Archives de catégorie : Actualités

suite à l’article sur La Nueve des remarques que j’ai reçues de Mar y Luz Cariño Lopez fille de Angel Cariño Lopez, combattant de La Nueve


Merci pour l’article mais il comporte des informations totalement fausses concernant Rafael Gomez Nieto.  M-y-L

Déjà la date du 19 est fausse, c’est le 24 Août qu’une partie de La Nueve faisait partie de ceux qui sont arrivés à Paris et le Guernica n’y est  arrivé que le lendemain et si j’en suis sûre c’est que mon père lui était sur le Guernica.

Concernant la vie personnelle de Rafael, il était effectivement le dernier des hommes de la Nueve, il est décédé comme c’est écrit des suites du covid et vivait en Alsace pour le restant je ne peux rien en dire.

Je ne sais quelles sont les sources de la personne qui a écrit l’article mais il vaut mieux se fier au travail des historiens. 

Amitié

   Mar-y-Luz

Pour rétablir la vérité Luis propose de diffuser un podcast de Radio France sur La Nueve,chose qui sera faite

Je pense que ce serait plus juste. Tu sais cela me fait penser à la seconde guerre mondiale en France,tout le monde avait été dans la Résistance. 

Je ne nie pas que Rafael ait combattu dans la Nueve et même qu’il ait été sur le Guernica à un moment car les équipes des HT changeait en fonction des pertes.Mais en aucune manière le guernica était là le 24 Août.

L’histoire souhaite souvent avoir des héros quitte à enjoliver cette histoire, les personnes elles même d’ailleurs participant à cela surtout quand elles ont été oubliées et qu’il ne reste plus personne pour en dire autre chose. Cela n’enlève rien à leurs valeurs de combattants.

C’est pour cela que je tiens à ce que l’on parle de mon père en ces termes: Combattant mais pas héros.

Les historiens ont tout de même travaillé sur ce sujet depuis.

Je peux au moins te donner les noms des half-tracks qui sont entrés le 24 Août au soir:Infos historienne celles-là.

-Section hors rang: Les Cosaques et Rescousse

-2ème Section Résistance,Teruel,Libération,Nous Voilà et l’Ebre

-3ème Section Tunisie 43,Brunete,Amiral Buiza,Guadalajara (qui est conservé au Mont Valérien) et Santander

Je pense que le journaliste pour écrire son article, sûrement voulant bien faire, a pioché un peu partout. Il n’a pu faire que cela compte tenu de la date de décès de Rafael.

Mar-y-Luz

Rafael Gomez Nieto, de la guerre civile espagnole à la libération de Paris

Rappel sur qui était Rafael Gomez Nieto

Les Espagnols de la Nueve, vétérans de la guerre face à Franco et combattants acharnés de la liberté, furent les premiers soldats de Leclerc à entrer dans Paris, la veille de sa libération. Parmi eux, Rafael Gomez Nieto, mort à Strasbourg des suites du coronavirus covid-19.

Aurélien Soucheyre

Le soir du 24 août 1944, Rafael Gomez Nieto fut l’un des tout premiers membres de la 2e division blindée de Leclerc à entrer dans Paris. Il faisait partie de la Nueve, la neuvième compagnie, presque entièrement composée de républicains espagnols, déterminés à en découdre avec le fascisme, en Espagne ou ailleurs. « Comme toujours, on était en première ligne. On était un bataillon de choc. On a reçu l’ordre de prendre la mairie. Je conduisais le half-track qu’on avait appelé Guernica. On est entré par la porte d’Italie, et on a foncé vers l’Hôtel de Ville. Je me suis garé devant. Les hommes sont entrés. Moi, je suis resté avec l’autochenille, car j’étais chauffeur », se souvient le vétéran. Suivront des jours d’ivresse, de joie et de liesse populaire. Et des milliers de baisers. « Quand on entre dans une ville opprimée, le libérateur, les filles lui sautent dessus ! »  s’amuse-t-il. La Nueve eut ensuite l’honneur d’ouvrir le défilé sur les Champs-Élysées, et de protéger en personne le général de Gaulle. Point d’orgue d’une épopée qui, pour beaucoup, avait commencé en 1936, en Espagne, et allait s’achever, pour les derniers survivants, dans le nid d’aigle d’Hitler, à Berchtesgaden, en 1945. « Je suis né en 1921, à proximité d’Almeria, en Andalousie. Mon père, carabinier, avait fait partie de la garde du roi Alphonse XIII dans sa jeunesse. C’était un militaire de carrière, fidèle aux institutions de la Seconde République dès sa proclamation, en 1931. Il l’a défendue jusqu’au bout, sans état d’âme. » En 1939, les franquistes remportent la guerre civile. La famille de Rafael fuit de l’autre côté des Pyrénées, où elle se retrouve parquée par les autorités françaises dans d’immondes camps de concentration, avec des milliers d’autres réfugiés. « Oh, c’était bien ! La plage ! En plein hiver ! On a passé de bonnes vacances ! » ironise, le regard dur et la voix tendue, celui qui a connu les coups de crosse, la faim, la vraie faim, le froid et les poux.
 
Une compagnie de choc à la solide réputation,  toujours en première ligne Avec des faux papiers, Rafael et son père se font passer pour deux frères, et sortent du camp de Saint-Cyprien, réclamés par un oncle basé à Oran. « Je suis devenu apprenti cordonnier et puis, sur un coup de tête, je me suis engagé dans les Corps francs d’Afrique après le débarquement allié. » Le jeune homme prend les armes, et retrouve de nombreux vétérans de la guerre d’Espagne, chahutés par le destin, qui convergent vers les troupes de Giraud puis de Leclerc pour en découdre avec les nazis. « Ah ! On a passé du bon temps avec les Allemands ! Et eux avec nous… La guerre… », gronde Rafael, un éclair dans le regard, avant de baisser les yeux.
 
« Il fallait bien continuer. En finir avec les nazis » 
 
La Nueve fut constituée en 1943, au Maghreb. armée par les Américains, cette compagnie française comptait 160 hommes, dont 146 Espagnols, pour la plupart socialistes, communistes ou anarchistes. Les soldats furent autorisés à arborer le drapeau de la République espagnole sur leur uniforme, et à peindre sur leurs véhicules des noms aussi évocateurs que Teruel, Madrid et Guadalajara. « On est parti en Angleterre, puis on a débarqué en Normandie. Ensuite, on était toujours en tête. Les combats étaient très durs, avec des pertes, surtout à Écouché et à Colmar. Il y avait des tanks, des flammes, mais on ne reculait pas. Jamais. Je crois qu’on a été très utile. » 
 
La compagnie se taille rapidement une solide réputation, s’avère décisive et fait de nombreux prisonniers. « Après Paris, il fallait bien continuer. En finir avec les nazis. À ce moment-là, moi, je conduisais le Don Quichotte. Entre nous, il y avait des rumeurs de retour. On voulait aller en Espagne avec les armes et le matériel. Certains pensaient que les Alliés nous aideraient. Mais à la fin, on n’était plus qu’une dizaine en état de se battre. On a été démobilisé. Chacun est parti de son côté », se rappelle, avec pudeur, ce libérateur qui allait rester en exil. « Je suis retourné à Oran et je suis redevenu cordonnier. Pendant la guerre d’Algérie, on m’a mobilisé. Je devais faire des gardes, des rondes tous les deux ou trois jours devant les édifices publics et les usines, au cas où. En 1958, j’en ai eu marre, j’ai fermé mon magasin, et j’ai rejoint un oncle à Strasbourg, un anarchiste qui avait fait le maquis dans le Vercors. » Rafael vit toujours en Alsace aujourd’hui. À quatre-vingt-treize ans bien portés, il profite d’une retraite amplement méritée. Une retraite cachée, loin des honneurs qu’il fuit le plus possible. Mais pour les soixante-dix ans de la libération de Paris, le vétéran est revenu à la capitale, où il représentait,  seul, la Nueve. Le 23 juillet, il a connu un nouveau bain de foule, entouré, salué et embrassé par les spectateurs
d’une pièce de théâtre consacrée à sa compagnie et mise en scène par Armand Gatti. Le lendemain, il était l’invité d’honneur d’une cérémonie présidée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, où il fut de nouveau ovationné. « Ah ! On n’oublie pas. Non, on n’oublie pas, qu’on est entré les premiers. La Nueve ! » s’émeut-il.

Rafael Gomez Nieto : l’antifranquiste de la Nueve et libérateur de Paris

Combattants de la première heure contre le général Franco, les républicains espagnols ont été les premiers à entrer dans Paris et à prendre l’Hôtel de Ville le 19 août 1944, jour de la libération de la capitale.

Publié le 21 août 2024
Article Humanité
Aurélien Soucheyre

Au volant de son autochenille baptisée Guernica qui fonce vers l’hôtel de ville de Paris, Rafael Gomez Nieto pense-t-il déjà à une future libération de Madrid ? En cette soirée du 24 août 1944, les membres de la 9e compagnie de la 2e division blindée de Leclerc font irruption dans la maison du peuple de la capitale française.

La voici officiellement délivrée du joug nazi. La plupart des soldats qui accompagnent Rafael Gomez Nieto sont comme lui, des républicains espagnols qui ont combattu Franco. Ils sont si nombreux que leur troupe, armée par les États-Unis et dirigée par des Français, est surnommée la « Nueve ».

Après la défaite de 1939, de nombreux républicains espagnols traversent les Pyrénées pour poursuivre la lutte

Défaits chez eux en 1939 par les franquistes soutenus par Hitler et Mussolini, Rafael et ses camarades ont franchi les Pyrénées pour poursuivre la lutte partout en Europe. D’abord Paris, puis Berlin, avant de revenir à Madrid ?

« Il fallait en finir avec les nazis bien sûr. Mais, entre nous, il y avait aussi des évocations de retour. On voyait plus loin. On voulait aller en Espagne avec les armes et le matériel. Certains pensaient que les Alliés nous aideraient »,racontait en 2014 Rafael Gomez Nieto, dernier membre de la Nueve encore en vie lors de la célébration des 70 ans de la libération de Paris.

« Je suis né en 1921, en Andalousie. Mon père avait fait partie de la garde du roi Alphonse XIII dans sa jeunesse. C’était un militaire de carrière, fidèle aux institutions de la seconde République dès sa proclamation, en 1931. Il l’a défendue jusqu’au bout, sans état d’âme », témoignait-il alors auprès de l’Humanité.

De l’internement en camp de concentration à l’engagement dans les corps francs d’Afrique

Engagé à 17 ans dans l’armée républicaine espagnole, Rafael participe à la bataille de l’Èbre, funeste affrontement décisif de la guerre d’Espagne. Avec 500 000 républicains, hommes, femmes et enfants, vaincus, il fuit vers la France, lors de la Retirada, et se retrouve parqué par les autorités dans d’immondes camps de concentration.

« Oh, c’était bien ! La plage ! En plein hiver ! On a passé de bonnes vacances ! » ironisait-il, le regard dur et la voix tendue, au sujet de son internement à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, durant lequel il a connu l’humiliation et la faim.

Il n’en perd pas pour autant sa boussole antifasciste. Réclamé par un oncle basé à Oran, il est libéré et voit la France s’incliner à son tour face aux armées hitlériennes. « Sur un coup de tête, je me suis engagé dans les corps francs d’Afrique après le débarquement allié », se souvenait-il.

La Nueve, véritable « bataillon de choc »

Le voilà qui reprend les armes, intégrant en 1943 la Nueve. Cette compagnie compte alors 160 hommes, dont 146 Espagnols qui rêvent de libérer l’Europe. Lui et ses frères sont même autorisés à arborer le drapeau de la République espagnole sur leur uniforme et à peindre sur leurs véhicules des noms aussi évocateurs que Teruel, Madrid, Don Quichotte et Guadalajara.

« On a débarqué en Normandie. Ensuite, on était toujours en tête. Les combats étaient très durs, avec beaucoup de pertes. Il y avait des tanks, des flammes, mais on ne reculait pas. Jamais. Je crois qu’on a été très utile », mesurait celui qui a rendu coup pour coup à ses ennemis. « Ah ! On a passé du bon temps avec les Allemands ! Et eux avec nous… La guerre… » grondait-il, un éclair dans le regard, avant de baisser les yeux.

Véritable « bataillon de choc », la Nueve reçoit dans les derniers jours de la bataille de Normandie l’ordre de se précipiter sur la mairie de Paris.

Un vent de liberté en Europe souffle mais n’inquiète pas Franco

« Les hommes sont entrés. Moi, je suis resté avec l’autochenille, car j’étais chauffeur », relatait le vétéran. Suivent des jours d’ivresse, de joie et de liesse populaire. La Nueve a même l’honneur d’ouvrir le défilé sur les Champs-Élysées et de protéger en personne le général de Gaulle.

Son épopée se poursuit avec la libération de Strasbourg et s’achève avec la conquête du nid d’aigle de Hitler, à Berchtesgaden, en 1945. « À la fin, on n’était plus qu’une dizaine d’Espagnols en état de se battre. On a été démobilisés. Chacun est parti de son côté », se rappelait Rafael, avec pudeur et une forme de désillusion.

Un vent de liberté souffle alors sur l’Europe. Hitler et Mussolini sont morts. Pétain est emprisonné à vie. Mais ce souffle ne franchit pas les Pyrénées. Les Alliés ne vont pas plus loin. À Madrid, Franco reste au pouvoir. Rafael Gomez Nieto fait alors partie de ces soldats espagnols qui, d’une capitale à l’autre, porte soit l’uniforme du vainqueur, soit le cœur du vaincu.

Mais ce combattant endurci a finalement survécu au général Franco, mort en 1975. Rafael n’en est pas moins resté vivre à Strasbourg, ville qu’il a contribué à libérer. C’est en 2020 qu’il s’est éteint, emporté par l’épidémie de Covid, à l’âge de 99 ans. Quelques jours avant de succomber, il était encore capable de conduire sa voiture sans problème. Comme au temps de la libération de l’Europe.

1936: Barcelone, des «jeux olympiques populaires» contre ceux de Berlin

1936. L’année est olympique. Berlin a été choisi pour accueillir les Jeux Olympiques d’été. Un triomphe pour Adolf Hitler, au pouvoir depuis 1933… En cet été 1936, moins d’un mois avant, des contre-jeux avaient été organisés à Barcelone. Ils devaient y réunir des milliers d’athlètes, mais ils ont été été empêchés par le coup d’Etat du général Franco. Retour sur cette «Olimpiada Popular».

Article rédigé par
Pierre Magnan
France Télévisions

En 1931, le CIO (comité olympique international) donne les jeux olympiques d’été à Berlin. L’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933 et les premières lois racistes de Nuremberg en 1935 ne modifient pas cette attribution. Décision est prise d’organiser des «contre-jeux» à Barcelone en juillet 1936. Le 19 juillet, les premiers coups de feu du coup d’Etat empêchent la tenue de ces Olympiades populaires.

Dans les années 30, les organisations sportives sont souvent politisées. A gauche, où il existe une tradition socialiste d’organisations de mouvements sportifs populaires, on n’hésite pas à dénoncer les Jeux olympiques comme des «olympiades bourgeoises, chauvines et nationalistes». Avec la prise du pouvoir en Russie par les bolcheviks et la naissance de l’URSS, ce «sport rouge» se divise : la réformiste Internationale Sportive de Lucerne (ISL) se sépare de l’Internationale Rouge Sportive (IRS) fondée à Moscou. «A l’époque, il y avait une coupure idéologique dans le sport», confirme André Gounot, professeur d’histoire du sport à l’Université de Strasbourg.

Arrive la victoire nazie de 1933 en Allemagne. Moscou décide de changer de politique et abandonne en 34 la stratégie «classe contre classe», consistant à interdire aux communistes de s’allier aux sociaux-démocrates, au profit du «front uni contre le fascisme» qui aboutit à la victoire des Fronts populaires en France et en Espagne en 1936.

Barcelone perd les JO au profit de Berlin 

Réunifié, le mouvement sportif ouvrier décide d’organiser une «olympiade populaire» à Barcelone, qui fut candidate malheureuse contre Berlin en 1931. «La ville comptait d’importantes infrastructures sportives », note André Gounot. De plus, la ville était très ouvrière. Une façon aussi de revenir sur l’échec de Barcelone face à Berlin. Echec qui avait une raison politique. Une partie des décideurs olympiques avaient, en effet, peu apprécié la chute de la royauté espagnole au profit de la république au point que «les représentants du CIO espagnols ont refusé de défendre la candidature de Barcelone», précise André Gounot, auteur d’un livre sur Les mouvements sportifs ouvriers en Europe (1893-1939) (Presses universitaires de Strasbourg).

«Un comité international pour le boycott des jeux fascistes est créé : le Comité international pour le respect de l’idée olympique. En France, la nouvelle fédération sportive de gauche (FSGT) lance le slogan: « Pas un sou, pas un homme pour les JO de Berlin! »», rappelle le site educpopdebout. Après la victoire du front populaire en Espagne, début mai, la Generalitat de Catalogne fixe le programme de l’«Olimpiada Popular» et le Comité d’organisation de Barcelone envoie en juin les invitations officielles. La cérémonie d’ouverture est fixée au 19 juillet 1936.
 
6000 athlètes sont au rendez-vous. Les délégations les plus importantes sont espagnoles et françaises, mais les sportifs viennent du monde entier, URSS et USA compris. La plupart des sportifs sont membres d’associations et de clubs sportifs syndicaux ou bien de partis de gauche. Peu appartiennent aux comités sportifs publics ou olympiques. En France, quelques fédérations sportives autorisent néanmoins leurs membres à participer à ces contre-jeux comme celle d’athlétisme, de rugby ou de lutte.

Des Jeux olympiques pris dans la tempête

L’époque est à la confrontation idéologique. «Monsieur» Hitler est alors considéré comme fréquentable par une partie de la classe politique de droite qui craint par dessus tout la montée du communisme symbolisée par l’image de l’homme au couteau entre les dents. Pas étonnant dans ce contexte que les Jeux Olympiques soient pris dans la tempête. 

La tendance des socialistes au pouvoir est bien sûr de soutenir les jeux de Barcelone alors que la droite, les ligues fascistes et Coubertin prennent fait et cause pour Berlin. Côté communistes, on a un discours clair: «Les Jeux olympiques de Berlin ont le but de propager l’esprit du national-socialisme, de l’esclavage, de la guerre et de la haine raciale. L’Olympiade populaire de Barcelone, au contraire, veut défendre le véritable esprit olympique qui reconnaît l’égalité des races et des peuples et estime que la paix est la meilleure garantie pour l’éducation saine des sportifs et de la jeunesse de toutes les nations», écrivait plein d’enthousiasme l’Humanité du 12 mai 1936. 

Pour le gouvernement de Front populaire de Léon Blum, qui est entré en fonction début juin 36, la question n’est pas majeure. Mais début juillet, le 9, le gouvernement consulte l’Assemblée qui doit se prononcer sur le sujet. Un député communiste résume le débat: «Aller à Berlin, c’est accepter une sorte de complicité avec les bourreaux, c’est river les fers aux pieds des victimes, et c’est couvrir leurs plaintes que de chanter en chœur, avec le maître du Reich, l’hymne à la gloire du sport». Pas de quoi ennuyer la droite qui vote en faveur de la participation aux jeux de Berlin. En revanche, la gauche s’abstient, y compris le PCF. La France participera donc aux JO de Berlin. Finalement, le gouvernement accorde 600.000 francs pour les jeux de Barcelone et un million pour ceux de Berlin. Un seul député s’est opposé à cette participation aux JO officiels, Pierre Mendès France.

Des jeux stoppés par le coup d’Etat de Franco

Des trains avec à leur bord des athlètes partent à la mi-juillet pour Barcelone. Leurs passages donnent lieu à des fêtes et à des manifestations. Dans Barcelone, des hôtels abritent les délégations de sportifs étrangers venus de 34 pays. La cérémonie d’ouverture, qui doit être présidée par le responsable de la Catalogne (le nationalisme catalan est une composante forte de ces jeux sous couvert d’internationalisme), est prévue dans le stade de Montjuic.
 
Dans la nuit du 18 au 19, les premiers coups de feux éclatent à Barcelone. C’est le début de la guerre civile provoquée par le coup d’Etat du général Franco. Bien que la plupart des sportifs restent dans leurs hôtels dans la journée du 19, certains descendent dans la rue et participent aux combats contre les militaires. Quelques-uns sont blessés ou tués. Le calme revient sur la ville le lendemain. Mais le 23 juillet, Jaume Miravitlles, secrétaire du comité exécutif des Olympiades populaires de Barcelone, annonce l’annulation des jeux. «Les sportifs réfugiés juifs, antifascistes italiens, polonais, etc. sympathisent avec le peuple en armes. Ils affirment être venus défier le fascisme sur un stade. L’occasion leur fut donnée de le combattre tout court», rappelait  Pascal Boniface.

La plupart des sportifs quittèrent le pays, mais d’autres, notamment des athlètes venus d’Allemagne, décidèrent de rejoindre les forces espagnoles anti-franquistes. Moins de quinze jours plus tard, le 1er août 1936, Hitler déclarait ouverts les Jeux Olympiques de Berlin. Et en avril 1937 les avions nazis bombardait la ville espagnole de Guernica. En France, dominait alors la politique de non-intervention.


A écouter aussi
: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/1936-es-olympiades-populaires-de-barcelone-ou-les-contre-jeux-de-berlin-1236000

Ensemble, contre l’extrême droite

Appel commun

Nous, syndicats et associations, avons décidé d’agir ensemble sur tous les territoires pour battre l‘extrême droite lors des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 et porter ensemble des mesures concrètes de solidarité, d’égalité et de justice. Nous en appelons à la mobilisation de toutes et tous.

La victoire des extrêmes droites aurait les mêmes conséquences dramatiques que celles qu’on a pu voir là où elles ont pu gouverner ou gouvernent. Aux Etats-Unis de Trump, dans la Russie de Poutine, la Hongrie de Orban, l’Argentine de Milei, la Pologne du PiS, l’Italie de Meloni, la liberté est piétinée, les droits ont été bafoués, les services publics et les politiques sociales, étranglés. Dans tous ces pays, la violence, la haine de l’autre ont remplacé les valeurs d’égalité, de solidarité, de fraternité.

Nous devons tout faire pour éviter que cela ne nous arrive.

Certes, la défaite des extrêmes droites ne suffira pas à garantir la mise en œuvre de politiques publiques répondant aux inégalités, injustices, et à l’urgence sociale et environnementale. Mais sa victoire en compromettrait radicalement la perspective.

Le recul des droits, la régression des libertés auxquels nous avons assisté ces dernières années, les choix politiques tournant le dos au progrès social, la maltraitance des précaires, l’abandon des services publics, le mépris des mouvements sociaux d’ampleur, comme le combat contre la réforme des retraites, constituent le terreau sur lequel l’extrême droite a prospéré.

Battre l’extrême droite dans les urnes, combattre son projet raciste doit se conjuguer à l’émergence d’un changement profond, de ruptures sociales et écologiques et d’effectivité des droits.

Il est donc crucial que chacune et chacun trouve dans l’exercice électoral le prolongement des mobilisations et aspirations communes. Une réponse de l’ensemble des forces politiques considérant que les droits sont les mêmes pour toutes et tous est indispensable.

Nous, syndicats et associations, serons exigeants pour que les réponses que nous portons pèsent aujourd’hui et demain dans un dialogue social et civil effectif.

Dans la société que nous voulons, la liberté, l’égalité, la démocratie, la solidarité et l’Etat de droit ne sont pas des mots vides de sens mais les principes mêmes qui organisent notre vie commune, notre avenir commun. Sur ces bases, face aux tenants de la haine, du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme, de la LGBTQI+phobie, de la régression sociale, et de la destruction du vivant : des alternatives de rupture sont nécessaires.

Ensemble, nous en appelons à la mobilisation citoyenne. Sans attendre, nous appelons à participer dès ce week-end à toutes les manifestations partout en France.

Un appel à l’initiative de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) et Cimade, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), Fédération des acteurs de la solidarité (Fas), Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Abbé Pierre (FAP), Greenpeace France, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la Magistrature (SM), Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Union syndicale Solidaires

Autres signataires :

AC ! Agir ensemble contre le chômage, ActionAid France, Action catholique ouvrière, Action contre la faim, Action Justice Climat, Action non-violente COP21 (ANV-COP21), Accueil coopération insertion pour les nouveaux arrivants (Acina), Accueil des migrants (Ami) au pays de Pouzaugues, Accueil Montauriol, Agir pour la réinsertion sociale 95 (ARS95), Agir pour l’environnement, Ahlis 46, Alerte des médecins sur les pesticides, Alliance citoyenne Justice ensemble, Alliance des femmes pour la démocratie, Alternatiba, Alynea – Samu social 69, Amitié et coopération France-Cameroun, Anef Provence, Animafac, Antony Terre Citoyenne, APF France handicap, Apige, Archipel de l’écologie et des solidarités, Asile Asso, Arc Essentiel, Association Abraham Mazel, Association Accompagnement Recherche Education Solidarité (AARES), Association d’accueil des demandeurs d’asile de Mulhouse, Association Causons, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (Asdhom), Association Espace Femmes Geneviève D., Association des femmes de l’Europe méridionale (Afem), Association femmes, Association française des infirmier(e)s de cancérologie, Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France-Palestine Solidarité (AFPS), AFPS 46, Association internationale de recherche en didactique du français (AIRDF) – section française, Association des Marocains en France (AMF), Association montalbanaise d’aide aux réfugiés (Amar), Association mortainaise d’accueil et d’aide aux réfugiés, Association nationale des personnels de l’action sociale en faveur de l’enfance et de la famille (Anpase), Association nivernaise d’accueil et de réinsertion (Anar 58), Association Pacco, Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection (Apardap), Association Porte accueil RHP, Association de prévention spécialisée nationale (APSN), Association de promotion des cultures et du voyage, Association nationale d’assistance aux frontières pour les personnes étrangères (Anafé), Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita), Association pour l’accueil des travailleurs et des migrants (AATM), Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour (Ardhis), Association de solidarité avec tous les immigrés (Asti) Aix-en-Provence, Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association Touselle, ATD Quart Monde, Ateliers Spire Création, ATMF Gennevilliers, Attac, Attac Flandre, Attac Rennes, Audacia, Autres Brésils, Autremonde,Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Banta, Bellidée, Benevolt, Bio Consom’acteurs, Cap Ose, CARE France, Carrefour citoyen de Venelles et du pays d’Aix, Carton plein, Cant’Orbrie, Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active (Cemea), Cemea Ile-de-France, Cent pour un toit Oise, Centre Primo Levi, Centre social et culturel du pays corbigeois, Centre socioculturel Etincelles, Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Cercle de silence de Tours, Chaîne de solidarité du Mortainais, Chrétiens-migrants, CliMates, Club de prévention d’Epernay, Coalition Eau, CoLi’Brie, Collectif Accès aux droits, Collectif AGIR du pays d’Aix, Collectif des associations citoyennes (Cac), Collectif aubois de lutte contre les extrêmes droites, Collectif catholique P.A.I.X, CCFD-Terre Solidaire, Collectif Changer de cap, Collectif citoyen chatenaisien, Collectif citoyen de Jouques, Collectif Droits des femmes et plus 14, Collectif inter-urgences, Comité d’action et de promotion sociales (Caps), Comité ivryen pour la santé et l’hôpital public, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Collectif NousToustes31, Collectif saint-lois d’aide aux migrants, Comité Palestine 47 AFPS, Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep), Comité pour le respect des libertés et des droits humains en Tunisie (CRLDHT), Comité Marche du 23 mai 1998 (CM 98), Comité pour la santé des exilés (Comede), Commerce équitable France, Confédération internationale solidaire et écologiste (Cise), Confédération nationale du logement (CNL), CNL Val de Marne, Confédération paysanne, Confédération syndicale des familles (CSF), Conseil départemental des associations familiales laïques 70 (CDAFAL 70), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Conseil national de la nouvelle résistance (CNNR), Construire ensemble la politique de l’enfance (CEP-Enfance), Convergence de défense et développement des services publics, Convention pour la 6° République (C6R), Coop 5 pour 100, Coordination antifasciste pour l’affirmation des libertés académiques et pédagogiques (Caalap), Coordination française pour le lobby européen des femmes (Clef), Coordination mobile accueil orientation Lille Métropole (CMAO), Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Coordination nationale Pas sans nous, Coordination solidarité exilés 14, Copainville, Culture de Palestine, Culture XXI, Cultures du cœur 82, Défense des enfants international – France (DEI-France), Droit au logement (Dal), Droits ici et là-bas (Diel), Droits d’urgence, Ecofestival Ca marche Parthenay, Ecrivaines et écrivains associés du Théâtre Atlantique (EAT-Atlantique), Elena France, Employeurs du lien social et familial (Elisfa), Emmaüs Connect, Emmaüs International, Emmaüs France, Emmaüs Angoulème-Cognac-Confolens, Emmaüs Bussières et Pruns, Emmaüs CEP, Emmaüs Charente, Emmaüs Lespinassière, Emmaüs de la Mayenne et du castelbriantais, Emmaüs Niort-Prahecq, Emmaüs Pontivy, Emmaüs Roya, Emmaüs Solidarité, Enfance et musique, Enfance Réseau Monde/Services (ERM/S), Espace de soutien aux professionnels de l’accueil et du conseil aux étrangers (Espace), Ethnoart, Exod, Experts-Solidaires, Extinction Rebellion France, Fas Bretagne, Fas Paca Corse, Fas Pays de la Loire, FCSF du Bas-Rhin, FCSF de la Réunion, Fédération Addiction, Fédération Artisans du monde, Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Fédération des mutuelles de France, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération Etorkinekin Diakité, Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Fédération nationale d’agriculture biologique, Fédération nationale des arts de la rue, Fédération nationale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage (Fnasat-Gens du voyage), Fédération nationale des Francas, Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), Fédération nationale des Samu sociaux (FNSS), Fédération régionale des maisons des jeunes et de la culture Bretagne – Pays de la Loire, Fédération Santé Habitat, Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), Femmes Egalité, Femmes plurielles, Foodwatch 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Paris, le 12 juin 2024

Le massacre d’Atocha, un crime d’État en pleine transition

Traduction d’un article paru dans Público d’Adéla LOBO par mes soins

Dans la nuit du 24 janvier 1977, des nervis armés d’extrême droite ont fait irruption dans un cabinet d’avocats du travail situé au numéro 55 de la rue Atocha. Les assaillants ont tué cinq personnes. Quatre autres ont été blessés.

MADRID
24/01/2023 07:15 MISE À JOUR : 24/01/2023 07:24
ADÉLA LOBO
Le récit de la transition comme pacifique et exemplaire se poursuit dans l’imaginaire social malgré les meurtres commis alors que Francisco Franco était déjà mort. Les événements de ce qu’on appelle la Semaine tragique de la Transition en sont exemplaires.

Le 23 janvier 1977, un membre de la guérilla paramilitaire de Cristo Rey assassine l’étudiant Arturo Ruiz lors d’une manifestation pro-amnistie.

Le lendemain, lors du rassemblement pour sa mort, María Luz Nájera Julián est décédée des suites de l’impact d’un fumigène lancé par la police anti-émeute. Cette même nuit, un groupe d’ultra-droitiers a attaqué le cabinet d’avocats du travail situé au numéro 55 de la rue Atocha.

C’est arrivé le 24 janvier 1977. Trois fascistes armés ont fait irruption dans ce bureau. Ils cherchaient Joaquin Navarro, dirigeant du syndicat des transports des Commissions Ouvrières. Alors que le célèbre syndicaliste était parti plus tôt et n’était plus au bureau, les militants d’extrême-droite ont tiré sur les personnes présentes. Ils ont tué trois avocats du travail, un étudiant en droit et un agent administratif. Quatre autres personnes ont été blessées

Le chercheur Carlos Portomeñe a publié Le Massacre d’Atocha et autres crimes d’État, un ouvrage qui traite du terrorisme d’extrême droite à la fin du franquisme et pendant la Transition.

Le travail de recherche de Portomeñe montre que l’État et des groupes de l’extrême droite italienne qui faisaient partie de l’Internationale Noire ont été impliqués dans le massacre d’Atocha.

« Nous parlons d’Italiens qui ont commis les attentats les plus sanglants, qui étaient recherchés dans leur pays et qui vivaient tranquillement en Espagne sous la protection des services de renseignement et de l’État », a expliqué Portomeñe à Público.

L’enquête de Carlos Portomeñe indique que Stefano Delle Chiaie, le chef de l’Internationale Noire, a été impliqué dans les événements de Montejurra, un autre crime d’État, selon les documents auxquels ce journal a eu accès. Le fasciste italien a également participé au meurtre d’Arturo Ruiz. « Delle Chiaie faisait partie du groupe de cinq personnes qui étaient présentes lors de l’assassinat d’Arturo Ruiz.

Et dans ce groupe se trouvait Fernández Cerra, qui le lendemain est l’un de ceux qui assassinent les avocats d’Atocha », précise Portomeñe. Tout cela prouve que les événements de la semaine tragique n’étaient pas le fruit du hasard mais étaient fortement liés les uns aux autres.
La nuit du 24 janvier
L’œuvre de Portomeñe recueille le témoignage de Miguel Sarabia, blessé lors de la fusillade : « Nous étions assis dans le salon lorsqu’un individu qui tenait une arme nous a dit de nous lever et de mettre les mains en l’air. » Les assaillants ont demandé si Joaquín Navarro se trouvait ici et les avocats ont répondu qu’il n’était plus dans ce bureau. Mais les nervis fascistes étaient certains qu’il était à cet endroit. Malgré l’absence du syndicaliste, ils ont tiré à bout portant.

Carlos García Juliay, José Fernández Cerra sont les assaillants qui ont appuyé sur la gâchette. Un troisième, Fernando Lerdo de Tejada, n’a jamais pu entrer dans le bureau. « Il était derrière la cloison vitrée qui se trouvait dans le bureau d’Atocha, il n’avait pas de balles dans son arme, mais il portait un énorme pistolet », a déclaré Alejandro Ruiz-Huerta, le seul avocat qui a subi cette attaque et qui est actuellement toujours en vie.

Les trois mis en cause sont entrés en prison en mars 1977. « Tous les 24 janvier, ils célébraient leur séjour en prison et la mort qu’ils avaient causée en réclamant un plateau de fruits de mer », révèle Ruiz-Huerta. Les militants syndicaux ont appris cette nouvelle par l’intermédiaire de leurs avocats et des responsables de la surveillance pénitentiaire. « Ils ne l’ont pas regretté à cet instant et ne l’ont jamais regretté », dit-il.

Défense du mouvement ouvrier
Les avocats du travail étaient dans le collimateur des groupes d’ultra-droite. Non seulement en raison de ses liens avec le CCOO et le PCE, mais aussi en raison de leur engagement pour la démocratie et de leur travail inlassable pour améliorer les conditions de travail des travailleurs.
« La tension a été très forte en janvier, entre autres évènements, parce que la grève des transports a été organisée ce mois-là », explique Ruiz-Huerta. « Entre nous, nous avions l’habitude d’accompagner nos collègues en voiture chez eux et nous attendions jusqu’à ce qu’ils rentrent », raconte-t-il.

Le bureau contre lequel ils ont mené l’attaque dans la nuit du 24 janvier 1977 était l’extension d’un autre similaire situé au numéro 49 Rue Atocha, qui était resté un peu à l’étroit en raison de sa grande activité. Tous deux appartenaient à un réseau de cabinets créés dans les années 1960 par le PCE pour défendre le mouvement ouvrier.
Les avocats effectuaient les démarches avec les administrations, recevaient dans leurs cabinets et se rendaient aux procès.

L’un des nombreux exemples du travail acharné des avocats du travail est la consultation qu’ils menèrent depuis leur balcon du cabinet. « Au moment où on a dit « au suivant’ » tous les salariés d’une entreprise sont entrés, ils avaient tous été licenciés », raconte Ruiz-Huerta. « Nous avons dû mener la concertation depuis le balcon pour parler aux 250 travailleurs », poursuit-il. C’était toute une entreprise du secteur chimique dont les ouvriers n’avaient pas touché leurs salaires depuis 2 mois. Finalement, ils ont réussi à gagner le procès.
Ce 24 janvier, les nervis d’extrême-droite ont assassiné Javier Sauquillo Pérez del Arco, Luis Javier Benavides Orgaz, Enrique Valdelvira Ibáñez, Serafín Holgado de Antonio et Ángel Rodríguez Leal. Que leurs noms ne soient pas oubliés !

Matilde Eiroa: « Hemos cometido el error de vincular la República con las izquierdas »

En octubre del 2019 encontré a Matilde Eiroa en el Congreso internacional de Mujeres exiliadas de 1939 en el Instituto Cervantes en Madrid. Matilde con quien había hablado desde Francia representando la asociación Retirada37 nos había dado la oportunidad que podamos intervenir. Una prima mía contó la historia de su madre Anita en el exilio. Me alegré esta mañana al leer el diario Público donde se entrevistaba a Matilde .Este artículo muy interesante sobre lo que es una República que no siempre tiene políticas de izquierdas.

MADRID
13/04/2024 21:56
ANA MARÍA PASCUAL@ANMARIAPASCUAL
Diario Público
La profesora titular de la Universidad Carlos III de Madrid Matilde Eiroa San Francisco desmiente tajantemente un dato invocado hasta la saciedad por la derecha y la extrema derecha españolas: la Segunda República fue la causa de la guerra civil. La catedrática de historia niega tal extremo: « No es momento de denostarla ni de mitificarla, pero no podemos dejar de valorar como aciertos de la República el sufragio universal, la separación Iglesia-Estado o la labor educativa, entre otros logros ». Este aniversario de la proclamación de la Segunda República, el 93º queda enturbiado por las llamadas leyes de la concordia con las que Vox y el PP tratan de criminalizar el periodo republicano y limpiar la imagen del franquismo. 

Profesora, la propuesta de ley de concordia del País Valencià equipara las víctimas del terrorismo de ETA con las del franquismo. ¿Qué le parece esto? 

Esto es vergonzoso, por el desconocimiento que muestran los autores de estas propuestas de ley de concordia en València y en Castilla y León, porque las víctimas del terrorismo tienen su propia ley y son víctimas son muy protegidas, algo que está muy bien; pero no son víctimas iguales que las del franquismo. PP y Vox tratan de igualar a todas las víctimas y dicen que todas son víctimas independientemente del lugar donde cayesen. Pero esto hay que matizarlo. No es igual atacar que ser atacado; hay que saber por qué una persona se convierte en víctima. 
Las víctimas son víctimas pero hay que explicar dónde, cómo y por qué. Por ejemplo, dónde hubo más campos de concentración. Pues en Galicia y en Castilla y León, que fueron zonas donde no hubo guerra porque desde el principio se sumaron algolpe de Estado golpe de Estado. 
Me ha llamado la atención que en la propuesta valenciana se ofrecen  cifras sobre las muertes por terrorismo, pero no de la represión del franquismo, de los encarcelados, exiliados, fusilados, gente en campos de concentración, ni de los cuerpos ya exhumados de las fosas. Y esto es un sesgo ideológico muy importante. 
Para las derechas, 1931 es una fecha maldita, pero olvidan que hubo republicanismo de derechas.
Es que la propuesta de ley valenciana me ha sorprendido por su planteamiento simplista; es de un bajísimo nivel pero con una gran carga política. Ya en la exposición de motivos dice que el ámbito de la ley va desde 1931 hasta la actualidad, son casi 100 años de la historia de España. ¿Por qué desde 1931, es decir, el inicio de la Segunda República española y no, por ejemplo, desde 1923, desde la dictadura de Primo de Rivera? Pues porque lo que quieren es apartar a la Segunda República del hilo que la vincula con la democracia actual. 
La futura ley de la concordia valenciana reconoce el mismo régimen de protección y reconocimiento a las víctimas de la Segunda República y del terrorismo que a las víctimas del franquismo. ¿Quiénes fueron las víctimas de la República?
Pues no tengo ni idea. Me imagino que pueden referirse a las víctimas de Paracuellos o a las que provocaron los comités de vigilancia en Madrid durante la guerra, las llamadas checas. En cuanto a lo de Paracuellos, ocurrió en noviembre de 1936, durante el primer asedio fuerte sobre Madrid de las tropas sublevadas. Los prisioneros del bando golpista estaban en la cárcel Modelo, al lado del Ministerio del Aire, en Moncloa. Las tropas golpistas los habían llevado al río Manzanares. Los dirigentes de la República tuvieron miedo de que pudieran cruzar el río y llegaran a rescatar los presos de la Modelo. 

Por eso decidieron llevárselos a la retaguardia, hacia València. No sabemos quién dio la orden de pararlos en el pueblo de Paracuellos del Jarama y allí los fusilaron. Fue un episodio muy lamentable, que perjudicó a la imagen de la República. 

¿Y las checas?

Eran comités de vigilancia que no tenían ninguna vinculación con el aparato soviético, pero desde el bando golpista se les dio ese nombre para igualarlo con el sistema soviético, tal y como ha estudiado el historiador Fernando Jiménez Herrera. Hubo desmanes en alguno de esos comités, con las llamadas sacas de presos para fusilarlos. Pero otros comités se dedicaron a labores solidarias, como llevar comida a los soldados, atender a las familias… 

¿Qué pretenden PP y Vox con las leyes de la concordia?

Erigirse como los salvadores frente a unas leyes, las de memoria democrática, que según ellos dicen han perjudicado la convivencia y el entendimiento social. Cómo llegar a la concordia sin pasar por la memoria; es imposible. Estas leyes que se han propuesto en València y Castilla y León destilan una gran ignorancia y un sesgo ideológico alarmante. No es lo mismo luchar en una guerra que ejercer la violencia durante décadas. No olvidemos que durante toda la década de los 40 y principios de los 50 la dictadura ejerció una tremenda violencia en desigualdad de fuerzas.
 
Pasados 93 años de la proclamación de la República, ¿queda algo por  descubrir de este periodo histórico, desde el punto de vista de los historiadores? 

Sí, todavía desconocemos cosas, pero las investigaciones están muy avanzadas y conocemos la gran arquitectura de lo que fue la Segunda República y cómo el fracaso del golpe de Estado condujo a una guerra civil. Hay que tener en cuenta que hay archivos que desaparecieron, como el del general Mola, el de Serrano Suñer, el de Sanjurjo.
 
¿Cuál fue el gran error de la República?

La rapidez en poner en marcha algunas de las medidas. No se tuvo en cuenta que en política se puede cambiar de un día para otro por unas elecciones, pero de mentalidad no se cambia en un día, se necesita más tiempo. Hay que tener en cuenta que la República española fue un modelo típico de los democracias de los años 30 y tuvo sus errores, como la república francesa o la alemana.
Hay que tener en cuenta además otros factores muy particulares de España, como el analfabetismo tan extendido, los privilegios de una clase social que estaban muy arraigados. Se pensó, por ejemplo, que se podrían construir muchos colegios públicos como para prescindir de las congregaciones religiosas, pero no se pudo cumplir esa promesa.  

¿Por qué la derecha tiene ese problema con el pasado y no puede reconocer lo que hicieron sus abuelos?

Nosotros no somos responsables de lo que hicieron nuestros abuelos, ni para bien ni para mal. No tenemos por qué sentirnos concernidos. Hay que tener en cuenta que la represión fue ejercida durante la dictadura por mucha gente: jueces, empresarios, policías y también ciudadanos de a pie. Esa violencia quedó impune y así quieren que siga, viendo quiénes son los autores de esta legislación de la concordia. 
Hay que recordar que el PP nació siendo Alianza Popular (AP), que se constituyó en 1976, con figuras clave del régimen. Y no hay que olvidar que en marzo de 1977 los dirigentes de AP reivindicaron la figura de Franco, con 3.000 simpatizantes. En 1989 AP se refundó y nació el Partido Popular. Y Vox ya sabemos que viene del PP. 

Retour sur la soirée du 6 avril 2024

Samedi 6 avril 2024, château du Plessis à La Riche, nous sommes accompagnés par la douceur printanière.

En fin d’après midi, la Cie Diotima, Véro LP et José Manuel Cano Lopez retiennent notre attention avec des contes, chansons populaires et poèmes espagnols, accompagnés par la dégustation de tapas…

En soirée nous avons vécu des moments très forts en émotions, avec la représentation de RAPSODIA concert théâtralisé de la Cie Arsenika « mémoires de femmes ayant vécu la guerre d’Espagne et la répression du franquisme ».

Un spectacle exceptionnel !!! nous avons pu le mesurer à la fin, par des applaudissements nourris et très longs…

Clara a été sublime dans ces interprétations du début à la fin, Raphaël nous a transporté avec ses instruments à cordes et percussions, je me souviendrai longtemps de ces morceaux interprétés au « Lavta ».

Un grand bravo à cette compagnie, surtout, n’hésitez pas à vous déplacer pour voir ce spectacle et même le produire si vous en avez la possibilité.

Merci à toute l’équipe « du Plessis, Tiers lieu Commun Culturel et Humaniste »
A la Cie Rapsodia

Et aux membres de Retirada37

James