{"id":968,"date":"2016-05-12T19:47:07","date_gmt":"2016-05-12T18:47:07","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=968"},"modified":"2024-04-29T20:33:55","modified_gmt":"2024-04-29T19:33:55","slug":"la-capitana-une-femme-dexception-racontee-par-une-auteure-argentineelsa-osorio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=968","title":{"rendered":"La Capitana, une femme d&rsquo;exception racont\u00e9e par une auteure argentine,Elsa Osorio"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>OSORIO Elsa, <em>La Capitana<\/em><\/strong>. Madrid\u00a0: Ediciones Siruela, 1992,<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-963\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/capitana.jpg\" alt=\"capitana\" width=\"81\" height=\"126\" \/><\/p>\n<p>Elsa Osorio est argentine et elle raconte dans son livre, <em>La Capitana<\/em>, la vie de Micaela Feldman de Etcheb\u00e9h\u00e8re (1902-1992) qui fut elle aussi argentine, puisqu\u2019elle est n\u00e9e dans une petite ville fond\u00e9e par des colons juifs de Russie et d\u2019Europe de l\u2019Est dans la province de Santa Fe, avant de devenir une citoyenne du monde engag\u00e9e dans le combat de la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Pour Elsa Osorio, l\u2019\u00e9criture de ce livre s\u2019\u00e9tend sur de nombreuses ann\u00e9es, un quart de si\u00e8cle, entre le moment o\u00f9 elle a eu connaissance du personnage et la sortie de son livre en 2012.<\/p>\n<p>Elle va mener une v\u00e9ritable enqu\u00eate avant de se d\u00e9cider \u00e0 \u00e9crire. Elle retrouve les carnets de Micaela Feldman de Etcheb\u00e9h\u00e8re, elle se rend dans tous les lieux o\u00f9 v\u00e9cut son h\u00e9ro\u00efne, Paris, Berlin, Madrid, elle recueille les t\u00e9moignages de ceux qui l\u2019ont connue. Elle lit aussi le livre que La Capitana a \u00e9crit et qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1975, <em>Ma Guerre d\u2019Espagne \u00e0 moi<\/em>, et traduit en espagnol un an plus tard sous le titre, <em>Mi guerra de Espa\u00f1a. Testimonio de una miliciana al mando de una columna del POUM<\/em>.<\/p>\n<p>On pourrait croire que ce travail de recherche allait conduire Elsa Osorio \u00e0 \u00e9crire une biographie appliqu\u00e9e et d\u00e9taill\u00e9e, rien d\u2019autre qu\u2019une biographie retra\u00e7ant pas \u00e0 pas le destin de celle qu\u2019on appelle aussi Mika.<\/p>\n<p>Ce ne sera pas le cas. D\u2019abord Elsa Osorio a fait un choix dans les passages de la vie de Mika en fonction de leur c\u00f4t\u00e9 narratif mais dans le respect absolu des faits. Elle affirme\u00a0: \u00ab\u00a0Quer\u00eda honrar su vida, no crear un personaje de ficci\u00f3n\u00a0\u00bb. Elle a donc \u00e9crit plut\u00f4t une biographie litt\u00e9raire d&rsquo;\u00e0 peine 300 pages en donnant vie dans un style d\u2019une grande simplicit\u00e9 \u00e0 cette femme exceptionnelle que l\u2019Histoire a quelque peu oubli\u00e9e, comme beaucoup d\u2019autres d\u2019ailleurs. La vie de Mika est un v\u00e9ritable roman et, comme le disait Borges, la r\u00e9alit\u00e9 peut para\u00eetre invraisemblable et d\u00e9passer quelquefois la fiction.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s jeune, Micaela Feldman s\u2019affiche comme une militante engag\u00e9e et sa rencontre avec celui qui sera l\u2019unique amour de sa vie, un jeune Argentin d\u2019origine fran\u00e7aise, Hip\u00f3lito Etcheb\u00e9h\u00e8re, la fera renoncer au confort d\u2019une vie bourgeoise pour se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Hip\u00f3lito \u00e9tant tuberculeux, ils partent tous les deux pour le climat plus sec de la Patagonie argentine comme dentistes mais en m\u00eame temps ils veulent collecter des t\u00e9moignages sur le massacre des peones commis par l\u2019arm\u00e9e dans la province du Chubut entre 1920 et 1921. Puis en 1930 ils partent en Europe \u00e0 la recherche de la classe ouvri\u00e8re et de la R\u00e9volution. Les voil\u00e0 dans l\u2019Espagne r\u00e9publicaine, puis \u00e0 Berlin o\u00f9 ils assistent, impuissants, \u00e0 la mont\u00e9e du nazisme, puis \u00e0 Paris o\u00f9 ils fondent en 1934 une revue antistalinienne, <em>Que faire\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>1936, six jours avant le coup d\u2019\u00e9tat de Franco, ils sont \u00e0 Madrid. C\u2019est la p\u00e9riode de la vie de Mika qu\u2019Elsa Osorio raconte le plus longuement, fid\u00e8le en cela au titre qu\u2019elle a donn\u00e9 \u00e0 son livre, <em>La Capitana<\/em>. Hip\u00f3lito et Mika rejoignent le POUM, Parti Ouvrier d\u2019Unification Marxiste, qui correspond le mieux \u00e0 leurs id\u00e9es. Hip\u00f3lito commande une colonne motoris\u00e9e mais il meurt au combat lors de la bataille d\u2019Atienza. Mika d\u00e9cide alors de prendre le poste de son mari et elle r\u00e9ussit \u00e0 imposer son autorit\u00e9 \u00e0 ces hommes, r\u00e9volutionnaires certes mais profond\u00e9ment machistes. Mika r\u00e9ussit \u00e0 forcer \u00a0leur admiration et leur respect par son courage, son abn\u00e9gation, son charisme, son intelligence et ce sont les miliciens eux-m\u00eames qui vont la nommer \u00ab\u00a0La Capitana\u00a0\u00bb de leur colonne du POUM. Elle apprend la strat\u00e9gie guerri\u00e8re sur le tas, elle participe \u00e0 plusieurs batailles et elle est d\u00e9sign\u00e9e pour prendre la colline d\u2019\u00c1vila.<\/p>\n<p>En 1937 elle est arr\u00eat\u00e9e par des agents staliniens sur le front de Guadalajara. Lib\u00e9r\u00e9e sur intervention de Cipriano Mera, elle reste en Espagne jusqu\u2019en 1938. En 1939 elle rejoint Paris puis en raison de ses origines juives, elle retourne en Argentine.<\/p>\n<p>Elle revient \u00e0 Paris en 1946 et en 1968, \u00e0 66 ans, on la retrouve sur les barricades aupr\u00e8s des \u00e9tudiants auxquels elle conseille de mettre des gants afin que les policiers, en voyant leurs mains propres, ne puissent les soup\u00e7onner d\u2019avoir d\u00e9pav\u00e9 des rues pour construire des barricades\u00a0!<\/p>\n<p>Quand elle meurt en 1992, ses cendres sont dispers\u00e9es clandestinement dans la Seine par ses amis.<\/p>\n<p>Quel sujet pour une romanci\u00e8re\u00a0! Quel superbe portrait d\u2019une femme bien r\u00e9elle, toujours fid\u00e8le aux combats et aux engagements qu\u2019elle avait choisis, mais injustement oubli\u00e9e\u00a0! Elsa Osorio lui rend hommage sans grandiloquence ni emphase et\u00a0 fait revivre cette grande figure de la Guerre Civile espagnole.<\/p>\n<p>Ces femmes comme la Capitana ou comme Federica Montseny dont nous a parl\u00e9 Georges, avaient un id\u00e9al pour lequel elles se battaient, pour lequel elles \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 tout sacrifier. Pour rien au monde elles n\u2019auraient renonc\u00e9 aux luttes justes qu\u2019elles menaient pour le droit, la paix, la justice, la libert\u00e9. Les femmes de pouvoir d\u2019aujourd\u2019hui b\u00e9n\u00e9ficient des combats pass\u00e9s de ces femmes mais\u00a0 l\u2019id\u00e9al, qu\u2019en ont-elles fait ? Elles l\u2019ont rel\u00e9gu\u00e9 dans les profondeurs de leur conscience pour ne pas voir que l\u2019addiction \u00e0 l\u2019exercice du pouvoir est devenue leur seule valeur, elles l\u2019ont oubli\u00e9 comme on a oubli\u00e9 ces femmes qui furent grandes en toute modestie. Ce sera l\u00e0 ma conclusion\u00a0! Pessimiste, sans doute mais c\u2019est ma conclusion\u00a0!<\/p>\n<p>Ce livre a \u00e9t\u00e9 traduit en fran\u00e7ais, aux \u00e9ditions M\u00e9taili\u00e9, en 2012, avec son titre d\u2019origine, <em>La Capitana<\/em>\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; OSORIO Elsa, La Capitana. 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