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Ce révisionnisme qui veut blanchir le génocide du dictateur Francisco Franco

À la suite de la parution dans Le Figaro Histoire d’un entretien avec Pio Moa, auteur des Mythes de la Guerre d’Espagne, Emilio Silva Barrera, Président de l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique en Espagne (ARMH), nous a adressé le texte suivant.

Pendant de nombreuses années après le retour de la démocratie, il n’y a pas eu de débat dans la société espagnole sur les conséquences des violations des droits humains par la dictature. Les élites du franquisme, qui le sont restées sous la démocratie, ont gagné leur impunité grâce à une Loi d’amnistie, et elles ont établi un nouveau modèle de démocratie dans lequel les institutions de l’État sont devenues des fabriques d’ignorance pour occulter ce passé.

Pendant les vingt-cinq années qui ont suivi la mort du dictateur, le Parlement espagnol n’a pas débattu des crimes du franquisme. Les manuels scolaires occultaient l’histoire de la dure répression de la dictature. Et tout ce silence négationniste a fait survivre dans l’imaginaire collectif le récit franquiste, qui justifiait la nécessité qu’un général fasciste fasse un coup d’État et attaque violemment le pouvoir avec l’aide des armées de Hitler et Mussolini.

Pendant la transition, on a appelé « réconciliation » le fait d’occulter le passé, de laisser les fascistes normaliser leur présence dans la vie démocratique et de laisser les victimes sans justice ni réparation.

Le passé semblait clos et résolu, sans dettes en suspens. Mais en 2000, dans un fossé du village de Priaranza del Bierzo, un groupe d’archéologues et de médecins légistes a commencé à exhumer les corps de treize civils républicains assassinés par des fascistes le 16 octobre 1936. C’est à ce moment que sont nés l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique et un mouvement social qui a commencé à dénoncer les crimes de la dictature. Ce fut une petite fissure dans un gigantesque mur d’impunité.
N’importe quel assassinat, attentat terroriste ou délit violent commis pour des motifs politiques contre la République depuis son premier jour d’existence était déclaré légal.

C’est ainsi que s’est mis en marche un mouvement citoyen pour rechercher les disparus de la répression franquiste. Les images des fosses communes ont commencé à circuler dans les médias, des personnes qui ne connaissaient pas ces faits se sont indignées en en prenant connaissance et d’autres, qui les avaient vécus mais qui, par peur, s’étaient tues, ont commencé à en parler.

Face à cette preuve physique, scientifique de la répression, les mouvements de la droite espagnole liés au franquisme avaient besoin d’apporter une réponse, parce que le récit monolithique imposé pendant la transition se fissurait. Et comme ils ne pouvaient attaquer ni les enfants, ni les petits-enfants de ces républicains assassinés, enterrés loin de cimetières et avec des impacts de balle dans les os, ils ont décidé de reconstruire le récit franquiste sur le plan éditorial, médiatique et culturel.

Deux auteurs, César Vidal et Pío Moa, sont devenus les principaux défenseurs et diffuseurs de l’explication franquiste : la guerre était de la faute de la révolution des mineurs de 1934 ou de cette secrète intention du gouvernement de la République de vendre l’Espagne à Staline pour en faire une république soviétique.

Mais le fait est que le dictateur Francisco Franco a signé dans le Bulletin officiel de l’État l’explication de ce qu’il s’est passé. Il s’agit de la Loi du 23 septembre 1939 qui considérait comme non délictuelles les actions menées entre le 14 avril 1931, jour de la proclamation de la Seconde République, et le 18 juillet 1936, jour de son coup d’État. Les actes que Franco ne considérait pas comme des délits étaient : n’importe quel délit contre la Constitution, contre l’ordre public, les infractions à la Loi sur la détention d’armes et d’explosifs, les homicides, les coups et blessures, les menaces et les contraintes commises par des personnes dont il était attesté que leur idéologie coïncidait avec celle du Mouvement national. C’est-à-dire que n’importe quel assassinat, attentat terroriste ou délit violent commis pour des motifs politiques contre la République depuis son premier jour d’existence était déclaré légal.
Apartheid espagnol

L’objectif de Franco n’était pas de mettre de l’ordre mais de maintenir une structure sociale quasi médiévale, avec un taux extrêmement élevé d’analphabétisme et un modèle d’exploitation des travailleurs inhumain et très avantageux pour les grands propriétaires du pays, y compris l’Église catholique.

Le phénomène du révisionnisme a bénéficié d’énormes soutiens médiatiques, parmi lesquels la télévision publique sous le gouvernement de José María Aznar. Mais le mouvement pour la récupération de la mémoire a continué d’exhumer des fosses, a dévoilé des milliers d’assassinats, a impliqué les Nations Unies et a fait de millions d’Espagnols des témoins de ces crimes.

À la fin de la guerre, Franco a récupéré les cadavres de « ses » morts, donné réparation à leurs familles avec des bourses scolaires, des pensions spéciales, des postes de fonctionnaire à vie, une reconnaissance sociale et tout le soutien économique. Mais on n’a pas laissé les familles qui n’ont pas soutenu le coup d’État chercher leurs morts. On leur a confisqué leurs biens sous la menace des pistolets et on a créé un apartheid espagnol où les défenseurs du fascisme avaient des droits et des avantages sociaux. Tandis que les familles antifascistes n’avaient d’autre choix que de travailler au service des vainqueurs, vivre dans la misère ou émigrer, comme l’ont fait près de deux millions de personnes de familles républicaines qui ont émigré dans les années 1950 et 60.

Franco a fait disparaître au moins 114 226 civils ; il a créé 300 camps de concentration, l’un d’eux spécifiquement pour les homosexuels ; il a fait appliquer des électrochocs aux lesbiennes pour les guérir de leurs perversions ; il a volé des bébés aux prisonnières républicaines sur les théories d’un psychiatre, Antonio Vallejo Nájera, qui a mené des recherches sur la transmission d’un prétendu gène marxiste ; même lorsqu’il a acheté les premiers vaccins contre la poliomyélite, c’était seulement pour les enfants des vainqueurs

Il faut comprendre la publication en France d’ouvrages qui justifient la dictature franquiste, la nécessité de son coup d’État et qui cherchent à humaniser le fascisme comme un phénomène européen. L’extrême droite cherche un récit du passé qui ne fasse pas peur et qui explique que les vieux fascismes ont été utiles pour sauver l’Europe. L’ombre ravivée du fascisme voyage dans les pages de livres, dans des programmes électoraux et s’étend dans des villes, des médias et des Parlements.

Le révisionnisme espagnol justifie la dictature de Franco en affirmant que les autorités de la République étaient en dehors de la légalité. Mais ce qu’a réellement fait le gouvernement de la République a été de construire des milliers d’écoles pour combattre l’analphabétisme, séparer l’Église de l’État, organiser des élections démocratiques au suffrage universel masculin et féminin, avoir des gouvernements de gauche et de droite, légaliser le divorce, avoir la première femme ministre ou apporter la culture dans le dernier village du territoire espagnol pour améliorer le pays.

C’est en Espagne qu’a eu lieu la première grande victoire militaire du fascisme européen. C’est là que les armées de Franco, Hitler et Mussolini ont commencé leur route pour essayer d’entraîner le monde vers leur enfer. Certains veulent laver leur image pour ouvrir de nouvelles voies vers le fascisme. Tandis qu’il y a en Espagne 114 226 civils disparus à cause de la violence franquiste et qu’aucun responsable de ces crimes n’a jamais été jugé.

Les personnes qui ont bâti la Seconde République modernisaient le pays. L’Espagne a fait sa transition démocratique dans les années 30, au siècle dernier. Les personnes qui ont lutté contre Franco voulaient défendre cette démocratie. Les républicains espagnols qui ont fui l’Espagne de Franco ont continué leur lutte pour la démocratie sur le sol français, en faisant partie de la Résistance et des forces qui ont libéré Paris du nazisme. Leurs corps sont enterrés du nord de la Norvège jusqu’au sud de la France.

Ceux qui veulent laver l’image de Franco ont besoin de délégitimer la République. Mais cela fait des années que nous voyons leurs crimes dans des milliers d’os, de vies brisées et de civils assassinés dans des fossés. Le récit qui veut adoucir le fascisme cherche à tracer un chemin et les seuls chemins qui respectent la diversité et protègent les droits passent par le territoire de la démocratie.

Emilio Silva Barrera, petit-fils d’un civil disparu, victime de la répression fasciste en Espagne, Président de l’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique (ARMH).

Ils ne passeront pas !

Après leur avoir donné le soutien de sa division azul, le régime franquiste a recyclé des anciens nazis qui ont résidé tranquillement jusqu’à leur mort sur la Costa Brava.

Il a recyclé des dignitaires pétainistes dont le plus célèbre était Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives sous l’occupation en France.
Il a recyclé les anciens de l’O.A.S, organisation criminelle créée grâce au soutien de Franco le 11 février 1961 à Madrid.

Voilà que maintenant la France des Droits Humains, après avoir connu au cours de sa dernière campagne présidentielle la tentative de réhabilitation de Pétain par un triste personnage qui se prétendait historien qualifié, voit le groupe de presse qui l’avait promu tenter la même opération avec les auteurs du coup d’État du 18 juillet 1936.

Le 20 novembre 2002 le congrès des députés espagnol, à majorité P.P, a condamné à l’unanimité ce coup d’État.

Le parlement européen a fait de même le 17 mars 2006.

En recyclant un pseudo historien de la guerre d’Espagne, le quotidien Le Figaro prend une lourde responsabilité et donne une publicité indécente à la thèse révisionniste selon laquelle le coup d’État du 18 juillet 1936 « n’était qu’une réaction de légitime défense face au chaos» ( https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/le-figaro-accuse-de-revisionnisme-sur-franco-par-ces-politiques-et-historiens_206516.html ).

Personne en Espagne n’accorde le moindre crédit à l’auteur de ces propos qui est totalement déconsidéré dans les milieux de la recherche historique.

Pourquoi chercher à lui donner en France une audience qu’il a définitivement perdue dans son pays d’origine ?

Nous devons face à cette triste opération conserver à l’esprit le « Plus jamais ça » que nous ont légué nos amis et nos proches qui ont vécu ces périodes historiques.

Ils ne sont plus là pour témoigner et les forces de la haine et de l’exclusion y voient l’occasion, en profitant de la banalisation et de l’oubli que permet le temps passé, de renverser les digues que les démocraties ont érigées contre le fascisme et l’extrême droite.

Ils ne passeront pas !

Coordination Caminar

EXILÉS DE L’ESPOIR

L’association 24 août 1944
vous invite à l’hommage

en deux parties aux

EXILÉS DE L’ESPOIR

MERCREDI 24 AOÛT 2022

À PARTIR DE 18H

1 rue de Lobau 75004

Jardin de la Nueve (dans le jardin)

Cette année, nous voudrions dédier cet hommage à notre amie, disparue cette année sans crier gare, fille d’un combattant espagnol de la Nueve, José Cortes, blessé rue des Archives le 25 août 1944 et qui épousa l’infirmière qui lui sauva la vie. Sa fille, notre regrettée Marie José fut toujours présente à toutes les actions et interventions concernant la mémoire de son père et de ses compagnons.

Ce 24-Août- 2022 Dans le contexte actuel de repli identitaire, nous avons choisi de rappeler l’attitude des étrangers réfugiés en France :

Ceux qui fuyant le nazisme et le fascisme n’ont pas hésité à s’engager pour la Liberté. Outre des Espagnols en grand nombre, il y avait au sein de la Nueve , entre autre, un patchwork de nationalités, citons notamment:

CARRASCO Joaquin – (Brésil)

CATIZONE Guiseppe – (Italie)

CORTESI Daniel – (Italie)

MENDELSON Félix – (Allemagne)

PIRLIAN Krikor – (Arménien de Turquie),

PORESKI Wilhelm – (Allemagne)

REITER Johann – (Allemagne)

Et avec ces Espagnols, ils étaient les soldats de première ligne, les francs-tireurs de la première heure, agents de liaison, passeurs de lignes et de frontières, porteurs d’armes, de tracts, ou de messages. Ils ont été de tous les combats, dans les pires conditions ; ils ont enduré les pires souffrances pour ne pas permettre que le fascisme leur arrache leur dignité.

Puis nous filerons en cortège à la Halle des Blancs manteaux où nous attend l’exposition :

VISAGES D’EXIL 1939-2019

Chemins d’exil, photos inédites 1939, Philippe Gaussot

La sangre no es agua, photos 2019, Pierre Gonnord

Composée de deux expositions de photos :

Chemins de l’exil de Philippe Gaussot, qui a saisi sur le vif la retirada et les camps sur les plages en février 1939, mais auparavant avait aussi photographié le secours aux enfants basques et catalans en 1937.

La Sangre no es agua de Pierre Gonnord qui en 2019, à la demande du gouvernement socialiste espagnol partit à la recherche de survivants exilés ou de leurs enfants et trouva facilement son bonheur (et le nôtre de le rencontrer) l’adresse du 33 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris.

Présenter ces deux expositions s’est imposée à nous comme une évidence.

Aux foules anonymes que capte Philippe Gaussot en 1939, répondent les portraits et témoignages de Pierre Gonnord 80 ans après.

Car ce que dit Pierre Gonnord en 2019, c’est que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de 1939 a une histoire.

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille Du Temple 75004 Paris à 19h le 24 août 2022.

Vous pourrez visiter cette exposition exceptionnelle

Du 25 au 31 août 2022

De 14 à 19h. Visites guidées à 15h et à 17h tous les jours.

Aucun sujet de côté !

Penser rend libre : épreuve écrite d’espagnol de spécialité 2023, aucun sujet de côté !

Je me présente : M. Jean-François GRIVAUX, professeur agrégé d’espagnol depuis 2013 et en poste fixe au lycée Jean Moulin de Torcy (77200) depuis 2014.

Je souhaitais ici vous faire part d’une très vive inquiétude, partagée par de nombreux collègues de la communauté enseignante d’espagnol cosignataires de ce courrier, suite à la lecture des « recommandations » suivantes, émises dans la note officielle aux concepteurs de corpus pour l’épreuve écrite de LLCER espagnol 2023 et transmises le 9 juin 2022 par l’inspection d’espagnol de l’académie de Paris :

« Recommandations :

Les documents pouvant heurter la sensibilité des candidats (disparitions d’enfants, enlèvement, torture, viol, attentats) mais aussi les sujets d’actualité trop polémiques et récents (nationalisme et régionalisme en Espagne, la violence d’état en Amérique Latine) doivent être évités.

Attention : des extraits des ouvrages au programme peuvent être considérés comme polémiques pour un sujet national. Cela signifie que que votre corpus ne sera pas choisi pour être travaillé car aucun recteur ou rectrice ne prendra le risque de le signer.

Ainsi, nous éviterons, dans la mesure du possible :

Les textes faisant référence à la Guerre Civile espagnole, à la dictature franquiste ou aux dictatures latino-américaines afin de proposer une réflexion ouverte sur des objets d’études plus divers et sur des enjeux plus contemporains.
Les textes également présents dans les manuels scolaires. »

Jamais, de toute ma carrière d’enseignant, je n’aurais pu imaginer être amené à lire des attentes d’une telle teneur, et encore moins les savoir transmises par l’inspection d’espagnol. J’ai cru littéralement tomber de ma chaise au moment d’en prendre connaissance.

Depuis ma prise de poste, au-delà des compétences linguistiques et des objectifs culturels travaillés avec mes lycéens, je n’ai jamais perdu de vue l’importance capitale d’aiguiser leur esprit critique. L’intérêt est bien de pouvoir les amener à réfléchir précisément sur ce qui fait problème dans le monde hispanique (socialement, historiquement), de pratiquer un débat contradictoire fécond autour de sujets d’actualité ou de thèmes historiques parfois complexes et délicats, en prenant soin d’écarter le risque de réappropriation(s) politique(s) ou d’instrumentalisation, notamment médiatique, des discours.

La confrontation respectueuse des idées et la sensibilisation des élèves à la pluralité des perspectives, en classe comme lors des épreuves, sont le meilleur moyen de former des citoyens éclairés et instruits, désireux de protéger les valeurs démocratiques qui nous animent. Enfin, la pensée critique qui émerge du débat est plus souvent encline à soulever des interrogations qu’à imposer des jugements péremptoires, ce qui est d’autant plus précieux. Telle est, selon moi, l’essence de notre devoir républicain et le sens même notre pratique professionnelle qui ne devrait rien discriminer des sujets qu’elle aborde (bien que certaines précautions méritent évidemment d’être prises).

Or l’histoire, contemporaine comme passée, est à mon sens notre meilleur matériau de travail, le vivier et la matrice de tout ce qui a traversé et continue de secouer nos sociétés, parfois certes sans ménagement. Prétendre ainsi l’écarter en partie ou en faire abstraction, même seulement à l’occasion d’une épreuve, c’est à mes yeux faire le choix d’un évitement périlleux -et moyennement responsable- dans un monde qui, lui, n’attend pas pour se radicaliser dangereusement et venir porter régulièrement atteinte à la démocratie. Face à des polarisations toujours plus vives et déjà particulièrement patentes en milieu scolaire, nous avons grand besoin de force de volonté, de détermination, de fermeté et non de pusillanimité. Nous avons été formés à l’école de la pensée libre, alors défendons-la.

Les soubresauts de l’Histoire sont indissociables de notre mémoire collective. Difficile dans ce cas de ne pas pouvoir librement aborder la question de la violence d’État en Amérique latine, ou encore de devoir éviter de proposer un sujet sur la guerre civile espagnole, alors que les enseignants abordent bien souvent Guernica avec leurs élèves dès le collège…Que recherche-t-on exactement par là ? À lisser la moindre aspérité, à déserter la réflexion historique, à ignorer soigneusement un devoir de mémoire pourtant mené avec une remarquable dignité ces dernières décennies ? Combien d’auteurs actuels, d’écrivains, d’essayistes, d’historiens et plus généralement de penseurs tomberaient probablement des nues devant la lecture de pareilles « recommandations » ?

D’autant que l’enseignement de spécialité a pour vocation, entre autre, de préparer nos élèves aux attentes et aux contenus universitaires. Or peut-on raisonnablement imaginer que dès les premiers mois de L1, les facultés écartent quelque sujet que ce soit en littérature ou en civilisation ? Alors pourquoi donc nous demander de le faire lors des épreuves ? Même d’un point de vue purement et strictement disciplinaire, nous ne rendons pas service aux élèves. PRAG, maîtres de conférences ou enseignants-chercheurs : eux aussi seraient certainement abasourdis devant de telles restrictions de choix de sujets en spécialité LLCER.

Si l’Éducation nationale se raidit de peur face au moindre risque (de recours ou d’autre nature) et que l’on antépose le principe du « pas de vague » aux bienfaits émancipateurs de la réflexion critique sur des sujets complexes ou délicats, alors oui, la bataille pour la pensée libre semble perdue d’avance. Je pense cependant avoir bien compris, étant donné le caractère explicite de certains passages de la note, qu’il s’agissait, avant même de ménager la sensibilité des élèves, de protéger prioritairement monsieur le recteur face à la responsabilité engagée par la validation des sujets.

Je m’interroge alors : de quoi sera fait l’avenir ? Comptons-nous vider progressivement les programmes de leur substance « sensible », rogner notre liberté pédagogique, faire la promotion de l’amnésie collective ou encore maquiller d’opaques stratégies évoquant lointainement la censure (le terme « recommandations » ne semblant pas le plus honnête et approprié pour s’ajuster au contenu du paragraphe de cette note) ?

Ce message, entendu et soutenu par de nombreux collègues de la communauté d’enseignants d’espagnol, semble appeler une réponse : pourriez-vous clarifier les fondements de ces nouvelles directives inquiétantes ?

En mon nom et celui des cosignataires de ce courrier, nous vous remercions tous par avance de l’attention portée à notre demande.

Cordialement,

M. Jean-François GRIVAUX, professeur d’espagnol au lycée Jean Moulin de Torcy (77200)

Signer la pétition ici : https://www.change.org/p/penser-rend-libre-%C3%A9preuve-%C3%A9crite-d-espagnol-de-sp%C3%A9cialit%C3%A9-2023-aucun-sujet-de-c%C3%B4t%C3%A9?signed=true

« DES ANARCHISTES FACE AU FRANQUISME »

Tribulations de Félix mon père, Pelao, Victor, Talego et les autres.

– Joel Ruiz.

Après la découverte sous une pile de draps dans l’armoire familiale d’un carnet de guerre ayant appartenu à son père, l’auteur s’engage dans une grande enquête. Qui fut son père ? Qui furent ses compagnons ? Quel fut leur engagement passionné et douloureux dans la guerre d’Espagne contre le franquisme ? Comment ont-ils dû faire face au triomphe de l’arbitraire et de la terreur qui marqua le régime de Franco et l’échec de leur lutte ? Et comment témoigner aujourd’hui de cette époque majeure de l’histoire de l’Europe, moment où le totalitarisme l’a pour la première fois emporté ?En nous racontant l’extraordinaire engagement de cette génération d’hommes qui ont lutté pour la liberté, il rend plus concret ce que fut leur lutte au quotidien. Une lutte qui, nourrie du refus de tout fanatisme, s’inventa comme une forme d’anarchisme vibrante.

Anarchisme dont il est urgent de comprendre le sens, la portée et l’inspiration, loin des caricatures dont ce mouvement est encore marqué.

Châteaudun : Inauguration du Jardin de La Nueve, le 3ème après Paris et Madrid

Bonsoir à toutes et à tous,

Notre amie Mar y Luz Cariño Lopez, membre de l’association Retirada 37 – fille de républicain espagnol soldat de La Nueve – a été conviée à l’inauguration d’un Jardin de La Nueve à Châteaudun le 8 mai dernier.

Mar y Luz a accepté de nous faire un compte-rendu de cette manifestation, et nous tenons à la remercier.

Châteaudun est jumelée avec un ville de la province de Séville – Marchena -, et une délégation était présente à la cérémonie.

Ci-dessous le compte-rendu réalisé par Mar y Luz, quelques photos de la cérémonie ainsi que des liens de cette journée et du travail effectué par les élèves de l’école Emile Zola de Châteaudun depuis plusieurs années.

Bonne lecture,

Le Bureau de Caminar

https://www.24-aout-1944.org/Le-8-mai-a-Chateaudun-la-Nueve-a-l

https://www.lechorepublicain.fr/chateaudun-28200/actualites/chateaudun-l-inauguration-du-jardin-des-combattants-de-la-nueve-en-images_14126831/

https://www.24-aout-1944.org/La-Nueve-au-lycee-Emile-zola-de

https://www.histogames.com/HTML/chronologie/articles/0010-la-nueve-ou-comment-la-creme-de-l-espagne-republicaine-libere-paris.php

Châteaudun (Eure et Loir) Dimanche 8 Mai 2022

Inauguration du Jardin de La Nueve,
le 3ème après Paris et Madrid

Cette inauguration s’inscrit dans le cadre des festivités du 25ème anniversaire du jumelage de Châteaudun avec la ville de Marchena (Séville).

Ce projet est dû à l’initiative d’un professeur d’espagnol qui l’a proposé au maire de la ville M Fabien Verdier.

S’il a pu se concrétiser c’est donc grâce à l’accord de la municipalité de Châteaudun mais également grâce à l’engagement et la mobilisation des enseignants d’espagnol de la ville.

Ces festivités se sont déroulées du 3 au 11 Mai avec une programmation variée tant sur le plan historique que culturel.

– Exposition sur La Retirada et les hommes de La Nueve grâce à l’Association du 24 Août 1944.

– Projection de films suivis de débats.

– Intervention d’une historienne.

– Travail artistique d’élèves autour d’un poème de Garcia Lorca.

– Groupe de reconstitution de véhicules militaires avec présentation d’un half track ayant appartenu à la 2ème DB et portant le nom de Guadalajara ( il a servi pour le tournage d’un film en Espagne).

L’inauguration du jardin a eu lieu le Dimanche 8 Mai,sous un soleil particulièrement clément,en présence des différents officiels espagnols et français,de représentants d’anciens combattants et de nombreux jeunes des écoles publiques et privées qui avaient travaillé sur ce sujet. Ces derniers sont d’ailleurs intervenus au cours de la cérémonie pour lire différents textes ou poèmes, en espagnol ou en français.

Le Jardin, aménagé par le personnel municipal, se situe dans la partie ancienne de la ville au pied d’un mur d’enceinte et offre une magnifique perspective sur le donjon du château.

En tant que fille de républicain espagnol soldat de La Nueve,j’ai été très touchée que l’on me demande de participer à cette inauguration.
J’ai vécu au cours de cette journée deux moments très émouvants.

Le premier en faisant le trajet de l’Hôtel de ville au Jardin de La Nueve dans le half track.
J’ai bien sûr pensé à tous ces combattants pour qui ce véhicule a dû être pendant longtemps peut être « leur seule maison ».A travers les noms qu’ils leurs avaient donnés, tout spécialement pour les espagnols,ils arboraient ainsi leur identité et les raisons de leurs combats.

Le second,alors qu’avec les officiels nous avons dévoilé la plaque commémorative car j’ai eu la surprise de découvrir le Guernica, le half track de mon père.
Je remercie d’ailleurs Daniel pour sa délicatesse à avoir choisi ce véhicule.

Par ce choix, cet hommage aux hommes de La Nueve avait pour moi un aspect plus intime.
Je tiens à préciser que ces professeurs d’espagnol, s’ils enseignent la langue, font beaucoup plus auprès de leurs élèves car ils les inscrivent aussi dans l’histoire et la culture de l’Espagne.

J’avais eu le plaisir de collaborer avec eux en 2019,déjà au sujet de La Nueve, et j’avais pu me rendre compte de leur engagement mais aussi de l’écoute et de la mobilisation de leurs élèves.

Encore merci à toutes et à tous pour cette journée de retrouvailles,de nouvelles rencontres et d’échanges enrichissants qui a permis à travers les hommes de La Nueve d’aborder aussi l’exil,problème qui trouve actuellement une résonance toute particulière.

Mar-y-Luz Cariño Lopez

Coro, Tierra y libertad – Preliminares

Actuación en directo del concurso oficial de agrupaciones carnavalescas de Cádiz (COAC), retransmitidos a través de Onda Cádiz Televisión.

COMPARSA LA CREADORA

COMPARSA LOS MOJARRITAS

CUARTETO ¡ESTO ESTÁ EMPETAO!

CHIRIGOTA LA MISIÓN, EL EVANGELIO SEGÚN SANTANDER

CHIRIGOTA VERANO AZUL

COMPARSA LA BOQUITA PRESTÁ

CORO TIERRA Y LIBERTAD

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ADIOS A FEDERICO

Après neuf créations théâtrales consacrées à l’œuvre de Federico Garcia Lorca d’une richesse et d’une force infinies, José Manuel Cano Lopezcompose un dernier parcours théâtral dans les multiples matériaux littéraires, musicaux et plastiques de son compagnon de route de Granada.

Une soirée pour essayer d’oublier la dernière nuit de Federico sous les étoiles tremblantes des collines arides de Viznar en ce 19 août 1936.

Ses personnages, ses paysages, ses rêves et ses peurs rôdent parmi les oliviers et les chênes lièges et sur le plateau du Plessis : Bernarda Alba, le Metteur en scène, Yerma, le Poète à New York, la Comédienne, Don Perlimplin, Marcolfe, Bélise, Antonito el Camborio, Buster keaton…

« La réalité commence, car l’auteur ne veut pas voir assis au théâtre, mais au milieu de la rue. Pour lui, plus de poésie, plus de rythmes, plus de littérature.
L’odeur des lys m’est agréable, mais je préfère l’odeur de la mer. Je pourrais dire que l’odeur de la mer s’exhale des seins des sirènes : cela lui est égal à la mer ; elle n’entend pas. Elle frappe sans cesse au rivage dans l’attente de nouveaux noyés.

C’est ce qui compte pour l’homme.

Mais comment apporter l’odeur de la mer dans une salle de théâtre,
comment inonder d’étoiles les fauteuils d’orchestre? »

L’ultime étape d’un parcours passionné, engagé il y près de 50 ans, par José Manuel Cano Lopez avec son maître et compagnon de route Federico Garcia Lorca.
Le dernier mois de vie de Federico dans une Espagne qui s’embrase se joue sur un « tablao » du cœur.

Un ultime et vibrant hommage au poète, peintre, musicien et dramaturge andalou pour essayer d’ « apporter l’odeur de la mer dans la salle de théâtre et d’inonder l’orchestre d’étoiles »…

Les étoiles tremblantes de Viznar près de la Fontaine des Larmes en cette nuit du 19 août 1936, nuit de l’assassinat du poète…
Le metteur en scène tourangeau-andalou invite ses amies et amis artistes de tous les horizons à s’emparer d’un univers inoubliable…

Textes : Federico Garcia Lorca

Conception et mise en scène : José Manuel Cano Lopez

Costumes et scénographie : Camille Lebègue

Musique, création sonore : Clément Cano Lopez, Rubin Steiner

Lumière : Clément Cano Lopez

Chorégraphie : Léa Carlosema

Distribution : Reine Bernard, José Manuel Cano Lopez, Françoise Cano Lopez, Léa Carlosema, Jean-Pierre Guitton, Jean-Louis Maitre, Alain Papillon, Matilde Thomas

Production : Compagnie Diotima avec l’aide du Plessis, commun culturel et humaniste et de la Retirada37 .

Jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 avril

19h RESTAURATION
Produits locaux et en circuits courts

20h REPRÉSENTATION THÉÂTRALE – « ADIOS A FEDERICO » D’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca, création originale de la COMPAGNIE DIOTIMA

TARIF MINIMAS : 8 euros

TARIF PARTAGÉ : 12 euros

TARIF SOLIDAIRE : 14 euros

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS : 02.47.38.29.29 ou info@plessis-tierslieu.fr

Le concert de David et Juan Francisco Ortiz

Le vendredi 11 mars, Retirada 37 reprenait ses modestes activités après deux ans d’inaction.

Pour le bonheur de tous, ce fut un succès !!!

Merci à José Manuel et toute son équipe « Le Plessis Tiers-lieu culturel et humaniste », et aux membres de Retirada 37 pour leur implication.

En présence d’un nombreux public, ce sont produit en concert Juan Francisco Ortiz à la guitare et David Ortiz son fils au violoncelle, ce fut une soirée emprunte d‘émotions avec une musique de qualité, les musiciens ont terminé leur concert sous des applaudissements chaleureux.

Merci à eux, ils nous ont offert ce concert gracieusement.

James ( président de Retirada37)

Le 27 janvier dernier Juan Francisco Ortiz et son fils David donnaient un concert pour la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste dans le musée Séfarade à Tolède. Ils étaient ce 11 mars sur la scène du Château du Plessis à l’invitation de notre association en partenariat avec ce nouveau tiers-lieu culturel et humaniste, à La Riche, pour rendre hommage à Francisco Ortiz et à tous les espagnols déportés à Mauthausen-Gusen (Autriche). Les Espagnols portaient un triangle bleu marqué de la lettre « S » pour Spaniers. Plus de 5000 Espagnols y moururent. Les rescapés furent libérés par l’armée américaine le 5 mai 1945. Francisco Ortiz fut de ceux-là.

Aujourd’hui le fils et le petit fils leur rendent hommage à travers leurs concerts de guitare et de violoncelle, avec des œuvres originales composées par Juan Francisco Ortiz et d’autres pièces musicales, de l’art populaire comme le célèbre « Emigrante » de Juanito Valderrama connu de tous les Espagnols réfugiés en France, ou de la poésie avec Federico Garcia Lorca, Antonio Machado et Miguel Hernadez.

Le drapeau républicain que le matricule 4252, Francisco rapporta du camp fut confectionné avec ses camarades. Le fac-similé du drapeau fut offert à José Manuel Cano lopez, responsable du Plessis et sera exposé à la vue du public. Juan Francisco le présenta au Mémorial de Mauthausen lors d’un concert en 2015.

Dans son concert il nous a raconté la vie de son père à travers les morceaux écrits, mais aussi les souffrances de tous ceux qui vécurent sous le franquisme, comme ces 13 jeunes filles qui furent exécutées le 5 août 1939 dans le cimetière de Madrid pour leur seule appartenance aux Jeunesses communistes. Ce fut lors de cet hommage le 5 août dernier que nous rencontrions, mon épouse et moi, Juan Francisco et David à Madrid où ils nous firent la promesse de venir jouer gratuitement à Tours à l’invitation de Retirada37.

La salle était comble, ce 11 mars au Plessis et ils furent nombreux, sur un liste d’attente, à ne pouvoir y participer. L’émotion était forte dans la salle. Juan Francisco et David furent longuement applaudis.
Ce fut une soirée de grande qualité musicale et d’une charge émotionnelle qui restera longtemps gravée dans nos mémoires.

Merci à Juan Francisco, merci à David, merci à José Manuel pour avoir accueilli ce magnifique spectacle. Merci à Viviane et Hervé pour leurs très belles photos. Merci à tous les adhérents de Retirada37 pour leur implication dans cette belle initiative.

Luis et Sylviane (adhérents de Retirada37)

Concierto Juan Francisco y David Ortiz – Memoria
Este 27 de enero pasado, Juan Francisco Ortiz y su hijo David daban un concierto por el día internacional de conmemoración de las víctimas del Holocausto en la Sinagoga del Tránsito (Museo sefardí de Toledo). Este 11 de marzo estaban con nosotros en el escenario del Castillo de Plessis (La Riche – Tours) invitados por nuestra asociación – Retirada37 – en colaboración con este nuevo espacio cultural y humanista, en el pueblo de La Riche, para rendir homenaje a Francisco Ortiz (padre y abuelo de los artistas) así como a todos los españoles exiliados y deportados en el campo de concentración nazi de Mauthausen-Gusen (Austria, 1940-1945). Asignaron a los presos españoles el tristemente famoso Triángulo Azul, con una «S» bordada por «Spaniers». Más de cinco mil españoles murieron durante esos años hasta la liberación del campo el 5 de mayo de 1945. Francisco Ortiz, preso número 4245 fue uno de los que sobrevivieron.

Hoy, el hijo y el nieto de Francisco, les rinden homenaje con un concierto de guitarra y violonchelo con obras originales compuestas por Juan Francisco Ortiz y otras piezas musicales, algunas populares como «El emigrante» de Juanito Valderrama, conocida por todos los españoles exiliados. Otras obras son adaptaciones de obras poéticas de Federico García Lorca, Antonio Machado o Miguel Hernández

La bandera republicana original, echa en Mauthausen por los propios presos sastres y que conservó el preso 4245, fue presentada al público y la familia Ortiz regaló un facsímil al responsable de Plessis, José Manuel Cano López y esta será expuesta en el mismo centro para el público visitante.

En este concierto, a través de la historia de Francisco Ortiz, los artistas cuentan con música y poesía el exilio, la deportación, así como el sufrimiento de las víctimas del franquismo, de las 13 Rosas fusiladas… El pasado 5 de agosto, durante la ceremonia de conmemoración del fusilamiento de las 13 Rosas en el cementerio del Este conocimos a Francisco y a David quienes nos hicieron la promesa de venir a tocar gratis a Tours con la invitación de nuestra asociación Retirada37.

Se llenó la sala este 11 de marzo en el Plessis y hasta tuvimos una larga lista de espera que no pudo asistir. Fue fuerte la emoción durante todo el concierto. Los artistas David y Francisco fueron largamente aplaudidos, una noche de gran calidad musical y con una carga emocional intensa que quedará grabada en nuestra memoria.
Gracias a Juan Francisco y a David. Gracias a José Manuel por haber recibido a los artistas y haber hecho posible este magnífico espectáculo. Gracias a Viviane y a Hervé por las increíbles fotos. Gracias a todos los miembros de Retirada 37 por su implicación en tan bella iniciativa.

Luis et Sylviane (Miembros de Retirada37) traducido por David
James Marco, le président de Retirada37, et José Manuel Cano Lopez, le taulier du théâtre du Plessis.


David et Juan Francisco Ortiz


José Manuel Cano Lopez et Juan Francisco Ortiz déployant le drapeau de république Espagnole.