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« Ma vie en France », Cahier d’exil de la Présidente de l’Amicale Camp de Miellin

Une association amie nous fait part de cette parution.

Ma vie en France, le Cahier d’exil de la Présidente de l’Amicale Camp de Miellin (1939-1943) va paraître.

Le livre évoque son passage au Camp de Miellin.
Aurélia Moyà vient d’avoir 14 ans quand elle et sa famille traversent la frontière franco-espagnole, le 1er février 1939. La guerre d’Espagne touche à sa fin, le camp républicain a perdu. Commence pour Aurélia une longue pérégrination, des Vosges jusqu’en Normandie. Pour surmonter ces bouleversements, elle a un allié : son cahier, dans lequel elle rédige, jour après jour, ses « mémoires ». Malgré les déplacements incessants, la guerre, l’occupation et le travail à l’usine ou aux champs, Aurélia se bat avec une langue qui n’est pas la sienne, le français, pour consigner les faits marquants de sa vie en France et de celle de sa famille, de février 1939 à l’été 1943.
À la suite de ce récit inédit, une postface analytique met en lumière l’originalité de ce texte et ses apports à notre connaissance de cette séquence fondamentale de l’histoire contemporaine. Cette source, échappée par hasard à la destruction promise le plus souvent aux écritures ordinaires de soi, nous donne accès à une expérience personnelle de la rupture brutale qu’a provoquée l’exode de 1939 pour des milliers de personnes. Elle témoigne des efforts d’une adolescente prise dans les aléas de l’histoire pour retrouver le contrôle de son destin.
Née à Arbeca (Catalogne), Aurélia Moyà-Freire est présidente de l’Amicale Camp de Miellin et vit dans les Landes. Elle a publié en 2014 une autobiographie en catalan, Vinc d’Arbeca.

Les personnes qui désirent l’acheter à prix de souscription (quelques euros moins cher qu’en librairie, surtout si la commande dépasse trois exemplaires) peuvent le faire dès maintenant.

La parution est programmée le 26 janvier, jour d’anniversaire d’Aurélia !

Ma vie en France
Cahier d’exil d’une adolescente espagnole (1939-1943)
Auteur : Aurélia MOYÀ-FREIRE
Avant-propos, appareil critique et postface de Rose Duroux, Célia Keren et Danielle Corrado
N° ISBN : 978-2-8107-0421-7
PRIX : 14.00 €
PRIX souscription : 11.50 €
Format et nombre de pages : 13,5 x 22 cm – 114 p.
Parution le 26 janvier 2017
Prix de souscription jusqu’au 25 janvier 2017

Un flyer ci-dessous est à votre disposition pour commander l’ouvrage.

http://miellin1939.canalblog.com/archives/2017/01/21/34833111.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=miellin1939

« Mort en Espagne », de Louis Delaprée. Un ouvrage oublié.

 

C’est l’un des ces livres qui ont sombré dans un oubli curieux – et injuste: «Mort en Espagne», de Louis Delaprée, publié en février 1937, a pourtant été très lu à sa parution. L’auteur, journaliste à «Paris-Soir», venait de disparaître en revenant de Madrid: son avion avait été mitraillé le 8 décembre 1936. Delaprée mourut le 11 à l’hôpital de Guadalajara. On accusa la chasse soviétique, puis les aviateurs franquistes et finalement, jamais à court d’une accusation fielleuse, Brasillach désigna Malraux comme l’auteur des coups de feu.

Louis Delaprée avait 34 ans, et venait de créer un scandale en accusant Pierre Lazareff, son patron, d’avoir censuré ses articles, pour laisser la place au ramdam créé par l’entrée en scène de Wallis Simpson et les atermoiements du roi Edward VII. Un télégramme avait mis le feu aux poudres: «Le meurtre de centaines d’enfants espagnols est donc moins intéressant pour vous que la putain royale?», écrivait Delaprée à son directeur. Leurs relations étaient refroidies, en plus, du fait que le jeune journaliste avait une liaison avec Hélène Gordon, future madame Lazareff. L’Espagne, la guerre, l’amour, tout se mêlait.

« J’ai honte d’être homme »

Le livre regroupe les articles de Delaprée en pleine tourmente. De l’état-major du général Mola (soutien de Franco, qui allait mourir, lui aussi, dans un «accident d’avion» en 1937) à Burgos jusqu’au «Martyre de Madrid», le reporter observe «une guerre de religion», alors que, dans les hôtels, «des marquises en robes du soir échangent des prophéties avec des paysans romantiques qui semblent sortir de l’album de Gustave Doré», et que, lors des escarmouches, les soldats s’endorment «dans des couvertures de gauchos, noblement drapées».

Églises éventrées, grands cimetières sous la lune, confins bleuâtres, milicien appuyé sur son mousqueton «comme une bergère sur sa houlette»…  Contrairement aux usages, Delaprée intervient, dans ses propres articles:

Il est dur, quand on plane ainsi malgré soi au-dessus de la guerre, de ne la pouvoir arrêter. Bien que je ne sois, au plus profond de cette tuerie, que deux yeux attentifs et un cœur déchiré, j’éprouve le sentiment d’une obscure culpabilité.»

Il décrit «une guerre de femmes», mais aussi «une guerre d’extermination», l’attaque de l’Acalzar de Tolède, l’incendie de l’Escurial, l’alerte aux gaz, sa rencontre avec le général Lukas, dont la poitrine est ornée de l’Étoile rouge soviétique «gagnée contre Wrangel», et avec Gustave Regler, commissaire politique de la XIIe Brigade Internationale, ami d’Arthur Koestler et de Lilian Hellman («Regler, c’est l’intellectuel voué à la politique, ne vivant que pour elle»). Delaprée ajoute:

J’ai honte d’être un homme quand l’humanité se montre capable de pareils massacres d’innocents.»

Et conclut :

Ô vieille Europe, toujours occupée à tes petits jeux et à tes grandes intrigues, Dieu veuille que tout ce sang ne t’étouffe pas.»

 

Quelques articles glanés ça et là viennent compléter le volume: une visite chez Douglas Fairbanks et Mary Pickford à Hollywood (chez qui il repère tout Dumas, un livre d’Octave Feuillet et «les Misérables»), une rencontre avec Charlie Chaplin au «Lapin Agile» de Montmartre, entre la guitare du père Frédé et les chansons de Bill Bocket, et, enfin, le portrait de Donna Rachele, l’épouse de Mussolini, «la femme de César est demeurée inconnue parce qu’elle l’a voulu avec une patience, un entêtement de paysanne», et qui finira patronne de restaurant, en Romagne.

On dit que c’est après avoir lu «Mort en Espagne» que Picasso se mit à peindre «Guernica». Il n’y a pas de plus bel hommage, n’est-ce pas ?

François Forestier

Bibliobs. La boite à bouquins de Forestier : voir la guerre d’Espagne et mourir. Publié le 20 janvier 2017 à 16h08

Mort en Espagne, par Louis Delaprée,
Editions Pierre Tisné, 272 p., 1937

 

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20170120.OBS4107/la-boite-a-bouquins-de-forestier-voir-la-guerre-d-espagne-et-mourir.html

 

Biographie :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Delapr%C3%A9e

Deux ouvrages autour de la maternité d’Elne (66)

 

1939. La Retirada pousse sur les routes de France les Républicains espagnols fuyant la dictature de Franco. Parquées dans des camps de concentration tels qu’on les appelait alors notamment dans les Pyrénées-Orientales, de nombreuses femmes internées accouchent dans des conditions terribles. Une maternité créée par l’institutrice Elisabeth Eidenbez, collaboratrice du Secours suisse aux enfants, leur vient en aide, installée dans le château d’En Bardou. Elle accueillera de nombreuses femmes pendant la Seconde Guerre mondiale, espagnoles, juives, françaises, tziganes, d’au moins quinze nationalités différentes. Entre 1939 et 1944, près de 600 enfants voient le jour dans cet havre de paix au milieu d’un océan de souffrances. Oubliée jusqu’au milieu des années 1990, la Maternité est restaurée et acquise par la ville d’Elne en 2005. Protégée depuis 2012 comme monument historique, elle est aujourd’hui un lieu permanent de mémoire. C’est en partant de cette histoire longtemps méconnue, que ce numéro spécial de la revue Exils et migrations ibériques associé à la revue Riveneuve Continents explore l’action humanitaire menée notamment en direction des enfants victimes des conflits, depuis la guerre d’Espagne jusqu’à nos jours.

Geneviève Dreyfus-Armand et Rose Duroux (coordination), Autour de la maternité d’Elne : L’action humanitaire de la guerre d’Espagne à nos jours, éd. Riveneuve, collection Riveneuve Continents n°20, 2016, 292 p. Numéro spécial de Exils et migrations ibériques au XXe siècle (n°7 nouvelle série)

 

En espagnol :

La maternidad de Elna es el testimonio emocionante de unas mujeres que, estando a punto de dar a luz, fueron rescatadas de los campos de concentración republicanos de Sant Cebrià de Rosselló, Argelers y Ribesaltes, donde vivían en lamentables condiciones, y fueron acogidas en una maternidad que fundó la maestra suiza Elisabeth Eidenbenz. Allí pudieron ver nacer y alimentar a sus bebés en condiciones excepcionales. La maternidad de Elna es pues la heroica historia de una mujer que salvó a 597 recién nacidos de una muerte segura.
«Había una madre que no tenía leche y el niño lloraba de hambre día y noche. Cuando se agotaba de tanto llorar, se dormía y ella le daba calor con su erpo.
Cuando salía el sol, enterraba al bebé en la arena hasta que le dejaba fuera sólo la cabecita. La arena le servía de manta. Pero al cabo de unos días el niño se murió de frío y de hambre. Yo estaba embarazada y con sólo pensar que mi hijo nacería en aquel infierno me desesperaba.»

Montellá Assumpta, La maternidad d’Elna, La historia de la mujer que salvó la vida a 597 niños, Badalona, Ara Llibres, 2006, 167 p. Une 3è édition en 2013.

 

Rappel : le très bon article d’Alice sur la maternité (site Retirada 37).

Maternité suisse d’Elne (66) : la mémoire retrouvée

Auch : Exposition historique : «Ces affiches étaient autant de cris des Républicains espagnols»

Pendant un mois au moins, le centre culturel espagnol expose «une iconographie» de la guerre d’Espagne. Avec notamment beaucoup d’affiches murales

Pendant la révolution espagnole, de 1936 à 1939, plus de 2000 affiches ont été conçues. Et toutes imprimées en grand nombre de 3 000 à 10 000 exemplaireschacune, ajoutent Rafaël Ramirez, Jean-Louis Moreau -Muñoz et Maryse Danos qui avec beaucoup d’autres «socios» du centre culturel espagnol, ont contribué à la réalisation de cette exposition consacrée à l’iconographie de cette période qui ne put empêcher l’avènement du Franquisme. Et avec lui, -«car sous Franco, la République a été cachée, interdite, tue» rappelle Rafaël Ramirez qui préside le centre culturel-, la production d’affiches a cessé. Il faudra attendre la mort de Franco en 1975 pour que réapparaissent les affiches d’époque et que renaisse une culture de l’affiche sociale en Espagne. «Ces affiches étaient des cris collés sur les murs dénonçant les crimes fascistes, valorisant l’œuvre sociale et culturelle du peuple espagnol pour la liberté et l’égalité». Le centre culturel espagnol en expose 7 collées à ses murs sans compter toutes celles, environ 250, scannées et projetées sur grand écran. Mais l’iconographie de cette période, c’est aussi le «Guernica» et des dessins de Picasso dont des répliques sont exposées, un calendrier républicain, le carnet de 32 aquarelles de Sim qui était le pseudo de Rey Vila, la collection en 5 volumes des livres de Georges Soria, correspondant de guerre en Espagne pour le journal «Combat», des dessins d’André Masson, des photos, des timbres, des cartes postales également… «Autant de modes d’iconographies pour participer à la lutte, pour défendre et promouvoir la République». Parmi ses affiches, l’espadrille qui écrase une croix gammée ou encore celle qui clame que défendre Madrid c’est défendre… la Catalogne.

Une chronologie de la guerre, divers autres documents et objets (dont la chemise phalangiste d’une gamine) ajoutent à la qualité de cette exposition qui se visite sur fond sonore. Avec «Ay, Carmela !» entre autres chants révolutionnaires.


170 familles adhérentes..

L’exposition consacrée à l’iconographie de la guerre d’Espagne, ouverte à tous, sera visible le vendredi et le samedi durant un mois. De nombreux scolaires vont la visiter aussi. Le centre culturel espagnol qui compte 170 familles adhérentes, organise de nombreuses animations, conférences, expositions, ateliers, durant toute l’année. Tout un chacun peut y adhérer sans conditions particulières même s’il est préférable d’être sensible à la culture et à l’art de vivre espagnol. Art de vivre qui s’exprime notamment chaque vendredi soir, autour du bar, en toute convivialité.
Source :

http://www.ladepeche.fr/article/2017/01/16/2497037-ces-affiches-etaient-autant-de-cris-des-republicains-espagnols.html#q5P7FpDvWJJj1jvh.99

Collioure : Journée d’hommage à Antonio Machado le 19 février 2017

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Le grand poète Antonio Machado nous quittait – quittait à jamais sa terre natale  – le 22 février 1939 .  Mort symbolisant celle de la République. Mais notre République est un Phénix, l’histoire le prouvera.

« Adiós madre » furent ses dernières paroles.

Dans sa chambre de l’hôtel Bougnol-Quintana.

Y cuando llegue el día del último viaje,
y esté al partir la nave que nunca ha de tornar,
me encontraréis a bordo ligero de equipaje,
casi desnudo, como los hijos de la mar.

 

 

Source : http://ffreee-retirada.blogspot.fr/2017/01/hommage-antonio-machado.html

 

Crédit photo :

http://De href= »//commons.wikimedia.org/wiki/User:Quinok » title= »User:Quinok »>Quinok – Trabajo propio, CC BY-SA 4.0, Enlace

Journée commémorative le 5 février 2017 en Occitanie.

FFREEE  –  Fils et Filles de Républicains Espagnols et Enfants de l’Exode organise une journée commémorative

Le 5 février va désormais s’inscrire dans l’histoire puisque enfin en Catalogne, le 5 février devient la journée nationale de l’exil et de la déportation. Les personnes qui seraient intéressées pour participer aux manifestations à la Jonquera, la Vajol, Argelès doivent nous contacter par mail ou téléphone pour réserver une place dans le bus qui partira d’Argelès sur Mer le matin et nous ramènera l’après midi pour apposer une plaque au monolithe de la plage.

(pour vous inscrire au voyage 04.68.95.85.03 ou ffreee.retirada@gmail.com)

Source : http://ffreee-retirada.blogspot.fr/2017/01/5-fevrier-2017.html

Journée d’études « Les mots de l’exil dans l’Europe du XIXe siècle » 19 janvier 2017, Musée national de l’histoire de l’immigration

 

mots-exil-2017

Cette journée d’études a pour but d’analyser le vocabulaire européen de l’exil au XIXe siècle, s’appuyant sur l’hypothèse selon laquelle les statuts des exilés et réfugiés ne sauraient être compris sans une prise en compte des termes par lesquels ils étaient alors désignés. La rencontre se propose également de comparer les pratiques administratives et judiciaires mises en œuvre par les États d’accueil à leur égard, en s’intéressant à la circulation des modes de désignation, de surveillance et de contention de ces étrangers. Une session éclairera enfin les représentations contrastées des exilés et réfugiés dans l’Europe du XIXe siècle, saisies à travers débats parlementaires, littérature et chansons.

Journée d’études “Les mots de l’exil dans l’Europe du XIXe siècle” 19 janvier 2017, Musée national de l’histoire de l’immigration