Archives de catégorie : Actualités

Ancienne maternité suisse ou château d’En Bardou (la maternité d’Elne).

Le lieu et son histoire : un intérêt patrimonial et un historique rare

Commandé par l’industriel et homme politique Eugène Bardou, créateur de la marque de papier à cigarettes JOB, à l’architecte danois Viggo Dorph-Petersen, le château est achevé en 1902. Cet élégant bâtiment Art Nouveau, coiffé d’une coupole vitrée et bâti en croix grecque, illustre l’extraordinaire essor économique du Roussillon au début du XXème siècle.

Au début de la seconde Guerre mondiale, loué par le Secours Suisse d’aide aux enfants des victimes de guerre, il est transformé en maternité. Ce sont majoritairement des femmes espagnoles exilées lors de la guerre civile et hébergées dans les camps de Rivesaltes et Argelès-sur-Mer entre 1939 et 1944 qui y sont accueillies. De nombreuses mères juives viennent également y accoucher en secret. L’institutrice Elisabeth Eidenbenz (1913-2011), reconnue « Juste parmi les Nations » en 2002, dirigeait la « Maternité suisse ». Son action permettra de faire naître, dans des conditions dignes, 595 enfants de mères de nationalités et confessions diverses.

Aujourd’hui ce sont plus de 650 familles, souvent des descendants de ces bébés, qui ont donné le prénom Elna ou Nael (anagramme de Elna pour les garçons) à leurs enfants. Tous les deux ans, ces ambassadeurs de la maternité, de 16 ans à 1 mois, se réunissent à Elne pour célébrer et perpétuer ensemble la mémoire de cette belle histoire.

La mobilisation : un lieu de paix et de mémoire qu’il faut conserver

Le château d’en Bardou a été racheté par la commune après un demi-siècle d’abandon. Il accueille aujourd’hui un musée ouvert toute l’année et visité par 44 000 personnes par an.

C’est un lieu sentinelle, symbole d’espoir et de paix, inscrit dans les circuits européens de la mémoire du XXème siècle, où ont été mis en place des actions pédagogiques (accueil de très nombreux groupes scolaires) et une programmation culturelle autour de l’histoire de la maternité (expositions permanente et thématiques, spectacles, etc.).

Les abords du château, écrin de verdure, font aussi office de grand parc public pour la commune, et ont ainsi été aménagés afin de pouvoir profiter de la nature.

FAIRE UN DON Ancienne maternité suisse ou château d’En Bardou :https://www.fondation-patrimoine.org/faire-un-don/ancienne-maternite-suisse

Retour sur la soirée autour des 10 ans de Retirada37

Une cinquantaine de personnes présente lors du débat avec Anne Jollet (la directrice de la revue d’histoire critique les cahiers d’histoire)puis quatre vingt personnes pour suivre les belles prestations de la chorale militante « La P’tite Rouge de Touraine » et du groupe (en formation restreinte) d’El Comunero. Une soirée emprunte d’enthousiasme et de fraternité antifasciste… Cela fait du bien en ce moment !

A visionner sur ce lien, la prestation improvisée de Jacqueline ! https://mbasic.facebook.com/watch/?v=1372226276951519&ref=sharing

« L’illusion lyrique », Le volontariat international combattant dans la guerre d’Espagne (1936-1938).

Mesdames, Messieurs, chers amis,

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier ouvrage intitulé « L’illusion lyrique ». Le volontariat international combattant dans la guerre d’Espagne (1936 – 1938) publié aux Éditions de la Sorbonne.

Appuyé sur une décennie de recherches menées dans plusieurs dizaines de fonds d’archives internationaux de la Russie à l’Espagne, sa matière est absolument inédite. Pour la première fois dans l’historiographie, cet ouvrage observe le volontariat international combattant durant la guerre civile espagnole (1936 – 1939) en embrassant toutes ses manifestations, de part et d’autre de la ligne de front, en replaçant les Brigades internationales dans une perspective renouvelée.

Cette dernière constitue le point de départ de mes travaux actuels sur les formes contemporaines du phénomène de volontariat international combattant occidental, notamment en Ukraine.

L’ouvrage a reçu le soutien de la commission de la recherche de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Résumé

La guerre d’Espagne s’est notamment caractérisée par le surgissement d’un phénomène considérable et inattendu : l’arrivée de dizaines de milliers d’étrangers, hommes et femmes, désirant prendre part aux combats. Très majoritairement antifascistes, ils se sont dispersés dans différentes formations combattantes internationales dont les plus fameuses furent les Brigades internationales mises sur pied par le parti communiste. D’autres étrangers ont pourtant choisi de rejoindre l’autre camp, par anticommunisme. Cet ouvrage propose de réenvisager cet épisode célèbre du XXe siècle en le replaçant dans une continuité historique, celle du phénomène de volontariat international combattant, déjà particulièrement prégnant au XIXe siècle. Il faut pour cela s’émanciper des perspectives qui faisaient des Brigades internationales un épisode inédit et unique pour regarder le phénomène en Espagne dans son épaisseur, sa pluralité et ses complexités. Durant deux ans, les volontaires internationaux ont combattu dans la guerre civile espagnole selon des modalités propres, souvent concurrentielles, et des attentes diverses, non sans désillusions, déceptions et renoncements. Au-delà de leurs disparités, des affrontements politiques et des controverses mémorielles, les milliers de volontaires étrangers en Espagne ont partagé des caractéristiques communes qui nous renseignent éminemment sur le phénomène de volontariat international combattant qui, aujourd’hui encore, continue de survenir dans les conflits contemporains.

Il peut être commandé en librairie ou bien auprès de l’éditeur, les Éditions de la Sorbonne : http://www.editionsdelasorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100860080

Français Libres et Républicains Espagnols contre le nazis

L’association24 Août 1944 – La Nueve a décidé de ré éditer : Les carnets de route d’un croisé de la France libre et l’hallali de Paris à Berchtesgaden, dans leur intégralité. Ces textes seront suivi des Chemins de la mémoire, afin de suivre la transmission de la mémoire de la Nueve de 1944 (à Paris) à nos jours. Cette mémoire ne s’est jamais effacée, elle a traversé les décennies pour parvenir jusqu’à nous. Beaucoup de protagonistes, d’historiens de militants se sont mobilisé à travers les ans pour qu’elle existe, coûte que coûte.

Rééditer les carnets de route du Capitaine Dronne, relatant son odyssée de Français Libre dès 1940 aux confins du Cameroun, jusqu’en Allemagne en 1945 pourrait paraître paradoxal pour une association mémorielle des républicains espagnols réfugiés en France.

Et pourtant, quand le capitaine Dronne rejoint Leclerc et remonte vers l’Afrique du Nord, la compagnie qui lui est confiée est majoritairement composée de républicains espagnols, réfugiés en Afrique du Nord.

Commence alors une épopée qui liera ce Français Libre de la première heure, à ces républicains espagnols antifascistes, d’avant l’heure, de façon indéfectible pendant les années de guerre et bien au-delà. Pendant des années Raymond Dronne et les survivants de la compagnie resteront soudés, telle une famille, dira Colette, la fille du Capitaine Dronne qui les a bien connus.

À un moment où les étrangers en général, prennent enfin la place qui leur revient dans la libération de la France et de l’Europe, rappeler qu’il y a 40 ans cette mémoire existait déjà n’est pas inutile.

Rappeler qu’en des moments historiques précis, des vies que rien ne semblait devoir réunir, se mêlent dans un combat commun supérieur à chacun d’entre eux, devrait nous enseigner pour aujourd’hui.

Et en rééditant la totalité de ces carnets de route, nous avons fait le choix de montrer l’ensemble des combats menés par le Capitaine Dronne pendant la seconde guerre mondiale. Et par là, nous faisons le choix d’inclure la « Nueve » dans un mouvement historique auquel ces républicains espagnols participent avec de nombreux autres étrangers.

De même que les hommes de la « Nueve » ont une histoire avant la deuxième guerre mondiale, nous le verrons dans l’introduction, ils en ont une après. Ce sera l’objet de la troisième partie de ce volume.

Rééditer ces carnets, c’est rendre hommage à Raymond Dronne, l’homme engagé dans la deuxième guerre mondiale, rédacteur d’un témoignage exceptionnel sur la « Nueve », à sa fille Colette éprise de vérité concernant « sa » famille de la Nueve et à ces hommes de la Nueve , qui sont, pour nous, l’emblème de l’engagement du peuple espagnol des deux côtés des Pyrénées contre la barbarie.

Afin de vous offrir une édition collector de cette mémoire, nous ouvrons une pré-vente.

Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre ou vos exemplaires auprès de l’association

ATTENTION :

COMPTE TENU DU TEMPS PRIS PAR NOS RECHERCHES POUR SILLONNER LA MÉMOIRE DE LA NUEVE JUSQU’À NOS JOURS, L’OUVRAGE NE SERA DISPONIBLE QUE DÉBUT DÉCEMBRE (contrairement à ce qui est annoncé sur l’affiche, novembre)

P.-S : VOUS POUVEZ ENVOYER VOTRE COMMANDE À L’ADRESSE DE L’ASSOCIATION

24 AOÛT 1944

22 RUE MÉLINGUE

75019 PARIS

Présence de Caminar à la cérémonie du 80ème anniversaire de la Libération de Paris

Cette année, c’est l’association Retirada37, et plus précisément sa présidente Fernande LOPEZ, qui a représenté Caminar.

Du fait des jeux olympiques, la cérémonie s’est déroulée Place Denfert-Rochereau, une vingtaine de mètres au-dessus du lieu hautement symbolique, où se trouvait le QG du colonel Rol-Tanguy, commandant régional des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Les porte-drapeaux étaient situés à côté des chœurs de l’Armée Française.
« Ces hommes dont nous commémorons ici aujourd’hui le talent, le courage, la force, l’énergie, l’inspiration … ont marqué l’histoire européenne, l’histoire de nos libertés, c’est aussi ce que signifie cette commémoration », a déclaré lors de la cérémonie Anne Hidalgo.

L’hommage a eu lieu en présence de Bénédicte de Francqueville, dernier enfant encore vivant du général Leclerc, et de Claire Rol-Tanguy, fille du colonel Rol-Tanguy.

La veille, samedi, un hommage avait été rendu aux 160 hommes de la Nueve, la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, pour la plupart des républicains espagnols, qui ont été les premiers à pénétrer dans Paris au soir du 24 août. Ces derniers ont joué un rôle actif dans la libération de la capitale au sein de la « colonne Dronne », avant-garde de la 2e DB.

Rappelons qu’il a fallu attendre 2012 pour qu’ils soient pleinement célébrés, que le drapeau de la République espagnole flotte à côté des drapeaux français.

Le déroulement de la cérémonie ainsi que l’évocation historique ont été de grand niveau, et la place des Espagnols a été bien retracée.

A la fin de la cérémonie, tous les porte-drapeaux se sont mis devant pour le salut aux drapeaux.

Anne Hidalgo nous a chaleureusement remerciés pour notre participation, ainsi que la Secrétaire d’Etat au travail de mémoire nous a aussi largement salué et nous a demandé de poursuivre nos actions pour la reconnaissance de notre histoire.
Un passage des avions de la Patrouille de France dans le ciel parisien a conclu la cérémonie.

suite à l’article sur La Nueve des remarques que j’ai reçues de Mar y Luz Cariño Lopez fille de Angel Cariño Lopez, combattant de La Nueve


Merci pour l’article mais il comporte des informations totalement fausses concernant Rafael Gomez Nieto.  M-y-L

Déjà la date du 19 est fausse, c’est le 24 Août qu’une partie de La Nueve faisait partie de ceux qui sont arrivés à Paris et le Guernica n’y est  arrivé que le lendemain et si j’en suis sûre c’est que mon père lui était sur le Guernica.

Concernant la vie personnelle de Rafael, il était effectivement le dernier des hommes de la Nueve, il est décédé comme c’est écrit des suites du covid et vivait en Alsace pour le restant je ne peux rien en dire.

Je ne sais quelles sont les sources de la personne qui a écrit l’article mais il vaut mieux se fier au travail des historiens. 

Amitié

   Mar-y-Luz

Pour rétablir la vérité Luis propose de diffuser un podcast de Radio France sur La Nueve,chose qui sera faite

Je pense que ce serait plus juste. Tu sais cela me fait penser à la seconde guerre mondiale en France,tout le monde avait été dans la Résistance. 

Je ne nie pas que Rafael ait combattu dans la Nueve et même qu’il ait été sur le Guernica à un moment car les équipes des HT changeait en fonction des pertes.Mais en aucune manière le guernica était là le 24 Août.

L’histoire souhaite souvent avoir des héros quitte à enjoliver cette histoire, les personnes elles même d’ailleurs participant à cela surtout quand elles ont été oubliées et qu’il ne reste plus personne pour en dire autre chose. Cela n’enlève rien à leurs valeurs de combattants.

C’est pour cela que je tiens à ce que l’on parle de mon père en ces termes: Combattant mais pas héros.

Les historiens ont tout de même travaillé sur ce sujet depuis.

Je peux au moins te donner les noms des half-tracks qui sont entrés le 24 Août au soir:Infos historienne celles-là.

-Section hors rang: Les Cosaques et Rescousse

-2ème Section Résistance,Teruel,Libération,Nous Voilà et l’Ebre

-3ème Section Tunisie 43,Brunete,Amiral Buiza,Guadalajara (qui est conservé au Mont Valérien) et Santander

Je pense que le journaliste pour écrire son article, sûrement voulant bien faire, a pioché un peu partout. Il n’a pu faire que cela compte tenu de la date de décès de Rafael.

Mar-y-Luz

Rafael Gomez Nieto, de la guerre civile espagnole à la libération de Paris

Rappel sur qui était Rafael Gomez Nieto

Les Espagnols de la Nueve, vétérans de la guerre face à Franco et combattants acharnés de la liberté, furent les premiers soldats de Leclerc à entrer dans Paris, la veille de sa libération. Parmi eux, Rafael Gomez Nieto, mort à Strasbourg des suites du coronavirus covid-19.

Aurélien Soucheyre

Le soir du 24 août 1944, Rafael Gomez Nieto fut l’un des tout premiers membres de la 2e division blindée de Leclerc à entrer dans Paris. Il faisait partie de la Nueve, la neuvième compagnie, presque entièrement composée de républicains espagnols, déterminés à en découdre avec le fascisme, en Espagne ou ailleurs. « Comme toujours, on était en première ligne. On était un bataillon de choc. On a reçu l’ordre de prendre la mairie. Je conduisais le half-track qu’on avait appelé Guernica. On est entré par la porte d’Italie, et on a foncé vers l’Hôtel de Ville. Je me suis garé devant. Les hommes sont entrés. Moi, je suis resté avec l’autochenille, car j’étais chauffeur », se souvient le vétéran. Suivront des jours d’ivresse, de joie et de liesse populaire. Et des milliers de baisers. « Quand on entre dans une ville opprimée, le libérateur, les filles lui sautent dessus ! »  s’amuse-t-il. La Nueve eut ensuite l’honneur d’ouvrir le défilé sur les Champs-Élysées, et de protéger en personne le général de Gaulle. Point d’orgue d’une épopée qui, pour beaucoup, avait commencé en 1936, en Espagne, et allait s’achever, pour les derniers survivants, dans le nid d’aigle d’Hitler, à Berchtesgaden, en 1945. « Je suis né en 1921, à proximité d’Almeria, en Andalousie. Mon père, carabinier, avait fait partie de la garde du roi Alphonse XIII dans sa jeunesse. C’était un militaire de carrière, fidèle aux institutions de la Seconde République dès sa proclamation, en 1931. Il l’a défendue jusqu’au bout, sans état d’âme. » En 1939, les franquistes remportent la guerre civile. La famille de Rafael fuit de l’autre côté des Pyrénées, où elle se retrouve parquée par les autorités françaises dans d’immondes camps de concentration, avec des milliers d’autres réfugiés. « Oh, c’était bien ! La plage ! En plein hiver ! On a passé de bonnes vacances ! » ironise, le regard dur et la voix tendue, celui qui a connu les coups de crosse, la faim, la vraie faim, le froid et les poux.
 
Une compagnie de choc à la solide réputation,  toujours en première ligne Avec des faux papiers, Rafael et son père se font passer pour deux frères, et sortent du camp de Saint-Cyprien, réclamés par un oncle basé à Oran. « Je suis devenu apprenti cordonnier et puis, sur un coup de tête, je me suis engagé dans les Corps francs d’Afrique après le débarquement allié. » Le jeune homme prend les armes, et retrouve de nombreux vétérans de la guerre d’Espagne, chahutés par le destin, qui convergent vers les troupes de Giraud puis de Leclerc pour en découdre avec les nazis. « Ah ! On a passé du bon temps avec les Allemands ! Et eux avec nous… La guerre… », gronde Rafael, un éclair dans le regard, avant de baisser les yeux.
 
« Il fallait bien continuer. En finir avec les nazis » 
 
La Nueve fut constituée en 1943, au Maghreb. armée par les Américains, cette compagnie française comptait 160 hommes, dont 146 Espagnols, pour la plupart socialistes, communistes ou anarchistes. Les soldats furent autorisés à arborer le drapeau de la République espagnole sur leur uniforme, et à peindre sur leurs véhicules des noms aussi évocateurs que Teruel, Madrid et Guadalajara. « On est parti en Angleterre, puis on a débarqué en Normandie. Ensuite, on était toujours en tête. Les combats étaient très durs, avec des pertes, surtout à Écouché et à Colmar. Il y avait des tanks, des flammes, mais on ne reculait pas. Jamais. Je crois qu’on a été très utile. » 
 
La compagnie se taille rapidement une solide réputation, s’avère décisive et fait de nombreux prisonniers. « Après Paris, il fallait bien continuer. En finir avec les nazis. À ce moment-là, moi, je conduisais le Don Quichotte. Entre nous, il y avait des rumeurs de retour. On voulait aller en Espagne avec les armes et le matériel. Certains pensaient que les Alliés nous aideraient. Mais à la fin, on n’était plus qu’une dizaine en état de se battre. On a été démobilisé. Chacun est parti de son côté », se rappelle, avec pudeur, ce libérateur qui allait rester en exil. « Je suis retourné à Oran et je suis redevenu cordonnier. Pendant la guerre d’Algérie, on m’a mobilisé. Je devais faire des gardes, des rondes tous les deux ou trois jours devant les édifices publics et les usines, au cas où. En 1958, j’en ai eu marre, j’ai fermé mon magasin, et j’ai rejoint un oncle à Strasbourg, un anarchiste qui avait fait le maquis dans le Vercors. » Rafael vit toujours en Alsace aujourd’hui. À quatre-vingt-treize ans bien portés, il profite d’une retraite amplement méritée. Une retraite cachée, loin des honneurs qu’il fuit le plus possible. Mais pour les soixante-dix ans de la libération de Paris, le vétéran est revenu à la capitale, où il représentait,  seul, la Nueve. Le 23 juillet, il a connu un nouveau bain de foule, entouré, salué et embrassé par les spectateurs
d’une pièce de théâtre consacrée à sa compagnie et mise en scène par Armand Gatti. Le lendemain, il était l’invité d’honneur d’une cérémonie présidée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, où il fut de nouveau ovationné. « Ah ! On n’oublie pas. Non, on n’oublie pas, qu’on est entré les premiers. La Nueve ! » s’émeut-il.