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Radiation de la Légion d’honneur de Francisco Franco ? Réponse négative du gouvernement français…

Texte complet de la question et de la réponse

17e Législature

Publication de la réponse au Journal Officiel du 9 juin 2026, page 5165

Question de : M. Hadrien Clouet

Haute-Garonne (1re circonscription) – La France insoumise – Nouveau Front Populaire

M. Hadrien Clouet interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’incompréhensible maintien du dirigeant fasciste Francisco Franco au sein de l’ordre national de la Légion d’honneur. En effet, ce bourreau fut nommé Officier de la Légion d’honneur (sans passer par le rang de chevalier) par Philippe Pétain le 22 février 1928, puis promu au rang de Commandeur par le même le 26 octobre 1930. C’est une triple honte : pour le pays qui l’a remise, pour la République qui subit l’héritage des décisions de Pétain et pour les autres détenteurs qui sont associés à ce criminel fasciste. Le factieux Franco a renversé la République espagnole pour imposer, au terme de trois années de guerre civile, une dictature fasciste clérico-militaire de 1939 à 1975, qui broie le pays. D’abord au ban de l’Europe, elle est réintégrée sous pression des États-Unis d’Amérique et du Vatican dans les années 1950. Ses crimes restent largement méconnus, en témoigne la première exposition consacrée au régime franquiste en 2025 au Musée départemental de la résistance et de la déportation de Toulouse. Après la guerre civile qui coûte la vie à 500 000 personnes, le régime franquiste a opéré une répression massive et sauvage afin d’éradiquer toute la gauche espagnole. L’Espagne ne dispose toujours d’aucun recensement officiel des disparus sous la dictature. Pour autant, le bilan humain du régime franquiste est évalué à plus de 200 000 disparus, dont 4 300 fosses communes décomptées. Pour les femmes : tortures systématiques dont viols, tonte des cheveux, exposition en place publique, etc. Les enfants ont été enlevés à leurs familles d’origine et assignés à des familles franquiste. En 1940, plus de 500 000 républicains ont été internés en camp de concentration, 300 000 en prison, 140 000 assujettis aux travaux forcés et un autre demi-million ont fui le régime. Sur le modèle nazi, des expérimentations médicales ont été conduites sur des activistes marxistes pris en cobaye. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a soutenu les manœuvres hitléro-mussoliniennes et a envoyé des troupes contre l’Union soviétique. Au lendemain de la Libération, les pires criminels nazis ont été accueillis et hébergés par l’Espagne franquiste, qui les a soustrait à la justice. Outre la répression féroce, le franquisme endoctrine en masse la jeunesse avec des programmes scolaires ultra-conservateurs. Par ailleurs, il a provoqué une grave crise économique. L’interruption autarcique de l’achat d’engrais a provoqué la mort de plus de 200 000 Espagnols par la faim entre 1939 et 1952. Le pays a stagné pendant toute cette période. C’est afin de sauver Franco que les États-Unis lui ont ouvert l’accès au plan Marshall. Franco a bien entendu bénéficié aussi de l’appui des grandes multinationales, qui ont investi dans un pays sans activité syndicale (punie de mort) et profitaient du travail forcé des prisonniers politiques. Ces crimes sont aujourd’hui sujets à un profond négationnisme, portés par les médias réactionnaires, les officines proches de l’Opus Dei ou de la Fondation nationale Francisco Franco et les partis fascistes de type Vox. Ce n’est ainsi qu’en 2007 qu’ont été annulées les condamnations politiques sous Franco. Ainsi, M. le député attend du Gouvernement qu’il procède sans délai à la radiation de cette Légion d’honneur de la honte. Si le Conseil d’État n’a pas donné suite le 29 janvier 2024 à la demande d’un descendant de réfugiés espagnols qui l’avait saisi, une décision politique s’impose. Pour cela, il faudrait modifier l’article R. 97 du code de la Légion d’honneur pour autoriser la déchéance post-mortem d’un criminel ; une modification absolument consensuelle, hors sans doute les 139 sympathisants fascistes qui siègent à l’Assemblée nationale. Cet acte viendrait saluer et compléter le processus de défranquisation en cours en Espagne comme le retrait des honneurs et titres de Franco ou le mausolée vidé. Il souhaite connaître sa position à ce sujet.

Réponse publiée le 9 juin 2026

La France et l’Espagne sont unies par des liens humains et historiques particulièrement étroits, dont la mémoire de la Guerre civile espagnole constitue une dimension essentielle. La France n’oublie pas les centaines de milliers d’Espagnols qui se sont réfugiés en France à l’issue de la Guerre civile et est profondément reconnaissante de l’engagement de nombre d’entre eux au sein de la Légion étrangère, de la Résistance française et des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Président de la République a tenu à rendre un hommage particulier aux combattants espagnols engagés dans la Nueve, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, intégrée à la 2e division blindée Leclerc, lors des célébrations du 80e anniversaire de la Libération de Paris le 25 août 2024.

Le code de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de l’ordre national du Mérite, à l’article R97 pour les Français et à l’article R135-6 pour les étrangers, ne permet pas d’engager des poursuites disciplinaires contre une personne décédée. L’interdiction de poursuivre pénalement ou disciplinairement une personne décédée constitue en effet un principe fondamental de notre droit que le Gouvernement n’envisage pas de modifier.

Le Traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Espagne signé le 19 janvier 2023 à Barcelone rappelle la « densité et la profondeur des liens humains qui les unissent, et qui résonnent dans la mémoire personnelle des descendants d’Espagnols, dont les réfugiés et combattants de la liberté lors de l’exil républicain, qui ont fait de la France leur foyer ». Ce travail de mémoire est au coeur du renforcement de notre coopération avec l’Espagne.

Notre Président d’honneur, EDGAR MORIN nous a quitté ce vendredi 2026 dans la soirée

La dame à la faux vient de reprendre celui qu’elle avait délivré un 8 juillet 1921.

C’est avec tristesse et désarroi que nous avons appris ce jour le décès d’Edgar Morin, notre président d’honneur.

En ces jours où le chant des sirènes nous abreuve de paroles d’exclusion, d’éradication envers nos contemporains, ces humains dont nous sommes issus, venus d’ailleurs pour défendre la Liberté de tous, les pensées et paroles d’Edgar Morin sont ce qui nous restent de lui. Nous devons les diffuser auprès des générations nouvelles pour qu’elles sachent ce que fut son combat et surtout ce que fraternité et futur signifient. Solidaire avec les Républicains Espagnols, à 16 ans, il confectionna des colis pour SIA (Solidaridad Internacional Antifacista), à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale il s’engagea dans la résistance……… et ce combat pour la dignité et le respect du vivant fut le combat de toute une longue vie d’engagements.

Celles et ceux qui étaient présents rue de Lobau ce 24 août 2016 se souviendront toujours avec émotion de son intervention spontanée à la tribune. Ce fut un grand évènement.

Nous avons perdu un ami de la vie juste et équitable! Toutes nos condoléances et pensées sincères à ses proches.

Nous vous offrons ici l’entretien que nous avons eu avec lui à propos de Wilebaldo Solano, son ami exilé, membre dirigeant du POUM, avec lequel il a recherché durant des années la vérité sur la disparition d’Andreu Nin. (vous pouvez lire l’intégralité, annotée sur notre site)

Wilebaldo Solano ou la quête de vérité : https://www.24-aout-1944.org/wilebaldo-solano-ou-la-quete-de/

Edgar Morin aimait le chocolat noir, nous lui avions offert une composition pour ses 100 ans.

L’association 24 août 1944.

Le rassemblement pour la paix réunit entre 150 à 200 personnes à Tours samedi

Une vingtaine d’associations, partis et syndicats, sont à l’origine de la manifestation pour la paix qui a rassemblé entre 150 à 200 personnes ce samedi 23 mai 2026 dans les rues de Tours.

Entre 150 à 200 personnes ont participé à la manifestation pour la paix, samedi 23 mai 2026, dans les rues de Tours, à l’appel d’une vingtaine d’associations, partis et syndicats (1). « Notre solidarité est internationale, nous sommes solidaires du peuple kanak, du peuple soudanais et de tous les peuples qui résistent », a déclaré au micro Samia, du collectif de Solidarité Palestine 37, devant les manifestants réunis place Jean-Jaurès.

Présent chaque samedi à Tours, le collectif s’est associé pour la première fois au Mouvement pour la paix pour organiser ce rassemblement. « Nous sommes en faveur de la paix et du désarmement de toutes les puissances, a poursuivi la militante. Nous refusons la militarisation de la jeunesse et de la société. Les milliards engloutis dans les armes doivent servir à la santé, à l’éducation, à la justice sociale et à la protection de l’environnement. »

Le cortège s’est d’abord arrêté devant la banque BNP, rue Nationale, « complice de la colonisation israélienne de la Palestine » selon les manifestants, avant de se diriger vers la préfecture de Tours.

© (Photo NR, Pascaline Mesnage)
Par Pascaline MESNAGE
La Nouvelle république du centre Ouest.

(1) Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), collectif Notre santé en danger, collectif Solidarité Palestine 37, collectif Pas d’enfant à la rue, Comité tourangeau de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), CGT, Confédération paysanne, FO, Frères des hommes, FSU, Institut coopératif de l’école moderne (Icem), LFI, La Libre Pensée, Mouvement de la paix, Jeunes Communistes 37 (MJCF), NPA-L’Anticapitaliste, Parti communiste des ouvriers de France, PCF, Retirada37, Sud Solidaires, Union communiste libertaire, Union pour la reconstruction communiste.

27 avril 2026 : PACO IBAÑEZ AU THÉÂTRE ROYAL DE MADRID

PACO IBAÑEZ ALLUME UN PHARE DE RÉSISTANCE CONTRE LA BARBARIE

À 91 ans, l’artiste – une légende vivante de la résistance espagnole au fascisme – a montré que le temps peut abîmer ses articulations et le forcer à monter sur scène au bras de son guitariste inséparable Mario Mas, mais qu’il est incapable de lui voler un brin d’engagement politique ni de fléchir sa confiance dans les êtres humains.

« C’est pourquoi je le dis encore une fois : que personne ne pense ou ne crie “Je n’en peux plus et je reste ici”. Mieux vaut les regarder en face et dire haut et fort : “Dégagez, fils de hyènes, nous sommes des millions et la planète n’est pas à vous” » : c’est par ces mots enregistrés du poète José Agustín Goytisolo, que le concert a débuté. Ensuite, le chanteur-compositeur a donné des noms à ceux qui pensent que le monde leur appartient et a qualifié le président Donald Trump de « satrape américain » et de « bêtes sauvages” les dirigeants Israéliens qui attaquent le peuple palestinien.

Paco Ibáñez, qui dans ses concerts donne généralement sa voix à des poètes de différentes latitudes et langues, a chanté en espagnol, basque et galicien. Les poètes hispanophones des deux côtés de l’Atlantique ont été les plus présents, d’Antonio Machado à Federico García Lorca, en passant par Fanny Rubio et Nicolás Guillén.

De ce dernier, il a interprété « Soldadito boliviano », une chanson dont le vers « Un frère ne tue pas son frère » (qui fait référence à Che Guevara) a été largement applaudi.

Puis Soleá Morente, fille du célèbre chanteur flamenco Enrique Morente, est entrée en scène, qui a montré art et lignée dans son interprétation de “Nana de la mora” de José Ángel Valente et de “Dolor” d’Alfonsina Storni, mis en musique par Paco Ibañez. “Quelle chance la vie m’a donnée d’hériter de mon père ses amis magiques !” a dit la chanteuse avant de céder la place à l’accordéoniste Joxan Goikoetxea et à l’inventeur d’instruments Pep Pascual.

L’un des moments les plus émouvants du concert a été lorsque le public qui remplissait le Teatro Real a repris à l’unisson, avec Paco Ibáñez, “Andaluces de Jaén”, le poème de Miguel Hernández [mort pendant la guerre civile].

Mais les applaudissements les plus longs et l’ovation la plus sincère sont allés à « A galopar », de Rafael Alberti, où Paco Ibañez a été rejoint au chant par Soleá Morente, Joxan Goikoetxea, Pep Pascual et l’ensemble des spectateurs, dans une catharsis collective qui rappelait beaucoup un passé commun, mais tenait aussi de l’espoir d’un avenir meilleur.

Paco Ibáñez donne de moins en moins de concerts, et ne reste plus debout deux heures d’affilée avec la guitare posée sur sa jambe comme il l’a fait depuis soixante-dix ans ; il chante désormais assis la plupart du temps et a besoin de lunettes pour lire les partitions, mais sa voix continue d’être essentielle pour beaucoup.

« Jusqu’à toujours !” a-t-il lancé en guise d’au revoir, laissant la scène vide mais éclairée avec cette phrase en arrière-plan : “Il nous reste la parole” [Nos queda la palabra], accompagnée des photographies des poètes universels qu’il a mis en musique.
(Par Rosa Díaz, EFE)
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– Andaluces de Jaen (Miguel Hernandez) : https://youtu.be/_azN-kqU7nE
– Ya no hay locos (Il n’y a plus fous en Espagne, Léon Felipe) : https://youtu.be/oAbs5Ksn8ck
– Me queda la palabra (Blas de Otero) :
https://youtu.be/DQUTYlwfBFk
– La mala reputación (Brassens) : https://youtu.be/gosi6_vR6eE

JUPITER L’ÉQUIPE DE FOOTBALL ANARCHISTE QUI CACHE DES ARMES DANS LES BALLONS

Toutes les bonnes histoires commencent dans un bar, et celle du Club Esportiu Jupiter l’accomplit. En 1909, à l’ancienne brasserie Cebrian de Barcelone, où se trouve maintenant la horchaterie El Tío Che, les frères Mauchan ont fondé un club qui jouerait un rôle militant pendant la dictature de Primo de Rivera, la deuxième République, la guerre civile et le franquisme.

Ces frères britanniques, ouvriers du quartier de Poblenou, ont baptisé l’équipe sous ce nom, planétarium et mystique, inspirés par le vainqueur d’une compétition de montgolfères organisée sur la plage de la Mar Bella. Dès le début, le club a reflété l’esprit ouvrier du quartier, le plus grand exposant de la révolution industrielle en Catalunya et donc en Espagne.

« Le Jupiter était l’équipe du Poblenou, le poumon industriel de Catalunya, qu’ils appelaient aussi le Manchester catalan. Le quartier était en outre le quartier général des anarchistes », explique-t-il à VICE Sports Andreu Mitjans, qui a documenté l’histoire du club dans les Archives historiques du Poblenou.

Des personnalités de l’anarchisme et du syndicalisme espagnol ont été établies comme Buenaventura Durruti, et le quartier est devenu le centre névralgique de la Confédération nationale du travail (CNT-AIT).

Le bouclier de Jupiter était déjà une déclaration d’intention ; le drapeau catalan étayé par une étoile bleue à cinq branches était sans entonnoir. Cette proximité du catalanisme et de la République alimenterait leur histoire passionnante et compliquée, mêlant football, usines, coups de coups de poing monumentaux et grosses doses de censure, mais qui cache aussi des armes et une résistance ferrée au coup d’État de 1936.

Après quelques années à jouer modestement sur le Champ de la Botte, qui n’était en réalité rien d’autre qu’un terrain de camping, l’équipe s’est fédérée et a commencé à obtenir de bons résultats dans les années 20.

Malheureusement, ses années de splendeur ont coïncidé avec celles de dictature, d’instabilité et de répression dans notre pays.

En 1923, le général Primo de Rivera a imposé son coup d’État et la balance n’a pas précisément penché pour les intérêts d’un club ouvertement ouvrier et anarchiste.
À l’époque, l’équipe a changé de bouclier pour la première fois parce que le régime pensait que l’étoile et le signera étaient offensants. Ce ne serait pas la dernière fois, et même Franco a ordonné qu’on change son nom, mais c’était plus tard. On ferait mieux d’y aller par ordre.

Le club a changé d’apparence mais sa base sociale – qui était à l’époque près de 2 000 membres, qui n’est pas de la morve de dinde pour l’époque – était la même et pendant cette période, son passe-temps a utilisé les ballons pour transporter des armes sous prétexte de déplacements de l’équipe vers autres camps en Espagne.

« Les vieilles balles n’étaient pas fermées hermétiquement comme celles d’aujourd’hui, mais avaient des lacets comme des baskets. Les anarchistes les détachaient, sortaient la chambre à air et placaient l’arme démontée à l’intérieur », confirme VICE Sports Agustí Guillamón, historien barcelonais spécialiste du mouvement ouvrier et révolutionnaire de l’époque.

En 1925, malgré la répression, le « jeu des pistolets » et le peu de sympathie qu’ils suscitaient parmi les stations militaires, Jupiter remporte le titre de champion d’Espagne du groupe B, ce qui serait aujourd’hui la deuxième division.

L’obtention du titre a coïncidé avec un autre air barcelonais, celui du FC Barcelone en Coupe d’Espagne.

« C’était une équipe pionnière en Catalunya, l’une des plus importantes, et son histoire se mêle à celle du Barça pour l’incident qui a provoqué la fermeture du terrain des Corts », rappelle Mitjans.

Les deux clubs se sont réunis dans l’ancien colisée bleugrana pour célébrer leurs titres respectifs et jouer un match hommage à Orphéon Catalan
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La marine royale britannique, qui était ancrée dans le port de Barcelone ces jours-là, a assisté à la rencontre et a interprété la marche royale, alors hymne de l’Espagne, avant le match. Le public a réagi avec une tape sonore qui a dégoûté les autorités, qui ont fermé le champ et puni Jupiter avec six mois de suspension.

Bien qu’il n’ait plus de football, le club n’a cessé de lutter pour la cause révolutionnaire.
Jupiter a rencontré les meilleures équipes espagnoles pendant la première moitié du 20e siècle. Ici, dans un match contre le FC Barcelone en 1944.

« Le club donnait au mouvement une grande partie de ses gains, et bientôt le stade est devenu un arsenal », a raconté Julio Nacarino, ancien président du club, au journaliste Andrea Sceresini. « Les ouvriers, les footballeurs et les anarchistes menaient leurs batailles côte à côte. »

Bien qu’il n’y ait pas de preuves fiables, les chercheurs de l’époque donnent la vérité au prochain chapitre de l’histoire tumultueuse du club, qui place le camp de Jupiter comme centre d’opérations de la résistance anarchiste au coup d’État du 19 juillet 1936.
« Quand la rivière sonne, l’eau emporte. Dans ces choses-là, il y a toujours un point de légende et d’épopée, mais c’est une histoire vraie », note Mitjans en référence au récit oral qui indique la tribune du champ de Jupiter comme un arsenal clandestin.

« Deux camions sont sortis du camp de Jupiter pour combattre l’insurrection fasciste », déclare Guillamón. « Ils sont sortis de là pour deux raisons : premièrement parce que c’est là que vivaient les membres importants de la Fédération anarchiste ibérique (FIA) ; deuxièmement parce qu’il y avait probablement un entrepôt clandestin d’armes sous la tribune de Jupiter. »

La tribune en bois du camp de Lope de Vega, l’une des nombreuses dans l’histoire du club, pourrait être une cachette d’armes des anarchistes. Image prête par les Archives Historiques du Poblenou

Nous savons tous comment ça s’est terminé, et avec le début du franquisme, le club a de nouveau perdu l’identité retrouvée pendant la Deuxième République. « Le régime, je ne sais pas trop pourquoi, n’aimait pas trop le nom du club, alors ils ont rebaptisé l’équipe Hercule », explique Guillamón.

Curieusement, le destin a relié le Jupiter aux passages les plus sombres de notre histoire. Dans l’ancien camp des Botas, le terrain où est née l’équipe et où se dressent maintenant les bâtiments du Forum des Cultures, a été le lieu choisi pour fusiller les ennemis de la dictature à Barcelone.

En 1948, le club a reçu un marteau qui dure toujours. L’équipe qui reflétait le mieux la lutte des classes et l’activisme du Poblenou a été transférée par le régime au camp de la Verneda, dans le district de Sant Martí à Barcelone. En fait, les plans originaux des franquistes étaient de faire de l’équipe la filiale du RCD Espanyol et de diluer le nom historique de Jupiter et, avec lui, une grande partie des empreintes anarchistes dans la ville.

Heureusement, ces plans n’ont pas fonctionné, et le Jupiter – qui porte fièrement son bouclier et ses couleurs originales depuis les années 1990 – continue de faire la guerre aujourd’hui dans la troisième division espagnole.

Même s’il n’y a plus — trop d’anarchistes et que le football est devenu une industrie du capitalisme régnante, l’histoire de Jupiter nous rappelle qu’il fut un temps où le football était bien plus que des piles et des piles de billets.

https://www.vice.com/es/article/ce-jupiter-futbol-anarquista-barcelona-sports/?fbclid=IwY2xjawRS-BlleHRuA2FlbQIxMABzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeFi_LpDTMA1H3P66NgvDWcMy9FHvEXVAr2iPvkYpJvKuwOKxSkCaab7Rb2UE_aem_nidDhkAdNEeqVFk2eV4ZJw

Joseph Putz, le destin hors norme d’un Compagnon de la Libération

L’association 24 août 1944 vous informe de la parution de l’ouvrage :

Joseph Putz, le destin hors norme d’un compagnon de la libération, du général Jean-Paul Michel, passionné de l’histoire de la 2e DB

Nous vous proposons cet ouvrage incontournable à notre avis sur l’histoire de la 2e DB et surtout sur cet homme hors norme qui s’est engagé pour la justice dès la première guerre mondiale.Il en reviendra avec de fortes convictions antimilitaristes et pourtant il restera dans l’armée bien que sous surveillance à cause de son penchant à suivre ses inclinations.

Ce qui nous a déterminé à suivre son parcours c’est son engagement et sa clairvoyance auprès des républicains espagnols en Espagne dès 1936. Voici ce que notre association en dit : Putz Joseph, (1895-1945).

Officier supérieur au renom de légende, Compagnon de la Libération, le colonel Putz va jouer un rôle de premier plan dans le recrutement des Espagnols dans l’armée Leclerc. Héros de la Première Guerre mondiale, ancien des Brigades Internationales, Commandant du bataillon Henri Barbusse de la XIV Brigade Internationale.

Il s’éloigne des BI après l’exécution du commandant Delasalle, accusé de trahison et d’espionnage au profit des franquistes après la bataille désastreuse de Lopera (Andalousie). Delasalle s’était opposé à André Marty, dans la mer noire en 1919. André Marty qui est commandant en chef des Brigades Internationales en 1936. Putz Joseph Putz préside le tribunal militaire qui va condamner Delasalle à la peine de mort. Mais, par son intervention personnelle il le fait acquitter de l’accusation d’intelligence avec l’ennemi pour essayer de lui sauver la vie. Pourtant la sentence est appliquée. À partir de ce moment, Putz va chercher à rétablir l’honneur de Delasalle et André Marty commence une campagne de dénigrement contre lui. Rentré en France il contacte des députés de l’assemblée nationale afin de réhabiliter Delasalle.

Nommé colonel, Joseph Putz combattit en tant que brigadiste sur le front républicain, sous les ordres du fameux général Walter (Karol Świerczewski), qui devait en faire, plus tard, son lieutenant. De Lopera (Andalousie) à Morata, Jarama, Madrid ou Guadalajara, blessé plusieurs fois, toujours à la tête de ses hommes dans les combats, Putz obtint l’estime, l’admiration et l’adhésion sans faille de ses soldats.

Sollicité en dernière instance par le gouvernement basque pour la défense de Bilbao, face à la pression des troupes nationalistes du général Mola, Josep Putz se retrouva – en tant que commandant de brigade, de division et de corps d’armée républicaine – à la division Eusko Deya. Sa valeureuse action au cours de la défense de Bilbao fut saluée par l’Anglais George Steer, dans son livre L’arbre de Guernika.

De retour en France, en 1938, et réintégré dans l’armée, le capitaine Putz fut mobilisé en septembre 1939, au moment de la déclaration de guerre à l’Allemagne. Installé en Afrique du Nord, après la signature de l’armistice, avec le statut de capitaine de réserve, et employé dans l’administration, Joseph Putz travailla comme chef de groupe des travaux du chemin de fer transsaharien Méditerranée-Niger, tout près des républicains espagnols, à Colomb-Béchar.

Suspect à cause de cette relation, on l’obligea à démissionner de sa charge, sous la menace d’une arrestation. Putz décida de se retirer discrètement dans le sud marocain, où il organisa sa participation secrète à la résistance, comptant sur les nombreux Espagnols réfugiés dans la région, et avec lesquels il maintenait des relations…

Après le débarquement allié, en novembre 1942, son épopée dans la 2e DB est à découvrir dans cet ouvrage à ne pas manquer.

Voici la composition de l’ouvrage et nous vous conseillons de souscrire avant le 31 mai pour bénéficier d’une remise de prix.

Comprenant plus de 600 pages, illustré avec 12 cartes et 40 photos, l’ouvrage est divisé en 7 chapitres, avec un prologue et un épilogue :

PROLOGUE : Mort au champ d’honneur, (28.01.1945), 9 pages

CHAPITRE I : Un début de vie difficile, (1895-1914), 22 pages

CHAPITRE II : Dans l’enfer des tranchées, (1914-1918), 140 pages

CHAPITRE III : L’Entre-deux guerres, vie tumultueuse, (1918-1936), 45 pages,

CHAPITRE IV : Les brigades internationales, la désillusion, (1936-1938), 90 pages,

CHAPITRE V : Afrique du Nord, sous la botte de Vichy, (1939-1942), 25 pages,

CHAPITRE VI : Corps franc d’Afrique, l’honneur retrouvé, (1942-1943), 35 pages,

CHAPITRE VII : Libération de la France à la tête du 3e bataillon du RMT, 230 pages.

7.1 : Djidjelli, la fusion CFA-RMT (5 sept.- 31 oct. 1943),

7.2 : Temara, la préparation au combat, (1er nov.43-20 mai 44),

7.3 : Angleterre, avant le débarquement (21mai-31juillet 44),

7.4 : Normandie, les premiers combats victorieux (1-22 août 44),

7.5 : Paris, l’euphorie et la politique (23 août-7 sept. 44),

7.6 : Lorraine, en marche vers la Rhin (8 sept.-20 nov.1944),

7.7 : Strasbourg, le serment de Koufra tenu, (21 au 28 nov. 1944),

7.8 : Colmar, la poche sanglante, (27 nov. 44- 27 janv. 1945).

ÉPILOGUE : Le Compagnon de la Libération, sa mémoire.

Une souscription est lancée voir le bon.

https://www.24-aout-1944.org/newsletter/bon-de-souscription%20.pdf

Symbole de l’anti-franquisme, la « chanson catalane » aura bientôt un lieu dédié à Barcelone

Barcelone valide la création d’une « Maison de la chanson catalane » pour faire vivre la mémoire de la « Nova Cançó », ce genre musical qui symbolise la résistance catalane sous la période franquiste.

Composée en 1968, L’Estaca de Lluís Llach est devenue un hymne mondial pour la liberté, traduite en plus de 50 langues. Mais derrière ce succès, c’est tout un genre musical qui prospérait clandestinement en Catalogne sous les années de dictature : la Nova Cançó.

Barcelone a franchi un pas historique vendredi 27 mars en validant la création d’une « Maison de la chanson catalane » – ou Ateneu de la Cançó – destinée à faire vivre la mémoire de ce mouvement musical qui symbolise la résistance catalane sous Franco.

Face à l’interdiction du catalan dans les administrations, les écoles et les médias, une poignée d’artistes – Joan Manuel Serrat, Lluís Llach, Teresa Rebull… – ont choisi de résister avec leurs mots et leur musique. Inspirés par la chanson française à texte, ils ont composé et interprété des chansons engagées dans l’ombre. Les concerts étaient quasi-clandestins et les disques circulaient sous le manteau. La Nova Cançó est ainsi devenue un puissant symbole de résistance culturelle, linguistique et identitaire.

Une maison pour préserver un héritage

Le projet de l’Ateneu de la Cançó, parrainé par six anciens ministres catalans de la Culture et soutenu par des artistes comme Paco Ibáñez, a pour ambition de préserver ce patrimoine musical, mais aussi de donner vie à la création contemporaine en catalan. « Ce serait un acte de justice culturelle », souligne Paco Ibáñez.

Le futur centre accueillera concerts, expositions, archives et recherches sur ce mouvement. Il vise à sauvegarder partitions, enregistrements et anecdotes, certaines chansons ayant été interdites ou transmises uniquement sous forme manuscrite. Sans un lieu dédié, ce trésor culturel risquerait de disparaître.

Une mémoire historique à transmettre

L’Ateneu de la Cançó ne se limitera pas à un musée : il aspire à symboliser la mémoire vivante de la Catalogne, et rappeller que la musique peut être un acte de résistance pacifique et un vecteur puissant d’identité culturelle.

Pour l’instant, le projet doit encore être validé par la Generalitat (gouvernement catalan), et les détails sur l’emplacement, le budget et le calendrier restent à préciser.

ICI Roussillon