faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains exilés espagnols ».

Je ne suis peut-être qu’un petit pion sur l’immense échiquier planétaire mais si tous les petits pions du monde pouvaient, ne serait-ce qu’un 11 novembre, se donner la main en criant HAUT et FORT  HALTE au FASCISME, HALTE aux GUERRES. Ce n’est pas du domaine de la puérilité ou d’un quelconque folklore. N’allons pas trahir nos parents, surtout au lendemain d’un reportage si bien fait sur ARTE « Tragédie des brigades internationales ». Ce reportage nous a montré que la bête immonde peut arriver, même de là où on ne l’attend pas et comment elle tient les ficelles sans hésiter à massacrer des combattants de son propre camp (les purges !!!). On ne peut pas cautionner l’armée.

Qui sont ceux qui provoquent les guerres ?

Ce sont les gros nantis, fabricants d’armes en tous genres, pactisant avec nos gouvernants, ou l’inverse,

Ce sont les gros nantis, jamais ceux qui se trouveront sur les champs de bataille ou les civils à se faire massacrer,

Ce sont les gros nantis qui donneront des ordres aux pauvres bougres pour les envoyer à la boucherie,

Ce sont les gros nantis qui s’en sortiront avec encore plus de pognon,

Ce sont toujours les gros nantis qui n’ont rien à faire du peuple, qui ont un EGO surdimensionné…

J’ENRAGE quand je lis « l’Homme (avec un grand H, je souligne), étant ce qu’il est, il nous faudra toujours une armée. » Rien n’empêche à cet Homme de changer et rien ne nous empêche de lui rappeler que la guerre a toujours été effroyable, il faut que cela cesse.

Quand pourra t’on dire « la Femme étant ce qu’elle est, exécre la guerre, elle refuse que ses enfants servent de chair à canons pour de gros nantis pourris » ??? 

UNISSONS-NOUS pour aller dans ce sens plutôt que penser que c’est normal. Pour la plupart d’entre nous nos parents ont participé, d’une manière ou d’une autre, à cette horrible Tragédie d’une guerre civile à l’intérieur d’une guerre civile, nous leur devons le RESPECT.

Ma devise est NUNCA MAS GUERRA (plus jamais de guerres).

BELCHITE

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Pendant mes vacances en juin de l’an dernier, j’ai voulu découvrir Belchite, alors que j’étais à la découverte de l’Aragon, région où mon père vécut sa jeunesse. Cette commune se situe à environ 50 km au sud de Saragosse. Pendant la guerre civile ce fut un point peu stratégique, en fait, pour les Républicains qui voulaient tenter de reprendre Saragosse, bastion important de l’anarchisme, qui avait été reprise trop facilement par les nationalistes, dès le lendemain du coup d’état militaire franquiste.

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J’étais intéressée par le côté historique puisque d’âpres et rudes combats y eurent lieu et que j’en avais entendu parler par notre ami anarchiste Emilio Marco qui s’était jeté dans la bataille avec une immense conviction dans la colonne d’Antonio Ortiz de la CNT, mais également par Isabelle Sastron dont la maman était issue de cette ville.

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Effectivement, quand on découvre les lieux restés intacts, on peut s’imaginer la violence des combats.

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Cette ville était républicaine et a résisté héroïquement alors que les troupes franquistes voulaient absolument faire tomber ces «rojos».

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Tout d’abord, aux environs, nous découvrons des terres arides, pierreuses, et ma première interrogation fut pour les combattants de la République qui n’avaient aucun abri existant de retranchement. Ils devaient se retrouver bien souvent à découvert face au lourd armement de massacre utilisé par le «rondouillard» de Franco, épaulé de ses amis hitlériens, ou mussoliniens.

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Les combats les plus intenses se sont déroulés en période de très grosse chaleur, fin août et début septembre 1937, 15 jours d’intensité guerrière, mais les Républicains aidés par la XVème Brigade Internationale et quelques avions russes en sortirent vainqueurs. Les pertes furent très importantes, on dénombra environ 5000 morts.

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Pourquoi Franco a-t-il voulu conserver ce village en ruines comme on découvre aujourd’hui ce «Pueblo Viejo de Belchite».

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Pour en savoir davantage, nous avons fait la visite guidée, ma fille et moi, sous un soleil de plomb, pas de chance car elle débutait à midi.

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Dès le portail d’entrée franchi, l’horreur nous saisit.

J’ai été effarée d’apprendre par la guide que Franco, durant son règne, a voulu garder ce village en l’état afin d’en faire sa propagande anti-républicaine. Tant qu’il a occupé son poste de dictateur, il obligeait les jeunes collégiens ou lycéens à des visites de ces lieux. On les «instrumentalisait» en leur disant de bien regarder les atrocités commises par ces « barbares rouges». Pendant des décennies les jeunes espagnols ont ainsi visité ce village, comment pouvaient-ils penser que de telles informations n’étaient que de la propagande franquiste ? Parce qu’il faut bien se dire que les langues ne se déliaient plus beaucoup, le peuple espagnol vivant sous la terreur d’une simple dénonciation, ne serait-ce bien souvent que par un membre de sa propre famille. Ce fut une longue amnésie collective, un long silence s’installa.

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Un nouveau Belchite a été construit un peu plus loin par des prisonniers républicains, dans des conditions totalement inhumaines.

En fait, nous apprîmes pendant cette visite que le village, à la fin des combats, était jonché de cadavres d’humains ou animaux, que l’odeur y était pestilentielle et le risque d’épidémies très important pour les survivants. Ce sont les Républicains qui se sont attelés à faire brûler tous ces cadavres en décomposition dans les rues et les décombres, et non pas les franquistes.

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La bataille s’était déroulée maison par maison, rue par rue, dans une extrême cruauté, parfois au corps à corps. Ce ne fut qu’en mars 1938 que les troupes franquistes reconquirent la ville.

Des familles continuèrent de vivre jusqu’au milieu des années 1960 dans les quelques maisons moins impactées par cette bataille.

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Je suis toujours admirative de tous ces hommes qui, malgré leurs divergences syndicales ou politiques, ont bataillé fermement cet ennemi qu’est le fascisme. Ils ont défendu avec opiniâtreté un bel idéal, celui d’une République libre, fraternelle, laïque, solidaire, égalitaire, pacifique, celle en laquelle j’aspire encore aujourd’hui.

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Je terminerai ce propos par la célèbre expression utilisée par ceux qui sont partis sur le front d’Aragon pour se donner du courage « ¡ A Zaragoza o al charco ! » Mon père se trouvait-il dans ce terrible enfer ?