Barcelone valide la création d’une « Maison de la chanson catalane » pour faire vivre la mémoire de la « Nova Cançó », ce genre musical qui symbolise la résistance catalane sous la période franquiste.
Composée en 1968, L’Estaca de Lluís Llach est devenue un hymne mondial pour la liberté, traduite en plus de 50 langues. Mais derrière ce succès, c’est tout un genre musical qui prospérait clandestinement en Catalogne sous les années de dictature : la Nova Cançó.
Barcelone a franchi un pas historique vendredi 27 mars en validant la création d’une « Maison de la chanson catalane » – ou Ateneu de la Cançó – destinée à faire vivre la mémoire de ce mouvement musical qui symbolise la résistance catalane sous Franco.
Face à l’interdiction du catalan dans les administrations, les écoles et les médias, une poignée d’artistes – Joan Manuel Serrat, Lluís Llach, Teresa Rebull… – ont choisi de résister avec leurs mots et leur musique. Inspirés par la chanson française à texte, ils ont composé et interprété des chansons engagées dans l’ombre. Les concerts étaient quasi-clandestins et les disques circulaient sous le manteau. La Nova Cançó est ainsi devenue un puissant symbole de résistance culturelle, linguistique et identitaire.
Une maison pour préserver un héritage
Le projet de l’Ateneu de la Cançó, parrainé par six anciens ministres catalans de la Culture et soutenu par des artistes comme Paco Ibáñez, a pour ambition de préserver ce patrimoine musical, mais aussi de donner vie à la création contemporaine en catalan. « Ce serait un acte de justice culturelle », souligne Paco Ibáñez.
Le futur centre accueillera concerts, expositions, archives et recherches sur ce mouvement. Il vise à sauvegarder partitions, enregistrements et anecdotes, certaines chansons ayant été interdites ou transmises uniquement sous forme manuscrite. Sans un lieu dédié, ce trésor culturel risquerait de disparaître.
Une mémoire historique à transmettre
L’Ateneu de la Cançó ne se limitera pas à un musée : il aspire à symboliser la mémoire vivante de la Catalogne, et rappeller que la musique peut être un acte de résistance pacifique et un vecteur puissant d’identité culturelle.
Pour l’instant, le projet doit encore être validé par la Generalitat (gouvernement catalan), et les détails sur l’emplacement, le budget et le calendrier restent à préciser.
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