14 mars 2026 : 400 à 500 personnes à Tours pour la manif contre le fascisme et le racisme.

Rien d’exceptionnel. Une délégation de Retirada37 (8 adhérent-e-s), pas mal de jeunes, quelques dizaines d’autonomes dont 3 ou 4 méritent la médaille de la connerie militante : durant l’interprétation de la chanson « Le pieu » par la chorale militante « la p’tite rouge de Touraine », ils se sont mis à vociférer « à bas l’État policier !  » pour bien montrer leur « radicalisme » à la noix. Lorsque l’on a un minimum de culture politique et historique, on sait que cette chanson de Lluís Llach fut un emblème la résistance catalane face à la dictature fasciste de Franco. Quand on en arrive à piétiner ainsi ce symbole, on arrive à la quintessence de la médiocrité en politique…

hdr

« No pasarán », guerre d’Espagne et solidarité antifasciste internationale

Dans l’Espagne des années 1930, les mouvements antifascistes s’organisent face à la montée du fascisme et à l’influence du parti phalangiste. En Europe, pendant la guerre civile espagnole, la presse de gauche affirme son soutien aux républicains et les armes traversent discrètement les frontières.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/no-pasaran-guerre-d-espagne-et-solidarite-antifasciste-internationale-4061140

NON au RACISME, NON aux FASCISTES, NON aux VIOLENCES D’ÉTAT, SOLIDARITÉ ! SAMEDI 14 MARS 2026 – UNITÉ

D’où que l’on vienne, où que l’on soit né.e, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous étudions ici. Ensemble. De l’Ariège à Roubaix, de Grenoble à la Bretagne, de Marseille à la région parisienne, de Mamouzou à Ouvéa, ce sont nos quartiers, nos vallées, nos communes. Nous ne voulons plus laisser ce pouvoir nous réduire à la misère et à la précarité, nous détruire et nous diviser, ouvrir la voie au fascisme.

Nous décidons de nous unir, de résister, de riposter, et de construire la solidarité comme un moyen et comme un objectif. Chaque fois que l’on s’attaquera à l’un.e d’entre nous, nous nous lèverons ensemble. Chaque victoire des un.es ou des autres sera une victoire pour toutes et tous.

À la mémoire d’Aboubacar Cissé, malien, sans-papier, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie.
À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers.
À la mémoire d’El-Hacen Diarra, mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers.
À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineur·es isolé·es.
À la mémoire de tou.tes nos frères et sœurs tué.e.s, violé.e.s, mutilé.e.s, blessé.e.s, déshumanisé.e.s par le racisme, la police et la gendarmerie, aux frontières, dans les lieux d’enfermement ou dans nos quartiers, faisons vivre partout la solidarité.

Dans chaque quartier, chaque commune, chaque lieu de travail et d'études, nous appelons à s’organiser dans l’unité pour :

 se mobiliser dans chaque quartier et chaque commune pour faire obstacle aux rafles policières,
barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes

 s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles, et à la présomption de légitime
défense pour la police,

 obtenir le retrait des lois islamophobes, à commencer par la loi séparatisme,

 exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineur·es isolé·es, le renouvellement automatique des titres de séjour,

 ouvrir les guichets des préfectures et faire de la carte de 10 ans le titre de séjour de référence,

 abroger immédiatement la loi Darmanin et les circulaires Retailleau, fermer les Centres de Rétention
Administrative (CRA),

 imposer l’égalité des droits pour toutes et tous : logement, santé, retraite, école, travail,

 abrogation du décret Lecornu sur l’Aide Médicale d’Etat,

 lutter contre la militarisation de la société et la marche vers la guerre,

 abolir le décret raciste Bienvenue en France qui augmente les frais d’inscription des étudiant.e.s
étranger.e.s et restaurer les APL pour les étudiant.e.s étranger.e.s

 refuser toutes les formes de racisme et affirmer la solidarité internationale avec tous les peuples qui résistent au racisme, au colonialisme et à l’impérialisme.

Manifestation samedi 14 mars à Tours
RDV à 16h30 place Jean Jaurès

Premiers signataires en Indre et Loire : UTOPIA 56, Collectif Jeunes de Tours, TAF, OST, ASFT, Table de Jeanne Marie, Collectif santé, Greenpeace, Extinction Rébellion, Réseau Féministe, Retirada 37, Solidaires, Solidaires Etudiant-es, FSE, NPA, LFI, UCL, PCOF,

Castelnau-Durban (Ariège), La Casace [Casasse], massacre d’Espagnols adultes de la mouvance anarchiste et d’enfants par des « guérilleros » (15 juillet 1944

Le 15 juillet au soir, des guérilleros de l’AGE (Agrupación de guerrilleros españoles), dépendant de l’UNE (Unión nacional española) ont massacré sept personnes dans une ferme du hameau de la Casace. Une famille d’anarchistes espagnols fêtait la naissance, la semaine précédente, d’une petite fille. Des amis étaient présents. Les guérilleros, sans doute venus du maquis proche de La Crouzette, reprochaient à Ricardo Roy Escribano de refuser d’intégrer les rangs de l’UNE et ceux de son bras armé, l’AGE (Agrupación de guerrilleros españoles)

Un massacre occulté :

Le massacre de La Casace [orthographe adoptée par l’IGN, « Massat, pic des tTois seigneurs, PNR des Pyrénées ariégeoises », carte TOP 25 2047 ET, 2018 ; écrit aussi Lacazace, La Casasse, Lacasasse, Lacasace], un hameau située à environ 2 km au sud du village de Castelnau-Durban, aurait dû frapper les mémoires. Une des maisons de La Casace fut le théâtre d’une tragédie : cette tuerie spectaculaire qui décima en premier lieu la famille Roy, quatre des sept victimes dont deux fillettes, l’une d’entre elles âgée d’à peine une semaine, a été occultée. Pourtant, connue au-delà des limites communales de Castelnau-Durban dès l’automne 1944, elle fut bientôt oubliée, surpassée dans la mémoire locale par le drame de la destruction de Rimont, village proche de Castelnau-Durban le 21 août 1944, et le combat décisif livré par la Résistance contre le Marschgruppe allemand composé en majorité de supplétifs turkestanais, qui pendant son repli avait semé la terreur à Saint-Girons (Voir Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (Ariège), 22 août 1944). Neuf maquisards et deux civils furent alors tués lors de l’affrontement contre les troupes d’occupation. Toutefois, la tuerie de la Casace demeura présente dans la mémoire de républicains espagnols, anarchistes, socialistes ou autres, qui, en 1944-1945 s’étaient opposés à la tentative du Parti communiste d’Espagne (PCE) de revendiquer l’hégémonie politique et d’imposer leurs organisations « de masse », Unión nacional española et Agrupación de guerrilleros españoles comme étant les représentants exclusifs des Espagnols ayant participé à la Résistance en France. Mais, localement, la mémoire valorisa la « geste » des maquisards de l’AGE et des FTPF de la Crouzette, et cette « bavure » criminelle s’ajoutant à d’autres, on a tout fait pour l’oublier et en faire disparaître les traces.

En effet, ce tragique événement n’avait pas échappé aux républicains espagnols opposés à l’action du PCE et de ses organisations satellites dans la France de 1944. Dans un document de la Junta española de Liberación (JEL, fondée le 25 novembre 1943 par la plupart des forces politiques républicaines — mais non les forces syndicales — qui contestaient la volonté d’hégémonie du PCE à travers l’UNE) adressée le 4 novembre 1944 aux autorités françaises, le massacre de la Cazace était dénoncé et décrit dans ses grandes lignes. Le texte rapporté par José Borras (op. cit., p. 21) en donnait les raisons : « D’après ses [Ricardo Roy Escribano] déclarations, on lui avait enjoint à plusieurs reprises l’ordre de rejoindre la UNE, comme il a refusé, on l’a menacé de mort et les hommes de la UNE ont perpétré le crime que nous dénonçons ». Le Mouvement libertaire espagnol (MLE) adressa aussi une lettre au PCE dans laquelle il était évoqué.

Des historiens ont, par la suite, évoqué le massacre de La Casasse dans plusieurs ouvrages (cités dans les sources de cette notice) : José Borras, 1976 ; David Wingeate Pike, 1984 [Paris] ; Esteve Ballester, Martine Boury, Marcel Gélis, Marcel Langand, Henri Melich, Edward Sarboni, Carolina Benito, Amapola Gracia, Dominique Grein, 1984 [Perpignan] ; Marie-Christine Dargein, 1989 (dans un remarquable travail pionnier, elle a bien vu, la première, parmi les historiens, comment s’est établi le processus d’occultation des affrontements entre résistants espagnols en Ariège, la répression menée par l’UNE et l’AGE contre les anarchistes) ; Marie-Claude Raffaneau-Boj, 1993 ; Geneviève Dreyfus-Armand, 1999 ; José Cubero, 2005 ; D. Bueno, 1999 ; ouvrage collectif, 2012. Le travail collectif publié à Perpignan en 1984, livre des témoignages décisifs, ceux de José Arisó (18 octobre 1910, Albalate de Cinca, province de Huesca, Aragon, Espagne ; 15 décembre 1998, Villefranche-de-Lauragais, Haute-Garonne) et de Francisco Subirats, d’une part ; celui d’Umberto Marzocchi, d’autre part. En 2020, enfin, Ángel Carballeira a rouvert le dossier et a effectué une minutieuse enquête complémentaire qui permet de mieux connaître certains détails du drame de La Casace. Claude Delpla n’en parle pas dans son ouvrage posthume (op. cit., 2019), mais il l’avait évoqué implicitement — et minimisé — en 2006 (op. cit., p. 163) : « Un d’entre eux [parmi les libertaires espagnols du Couserans] refuse d’aller au maquis [de l’AGE, localisé à la Crouzette] malgré plusieurs sommations. La sanction est terrible. Il est exécuté (15 juillet 1944) ». Remarquons au passage que le libertaire évoqué par Delpla, Ricardo Roy, a échappé à l’exécution qui le visait et que les victimes innocentes de la tuerie sont ignorées.

Un autre historien ariégeois, Jean-Jacques Pétris a mentionné le massacre de la Casace dans ses notes mises en ordre et tapuscrites déposées aux archives départementales à Foix. Il a bien identifié et cerné Ricardo Roy Escribano présenté comme anarchiste. Il a indiqué que le nombre de victimes était bien au nombre de sept parmi les quelles il a identifié sa femme, ses deux filles de six ans et huit jours, un ami et, à tort, son beau-père qui ne se trouvait pas dans la maison. Il fait erreur aussi sur la date : pour lui le massacre a eu lieu le 13 juillet 1944. À notre connaissance, il n’a pas fait part du massacre dans ses publications imprimées ou électroniques ou, du moins, dans celles que nous avons consultées.

Le contexte :

De l’été 1944, avant même la Libération, jusqu’à la première moitié de 1945, les divergences de vue entre les deux tendances des « républicains espagnols » réfugiés en France, les communistes et tous les autres, débouchèrent sur des « liquidations » physiques. Elles sont bien documentées dans plusieurs départements : Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne, Aveyron, Lot, Corrèze. Elles furent le fait de communistes, porte-paroles de l’UNE, qui s’en prirent à des militants qui refusaient de rallier les maquis de l’AGE. Il faut savoir, par ailleurs, que, hormis des militants qui rallièrent l’UNE et/ou l’AGE à titre purement individuel, les socialistes du PSOE, les anarchistes, les militants du POUM, les nationalistes catalans participèrent en général à la Résistance dans le cadre des mouvements français non communistes : Mouvements unis de la Résistance (MUR) et leur organisation militaire, l’Armée secrète (AS) ; réseaux français ou contrôlés par les puissances alliées (Cf. par exemple Ponzán Francisco).

En ce qui concerne le contexte local, on sait que les meurtres de la Casace furent commis par des membres de l’UNE, dans la soirée du 15 juillet 1944. Or, les membres actifs de l’UNE les plus proches du hameau se trouvaient à quelques kilomètres dans le maquis de la Crouzette, dans commune voisine de Castelnau-Durban, Esplas-de-Sérou (Voir Esplas-de-Sérou (Ariège), col de la Crouzette (1244 m) et col de Rille (938 m) ; Castelnau-Durban (Ariège), Rivèrenert (Ariège), 19 juin-21 juillet 1944). Ce maquis rassemblait deux formations militaires distinctes, de l’AGE et des FTPF (Francs-tireurs et partisans français). Le 15 juillet 1944, au moment même où se déroulait le drame de la Casace, des maquisards descendirent de leur nid d’aigle et vinrent enlever des collaborationnistes, ou supposés tels, pour les traduire devant un « tribunal du peuple » autoproclamé. Une terrible méprise coûta la vie à un innocent, Joseph Pédoya, abattu par un des maquisards qui avait pénétré chez lui. Si nous n’avons pas la preuve que les membres de la UNE qui entrèrent au domicile du militant libertaire Ricardo Roy Escribano à la Casace, venaient du maquis de la Crouzette, il y a néanmoins de très fortes probabilités — une quasi certitude — que ce fut le cas. La coïncidence de date (15 juillet, nuitamment) est pour le moins troublante. Rappelons que les maquisards de la Crouzette vinrent, au même moment, « visiter » d’autres maisons de Castelnau-Durban. Les affiliés de l’UNE/AGE étaient selon toute vraisemblance venus chercher Ricardo Roy pour l’amener au col de Rille où siégeait le « tribunal du peuple » des maquis de la Crouzette, comme d’autres guerrilleros et/ou maquisards FTPF étaient en train de faire dans d’autres maisons de Castelnau-Durban, Montseron ou Rimont. Constatant son absence, ils auraient décidé d’exercer des représailles sur les présents, ne tenant même pas compte de leur âge et considérant comme certaine l’adhésion des adultes des deux sexes à des engagements qui étaient aussi ceux de Ricardo Roy.

Plus tard, Àngel Carballeira (op. cit., 2020) a par la suite pu interroger une villageoise de Castelnau-Durban, témoin direct, qui confirma les récits déjà publiés et apporta des précisions complémentaires. Son enquête a été complétée par des recherches d’archives, municipales à Castelnau-Durban, départementales à Foix et à Manresa (Catalogne, Espagne).

Les circonstances du massacre :

Le libertaire José Arisó (1910-1998) était un ami de Ricardo Roy. Il habitait à Mirepoix (Ariège) à une quarantaine de kilomètres à l’est de Castelnau-Durban, et fut la première personne à qui Ricardo Roy, l’un des deux rescapés du massacre, raconta ce qui s’était passé. Quarante ans plus tard, il livra son témoignage (Op. cit., 2004, Perpignan). Le libertaire italien, Umberto Marzocchi livra aussi un témoignage (Op. cit., Perpignan, 1984) où il évoqua la tuerie de la Casace. Ancien volontaire « international » en Espagne républicaine, après avoir intégré peu de temps le maquis des FTPF cantonné au col de la Crouzette (Voir René Plaisant), au-dessus de Castelnau-Durban, il fit partie, avec d’autres anarchistes du maquis « Bidon 5 » de l’Armée secrète, fondé par des résistants socialistes ou proches de ce parti issus pour beaucoup d’entre eux de l’industrie pétrolière du Comminges.

Cette unité de l’AS, centrée sur le village pyrénéen du Comminges, Arbas (Haute-Garonne), avait une implantation dans des villages du Couserans, proches de la limite avec la Haute-Garonne plus particulièrement Cazavet (Ariège). Elle accueillit des anarchistes espagnols (mais également un Italien comme Marzocchi) souvent domiciliés dans le Couserans — ils appartenaient au groupe de Saint-Girons de la CNT clandestine en France — qui refusaient d’intégrer l’AGE. Ils formaient au sein de ce maquis une « unité particulière » se réclamant, après la Libération de l’Ariège et de la Haute-Garonne de l’Alliance démocratique espagnole (ADE) fondée le 9 septembre 1944 et regroupant toutes les tendances républicaines de l’exil espagnol, à l’exception des seuls communistes (la JEL prit ensuite le relais de l’ADE). Cette « unité » du maquis Bidon 5 de l’AS était commandée par Eduardo Vizcaya, alias « Del Rio », né en 1910.

Les Espagnols affiliés à la UNE entrèrent armés au domicile de Ricardo Roy, en contact, comme ses amis, avec la Résistance. Ils furent surpris lorsqu’ils se rendirent compte qu’une fête familiale y était organisée afin de célébrer la naissance, le 8 juillet 1944, d’Isabelle fille de Ricardo Roy et de son épouse Palmira Tomàs. Neuf personnes, membres de la famille et amis, étaient présentes. Les membres de l’UNE discutèrent et furent finalement invités à participer aux agapes. Ils demandèrent à leurs hôtes s’ils disposaient d’armes et s’ils savaient les utiliser. Ils sortirent alors les leurs et les manipulèrent. Vers 22 heures 30, l’un d’entre eux éteignit la lumière et les maquisards tirèrent. Les victimes de la tuerie n’étaient pas identifiées dans les témoignages de 1944 et de 1984 utilisés entre temps par quelques historiens. La maison où furent perpétrés ces meurtres fut ensuite brûlée. Au Service historique de la Défense à Vincennes, Ángel Carballeira (op. cit., 2020, p. 31) a retrouvé, à la date du 18 juillet 1944, dans les registres de la brigade de gendarmerie de Saint-Girons (cote 9 E 179, rubrique « Incendies », p. 378, photographie du document dans l’article cité) la note suivante : « Dans la nuit du 15 au 16-7-44 incendie de la ferme de Cazace commune de Castelnau-Durban par des terroristes avec cinq espagnols à l’intérieur qui ont péri (rapport n° 58/4 du 18-7-44) ». Il n’est pas dit que, au préalable, que ces personnes (cinq au lieu des six ou sept finalement comptabilisées) avaient été criblées de balles. Dans le jugement du tribunal civil de première instance de Foix rendu le 9 septembre 1954, analysé en détail plus bas, il est dit que l’enquête a permis de savoir que l’incendie de la Casace avait fait sept victimes. Mais les sept victimes périrent très vraisemblablement par balles. Le feu n’a sans doute été mis par les assassins que pour tenter de faire disparaître les traces de leur crime.

Le bilan :

Remarquons, en premier lieu, que José Arisó, ami proche de Ricardo Roy, a indiqué qu’il y avait eu huit victimes, six adultes et deux enfants. L’enquête d’Ángel Carballeira (op. cit., 2020) permet de dresser, en produisant des arguments probants, le bilan macabre de ce massacre. Il a établi à sept (six, selon lui dans le cas où l’on considère que « Garcia » et « Gracia » auraient pu être une seule et même personne) le nombre probable de victimes de la tuerie. Mais, finalement, nous avons eu la preuve (voir ci-dessous) qu’il y a eu sept victimes, ce qui permet de conclure que Garcia et Garcia était selon toute vraisemblance deux personnes différentes. Deux personnes purent échapper au massacre.

Cinq d’entre elles étaient connues avant le travail de recherches d’Ángel Carballeira : Isabelle Roy, née à La Casace, commune de Castelnau-Durban, le 8 juillet 1944. Son acte de naissance figure dans le registre de l’état civil de la commune ; Prosperitat Roy i Tomàs née à Manresa (province de Barcelone) le 8 octobre 1937. L’acte de naissance rédigé en catalan figure dans l’état civil de cette ville ; Palmira Tomàs i Pérez (orthographe catalane du patronyme consignée dans son acte de mariage, état civil de Manresa), née à Súria, localité industrielle au nord de Manresa, le 17 avril 1916, mariée avec Ricardo Roy Escribano le 11 octobre 1937 ; Garcia, ami de la famille, père de deux filles, Carmen et Anita, habitait Castelnau-Durban au moins depuis1943 ; Evaristo Soler Crivellé, né le 18 octobre 1887 à la Torre de l’Espanyol (province de Tarragone), village de la rive gauche de l’Èbre, demeurant en 1944 à La Bastide de-Sérou (Ariège), entre Castelnau-Durban et Foix. Il n’y a pas d’acte de décès le concernant. Le tribunal civil de Foix, dans un jugement du 9 septembre 1954, indiqua que sa disparition « causée pour faits de guerre » a bien été le résultat de sa mort au cours de l’incendie la maison Estaque à la Casace, commune de Castelnau-Durban. Pour des raisons qui nous échappent ce jugement ayant valeur d’acte de décès fut transcrit non pas sur l’état civil de Castelnau-Durban sur le registre l’état civil de sa commune de résidence, La Bastide-de-Sérou.

On peut s’interroger sur l’attitude des magistrats de Foix qui en ordonnant la transcription du décès sur l’état civil d’une commune où il est avéré qu’il n’a pas eu lieu, n’ont pas appliqué strictement la loi. Par ailleurs, comme, dix ans après le crime n’était pas prescrit, n’auraient-ils pas dû ordonner une enquête ? D’autant plus que l’arrêt rendu reconnaissait l’existence de six autres victimes. En rendant ce jugement, on peut penser qu’ils ont subi la pression de groupes politiques influents présents en Ariège. Ou, du moins, qu’ils n’ont pas voulu les mécontenter. D’où ce jugement en demi-teinte qui, cependant, établissait de façon définitive la réalité du massacre du 15 juillet 1944 à la Casace.

Deux autres victimes non consignées dans les récits antérieurs à l’enquête d’Àngel Carballeira : Rosario Pérez Rodríguez, mère de Palmira Tomàs, née à Monforte de Lemos (province de Lugo, Galice, Espagne) ; Gracia dont le nom figure dans le document de la JEL faisant état du massacre de la Casace. Mais peut-être se confond-il avec le « Garcia » de la liste précédente ? Une métathèse est toujours possible lors d’une transcription.

Deux personnes ont réussi à échapper à la tuerie : Ricardo Roy Escribano, le seul visé par une « liquidation » physique par les guérilleros de l’AGE, né le 9 février 1902 à Borobia (province de de Soria, Espagne), un des habitants de la maison de la Casace, lieu de la tuerie. Il était absent lorsque les hommes de l’UNE tuèrent les occupants de sa maison. Étant donné la longueur des journées de l’été, peut-être n’était-il pas encore revenu du travail et découvrit-il avec horreur le drame à son retour en observant la bâtisse en train de brûler ? Peut-être, aussi, avait-il été mis au courant des menaces qui pesaient sur lui et s’était-il abstenu, un samedi soir, lendemain d’un 14 juillet, de participer à une fête familiale et amicale qui, à n’en point douter, lui tenait à coeur ? ; Lourtadon, un ami, sans doute de nationalité française, bien connu du témoin interrogé par Ángel Carballeira. Ayant échappé au mitraillage, il réussit à s’échapper par fenêtre qui était ouverte et à se réfugier dans une maison voisine.

On ne sait ce qui devinrent ces deux hommes qui fuirent Castelnau-Durban, traumatisés par le massacre et peu désireux de réapparaître à Castelnau-Durban où ils auraient peut-être été à leur tour « liquidés ». Comme on l’a vu, Roy alla à Mirepoix chez Arisó, mais qu’advint-il de lui par la suite ?

Sépultures et état civil :

Les victimes de la tuerie de la Casace, d’après les divers témoignages furent inhumées dans le cimetière communal. Mais leurs tombes ont disparu. Furent-ils enterrés dans la fosse commune ? D’ailleurs, l’état civil de Castelnau-Durban n’a pas enregistré les décès des victimes. Seul, celui d’Evaristo Soler le fut, dix ans plus tard, à La Bastide-de-Sérou à la date du 15 juillet 1944. Pourquoi le maire de Castelnau-Durban n’a-t-il pas fait transcrire les décès des victimes sur l’état civil communal, alors même que les gendarmes de Saint-Girons avaient signalé au moins cinq victimes dans l’incendie de la maison de La Casace ? Craignait-il quelques représailles ? Le jugement du tribunal civil de première instance de Foix (Ariège) rendu le 9 septembre 1954 est une preuve supplémentaire — décisive — de la tuerie de la Casace du 15 juillet 1944, même si elle n’évoque que des décès provoqués par le feu, ignorant la mort préalable par fusillade. Dans ce jugement, il est bien dit que l’incendie a été provoqué « par un autre groupe d’Espagnols » et qu’il avait fait sept victimes. Ordonné à la demande du ministre des Anciens combattants de des victimes de guerre, il ne concerna, plus de dix ans après le drame, que le seul Evaristo Soler Crivellé. Pourquoi les autres victimes ne figurent-elles pas sur un registre d’état civil, tout comme Soler ? Pour davantage de détails sur ce jugement, se reporter à la notice d’Evaristo Soler Crivellé.

Tout semble, en effet, avoir été fait afin de cacher et de faire oublier un horrible massacre. Nous savons par Claude Delpla (op. cit., 2006, p. 163) que les guérilleros de l’AGE considéraient que des « groupes armés indépendants se présentant comme libertaires » (…), « des vrais ou faux anarchistes [terrorisaient] les paysans ». Il fait sienne l’idée colportée par l’UNE que « ces maquis « noirs » justifient la propagande vichyssoise et allemande répétant que les maquisards [de l’AGE, des FTPF] sont des « bandits rouges », des « terroristes » qui « attaquent les fermes, pillent, volent au nom de la Résistance ». Et, évoquant le maquis espagnol de la Crouzette, il écrit que si les libertaires « refusent de se battre [avec l’AGE] et continuent de dévaliser les paysans, le maquis « noir » [anarchiste] sera détruit comme un groupe ennemi » pour préciser qu’un « réfractaire » — peut-être parle-t-il de Ricardo Roy qui finalement ne fut pas exécuté parce qu’absent de son domicile ? — a été exécuté par des membres de ce maquis le 15 juillet 1944. Pourtant, les libertaires espagnols qui participaient à Résistance n’avaient rien à voir avec des délinquants qui se faisaient passer pour des maquisards afin de rançonner les populations civiles. Refusant, pour la grande majorité d’entre eux, d’intégrer les rangs de l’UNE/AGE, ils participaient aux réseaux des services français ou alliés (Voir par exemple Ester Josep, Ponzán Francisco) ou participaient aux activités de mouvements de la Résistance française et des maquis de l’AS : ainsi les anarchistes du Couserans étaient-ils devenus pour nombre d’entre eux des combattants de l’AS (maquis Bidon 5 d’Arbas, Haute-Garonne, et Cazavet (Ariège).

https://maitron.fr/castelnau-durban-ariege-la-casace-casasse-massacre-despagnols-adultes-de-la-mouvance-anarchiste-et-denfants-par-des-guerilleros-15-juillet-1944/

Les victimes :

GARCIA (GARCIA NARVÁEZ José ?)

GRACIA

PÉREZ RODRÍGUEZ Rosario

ROY Isabelle

ROY i TOMÀS Prosperitat

TOMÀS i PÉREZ Palmira

SOLER CRIVELL֤É Evaristo

Les survivants :

LOURTADON

ROY ESCRIBANO Ricardo

Le féminisme est antifasciste : Némésis hors de nos manifestations !

Depuis des années, des groupes de femmes d’extrême droite, principalement Némésis, perturbent volontairement les mobilisations féministes. Némésis utilise la lutte féministe pour promouvoir une rhétorique réactionnaire, essentialisante et raciste, aux antipodes de nos revendications. Nous continuerons à protéger celles et ceux qui se joignent aux mobilisations féministes des provocations de l’extrême droite.

Depuis des années, des groupes de femmes d’extrême droite, principalement Némésis, perturbent volontairement les mobilisations féministes. Elles viennent systématiquement provoquer les manifestant·es en les insultant et en brandissant des mots d’ordre de haine qui sont à l’opposé des valeurs féministes et humanistes que nous portons. Elles sont accompagnées par un service d’ordre violent ou réfugiées derrière une sécurité privée.

Le contexte actuel étayé par des rapports journalistiques récents met en lumière ce que nous dénonçons depuis des années. La réalité du collectif Némésis repose dans l’utilisation de la lutte féministe pour promouvoir une rhétorique réactionnaire, essentialisante et raciste. Elles prônent une vision archaïque de la société, et défendent en réalité le retour des femmes au foyer au sein du modèle familial hétéropatriarcal. Némésis utilise les violences à l’encontre des femmes pour promouvoir un discours nationaliste, identitaire, sécuritaire et islamophobe, en visant les hommes racisés et étrangers comme seuls responsables des violences à l’encontre des femmes. Ses militantes s’en prennent en permanence aux femmes voilées. Ouvertement LGBTQI-phobes, elles font également des personnes trans des cibles privilégiées de leurs attaques, elles entretiennent la violence du patriarcat et du racisme contre les mouvements féministes.

Notre projet de société est aux antipodes de leur discours anti-immigrés, car nous exigeons une égalité pleine et entière dans le monde du travail pour toutes les femmes et pas que pour les femmes françaises et européennes (comme le prône l’extrême droite), dans la sphère domestique, dans la société toute entière.

Des manifestations instrumentalisées et sabotées

C’est pour ces raisons que lors de nos déclarations de manifestation aux préfectures, nous alertons sur le fait que ce groupe instrumentalise nos manifestations à des fins racistes et ne partage absolument pas les valeurs et le combat féministe que nous portons. A Paris, depuis 3 ans, la préfecture de police, non seulement les autorise à défiler derrière nos cortèges, mais les protège en les encadrant. Pourtant, les intrusions et provocations de Némésis suscitent peurs et inquiétudes parmi les présent-es et empêchent nos manifestations de se dérouler sereinement.

Nous refusons que nos manifestations soient compromises et instrumentalisées par des groupuscules racistes qui veulent silencier nos revendications.

La violence de l’extrême droite est réelle

Depuis 10 jours et la mort violente d’un militant d’extrême droite à Lyon, de nombreux faits de violences et des menaces ont lieu à l’encontre des militant-es antifascistes, syndicaux, associatifs, politiques. Des associations féministes, des lieux militants sont également menacés dans un contexte où le récit et le narratif de l’extrême droite ont été valorisés par un certain nombre de médias sans démarche journalistique. Cela fait croître le climat de violence à l’encontre de toutes celles et ceux qui se mobilisent pour les droits des femmes et leur émancipation.

La marche d’extrême droite ayant eu lieu à Lyon, au cours de laquelle ont été observés des slogans racistes, et homophobes et des saluts nazis, a visibilisé la vraie nature de l’extrême droite violente, raciste, antisémite, homophobe et misogyne. Rappelons que l’extrême droite est responsable de meurtres racistes.

Pour le 8 mars 2026, Némésis a d’ores et déjà appelé à participer aux manifestations organisées par tous les collectifs et cadres unitaires féministes.

Il est inadmissible que les femmes ne puissent plus manifester dans un cadre respectueux et serein pour exiger leurs droits à cause d’intrusions et de provocations de ces groupuscules.

Nous exigeons de la part du ministère de l’intérieur et des préfectures de ne pas autoriser ces groupes d’extrême droite dont Némésis à se joindre ou à être proches de nos manifestations dont elles ne font qu’empêcher le bon déroulement en essayant d’imposer leur présence de façon violente.

Nous sommes déterminées à poursuivre nos luttes féministes, antiracistes, antifascistes et ne pas laisser le terrain à la haine raciste, à la haine des personnes LGBTQIA+, à la provocation et les violences à l’encontre des personnes racisé·es, des militant·es progressistes. Nous continuerons à protéger celles et ceux qui se joignent aux mobilisations féministes des provocations de l’extrême droite et de Némésis.

Notre mouvement est féministe, antiraciste et antifasciste.

Collectif GREVE FEMINISTE, le 28 Février 2026 – Cadre unitaire réunissant des associations, syndicats, avec le soutien des forces politiques, qui organisent depuis plusieurs années les manifestations féministes du 8 mars, journée internationale de mobilisation pour les droits des femmes et celles du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

SIGNATAIRES

ActionAid France, Alliance des femmes pour la démocratie, Amicale du Nid, APEL-Egalité, Assemblée des Femmes, Association Annou Vansé Ansanm – CIDE Îles de Guadeloupe, Association Place des femmes 59, Association Chance Protection Pour Toutes, Association Citoyenne des Originaires de Turquie ACORT , Association Nationale des Etudes Féministes, – ANEF, Association Nationale des Comités de Vigilance Alexis Danan , Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes (ANSFO), Attac France, CAP International , Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, Centre de Recherche et d’Informations pour le Développement CRID, Collectif 11 Droits des Femmes, Collectif des Féministes Narbonnais.es, Collectif de Femmes d’Outre-Mer et du Monde C’FOMM , Collectif IVG Tenon Paris 20, Collectif National pour les Droits des Femmes, Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI), Confédération Générale du Travail CGT, CNT-Solidarité Ouvrière, CNT-Solidarité Ouvrière Education, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Comité pour les libertés et les droits de l’homme en Tunisie CRLDHT, Dans le genre Egales, En avant toute(s), Fédération Nationale Solidarité Femmes, Fédération Sud Commerce et Services, Fédération Syndicale Unitaire FSU , FSU IDF, FEMEN FRANCE , Femmes avec, Femmes Egalité , Femmes Solidaires, Fondation Copernic, Fondation des Femmes, Force Féministe 57, Forum Palestine Citoyenneté, Fédération Tunisiens Citoyen des 2 Rives FTCR, France Amérique Latine, Genre et Altermondialisme, Greenpeace France, Handi Femme Epanouie HFE, HES (socialistes LGBTI+), Ingénieurs Sans Frontières, Je te crois, je te protège, Les Effrontées, Ligue des droits de l’Homme LDH, Le Planning familial , Le Planning familial des Côtes- d’Armor, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des Femmes Thérèse Clerc , Maison des Femmes de Paris, Manca, Marche Mondiale des Femmes France , Mouvement de la Paix, Mouvement des femmes kurdes en France, Mouvement du Nid, Negar-Afghanwomen, Organisation de Solidarité Trans (OST), Osez le Féminisme, Parents & Féministes, Pépite Sexiste, Printemps Ecologique, Réseau Féministe “Ruptures », Réussir l’égalité femmes-hommes, Salon Féministe, Sisterhood, SOS Homophobie, SOS Racisme, Soutien à NousToutes80, Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques – StopVOG, Syndicat Unifié du Bâtiment CNT-f, UNEF le syndicat étudiant, Union Etudiante-UE, Union des Femmes Socialistes – SKB, Union syndicale Solidaires, Union syndicale Solidaires Haute – Vienne, URIF-CGT, VISA, Women Without Violence.

En soutien

Béthune Verte et Humaine, Commission Féminisme les Écologistes, Ecoféminisme PEPS, Egalités, Génération·s, Jeunes Socialistes, L’APRES, La France insoumise, La France Insoumise 06 , Les Ecologistes, Les Jeunes de L’APRÈS, Les Jeunes Génération.s, Mieux Vivre Poissy, NPA-l’Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France , Parti de Gauche , Parti socialiste , PEPS Ecoféminisme, Réseau Coopératif Gauche Alternative, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union Communiste Libertaire, Victoires Populaires.

CONCURSO ESCOLAR INTERNACIONAL SOBRE LA MEMORIA DEMOCRÁTICA

contacto descendientesexilio@gmail.com
¿CÓMO VES TÚ LA HISTORIA?
Temática objeto del concurso: El periodo que comprende la II República, la Guerra de España, el Exilio y la Deportación.
Este concurso consiste en la plasmación asimilada y reflexionada de forma creativa e imaginativa, en definitiva “como ven los estudiantes de secundaria el relato de esta parte de nuestra historia reciente ” expresado de manera sintética y propia.
Dirigido a estudiantes de la ESO y Bachiller, de centros públicos y privados de España y del extranjero.
Actividad para desarrollar desde las asignaturas de historia, sociales, geografía, plástica y dibujo.
Realización por parte del alumnado de dibujos, comics, relatos gráficos cortos, tebeos y otros.
Son varias las modalidades por las que pueden optar en función de las habilidades y las preferencias personales.
OBJETIVOS:
1.- Plantear otra vía para dar a conocer a los más jóvenes nuestra historia, siendo ellos mismos los protagonistas del relato en relación con sus pares.
2.- Alcanzar un efecto multiplicador entre ellos al transmitirles la valoración de su trabajo más allá de las aulas premiando su interpretación y dándole difusión mediante exposiciones: “ los adultos escuchan y aprenden de los jóvenes”.
3.- Hacer atractiva la historia y despertar la curiosidad para un público joven, pero carente del conocimiento de la Memoria Democrática y del exilio.
4.- Apoyar y reforzar las iniciativas del profesorado en la transmisión de la Memoria Democrática y en concreto de la parte más desconocida; el exilio.
5.- Anular y/o contrarrestar los bulos y las fakenews que construyen la contra narrativa de la Memoria Democrática.
6.- Sensibilizar sobre la necesidad de CONOCER Y NO OLVIDAR; haciendo participes en esta tarea a los jóvenes.
7.- Difundir con nuevas herramientas comunicacionales la utilidad de construir el futuro del conocimiento de nuestra historia democrática.

ENTREGA DE PREMIOS Y EXPOSICIÓN:
Una vez que el jurado comunique a ADEE el resultado, se trasladará al centro escolar y al estudiante ganador/a. Serán citados para la gala de entrega de premios.
Se hará una gala pública de entrega de premios y posterior exposición de una selección de los mejores trabajos presentados al concurso.
MODALIDADES:
1.- Alumnos de la ESO
2.- Alumnos de Bachiller
PREMIOS:
1.000€ para el Centro ganador en modalidad 1, destinados a compra de libros para la biblioteca del centro.
1.000€ para el Centro ganador en modalidad 2, destinados a compra de libros para la biblioteca del centro.
400€ para el/la estudiante ganador/a, modalidad 1 (en material fungible ya que al ser menor de edad no puede recibir una cantidad dineraria).
400€ para el/la estudiante ganador/a, modalidad 2 (en material fungible ya que al ser menor de edad no puede recibir una cantidad dineraria).
CALENDARIO:
Febrero 2026
Difusión de la convocatoria pública.
Junio 2026
Fin del plazo de admisión de propuestas.
Septiembre 2026
Selección de los ganadores en las dos modalidades.
Octubre y noviembre 2026
Gala de entrega de premios e inauguración de la exposición con los mejores trabajos presentados.

Contacto descendientesexilio@gmail.com

SOUVENIR D’UNE TENTATIVE DE COUP D’ETAT

Le 23 février 1981 eut lieu en Espagne une tentative de coup d’Etat. Ce jour-là, deux cents gardes civils, menés par le lieutenant-colonel Antonio Tejero, un abruti total qui servit d’idiot utile aux véritables responsables de ce putsch raté, pénétraient au sein du congrès des députés, à Madrid, tiraient à la mitraillette dans les plafonds, obligeant les élus à se planquer derrière leurs pupitres.
A Valence, le général Jaime Milans del Bosch, franquiste jusqu’à la moelle, qui avait combattu dans les rangs de la sinistre Division Azul, corps de volontaires dans les rangs de la Wermacht sur le front de l’Est, fit sortir les chars dans les principales artères de la ville, tandis qu’à Madrid le général Alfonso Armada se proclamait chef d’une junte opposée à la transition démocratique.

A l’époque, je vivais en Espagne, à Saragosse. J’avais passé la journée à traduire une brochure, sans écouter la radio ni voir personne. Je n’avais pas non plus le téléphone dans le petit appartement que j’occupais. Si bien que je n’étais absolument pas au courant des événements qui étaient en train de se produire. En fin d’après-midi, on sonna à ma porte. C’était une amie, prénommée Carmen. Elle avait le téléphone et j’avais fourni son numéro à ma mère, à Paris, au cas où… Et cette amie venait précisément me dire que ma mère l’avait appelée et souhaitait que je la rappelle car elle était inquiète. Je demandai alors à cette amie si ma mère avait précisé pourquoi elle était inquiète. Mon amie se mit à rire en s’apercevant que je tombais des nues alors que toute l’Espagne était plongée dans la peur, figée devant la télévision ou la radio en se demandant comment allaient tourner les événements.

Après le départ de cette amie, je suis sorti pour téléphoner à ma mère depuis une cabine située sur l’avenue principale de Saragosse, habituellement très animée et bruyante. Je garderai toujours le souvenir de cette vision de fin du monde d’une avenue complètement déserte, sans personne, sans voitures qui circulent, et moi tout seul dans cette cabine parlant à ma mère en regardant cette ville morte.

Je me suis rendu ensuite au local de la CNT, le syndicat libertaire, où étaient présents plusieurs amis et camarades. Nous nous sommes partagés en deux groupes et, en voiture, avons fait le tour des casernes pour voir si les militaires restaient calmes ou montraient des signes de nervosité. Mais rien ne s’est passé.

Floréal Melgar

17/23 février 1936 (7) La Pasionaria 

Toute la semaine, c’est l’actualité espagnole qui fait la Une. On parle des 14 communistes élus au parlement de Madrid ; des droites défaites en Andalousie et en Asturies ; d’une grève générale proclamée à Saragosse ; de la constitution d’un gouvernement de gauche sous la présidence de Manuel Azana.
Celui-ci proclame aussitôt l’amnistie en faveur « des condamnés pour délits politiques et sociaux et des conseillers municipaux condamnés en septembre 1934 ». Il est vrai que dès l’annonce de la victoire du Frente Popular, et sans attendre ce décret, des prisons commençaient à se vider sous la pression populaire. 30 000 détenus quittent leurs pénitenciers.
À Madrid, gare du nord, une manifestation, drapeaux rouges en tête, salue l’arrivée d’une élue des Asturies, La Pasionaria, surnom de Dolorès Ibaruri. Elle est née en 1895 dans une famille de mineurs, huitième enfant d’une fratrie de onze.
Militante révolutionnaire dès 1917, elle participe à la fondation du PCE, est élue à sa direction dès 1930. Elle est déléguée au Komintern à Moscou en 1933. Deux de ses enfants (les quatre autres sont morts très jeunes) vivent à Moscou, dont Ruben, mort dans la bataille de Stalingrad.
En France, une série de grèves traverse le pays. Celle des dockers de Marseille qui a paralysé le port est victorieuse ; l’accord reconnaît le droit syndical, « garantit les us et coutumes » des travailleurs du port et précise que tous les dockers seront réembauchés. L’animateur de la lutte n’est autre que Charles Tillon (futur député communiste d’Aubervilliers).
Alors que se précise le congrès de réunification de la CGT à Toulouse, des dirigeants syndicalistes interviennent très régulièrement en Une de l’Humanité sur les différents enjeux de ce congrès.
Ainsi le 21 février, Julien Racamond (responsable de la CGTU et du Parti communiste) revient sur un des points du programme : « la mise en œuvre rapide d’un véritable programme de grands travaux d’utilité publique pour lutter contre le chômage ».
Les deux courants (CGT et CGTU) partagent cette revendication comme l’ont montré leurs derniers congrès confédéraux respectifs. Sur ce point il y aura unanimité à Toulouse.
Mais « une différence importante subsiste en ce qui concerne les moyens de financement de ces travaux et on trouve dans ces positions divergentes les caractéristiques qui marquent les plans de la CGT et de la CGTU. » Pour Racamond, la solution consiste à « faire payer les riches », mot d’ordre qui est d’ailleurs le titre de son article.
Gérard Streiff

Por una esfera pública libre de acoso, amenazas y odio (Pour un espace public exempt de harcèlement, de menaces et de haine)

ACO, CTXT y la Fundación Contexto y Acción impulsan junto a Público, InfoLibre, Canal Red, Luzes, El Plural, El Salto, Pandemia Digital, Spanish Revolution, Woke Up, Crític, Furor TV, Píkara, Carne Cruda, La Marea y Sin Permiso medidas contra las redes coordinadas para intimidar a las voces progresistas.

El miedo es la antesala del silencio y muchas voces públicas sienten miedo hoy en el Estado español. No podemos tolerarlo. Las y los abajo firmantes –periodistas, escritores, juristas, activistas, profesores, sindicalistas, artistas, ciudadanía y organizaciones sociales– pedimos a la sociedad civil y a las instituciones que protejan el espacio público y con él a sus agentes democráticos, que son un dique necesario frente al acoso, las amenazas y la impunidad de la extrema derecha trumpista y su industria del odio.

La historia enseña que el fin último del autoritarismo es silenciar todo relato diferente al suyo. Y esa historia está de vuelta otra vez. Las fórmulas nos suenan desgraciadamente familiares. Mentiras, insultos, machismo, homofobia, racismo, desinformación y violencia coordinada, en las redes sociales, los medios o las calles, con el objetivo de amedrentar a las voces comprometidas con la democracia que resultan incómodas a los ultras.

Los casos son tantos que no se pueden achacar a coincidencias. Una periodista es señalada por un partido neofascista por su activismo contra la violencia machista. Un diario de gran audiencia miente sobre el salario de una informadora de la televisión pública. Tres neonazis agreden y graban en la calle a un reportero, sin detenciones. Una comentarista racializada es amenazada con la deportación. Un cómico, acusado falsamente de reírse de las víctimas de un accidente fatal. Tras las mentiras llegan las amenazas y el desgaste emocional que hace que nada merezca la pena.

En las últimas semanas, el nombre de una analista de izquierdas ha aparecido escrito en el centro de una diana dibujada junto a las tumbas vandalizadas de luchadoras antifascistas de otro tiempo. Y la trabajadora de un pequeño medio digital ha tenido que darse de baja tras sufrir amenazas de muerte en redes. Su crimen: haber contado cómo se financian los acosadores disfrazados de periodistas.

Son las voces atacadas de una democracia en riesgo.

Los medios, personas y organizaciones abajo firmantes pedimos a la sociedad civil y a las instituciones que se impliquen a fondo en esta lucha, porque en la libertad de expresión no cabe ni la libertad de mentir ni los discursos de odio, y porque es preciso perder el miedo a señalar y denunciar a los autores de esos ataques y extorsiones.

Reclamamos por tanto al Gobierno y a los grupos parlamentarios progresistas que tomen nota de esta gravísima situación y adopten medidas para frenarla. Creemos que son necesarias reformas legales que permitan sancionar y negar toda financiación pública a las redes organizadas para esparcir desinformación y odio de forma intencionada con el propósito de estigmatizar o difamar a personas y colectivos vulnerables.

La fiscalía, los jueces y las fuerzas de seguridad deben contar con más medios y formación especializada para proteger con mayor eficacia a las víctimas de odio, amenazas y persecución.

Es urgente defender la democracia frente a ese imperio de la manipulación sufragado con los impuestos de todas y todos, cuyo objetivo es destruir la convivencia mediante mentiras e intimidación.

La violencia institucional de corte racista que vemos estos días en las calles de Estados Unidos es el final de un camino que algunos pretenden empezar a recorrer en nuestro país. No podemos permitirlo.

Llamamos a las y los ciudadanos demócratas a levantarse contra el monocultivo del miedo. Frente al autoritarismo, todas somos la misma cosa. También aquí, si atacan a una nos atacan a todas.

A signer ici (à droite) du texte : https://actionnetwork.org/forms/llamamiento-por-una-esfera-publica-libre-de-acoso-y-amenazas