Erreur d’identification…

Le 5 août 1939, 56 personnes ont été fusillées dans les tapis du cimetière de l’Est, dont les 13 roses.

Une fille, la condamnée numéro 26, n’a pas eu son rendez-vous avec la mort ce jour-là en raison d’une erreur de frappe dans son identification : elle figurait sur la liste comme Antonio Torre Yela.


Cette jeune femme, née en 1922 dans le quartier de Tétouan, était militante des JSU.

Son nom était Antonia et le deuxième nom de famille, corrigé au crayon dans le métier qui explique pourquoi elle n’a pas été fusillée figure avec Ll, Llela.

Nous pourrions penser, Antonia elle-même aurait pu le penser, que cette erreur était un clin d’œil porte-bonheur qui la sauvait.
Ce n’est pas le cas, « Ramendé le gain », Antonia a été fusillée en février 1940.

C’est comme ça que marchait la justice de Franco, le chef de guerre d’Espagne par la grâce de Dieu.

Le document a été trouvé par mon ami Boriba Merci !

Gabriela Cladera

Souvenirs d’une exilée espagnole 1936-1975

María a 14 ans lorsque la guerre d’Espagne éclate en 1936. Deux de ses frères sont tués dès les premiers mois comme nombre d’habitants d’Angüés, en Aragon. Malgré la répression franquiste et la trahison des staliniens, le village s’organise avec l’aide de militants de la CNT et collectivise les terres. Puis, en 1939, ce qui reste de la famille de María doit se résoudre à gonfler les rangs des centaines de milliers d’exilés de la Retirada, pour trouver refuge en France.

Plusieurs décennies après avoir connu la terreur des bombardements, la faim et la fatigue des routes de l’exil et l’incertitude des camps de réfugiés, elle raconte ici ses souvenirs. Son récit, qui s’inscrit dans la tradition de l’« histoire par en bas », est empreint de candeur et de lucidité. Véritable testament contre l’oubli, il honore la mémoire de ceux et celles qui ont combattu le fascisme et lutté pour la liberté et la solidarité.

Auteur : María Sesé Sarvisé
Éditeur : Éditions Lux
Sélection du mois : mars 2026
Thèmes : révolution espagnole, 1936, antifranquisme 2026 | 168 pages | 14,00 €

Traduit de l’espagnol par Lauro Del Prado

Présentation d’ Ariane Miéville

Salvador Puig Antich

Ce livre qui évoque le parcours personnel et politique du militant anarchiste Salvador Puig Antich, en retraçant l’histoire du MIL (Mouvement ibérique de libération) et des Groupes autonomes de combat, nous replonge dans le bouillonnement post-68 qui secouait le monde et en l’occurrence l’Espagne sous la dictature franquiste.

Il éclaire notamment trois aspects qui rejoignent des problèmes actuels. — Un revirement de l’appareil dictatorial franquiste se faisait pour adopter une forme proche de la démocratie capitaliste néolibérale, devenue aujourd’hui banale dans les ex-pays léninistes du socialisme réel et dans les apparentes ex-dictatures d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. — Face à ce blanchiment des crimes et de la corruption, la société espagnole et, surtout, les travailleurs commençaient à montrer qu’ils n’étaient ni inconscients ni soumis.

Des conflits surgissaient sur les lieux de travail de plus en plus ouvertement. — Une nouvelle génération d’Espagnols, à l’écoute de Mai 68 et des luttes en cours dans des pays très différents, désirait dépasser la simple lutte antifranquiste, qui visait à remplacer une dictature par une démocratie bourgeoise, et cherchait alors des solutions réellement émancipatrices pour abattre le capitalisme.

Cette évocation du passé part du vécu et des affirmations théoriques anticapitalistes de Salvador Puig Antich. Simultanément, la situation de lia société espagnole et des travailleurs est évoquée, car elle subit, comme ailleurs, la pression des mensonges sur ses luttes passées et récentes et une atrophie de la pensée.

Ce livre secoue les mirages de développement économique par le capitalisme (plus ou moins vert), le patriotisme (plus ou moins nauséabond), la religion (toujours) asphyxiante et les contre-vérités véhiculées par internet.

►Salvador Puig Antich – Guérilla anticapitaliste contre le franquisme◄

Ouvrage collectif coordonné par Ricard de Vargas Golarons

En co-éditions Noir et Rouge et Éditions du Monde Libertaire (avec Hobo Diffusion)

https://www.librairie-publico.com/spip.php?article3381

14 mars 2026 : 400 à 500 personnes à Tours pour la manif contre le fascisme et le racisme.

Rien d’exceptionnel. Une délégation de Retirada37 (8 adhérent-e-s), pas mal de jeunes, quelques dizaines d’autonomes dont 3 ou 4 méritent la médaille de la connerie militante : durant l’interprétation de la chanson « Le pieu » par la chorale militante « la p’tite rouge de Touraine », ils se sont mis à vociférer « à bas l’État policier !  » pour bien montrer leur « radicalisme » à la noix. Lorsque l’on a un minimum de culture politique et historique, on sait que cette chanson de Lluís Llach fut un emblème la résistance catalane face à la dictature fasciste de Franco. Quand on en arrive à piétiner ainsi ce symbole, on arrive à la quintessence de la médiocrité en politique…

hdr

Le 14 mars 1952, le militant anarchiste Pere Adrover Font “El Yayo o El Laio” est fusillé dans le camp de la Bota, Barcelone.

le militant anarchiste Pere Adrover Font “El Yayo o El Laio”, a joué un rôle très remarquable dans la guérilla anarchiste. Né à Palma, Majorque, Illes Baléars, date de naissance inconnue. De profession vitrier, en 1936, il était secrétaire de la Fédération ibérique des jeunes libertarias (FIJL) de Masnou, Maresme, Catalunya. Lorsque le soulèvement fasciste est advenu, il s’est enrôlé dans la colonne « Los Aguiluchos » de la Fédération anarchiste ibérique (FIA).

En 1939, la guerre a traversé la France. Lorsque les troupes du troisième Reich occupèrent la France, les Allemands l’ont demandé enrôlé dans l’organisation TODT. Il a collaboré clandestinement avec la Résistance française, participant à de nombreux sabotages, a été arrêté par les nazis, qui l’ont envoyé au camp de concentration de Mauthausen.

Après la guerre, il rejoint les groupes d’action confédéraux et en 1947 le mouvement libertaire de résistance (MLR). Il a effectué de nombreuses incursions depuis la France avec : Celedonio García, Facerías, González Sanmartí et Pareja entre 1947 et 1949 effectuant des « expropriations » à Barcelone, à Granollers, des attentats contre des consulats à Barcelone contre des États ayant reconnu le régime de Franco, etc. Il était lié au groupe « los Maños » de Wenceslas Jiménez Orive. Il faisait la liaison entre celui-ci et les comités nationaux de la Confédération nationale du travail (CNT) de Toulouse. Le 12 juillet 1947, il a participé à l’exécution de l’ancien dirigeant confédéral accusé d’avoir dénoncé Eliseo Melis Diaz.

En tant que membre de la Commission de défense de Barcelone, il a fabriqué plus d’une centaine de bombes et participé à au moins deux attentats contre Franco : le 17 mai 1947 avec une bombe dans la cathédrale de Barcelone, dissimulée dans une boîte à chaussures. Le 3 juin 1949 avec une explosion sur l’autel de San Pancracio à Barcelone. Le 15 mai 1949, avec Facerías, il a posé des engins explosifs contre les consulats de Bolivie et du Brésil, États qui avaient reconnu le régime franquiste. Il participa en 1949 avec le groupe de Josep Lluis Facerías à des expropriations destinées à financer la guérilla. Le 2 juillet 1949, avec Arquimède Serrano Ovejas, Cesar Saborit, Domingo Ibars Juanias et Francisco Martínez Márquez, il participa à l’attaque de l’usine de céramique ICAM avec un butin de 50 000 ptas. Le 27 septembre de cette année-là, avec le même groupe, il a attaqué les bureaux d’un entrepreneur suisse du bâtiment et trois jours plus tard l’entreprise « Bâtiments y Structures » sur la promenade centrale de Gracia à Barcelone. Le 9 octobre, il a participé à l’assaut du célèbre bordel barcelonais « La Casita Blanca », où le groupe a récolté 37 000 ptas et la documentation des clients. Le 14 octobre, il commet, avec son groupe, un hold-up dans une bijouterie sur la voie Laietana à Barcelone, emportant 400 000 ptes.

L’arrestation de Ramón Loscos Viñas, compagnon du groupe, le 3 novembre 1949, a facilité son arrestation dans une embuscade deux jours plus tard, avec Arquimedes Serrano Ovejas et José Pérez Pedrero, lequel a été abattu en pleine rue. Le 6 février 1952, il a été jugé en cour martiale à Barcelone avec une trentaine de guérilleros anarchistes et condamné à mort. Il a été fusillé le 14/03/1952 avec ses compagnons : Ginés Urrea Piña, Jordi Pons Argilés, José Pérez Pedrero « Tragapanes » et Santiago Amir Gruañas « El Sheriff ».

« No pasarán », guerre d’Espagne et solidarité antifasciste internationale

Dans l’Espagne des années 1930, les mouvements antifascistes s’organisent face à la montée du fascisme et à l’influence du parti phalangiste. En Europe, pendant la guerre civile espagnole, la presse de gauche affirme son soutien aux républicains et les armes traversent discrètement les frontières.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/no-pasaran-guerre-d-espagne-et-solidarite-antifasciste-internationale-4061140