ENFANCES EN GUERRE. Témoignages d’enfants espagnols

ENFANCES EN GUERRE. Témoignages d’enfants sur la guerre

« Espagne que nous avons perdue, ne nous perds pas ».
L´histoire de l´exil écrite par les « niños de Rusia »
VERONICA SIERRA BLAS

Espagne que nous avons perdue, ne nous perds pas ;
Garde-nous en ton front abattu,
Conserve en ton flanc le vide encore chaud
De notre amère absence,
Car un jour nous reviendrons, plus véloces,
Sur le dos solide et puissant
De cette mer, les bras ondoyants
Et les remous de la mer dans la gorge i.

 

 

Inés Millán Romeo. 13 años. [Vida antes de la guerra] Francia. Colonia Infantil de Bayona. « Esta escena representa la alegría que sentíamos  cuando mi papá (viajante) volvía a casa. Mi hermano y yo corríamos a abrazarle y a registrarle los bolsillos, para ver lo que nos traía de otras ciudades ».

 

 

 

Enfance, guerre et évacuations

 

C´était l´été 1936. C´était un juillet bleu, teinté d´ors violents. C´était la moisson et les baignades dans la rivière et le ciel étoilé sur nos têtes. […]. C´était l´été en Castille. Je me souviens qu´il faisait chaud, très chaud […].
Soudain, un matin la catastrophe éclata. Le monde s´écroula. Autour de nous, tout commença à s´effondrer et nous, les enfants, nous assistâmes épouvantés à la fin de notre enfance ii.

Les bombes, les sirènes et les courses vers les abris ; l’interdiction de jouer dans la rue sans autorisation ; les maladies résultat du manque de médicaments et de l’insalubrité ; la faim que ne parviennent pas à rassasier les aliments obtenus lors des distributions de rationnement ; la séparation d’avec les êtres chers comme conséquence des évacuations, des incorporations pour le front, des disparitions inexplicables, des morts… Tout cela a été le quotidien des enfants espagnols lors de l’été torride de 1936.
Si une chose est évidente après les nombreux travaux effectués sur les enfants durant le conflit armé espagnol, c’est qu’ils subirent la guerre sous toutes ses formes, comme les adultes. Ils en furent les victimes directes. Rien qu’en 1937, plus de 36 000 enfants de moins de 14 ans ont péri, ce qui correspond à 28% des morts cette année-là iii . La majorité de ces décès sont enregistrés comme conséquence de maladies (surtout de type infectieux) mais aussi des bombardements. Ces derniers sont le motif de nombreux dessins d’enfants et ils constituent également l’un des thèmes les plus récurrents de leurs écrits, comme on peut le noter, par exemple, dans les mémoires de María Álvarez del Vayo, de 10 ans, qui habitait à Prague, où elle et sa famille s´étaient déplacés en octobre 1936 parce que son père travaillant pour la Légation espagnole dans la capitale tchèque. Il était interdit à María de lire le courrier et la presse qui arrivaient quotidiennement chez elle. Un jour, elle ne put réprimer sa curiosité et lut un tract intitulé « Le crime de Guernica » où était décrit le bombardement de la ville basque.

Je ne voulais pas regarder mais du coin de l’œil j’ai tout vu. Des enfants déchiquetés, les vêtements en lambeaux, couchés en ligne, les uns à côté des autres, les yeux fermés avec un petit écriteau accroché au cou. Ces images resteront gravées pour toujours, comme le sera le titre du tract : « Le crime de Guernica ». Au moment de m’endormir, le secret me submerge. Ces enfants, comme moi : que faisaient-ils étendus sur le sol avec un écriteau au cou ?
– Ils sont au ciel – m’explique maman sans me gronder.
J’ai cru pendant longtemps que pour aller au paradis les enfants devaient porter un écriteau, afin qu’on les laisse entrer si on ne connaissait pas leur nom iv.

 

 

 

23 May 1937, Southampton, Hampshire, England, UK — A clergyman points towards the English coast as the ocean liner draws into dock carrying some 4,200 Basque children who have been evacuated from war-torn Spain. — Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

25 de mayo de 1937. 4200 niños vascos (la mayoría bilbaínos) llegan al puerto de Southampton a bordo del navío « Habana ».

 

 

 

En plus d´être victimes, les enfants espagnols furent la cible privilégiée de la propagande de guerre. Les enfants étaient non seulement un moyen pour les deux camps d’obtenir des soutiens au niveau mondial, mais ils étaient aussi considérés comme les héritiers des principes idéologiques pour lesquels on luttait sur le champ de bataille. Ils devaient, le moment venu, reprendre le flambeau laissé par leurs aînés, afin de consolider le triomphe de la République ou d’obtenir la légitimation de l’Espagne nationale et catholique. Faire participer les enfants au conflit a ainsi été l’un des objectifs principaux de la propagande républicaine et franquiste.
Les stratégies ont été nombreuses pour parvenir à l’acculturation et à la socialisation de guerre de l’enfance. Une des plus efficaces fut la représentation des enfants comme victimes de guerre sur des affiches, des tracts, des timbres et d’autres supports de la propagande. Un autre moyen utilisé fut la fabrication de jouets guerriers. Ces jouets susciteront le développement de jeux inspirés par la guerre, de jeux où se reflète à la perfection le processus d’acculturation guerrière de l´enfance. On peut également citer la diffusion de revues, de contes et de livres pour enfants remplis de consignes idéologiques, comme nous pouvons le voir dans la collection de contes publiée par le Ministère de l’Instruction publique entre 1936 et 1937 sous le titre « Contes pour les enfants antifascistes », qui contenait des messages prosélytiques et des dessins de combattants signés par l’un des principaux propagandistes républicains, José Bardasano v.
Mais c’est surtout la transformation de l’école en une école belligérante qui a été la stratégie la plus efficace vi. En effet, expliquer et faire comprendre la guerre aux enfants était une des missions principales des instituteurs, comme le démontrent beaucoup de dessins, de cahiers et d’exercices scolaires conservés. Par exemple, dans l´école de Hostafranchs, à Lérida, l’institutrice demande aux enfants de raconter, dans une lettre adressée à la famille qui est loin, ce qu’ils ont vécu de la guerre.

Hostafranchs, 10 novembre 1936.
Chère sœur,
Je suis désolé à cause de toutes les calamités qui ont eu lieu durant ces quatre mois de guerre. Les fascistes ont détruit l´Espagne. Je ne sais pas quand finira cette guerre civile qu´ils ont commencée. Ta famille sait ce qu´est la souffrance. Ton mari est combattant, il est un de nos défenseurs de la République, notre gouvernement légal. Tu dois avoir de la patience. Je crois que si nous travaillons ensemble sur le front et aussi à l’arrière, nous pouvons obtenir la victoire et éradiquer le fascisme de notre pays.
Salut et Vive la République !
Ton frère, José vii.

 

 

 

 

 

Une des conséquences les plus importantes de la guerre sur les enfants, outre ce processus de socialisation guerrière, a sans doute été leur évacuation des zones à risque. Ce phénomène a pris une dimension particulière durant la Guerre Civile espagnole. En fait, les évacuations des petits Espagnols – souvent suivies d’exil – constituent l’un des exodes infantiles les plus importants du XXe siècle viii.
Dès les premiers mois de la guerre, entre septembre et octobre 1936, le gouvernement républicain organisa plusieurs évacuations d’enfants vers des zones éloignées des fronts, comme la région de Valence ou la Catalogne. L’objectif étant de les protéger, les nourrir et d’assurer la continuité de leur scolarisation, que ce soit dans des colonies construites à cet effet ou dans des maisons d’accueil particulières ix.
Plus tard, à mesure que les troupes franquistes s’emparaient du Nord de l’Espagne, le gouvernement républicain décida d’envoyer les enfants hors du pays, sous le contrôle permanent de la Délégation Centrale des Colonies (DCC), organisme dépendant du ministère de l’Instruction publique, créé le 1er mars 1937, et du Conseil National de l’Enfance Évacuée (CNIE), mis en place le 28 août de la même année. De nombreux pays se proposèrent d’accueillir les enfants espagnols, mais les plus actifs furent la France, la Belgique, l’Angleterre, la Russie, le Mexique, la Suisse et le Danemark x.

 


Les départs et les installations des enfants dans les pays d’accueil étaient toujours précédés d’importantes campagnes de propagande et de slogans tels que « Aidez les enfants d’Espagne » ou «Sauvez l’enfance espagnole » qui eurent un très fort retentissement dans le monde entier. Ils créèrent un consensus émotionnel en faveur de ces évacuations qui devenaient ainsi des preuves évidentes de l’aide internationale reçue par la République.
Pour Franco, au contraire, ces évacuations organisées par le gouvernement républicain pour sauver les enfants de ses bombardements et de ses actions offensives étaient une source de grande inquiétude. En effet, elles donnaient, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, une image très négative de son armée. Le « Caudillo » corrigea rapidement cette mauvaise image en mettant en doute la légitimité et les méthodes du gouvernement républicain, accusant celui-ci d’utiliser non seulement les départs comme un instrument de propagande mais aussi de réaliser ces évacuations d’enfants sans le consentement des parents. La représentation graphique ou littéraire d’enfants tristes, affamés et désemparés transforme l’enfance en victime de la politique républicaine, comme on peut le voir dans l’extrait de ce tract propagandiste publié après l´évacuation d´une clinique pour enfants à Górliz (Plentzia) :

L’Espagne rouge et défaite t’a enlevé ton enfant. L’ESPAGNE DE FRANCO TE LE REND. Eux et nous, avons des desseins bien distincts. Ils détruisent la famille. Nous, nous bâtissons la société sur elle. Cet émouvant baiser venu du fond de ton cœur que tu déposes sur le front de ton fils est le fruit de l’émotion chrétienne. Il possède une valeur éternelle que ne peuvent pas comprendre les âmes obscures qui ordonnèrent ces dramatiques évacuations dictées par Moscou xi.

 

25 de septiembre de 1937: un grupo de niñas y niños vascos, refugiados de la Guerra Civil, están de pie sobre el mar frente al Campamento de Verano St Mary’s Bay en New Rommey, Kent. Están siendo alojados en Gran Bretaña a la espera de que termine la guerra para volver a España.

 

Mais, une fois achevées les évacuations infantiles massives et après s’être assuré du contrôle d’une large partie des fronts, Franco change de stratégie. Le rapatriement des enfants devient son objectif prioritaire. Beaucoup d’enfants évacués à l’étranger rentreront en Espagne par le biais de la Délégation Extraordinaire du Rapatriement de Mineurs (DERM), dépendant du ministère des Affaires étrangères, puis, à partir de 1954, par celui du Service Extérieur de la Phalange xii. Ces rapatriements ne concerneront pas les enfants qui se trouvaient en Russie et au Mexique. Les gouvernements de ces pays s’opposèrent alors à cette « politique du retour ».

Les « niños de Rusia »

 

 

 

De toutes les expéditions infantiles organisées par le gouvernement républicain durant la Guerre Civile, celles vers la Russie furent les plus controversées, en raison de la lutte idéologique acharnée que se livraient le fascisme et le communisme à cette époque non seulement en Espagne, mais également dans toute l’Europe.
La Russie respecta dans un premier temps le traité de non-intervention. Cependant, la participation allemande et italienne dans le conflit aux côtés des insurgés fit changer Staline d’opinion. Les Russes envoyèrent en Espagne des armes, des vivres, des médicaments et du matériel sanitaire. Ils mirent à la disposition de la République d’importants experts politiques et militaires. Ils accueillirent également dans leurs écoles des aviateurs républicains, aidèrent à la création des Brigades Internationales et reçurent plusieurs expéditions d’enfants.
Près de 3.000 enfants, entre 3 et 15 ans, furent évacués en URSS entre le 17 mars 1937 et la fin du mois d’octobre 1938 ; dates des première et quatrième expéditions officielles organisées par la République xiii. Les difficultés du voyage, l’accueil chaleureux lors du débarquement, les attentions reçues pendant les premiers jours du séjour, le processus d’adaptation à leur nouvelle vie et à leur nouvelle patrie, le quotidien au pays du prolétariat, tout cela a été consigné dans les quelque deux cents lettres que les enfants enverront à leur famille et à divers organismes de secours lors des premiers mois en URSS. Ces lettres, aujourd’hui conservées au Centre Documentaire de la Mémoire Historique de Salamanque, constituent un véritable trésor documentaire. Elles nous permettent, en effet, de reconstituer cette évacuation particulière qui, à la différence d’autres restées temporaires, finit par devenir, contre toute attente, un exil permanent.
Certaines de ces lettres écrites par des enfants peuvent être lues comme des journaux de bord, car les enfants y racontent tous les détails du voyage, convaincus de vivre une grande aventure et de jouer un rôle important dans un fait historique sans précédent. Ils racontent, par exemple, comment s’effectue l’embarquement dans les ports espagnols (Carthagène, Valence, Bilbao, Barcelone, Gijón), comment se déroulent les adieux, comment ils sont traités à bord, les repas servis sur le bateau, le peu d’espace disponible, les maladies dont ils souffrent ainsi que les différentes escales. La lettre que le petit Lucio Rueda écrit à son frère Victoriano, combattant républicain, offre un excellent exemple :

A présent, je vais te raconter le voyage que nous avons fait. Quand nous sommes partis de Bilbao, et que nous avons fait nos adieux à maman et à vous tous, nous sommes montés à bord du bateau Habana. Nous y sommes restés jusqu’au lendemain. À quatre heures du matin, on a levé les amarres et on a commencé à naviguer. Nous n’avons pas vu la terre pendant une journée entière puis nous sommes arrivés en France.
Avant d’arriver, nous avons aperçu le navire traître Cervera, mais comme nous étions escortés par 5 bateaux français, il a cru que c’étaient des bateaux républicains et il est parti. Nous ne l’avons plus vu.
Ensuite, nous sommes arrivés en France, à Bordeaux. Nous y sommes restés deux jours, toujours à bord du bateau et le dernier jour, on nous a donné un paquet de bonbons, de biscuits et un petit pain et encore d’autres choses. Puis, nous sommes descendus et nous sommes allés à la gare de France. Après, le bateau Sontay est arrivé et nous avons embarqué de nouveau. Au bout de deux heures, nous avons pris la direction de l’URSS. En chemin, nous avons vu beaucoup de pays : la Hollande, la Belgique. Un peu plus tard, nous sommes entrés dans les eaux allemandes qui semblent aussi méchantes qu’eux, car il y a eu de très grosses vagues.
Ensuite, nous avons vu la Suède et encore d’autres nations. Un peu plus tard, nous avons vu de navires de guerre avec des grues et d’autres choses. Puis un autre bateau identique et après un bateau des garde-côtes s’est approché et son capitaine est monté à bord et ils nous ont filmés. Ensuite, de loin, nous avons vu une partie de l’URSS et en chemin beaucoup de bateaux de commerce. En nous rapprochant de l’URSS, nous avons vu beaucoup de bateaux de guerre russes et 5 sous-marins arrêtés. Un peu plus tard, environ deux heures, nous sommes arrivés à Leningrad et nous nous sommes arrêtés au port xiv.

 

 

L’arrivée en Russie restera inoubliable pour les enfants. Ce fut, sans aucun doute, un des souvenirs les plus gais de cette période marquée par le déracinement et la séparation. Les débarquements ont été filmés et photographiés de très nombreuses fois. Ils ont fait la Une de beaucoup de journaux nationaux et internationaux. Chaque fois qu’une expédition infantile entrait dans le pays, le peuple russe décorait de fleurs et de guirlandes les ports de Leningrad et de Yalta ainsi que les différentes gares traversées par les petits évacués. Ces derniers étaient également accueillis par de la musique et des danses traditionnelles. Comme le décrit le petit Emiliano Aza dans la lettre à sa famille, les enfants étaient reçus, et je cite ses propres mots, «comme si nous étions des héros revenant de la guerre et comme si nous avions réalisé des exploits extraordinaires » xv.
À peine arrivés, les enfants étaient l’objet de nombreux égards et de soins : un bon bain, un examen médical, de nouveaux vêtements (des uniformes pour tous) et des repas succulents – avec même du caviar au menu. Avant de découvrir leur nouvelle maison, ils faisaient même un séjour dans un sanatorium pour se reposer de leur périple. C’est ce que raconte la lettre du petit Marcos Alcón adressée à ses parents le 24 juin 1937 :

En arrivant à l’infirmerie, nous avons pris une douche et nous avons mangé deux gâteaux de pain avec du beurre et du fromage, du pain avec de la confiture, un gâteau et du chocolat. On nous a donné des chaussettes, un pantalon long, un maillot de corps, un caleçon mauve qui ressemble à un pagne, et une chemise verte identique à celles qui sont jaunes, mais plus légère et avec des manches longues pour être portée avec une cravate xvi.

 

 

Les seize Maisons d’Enfants, que le Narkompros (le Commissaire du peuple pour l’Enseignement Soviétique) avait créées spécialement dans différentes provinces de la Fédération Russe et en Ukraine pour les enfants espagnols évacués, ont été de véritables oasis de bonheur. D’ailleurs, la majorité des enfants qui ont écrit leurs mémoires et leurs autobiographies consacrent toujours un chapitre à la description des Maisons où ils vécurent, comme par exemple, Bernardo Clemente del Río, qui habitait à la Maison numéro 7 de Moscou :

Notre maison d’enfants de Moscou se trouvait à l’angle des rues Bolshaya Piragóvskaya et Alsufelskaya. C’était un ancien bâtiment restauré et transformé avant notre arrivée […]. Par le passé, ce devait être la demeure d’un grand de Russie. Au rez-de-chaussée, se trouvaient l’entrée, la penderie pour les manteaux, les bonnets et les sabots. Il y avait une petite fontaine de marbre avec des poissons de couleurs, le petit bureau de la comptabilité, trois grands dortoirs pour les garçons, les toilettes, les douches, une pièce destinée au rangement du linge de maison, des draps et des vêtements, la grande salle du réfectoire et la cuisine.
On accédait au premier étage par un large escalier de marbre blanc. À cet étage, il y avait le bureau de la directrice et du zampolit (directeur adjoint chargé de l’éducation politique), deux grands dortoirs pour les filles et leurs toilettes, une grande salle de conférences avec une scène, un rideau en velours rouge et un piano à queue. Dans cette salle, nous faisions notre gymnastique du matin, mais aussi des fêtes et des réunions, etc. À cet étage, il y avait les pièces pour faire les devoirs de l’école xvii.

 

Une fois installés dans leur nouveau foyer, les enfants bénéficiaient d’égards particuliers. Il régnait dans ces maisons une sorte de « microclimat espagnol ». Sur un total de plus de 1 000 personnes chargées d’encadrer les petits, 111 étaient espagnoles xviii. Les enfants suivaient des cours d’espagnol ; des manuels scolaires russes furent même traduits en castillan pour eux. Ils participaient à des groupes de danse, de théâtre, de musique ou de littérature espagnole. Ils gardèrent également le contact avec de nombreux dirigeants du Parti Communiste qui les considéraient comme le futur de l’Espagne et qui leur faisaient croire qu’ils étaient destinés à diriger le pays une fois que tout serait terminé et que la République aurait gagné la guerre. Cet espoir se manifeste clairement dans les choix des études entreprises après l’école. Dans leur grande majorité, ils se sont dirigés vers des carrières de pilotes, de marins, de médecins et d’infirmières.
Les enfants apprirent aussi le russe, non sans quelques difficultés. Ils participèrent à de nombreuses activités et fêtes avec des enfants soviétiques. Ils firent partie du mouvement des pionniers, et ainsi profitèrent de multiples excursions à travers tout le territoire qui leur permirent de mieux connaître et apprécier leur nouvelle patrie et de se familiariser avec les mœurs du peuple russe. Tout ceci se reflète dans les lettres, qui peuvent être lues comme une chronique de la vie quotidienne de ces jeunes au cours de leurs premières années en Union Soviétique, mais aussi dans d’autres documents qui ont été conservés, telles les rédactions scolaires, comme celle que nous pouvons voir de la petite Amelia de Quirós, écrite à l’École de Moscou en janvier 1938 :

Je dois raconter ce qui me plaît le plus. Nous vivons actuellement à Moscou. Depuis 5 mois que nous sommes installés dans la capitale de l’URSS, nous avons vu plein de choses intéressantes, par exemple la parade du 7 novembre pour le XXe anniversaire de l’URSS. J’ai aussi été très émue de voir le mausolée de Lénine. Mais ce qui m’a le plus impressionnée de tous les monuments de Moscou, c’est le métro. C’est une chose que je n’avais jamais vue de toute ma vie, surtout la station [Kievskaya], construite en un an par les jeunesses communistes. C’est la plus belle. J’ai beaucoup aimé aussi le Kremlin car c’est un monument très ancien, mais à mon avis c’est le métro qui est le plus extraordinaire xix.

 

Malgré tout, les enfants n’oublièrent jamais que leur pays était alors en guerre et que leurs parents et leurs proches couraient de grands périls chaque jour. Beaucoup se souviennent encore de l’angoisse, du désespoir et de la tristesse de ne pas recevoir de nouvelles des leurs.
Des mois entiers pouvaient s’écouler avant que les enfants ne reçoivent des lettres de chez eux. La censure, la désorganisation du courrier due à la situation de guerre, la perte de missives et le perpétuel changement d’adresse des proches (certains sur le front, d’autres réfugiés ou encore emprisonnés, disparus ou morts), tous ces facteurs rendaient difficile le maintien d’une correspondance suivie.
Le silence de leurs parents les rendait malades, à tel point qu’ils pouvaient écrire des phrases comme celle de la petite Visitación Urquijo à la fin d’une de ses missives : « maman, écrivez-moi, parce que si vous ne m’écrivez pas, je crois que vous êtes morts » xx . Les enfants ne renonçaient pas à joindre leurs êtres chers même lorsque le fil des nouvelles s’était interrompu. C’est ce que montrent, par exemple, les demandes de recherche adressées à plusieurs organismes républicains, comme celle du petit Ignacio Ruano, qui écrit au « camarade » Joaquín Bustos, chargé de la Délégation d’Assistance Sociale d´Euzkadi, dans le but de localiser ses parents et son frère :

Cher camarade Joaquín Bustos, je vous écris cette lettre en tant qu’enfant espagnol qui se trouve en Russie à cause de la guerre en Espagne. Cela fait un an que je suis parti et que je réside en Russie, depuis lors je n’ai pas pu découvrir l’endroit où sont mes parents et j’espère que vous pourrez m’aider. Ma mère s’appelle Magdalena Pajares. Mon père Daniel Ruano et j’ai un frère de 16 ans, Alejandro Ruano. Retrouvez le domicile d’un des trois.
Ici, nous sommes très heureux. Nous avons de tout, on s’occupe de nous très bien. Nous sommes dispersés dans différentes villes. Moi, j’habite à la ville de [Jarkov]. Grâce à votre aide, beaucoup d’enfants ont pu retrouver l’adresse de leurs parents. Dans l’attente de vous lire, un élève espagnol qui n’oublie jamais l’Espagne xxi.

 

 

Les parents, ainsi que les autorités républicaines, étaient persuadés que la séparation ne serait que temporaire. Une fois que les hostilités cesseraient en Espagne, les enfants rentreraient chez eux. Personne ne pensait évidemment en une possible défaite et encore moins à l’impossibilité du retour provoqué par l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Cette dernière donna l’occasion aux enfants espagnols, devenus alors adolescents, de pouvoir montrer leur reconnaissance au peuple russe. La Grande Guerre Patriotique marqua la fin de l’enfance perdue des Enfants de Russie. Ils virent là non seulement un moyen de déclarer leur amour au pays qui les avait sauvés des bombes, mais aussi l’opportunité de reprendre le flambeau dans la lutte contre le fascisme.
Quand Hitler envahit l’Union Soviétique le 21 juin 1941, la majorité des enfants espagnols avaient entre 10 et 15 ans. Toutes les Maisons d’Enfants étaient situées sur l’axe de l’invasion allemande et durent donc être abandonnées. Les enfants furent évacués, une fois encore, vers des zones plus sûres xxii . La petite Ariadna Pascual se souvient, dans ses mémoires encore inédites, de cette nouvelle évacuation et note même l’heure à laquelle elle apprit la nouvelle par un des instituteurs espagnols de la Maison d’Enfants de Moscou où elle habitait et de laquelle elle fut évacuée vers Kuibyshev dans la nuit du 15 octobre 1941 :

Le 22 juin 1941 : à 4:00 du matin l’Armée d’Hitler a traversé la frontière. J’avais seulement huit ans, mais je me souviens parfaitement de ce dimanche-là. Nous étions en train de faire la fête dans la salle de conférences de la Maison, nous jouions et nous dansions. Comme toutes mes camarades, je portais une robe bleue et des collants jaunes. Soudain, un de nos professeurs espagnols est brusquement entré dans la pièce en nous disant que la fête était finie. La guerre avait commencé ; elle nous poursuivait où que nous allions xxiii.

 

 

La plupart des jeunes espagnols participèrent activement à la Seconde Guerre mondiale : travaillant dans les usines pour satisfaire les besoins matériels de la guerre, collaborant aux tâches de l’arrière, participant aux moissons des nombreux kolkhozes disséminés sur tout le territoire soviétique ou rejoignant l’Armée Rouge comme infirmières ou comme combattants.
C’est le cas du capitaine Francisco Gullón, qui écrit ceci dans son journal :

[Juin, 1942] Gavrilovo, région de Smolensk. Je suis de nouveau sur le front. Je suis ici avec deux camarades espagnols, Alberca et Uztarro, dans un régiment de soldats rouges […]. Actuellement je suis capitaine de l’Armée Rouge. On m’a assuré que l’on me donnera bientôt un bataillon. Il est indispensable de lutter, de lutter comme jamais. On dit que nous vivons la situation la plus difficile de toute la guerre. Je tiens à écrire aujourd’hui ce que je pense d’elle afin de lire mes notes à la fin de la guerre […]. J’ai vingt-deux ans et le plus grand désir de vivre […]. Je veux encore revoir ma chère ville de Madrid. Je veux rentrer en Espagne xxiv.

 

Entre 50 et 65 « enfants de Russie » perdirent la vie sur les champs de bataille. Plus de 500 moururent de froid ou de faim, de manque de médicaments ou lors de bombardements xxv. Les survivants durent affronter les difficultés de l’après-guerre. Ce fut un changement brutal avec leur vie antérieure. Les Maisons d’Enfants avaient disparu et chacun devait prendre sa vie en main. Le moment était venu de s’intégrer à la société soviétique dans toutes ses dimensions : académique, professionnelle, politique, économique ou familiale. Les destins furent variés, mais le désir et l’espoir du retour ne disparurent jamais.
Dès la fin de la Guerre et jusqu’à la mort de Staline en 1953, peu d’enfants purent rentrer en Espagne. Ce ne fut qu’en 1956-1957 que les autorités russes et espagnoles leur offrirent la possibilité de rentrer dans leur pays natal. Jusqu’à sept expéditions officielles de retour furent mises sur pied. La première, composée de 667 « enfants », arriva à bord du Crimea au port de Valence, le 28 septembre 1956.
Cependant, la moitié d’entre eux retournèrent peu de temps après en Russie en raison de la difficulté à vivre paisiblement dans l’Espagne franquiste : familles brisées, retrouvailles frustrées, problèmes pour trouver du travail et pour obtenir l´homologation de leurs diplômes russes, non reconnaissance de leurs mariages civils, interrogatoires constants de la police, persécutions, emprisonnements xxvi, etc. L´histoire des retours est, en réalité, une histoire de silences, de méprises et de promesses flouées.
Aux rapatriements officiels des années 50, succéderont ceux organisées pendant la Guerre Froide.
Le retour continua après le mort de Franco en 1975, mais il faudra attendre les années 90 pour que le nouveau paysage politique et économique de l’ancienne URSS oblige de nombreux « enfants » à émigrer de manière forcée et précipitée, non seulement pour fuir une Russie qu’ils ne reconnaissent plus mais également pour rentrer en Espagne et accomplir un dernier souhait : celui de mourir chez eux.

Les enfants espagnols évacués vers la Russie en 1937 et 1938 ont partagé durant leur enfance et leur adolescence beaucoup d´événements qui ont marqué leur vie adulte et ils ont tissé d´importants réseaux de solidarité et de relations sociales et familiales qui les maintiennent toujours unis. Leur identité collective a été construite historiquement, au long du temps et contre le temps. Cette construction a été possible grâce aux lieux de mémoire qu´ils ont créés, aux nombreux actes qu´ils ont célébrés, aux associations qu´ils ont fondées xxvii, grâce aussi à la lutte infatigable pour la reconnaissance publique de leurs droits et pour la préservation de leur histoire.

Nous, nous avons toujours été différents, partout. Pour les Russes, nous étions à vie des Espagnols […], pour les Espagnols, quand nous y allions, nous étions des Russes […]. Il me semble que la guerre a gâché toute notre vie. Toute notre vie d’enfants à penser à l´Espagne, à penser que nous étions des Espagnols, à penser à rentrer en Espagne. De même pour l´adolescence. Plus tard, quand nous nous sommes rendus compte de cela, nous étions déjà vieux, et nous sommes les enfants de la guerre, et de toutes façons […], nous sommes toujours en train de penser à faire nos valises xxviii.
(Article traduit par THOMAS BOSC)

 

 

 

 

i Pedro GARFIAS, « Entre España y México. A bordo del Sinaia », Poesías completas, Madrid, Alpuerto, 1996, p. 297.
ii Josefina RODRÍGUEZ ALDECOA, El semanal, 11 août 1996, s.p.
iii Tomás VIDAL BENDITO, Joaquín RECAÑO, « Demografía y Guerra Civil », Historia 16, nº 14, 1987, p. 68.
iv María ÁLVAREZ DEL VAYO, Los últimos días. Recuerdos y reflexiones de una niña del exilio, Madrid,
Fondation Pablo Iglesias, 2003, p. 35.
v Jaime GARCÍA PADRINO, Libros y literatura para niños en la España contemporánea, Madrid, Fondation Germán Sánchez Ruipérez, 1992.
vi Alejandro MAYORDOMO, Juan Manuel FERNÁNDEZ SORIA, Vencer y convencer. Educación y política. España,
1936-1945, Valence, Université de Valence, 1993.
vii Cahier de roulement de l´école de Hostafranchs (Lérida). Exercice épistolaire de l´écolier José Vila, 10 novembre 1936. Dossier de ‘purge’ de la maîtresse Ramona Albareda Escudé. Archives Générales de l´Administration (AGA), Alcalá de Henares. Fonds Ministère d´Éducation et Culture (MEC), dossier 235, nº 49.800.
viii Alicia ALTED, « Las consecuencias de la Guerra Civil española en los niños de la República : de la dispersión al exilio », Espacio, tiempo y forma. Revista de la Facultad de Geografía e Historia de la UNED, série V, nº 9, 1996, pp. 207-228.
ix José Ignacio CRUZ, « Colonias escolares y Guerra Civil. Un ejemplo de evacuación infantil », in A pesar de todo dibujan. La Guerra Civil vista por los niños, Madrid, Bibliothèque National d´Espagne, 2006, pp. 41-52 ; et Cristina ESCRIVÁ MOSCARDÓ, Rafael MAESTRE MARÍN, De las negras bombas a las doradas naranjas. Colonias escolares, 1936-1939, Valence, l´Eixam Éditions, 2011.
x Pour une bibliographie plus exhaustive voir Alicia ALTED, Roger GONZÁLEZ, María José MILLÁN (eds.), El exilio de los niños. Catálogo de la exposición, Madrid, Fondation Pablo Iglesias, Fondation Francisco Largo Caballero, 2003 ; et Verónica SIERRA BLAS, Palabras huérfanas. Los niños y la Guerra Civil, Madrid, Taurus, 2009.
xi Un episodio de la guerra española. Evacuación y repatriación del Sanatorio de Górliz, Bilbao, Publications de la Députation Provinciale de Biscaye, Imprimerie Provinciale de Biscaye, 1937, p. 23.
xii Alicia ALTED, « Le retour en Espagne des enfants évacués pendant la Guerre Civile espagnole : la Délégation extraordinaire au rapatriement des mineurs (1938-1954) », in Enfants de la guerre civile espagnole. Vécus et représentations de la génération née entre 1925 et 1940, Paris, L´Harmattan, Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1999, pp. 47-59.
xiii Sur les évacuations vers la Russie voir Enrique ZAFRA, Rosalía CREGO, Carmen HEREDIA, Los niños
españoles evacuados a la URSS (1937), Madrid, Éditions de la Torre, 1989 ; Marie Jose DEVILLARD, Álvaro PAZOS, Susana CASTILLO, Nuria MEDINA, Los niños españoles en la URSS (1937-1997) : narración y memoria, Barcelone, Ariel, 2001 ; Alicia ALTED, Encarna NICOLÁS, Roger GONZÁLEZ, Los niños de la guerra de España en la Unión Soviética. De la evacuación al retorno (1937-1999), Madrid, Fondation Francisco Largo Caballero, 1999 ; Susana CASTILLO, Mis años en la escuela soviética. El discurso autobiográfico de los niños españoles en la URSS, Madrid, Los libros de la Catarata, 2009 ; et Immaculada COLOMINA LIMONERO, Dos patrias, tres mil destinos : vida y exilio de los niños de la Guerra de España evacuados a la Unión Soviética, Madrid, Cinca Éditions, Fondation Francisco Largo Caballero, 2010.
xiv Lettre du Lucio Rueda à son frère Victoriano. Odessa, 12 février 1938. Centre Documentaire de la Mémoire Historique, Salamanque (CDMH). Fonds Politique et Social (PS) de Santander, série O, boîte nº 51, dossier nº 7, documents nº 83-89.
xv Lettre d’Emiliano Aza à ses parents et frères. Odessa, 31 janvier 1938. CDMH, PS Santander, série O, boîte nº 51, dossier nº 7, document nº 6.
xvi Lettre du Marcos Alcón à ses parents. Leningrad, 24 juin 1937. CDMH, PS Bilbao, boîte nº 5, dossier nº 11, document nº 6.
xvii Bernardo Clemente DEL RÍO SALCEDA, 20.000 días en la URSS. Recuerdos, descubrimientos y reflexiones de un niño de la guerra, Madrid, Fondation Francisco Largo Caballero, Entrelíneas, 2004, pp. 46-47.
xviii Cf. Susana CASTILLO, Memoria, educación e historia : el caso de los niños españoles evacuados a la Unión Soviética durante la Guerra Civil española, Madrid, Université Complutense de Madrid, 1999, p. 280.
xix Rédaction écrite par Amelia B. de Quirós. École de Moscou, 13 janvier 1938. CDMH, PS Barcelone, boîte nº 87, dossier nº 17, document nº 1.
xx Lettre de Visitación Urquijo à ses parents et à sa soeur. Misjor, 9 septembre 1937. CDMH, PS Santander, série O, boîte nº 51, dossier nº 7, document nº 124.
xxi Lettre d’Ignacio Ruano adressée à Joaquín Bustos, chargé de la Délégation d’Assistance Sociale d’Euzkadi. Jarkov, 5 juillet 1938. CDMH, PS Bilbao, boîte nº 206, dossier nº 8, document nº 19.
xxii Nosotros lo hemos vivido. Homenaje de los « Niños de la Guerra Española » al Pueblo Ruso, Madrid, Ministère des Affaires Sociales, Imprimerie Garso ; Clinique Le Retour, 1995, p. 32.
xxiii Extrait du journal d´Ariadna Pascual, Moscou, 22 juin 1941, cf. Dorothy LEGARRETA, The Guernica Generation. Basque Refugee Children of the Spanish Civil War, Reno, Université de Nevada, 1984, pp. 266-267.
xxiv Extrait du journal de Francisco Gullón, juin 1942, cf. Eusebio CIMORRA, Isidro R. MENDIETA, Enrique
ZAFRA, El sol sale de noche. La presencia española en la Gran Guerra Patria del pueblo soviético contra el nazi-fascismo, Moscou, Progreso, 1970, pp. 66-67.
xxv Rafael MIRALLES, Españoles en Rusia, Madrid, Éditions et Publications espagnoles (EPESA), 1947, pp. 201-202 ; et En memoria de los combatientes y niños españoles muertos junto al pueblo ruso con motivo de la Segunda Guerra Mundial, 1941-1950, Madrid, Fondation Nostalgia, 2000, s.p.
xxvi Carmen GONZÁLEZ MARTÍNEZ, « El retorno a España de los “Niños de la Guerra Civil” », Anales de Historia Contemporánea, nº 19, 2003, pp. 75-100.
xxvii Jesús J. ALONSO CARBALLÉS, « Las organizaciones de memoria de “los niños del exilio” : de la memoria a la historia », Amnis, nº2, 2011 [http://amnis.revues.org/1501].
xxviii Macrina García Santana : entrevue réalisée par Roger González Martell, La Havane (Cuba), décembre 1998, cf. Alicia ALTED, La voz de los vencidos. El exilio republicano de 1939, Madrid, Aguilar, 2005, p. 197.

Source :
Enfance Violence Exil
par Catherine MILKOVITCH-RIOUX et Rose DUROUX
CELIS, Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand
Colloque international
ENFANCES EN GUERRE. Témoignages d’enfants
sur la guerre
Université Blaise Pascal – Clermont-Ferrand (CELIS)
Université d’Amiens (CHSSC)
7-8-9 décembre 2011
UNESCO
Programme ANR Enfance Violence Exil
enfance-violence-exil.net

2 réflexions au sujet de « ENFANCES EN GUERRE. Témoignages d’enfants espagnols »

  1. Quel article poignant sur ces enfances et adolescences perdues ou volées ! Pour eux je comprends les difficultés qu’ils ont pour tenter de se reconstruire, eux qui se sentent si différents, mais qui ont toujours cette idée de mourir sur le sol qui les a vu naître, leur chère Espagne.

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