le militant anarchiste Pere Adrover Font “El Yayo o El Laio”, a joué un rôle très remarquable dans la guérilla anarchiste. Né à Palma, Majorque, Illes Baléars, date de naissance inconnue. De profession vitrier, en 1936, il était secrétaire de la Fédération ibérique des jeunes libertarias (FIJL) de Masnou, Maresme, Catalunya. Lorsque le soulèvement fasciste est advenu, il s’est enrôlé dans la colonne « Los Aguiluchos » de la Fédération anarchiste ibérique (FIA).
En 1939, la guerre a traversé la France. Lorsque les troupes du troisième Reich occupèrent la France, les Allemands l’ont demandé enrôlé dans l’organisation TODT. Il a collaboré clandestinement avec la Résistance française, participant à de nombreux sabotages, a été arrêté par les nazis, qui l’ont envoyé au camp de concentration de Mauthausen.
Après la guerre, il rejoint les groupes d’action confédéraux et en 1947 le mouvement libertaire de résistance (MLR). Il a effectué de nombreuses incursions depuis la France avec : Celedonio García, Facerías, González Sanmartí et Pareja entre 1947 et 1949 effectuant des « expropriations » à Barcelone, à Granollers, des attentats contre des consulats à Barcelone contre des États ayant reconnu le régime de Franco, etc. Il était lié au groupe « los Maños » de Wenceslas Jiménez Orive. Il faisait la liaison entre celui-ci et les comités nationaux de la Confédération nationale du travail (CNT) de Toulouse. Le 12 juillet 1947, il a participé à l’exécution de l’ancien dirigeant confédéral accusé d’avoir dénoncé Eliseo Melis Diaz.
En tant que membre de la Commission de défense de Barcelone, il a fabriqué plus d’une centaine de bombes et participé à au moins deux attentats contre Franco : le 17 mai 1947 avec une bombe dans la cathédrale de Barcelone, dissimulée dans une boîte à chaussures. Le 3 juin 1949 avec une explosion sur l’autel de San Pancracio à Barcelone. Le 15 mai 1949, avec Facerías, il a posé des engins explosifs contre les consulats de Bolivie et du Brésil, États qui avaient reconnu le régime franquiste. Il participa en 1949 avec le groupe de Josep Lluis Facerías à des expropriations destinées à financer la guérilla. Le 2 juillet 1949, avec Arquimède Serrano Ovejas, Cesar Saborit, Domingo Ibars Juanias et Francisco Martínez Márquez, il participa à l’attaque de l’usine de céramique ICAM avec un butin de 50 000 ptas. Le 27 septembre de cette année-là, avec le même groupe, il a attaqué les bureaux d’un entrepreneur suisse du bâtiment et trois jours plus tard l’entreprise « Bâtiments y Structures » sur la promenade centrale de Gracia à Barcelone. Le 9 octobre, il a participé à l’assaut du célèbre bordel barcelonais « La Casita Blanca », où le groupe a récolté 37 000 ptas et la documentation des clients. Le 14 octobre, il commet, avec son groupe, un hold-up dans une bijouterie sur la voie Laietana à Barcelone, emportant 400 000 ptes.
L’arrestation de Ramón Loscos Viñas, compagnon du groupe, le 3 novembre 1949, a facilité son arrestation dans une embuscade deux jours plus tard, avec Arquimedes Serrano Ovejas et José Pérez Pedrero, lequel a été abattu en pleine rue. Le 6 février 1952, il a été jugé en cour martiale à Barcelone avec une trentaine de guérilleros anarchistes et condamné à mort. Il a été fusillé le 14/03/1952 avec ses compagnons : Ginés Urrea Piña, Jordi Pons Argilés, José Pérez Pedrero « Tragapanes » et Santiago Amir Gruañas « El Sheriff ».