Archives de catégorie : Actualités

EXILÉS DE L’ESPOIR

L’association 24 août 1944
vous invite à l’hommage

en deux parties aux

EXILÉS DE L’ESPOIR

MERCREDI 24 AOÛT 2022

À PARTIR DE 18H

1 rue de Lobau 75004

Jardin de la Nueve (dans le jardin)

Cette année, nous voudrions dédier cet hommage à notre amie, disparue cette année sans crier gare, fille d’un combattant espagnol de la Nueve, José Cortes, blessé rue des Archives le 25 août 1944 et qui épousa l’infirmière qui lui sauva la vie. Sa fille, notre regrettée Marie José fut toujours présente à toutes les actions et interventions concernant la mémoire de son père et de ses compagnons.

Ce 24-Août- 2022 Dans le contexte actuel de repli identitaire, nous avons choisi de rappeler l’attitude des étrangers réfugiés en France :

Ceux qui fuyant le nazisme et le fascisme n’ont pas hésité à s’engager pour la Liberté. Outre des Espagnols en grand nombre, il y avait au sein de la Nueve , entre autre, un patchwork de nationalités, citons notamment:

CARRASCO Joaquin – (Brésil)

CATIZONE Guiseppe – (Italie)

CORTESI Daniel – (Italie)

MENDELSON Félix – (Allemagne)

PIRLIAN Krikor – (Arménien de Turquie),

PORESKI Wilhelm – (Allemagne)

REITER Johann – (Allemagne)

Et avec ces Espagnols, ils étaient les soldats de première ligne, les francs-tireurs de la première heure, agents de liaison, passeurs de lignes et de frontières, porteurs d’armes, de tracts, ou de messages. Ils ont été de tous les combats, dans les pires conditions ; ils ont enduré les pires souffrances pour ne pas permettre que le fascisme leur arrache leur dignité.

Puis nous filerons en cortège à la Halle des Blancs manteaux où nous attend l’exposition :

VISAGES D’EXIL 1939-2019

Chemins d’exil, photos inédites 1939, Philippe Gaussot

La sangre no es agua, photos 2019, Pierre Gonnord

Composée de deux expositions de photos :

Chemins de l’exil de Philippe Gaussot, qui a saisi sur le vif la retirada et les camps sur les plages en février 1939, mais auparavant avait aussi photographié le secours aux enfants basques et catalans en 1937.

La Sangre no es agua de Pierre Gonnord qui en 2019, à la demande du gouvernement socialiste espagnol partit à la recherche de survivants exilés ou de leurs enfants et trouva facilement son bonheur (et le nôtre de le rencontrer) l’adresse du 33 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris.

Présenter ces deux expositions s’est imposée à nous comme une évidence.

Aux foules anonymes que capte Philippe Gaussot en 1939, répondent les portraits et témoignages de Pierre Gonnord 80 ans après.

Car ce que dit Pierre Gonnord en 2019, c’est que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de 1939 a une histoire.

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille Du Temple 75004 Paris à 19h le 24 août 2022.

Vous pourrez visiter cette exposition exceptionnelle

Du 25 au 31 août 2022

De 14 à 19h. Visites guidées à 15h et à 17h tous les jours.

Ay, Carmela !, le cri des républicains espagnols

Chant de résistance repris d’un air composé pendant la guerre d’indépendance espagnole, le titre prend son essor en 1938, lors de la grande offensive de l’Èbre. Il a été chanté par Francesca Solleville, Leny Escudero, Zebda…

Mercredi 20 Juillet 2022

Aurélien Soucheyre

journal Humanité

Les franquistes, pendant la guerre d’Espagne, chantaient Cara al sol, qui peut se traduire par « Visage au soleil ». Grand bien leur fasse. Mais ils avaient aussi pour cri de ralliement « Viva la muerte ! », soit « Vive la mort ! ». Donner sa vie pour une cause que l’on pense juste n’est pas le souci. Après tout, les révolutionnaires français de 1789 disaient bien « La liberté ou la mort », preuve qu’il n’y avait pour eux que deux chemins possibles, soit l’impérieux aboutissement de leur combat, soit le néant. Mais « Vive la mort »… Voilà qui n’a rien à voir. Jamais des assassins n’ont trouvé meilleur slogan. Il y a là une célébration de la mort pour elle-même, non pas au nom d’une cause, mais en tant que cause. Soit une passion de la destruction aveugle. Celle des autres, qui plus est, à savoir des adversaires des franquistes : les républicains. Eux clamèrent pour leur part «  Ay, Carmela !  », chant de résistance absolu, également connu sous le nom d’ El paso del Ebro, d’ El Ejercito del Ebro, ou encore de Viva la Quinta Brigada, dans la version adaptée par les volontaires des Brigades internationales.

«Une bonne raclée aux envahisseurs »

À chaque fois, la mélodie est la même, reprise d’une chanson populaire composée en 1808 pendant la guerre d’indépendance espagnole face aux troupes napoléoniennes. Elle fut très largement diffusée au moment de la bataille de l’Èbre, la plus grande offensive républicaine jamais lancée, le 25 juillet 1938. L’objectif : briser l’étau franquiste qui a séparé en deux le territoire républicain. Mais aussi montrer au monde que la guerre n’est nullement perdue, dans l’attente d’une jonction avec d’autres armées internationales, le chef du gouvernement, Juan Negrin, restant persuadé qu’une « guerre mondiale » contre le fascisme est sur le point d’éclater. En deux jours, les « rouges » reprennent 600 kilomètres carrés. Personne, alors, ne pensait la République espagnole capable d’une telle contre-attaque. Près de 100 000 combattants s’opposent des deux côtés pendant cent treize jours particulièrement meurtriers.

Que raconte la chanson ? « L’armée de l’Èbre une nuit passa le fleuve/Ay Carmela !/Et aux troupes d’envahisseurs, elle donna une bonne raclée/La fureur des traîtres abat ses avions sur nous/Mais les bombes ne peuvent rien, là où il y a plus de cœur qu’il n’en faut/À ces contre-­attaques enragées, nous devrons résister/Comme nous avons combattu, nous promettons de résister. » Tout au long de la chanson revient le « Ay, Carmela ! », qui prend à témoin une femme, voire l’allégorie de l’Espagne, et lui assure une détermination sans faille, malgré un « Ay ! » qui peut renvoyer à une douleur et une peine. La version en hommage aux Brigades internationales s’adresse, elle, à « Manuela » : « Nous luttons contre les Maures (les troupes marocaines de Franco – NDLR), les mercenaires et les fascistes/Notre seul désir est d’en finir avec le fascisme/Sur le front de Jarama, nous n’avons ni avions, ni tanks, ni canons/Et nous sortons d’Espagne, pour nous battre sur d’autres fronts, Ay Manuela ! »

Prélude à la seconde guerre mondiale

Mais les républicains, malgré leur héroïsme, vont perdre la bataille de l’Èbre et la guerre d’Espagne. La chanson devient un symbole de la lutte acharnée contre le franquisme et s’impose dans les familles d’exilés républicains. Elle sera chantée en France, notamment par Francesca Solleville en 1972, mais aussi par Leny Escudero en 1997. Puis par les membres du groupe Zebda et du collectif Motivés !, tout en étant reprise par plusieurs groupes anglo-saxons. Elle évoque aujourd’hui le destin des soldats républicains, pour beaucoup anarchistes, communistes et socialistes, en plus des volontaires du monde entier partis combattre pour un idéal, celui de la République espagnole, et contre un coup d’État franquiste très vite soutenu par les fascistes de Mussolini et les nazis d’Hitler. À coup sûr, l’avenir du monde, entre 1936 et 1939, se jouait en Espagne, dont la guerre civile fut un véritable prélude au conflit international qui suivit. « Ay, Carmela ! », trop nombreux sont ceux qui n’ont pas voulu le voir. Quant aux républicains espagnols, vaincus chez eux, ils ne furent pas les derniers à poursuivre la lutte, participant à la libération de Paris en 1944, avec la Nueve, et à la prise du nid d’aigle d’Hitler, en 1945. Preuve que ceux qui chantèrent Ay, Carmela ! sur les rives de l’Èbre avaient suffisamment de cœur pour tout un continent, à défaut que celui-ci en ait pour eux.

Aucun sujet de côté !

Penser rend libre : épreuve écrite d’espagnol de spécialité 2023, aucun sujet de côté !

Je me présente : M. Jean-François GRIVAUX, professeur agrégé d’espagnol depuis 2013 et en poste fixe au lycée Jean Moulin de Torcy (77200) depuis 2014.

Je souhaitais ici vous faire part d’une très vive inquiétude, partagée par de nombreux collègues de la communauté enseignante d’espagnol cosignataires de ce courrier, suite à la lecture des « recommandations » suivantes, émises dans la note officielle aux concepteurs de corpus pour l’épreuve écrite de LLCER espagnol 2023 et transmises le 9 juin 2022 par l’inspection d’espagnol de l’académie de Paris :

« Recommandations :

Les documents pouvant heurter la sensibilité des candidats (disparitions d’enfants, enlèvement, torture, viol, attentats) mais aussi les sujets d’actualité trop polémiques et récents (nationalisme et régionalisme en Espagne, la violence d’état en Amérique Latine) doivent être évités.

Attention : des extraits des ouvrages au programme peuvent être considérés comme polémiques pour un sujet national. Cela signifie que que votre corpus ne sera pas choisi pour être travaillé car aucun recteur ou rectrice ne prendra le risque de le signer.

Ainsi, nous éviterons, dans la mesure du possible :

Les textes faisant référence à la Guerre Civile espagnole, à la dictature franquiste ou aux dictatures latino-américaines afin de proposer une réflexion ouverte sur des objets d’études plus divers et sur des enjeux plus contemporains.
Les textes également présents dans les manuels scolaires. »

Jamais, de toute ma carrière d’enseignant, je n’aurais pu imaginer être amené à lire des attentes d’une telle teneur, et encore moins les savoir transmises par l’inspection d’espagnol. J’ai cru littéralement tomber de ma chaise au moment d’en prendre connaissance.

Depuis ma prise de poste, au-delà des compétences linguistiques et des objectifs culturels travaillés avec mes lycéens, je n’ai jamais perdu de vue l’importance capitale d’aiguiser leur esprit critique. L’intérêt est bien de pouvoir les amener à réfléchir précisément sur ce qui fait problème dans le monde hispanique (socialement, historiquement), de pratiquer un débat contradictoire fécond autour de sujets d’actualité ou de thèmes historiques parfois complexes et délicats, en prenant soin d’écarter le risque de réappropriation(s) politique(s) ou d’instrumentalisation, notamment médiatique, des discours.

La confrontation respectueuse des idées et la sensibilisation des élèves à la pluralité des perspectives, en classe comme lors des épreuves, sont le meilleur moyen de former des citoyens éclairés et instruits, désireux de protéger les valeurs démocratiques qui nous animent. Enfin, la pensée critique qui émerge du débat est plus souvent encline à soulever des interrogations qu’à imposer des jugements péremptoires, ce qui est d’autant plus précieux. Telle est, selon moi, l’essence de notre devoir républicain et le sens même notre pratique professionnelle qui ne devrait rien discriminer des sujets qu’elle aborde (bien que certaines précautions méritent évidemment d’être prises).

Or l’histoire, contemporaine comme passée, est à mon sens notre meilleur matériau de travail, le vivier et la matrice de tout ce qui a traversé et continue de secouer nos sociétés, parfois certes sans ménagement. Prétendre ainsi l’écarter en partie ou en faire abstraction, même seulement à l’occasion d’une épreuve, c’est à mes yeux faire le choix d’un évitement périlleux -et moyennement responsable- dans un monde qui, lui, n’attend pas pour se radicaliser dangereusement et venir porter régulièrement atteinte à la démocratie. Face à des polarisations toujours plus vives et déjà particulièrement patentes en milieu scolaire, nous avons grand besoin de force de volonté, de détermination, de fermeté et non de pusillanimité. Nous avons été formés à l’école de la pensée libre, alors défendons-la.

Les soubresauts de l’Histoire sont indissociables de notre mémoire collective. Difficile dans ce cas de ne pas pouvoir librement aborder la question de la violence d’État en Amérique latine, ou encore de devoir éviter de proposer un sujet sur la guerre civile espagnole, alors que les enseignants abordent bien souvent Guernica avec leurs élèves dès le collège…Que recherche-t-on exactement par là ? À lisser la moindre aspérité, à déserter la réflexion historique, à ignorer soigneusement un devoir de mémoire pourtant mené avec une remarquable dignité ces dernières décennies ? Combien d’auteurs actuels, d’écrivains, d’essayistes, d’historiens et plus généralement de penseurs tomberaient probablement des nues devant la lecture de pareilles « recommandations » ?

D’autant que l’enseignement de spécialité a pour vocation, entre autre, de préparer nos élèves aux attentes et aux contenus universitaires. Or peut-on raisonnablement imaginer que dès les premiers mois de L1, les facultés écartent quelque sujet que ce soit en littérature ou en civilisation ? Alors pourquoi donc nous demander de le faire lors des épreuves ? Même d’un point de vue purement et strictement disciplinaire, nous ne rendons pas service aux élèves. PRAG, maîtres de conférences ou enseignants-chercheurs : eux aussi seraient certainement abasourdis devant de telles restrictions de choix de sujets en spécialité LLCER.

Si l’Éducation nationale se raidit de peur face au moindre risque (de recours ou d’autre nature) et que l’on antépose le principe du « pas de vague » aux bienfaits émancipateurs de la réflexion critique sur des sujets complexes ou délicats, alors oui, la bataille pour la pensée libre semble perdue d’avance. Je pense cependant avoir bien compris, étant donné le caractère explicite de certains passages de la note, qu’il s’agissait, avant même de ménager la sensibilité des élèves, de protéger prioritairement monsieur le recteur face à la responsabilité engagée par la validation des sujets.

Je m’interroge alors : de quoi sera fait l’avenir ? Comptons-nous vider progressivement les programmes de leur substance « sensible », rogner notre liberté pédagogique, faire la promotion de l’amnésie collective ou encore maquiller d’opaques stratégies évoquant lointainement la censure (le terme « recommandations » ne semblant pas le plus honnête et approprié pour s’ajuster au contenu du paragraphe de cette note) ?

Ce message, entendu et soutenu par de nombreux collègues de la communauté d’enseignants d’espagnol, semble appeler une réponse : pourriez-vous clarifier les fondements de ces nouvelles directives inquiétantes ?

En mon nom et celui des cosignataires de ce courrier, nous vous remercions tous par avance de l’attention portée à notre demande.

Cordialement,

M. Jean-François GRIVAUX, professeur d’espagnol au lycée Jean Moulin de Torcy (77200)

Signer la pétition ici : https://www.change.org/p/penser-rend-libre-%C3%A9preuve-%C3%A9crite-d-espagnol-de-sp%C3%A9cialit%C3%A9-2023-aucun-sujet-de-c%C3%B4t%C3%A9?signed=true

Châteaudun : Inauguration du Jardin de La Nueve, le 3ème après Paris et Madrid

Bonsoir à toutes et à tous,

Notre amie Mar y Luz Cariño Lopez, membre de l’association Retirada 37 – fille de républicain espagnol soldat de La Nueve – a été conviée à l’inauguration d’un Jardin de La Nueve à Châteaudun le 8 mai dernier.

Mar y Luz a accepté de nous faire un compte-rendu de cette manifestation, et nous tenons à la remercier.

Châteaudun est jumelée avec un ville de la province de Séville – Marchena -, et une délégation était présente à la cérémonie.

Ci-dessous le compte-rendu réalisé par Mar y Luz, quelques photos de la cérémonie ainsi que des liens de cette journée et du travail effectué par les élèves de l’école Emile Zola de Châteaudun depuis plusieurs années.

Bonne lecture,

Le Bureau de Caminar

https://www.24-aout-1944.org/Le-8-mai-a-Chateaudun-la-Nueve-a-l

https://www.lechorepublicain.fr/chateaudun-28200/actualites/chateaudun-l-inauguration-du-jardin-des-combattants-de-la-nueve-en-images_14126831/

https://www.24-aout-1944.org/La-Nueve-au-lycee-Emile-zola-de

https://www.histogames.com/HTML/chronologie/articles/0010-la-nueve-ou-comment-la-creme-de-l-espagne-republicaine-libere-paris.php

Châteaudun (Eure et Loir) Dimanche 8 Mai 2022

Inauguration du Jardin de La Nueve,
le 3ème après Paris et Madrid

Cette inauguration s’inscrit dans le cadre des festivités du 25ème anniversaire du jumelage de Châteaudun avec la ville de Marchena (Séville).

Ce projet est dû à l’initiative d’un professeur d’espagnol qui l’a proposé au maire de la ville M Fabien Verdier.

S’il a pu se concrétiser c’est donc grâce à l’accord de la municipalité de Châteaudun mais également grâce à l’engagement et la mobilisation des enseignants d’espagnol de la ville.

Ces festivités se sont déroulées du 3 au 11 Mai avec une programmation variée tant sur le plan historique que culturel.

– Exposition sur La Retirada et les hommes de La Nueve grâce à l’Association du 24 Août 1944.

– Projection de films suivis de débats.

– Intervention d’une historienne.

– Travail artistique d’élèves autour d’un poème de Garcia Lorca.

– Groupe de reconstitution de véhicules militaires avec présentation d’un half track ayant appartenu à la 2ème DB et portant le nom de Guadalajara ( il a servi pour le tournage d’un film en Espagne).

L’inauguration du jardin a eu lieu le Dimanche 8 Mai,sous un soleil particulièrement clément,en présence des différents officiels espagnols et français,de représentants d’anciens combattants et de nombreux jeunes des écoles publiques et privées qui avaient travaillé sur ce sujet. Ces derniers sont d’ailleurs intervenus au cours de la cérémonie pour lire différents textes ou poèmes, en espagnol ou en français.

Le Jardin, aménagé par le personnel municipal, se situe dans la partie ancienne de la ville au pied d’un mur d’enceinte et offre une magnifique perspective sur le donjon du château.

En tant que fille de républicain espagnol soldat de La Nueve,j’ai été très touchée que l’on me demande de participer à cette inauguration.
J’ai vécu au cours de cette journée deux moments très émouvants.

Le premier en faisant le trajet de l’Hôtel de ville au Jardin de La Nueve dans le half track.
J’ai bien sûr pensé à tous ces combattants pour qui ce véhicule a dû être pendant longtemps peut être « leur seule maison ».A travers les noms qu’ils leurs avaient donnés, tout spécialement pour les espagnols,ils arboraient ainsi leur identité et les raisons de leurs combats.

Le second,alors qu’avec les officiels nous avons dévoilé la plaque commémorative car j’ai eu la surprise de découvrir le Guernica, le half track de mon père.
Je remercie d’ailleurs Daniel pour sa délicatesse à avoir choisi ce véhicule.

Par ce choix, cet hommage aux hommes de La Nueve avait pour moi un aspect plus intime.
Je tiens à préciser que ces professeurs d’espagnol, s’ils enseignent la langue, font beaucoup plus auprès de leurs élèves car ils les inscrivent aussi dans l’histoire et la culture de l’Espagne.

J’avais eu le plaisir de collaborer avec eux en 2019,déjà au sujet de La Nueve, et j’avais pu me rendre compte de leur engagement mais aussi de l’écoute et de la mobilisation de leurs élèves.

Encore merci à toutes et à tous pour cette journée de retrouvailles,de nouvelles rencontres et d’échanges enrichissants qui a permis à travers les hommes de La Nueve d’aborder aussi l’exil,problème qui trouve actuellement une résonance toute particulière.

Mar-y-Luz Cariño Lopez

Ligue des champions. Le président oublié du Real Madrid

Militant communiste et républicain, Antonio Ortega a dirigé le club en 1937 et 1938. Un nom que le Real, longtemps lié au franquisme, a fait disparaître de son histoire officielle.
Publié le
Mardi 6 Mars 2018
Nicolas Guillermin
L’Humanité
Club le plus titré au monde et parmi les plus riches, le Real Madrid CF incarne à lui seul la version capitaliste globalisée du football. Toujours prompte à signer de juteux partenariats avec de nouveaux sponsors ou à recruter des joueurs « galactiques » pour des montants mirobolants, la Maison blanche, un de ses nombreux surnoms, est bien plus discrète lorsqu’il s’agit d’évoquer son histoire en dehors des terrains de football.
On connaissait le passé franquiste du club merengue (meringue), incarné par Santiago Bernabeu, ancien footballeur, combattant franquiste puis président qui sut utiliser sa proximité avec le régime dictatorial de Franco pour favoriser le Real durant son règne de 1943 à 1978. On savait moins que le Real Madrid avait eu à sa tête un président communiste en 1937 et 1938 issu du Front populaire, en la personne d’Antonio Ortega Gutierrez, condamné à mort après un procès sommaire dans une prison d’Alicante et exécuté le 15 juillet 1939 à l’âge de 51 ans.
Si l’information était connue en Espagne, elle s’est peu diffusée par-delà les Pyrénées durant toutes ces années. Il a fallu que Sapiens, un magazine catalan d’histoire, fasse sa une sur le dixième président du Real Madrid « assassiné par Franco » pour que l’information resurgisse via les réseaux sociaux. Dans leur enquête, l’historien Ramon Usall et le producteur de télé Frédéric Porta s’intéressent tout particulièrement à sa disparition de l’histoire officielle du club. D’Antonio Ortega, colonel communiste devenu président martyr, pas la moindre trace ne subsiste sur le site Internet du club. Juste un grand vide entre Rafael Sanchez Guerra, qui quitta la présidence au début de la guerre d’Espagne, et Adolfo Melendez, premier président après le conflit.
​ Le Real Madrid Club de Futbol, renommé Madrid Football Club
Originaire de la petite ville de Rabé de las Calzadas, dans la province de Burgos, rien ne prédestinait Ortega, né en 1888, à accéder aux plus hautes fonctions de ce club « royal ». Issu d’une famille modeste, Ortega commence sa carrière militaire en 1906 et grimpe les échelons. Lorsque la guerre d’Espagne éclate, il est lieutenant de carabiniers à Irun, au Pays basque. Peu de temps après, il devient gouverneur civil de Guipuzcoa et conduit les troupes républicaines dans le Nord. En mai 1937, le nouveau gouvernement républicain de Juan Negrin appelle ce militant communiste à Madrid, où il est nommé directeur général de la sécurité.
À cette époque, le Real Madrid Club de Futbol, renommé Madrid Football Club depuis 1931, date de la dissolution de la monarchie et de l’avènement de la Seconde République, a entamé sa mue. La couronne, symbolisant le titre royal accordé par Alphonse XIII en 1920, a disparu du blason et a été remplacée par une « bande de lilas » dont la couleur violette est une référence au drapeau républicain. En août 1936, quelques semaines après l’insurrection militaire, le club est saisi par le Front populaire, et la Fédération du sport ouvrier, représentée par Juan José Vallejo, prend la tête du conseil d’administration. C’est en sa qualité de directeur général de la sécurité qu’Ortega est désigné, peu après, comme président de transition afin de superviser le processus électoral qui doit mener Vallejo à la présidence.
Rapidement Ortega se prend au jeu. Dans une interview accordée au supplément de ABC, Blanc et Noir, le 15 novembre 1938, il dévoile sa vision du futur pour ce sport, loin du mercantilisme et centrée sur la formation : « Le football ne ressemblera en rien à celui qui était pratiqué avant le 18 juillet. Je veux parler de son organisation, bien sûr. Les joueurs ne seront plus échangés comme des jetons, ni les as, ni les jeunes. » Pour le club, Ortega voit grand avec la construction d’un nouveau stade : « Madrid doit obtenir le meilleur terrain de sport en Espagne, le stade le plus important. » Une idée qui sera ensuite reprise à son compte par Bernabeu avec l’inauguration d’une nouvelle enceinte en 1947 qui prendra le nom d’Estadio Santiago Bernabeu en 1955. C’est également durant cette période que le conseil d’administration entérina le principe d’« un socio, une voix » lors des élections à la présidence du club. Mécanisme toujours en vigueur.
Alors comment expliquer l’absence de Vallejo et d’Ortega dans les annales du club ? La direction du club s’est toujours retranchée derrière les mêmes arguments selon lesquels « pendant la guerre civile, le football était paralysé » (le club n’a disputé aucune compétition entre 1936 et 1939) et que ces deux présidents n’ont pas été élus. Durant l’ère Bernabeu, la direction « madridiste » ira même jusqu’à dire que le violet est la couleur de la Castille et, au fil des années, le ton changera jusqu’à devenir bleu aujourd’hui.
Avec le temps, ce déni n’a guère évolué. Comme Sapiens le rappelle, en 2002 déjà, l’historien du football espagnol Bernardo Salazar déplorait dans le quotidien sportif AS que « dans le livre officiel du centenaire pas un mot n’est écrit sur la saisie du club par la Fédération du sport ouvrier ou la nomination d’Antonio Ortega comme président du Madrid FC ». Durant leur enquête, les deux auteurs n’ont jamais pu consulter les archives du club, trouvant porte close malgré leurs demandes répétées. Le Centre du patrimoine historique du Real Madrid « ne peut être visité, n’est pas ouvert au public », leur a-t-on expliqué. Finalement, c’est le journaliste et écrivain de livres historiques Julian Garcia Candau qui dans Sapiens résume le mieux la vraie raison pour laquelle le Real Madrid a toujours refusé de reconnaître Ortega : « Parce qu’il est communiste, tout simplement. »
C’est avec le salut républicain que le Real Madrid se présente avant les matchs dans les années de la Seconde République avant la guerre civile. Avec l’État républicain et l’acquisition par le Front populaire, le club a été contraint de se débarrasser de son passé monarchique et a été rebaptisé Madrid CF. Bien que sous le régime franquiste, le Real Madrid en soit venu à être considéré comme l’équipe du Régime, il faut dire par curiosité que de cette époque républicaine, le Real Madrid conserve la bande violette de son bouclier.

Sur l’émigration économique espagnole dans les années 60

Documentaire Notes sur l’émigration – Espagne 1960
réalisé par l’Espagnol Jacinto Esteva Grewe et l’Italien Paolo Brunatto

Traduction par Luis d’un extrait de l’article du journal Nuevatribuna.es
https://www.nuevatribuna.es/articulo/cultura—ocio/memoria-documental-emigracion-espanola-prohibido-franquismo/20220507194125198332.html

Un documentaire sur l’émigration espagnole interdit par le franquisme

Santiago Alba signale qu’un pays sans mémoire est un pays soumis au gré du vent, et dans lequel tout peut arriver. Et notre Espagne, ou plus précisément nous les Espagnols oublions beaucoup.

Je vais essayer de rafraîchir notre mémoire, avec un évènement ponctuel d’il y a 60 ans. Il s’agit des vicissitudes dont a souffert un documentaire intitulé « Notes sur l’immigration. Espagne 1960 » (en français dans le texte), réalisé par Jacinto Esteva Grewe et l’Italien Paolo Brunatto, deux étudiants de l’Ecole d’Architecture de l’Université de Genève en Suisse. Ils étaient curieux de rechercher les causes de l’émigration espagnole vers l’étranger, avec l’objectif de faciliter leur insertion dans la société helvétique. Esteva demanda à son ami Juan Goytisolo dans quels endroits il pourrait tourner en Espagne pour connaître la situation socio-économique. Celui-ci lui prêta un exemplaire de « Campos de Nijar » et son son roman « La Resaca » se déroulant dans les bidonvilles et les quartiers miséreux de Barcelone. Et prenant beaucoup de risques avec une caméra 16 mm ils tournèrent un documentaire d’une vingtaine de minutes dans les quartiers d’Almeria, La Chanca, la Torrassa ; et dans les bidonvilles du quartier de Barcelone, que nous pouvons voir sur Youtube, Notes sur l’émigration – Espagne 1960 – La col-leccio del 2CR.
C’est un documentaire d’une technique rudimentaire, très expressif, dans lequel est dénoncée la situation socio-économique dans les villes espagnoles, où affluait une avalanche incontrôlable d’émigrés d’autres régions espagnoles. Il commence par une interview de quelques émigrants espagnols dans la gare de Genève, qui expliquent leurs difficultés d’adaptation en Suisse à cause de la langue et de l’hébergement. ; et à la question « pourquoi vous quittez l’Espagne ? La réponse est tranchante : la faim. Ensuite on voit la pauvreté et la misère de l’Espagne d’alors : des rues non goudronnées pleine de boue, sans électricité et sans eau courante, sans services sanitaires et services éducatifs ; des enfants faméliques se promenant nus, le ventre gonflé. Apparaît une corrida avec d’abondantes effusions de sang sur un taureau avant de mourir et une des tribunes pleine de gardes civils. La scène finale est très touchante et émouvante ; le départ du père sur le quai de la gare en présence de sa femme et plusieurs enfants en bas âge. Ces scènes de la vie courante semblent pour les Espagnols relever de la préhistoire ou du Tiers Monde.
L’objectif de ce documentaire courageux, engagé et imprégné de solidarité sociale envers ceux qui souffrent le plus, est de faire connaître et de dénoncer les très grandes difficultés d’adaptation des émigrants espagnols et de mettre en relief les carences dans les années 60 dans l’Espagne franquiste, qui sans ces devises n’auraient pu connaître le développement économique des années 1960/70…..
​ Un documental sobre la emigración española prohibido por el franquismo

CÁNDIDO MARQUESÁN MILLÁN
8 DE MAYO DE 2022, 9:18
Santiago Alba Rico señala que un país sin memoria es un país a merced del viento, en el que puede ocurrir cualquier cosa. Y esta España nuestra, o mejor, los españoles somos muy olvidadizos

Voy a tratar de refrescar nuestra memoria, con un hecho puntual ocurrido, hace unos 60 años. Se trata de las vicisitudes sufridas por un documental titulado “Notes sur l’émigration. Espagne 1960”, realizado por el español Jacinto Esteva Grewe y el italiano Paolo Brunatto, dos estudiantes de la Escuela de Arquitectura de la Universidad de Ginebra en Suiza. Estaban interesados en descubrir las causas de la emigración española hacia el extranjero, con el objetivo de facilitar su inserción en la sociedad helvética.
Esteva le preguntó a su amigo Juan Goytisolo en qué lugares podían rodar en España para conocer la situación socio-económica. Este le prestó un ejemplar de Campos de Níjar y su novela La resaca ambientada en las chabolas y barrios míseros de Barcelona. Y asumiendo muchos riesgos, Esteva y Brunatto con una cámara de 16 milímetros rodaron un documental de unos 19 minutos de duración en los barrios de Almería, La Chanca, La Torrassa; y en la aglomeración de chabolas del barrio de la Barceloneta, que hoy podemos visionar en YouTube, Notes sur l’émigration – Espagne 1960 – La col·lecció del 2CR.

 Es un documental técnicamente rudimentario, muy expresivo, y que denuncia la situación socioeconómica en las ciudades españolas, a donde acudían una avalancha descontrolada de emigrantes de otras regiones españolas. Se inicia con una entrevista a unos emigrantes españoles en la estación ferroviaria de Ginebra, los cuales muestran sus dificultades de adaptación en Suiza por el idioma y para el alojamiento; y a la pregunta. ¿por qué salen de España? La respuesta es contundente, el hambre. Luego se refleja la pobreza y la miseria de la España de entonces: calles sin asfaltar llenas de fango, casas sin luz ni agua corriente, sin servicios sanitarios y educativos; niños desnudos y famélicos con el vientre hinchado. Aparece una corrida de toros con un abundante derramamiento de sangre del toro antes de morir, y con uno de los palcos lleno de miembros de la Benemérita. La escena final es muy emotiva y conmovedora: la despedida al padre en el andén por parte de la esposa con varios hijos pequeños. Estas escenas a muchos españoles les parecen prehistóricas o del Tercer Mundo.
El objetivo de este documental valiente, comprometido e impregnado de solidaridad social con los que lo están pasado peor, es el dar a conocer y denunciar las extraordinarias dificultades de adaptación de los emigrantes españoles y reflejar la penuria de los años 60 en la España franquista, sin cuyas divisas no se hubiera llevado a cabo el desarrollo de la economía en los años 60 y 70.

Vendredi 23 février à 20 h Concert Serge UTGE-ROYO

No Pasaran !

Centre Culturel Communal

Saint-Pierre-des-Corps Vendredi 23 février 2018 à 20h

Concert – SERGE UTGE-ROYO

 

 

Spectacle renouvelé à l’occasion de l’anniversaire : 1936-2016, dans lequel Serge Utgé-Royo, fils d’exilés catalan-castillan, revient aux sources et rassemble ses propres chansons portant la mémoire et les espoirs des siens, ainsi que des chants de la guerre d’Espagne et des poèmes (Hernandez, Celaya, Jara… des chansons de Llach, Ibañez…)

En première partie Véro LP chante Golondrina, la parole des poètes et l’effervescence d’un monde où la rue est le décor du grand théâtre de la vie, à travers un répertoire de chansons populaires d’Espagne et d’Amérique Latine : des tangos argentins aux coplas espagnoles.

Serge Utgé-Royo est compositeur- interprète, comédien, et traducteur. A son actif, plus de 200 chansons, une quinzaine d’albums, de nombreuses aventures discographiques collectives, avec, entre autres, Moustaki, Higelin, Théodorakis, Lluis Llach… Plusieurs recueils de poèmes ont été publiés, ainsi qu’un roman historique, un conte, des nouvelles… 

Adios a Federico par la compagnie DIOTIMA de Jose Manuel Cano Lopez

La première de Adios a Federico a été présentée, devant une salle comble, au théâtre du Plessis à La Riche en Indre-et-Loire ce 28 avril 2022. Le grand-père de Jose Manuel fut compagnon de classe du jeune Federico à Fuente Vaqueros, petit village de la province de Grenade. Cette proximité sensible traverse chacun des propos de notre Andalou tourangeau, racontant les derniers moments de la vie de Federico à travers les textes du poète et dramaturge mais aussi dans les écrits de José, par les témoignages recueillis, retraçant avec minutie et fidélité ce qui tisse la trame de cette histoire, après deux années de recherches. Dans une sobre mise en scène, dans des décors minimalistes, à travers des éclairages écrasants et des musiques lancinantes, les comédiens nous font partager cette noirceur et cette atmosphère des ultimes instants du poète. Seule la jeune danseuse flamenca, qui ponctue le texte, avec le « taconeo » et « las palmas » donne une note d’espoir, de fraîcheur et de vie à cette tonalité angoissante du noir ambiant. Noirs sont les costumes stricts, noirs sont les éclairages sous des halos blanchâtres, noire est la musique anxiogène, noire est la dramatique qui nous transporte dans cet ultime voyage jusqu’au 19 juillet 1936. Cette création théâtrale préparée de longue date et diffusée quelques jours après un deuxième tour des présidentielles ne peut que nous alerter sur la dangerosité de toutes ces tenants de l’extrême droite, qui assassinent la culture, qui suppriment les poètes que ce soit Federico en les fusillant, Miguel Hernandez en l’emprisonnant à vie, ou Antonio Machado qui ne résista pas à l’exil en s’éteignant à Collioure quelques jours après avoir traversé la frontière. En tenue de camouflage, chacun de ces prédateurs, pour mieux faire passer la pilule, prend soin de soigner son image avec une feinte empathie, en caressant des chiens comme Hitler, dans des postures affectueuses avec ses petits enfants comme Franco ou en s’exposant avec des chats comme une autre personnalité plus locale, mais toujours avec cette obsession de proscrire la création culturelle au nom d’un nationalisme étroit.
Adios a Federico comme La résistible ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht nous rappellent que le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde.
Retirada37 l’association tourangelle qui milite pour faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains Espagnols exilés est fière d’être partenaire de cette création théâtrale et remercie José et sa troupe pour cette émouvante prestation. A voir et à revoir !
Informations et réservations
02 47 38 29 29
ou
info@ciecanolopez.fr

ADIOS A FEDERICO

Après neuf créations théâtrales consacrées à l’œuvre de Federico Garcia Lorca d’une richesse et d’une force infinies, José Manuel Cano Lopezcompose un dernier parcours théâtral dans les multiples matériaux littéraires, musicaux et plastiques de son compagnon de route de Granada.

Une soirée pour essayer d’oublier la dernière nuit de Federico sous les étoiles tremblantes des collines arides de Viznar en ce 19 août 1936.

Ses personnages, ses paysages, ses rêves et ses peurs rôdent parmi les oliviers et les chênes lièges et sur le plateau du Plessis : Bernarda Alba, le Metteur en scène, Yerma, le Poète à New York, la Comédienne, Don Perlimplin, Marcolfe, Bélise, Antonito el Camborio, Buster keaton…

« La réalité commence, car l’auteur ne veut pas voir assis au théâtre, mais au milieu de la rue. Pour lui, plus de poésie, plus de rythmes, plus de littérature.
L’odeur des lys m’est agréable, mais je préfère l’odeur de la mer. Je pourrais dire que l’odeur de la mer s’exhale des seins des sirènes : cela lui est égal à la mer ; elle n’entend pas. Elle frappe sans cesse au rivage dans l’attente de nouveaux noyés.

C’est ce qui compte pour l’homme.

Mais comment apporter l’odeur de la mer dans une salle de théâtre,
comment inonder d’étoiles les fauteuils d’orchestre? »

L’ultime étape d’un parcours passionné, engagé il y près de 50 ans, par José Manuel Cano Lopez avec son maître et compagnon de route Federico Garcia Lorca.
Le dernier mois de vie de Federico dans une Espagne qui s’embrase se joue sur un « tablao » du cœur.

Un ultime et vibrant hommage au poète, peintre, musicien et dramaturge andalou pour essayer d’ « apporter l’odeur de la mer dans la salle de théâtre et d’inonder l’orchestre d’étoiles »…

Les étoiles tremblantes de Viznar près de la Fontaine des Larmes en cette nuit du 19 août 1936, nuit de l’assassinat du poète…
Le metteur en scène tourangeau-andalou invite ses amies et amis artistes de tous les horizons à s’emparer d’un univers inoubliable…

Textes : Federico Garcia Lorca

Conception et mise en scène : José Manuel Cano Lopez

Costumes et scénographie : Camille Lebègue

Musique, création sonore : Clément Cano Lopez, Rubin Steiner

Lumière : Clément Cano Lopez

Chorégraphie : Léa Carlosema

Distribution : Reine Bernard, José Manuel Cano Lopez, Françoise Cano Lopez, Léa Carlosema, Jean-Pierre Guitton, Jean-Louis Maitre, Alain Papillon, Matilde Thomas

Production : Compagnie Diotima avec l’aide du Plessis, commun culturel et humaniste et de la Retirada37 .

Jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 avril

19h RESTAURATION
Produits locaux et en circuits courts

20h REPRÉSENTATION THÉÂTRALE – « ADIOS A FEDERICO » D’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca, création originale de la COMPAGNIE DIOTIMA

TARIF MINIMAS : 8 euros

TARIF PARTAGÉ : 12 euros

TARIF SOLIDAIRE : 14 euros

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS : 02.47.38.29.29 ou info@plessis-tierslieu.fr

Le curé-bourreau d’Ocaña

Le curé-bourreau d’Ocaña

Le père Rodriguez était l’aumônier du centre pénitentiaire d’Ocaña, province de Tolède. Un village dans lequel on compta entre 1939 et 1959, 1300 victimes de la répression franquiste.

Texte de nuevarevolucion.es du 19 novembre 2020 de Maria Torres, Mémoire antifasciste.
Traduit par Luis

« Quand j’ai été dans le centre pénitentiaire d’ Ocaña on nous sortait dans la cour tous les jours pour assister à la messe. Tu sais ce que nous disait le père Rodriguez ? Un curé qui fut ensuite nommé à Tolède, un curé qui portait un gros pistolet et qui se devinait sous sa soutane. Il nous disait : vous les rouges vous savez ce à quoi vous avez droit ? Depuis la terre jusqu’au ciel vous n’avez droit à rien ! De la terre que vous foulez jusqu’en bas vous avez droit à quelques centimètres, de quoi vous enterrer. Ensuite, quand il fallait fusiller un peloton, ce curé te confessait la nuit précédente, le matin il assistait à l’exécution et se chargeait du coup de grâce…comment trouves-tu l’énergumène ? Tu parles d’un curé ! » (témoignage de Victorino F dans « Les conditions de vie dans la région de la Mancha Tolédane pendant la guerre civile et l’après-guerre » ouvrage de Isidro Cruz Villegas et Maria Dolores Cruz Villegas)
Le père Rodriguez était l’aumônier du centre pénitentiaire d’Ocaña (Tolède) un village où l’on compta entre 1939 et 1959 1300 victimes de la répression franquiste. A ce messager de Dieu sur la Terre le surnom de « bourreau d’Ocaña » lui fut donné ainsi que celui de « curé assassin ». Entre le réconfort spirituel et les confessions , il participait aux tortures des prisonniers et se chargeait du coup de grâce aux fusillés.
« Nous savions tous qu’il était le curé. Il participait aux tortures et après il prenait plaisir à prendre son pistolet et à donner le dernier coup de feu. Mais on savait peu de choses sur lui. Il ne se laissait pas voir dans le village et un beau jour il disparut de la prison. Je ne me souviens même plus de son nom. » (Teofilo Fernandez)
A part la mémoire orale de ceux qui survécurent pour le raconter, l’unique témoignage est dans ce poème écrit par Miguel Hernandez et ses compagnons prisonniers qui apprenaient à lire et à écrire avec lui dans les cours clandestins qu’il donnait dans la prison.

Le curé-bourreau d’Ocaña
Très tôt, et encore de nuit,
avant le son du clairon,
Tel un funeste présage
la noire soutane traversa la cour.
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!

Il arriva dans le couloir des cellules,
quand on perçut ses pas
et des serrures s’échappèrent
des cris aigus de frayeur
Courage, mes fils !
Telle est la volonté de Dieu !
Lâche et cynique à la fois
à l’abri derrière les gardes civils
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!

Les gardes civils nerveux
leur ligotèrent les mains dans le dos
pour éviter ces regards
acérés et incendiaires.

Sur le chemin de Yepes ils avancent,
Géants d’un peuple héroïque
Sur le chemin de Yepes ils avancent.
Faisant don de leur vie à l’Espagne
une chanson au bout de leurs lèvres
qui embrassent la Patrie.

Le curé marche derrière
souillant le matin de sa présence
Dix sept coups de feu
Déchirèrent l’aurore
et autant de coups de poignards dans nos poitrines
Les oiseaux des alentours
qui lissaient leur plumage,
se terrèrent dans les nids
puis cessèrent leurs aubades
La Lune spectatrice se cachait
Pour détourner son regard
du livre, de la croix
du pistolet déjà déchargé.
Plus noire, bien plus que la nuit
Moins noire que son âme
Le curé-bourreau d’Ocaña!
Poème traduit par Pierre et Luis

El cura verdugo de Ocaña

EL PADRE RODRÍGUEZ ERA EL CAPELLÁN DEL PENAL DE OCAÑA EN TOLEDO. UN PUEBLO EN EL QUE SE REGISTRARON ENTRE 1939 Y 1959, MIL TRESCIENTAS VÍCTIMAS DE LA REPRESIÓN FRANQUISTA.
Nuenarevolucion.es   19/11/2020 Opinión Artículos, María Torres, Memoria Antifascista,   Por María Torres

“Cuando estuve en el penal de Ocaña nos sacaban al patio todos los días para oír misa. ¿Sabes lo que nos decía el padre Rodríguez? Un cura que luego estuvo en Toledo, un cura que llevaba un pistolón debajo de la sotana y que se le notaba el bulto. Nos decía: vosotros rojos, ¿sabéis a lo que tenéis derecho? ¡De la tierra que pisáis hacia el cielo no tenéis derecho a nada! ¡De la tierra que pisáis hacia abajo tenéis derecho a unos centímetros donde enterraros!.

Luego este cura Rodríguez cuando tocaba fusilar a una saca, la noche antes te confesaba y por la mañana iba al fusilamiento y se encargaba de dar el tiro de gracia… ¿Qué te parece el pájaro? ¡Eso el cura!”. (Victorino F. en “Las condiciones de vida en la comarca de La Mancha toledana durante la Guerra Civil y Postguerra” de Isidro Cruz Villegas y Mª Dolores Cruz Villegas)
El padre Rodríguez era el capellán del Penal de Ocaña en Toledo. Un pueblo en el que se registraron entre 1939 y 1959, mil trescientas víctimas de la represión franquista.  A este mensajero de Dios en la Tierra le pusieron el apelativo de «el verdugo de Ocaña» y el «cura asesino». Entre consuelo espiritual y

confesiones,  participaba en las palizas a los presos y se encargaba de dar el tiro de gracia a los fusilados. Cuentan que a veces, los remataba a martillazos.

“Todos sabíamos que era el cura. Participaba en las palizas y después gustaba de coger su pistola y dar el último disparo. Pero poco sabíamos de él. No se dejaba ver por el pueblo y un buen día desapareció de la prisión. Ni siquiera recuerdo su nombre”. (Teófilo Fernández)
Aparte de la memoria oral de los que vivieron para contarlo, el único testimonio de los crímenes de este siniestro personaje, es el que recoge un poema escrito por Miguel Hernández y los presos a los que éste enseñaba a leer y a escribir e impartía clandestinamente clases de poesía en el penal de Ocaña.  

El cura verdugo de Ocaña
Muy de mañana, aún de noche,
Antes de tocar diana,
Como presagio funesto
Cruzó el patio la sotana.
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Llegó al pabellón de celdas,
Allí oímos sus pisadas
Y los cerrojos lanzaron
Agudos gritos de alarma.
¡Valor, hijos míos,
que así Dios lo manda!
Cobarde y cínico al tiempo
Tras los civiles se guarda,
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Los civiles temblorosos
Les ataron por la espalda
Para no ver aquellos ojos
Que mordían, que abrasaban.
 
Camino de Yepes van,
Gigantes de un pueblo heroico,
Camino de Yepes van.
Su vida ofrendan a España,
Una canción en los labios
Con la que besan la Patria.
 
El cura marcha detrás,
Ensuciando la mañana.
¡Más negro, más, que la noche
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!
 
Diecisiete disparos
Taladraron la mañana
Y fueron en nuestros pechos
Otras tantas puñaladas.
 
Los pájaros lugareños
Que sus plumas alisaban,
Se escondieron en los nidos
Suspendiendo su alborada.
 
La Luna lo veía y se tapaba
Por no fijar su mirada
En el libro, en la cruz
Y en la star ya descargada.
 
¡Más negro que la noche.
Menos negro que su alma
El cura verdugo de Ocaña!