Nous ne l’oublierons pas.

Tours, le 11 juillet 2026,

A Jacques, son mari, et à ses 2 enfants, Clara et Kostia.

C’est avec beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès d’Aurore.

Elle était présente dès le début de notre association et participa jusqu’à tout récemment, à son Conseil d’Administration.

Présence discrète et attentive, avec toujours une petite pointe d’humour, elle était en parfait accord avec nos objectifs visant à « Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés ».
C’est dans cet esprit de tolérance et de partage, au-delà de nos sensibilités politiques divergentes, qu’elle a accompagné la plupart de nos initiatives. En cela, elle était représentative de ce que nous avons créé et que nous allons continuer à faire vivre.

Nous tenons à vous adresser nos condoléances les plus sincères dans ces moments difficiles
Nous ne l’oublierons pas.

Pour Retirada37
Le président

Eric Sionneau

Aurore nous a quitté, Aurora pour beaucoup d’entre nous.

Je viens de recevoir la nouvelle par Maryse Rivière, une camarade de Fac, Aurore est décédée…dans la plus grande discrétion le 2 juillet dernier. «  Aurore a fait don de son corps à la science et il n’y a pas eu d’obsèques seulement une réunion familiale… Elle était fatiguée depuis un bon moment jusqu’au jour où elle ne mangeait plus ils ont fait des examens et le résultat terrible est tombé. Heureusement elle a bénéficié de l’hôpital à domicile et avec la morphine elle ne souffrait plus elle est partie tout doucement. »
Nous avions fait connaissance à l’Université à Tours où nous étions inscrits en Fac d’Espagnol en 1967 il y a aujourd’hui presque 60 ans. Aurore Bourreau, à l’époque Aurore Gramatikoff, fille d’un anarchiste bulgare et d’une mère espagnole. La famille habitait rue des Cerisiers, dans le quartier des Halles, là où se trouvaient tous les immigrés, aujourd’hui devenu quartier chic. Je fis la connaissance de ses parents, des gens au grand coeur comme tous ces anti-franquistes qui traversèrent, en luttant, les deux guerres, celle d’Espagne et la deuxième guerre mondiale qui en était la suite, pauvres économiquement mais d’une richesse culturelle immense. Je me souviens de sa sœur Primavera que je revis lors de l’inauguration du monument aux Brigades internationales à la gare d’Austerlitz.

En 1968 nous fûmes désignés Aurore et moi comme moniteurs à la fac d’Espagnol, elle ayant en charge la bibliothèque qu’elle créa et moi le laboratoire de langues. Cette période estudiantine agitée fit que nous nous trouvions dans ce mouvement avec des positions différentes, mais avec Aurore tout se réglait avec un sourire et très souvent par des rires. Echanges d’idées mais toujours de façon respectueuse. Et puis rappelons nous 1967, 1968 le franquisme était toujours vivace, répressif. Les fils de réfugiés espagnols que nous étions étaient sous surveillance de la police française, j’en fis moi-même l’expérience. Mais rien ne nous empêchait de participer activement à ce mouvement étudiant. Dans nos familles on ne nous avait pas enseigné la peur, la prudence oui.

De son départ à la fac d’Espagnol dans les préfabriqués de Grandmont elle fit une belle carrière à l’Université en terminant avec le grade d’ingénieur me dit elle avec un poste clef au département d’études hispaniques et portugaises sur le site des Tanneurs. Ayant pris d’autres chemins professionnels nos parcours nous séparèrent pour nous retrouver en 2014 avec ce qui nous unissait, nos origines familiales, l’exil de nos parents, notre mémoire, nos mémoires pour créer l’association Retirada37. Aurore était là le premier jour et sa fidélité à ces valeurs d’humanité, de progrès, de liberté fit qu’elle resta un des piliers de notre association, membre du conseil d’administration, toujours discrète, toujours présente. Je me souviendrai des soirées culturelles qui se terminaient par des partages gastronomiques avec ce que chacun apportait. Aurore et ses gougères qu’elle nous confectionnait, de sa confiture à l’orange, de ses bouquets aux couleurs de la République.
Aurore tu resteras marquée dans nos coeurs pour toujours. Ta gentillesse, ta discrétion, ta façon d’intervenir toujours de façon constructive resteront pour nous une ligne de conduite à suivre pour faire vivre les mémoires et les valeurs des républicains espagnols exilés, portées par notre association Retirada37 que tu as fait vivre de ton côté. Nous ne t’oublierons pas Aurora.
Luis Lopez
Madrid le 11juillet 2026

S.O.S La Vida ! : à Blois, la mémoire républicaine espagnole va reprendre voix.

Vendredi 17 juillet 2026, Blois Capitale accueillera Sylvie Allouin-Bastien pour une soirée autour de S.O.S. LA VIDA ! C’est la vie ! Une date qui ne doit rien au hasard : le 17 juillet 1936, le soulèvement militaire parti du Maroc espagnol ouvrait la guerre d’Espagne. Quatre-vingt-dix ans plus tard, cette rencontre fera dialoguer l’histoire européenne, la Retirada et une mémoire très locale, celle des réfugiés espagnols passés par Blois, Chaumont-sur-Loire, Montlivault et plusieurs communes du Loir-et-Cher.

Le 17 juillet 1936, dans le Maroc espagnol, une partie de l’armée se soulève contre la République espagnole. L’insurrection gagne la péninsule le lendemain. Elle ne renverse pas immédiatement le gouvernement républicain : c’est précisément cet échec partiel du coup de force, avec un pays rapidement coupé entre zones républicaines et zones contrôlées par les insurgés, qui ouvre une guerre de près de trois ans. Le conflit oppose la République aux forces nationalistes, bientôt dominées par Franco, soutenues notamment par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. La guerre d’Espagne devient alors l’un des grands affrontements politiques, militaires et idéologiques de l’Europe des années 1930.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, jour pour jour, Blois Capitale consacrera une soirée à cette histoire, vendredi 17 juillet 2026, de 18h à 20h, dans ses locaux du 16 rue Émile-Laurens. Le rendez-vous, intitulé « S.O.S La Vida ! », recevra Sylvie Allouin-Bastien, autrice de S.O.S. LA VIDA ! C’est la vie ! Le livre, publié en mars 2026 chez CoolLibri sous le nom de Sylvie Bastien, se présente comme un récit historique et familial de 164 pages, construit autour de la guerre d’Espagne, de l’exil républicain, de la Retirada, de l’Andalousie, du camp d’Argelès et des mémoires longtemps restées enfouies dans les familles. Le sujet pourrait sembler lointain. Il ne l’est pas. La guerre d’Espagne a aussi traversé le Loir-et-Cher.

Après trois années de guerre, la chute de Barcelone, le 26 janvier 1939, précipite l’effondrement du camp républicain. Des centaines de milliers de civils et de combattants prennent alors la route de l’exil vers la France. La Retirada n’est pas seulement une retraite militaire : c’est un déplacement massif de populations, dans le froid, l’épuisement, la peur, parfois sous les bombardements. Selon le Musée national de l’histoire de l’immigration, 475 000 personnes franchissent la frontière française entre le 28 janvier et le 13 février 1939, par Cerbère, Le Perthus, Prats-de-Mollo, Bourg-Madame et d’autres points de passage pyrénéens.

L’accueil français est alors profondément ambivalent. La frontière est ouverte, mais dans un climat de peur politique, de crise économique et de xénophobie. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont envoyés par trains vers des départements de l’intérieur. Les hommes, notamment les combattants républicains, sont internés dans des camps construits à la hâte, sur les plages du Roussillon, à Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien ou Le Barcarès. La France accueille, mais elle trie, surveille, sépare et enferme.

Dans ce mouvement, le Loir-et-Cher devient l’un des territoires d’arrivée. Des recherches menées entre 2017 et 2025 par Sylvie et Patricia Allouin-Lorente, à partir des Archives départementales de Blois, permettent de documenter précisément cet épisode. Elles indiquent que la région Centre accueille alors environ 14 000 réfugiés espagnols, dont 3 133 dans le Loir-et-Cher. Entre le 28 janvier et le 10 février 1939, 154 trains spéciaux transportent, depuis la frontière, environ 218 000 réfugiés, essentiellement des civils, vers quelque 70 départements français.

À Blois, le premier convoi arrive dans la nuit du 2 au 3 février 1939, en gare. Les réfugiés sont attendus par le préfet Pierre-Antoine Vieillescazes, un service d’ordre, un corps médical et douze interprètes militaires du 131e régiment d’infanterie de Blois. Après un contrôle sanitaire, ils sont dirigés en autocars vers des centres d’hébergement répartis dans 48 communes du département. La gare de Blois devient ainsi, pendant quelques jours, un lieu d’aiguillage.

L’un des lieux les mieux documentés est le château de Chaumont-sur-Loire. Dès le 3 février 1939, le préfet y organise un cantonnement provisoire pour 320 personnes, installées dans les dépendances et les écuries du château. Les chiffres conservés sont précis : 133 femmes, 178 enfants et 9 hommes, dont un mutilé. Les réfugiés dorment à même le sol, sur de la paille. Ils sont soumis à une surveillance permanente des gendarmes, présents jour et nuit. Les conditions sont difficiles ; la population locale n’est pas libre d’approcher les réfugiés, mais un comité d’accueil, des bénévoles et des producteurs locaux contribuent à améliorer l’ordinaire. Le camp de Chaumont est dissous le 2 mars 1939.

Un rapport du préfet du Loir-et-Cher, daté du 1er mars 1939 et adressé au ministre de l’Intérieur Albert Sarraut, donne la mesure de l’urgence administrative. Deux convois étaient annoncés les 2 et 6 février, pour 1 200 puis 1 061 personnes ; ils comptent finalement 1 512 et 1 621 réfugiés. Le préfet indique avoir dû organiser des centres d’hébergement dans 48 communes différentes, faute de locaux importants disponibles. Il évoque aussi les difficultés sanitaires, les hospitalisations, les décès, mais souligne les dons en nature et l’accueil de la population.

C’est à l’intérieur de cette histoire collective que s’inscrit le récit de Sylvie Allouin-Bastien. S.O.S. LA VIDA ! C’est la vie ! part d’une famille : celle de Clemencia Vega García, de Juan Lorente Castaño et de leur fille Lola. Originaires d’Andalousie, passés par la Catalogne pendant la guerre, Clemencia et Lola franchissent la frontière le 4 février 1939 à Puigcerdà, près de Bourg-Madame. Lola a alors 17 mois. Elles sont évacuées en train vers la région Centre, arrivent à Blois, puis sont transférées dans les écuries du château de Chaumont-sur-Loire. Leur parcours raconte l’épuisement, la dénutrition, l’incertitude, la séparation. Juan, le père, est de son côté interné à Argelès-sur-Mer, puis affecté à des compagnies ou groupements de travailleurs. Clemencia et Lola sont ensuite transférées à Montlivault, près de Chambord, où Clemencia devient bonne de ferme. La famille ne se recomposera qu’après plusieurs années de guerre, de recherches et d’absence.

En avril 2026, cette mémoire est sortie du cercle familial pour entrer dans l’espace public. Une plaque a été inaugurée au Domaine régional de Chaumont-sur-Loire [LIRE ICI] en souvenir des 320 exilés espagnols accueillis dans les dépendances du château en février 1939. Le projet, porté notamment par Sylvie Allouin-Bastien et Patricia Allouin-Ratton, petites-filles de Clemencia Lorente Vega, a associé la commune, le collège Joseph-Crocheton et la Région Centre-Val de Loire. La soirée du 17 juillet à Blois Capitale s’inscrit donc ce travail de mémoire. Il est aussi une piqûre de rappel dans une ère de progression des populismes.

Soirée « S.O.S La Vida ! »
Vendredi 17 juillet 2026, de 18h à 20h
Blois Capitale, 16 rue Émile-Laurens, Blois
Avec Sylvie Allouin-Bastien, autrice de S.O.S. LA VIDA ! C’est la vie !
Entrée libre, places limitées
Inscription souhaitée : bloiscapitale@gmail.com ou directement à la boutique.

https://bloiscapitale.com/s-o-s-la-vida-a-blois-la-memoire-republicaine-espagnole-va-reprendre-voix?sfnsn=scwspmo&fbclid=IwdGRzaAS0i3RjbGNrBLSLTWV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHkWEVS_Wl8nzG4JQG7ziPNL1jv8uvkeGB3qZz0u4cgZ8Uo9xxq-taCoK7z_I_aem_F8bxIBKToPV4E2yKmp9hPg&sfnsn=scwspmo

Paco Ponzán, l’anarchiste espagnol qui a organisé, depuis la France, l’évasion de milliers de personnes persécutées par les nazis

Considéré comme un héros par les gouvernements britannique, français et américain, il a coordonné depuis Toulouse un réseau clandestin qui a permis à des aviateurs alliés, des Juifs et des antifascistes de s’échapper en traversant les Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale

Traduction de l’article de
Henrique Mariño
Madrid
Diario Público

27 juin 2026, 20 h 10

La vie extraordinaire de Francisco Ponzán Vidal est jalonnée d’exploits qui lui valent d’être honoré, ainsi que d’anecdotes révélatrices sur cet instituteur anarchiste contraint à l’action après le coup d’État franquiste. Considéré comme un héros par les gouvernements britannique, français et américain, il a coordonné depuis Toulouse, durant la Seconde Guerre mondiale, un réseau d’évasion ayant permis de sauver quelque 3 000 personnes persécutées par les nazis. Des années plus tôt, en mai 1936, il avait contré les projets du curé local à Camelle (La Corogne) en organisant un cortège laïque en guise d’alternative à la procession officielle du Saint-Esprit.

« Cela démontre qu’il était un homme doté d’un grand pouvoir de persuasion et préfigure les qualités de meneur dont il fera preuve par la suite », explique le professeur Narciso de Gabriel. Ce dernier a étudié la vie de Ponzán dans le cadre de ses recherches sur les enseignants persécutés par le régime franquiste, bien que le parcours de Francisco Ponzán diffère de celui des personnes mises à l’honneur dans son ouvrage *Os mestres mortos daquel verán* (éditions Galaxia). S’il a combattu Franco, il a finalement été victime des nazis. Néanmoins, en juin 1936, il exerçait le métier d’enseignant en Galice, sous contrat avec le ministère de l’Éducation.
Ce statut professionnel constitue le critère principal pour figurer parmi les dix hommes et deux femmes auxquels Narciso de Gabriel rend hommage ; l’auteur est convaincu que si Ponzán n’avait pas quitté Camelle — un village de la Costa da Morte, dans la commune de Camariñas —, il « aurait été une cible de la répression, car il figurait déjà sur les listes de surveillance de la police et de la Garde civile ». En effet, son dossier de contrôle politique le classe comme une « personne extrêmement dangereuse », un agitateur ouvrier et un militant de la FAI ayant « failli nous conduire vers un soviétisme libertaire local » — autant de « fruits amers » que les autorités ont observés « durant les quelques jours précédant le mouvement salvateur ».
C’était l’avis du prêtre de Ponte do Porto qui, dans un second rapport, reconnaissait que la *Sociedad de Oficios Varios* (Société des métiers divers) « lui obéissait aveuglément » et faisait allusion à l’incident cité par Narciso de Gabriel : « Cela fait exactement un an qu’il a mené une procession religieuse avec les habitants — au su et avec la tolérance des autorités — destinée à tourner en dérision la fête du Saint-Esprit de Camelle. » Son influence sur la population ouvrière — comme le souligne l’ouvrage *Os mestres mortos daquel verán* — semblait tout à fait remarquable ; après tout, « moins de trois mois après son arrivée à Camelle, il était parvenu à organiser et à diriger une parodie de procession, un exploit réservé à quelqu’un doté d’un charisme particulier. »

Il va sans dire que la Garde civile prétendait qu’il donnait ses cours en russe, tandis que le maire de Camariñas le considérait davantage comme « un ami des explosifs que des manuels scolaires ». On entendait même des propos plus extravagants encore. Il n’est guère surprenant — comme le suggère un professeur de l’université de La Corogne — qu’il ait senti que quelque chose se tramait en juillet 1936, ce qui lui permit de fuir à temps. « On pense qu’il se trouve désormais en Aragon, sa région d’origine, et la rumeur court qu’il est ministre de l’Éducation dans la petite république de Durruti », déclara le prêtre à deux membres de la Commission provinciale d’épuration. En réalité, toutefois, il avait déjà rejoint le *Servicio de Información Especial Periférico* (SIEP), une unité de renseignement opérant derrière les lignes ennemies.
Nous reviendrons plus tard sur cette étape de sa vie, car elle a préfiguré son action héroïque en France — une autre raison de sa présence dans l’ouvrage consacré aux enseignants galiciens —, puisqu’il incarne la continuité de la lutte antifasciste, d’abord contre Franco puis contre Hitler. « Militant de la CNT et dirigeant de l’Athénée culturel libertaire de Huesca, c’était un authentique révolutionnaire qui, dès son plus jeune âge, s’est engagé dans les grèves et les causes ouvrières », affirme Narciso de Gabriel, pour qui « son rôle n’a pas été suffisamment reconnu, pas plus que sa figure n’a été adéquatement mise en valeur ».

D’autres, toutefois, l’ont fait : sa sœur, Pilar Ponzán, auteure de *Lucha y muerte por la libertad* (Lutte et mort pour la liberté) ; Antonio Téllez dans *La red de evasión del grupo Ponzán* (Le réseau d’évasion du groupe Ponzán) ; et Josep Calvet dans *Las montañas de la libertad* (Les montagnes de la liberté). Par ailleurs, Juanarete et David Tapia lui ont consacré la bande dessinée *Frontera de Ordesa*, tandis qu’Ismael Gutiérrez a réalisé le documentaire *La red Ponzán* (Le réseau Ponzán).
« Le réseau britannique le plus connu opérant dans les Pyrénées catalanes est celui dit « Pat O’Leary ». Ses origines remontent à la fin de l’année 1940 à Marseille, lorsque plusieurs militaires britanniques entrèrent en contact avec Francisco Ponzán, un enseignant anarchiste espagnol installé à Toulouse. Ponzán disposait d’un groupe de soutien composé de guides aux convictions antifascistes affirmées, qui connaissaient parfaitement les cols pyrénéens et entretenaient de nombreux contacts de part et d’autre de la frontière. Le groupe de Ponzán, qui collaborait également avec les services de renseignement français et belges, était principalement chargé de faire passer la frontière — par divers itinéraires — aux aviateurs abattus au-dessus du territoire français », écrit Josep Calvet, qui estime qu’une centaine de membres du groupe Ponzán furent arrêtés par la Gestapo.
Un instituteur libertaire
Né par hasard dans les Asturies, il revint rapidement à Huesca pour y suivre sa formation à l’école normale d’instituteurs. C’est là qu’il rencontra l’anarchiste Ramón Acín, qui allait contribuer à forger son idéologie. Il enseigna dans sa région d’origine avant d’être affecté à Mazaricos, puis à Camelle, dans la province de La Corogne. « En mettant en pratique ses théories, l’instituteur dénonçait le clientélisme politique, l’exploitation de l’homme par l’homme, l’injustice et les salaires de misère […]. Tout en leur transmettant les bases de l’enseignement primaire, il leur insufflait l’espoir d’un monde meilleur et plus humain », écrit sa sœur. « Le seul qu’il pût concevoir. »
Toutefois, Mazaricos — où il s’était installé en juillet 1934 — se trouvait loin de La Corogne, ce qui rendait difficile tout contact avec ses camarades de la CNT. Il y parvint néanmoins après avoir rejoint le groupe de Noia, suite à sa prise de poste à Camelle en février 1936. En juillet, « alarmé par les nouvelles qui lui parvenaient », il écourta ses vacances pour rentrer à Huesca ; il y fut pris au dépourvu par le coup d’État, un soulèvement qu’il tenta, en vain, d’enrayer. « Ne fais pas le fou, Ponzán, tu vas tous nous faire tuer ! » lui lança son ami Ramón Acín alors qu’il cherchait à se procurer des armes. Son mentor et l’épouse de ce dernier furent tués peu de temps après.
Paco Ponzán — tel qu’il était également connu — se réfugia en zone républicaine, siégea au Conseil régional de défense d’Aragon et rejoignit le Service spécial d’information périphérique (SIEP) ; à la tête d’un détachement, il y franchissait les lignes ennemies pour recueillir des renseignements, mener des opérations de sabotage et exfiltrer des personnes. Le groupe *Liberador* fut le précurseur du groupe Ponzán, bien que la mission de ce dernier se soit concentrée sur l’évacuation, depuis la France, d’individus traqués par les Allemands via divers itinéraires à travers les Pyrénées. Si la plupart des personnes secourues étaient des pilotes britanniques, le groupe venait également en aide à toute personne menacée par les nazis ou le régime de Vichy, qu’il s’agisse de Juifs ou de personnalités politiques.
Auparavant, il était passé par le camp de réfugiés du Vernet, où il avait convaincu ses hommes de poursuivre la lutte contre Hitler. En réalité, son objectif était de renverser le régime franquiste — quitte à s’allier aux Britanniques, qui lui fournissaient ravitaillement et fonds — dans l’espoir que les Alliés remportent la Seconde Guerre mondiale et chassent Franco du pouvoir. Il commença alors à coordonner des opérations depuis Toulouse au sein du réseau d’évasion Pat O’Leary, qui guidait les fugitifs vers Lisbonne, Gibraltar ou les consulats britanniques.
Son réseau de guides et de passeurs joua un rôle crucial. Toutefois, à la fin de 1942, les nazis occupèrent l’ensemble de la France et commencèrent à sévir contre la Résistance. Son groupe fut infiltré, ce qui entraîna une vague de dénonciations et de trahisons. Il fut arrêté et emprisonné en 1943. Les Alliés n’étaient plus qu’à deux jours de libérer Toulouse lorsque la Gestapo l’emmena et l’exécuta — aux côtés d’une cinquantaine d’autres prisonniers — à Buzet-sur-Tarn. Les corps furent ensuite brûlés. « Francisco Ponzán Vidal était sans aucun doute un anarchiste dont la vie relevait véritablement du roman », conclut Narciso de Gabriel

Paco Ponzán, el anarquista español
que organizó desde Francia
la huida de miles de perseguidos
por el nazismo

Considerado un héroe por los gobiernos británico, francés y estadounidense, coordinó desde Toulouse una red secreta que ayudó a escapar por los Pirineos a aviadores aliados, judíos y antifascistas durante la Segunda Guerra Mundial.

Henrique Mariño
Madrid
Diario Público
27/06/2026

En la asombrosa vida de Francisco Ponzán Vidal hay gestas por las que merece ser recordado, pero también anécdotas que dicen mucho de un maestro anarquista forzado a pasar a la acción tras el golpe franquista. Considerado un héroe por los gobiernos británico, francés y estadounidense, durante la Segunda Guerra Mundial coordinó desde Toulouse una red de evasión que salvó a unos 3.000 perseguidos por el nazismo. Años atrás, en mayo de 1936, contraprogramó al cura de Camelle (A Coruña) con una procesión laica alternativa a la oficial del Espíritu Santo.

“Eso evidencia que se trataba de un hombre con una gran capacidad de persuasión y anticipa la capacidad de liderazgo que demostraría después”, explica el catedrático Narciso de Gabriel, quien ha estudiado su figura en el marco de los maestros represaliados por el franquismo, aunque la trayectoria de Francisco Ponzán no encaja con las de los homenajeados en su libro Os mestres mortos daquel verán(Galaxia). Él combatió a Franco, pero fue víctima del nazismo. Sin embargo, ejercía la docencia en Galicia en junio de 1936, a sueldo del Ministerio de Educación.
Ese es el principal requisito para ser uno de los diez hombres y dos mujeres homenajeados por Narciso de Gabriel, convencido de que si no hubiese abandonado Camelle, un pueblo de la Costa da Morte perteneciente al municipio de Camariñas, “habría sido un objetivo de la represión porque estaba fichado por la Policía y la Guardia Civil”. Efectivamente, en su expediente de depuración figura como una “persona peligrosísima”, un agitador obrero y un militante de la FAI que “estuvo a punto de llevarnos al sovietismo libertario local”, unos “amargos frutos” que las autoridades percibieron “en los pocos días que precedieron al movimiento salvador”.

Así lo creía el cura de Ponte do Porto, que en un segundo informe reconoce que la Sociedad de Oficios Varios lo “obedecía ciegamente” y alude al episodio citado por Narciso de Gabriel: “Hace ahora precisamente un año que sacó con el pueblo, a ciencia y paciencia de las autoridades, una procesión religiosa precedida por él en son de mofa del día del Espíritu Santo en Camelle”. Su ascendencia sobre los sectores populares, puede leerse en Os mestres mortos daquel verán, parecía muy notable, pues “con menos de tres meses de presencia en Camelle consiguió organizar y presidir un simulacro de procesión, lo que solo está al alcance de alguien dotado de un especial carisma”.

Huelga decir que la Guardia Civil aseguraba que impartía sus clases en ruso y que el alcalde de Camariñas consideraba que era “más amigo del explosivo que de los libros de texto para la enseñanza”. Hay comentarios todavía más disparatados. No extraña, como sugiere el catedrático de la Universidade de A Coruña, que algo se oliese en julio de 1936, lo que le permitió huir a tiempo. “Se le supone ahora en Aragón, su tierra, y se dice que es ministro de Instrucción en la republiquilla de Durruti”, le dijo el cura a dos miembros de la Comisión Depuradora Provincial. Sin embargo, entonces ya se había integrado en el Servicio de Información Especial Periférico (SIEP), que operaba en territorio enemigo.

Luego volveremos a esta etapa de su vida, porque supone un precedente de su heroica labor en Francia, otro de los motivos de su inclusión en el libro sobre los maestros gallegos, pues encarna la continuidad de la lucha antifascista, primero contra Franco y después contra Hitler. “Militante de la CNT y directivo del Ateneo Cultural Libertario de Huesca, fue un revolucionario auténtico que desde joven se comprometió con las huelgas y causas obreras”, afirma Narciso de Gabriel, quien considera que “su papel no ha sido suficientemente reconocido ni su figura especialmente reivindicada”.

Sí lo ha hecho su hermana, Pilar Ponzán, autora de Lucha y muerte por la libertad, así como Antonio Téllez en La red de evasión del grupo Ponzán y Josep Calvet en Las montañas de la libertad. Además, Juanarete y David Tapia le dedicaron el cómic Frontera de Ordesa e Ismael Gutiérrez, el documental La red Ponzán.
“La más conocida de las redes británicas que actuó en los Pirineos catalanes es la llamada Pat O’Leary. Sus orígenes se encuentran en Marsella a finales de 1940, cuando varios militares británicos entran en contacto con el maestro anarquista español, residente en Toulouse, Francisco Ponzán, que disponía de un grupo de apoyo formado por guías de firmes convicciones antifascistas, conocedores de los pasos pirenaicos y con numerosos contactos a ambos lados de la frontera. El grupo de Ponzán, que también trabajó para los servicios secretos franceses y belgas, se encargó fundamentalmente de pasar a aviadores abatidos en territorio francés a través de distintas rutas”, escribe Josep Calvet, quien calcula que un centenar de los miembros del grupo Ponzán fueron detenidos por la Gestapo.

Un maestro libertario
Nació casualmente en Asturias pero pronto regresó a Huesca, donde estudió en la Escuela Normal de Maestros. Allí conoció al anarquista Ramón Acín, quien perfilaría su ideología. Dio clases en su tierra y fue destinado a Mazaricos y luego a Camelle, en la provincia de A Coruña. “Aplicando sus teorías, el maestro condenaba el caciquismo, la explotación del hombre por el hombre, la injusticia, los salarios de miseria […]. A la par que les enseñaba las nociones elementales propias de una escuela primaria, les hacía acariciar la esperanza de un mundo mejor, más humano”, escribe su hermana. “El único que él concebía”.
Sin embargo, Mazaricos, donde se estableció en julio de 1934, estaba lejos de A Coruña y no le resultaba fácil relacionarse con sus compañeros de la CNT. Sí lo hizo, ya integrado en la agrupación de Noia, tras tomar posesión de su plaza en Camelle en febrero de 1936. En julio, “alarmado por las noticias que le llegaban”, adelantó las vacaciones y regresó a Huesca, donde lo sorprendió el golpe, que intentó frenar infructuosamente. “¡No seas loco, Ponzán, que nos pierdes!”, le dijo su amigo Ramón Acín cuando intentaba hacerse con armas. A su mentor y a su mujer los mataron poco después.

Paco Ponzán, como también era conocido, huye a la zona republicana, forma parte del Consejo Regional de Defensa de Aragón y se integra en el Servicio de Información Especial Periférico (SIEP), donde al frente de un destacamento cruza las líneas enemigas para buscar información, practicar sabotajes y rescatar a personas. El grupo Liberador fue el precedente del grupo Ponzán, aunque en este caso la tarea consistía en evacuar a los perseguidos por los alemanes desde Francia y a través de varias rutas que cruzaban los Pirineos. La mayoría eran pilotos de la aviación británica, pero también cualquier persona susceptible de estar en el punto de mira de los nazis y del Régimen de Vichy, desde judíos hasta políticos.
Antes pasó por el campo de refugiados de Vernet, donde convenció a sus hombres para seguir luchando contra Hitler. En realidad, pretendía derrocar el franquismo, aunque para ello tuviese que aliarse con los británicos, que lo proveían de suministros y dinero, esperando que los aliados ganasen la Segunda Guerra Mundial y apartasen a Franco del poder. Así, empezó a coordinar las operaciones desde Toulouse, en el marco de la red de evasión Pat O’Leary, que conducía a los huidos hasta Lisboa, Gibraltar o los consulados del Reino Unido.

Su red de guías y pasadores fue determinante. Sin embargo, los nazis toman toda Francia a finales de 1942 y comienzan a reprimir a la resistencia. Su grupo es infiltrado y comienzan los chivatazos y las traiciones. En 1943 es detenido y encarcelado. Faltan dos días para que los aliados liberen Toulouse, pero entonces se lo lleva la Gestapoy lo mata, junto a otro medio centenar de presos, en Buzet-sur-Tarn. Luego le prenden fuego a los cadáveres. “Sin duda, Francisco Ponzán Vidal era un anarquista que tuvo una trayectoria realmente novelesca”, concluye Narciso de Gabriel.

Radiation de la Légion d’honneur de Francisco Franco ? Réponse négative du gouvernement français…

Texte complet de la question et de la réponse

17e Législature

Publication de la réponse au Journal Officiel du 9 juin 2026, page 5165

Question de : M. Hadrien Clouet

Haute-Garonne (1re circonscription) – La France insoumise – Nouveau Front Populaire

M. Hadrien Clouet interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur l’incompréhensible maintien du dirigeant fasciste Francisco Franco au sein de l’ordre national de la Légion d’honneur. En effet, ce bourreau fut nommé Officier de la Légion d’honneur (sans passer par le rang de chevalier) par Philippe Pétain le 22 février 1928, puis promu au rang de Commandeur par le même le 26 octobre 1930. C’est une triple honte : pour le pays qui l’a remise, pour la République qui subit l’héritage des décisions de Pétain et pour les autres détenteurs qui sont associés à ce criminel fasciste. Le factieux Franco a renversé la République espagnole pour imposer, au terme de trois années de guerre civile, une dictature fasciste clérico-militaire de 1939 à 1975, qui broie le pays. D’abord au ban de l’Europe, elle est réintégrée sous pression des États-Unis d’Amérique et du Vatican dans les années 1950. Ses crimes restent largement méconnus, en témoigne la première exposition consacrée au régime franquiste en 2025 au Musée départemental de la résistance et de la déportation de Toulouse. Après la guerre civile qui coûte la vie à 500 000 personnes, le régime franquiste a opéré une répression massive et sauvage afin d’éradiquer toute la gauche espagnole. L’Espagne ne dispose toujours d’aucun recensement officiel des disparus sous la dictature. Pour autant, le bilan humain du régime franquiste est évalué à plus de 200 000 disparus, dont 4 300 fosses communes décomptées. Pour les femmes : tortures systématiques dont viols, tonte des cheveux, exposition en place publique, etc. Les enfants ont été enlevés à leurs familles d’origine et assignés à des familles franquiste. En 1940, plus de 500 000 républicains ont été internés en camp de concentration, 300 000 en prison, 140 000 assujettis aux travaux forcés et un autre demi-million ont fui le régime. Sur le modèle nazi, des expérimentations médicales ont été conduites sur des activistes marxistes pris en cobaye. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a soutenu les manœuvres hitléro-mussoliniennes et a envoyé des troupes contre l’Union soviétique. Au lendemain de la Libération, les pires criminels nazis ont été accueillis et hébergés par l’Espagne franquiste, qui les a soustrait à la justice. Outre la répression féroce, le franquisme endoctrine en masse la jeunesse avec des programmes scolaires ultra-conservateurs. Par ailleurs, il a provoqué une grave crise économique. L’interruption autarcique de l’achat d’engrais a provoqué la mort de plus de 200 000 Espagnols par la faim entre 1939 et 1952. Le pays a stagné pendant toute cette période. C’est afin de sauver Franco que les États-Unis lui ont ouvert l’accès au plan Marshall. Franco a bien entendu bénéficié aussi de l’appui des grandes multinationales, qui ont investi dans un pays sans activité syndicale (punie de mort) et profitaient du travail forcé des prisonniers politiques. Ces crimes sont aujourd’hui sujets à un profond négationnisme, portés par les médias réactionnaires, les officines proches de l’Opus Dei ou de la Fondation nationale Francisco Franco et les partis fascistes de type Vox. Ce n’est ainsi qu’en 2007 qu’ont été annulées les condamnations politiques sous Franco. Ainsi, M. le député attend du Gouvernement qu’il procède sans délai à la radiation de cette Légion d’honneur de la honte. Si le Conseil d’État n’a pas donné suite le 29 janvier 2024 à la demande d’un descendant de réfugiés espagnols qui l’avait saisi, une décision politique s’impose. Pour cela, il faudrait modifier l’article R. 97 du code de la Légion d’honneur pour autoriser la déchéance post-mortem d’un criminel ; une modification absolument consensuelle, hors sans doute les 139 sympathisants fascistes qui siègent à l’Assemblée nationale. Cet acte viendrait saluer et compléter le processus de défranquisation en cours en Espagne comme le retrait des honneurs et titres de Franco ou le mausolée vidé. Il souhaite connaître sa position à ce sujet.

Réponse publiée le 9 juin 2026

La France et l’Espagne sont unies par des liens humains et historiques particulièrement étroits, dont la mémoire de la Guerre civile espagnole constitue une dimension essentielle. La France n’oublie pas les centaines de milliers d’Espagnols qui se sont réfugiés en France à l’issue de la Guerre civile et est profondément reconnaissante de l’engagement de nombre d’entre eux au sein de la Légion étrangère, de la Résistance française et des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Président de la République a tenu à rendre un hommage particulier aux combattants espagnols engagés dans la Nueve, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, intégrée à la 2e division blindée Leclerc, lors des célébrations du 80e anniversaire de la Libération de Paris le 25 août 2024.

Le code de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de l’ordre national du Mérite, à l’article R97 pour les Français et à l’article R135-6 pour les étrangers, ne permet pas d’engager des poursuites disciplinaires contre une personne décédée. L’interdiction de poursuivre pénalement ou disciplinairement une personne décédée constitue en effet un principe fondamental de notre droit que le Gouvernement n’envisage pas de modifier.

Le Traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Espagne signé le 19 janvier 2023 à Barcelone rappelle la « densité et la profondeur des liens humains qui les unissent, et qui résonnent dans la mémoire personnelle des descendants d’Espagnols, dont les réfugiés et combattants de la liberté lors de l’exil républicain, qui ont fait de la France leur foyer ». Ce travail de mémoire est au coeur du renforcement de notre coopération avec l’Espagne.

Notre Président d’honneur, EDGAR MORIN nous a quitté ce vendredi 2026 dans la soirée

La dame à la faux vient de reprendre celui qu’elle avait délivré un 8 juillet 1921.

C’est avec tristesse et désarroi que nous avons appris ce jour le décès d’Edgar Morin, notre président d’honneur.

En ces jours où le chant des sirènes nous abreuve de paroles d’exclusion, d’éradication envers nos contemporains, ces humains dont nous sommes issus, venus d’ailleurs pour défendre la Liberté de tous, les pensées et paroles d’Edgar Morin sont ce qui nous restent de lui. Nous devons les diffuser auprès des générations nouvelles pour qu’elles sachent ce que fut son combat et surtout ce que fraternité et futur signifient. Solidaire avec les Républicains Espagnols, à 16 ans, il confectionna des colis pour SIA (Solidaridad Internacional Antifacista), à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale il s’engagea dans la résistance……… et ce combat pour la dignité et le respect du vivant fut le combat de toute une longue vie d’engagements.

Celles et ceux qui étaient présents rue de Lobau ce 24 août 2016 se souviendront toujours avec émotion de son intervention spontanée à la tribune. Ce fut un grand évènement.

Nous avons perdu un ami de la vie juste et équitable! Toutes nos condoléances et pensées sincères à ses proches.

Nous vous offrons ici l’entretien que nous avons eu avec lui à propos de Wilebaldo Solano, son ami exilé, membre dirigeant du POUM, avec lequel il a recherché durant des années la vérité sur la disparition d’Andreu Nin. (vous pouvez lire l’intégralité, annotée sur notre site)

Wilebaldo Solano ou la quête de vérité : https://www.24-aout-1944.org/wilebaldo-solano-ou-la-quete-de/

Edgar Morin aimait le chocolat noir, nous lui avions offert une composition pour ses 100 ans.

L’association 24 août 1944.

Le rassemblement pour la paix réunit entre 150 à 200 personnes à Tours samedi

Une vingtaine d’associations, partis et syndicats, sont à l’origine de la manifestation pour la paix qui a rassemblé entre 150 à 200 personnes ce samedi 23 mai 2026 dans les rues de Tours.

Entre 150 à 200 personnes ont participé à la manifestation pour la paix, samedi 23 mai 2026, dans les rues de Tours, à l’appel d’une vingtaine d’associations, partis et syndicats (1). « Notre solidarité est internationale, nous sommes solidaires du peuple kanak, du peuple soudanais et de tous les peuples qui résistent », a déclaré au micro Samia, du collectif de Solidarité Palestine 37, devant les manifestants réunis place Jean-Jaurès.

Présent chaque samedi à Tours, le collectif s’est associé pour la première fois au Mouvement pour la paix pour organiser ce rassemblement. « Nous sommes en faveur de la paix et du désarmement de toutes les puissances, a poursuivi la militante. Nous refusons la militarisation de la jeunesse et de la société. Les milliards engloutis dans les armes doivent servir à la santé, à l’éducation, à la justice sociale et à la protection de l’environnement. »

Le cortège s’est d’abord arrêté devant la banque BNP, rue Nationale, « complice de la colonisation israélienne de la Palestine » selon les manifestants, avant de se diriger vers la préfecture de Tours.

© (Photo NR, Pascaline Mesnage)
Par Pascaline MESNAGE
La Nouvelle république du centre Ouest.

(1) Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), collectif Notre santé en danger, collectif Solidarité Palestine 37, collectif Pas d’enfant à la rue, Comité tourangeau de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), CGT, Confédération paysanne, FO, Frères des hommes, FSU, Institut coopératif de l’école moderne (Icem), LFI, La Libre Pensée, Mouvement de la paix, Jeunes Communistes 37 (MJCF), NPA-L’Anticapitaliste, Parti communiste des ouvriers de France, PCF, Retirada37, Sud Solidaires, Union communiste libertaire, Union pour la reconstruction communiste.

27 avril 2026 : PACO IBAÑEZ AU THÉÂTRE ROYAL DE MADRID

PACO IBAÑEZ ALLUME UN PHARE DE RÉSISTANCE CONTRE LA BARBARIE

À 91 ans, l’artiste – une légende vivante de la résistance espagnole au fascisme – a montré que le temps peut abîmer ses articulations et le forcer à monter sur scène au bras de son guitariste inséparable Mario Mas, mais qu’il est incapable de lui voler un brin d’engagement politique ni de fléchir sa confiance dans les êtres humains.

« C’est pourquoi je le dis encore une fois : que personne ne pense ou ne crie “Je n’en peux plus et je reste ici”. Mieux vaut les regarder en face et dire haut et fort : “Dégagez, fils de hyènes, nous sommes des millions et la planète n’est pas à vous” » : c’est par ces mots enregistrés du poète José Agustín Goytisolo, que le concert a débuté. Ensuite, le chanteur-compositeur a donné des noms à ceux qui pensent que le monde leur appartient et a qualifié le président Donald Trump de « satrape américain » et de « bêtes sauvages” les dirigeants Israéliens qui attaquent le peuple palestinien.

Paco Ibáñez, qui dans ses concerts donne généralement sa voix à des poètes de différentes latitudes et langues, a chanté en espagnol, basque et galicien. Les poètes hispanophones des deux côtés de l’Atlantique ont été les plus présents, d’Antonio Machado à Federico García Lorca, en passant par Fanny Rubio et Nicolás Guillén.

De ce dernier, il a interprété « Soldadito boliviano », une chanson dont le vers « Un frère ne tue pas son frère » (qui fait référence à Che Guevara) a été largement applaudi.

Puis Soleá Morente, fille du célèbre chanteur flamenco Enrique Morente, est entrée en scène, qui a montré art et lignée dans son interprétation de “Nana de la mora” de José Ángel Valente et de “Dolor” d’Alfonsina Storni, mis en musique par Paco Ibañez. “Quelle chance la vie m’a donnée d’hériter de mon père ses amis magiques !” a dit la chanteuse avant de céder la place à l’accordéoniste Joxan Goikoetxea et à l’inventeur d’instruments Pep Pascual.

L’un des moments les plus émouvants du concert a été lorsque le public qui remplissait le Teatro Real a repris à l’unisson, avec Paco Ibáñez, “Andaluces de Jaén”, le poème de Miguel Hernández [mort pendant la guerre civile].

Mais les applaudissements les plus longs et l’ovation la plus sincère sont allés à « A galopar », de Rafael Alberti, où Paco Ibañez a été rejoint au chant par Soleá Morente, Joxan Goikoetxea, Pep Pascual et l’ensemble des spectateurs, dans une catharsis collective qui rappelait beaucoup un passé commun, mais tenait aussi de l’espoir d’un avenir meilleur.

Paco Ibáñez donne de moins en moins de concerts, et ne reste plus debout deux heures d’affilée avec la guitare posée sur sa jambe comme il l’a fait depuis soixante-dix ans ; il chante désormais assis la plupart du temps et a besoin de lunettes pour lire les partitions, mais sa voix continue d’être essentielle pour beaucoup.

« Jusqu’à toujours !” a-t-il lancé en guise d’au revoir, laissant la scène vide mais éclairée avec cette phrase en arrière-plan : “Il nous reste la parole” [Nos queda la palabra], accompagnée des photographies des poètes universels qu’il a mis en musique.
(Par Rosa Díaz, EFE)
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– Andaluces de Jaen (Miguel Hernandez) : https://youtu.be/_azN-kqU7nE
– Ya no hay locos (Il n’y a plus fous en Espagne, Léon Felipe) : https://youtu.be/oAbs5Ksn8ck
– Me queda la palabra (Blas de Otero) :
https://youtu.be/DQUTYlwfBFk
– La mala reputación (Brassens) : https://youtu.be/gosi6_vR6eE