{"id":653,"date":"2016-03-18T22:12:28","date_gmt":"2016-03-18T21:12:28","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=653"},"modified":"2024-04-29T19:47:37","modified_gmt":"2024-04-29T18:47:37","slug":"un-livre-oublie-depuis-1937-a-decouvrir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=653","title":{"rendered":"Un livre oubli\u00e9 depuis 1937 \u00e0 d\u00e9couvrir"},"content":{"rendered":"<p><strong>CHAVEZ NOGALES Manuel<\/strong>, <em>A Sangre y fuego \/ H\u00e9roes, bestias y<\/em> <em>m\u00e1rtires de Espa\u00f1a<\/em>. Barcelona : Libros del Asteroide, 2015.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-663\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/IMG_20160316_0002-1.jpg\" alt=\"IMG_20160316_0002\" width=\"158\" height=\"232\" \/><\/p>\n<p>N\u00e9 en 1897 \u00e0 S\u00e9ville,\u00a0Manuel Chavez Nogales\u00a0embrasse tr\u00e8s t\u00f4t la carri\u00e8re de journaliste. En 1922 il part pour Madrid o\u00f9 il devient le r\u00e9dacteur en chef du quotidien <em>El Heraldo<\/em>, puis de 1931 \u00e0 1936, il dirige le journal <em>Ahora<\/em>, qui d\u00e8s le d\u00e9part apporte son soutien \u00e0 la R\u00e9publique espagnole. Chavez Nogales aura d\u2019ailleurs de nombreux entretiens et contacts avec le pr\u00e9sident Manuel Aza\u00f1a et il occupera son poste au sein du journal jusqu\u2019\u00e0 ce que le gouvernement r\u00e9publicain quitte Madrid pour Valence. A ce moment-l\u00e0, menac\u00e9 autant par les fascistes que par les r\u00e9volutionnaires, il choisit de s\u2019exiler en France o\u00f9 il continue sa carri\u00e8re de journaliste d\u2019investigation en participant \u00e0 de nombreux journaux fran\u00e7ais et hispano-am\u00e9ricains. Parall\u00e8lement \u00e0 sa carri\u00e8re de journaliste, il r\u00e9dige d\u2019abord<em> A Sangre y Fuego<\/em> (1937) puis <em>La<\/em> <em>Agon\u00eda de Francia<\/em>, r\u00e9flexion sans concession sur la D\u00e9b\u00e2cle fran\u00e7aise en 1940. Suite \u00e0 la publication de cet essai, fich\u00e9 par la Gestapo, il s\u2019exile \u00e0 Londres o\u00f9 il meurt en mai 1944.<br \/>\n<em>A Sangre y fuego. H\u00e9roes, bestias y m\u00e1rtires de Espa\u00f1a<\/em> dont les r\u00e9cits qui le composent avaient d\u2019abord paru en ordre dispers\u00e9 dans la presse argentine, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois au Chili en 1937. Ce livre connaitra deux r\u00e9\u00e9ditions, l\u2019une aux Etats-Unis en 1937, l\u2019autre au Canada en 1938 puis il sombrera dans l\u2019oubli, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019Abelardo Linares, c\u00e9l\u00e8bre \u00e9diteur, bibliophile et po\u00e8te s\u00e9villan le red\u00e9couvre en 1993 lors de ses voyages en Am\u00e9rique. Il faudra attendre 2001 pour que le livre soit publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en Espagne.<br \/>\nManuel Chavez Nogales se d\u00e9finissait avant tout comme un d\u00e9mocrate, \u00ab ciudadano de una rep\u00fablica democr\u00e1tica y parlementaria \u00bb, comme il l\u2019\u00e9crit lui-m\u00eame dans le Prologue de son livre en 1937. Dans<em> A Sangre y fuego<\/em>, il raconte dans les d\u00e9buts de la Guerre Civile les exactions qui eurent lieu dans les deux camps et sans doute a-t-il pay\u00e9 cette audace de l\u2019oubli dans lequel son \u0153uvre a tr\u00e8s vite sombr\u00e9. Tr\u00e8s lucidement il \u00e9crit, toujours dans le Prologue, depuis son exil \u00e0 Montrouge en 1937 :<br \/>\n\u00ab De mi peque\u00f1a experiencia personal puedo decir que un hombre como yo, por insignificante que fuese, hab\u00eda contra\u00eddo m\u00e9ritos bastantes para haber sido fusilado por los unos y los otros. Me consta por confidencias fidedignas que, aun antes de que comenzase la Guerra Civil, un grupo fascista de Madrid hab\u00eda tomado el acuerdo, perfectamente reglamentario, de proceder a mi asesinato como una de las medidas preventivas que hab\u00eda que adoptar contra el posible triunfo de la revoluci\u00f3n social, sin perjuicio de que los revolucionarios, anarquistas y comunistas, considerasen por su parte que yo era perfectamente fusilable \u00bb.<\/p>\n<p>Ce livre qui, sur le plan litt\u00e9raire, tient un parfait \u00e9quilibre entre articles de journaux et r\u00e9cits de fiction a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans l\u2019urgence et raconte des \u00e9pisodes dramatiques du d\u00e9but de la Guerre Civile sans exaltation ni exc\u00e8s mais de mani\u00e8re sobre et directe. Ni r\u00e9actionnaire ni r\u00e9volutionnaire, Manuel Chavez Nogales constate la r\u00e9alit\u00e9 atroce de la Guerre Civile dans les deux camps et pr\u00e9figurant dans une certaine mesure la philosophie de Hannah Arendt, il montre comment le Mal peut entra\u00eener \u00e0 des exactions abominables des \u00eatres tout \u00e0 fait ordinaires. En effet ce sont bien des \u00eatres ordinaires que pr\u00e9sente ce livre, simples h\u00e9ros, b\u00eates sanguinaires sans conscience ou martyres&#8230; Tout ce qui est \u00e9crit dans ce livre est sorti de la propre r\u00e9alit\u00e9 personnelle de l\u2019auteur et des nouvelles que d\u2019autres exil\u00e9s lui apportaient \u00e0 Montrouge dans la maison de son exil.<\/p>\n<p>&#8211; Un bombardement franquiste aveugle\u00a0sur Madrid\u00a0 entra\u00eene des repr\u00e9sailles tout aussi aveugles. <em>(\u00a1 Massacre, massacre !)<\/em><br \/>\n&#8211; Un jeune marquis qui accompagne son p\u00e8re dans une battue pour en finir avec les bandits rouges ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 d\u00e9noncer un ancien camarade de classe\u2026 <em>(La gesta de los caballistas)<\/em><br \/>\n&#8211; Un jeune milicien dont le r\u00eave est de dormir enfin une fois la guerre termin\u00e9e, pourchasse toute une nuit une petite lumi\u00e8re qui est celle des tra\u00eetres qu\u2019il faut emp\u00eacher de nuire, avant de tomber sous les balles de l\u2019ennemi. \u00ab En la guerra y la revoluci\u00f3n era dif\u00edcil dormir. \u00a1 Pero qu\u00e9 a gusto se dorm\u00eda al final ! \u00bb <em>(Y a lo lejos, una lucecita)<\/em><br \/>\n&#8211; Un groupe de l\u2019arri\u00e8re-garde r\u00e9publicaine compos\u00e9e de d\u00e9serteurs et d\u2019\u00e9l\u00e9ments incontr\u00f4l\u00e9s s\u00e8me la terreur sur son passage. <em>(La columna de hierro)<\/em><br \/>\n&#8211; Un artiste commissionn\u00e9 par la R\u00e9publique pour sauver les tr\u00e9sors artistiques d\u00e9couvre le drame de ces soldats r\u00e9publicains lanc\u00e9s dans une guerre sans aucune pr\u00e9paration face \u00e0 une arm\u00e9e organis\u00e9e et impitoyable.<em> (El tesoro de Briesca)<\/em><br \/>\n&#8211; Quel sort r\u00e9server \u00e0 un mercenaire de la garde maure de Franco, tomb\u00e9 aux mains des R\u00e9publicains ? <em>(Los guerreros marroqu\u00edes)<\/em><br \/>\n&#8211; Le phalangiste don Cayetano Tir\u00f3n laisse l\u00e2chement fusiller trois jeunes filles qui lui avaient pourtant sauv\u00e9 la vie et calme sa conscience de l\u00e2che en se disant qu\u2019elles n\u2019ont pas souffert. <em>(\u00a1 Viva la muerte !)<\/em><br \/>\n&#8211; Bigornia, \u00ab un ogro convertido en proletario metal\u00fargico \u00bb, remet en service de vieux tanks et lance son armada pour couper la route aux soldats de Franco qui avancent en Extremadura. Il montre l\u2019exemple du courage le plus insens\u00e9 aux commandes de son monstre d\u2019acier jusqu\u2019au sacrifice final. <em>(Bigornia)<\/em><br \/>\n&#8211; Daniel, un ouvrier accus\u00e9 d\u2019\u00eatre un laquais des patrons veut seulement travailler et refuse de s\u2019engager politiquement. Ne trouvant plus de travail et mourant de faim, il s\u2019engage dans les rangs de la R\u00e9publique, se bat comme un lion et triste ironie du sort, \u00ab muri\u00f3 bati\u00e9ndose por una causa que no era la suya \u00bb.<em> (Consejo obrero)<\/em><br \/>\n&#8211; Un p\u00e8re perd ses deux fils enterr\u00e9s sous les d\u00e9combres de l\u2019abri que l\u2019aviation franquiste a bombard\u00e9 et il cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 sauver sa petite fille prisonni\u00e8re sous des\u00a0blocs de ciment. <em>(El refugio)<\/em><br \/>\n&#8211; Sous les bombes, au milieu des bless\u00e9s et des mourants, une religieuse \u00e9crit \u00e0 son oncle Ministre de la D\u00e9fense du Gouvernement de la R\u00e9publique. <em>(Hospital de sangre)<\/em><br \/>\nApr\u00e8s avoir essay\u00e9 en vain de classer les personnages en h\u00e9ros, b\u00eates et martyres, j\u2019ai finalement choisi de respecter l\u2019ordre des r\u00e9cits choisi par l&rsquo;\u00e9diteur car c&rsquo;est ce qui m\u2019a sembl\u00e9 le plus objectif.<br \/>\nIl faut lire dans leur int\u00e9gralit\u00e9\u00a0 ces r\u00e9cits des tout premiers mois de la Guerre Civile. Jamais Manuel Chavez Nogales ne se laisse emporter par la passion partisane ou l\u2019esprit de propagande, et choisissant un style direct et pourtant travaill\u00e9, il ne veut rien justifier, rien mythifier. Sans doute est-ce cette position qui lui a valu l\u2019oubli. En lisant ces r\u00e9cits, j\u2019ai souvent pens\u00e9 \u00e0 la noirceur des cartons de Goya que j\u2019ai vus r\u00e9cemment \u00e0 Zaragoza, <em>Los Desastres de la guerra<\/em>.<\/p>\n<p>Il existe une traduction fran\u00e7aise du livre par Catherine Vasseur, parue aux \u00e9ditions du Quai Voltaire \u00e0 Paris en mars 2011 :<br \/>\n<em>A Feu et \u00e0 sang<\/em><br \/>\n<em> H\u00e9ros, brutes et martyrs d\u2019Espagne.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CHAVEZ NOGALES Manuel, A Sangre y fuego \/ H\u00e9roes, bestias y m\u00e1rtires de Espa\u00f1a. Barcelona : Libros del Asteroide, 2015. 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