Co-organisé par Retirada37
Notre Président d’honneur, EDGAR MORIN nous a quitté ce vendredi 2026 dans la soirée
La dame à la faux vient de reprendre celui qu’elle avait délivré un 8 juillet 1921.
C’est avec tristesse et désarroi que nous avons appris ce jour le décès d’Edgar Morin, notre président d’honneur.
En ces jours où le chant des sirènes nous abreuve de paroles d’exclusion, d’éradication envers nos contemporains, ces humains dont nous sommes issus, venus d’ailleurs pour défendre la Liberté de tous, les pensées et paroles d’Edgar Morin sont ce qui nous restent de lui. Nous devons les diffuser auprès des générations nouvelles pour qu’elles sachent ce que fut son combat et surtout ce que fraternité et futur signifient. Solidaire avec les Républicains Espagnols, à 16 ans, il confectionna des colis pour SIA (Solidaridad Internacional Antifacista), à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale il s’engagea dans la résistance……… et ce combat pour la dignité et le respect du vivant fut le combat de toute une longue vie d’engagements.
Celles et ceux qui étaient présents rue de Lobau ce 24 août 2016 se souviendront toujours avec émotion de son intervention spontanée à la tribune. Ce fut un grand évènement.
Nous avons perdu un ami de la vie juste et équitable! Toutes nos condoléances et pensées sincères à ses proches.
Nous vous offrons ici l’entretien que nous avons eu avec lui à propos de Wilebaldo Solano, son ami exilé, membre dirigeant du POUM, avec lequel il a recherché durant des années la vérité sur la disparition d’Andreu Nin. (vous pouvez lire l’intégralité, annotée sur notre site)
Wilebaldo Solano ou la quête de vérité : https://www.24-aout-1944.org/wilebaldo-solano-ou-la-quete-de/
Edgar Morin aimait le chocolat noir, nous lui avions offert une composition pour ses 100 ans.
L’association 24 août 1944.
Le rassemblement pour la paix réunit entre 150 à 200 personnes à Tours samedi
Une vingtaine d’associations, partis et syndicats, sont à l’origine de la manifestation pour la paix qui a rassemblé entre 150 à 200 personnes ce samedi 23 mai 2026 dans les rues de Tours.
Entre 150 à 200 personnes ont participé à la manifestation pour la paix, samedi 23 mai 2026, dans les rues de Tours, à l’appel d’une vingtaine d’associations, partis et syndicats (1). « Notre solidarité est internationale, nous sommes solidaires du peuple kanak, du peuple soudanais et de tous les peuples qui résistent », a déclaré au micro Samia, du collectif de Solidarité Palestine 37, devant les manifestants réunis place Jean-Jaurès.
Présent chaque samedi à Tours, le collectif s’est associé pour la première fois au Mouvement pour la paix pour organiser ce rassemblement. « Nous sommes en faveur de la paix et du désarmement de toutes les puissances, a poursuivi la militante. Nous refusons la militarisation de la jeunesse et de la société. Les milliards engloutis dans les armes doivent servir à la santé, à l’éducation, à la justice sociale et à la protection de l’environnement. »
Le cortège s’est d’abord arrêté devant la banque BNP, rue Nationale, « complice de la colonisation israélienne de la Palestine » selon les manifestants, avant de se diriger vers la préfecture de Tours.
© (Photo NR, Pascaline Mesnage)
Par Pascaline MESNAGE La Nouvelle république du centre Ouest.
(1) Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), collectif Notre santé en danger, collectif Solidarité Palestine 37, collectif Pas d’enfant à la rue, Comité tourangeau de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), CGT, Confédération paysanne, FO, Frères des hommes, FSU, Institut coopératif de l’école moderne (Icem), LFI, La Libre Pensée, Mouvement de la paix, Jeunes Communistes 37 (MJCF), NPA-L’Anticapitaliste, Parti communiste des ouvriers de France, PCF, Retirada37, Sud Solidaires, Union communiste libertaire, Union pour la reconstruction communiste.
HALTE A LA GUERRE, DROIT À LA PAIX, DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MÊMES !
1936 : La colonne Durruti.
27 avril 2026 : PACO IBAÑEZ AU THÉÂTRE ROYAL DE MADRID
PACO IBAÑEZ ALLUME UN PHARE DE RÉSISTANCE CONTRE LA BARBARIE
À 91 ans, l’artiste – une légende vivante de la résistance espagnole au fascisme – a montré que le temps peut abîmer ses articulations et le forcer à monter sur scène au bras de son guitariste inséparable Mario Mas, mais qu’il est incapable de lui voler un brin d’engagement politique ni de fléchir sa confiance dans les êtres humains.
« C’est pourquoi je le dis encore une fois : que personne ne pense ou ne crie “Je n’en peux plus et je reste ici”. Mieux vaut les regarder en face et dire haut et fort : “Dégagez, fils de hyènes, nous sommes des millions et la planète n’est pas à vous” » : c’est par ces mots enregistrés du poète José Agustín Goytisolo, que le concert a débuté. Ensuite, le chanteur-compositeur a donné des noms à ceux qui pensent que le monde leur appartient et a qualifié le président Donald Trump de « satrape américain » et de « bêtes sauvages” les dirigeants Israéliens qui attaquent le peuple palestinien.
Paco Ibáñez, qui dans ses concerts donne généralement sa voix à des poètes de différentes latitudes et langues, a chanté en espagnol, basque et galicien. Les poètes hispanophones des deux côtés de l’Atlantique ont été les plus présents, d’Antonio Machado à Federico García Lorca, en passant par Fanny Rubio et Nicolás Guillén.
De ce dernier, il a interprété « Soldadito boliviano », une chanson dont le vers « Un frère ne tue pas son frère » (qui fait référence à Che Guevara) a été largement applaudi.
Puis Soleá Morente, fille du célèbre chanteur flamenco Enrique Morente, est entrée en scène, qui a montré art et lignée dans son interprétation de “Nana de la mora” de José Ángel Valente et de “Dolor” d’Alfonsina Storni, mis en musique par Paco Ibañez. “Quelle chance la vie m’a donnée d’hériter de mon père ses amis magiques !” a dit la chanteuse avant de céder la place à l’accordéoniste Joxan Goikoetxea et à l’inventeur d’instruments Pep Pascual.
L’un des moments les plus émouvants du concert a été lorsque le public qui remplissait le Teatro Real a repris à l’unisson, avec Paco Ibáñez, “Andaluces de Jaén”, le poème de Miguel Hernández [mort pendant la guerre civile].
Mais les applaudissements les plus longs et l’ovation la plus sincère sont allés à « A galopar », de Rafael Alberti, où Paco Ibañez a été rejoint au chant par Soleá Morente, Joxan Goikoetxea, Pep Pascual et l’ensemble des spectateurs, dans une catharsis collective qui rappelait beaucoup un passé commun, mais tenait aussi de l’espoir d’un avenir meilleur.
Paco Ibáñez donne de moins en moins de concerts, et ne reste plus debout deux heures d’affilée avec la guitare posée sur sa jambe comme il l’a fait depuis soixante-dix ans ; il chante désormais assis la plupart du temps et a besoin de lunettes pour lire les partitions, mais sa voix continue d’être essentielle pour beaucoup.
« Jusqu’à toujours !” a-t-il lancé en guise d’au revoir, laissant la scène vide mais éclairée avec cette phrase en arrière-plan : “Il nous reste la parole” [Nos queda la palabra], accompagnée des photographies des poètes universels qu’il a mis en musique.
(Par Rosa Díaz, EFE)
_____
– Andaluces de Jaen (Miguel Hernandez) : https://youtu.be/_azN-kqU7nE
– Ya no hay locos (Il n’y a plus fous en Espagne, Léon Felipe) : https://youtu.be/oAbs5Ksn8ck
– Me queda la palabra (Blas de Otero) :
https://youtu.be/DQUTYlwfBFk
– La mala reputación (Brassens) : https://youtu.be/gosi6_vR6eE
La Retirada dont ils ne nous ont jamais parlé.
Journal Publico
26 avril 2026
par Juan Tortosa
Traduit par Luis Lopez
La semaine dernière, une centaine de personnes ont célébré la IVème Marxa de la Retirada (Quatrième marche de la Retirada). Cette année, nous sommes partis de Montjuïc, où, en 1936, une Olympiade populaire était envisagée comme alternative éthique aux Jeux de Berlin. Elle n’a jamais eu lieu, le coup d’État du 18 juillet ayant tout interrompu. Nous avons bien sûr rendu hommage à Lluís Companys. La deuxième étape a suivi le sentier côtier jusqu’à Mataró. Ce tronçon est connu sous le nom de Camí del Nord (chemin du Nord), un itinéraire emprunté par des milliers de personnes de la région de Maresme fuyant les troupes de Franco. Nous sommes ensuite montés jusqu’à Camprodon et Prats de Molló, puis avons continué jusqu’à Argelès-sur-Mer. Il y a quatre-vingt-sept ans, un demi-million d’Espagnols, principalement des Catalans, mais aussi des Aragonais, des Andalous et des Castillans, ont traversé les Pyrénées pour fuir la terreur après l’arrivée des fascistes à Barcelone. Il s’agissait de la quatrième marche commémorant ce que l’on appelle la Retirada. Tout comme lors de La Desbanda de Malaga à Almería, que nous célébrons également chaque année en février, nous exigeons ici la vérité, la justice et des réparations.
Le dernier tronçon de la Route de la Retirada, qui traverse Collioure et s’achève à Portbou, est profondément émouvant. La tombe d’Antonio Machado, symbole de l’exil intellectuel et émotionnel, et celle de Walter Benjamin, incarnant la tragédie européenne et le désespoir de ceux qui fuyaient les nazis, sont deux exemples qui convergent vers un même point : la nécessité, et l’obligation, de ne pas oublier. C’était en plein hiver que le demi-million de personnes qui ont fui vers la France entre le 28 janvier et le 13 février 1939 l’ont fait à pied, n’emportant que leurs vêtements, dans la neige et la peur. Plus d’un tiers d’entre elles étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Tous ces gens en plein désespoir traversèrent Le Perthus, Cerbère, Bourg-Madame ou Prats de Molló et arrivèrent de l’autre côté des Pyrénées, épuisés, affamés et humiliés. Peu après, ils découvriront qu’un autre enfer les attendrait dans le pays voisin après l’occupation allemande : des camps de concentration comme Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien ou Bram ; des plages barricadées ; des trous creusés dans le sable pour dormir ; le froid, la dysenterie et le mépris. Nombre de ces républicains finiront dans les camps nazis ou rejoindront la Résistance française. D’autres, comme ceux qui avaient atteint la Catalogne après avoir survécu à La Desbandà deux ans plus tôt, portaient déjà en eux le parfum d’un exil définitif.
Pendant des décennies, ni la Retirada ni la Desbanda ne furent évoqués. Un silence absolu régnait dans les écoles, dans les rues, entre voisins, et même au sein des foyers. Rares étaient les familles à parler de ce qui nous était arrivé. Après la mort du dictateur, un autre pacte de silence, conclu pendant la Transition pour « éviter de rouvrir les plaies », a maintenu plusieurs générations sans connaître les raisons de tant de peur et de silence. Le franquisme n’a pas seulement tué et exilé, il est aussi parvenu à effacer une partie de notre Histoire. Comment est-il possible que des générations entières n’aient jamais entendu parler de la Retirada ni de la Desbanda ? Quelle sorte de récit collectif avons-nous construit pour que ces épisodes soient relégués à la marge ?
Voilà pourquoi ces marches sont importantes : elles sont une forme de pédagogie vivante, parce qu’elles sont une façon de le raconter aux nouvelles générations, et à celles qui suivent, ce qui nous est arrivé : un coup d’État contre un gouvernement légitime qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes en trois ans, suivi d’une répression systématique qui a duré quatre décennies. Ceux qui ont choisi de fuir lors de la Retirada ou de la Desbanda étaient des enseignants, des ouvriers, des intellectuels ou des paysans qui croyaient en une Espagne moderne, laïque et juste. Ce n’étaient absolument pas des « rouges » sans cœur, soyons clairs.
Je crois que marcher en hommage aux victimes de cette ignominie les rend plus dignes. À Argelès, il y a un cimetière pour les Espagnols, un monument sur la plage, un mémorial. Là, on dépose des fleurs et on lit des noms ; on leur rend la dignité que leur ont refusée les camps de concentration français et l’oubli espagnol, et on résiste ainsi à la propagande négationniste des descendants de ces criminels – nombre d’entre eux étant aujourd’hui les agitateurs et dirigeants des groupes fascistes qui corrompent au quotidien notre coexistence. Non, le négationnisme n’a pas disparu, loin de là. Il y a encore ceux qui relativisent, qui mettent sur le même plan, qui parlent des « deux camps » comme si le coup d’État fasciste et la tragédie qu’il a engendrée étaient un match de football. Eh bien non !
La mémoire démocratique est le fondement sur lequel nous devons bâtir une société qui refuse de répéter les erreurs du passé. Ce n’est pas un caprice de la gauche ; ça suffit de mentir. La Loi sur la Mémoire Démocratique le reconnaît, mais les lois seules ne suffisent pas. La Retirada et la Desbanda doivent continuer d’être commémorés chaque année jusqu’à ce que la mémoire des victimes soit pleinement restaurée. Il reste beaucoup à faire, car la résistance persiste et l’engagement politique des institutions est faible et insuffisant. Contrairement à ce que beaucoup craignent, je veux croire que les fascistes ne gouverneront pas notre pays, qu’ils ne gagneront pas les prochaines élections. Quoi qu’il arrive, la menace demeurera, c’est pourquoi nous devons mener ces combats avec la plus grande urgence afin que, s’ils accèdent un jour au pouvoir, ils constatent que tout le travail de réparation a déjà été accompli.
Qu’aucune rue ne porte le nom de ceux qui ont assassiné tant d’innocents, mais que les noms des criminels responsables de ces massacres soient répétés sans cesse afin que leurs crimes soient connus, afin qu’ils ne restent pas impunis. Que les familles des victimes reçoivent la reconnaissance publique qu’elles méritent. Que personne, lorsqu’on évoque La Desbandá ou La Retirada, ne hausse les épaules en demandant : « Mais c’est quoi ça ? » parce que les moyens de diffuser cette information restent rares. Que le grand public prenne pleinement conscience de la gravité des événements et que la majorité exige des excuses publiques des institutions. Nous avons pris du retard, beaucoup de retard.
Juan Tortosa, journaliste
La Retirada que nunca nos contaron
Diario Publico
26/04/2026 21:00
Por Juan Tortosa
Durante esta última semana, un centenar de personas hemos celebrado la IV Marxa de La Retirada. Este año la iniciamos en Montjuic, donde en 1936 se proyectó una Olimpiada Popular que pretendía ser la alternativa ética a los Juegos de Berlín. No llegó a celebrarse porque el golpe de Estado del 18 de julio lo truncó todo. Homenajeamos, por supuesto, a Lluís Companys. La segunda etapa la realizamos siguiendo el camino de la costa hasta Mataró. Este tramo se conoce como el Camí del Nord, una ruta que miles de personas de la comarca del Maresme recorrieron en su huida de las tropas de Franco. Subimos después a Camprodón y Prats de Molló y continuamos hasta recalar en Argelès-sur-Mer. Hace 87 años, medio millón de españoles en total, catalanes en su mayoría pero también aragoneses, andaluces y castellanos, cruzaron los Pirineos huyendo del terror tras la llegada de los fascistas a Barcelona. Ha sido la IV Marxa en memoria de lo que se conoce como La Retirada. Igual que se hace en La Desbandá de Málaga a Almería, que cada febrero homenajeamos también, aquí se reclama verdad, justicia y reparación.
El tramo final de La Retirada, donde se pasa por Colliure y se termina en Portbou, es conmovedor. La tumba de Antonio Machado, símbolo del exilio intelectual y emocional, y la de Walter Benjamin, que encarna el drama europeo y la desesperación de quienes huían de los nazis, son dos casos que convergen en un mismo punto, la necesidad, y la obligación, de no olvidar. Era pleno invierno cuando el medio millón de personas que escapó hacia Francia entre el 28 de enero y el 13 de febrero de 1939 lo hizo caminando a pie con lo puesto, bajo la nieve y el miedo. Más de la tercera parte eran mujeres, niños y ancianos.
Aquellas gentes desesperadas cruzaron por Le Perthus, Cerbère, Bourg-Madame o Prats de Molló y llegaron al otro lado de los Pirineos exhaustos, famélicos y humillados. Poco después descubrirían que en el país vecino les esperaba otro infierno tras la ocupación alemana. Campos de concentración de Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien o Bram, playas cercadas con alambre de espino, agujeros cavados en la arena para dormir, frío, disentería y desprecio. Muchos de aquellos republicanos acabarían en los campos nazis o luchando en la Resistencia francesa. Otros, como quienes habían llegado hasta Catalunya tras sobrevivir a La Desbandá dos años antes, llevaban ya en sus carnes el aroma del exilio permanente.
Durante décadas apenas se habló ni de La Retirada ni de La Desbandá. Silencio absoluto en los colegios, en la calles, entre los vecinos y también dentro de casa. En muy pocas familias se hablaba de lo que nos pasó. Tras la muerte del dictador otro pacto de silencio, el enhebrado en la Transición para “no remover heridas”, ha mantenido a varias generaciones sin conocer la razón de tanto miedo y tanto silencio. El franquismo no solo mató y exilió, sino que consiguió también borrar parte de nuestra historia ¿Cómo es posible que haya generaciones enteras que no hayan oído hablar nunca de La Retirada o de La Desbandá? ¿qué tipo de relato colectivo hemos construido para que estos episodios queden al margen?
Por eso estas marchas importan, porque son pedagogía viva, porque son la forma de contarle a las nuevas generaciones, y a las no tan nuevas, lo que nos pasó, un golpe de Estado contra un gobierno legítimo que acabó en tres años con la vida de cientos de miles de personas y al que siguió una represión sistemática que duró cuatro décadas más. Quienes decidieron huir en La Retirada o en La Desbandá eran maestros, obreros, intelectuales o campesinos que creyeron que España podía ser moderna, laica y justa. No eran en absoluto unos « rojos » desalmados, ya está bien.
Creo que caminar para homenajear a quienes fueron víctimas de aquella ignominia les dignifica. En Argelès hay un cementerio de españoles, un monolito en la playa, un memorial. Allí se depositan flores y se leen nombres, se les devuelve la dignidad que les negaron los campos de concentración franceses y el olvido español y se planta cara a la propaganda negacionista de los descendientes de aquellos criminales, muchos de ellos instigadores y cuadros hoy día de las formaciones fascistas que encanallan a diario nuestra convivencia. No, el negacionismo no ha desaparecido ni mucho menos. Continúan existiendo quienes relativizan, quienes equiparan, quienes hablan de « ambos bandos » como si el golpe de Estado fascista y la tragedia que este provocó hubiera sido un partido de fútbol. ¡Pues no!
La memoria democrática es el suelo sobre el que hay que construir una sociedad que no quiere repetir errores, no es un capricho de la izquierda, ya está bien de mentir. La Ley de Memoria Democrática así lo reconoce, pero las leyes solas no bastan. La Retirada y La Desbandá tienen que seguir recordándose cada año hasta que la memoria de las víctimas esté reparada por completo. Queda mucho trabajo, porque las resistencias continúan siendo muchas y el compromiso político de las instituciones es débil y escaso. Al contrario de lo que muchos temen, quiero pensar que los fascistas no van a gobernar en nuestro país, que no van a ganar las próximas elecciones. Ocurra lo que ocurra, la amenaza continuará estando ahí, por eso las peleas hay que darlas con la mayor urgencia posible para que, si alguna vez llegaran a gobernar, se encuentren con todo el trabajo de reparación hecho.
Que no quede ni una calle con el nombre de quienes asesinaron a tantos y tantos inocentes, pero que se repitan una y otra vez los nombres y apellidos de los criminales responsables de aquellas masacres para que se conozcan sus crímenes, para que no queden impunes. Que los familiares de las víctimas reciban el reconocimiento público que ellos y sus familias merecen. Que no haya nadie que cuando se le hable de La Desbandá o de La Retirada se encoja de hombros y te pregunte « ¿eso qué es? » porque los canales para divulgarlo continúen siendo pocos y escasos. Que el común de la ciudadanía adquiera verdadera conciencia de la dimensión de todo aquello y que de una manera mayoritaria se exija a las instituciones que pidan públicamente perdón. Vamos tarde, vamos muy, muy tarde.
Juan Tortosa
Periodista
JUPITER L’ÉQUIPE DE FOOTBALL ANARCHISTE QUI CACHE DES ARMES DANS LES BALLONS
Toutes les bonnes histoires commencent dans un bar, et celle du Club Esportiu Jupiter l’accomplit. En 1909, à l’ancienne brasserie Cebrian de Barcelone, où se trouve maintenant la horchaterie El Tío Che, les frères Mauchan ont fondé un club qui jouerait un rôle militant pendant la dictature de Primo de Rivera, la deuxième République, la guerre civile et le franquisme.

Ces frères britanniques, ouvriers du quartier de Poblenou, ont baptisé l’équipe sous ce nom, planétarium et mystique, inspirés par le vainqueur d’une compétition de montgolfères organisée sur la plage de la Mar Bella. Dès le début, le club a reflété l’esprit ouvrier du quartier, le plus grand exposant de la révolution industrielle en Catalunya et donc en Espagne.
« Le Jupiter était l’équipe du Poblenou, le poumon industriel de Catalunya, qu’ils appelaient aussi le Manchester catalan. Le quartier était en outre le quartier général des anarchistes », explique-t-il à VICE Sports Andreu Mitjans, qui a documenté l’histoire du club dans les Archives historiques du Poblenou.
Des personnalités de l’anarchisme et du syndicalisme espagnol ont été établies comme Buenaventura Durruti, et le quartier est devenu le centre névralgique de la Confédération nationale du travail (CNT-AIT).
Le bouclier de Jupiter était déjà une déclaration d’intention ; le drapeau catalan étayé par une étoile bleue à cinq branches était sans entonnoir. Cette proximité du catalanisme et de la République alimenterait leur histoire passionnante et compliquée, mêlant football, usines, coups de coups de poing monumentaux et grosses doses de censure, mais qui cache aussi des armes et une résistance ferrée au coup d’État de 1936.
Après quelques années à jouer modestement sur le Champ de la Botte, qui n’était en réalité rien d’autre qu’un terrain de camping, l’équipe s’est fédérée et a commencé à obtenir de bons résultats dans les années 20.
Malheureusement, ses années de splendeur ont coïncidé avec celles de dictature, d’instabilité et de répression dans notre pays.
En 1923, le général Primo de Rivera a imposé son coup d’État et la balance n’a pas précisément penché pour les intérêts d’un club ouvertement ouvrier et anarchiste.
À l’époque, l’équipe a changé de bouclier pour la première fois parce que le régime pensait que l’étoile et le signera étaient offensants. Ce ne serait pas la dernière fois, et même Franco a ordonné qu’on change son nom, mais c’était plus tard. On ferait mieux d’y aller par ordre.
Le club a changé d’apparence mais sa base sociale – qui était à l’époque près de 2 000 membres, qui n’est pas de la morve de dinde pour l’époque – était la même et pendant cette période, son passe-temps a utilisé les ballons pour transporter des armes sous prétexte de déplacements de l’équipe vers autres camps en Espagne.
« Les vieilles balles n’étaient pas fermées hermétiquement comme celles d’aujourd’hui, mais avaient des lacets comme des baskets. Les anarchistes les détachaient, sortaient la chambre à air et placaient l’arme démontée à l’intérieur », confirme VICE Sports Agustí Guillamón, historien barcelonais spécialiste du mouvement ouvrier et révolutionnaire de l’époque.
En 1925, malgré la répression, le « jeu des pistolets » et le peu de sympathie qu’ils suscitaient parmi les stations militaires, Jupiter remporte le titre de champion d’Espagne du groupe B, ce qui serait aujourd’hui la deuxième division.
L’obtention du titre a coïncidé avec un autre air barcelonais, celui du FC Barcelone en Coupe d’Espagne.
« C’était une équipe pionnière en Catalunya, l’une des plus importantes, et son histoire se mêle à celle du Barça pour l’incident qui a provoqué la fermeture du terrain des Corts », rappelle Mitjans.
Les deux clubs se sont réunis dans l’ancien colisée bleugrana pour célébrer leurs titres respectifs et jouer un match hommage à Orphéon Catalan
.
La marine royale britannique, qui était ancrée dans le port de Barcelone ces jours-là, a assisté à la rencontre et a interprété la marche royale, alors hymne de l’Espagne, avant le match. Le public a réagi avec une tape sonore qui a dégoûté les autorités, qui ont fermé le champ et puni Jupiter avec six mois de suspension.
Bien qu’il n’ait plus de football, le club n’a cessé de lutter pour la cause révolutionnaire.
Jupiter a rencontré les meilleures équipes espagnoles pendant la première moitié du 20e siècle. Ici, dans un match contre le FC Barcelone en 1944.
« Le club donnait au mouvement une grande partie de ses gains, et bientôt le stade est devenu un arsenal », a raconté Julio Nacarino, ancien président du club, au journaliste Andrea Sceresini. « Les ouvriers, les footballeurs et les anarchistes menaient leurs batailles côte à côte. »
Bien qu’il n’y ait pas de preuves fiables, les chercheurs de l’époque donnent la vérité au prochain chapitre de l’histoire tumultueuse du club, qui place le camp de Jupiter comme centre d’opérations de la résistance anarchiste au coup d’État du 19 juillet 1936.
« Quand la rivière sonne, l’eau emporte. Dans ces choses-là, il y a toujours un point de légende et d’épopée, mais c’est une histoire vraie », note Mitjans en référence au récit oral qui indique la tribune du champ de Jupiter comme un arsenal clandestin.
« Deux camions sont sortis du camp de Jupiter pour combattre l’insurrection fasciste », déclare Guillamón. « Ils sont sortis de là pour deux raisons : premièrement parce que c’est là que vivaient les membres importants de la Fédération anarchiste ibérique (FIA) ; deuxièmement parce qu’il y avait probablement un entrepôt clandestin d’armes sous la tribune de Jupiter. »
La tribune en bois du camp de Lope de Vega, l’une des nombreuses dans l’histoire du club, pourrait être une cachette d’armes des anarchistes. Image prête par les Archives Historiques du Poblenou
Nous savons tous comment ça s’est terminé, et avec le début du franquisme, le club a de nouveau perdu l’identité retrouvée pendant la Deuxième République. « Le régime, je ne sais pas trop pourquoi, n’aimait pas trop le nom du club, alors ils ont rebaptisé l’équipe Hercule », explique Guillamón.
Curieusement, le destin a relié le Jupiter aux passages les plus sombres de notre histoire. Dans l’ancien camp des Botas, le terrain où est née l’équipe et où se dressent maintenant les bâtiments du Forum des Cultures, a été le lieu choisi pour fusiller les ennemis de la dictature à Barcelone.
En 1948, le club a reçu un marteau qui dure toujours. L’équipe qui reflétait le mieux la lutte des classes et l’activisme du Poblenou a été transférée par le régime au camp de la Verneda, dans le district de Sant Martí à Barcelone. En fait, les plans originaux des franquistes étaient de faire de l’équipe la filiale du RCD Espanyol et de diluer le nom historique de Jupiter et, avec lui, une grande partie des empreintes anarchistes dans la ville.
Heureusement, ces plans n’ont pas fonctionné, et le Jupiter – qui porte fièrement son bouclier et ses couleurs originales depuis les années 1990 – continue de faire la guerre aujourd’hui dans la troisième division espagnole.
Même s’il n’y a plus — trop d’anarchistes et que le football est devenu une industrie du capitalisme régnante, l’histoire de Jupiter nous rappelle qu’il fut un temps où le football était bien plus que des piles et des piles de billets.
Joseph Putz, le destin hors norme d’un Compagnon de la Libération
L’association 24 août 1944 vous informe de la parution de l’ouvrage :
Joseph Putz, le destin hors norme d’un compagnon de la libération, du général Jean-Paul Michel, passionné de l’histoire de la 2e DB
Nous vous proposons cet ouvrage incontournable à notre avis sur l’histoire de la 2e DB et surtout sur cet homme hors norme qui s’est engagé pour la justice dès la première guerre mondiale.Il en reviendra avec de fortes convictions antimilitaristes et pourtant il restera dans l’armée bien que sous surveillance à cause de son penchant à suivre ses inclinations.
Ce qui nous a déterminé à suivre son parcours c’est son engagement et sa clairvoyance auprès des républicains espagnols en Espagne dès 1936. Voici ce que notre association en dit : Putz Joseph, (1895-1945).
Officier supérieur au renom de légende, Compagnon de la Libération, le colonel Putz va jouer un rôle de premier plan dans le recrutement des Espagnols dans l’armée Leclerc. Héros de la Première Guerre mondiale, ancien des Brigades Internationales, Commandant du bataillon Henri Barbusse de la XIV Brigade Internationale.
Il s’éloigne des BI après l’exécution du commandant Delasalle, accusé de trahison et d’espionnage au profit des franquistes après la bataille désastreuse de Lopera (Andalousie). Delasalle s’était opposé à André Marty, dans la mer noire en 1919. André Marty qui est commandant en chef des Brigades Internationales en 1936. Putz Joseph Putz préside le tribunal militaire qui va condamner Delasalle à la peine de mort. Mais, par son intervention personnelle il le fait acquitter de l’accusation d’intelligence avec l’ennemi pour essayer de lui sauver la vie. Pourtant la sentence est appliquée. À partir de ce moment, Putz va chercher à rétablir l’honneur de Delasalle et André Marty commence une campagne de dénigrement contre lui. Rentré en France il contacte des députés de l’assemblée nationale afin de réhabiliter Delasalle.
Nommé colonel, Joseph Putz combattit en tant que brigadiste sur le front républicain, sous les ordres du fameux général Walter (Karol Świerczewski), qui devait en faire, plus tard, son lieutenant. De Lopera (Andalousie) à Morata, Jarama, Madrid ou Guadalajara, blessé plusieurs fois, toujours à la tête de ses hommes dans les combats, Putz obtint l’estime, l’admiration et l’adhésion sans faille de ses soldats.
Sollicité en dernière instance par le gouvernement basque pour la défense de Bilbao, face à la pression des troupes nationalistes du général Mola, Josep Putz se retrouva – en tant que commandant de brigade, de division et de corps d’armée républicaine – à la division Eusko Deya. Sa valeureuse action au cours de la défense de Bilbao fut saluée par l’Anglais George Steer, dans son livre L’arbre de Guernika.
De retour en France, en 1938, et réintégré dans l’armée, le capitaine Putz fut mobilisé en septembre 1939, au moment de la déclaration de guerre à l’Allemagne. Installé en Afrique du Nord, après la signature de l’armistice, avec le statut de capitaine de réserve, et employé dans l’administration, Joseph Putz travailla comme chef de groupe des travaux du chemin de fer transsaharien Méditerranée-Niger, tout près des républicains espagnols, à Colomb-Béchar.
Suspect à cause de cette relation, on l’obligea à démissionner de sa charge, sous la menace d’une arrestation. Putz décida de se retirer discrètement dans le sud marocain, où il organisa sa participation secrète à la résistance, comptant sur les nombreux Espagnols réfugiés dans la région, et avec lesquels il maintenait des relations…
Après le débarquement allié, en novembre 1942, son épopée dans la 2e DB est à découvrir dans cet ouvrage à ne pas manquer.
Voici la composition de l’ouvrage et nous vous conseillons de souscrire avant le 31 mai pour bénéficier d’une remise de prix.
Comprenant plus de 600 pages, illustré avec 12 cartes et 40 photos, l’ouvrage est divisé en 7 chapitres, avec un prologue et un épilogue :
PROLOGUE : Mort au champ d’honneur, (28.01.1945), 9 pages
CHAPITRE I : Un début de vie difficile, (1895-1914), 22 pages
CHAPITRE II : Dans l’enfer des tranchées, (1914-1918), 140 pages
CHAPITRE III : L’Entre-deux guerres, vie tumultueuse, (1918-1936), 45 pages,
CHAPITRE IV : Les brigades internationales, la désillusion, (1936-1938), 90 pages,
CHAPITRE V : Afrique du Nord, sous la botte de Vichy, (1939-1942), 25 pages,
CHAPITRE VI : Corps franc d’Afrique, l’honneur retrouvé, (1942-1943), 35 pages,
CHAPITRE VII : Libération de la France à la tête du 3e bataillon du RMT, 230 pages.
7.1 : Djidjelli, la fusion CFA-RMT (5 sept.- 31 oct. 1943),
7.2 : Temara, la préparation au combat, (1er nov.43-20 mai 44),
7.3 : Angleterre, avant le débarquement (21mai-31juillet 44),
7.4 : Normandie, les premiers combats victorieux (1-22 août 44),
7.5 : Paris, l’euphorie et la politique (23 août-7 sept. 44),
7.6 : Lorraine, en marche vers la Rhin (8 sept.-20 nov.1944),
7.7 : Strasbourg, le serment de Koufra tenu, (21 au 28 nov. 1944),
7.8 : Colmar, la poche sanglante, (27 nov. 44- 27 janv. 1945).
ÉPILOGUE : Le Compagnon de la Libération, sa mémoire.
Une souscription est lancée voir le bon.
https://www.24-aout-1944.org/newsletter/bon-de-souscription%20.pdf
Symbole de l’anti-franquisme, la « chanson catalane » aura bientôt un lieu dédié à Barcelone
Barcelone valide la création d’une « Maison de la chanson catalane » pour faire vivre la mémoire de la « Nova Cançó », ce genre musical qui symbolise la résistance catalane sous la période franquiste.
Composée en 1968, L’Estaca de Lluís Llach est devenue un hymne mondial pour la liberté, traduite en plus de 50 langues. Mais derrière ce succès, c’est tout un genre musical qui prospérait clandestinement en Catalogne sous les années de dictature : la Nova Cançó.
Barcelone a franchi un pas historique vendredi 27 mars en validant la création d’une « Maison de la chanson catalane » – ou Ateneu de la Cançó – destinée à faire vivre la mémoire de ce mouvement musical qui symbolise la résistance catalane sous Franco.
Face à l’interdiction du catalan dans les administrations, les écoles et les médias, une poignée d’artistes – Joan Manuel Serrat, Lluís Llach, Teresa Rebull… – ont choisi de résister avec leurs mots et leur musique. Inspirés par la chanson française à texte, ils ont composé et interprété des chansons engagées dans l’ombre. Les concerts étaient quasi-clandestins et les disques circulaient sous le manteau. La Nova Cançó est ainsi devenue un puissant symbole de résistance culturelle, linguistique et identitaire.
Une maison pour préserver un héritage
Le projet de l’Ateneu de la Cançó, parrainé par six anciens ministres catalans de la Culture et soutenu par des artistes comme Paco Ibáñez, a pour ambition de préserver ce patrimoine musical, mais aussi de donner vie à la création contemporaine en catalan. « Ce serait un acte de justice culturelle », souligne Paco Ibáñez.
Le futur centre accueillera concerts, expositions, archives et recherches sur ce mouvement. Il vise à sauvegarder partitions, enregistrements et anecdotes, certaines chansons ayant été interdites ou transmises uniquement sous forme manuscrite. Sans un lieu dédié, ce trésor culturel risquerait de disparaître.
Une mémoire historique à transmettre
L’Ateneu de la Cançó ne se limitera pas à un musée : il aspire à symboliser la mémoire vivante de la Catalogne, et rappeller que la musique peut être un acte de résistance pacifique et un vecteur puissant d’identité culturelle.
Pour l’instant, le projet doit encore être validé par la Generalitat (gouvernement catalan), et les détails sur l’emplacement, le budget et le calendrier restent à préciser.
ICI Roussillon




