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lundi 18 mars de 17h à 19h à l’Université de Tours Conférence Juan Negrín

                     Nous avons le plaisir de vous inviter à la conférence de  Carmen NEGRIN

Titre de la conférence

L’œuvre de JUAN NEGRIN à la lueur des archives

Carmen NEGRIN, petite-fille de Juan NEGRIN, se propose de mettre en lumière à partir d’archives privéesl’œuvre politique de celui qui futde 1937 à 1945, président du Conseil des ministres de l’Espagne républicaine, puis chef du gouvernement républicain en exil.

Lundi 18 mars 2019 de 17 h à 19 h –Salle TA 35

(site universitaire, 3 rue des Tanneurs. Tours)

Département d’Espagnol et de Portugais

et association Retirada37

Accès libre ‒ Ouvert à tous

Carmen Negrín

Née aux Etats-Unis (Trenton, NJ) en 47, de père espagnol, pilote républicain, de grand père espagnol, dernier président du gouvernement républicain en terre d’Espagne et premier président du gouvernement en exil, de grand mère paternelle russe exilée par la révolution, et de famille maternelle américaine, descendante de pèlerins arrivés dans le Mayflower.

En résumé, la somme d’un mélange d’exils, parfois contradictoires.

Comme beaucoup de descendants d’exilés, j’ai vécu aux Etats Unis, au Mexique, en France, en GB.

Etudes primaires en France, secondaires au Mexique, Université de Berkeley dans les années soixante, Université Paris-La Sorbonne et René Descartes (B.A. Littérature comparée, Licence de lettres, début de maîtrise en sciences de l’éducation).

Travail dans l’enseignement pour adultes, puis pendant 30 ans à l’UNESCO (motif de l’interruption des études universitaires), au Cabinet de trois Directeurs généraux de l’organisation, ainsi que dans les secteurs de l’éducation, des sciences sociales, de la culture et finalement au Centre du patrimoine mondial en tant que responsable du patrimoine mondial de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Ancienne membre du conseil de plusieurs associations concernées par les populations autochtones, et actuellement Présidente d’honneur de la fondation Juan Negrín, située à Las Palmas de Gran Canaria, patrie de la famille espagnole, et présidente du CIIMER (centre d’interprétation et d’investigation de la mémoire de l’Espagne républicaine), situé à Borredon et qui regroupe presque 50 associations de mémoire républicaine espagnole.

                                               Université de Tours

Lundi 18 mars 2019 de 17 h à 19 h –Salle TA 35

(site universitaire, 3 rue des Tanneurs. Tours)

Conférence sur Archives Juan Negrin

Juan Negrin a été président du gouvernement de la République espagnole de 1937 à 1939 et jusqu’à 1945 dans l’exil. Il a été fortement attaqué par ses adversaires, les franquistes, mais aussi par les siens et fut exclu du PSOE en 1948 ; 60 ans après en juillet 2008 le parti socialiste le réhabilita. Ces accusations qui font partie de ce qui est appelé « la légende noire » sont sujettes à caution. L’historien Gabriel Jackson, par exemple, estime que 90% d’entre elles sont infondées. Carmen Negrin, à travers les archives, dans sa conférence, abordera des sujets comme la question de l’envoi de l’or de la République à Moscou, la résistance à l’ennemi jusqu’au bout, la position d’Indalecio Prieto chef du PSOE par rapport à Negrin, autant de sujets qui méritent que l’on porte un regard d’historien pour réhabiliter cette grande figure de la République espagnole. Une meilleure connaissance de l’Histoire de l’Espagne, sur la base d’archives et non de « fake news » comme on pourrait dire aujourd’hui, est utile pour aider les nouvelles générations à mieux comprendre leur actualité, qui voit les idéologies fascistes ressurgirent..

Déroulé de la conférence

Portrait du propriétaire des archives le Dr. Et Président du Conseil des Ministres de la IIème République de l’Espagne, Juan Negrin.

Parcours et circonstances de la sauvegarde des archives.

Importance historique des archives en tant que références et réponse à la « légende noire » sur la IIième République de l’Espagne et sur la guerre d’Espagne.

Conséquences de la transparence historique.

Réhabilitation en Espagne de l’image de Juan Negrin et de la République espagnole

Mardi 12 février à 18h30 à la Bibliothèque de Saint-Pierre-des-Corps Conférence par Enrique Lister Lopez sur « Un épisode peu connu de l’Histoire de France: l’interdiction du P.C. espagnol en France en 1950 »

Enrique Li­ster Lopez est né à  Moscou en 1941. Il a vécu en France, Hongrie, Tchécoslovaquie et URSS. Il est Docteur en Lettres et diplômé en Histoire moderne de l’Université Lomonosov de Moscou et titulaire d’un DEA de la Faculté de Sciences Humaines de Poitiers, avec une thèse de doctorat sur «L’Exil communiste espagnol en France et un URSS (1936-1950). Contribution a l’histoire d’une émigration ».». Il a été Maître de conférences à  Poitiers et Directeur du Département d’Etudes Slaves jusqu’en 2009, après avoir commencé comme lecteur de russe en 1969. Militant communiste, il a été expulsé du PCE en 1970 et a participé en 1973 à  la fondation du PCOE (Parti Communiste Ouvrier Espagnol). Il a été responsable de la Commission Idéologique du PCOE et a écrit de nombreux articles anti-eurocommunistes et deux livres « Carrillo, les deux faces d’une même pièce»1971 et « Léninisme et opportunisme »1976 et en 2008 « Prague, août 1968. Pages d’un journal personnel »

Enrique Lister Lopez est spécialiste de l’immigration républicaine en France, URSS et pays socialistes d’Europe de l’Est ».

LE POUM : Révolution dans la guerre d’Espagne (1936-1939)

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Samedi 15 décembre 2018, à 14 heures,

salle 121 des Halles de Tours,

Conférence proposée par RETIRADA37

Le POUM (Parti Ouvrier d’Unification Marxiste) est une organisation communiste antistalinienne qui naît à Barcelone en septembre 1935. Aujourd’hui encore, l’histoire de ce parti reste méconnue. Le POUM a été en effet doublement combattu: à la fois par les franquistes, qui étaient ses ennemis, et, dans son propre camp, par ceux qui l’ont durement réprimé alors qu’ils semblaient mener un combat commun contre le fascisme. Il s’agit maintenant de rendre justice à ces militants qui ont pris courageusement leur part du combat révolutionnaire antifranquiste.

Cette conférence,

présentée par Jean-Louis BARGÈS, membre du CA,

se terminera par le verre de l’amitié,

Pour un 11 novembre 2018 antimilitariste !

La folie guerrière et militariste ne cesse de faire florès à travers le monde : aux Etats Unis, l’ahuri Trump joue avec l’avenir de la planète avec ses menaces inconsidérées d’agressions militaires, en Corée du Nord, le « guide suprême » saigne son peuple au sang pour maintenir une armée pléthorique et développer un arsenal nucléaire qui fait froid dans le dos. De la Russie à la Chine, en passant par les pays occidentaux et leurs prétentions hégémoniques en Afrique, une seule chose va bien dans ce monde, c’est l’industrie de l’armement !

Cette « pourvoyeuse » d’emplois qui ne devrait pas exister, continue à engendrer ça et là des massacres, corollaires à de gros profits pour les industriels (industrie aéronautique avec EADS, Dassault Aviation, SAFRAN/SNECMA ; terrestre, avec NEXTER ou PANHARD ; naval avec DNCS ; électronique avec THALES, DASSAULT Systems ou SAFRAN/SAGEM ; missiles avec MBDA ; espace avec EADS/ASTRIUM…).

En france, en 2016, la seule Direction Générale de l’Armement a passé près de 10 milliards d’euros de contrats pour l’équipement des armées (sur un total de 20 milliards de prises de commandes), et a investi 800 millions d’euros dans la recherche. L’industrie de l’armement devrait passer de 165 000 emplois à plus de 200 000 en 2018 selon le ministère de la Défense. En 2015, 16 milliards d’euros de commandes à l’exportation ont été réalisées, soit deux fois plus que l’année précédente et quatre fois plus qu’en 2012 !

Mais ce n’est pas tout, l’armée ne se contente pas de faire « des opérations extérieures » : le renforcement des lois antiterroristes lui permet d’occuper le territoire métropolitain et ultra marin comme l’autorise, notamment, l’instruction interministérielle de mai 2010, le ministère de la Défense qui prévoit de déployer dans le cadre d’un plan spécial 10 000 militaires sur l’hexagone en « cas de crise majeure ». Le SGDSN (Secrétaire Général à la Défense et la Sécurité Nationale) dans la revue Armées d’octobre 2010, définissant un « cas de crise majeure » comme « Un événement – pandémie, attaque terroriste, catastrophe, crise d’ordre public – dont la gravité et la portée conduisent les autorités gouvernementales à activer le dispositif interministériel ».

Nous ne pouvons tolérer cette politique militariste !

Disons le haut et fort Dimanche 11 novembre, 10h30, parvis

de l’université François Rabelais, rue des Tanneurs, à Tours.

Rappelons que la France est toujours un pays en guerre !

Pour un 11 novembre antimilitariste !

Premiers signataires :SUD/SOLIDAIRES 37, Les Amis de Demain Le Grand Soir, Alternative Libertaire 37, Retirada 37, NPA 37.

Avec la présence de la chorale militante « La P’tite Rouge de Touraine ».

De Virgile à Virgilio – un texte de Jean Ortiz

Virgile a désormais sa rue. Virgile a désormais sa rue, à Billère, ville collée à Pau. 

 

Son œuvre, ses « plusieurs vies en une », le méritaient. Virgile a fait malgré lui de « ses vies » un poème épique. Virgile n’est au premier abord ni poète ni écrivain… quoi que… Une vie pleine de militant peut accéder au rang de voyage, tragique et beau à la fois, de Cordoue à Pau, comme hier, pour le poète latin, de Troie jusqu’à Rome, sa Rome, sa création.

 

La plaque « porte écrit » : Virgilio (lio) Peña, républicain espagnol, antifasciste… Certes… Mais dans ces hommages ou commémorations, on oublie souvent les convictions, le potentiel critique de remise en cause, qui a porté ces hommes, de Cordoue à Buchenwald, en passant par Barcarès, Gurs. Et pourtant… ce n’est pas un gros mot, « communiste » ; comme d’autres étaient anarchistes, socialistes, poumistes…

 

A Buchenwald, me répéta souvent Virgilio, devant un verre de Montilla (son « pays »), « pour ne pas mourir, il fallait croire en Dieu ou en Staline ». A Buchenwald, le militant Virgilio Peña, sur place, nous raconta, pour un docu, son séjour, « à la Benigni ». Au cœur de l’abomination, il était « chez lui », près d’un petit ours en cage. Si mignon. Bons pères de famille, les nazis aimaient les animaux. Menuisier, Virgile travaillait à l’atelier, à quelques mètres du crématoire, et « l’odeur me nourrissait, comme lorsque tu cuisines un poulet chez toi ». Hilarante s’avéra la séquence où il mima « l’inspection des poux ». Eclats d’un rire complexe. Malaise. Mise à distance de l’horreur. Tout à la fois. Et nous, « fils de » (usurpation si l’on ne se le gagne pas), hier, à la manif, nous nous comptions…

 

Et puis, durant quelques secondes, il redevenait « sérieux ». « Ici, c’était ma maison ». Des caillasses, restes d’un “block” . En fait, sérieux, Virgilio le fut toujours… au-delà de son espièglerie naturelle. “Y no te olvides nunca, pajarraco, de que cuando uno lo pierde todo, es cuando más se necesitan los principios, cueste lo que cueste”. “Et n’oublie jamais, drôle d’oiseau, que c’est précisément lorsque tout fout le camp qu’il ne faut pas renoncer aux principes, quoi qu’il en coûte ». On le paie parfois cher… mais essayer d’être communiste a toujours un prix.

 

Sur les terres du « cortijo » (grande propriété en Andalousie), Dominique (l’homme à la caméra) et moi (l’homme au stylo), nous avions envie de maudire la terre entière lorsque Virgilio racontait son enfance esclave, de fils d’esclave. Comme son père, Virgilio passa très jeune son agrégation en servage : le lot des « jornaleros » (les ouvriers agricoles)… Alors, lorsque la République, en avril 1931, gagna les élections municipales, et le Roi « Alphonse XIII » mit les voiles, le jeune communiste Virgilio, membre d’un PCE groupusculaire à cette époque, proclama cette République du haut du balcon de la mairie de son village, ESPEJO (« miroir » en espagnol), vieux bastion « rouge ». « ESPEJO ». Miroir. Métaphore lumineuse pour traduire l’histoire de ce village rebelle et fier sur sa colline, au beau milieu d’une mer d’oliviers « patronaux », de los « dueños », (oliviers choyés par les « peones »), un village physiquement et symboliquement dominé par le château de Sa Saignerie la duchesse, pompe à sueur et à sang de ces forçats.

 

 Lorsque « éclate » la République, les riches, les « señoritos », « se cagan de miedo », « chient de trouille ». Dans les classes dominantes, et même chez de nombreux « hauts dirigeants » républicains, on a davantage peur de « la révolution » des masses rurales et du prolétariat madrilène, barcelonais, que du fascisme. Lutte des classes, quand tu nous tiens…

 

Virgile, l’autre, le poète et l’écrivain de « l’Eneide », raconte lui aussi ses « vies » et les « guerres civiles » des paysans contre leur dépossession par les gros… Lutte des classes, quand tu nous tiens… J’exagère un peu, je sais, mais « je ne suis pas un modéré » (Jaurès) Dépossession et exil, de Virgilio à Virgile, exil repris par le poète dans « les Bucoliques ».

 

ET PUIS, Virgilio … La frontière, les « camps de concentration » du Roussillon, de Daladier et de la « non intervention »… et le combat antifasciste qui continue…. Le 19 mars 1943, Virgilio « le rocher » (« peña ») tombe aux mains de la police « française », de Vichy, « française » , qui le chatouille avec toute la panoplie et le savoir faire des fachos, avant de le remettre aux Allemands pour « finir le travail ». Et puis le transit par Compiègne, et puis Buchenwald, et puis les chiens et les gardes qui aboient, et puis le supplice des heures sur la « place d’appel », debout, par des températures polaires, en « pyjama ». Et puis le triangle rouge des « terroristes ». Pour lui, le Résistant. Et puis, l’Enéide devenue un matricule, 40843. Septembre 1943. Buchenwald, les enfants gitans attachés comme des chiens à l’entrée du camp… Souvenons-nous du décret Daladier, de 1938, sur les « étrangers indésirables »… Les mêmes ? Dehors le « droit du sol » ! Et puis la Résistance dans le camp de la mort, organisé par « nationalités ». Malgré la mort partout. Peut-on imaginer ce que cela implique ? Résister dans cet enfer. Des « squelettes » libérèrent le camp le 11 avril 1945. En vers et contre tout. En vers et contre tout. En vers, comme Virgile le latin. Virgilio le cordouan n’a cessé, lui, de s’accrocher au souvenir de son village-miroir, et à « l’Armée rouge » qui avance… Lors des insurrections libertaro-communistes paysannes de 1918 en Andalousie, la « guardia civil » tabassa jusqu’au coma le père, autodidacte, ouvrier agricole, conscient. Les « fachas », les prétendus « libérateurs », brûlèrent les quelques livres du père de Virgilio, dont ceux de Virgile le latin, sur la place d’Espejo. Un autodafé… Miroir. Comme en septembre 1973 à Santiago. Et pourtant, Virgile n’a jamais plaidé pour la « reforma agraria ».

 

Commémorer, poser des plaques, travailler sur la mémoire, sur le passé, exige de se projeter vers un à venir meilleur, suppose de le garder en permanence comme « horizon d’utopie » pour aujourd’hui ; garder avec conviction et tendresse cet horizon d’un autre futur possible et nécessaire. Vite !

 

« Monté sur son âne » pour aller labourer, le « padre labrador », quasiment analphabète, lisait, lisait, lisait. « Andar y andar los caminos »… il parvint à dévorer « l’Eneide » et les « Bucoliques ». Il les aimait tellement qu’il appela l’un de ses fils Virgilio. Mort à Billère à 102 ans. Je l’aimais… Une plaque désormais rappelle son nom et sa « qualité d’antifasciste ». « Hommes, veillez », soyez vigilants, écrivit un autre poète. La poésie est « une arme chargée de futur » (Celaya).

Communiqué de l’Association RETIRADA37 sur les évènements de Catalogne

L’association Retirada37, fidèle aux valeurs des Républicains espagnols exilés, combattant pour la justice sociale, l’égalité entre hommes et femmes, le droit à l’éducation et à la santé, pour une République sociale, s’inquiète des dérives autoritaires du gouvernement espagnol à l’égard de responsables politiques catalans. Elle dénonce les incarcérations prononcées à leur encontre. Les institutions judiciaires, « Tribunal Supremo » et « Audiencia nacional » sont des vestiges du franquisme qui se sont déjà distingués en destituant le juge Garzon qui voulait faire juger les crimes du franquisme, impunis jusqu’alors. Cette inégalité de traitement est inacceptable !

Le développement des politiques sécuritaires particulièrement en France et en Espagne, la montée de l’influence de groupes fascistes en Europe ne peut que nous alerter sur les dangers qui planent sur ces pays.

La complaisance du gouvernement français à l’égard du gouvernement espagnol pour son non respect de la démocratie ne peut que nous rappeler celle adoptée par les gouvernements français de 1936 à 1939 laissant la jeune République espagnole se faire étrangler par Franco assisté d’Hitler et de Mussolini.

L’avenir de la Catalogne comme celui de l’Espagne toute entière n’appartient qu’aux Catalans et aux Espagnols eux-mêmes et nous ne souhaitons pas nous immiscer dans leurs affaires intérieures.

Avec l’association Retirada37, comme d’autres associations l’ont déjà fait, nous souhaitons nous exprimer par rapport au non respect de la démocratie. Nous n’acceptons pas les atteintes aux droits de l’Homme, aux libertés fondamentales et demandons la libération immédiate de toutes les personnes poursuivies et la fin des violences policières envers le peuple catalan.

RETIRADA37, le 28 mars 2018

Rencontre avec Lydie Salvayre

A la bibliothèque municipale

Mercredi 11 avril 2018 à 18h30> Autour de ses deux derniers romans
« Pas pleurer » prix Goncourt 2014
Et « Tout homme est une nuit » paru en 2017
Editions du seuil

lydie Salvayre

Après avoir longuement évoqué la révolution sociale espagnole de l’été 1936 dans le petit village de sa mère, et montré à travers l’œuvre de Georges Bernanos l’horreur de la guerre qui s’ensuivit ( « Pas pleurer » 2014).

Lydie Salvayre montre avec un élan romanesque tout aussi puissant la permanence d’une grande violence sociale dans la France d’aujourd’hui (« Tout homme est une nuit » 2017).

Avec le soutien de l’association Retirada37 : Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains exilés

Les combattants espagnols dans la Résistance

La Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939. Les exilés espagnols vont s’engager dans toutes les unités combattantes et dans la Résistance. Tous les maquis de France auront dans leurs rangs des combattants républicains espagnols qui vont s’illustrer pas leur bravoure, au barrage de l’Aigle en Corèze, aux Glières en Haute-Savoie, dans l’Indre, en Bretagne … Ils formeront les jeunes maquisards qui fuient le STO (Service de travail obligatoire). Certains maquis seront même composés uniquement d’Espagnols dans le sud de la France, comme en Ariège, en Dordogne…
.
Comment échapper à son destin ?

Passées les premières stupeurs et déceptions d’un « accueil » plutôt hostile et douteux, l’immense majorité des républicains espagnols s’organisent et recréent leurs partis et syndicats. Ils regardent atterrés le fascisme monté en Europe et se doutent qu’ils ne sont pas à l’abri de ce qui se prépare. Traités comme ennemis et parias par le régime pétainiste, ils s’engagent massivement dans la lutte armée contre l’occupant nazi. C’est une question de survie pour beaucoup d’entre eux.

Après la capitulation de l’État français le 22 juin 1940, les Espagnols participeront, naturellement, aux premiers mouvements de résistance. C’est dans cette résistance que vont avoir lieu les premiers contacts vrais avec les Français qui partagent les mêmes conditions de lutte. L’expérience de la guerre civile leur donne une certaine organisation, une endurance, une combativité qui forcent l’admiration des Français et c’est sur eux que ces derniers vont compter pour les actions armées. Beaucoup tiennent un rôle militaire primordial. Ils se préoccupent également d’organiser des maquis en Espagne même, dans le but de bloquer Franco, s’il lui venait des velléités d’aider les forces de l’Axe, mais aussi pour préparer leur retour à une Espagne républicaine.
Prendre le maquis est non seulement un acte de conviction mais aussi un acte de survie, les Espagnols sont pourchassés et assassinés par la milice française et par l’occupant nazi, de la Gestapo à la Wehrmacht, notamment les dirigeants des partis et syndicats de gauche, les élus de la République. La menace se fait pressante, en 1942 Berlin demande à Vichy de lui livrer les réfugiés espagnols et les antifascistes italiens, ce qui est encore une raison supplémentaire pour entrer en clandestinité.

Les maquis investis par les combattants espagnols

Ils 
s’intègrent à l’AS (Armée secrète), à l’ORA (Organisation de Résistance dans l’Armée) et relèvent des mouvements
« Combat », « Libération », « Franc-tireur » qui vont se regrouper dans les MUR (Mouvements Unis de Résistance) ou encore au sein des FTP-MOI (Francs tireurs partisans de la main-d’œuvre immigrée) d’obédience communiste comme Celestino Alfonso figure sur la fameuse « Affiche 
Rouge » aux côtés de Manouchian et Luis Fernandez qui commande la fameuse 35e brigade FTP-MOI, près de Toulouse, composé surtout de juifs, d’anciens d’Espagne, d’Italiens. Redoutable groupe composée de jeunes gens étrangers téméraires, et désireux d’anéantir le fascisme.

– Certains maquis, se composent exclusivement de combattants espagnols. Ils sont dans les premiers à s’organiser et à passer à l’action, tel le réseau Ponzán à Toulouse, sous l’impulsion de Francisco Ponzán, plus connu sous le nom de François Vidal. Militant de la CNT. À partir de mai 1939, Vidal organise un réseau de passeurs d’hommes dans les Pyrénées pour faire sortir d’Espagne les militants en danger. Dès le début de la guerre, le groupe se met au service de la résistance et travaille activement avec l’Intelligence Service anglais et le Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) de De Gaulle, mais aussi avec le réseau Sabot et le groupe Combat. Ce réseau permet l’évasion de 1 500 personnes dont plus de 700 aviateurs alliés et le passage de nombreux documents (sans compter tout ce qui sert la lutte antifranquiste). Le réseau couvre une zone qui va de Bruxelles à Lisbonne. Fait prisonnier en 1944 par la police française, Francisco Ponzán Vidal est livré aux Allemands et exécuté de manière à la veille de la libération.

– Ou encore le groupe de Ramon Villa Capdevilla, Caraquemada ou El Jabali. Militant de la CNT. Début 1939, il se réfugie en France, où il est interné au camp d’Argelès-sur-Mer. Il s’en échappe en 1940. Deux ans plus tard, il est de nouveau arrêté et interné dans la citadelle de Perpignan. Libéré, il met son expérience de spécialiste des explosifs au service de la Résistance, comme le 11 juin 1944, près de Périgueux où, avec deux cents maquisards, il s’empare d’un train blindé allemand. Il participe également, au sein du Batallón Libertad (composé en grande partie d’anarchistes espagnols) à la libération de Royan et de l’estuaire de la Gironde. Il est plus connu sous le surnom de « commandant Raymond ». Il commande deux cents résistants espagnols. Ce sont eux qui anéantissent la garnison Das Reich qui a massacré les habitants d’Oradour. Ramón Vila Capdevila meurt en 1963, lors d’une fusillade avec des franquistes, alors qu’il était un des meilleurs passeurs d’hommes de la CNT, membres des groupes d’action qui n’ont cessé de harceler le régime franquiste depuis 1945.

– Le groupe d’Arrau Saint Lary mené par José Cortés, comprend 60 hommes environ et s’unit aux FTP (Franc Tireurs Partisans). Ils s’organisent en unité de guérilla, héritée directement de l’armée républicaine comme la 9e brigade issue du 14e corps de guérilleros de l’armée républicaine, commandée par Ricardo Gonzalvo. Ces hommes comptent à leur actif de nombreux et importants actes de résistance.

– Voici une liste de maquis où la présence espagnole fut suffisamment importante voire majoritaire : le maquis de Dordogne, de la Montagne Noire, de Querigut (dans l’Aude), les maquis de l’Aveyron, du Pic Violent, de Savoie, les maquis du Lot, de Loches, de Belves, de l’Isère, de la Gouzette (Saint Girons), de Privas, les maquis du Cantal et de Corrèze, de Maleterne, de Bagnères, des Landes, du Rouergue, le Mont Mouchet, du Limousin, le maquis Bidon 5 et le maquis du Vercors et n’oublions pas le maquis du COFRA, du Barrage de l’Aigle, et Foix ; Les guérilleros de la 10e brigade, 2e Bataillon du maquis du « Col de Marie Blanque » Vallée d’Aspe, encerclement de Bedous. De nombreux antifascistes espagnols se trouvent aussi dans la résistance en Bretagne, en Gironde, dans le Massif central… Ils participèrent à la libération d’au moins 27 villes françaises (dont Annecy, Paris, Cahors, Foi, Bordeaux, Strasbourg, Périgueux, Royan, Toulouse…). Le bataillon Alsace Lorraine, commandée par le Colonel Berger (André Malraux) va être composé de beaucoup de combattants espagnols et d’anciens des brigades internationales : « Les 1 500 combattants volontaires, indisciplinés et équipés de vieilles Traction avant Citroën, de gazogènes et de GMC brinquebalants, vont faire souffler un vent d’Espagne sur cette brigade qui s’intègre dans la 1re Armée du général de Lattre de Tassigny qui la surnommera « la Brigade des trois cents pouilleux ». D’autres l’appelleront aussi « La Brigade très chrétienne du colonel Berger » en raison du grand nombre de prêtres, pasteurs et autres théologiens qui la composaient » .

– Le maquis du plateau des Glières en Haute Savoie (premier territoire français à se libérer le 19/08/1944)) où Les Républicains espagnols arrivent en 1940. Deux compagnies de travailleurs espagnols (515 et 517 CTE) affectés aux travaux des routes et assèchement des terrains, vont petit à petit s’égayer dans la nature. Ils vont aller clandestinement s’installer, avec des conditions très rudes, dans les chalets de montagne, pour échapper à la déportation en Allemagne. Ces hommes aguerris vont mettre leur connaissance de la Résistance au service de l’armée de l’ombre, sous la direction de Miguel Vera. Ils vont conquérir les cœurs et l’amitié de leurs compagnons, jusqu’aux chefs du 27e BCA qui leur accorderont une entière confiance. Ces « Diables d’Espagnols » vont avoir une place incontournable et prendre part aux combats les plus rudes. Leur implication sera importante, puisque Tom Morel le commandant du maquis du plateau décidera au 30 janvier 1944 de, monter avec 120 hommes, sur le plateau pour y réceptionner les parachutages d’armes de Londres. 56 de ces maquisards seront des Républicains espagnols.

À l’heure des comptes, les trahisons

Le 7 novembre 1942 à Toulouse sous la direction du PCE se crée l’UNE (Unión Nacional Española) pour prétend unir et diriger les maquisards espagnols, avec comme objectif, l’intervention contre le régime franquiste.

En contre pouvoir, le 9 septembre 1944, se crée l’ADE (Alianza democrática española), qui rassemble toutes les tendances politiques de l’exil, excepté les communistes, dont elle dénonce les exactions au sein de l’UNE. L’ADE conteste l’exclusivité de l’UNE et ses méthodes de disparitions et assassinats de maquisards espagnols d’autres tendances politiques (socialistes, anarchistes, POUM…).
À propos de la 35ème Brigade FTP-MOI, leurs actions étaient si intrépides et incontrôlables que le PCF les désavoua, leur préférant une histoire de la résistance plus… française.

Le colonel FFI Serge Ravanel, affirme que « la participation des Espagnols à la résistance fut considérable. Ils sont la part la plus importante de la résistance dans les Pyrénées orientales ». Pourtant il n’hésite pas à cautionner le transfert à l’UNE ou le désarmement d’unité de résistants espagnols comme les 350 hommes du commandant Santos du bataillon Libertad, qui refusent de rejoindre cette organisation, où ils risquent leur vie, par les pratiques courantes pour ceux qui contestent la ligne du PCE. En effet, ce groupe de résistants avertis a préféré sortir de l’UNE et intégrer les Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Il faut souligner aussi le travail essentiel fait dans ce sens par José German Gonzalez, militant anarchiste de la région de Tarragone, commandant du maquis du Barrage de l’Aigle qui organisa, à travers les Groupes de travailleurs étrangers (GTE), l’entrée des cénétistes directement dans la résistance française

Monsieur Bénezech, membre du comité de la résistance, déclarera en reconnaissance aux résistants espagnols : « Combattants héroïques de la liberté, qui, partout, firent preuve du plus grand courage et payèrent un lourd tribu à la libération de notre pays » mais aucun responsable français ne tentera de leur apporter une aide pour libérer leur pays.