{"id":3901,"date":"2023-05-22T08:16:13","date_gmt":"2023-05-22T07:16:13","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3901"},"modified":"2023-05-22T08:16:13","modified_gmt":"2023-05-22T07:16:13","slug":"loperation-bolero-paprika","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3901","title":{"rendered":"L&rsquo;op\u00e9ration Bolero-Paprika"},"content":{"rendered":"<p>Un \u00ab Bolero \u00bb tr\u00e8s anti-communiste<br \/>\n7 septembre 1950 , nom de code : \u00ab Op\u00e9ration Bolero-Paprika \u00bb. Une rafle du gouvernement Pleven, socialistes et \u00ab radicaux \u00bb entre autres, contre les \u00ab communistes \u00e9trangers \u00bb r\u00e9fugi\u00e9s en France&#8230; essentiellement espagnols.<br \/>\nMercredi 8 ao\u00fbt 2018<br \/>\nJean Ortiz<\/p>\n<p>Les gu\u00e9rilleros&#8230; A la Lib\u00e9ration, nombre d\u2019entre eux furent d\u00e9cor\u00e9s pour leur contribution \u00e0 la victoire sur le nazisme. Mais pour eux, gu\u00e9rilleros antifascistes espagnols, pas d\u2019euphorie ; la guerre n\u2019\u00e9tait pas termin\u00e9e. La lutte frontale pour chasser Franco, ils la poursuivaient&#8230; Et seuls. Quasiment seuls. Le parti communiste d\u2019Espagne, le front \u00ab Union Nationale \u00bb (UNE) et la \u00ab Agrupaci\u00f3n de guerrilleros espa\u00f1oles (AGE-UNE-FFI)\u00a0 \u00bb, pr\u00e9paraient l\u2019op\u00e9ration arm\u00e9e \u00ab Reconquista \u00bb (\u00ab Reconqu\u00eate \u00bb) de l\u2019Espagne. Bouter Franco \u00e0 la mer ! Le contexte, celui de la victoire sur le fascisme, selon le PCE , s\u2019y pr\u00eatait. L\u2019initiative n\u2019\u00e9tait donc pas insens\u00e9e. Son \u00e9chec a servi cependant \u00e0 r\u00e9gler de nombreux comptes, internes et externes au PCE. \u00ab Il n\u2019existe \u00e0 ce jour, aucun document, aucun t\u00e9moignage de l\u2019\u00e9poque, attestant du d\u00e9saccord de quelque dirigeant communiste (espagnol) que ce soit avec l\u2019op\u00e9ration\u00bb[1].<br \/>\n\u00a0<br \/>\nOPERATION \u00ab RECONQUISTA \u00bb<br \/>\n\u00a0<br \/>\nDu 19 au 29 octobre 1944, 3000 gu\u00e9rilleros espagnols p\u00e9n\u00e8trent en Espagne, au Val d\u2019Aran, qu\u2019ils occupent. A \u00ab l\u2019attentisme \u00bb, \u00e0 la \u00ab strat\u00e9gie diplomatique \u00bb , les gu\u00e9rilleros opposent \u00ab le volontarisme \u00bb.<br \/>\nLes gouvernements fran\u00e7ais, anglais et am\u00e9ricain, consid\u00e8rent, eux, que \u00ab l\u2019Espagne ne les concerne pas \u00bb, et ils se drapent dans une sorte de nouvelle \u00ab non-intervention \u00bb, en r\u00e9alit\u00e9 tout \u00e0 fait interventionniste. Les combattants antifascistes espagnols se retrouvent une nouvelle fois l\u00e2ch\u00e9s par les \u00ab d\u00e9mocraties occidentales \u00bb et m\u00eame pers\u00e9cut\u00e9s, des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re. Non seulement ils entrent au Val d\u2019Aran dans de mauvaises conditions, mais on les abandonne, et on poursuivra m\u00eame ult\u00e9rieurement des militants qui ont pris pourtant leur part de sang \u00e0 la Lib\u00e9ration du pays qui les expulse. L\u2019\u00e9chec des \u00ab invasions \u00bb militaires provoque dans le PCE (et hors PCE) d\u2019interminables controverses et manipulations.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nSantiago Carrillo \u00ab en profite \u00bb pour \u00e9carter de la direction l\u2019homme de la reconstruction autonome du PCE, d\u00e8s le d\u00e9but de 1939, et artisan de l\u2019Union Nationale Espagnole, Jes\u00fas Monz\u00f3n. Deux ouvrages analysent cette p\u00e9riode et notamment le r\u00f4le de Monzon&#8230;[2] La CIA jette de l\u2019huile sur le feu. A posteriori, le 2 d\u00e9cembre 1948, elle le confirme en publiant un rapport dans lequel elle affirme que la direction du PCE aurait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment envoy\u00e9 au casse-pipe les meilleurs des gu\u00e9rilleros \u00bb[3]. Des historiens avaient d\u00e9j\u00e0 plus ou moins sugg\u00e9r\u00e9 cette hypoth\u00e8se, non \u00e9tablie, propagandistique, et relevant plut\u00f4t d\u2019une \u00ab litt\u00e9rature du ressentiment \u00bb[4].<br \/>\nLa situation internationale a pes\u00e9 dans l\u2019\u00e9chec&#8230; D\u00e8s mai 1944, un message de Churchill indiquait : l\u2019ESPAGNE, affaire des Espagnols. Au moment o\u00f9 les gu\u00e9rilleros p\u00e9n\u00e8trent, une note des RG indique que \u00ab Franco a le soutien de la presse occidentale et des Anglo-Am\u00e9ricains \u00bb[5].<br \/>\n\u00a0<br \/>\nCOMPRENDRE LE CONTEXTE<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLa r\u00e9sistance post\u00e9rieure \u00e0 1945 \u00e9tait en Espagne majoritairement communiste ; (quelques groupes libertaires s\u2019organis\u00e8rent en maquis surtout urbains), mais le PCE \u00e9tait le seul parti espagnol \u00e0 porter cette ligne de lutte arm\u00e9e insurrectionnelle antifranquiste ; et il l\u2019abandonnera en 1948. Sur \u00ab ordre \u00bb de Staline, a-t-on trop souvent \u00e9crit. Rien \u00e0 ce jour ne permet de le fonder vraiment. Le PCE a \u00ab infiltr\u00e9 \u00bb des centaines de militants arm\u00e9s en Espagne, dans le cadre de sa strat\u00e9gie de \u00ab Reconquista \u00bb, d\u2019insurrection nationale&#8230;<br \/>\n\u00a0<br \/>\nD\u00e8s l\u2019automne 1944, les autorit\u00e9s fran\u00e7aises d\u00e9clarent la fronti\u00e8re \u00ab zone interdite \u00bb. Le 27 juillet 1945, elles en \u00e9loignent les gu\u00e9rill\u00e9ros, afin qu\u2019ils ne puissent plus la franchir. Le capitalisme espagnol soutient plus que jamais son camp, qu\u2019il a grassement financ\u00e9 : la dictature . Et Franco, \u00ab sentinelle de l\u2019occident \u00bb, multiplie les gages envers la France\u00a0 (et vice-versa), pour un r\u00e9tablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLes brigades de gu\u00e9rilleros, dissoutes le 31 mars 1945 par le\u00a0 gouvernement provisoire de lib\u00e9ration, pour s\u2019en d\u00e9barrasser, deviennent des \u00ab bataillons de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. Par la suite, De Gaulle invitera les gu\u00e9rilleros espagnols \u00e0 partir combattre en Indochine, dans une sale guerre coloniale.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nAu pied des Pyr\u00e9n\u00e9es, pour beaucoup d\u2019 antifascistes espagnols d\u2019alors, la \u00ab Guerre froide \u00bb commence d\u00e8s l\u2019automne 1944. Objectif principal des \u00ab Alli\u00e9s \u00bb: isoler le PCE, consolider plus ou moins discr\u00e8tement Franco. Le PCE a construit en France un appareil clandestin, (surveill\u00e9 de pr\u00e8s par la DST) pour soutenir ses \u00ab maquis \u00bb de l\u2019int\u00e9rieur : gu\u00e9rilleros, passeurs, agents de liaison, d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes&#8230; Franco souhaite normaliser rapidement les relations avec Paris, \u00e0 condition que la France \u00ab nettoie \u00bb le grand sud-ouest, en \u00e9limine les \u00ab rouges \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9s en Espagne comme exag\u00e9r\u00e9ment influents en France. Depuis 1948, les rapports se d\u00e9g\u00e8lent lentement entre la dictature franquiste et le gouvernement fran\u00e7ais. La \u00ab Guerre froide \u00bb va faire du communisme le mal absolu. \u00ab L\u2019op\u00e9ration Bol\u00e9ro-Paprika\u00a0 va porter un coup s\u00e9rieux au PCE mais au-del\u00e0, aux autres organisations antifascistes, \u00e0 la France progressiste et \u00e0 la cause r\u00e9publicaine, qui n\u2019avait pas besoin de cela&#8230;<br \/>\nLe gouvernement fran\u00e7ais (22 ministres) socialistes et radicaux, (on dirait aujourd\u2019hui de \u00ab centre-gauche \u00bb), en place depuis juillet 1950 et pr\u00e9sid\u00e9 par Ren\u00e9 Pleven, r\u00e9prime sans m\u00e9nagement les grandes gr\u00e8ves ouvri\u00e8res&#8230; Le gouvernement comporte 9 ministres MRP, 8 Radicaux dont Edgar Faure, 4 PRL (Antoine Pinay) trois UDSR Union D\u00e9mocratique, socialiste, de la R\u00e9sistance. (Pleven, Mitterrand (secr\u00e9taire d\u2019Etat), Claudius Petit ), etc.<br \/>\nLe 7 septembre 1950, \u00e0 5h du matin, commence brutalement \u00ab l\u2019Op\u00e9ration Bol\u00e9ro-Paprika \u00bb ; des portes volent en \u00e9clats. A l\u2019aide de gros moyens, la rafle appara\u00eet comme l\u2019une des plus importantes de la \u00ab Guerre froide \u00bb[6] L\u2019Op\u00e9ration Bol\u00e9ro-Paprika vise des dizaines de militants exil\u00e9s en France, communistes espagnols (\u00ab bol\u00e9ro \u00bb) 13 Italiens, et quelques autres militants d\u2019Europe de l\u2019est : 59 Polonais, 4 Roumains, 14 Sovi\u00e9tiques (\u00ab Paprika \u00bb)&#8230; Au total la rafle, cette page noire, cette honteuse pers\u00e9cution de \u00ab h\u00e9ros \u00bb, s\u00e9pare des familles, accentue la duret\u00e9 des conditions de vie de l\u2019exil et des \u00ab doublement d\u00e9port\u00e9s \u00bb (une soixantaine en Corse)&#8230; Captur\u00e9s, 288 militants (selon les archives polici\u00e8res) dont 177 communistes espagnols, sont d\u00e9port\u00e9s, plac\u00e9s en r\u00e9sidence surveill\u00e9e, en Corse (61), en Alg\u00e9rie, et m\u00eame en \u00ab Allemagne de l\u2019Est \u00bb, en Tch\u00e9coslovaquie, assign\u00e9s \u00e0 r\u00e9sidence, ou en France m\u00e9tropolitaine, par d\u00e9cret (toujours pas abrog\u00e9), loin de chez eux. Ces anciens gu\u00e9rilleros font valoir leurs \u00e9tats de service&#8230; Rien ne dissuade Paris. Les int\u00e9r\u00eats de classe priment sur tout le reste. La \u00ab Guerre froide \u00bb percute de plein fouet un exil tr\u00e8s investi contre Franco&#8230;<br \/>\nLa presse espagnole, \u00ab Arriba \u00bb, \u00ab La Vanguardia \u00bb&#8230; exulte. Peu avant l\u2019op\u00e9ration, le PCE et le PSUC (communistes catalans) et leurs organisations f\u00e9minines, de jeunesse, syndicales&#8230; proches, leurs journaux et publications : \u00ab Mundo Obrero \u00bb, \u00ab Lluita \u00bb (organe du PSUC), \u00ab Nuestra Bandera \u00bb (revue th\u00e9orique), \u00ab El Obrero espa\u00f1ol \u00bb, \u00ab Solidaridad espa\u00f1ola \u00bb avaient \u00e9t\u00e9 interdits le 26 ao\u00fbt et le premier septembre les organisations communisantes ill\u00e9galis\u00e9es.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLa plupart des hauts dirigeants du PCE (L\u00edster, Carrillo, Claud\u00edn, Mije, Uribe, Ant\u00f3n, Luis Fern\u00e1ndez&#8230;)\u00b0 \u00e9chappent \u00e0 l\u2019arrestation. La direction communiste du puissant PCF parvint \u00e0 les informer afin qu\u2019ils puissent se cacher&#8230;<br \/>\n\u00a0<br \/>\n(fin de la premi\u00e8re partie)<br \/>\n\u00a0<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[1] \u00ab Rouges. Maquis de France et d\u2019Espagne. Les gu\u00e9rilleros \u00bb, coord Jean Ortiz, Biarritz, ed. Atlantica, 2006, p. 260<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[2] AZCARATE, Manuel (ancien dirigeant communiste) \u00ab Derrotas y esperanzas&#8230; \u00bb, Tusquets ed., Barcelona, 1994) et MARTORELL, Manuel, (journaliste et historien) Jes\u00fas Monz\u00f3n, el l\u00edder comunista olvivado por la historia \u00bb (Pamiela ed., Pamplona, 2000)<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[3] Rapport CIA, 2\/12\/ 1948, Barcelona, La Vanguardia, 17\/11\/2005<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[4] ARASA, Daniel, \u201cA\u00f1os 40: los maquis y el PCE\u201d, Barcelona, ed. Argos Vergara, 1984, MOR\u00c1N, Gregorio, \u201cMiseria y grandeza del PCE, 1939-1985\u201d, Barcelona, ed. Planeta, 1986<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[5] Note des RG, Pr\u00e9fecture des Basses Pyr\u00e9n\u00e9es, 2 oct. 1944, n 5249, Pau, ADPA, 1031W237<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[6] Archives nationales, Paris, F.7 161114<\/p>\n<p>UN \u00ab BOLERO \u00bb TR\u00c8S ANTI-COMMUNISTE . 2\u00e8me partie<br \/>\nLe g\u00e9n\u00e9ral communiste Enrique L\u00edster a jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans l\u2019organisation et la direction des \u00ab maquis \u00bb espagnols.<br \/>\nMercredi 8 ao\u00fbt 2018<br \/>\nJean Ortiz<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration \u00ab Reconquista de Espa\u00f1a\u00bb supposait \u00e9galement qu\u2019un h\u00f4pital de l\u2019arri\u00e8re, en France et pas loin de la fronti\u00e8re, serve de \u00ab retaguardia \u00bb m\u00e9dicale (arri\u00e8re-garde) aux gu\u00e9rilleros bless\u00e9s. Le PCE et \u00ab l\u2019Amicale des anciens FFI et r\u00e9sistants espagnols \u00bb am\u00e9nagent \u00e0 Toulouse, quartier Saint-Cyprien, un vieux b\u00e2timent qui devient \u00ab l\u2019H\u00f4pital Varsovie \u00bb, au 15 de la rue du m\u00eame nom, un h\u00f4pital de qualit\u00e9, solidaire, militant, qui peu \u00e0 peu op\u00e8re et soigne bien au-del\u00e0 des gu\u00e9rilleros. La plupart des m\u00e9decins sont militants du PCE ou proches de lui.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nL\u2019h\u00f4pital sera lui aussi, impitoyablement, victime du d\u00e9ploiement policier du gouvernement de \u00ab centre-droit et gauche \u00bb, de l\u2019 Op\u00e9ration de\u00a0 \u00ab Guerre froide \u00bb\u00a0 \u00ab Bol\u00e9ro-Paprika \u00bb ; \u00ab el hospital de los guerrilleros \u00bb, v\u00e9ritablement d\u00e9capit\u00e9, et ses m\u00e9decins espagnols arr\u00eat\u00e9s, d\u00e9port\u00e9s eux aussi, ou assign\u00e9s \u00e0 r\u00e9sidence, etc. Dans la journ\u00e9e m\u00eame, des m\u00e9decins communistes fran\u00e7ais prennent le relais, et l\u2019h\u00f4pital prendra le nom de \u00ab Joseph Ducuing \u00bb en hommage \u00e0 celui qui reprit la direction et le flambeau. La grande rafle suscite peu de r\u00e9actions en France de l\u2019\u00e9poque. Plus il est gros et r\u00e9p\u00e9t\u00e9, mieux le mensonge passe&#8230; \u00ab L\u2019Humanit\u00e9 \u00bb, la CGT, le PCF, la Ligue des Droits de l\u2019Homme&#8230; m\u00e8nent une campagne de d\u00e9nonciation et de solidarit\u00e9. Le chef d\u2019accusation finalement unique appliqu\u00e9 \u00e0 tous les d\u00e9tenus, au-del\u00e0 du grotesque : \u00ab intelligence avec une puissance \u00e9trang\u00e8re \u00bb, c\u2019est l\u2019accusation \u00ab d\u2019appartenance communiste \u00bb, et de surcro\u00eet \u00e9trang\u00e8re.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nL\u00e9on Blum vole au secours des \u00ab bol\u00e9ristes \u00bb et lance : \u00ab le communisme international a d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 la d\u00e9mocratie \u00bb[1].<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLes militants espagnols, int\u00e9gr\u00e9s aux syndicats fran\u00e7ais, luttent avec leurs camarades. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, de droite, gaullistes, socialistes, radicales, de \u00ab troisi\u00e8me force \u00bb, ha\u00efssent ces \u00ab rouges espagnols \u00bb r\u00e9volutionnaires, \u00ab bouffeurs de cur\u00e9s \u00bb, et de patrons. Une belle \u00ab union sacr\u00e9e \u00bb ! Le 29 octobre 1948, le pr\u00e9sident du gouvernement, en pleine gr\u00e8ve mini\u00e8re, accuse \u00ab la foule criminelle des communistes espagnols \u00bb d\u2019avoir \u00ab attaqu\u00e9 les forces de l\u2019ordre&#8230; \u00bb. Il fait porter aux Espagnols la responsabilit\u00e9 des affrontements sanglants, fruits de sa terrible r\u00e9pression contre les puits d\u2019Al\u00e8s, de Saint-Etienne, du Nord&#8230; et les mineurs gr\u00e9vistes. A partir de 1947, la France tourne le dos totalement aux R\u00e9publicains espagnols et se place ouvertement sous la tutelle des Etats-Unis.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLa presse fran\u00e7aise, \u00ab Le Figaro \u00bb en t\u00eate, accusent, eux-aussi, \u00ab la cinqui\u00e8me colonne \u00bb qui pr\u00e9parerait une \u00ab invasion sovi\u00e9tique \u00bb du sud de la France. Un danger mortel, totalement fantasm\u00e9, mais matraqu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 plus soif. Une telle parano , il faut le faire ! Ces propos sont repris par le tr\u00e8s r\u00e9f\u00e9rentiel \u00ab Le Monde \u00bb, et m\u00eame \u00ab Le Populaire \u00bb, journal du PS, \u00ab France Soir \u00bb&#8230; \u00ab L\u2019Humanit\u00e9 \u00bb s\u2019insurge contre l\u2019arrestation de 300 antifranquistes, et le gouvernement qui c\u00e8de aux pressions de Madrid[2], maltraite des h\u00e9ros de la R\u00e9sistance, veut \u00ab nettoyer \u00bb de leur pr\u00e9sence le grand sud de la France.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nPeu \u00e0 peu, la lutte des classes reprend ouvertement son cours normal. \u00ab Mieux vaut Franco que le \u2018frente crapular\u2019 ! \u00bb. Les socialistes jouent l\u2019attentisme ; en septembre 1945, le plenum du PSOE condamnait l\u2019organisation \u00ab de r\u00e9voltes et d\u2019incidents \u00bb qui pourrait l\u00e9gitimer, au plan international, l\u2019existence d\u2019un gouvernement de fait en Espagne \u00bb[3]. Le premier ao\u00fbt 1950, le s\u00e9nat nord-am\u00e9ricain avait autoris\u00e9 l\u2019octroi d\u2019un pr\u00eat de 62,5 millions de dollars \u00e0 l\u2019Espagne franquiste. Le 4 novembre 1950, l\u2019ONU revient sur sa r\u00e9solution du 12 d\u00e9cembre 1946 et autorise d\u00e9sormais ses membres \u00e0 r\u00e9tablir les relations diplomatiques avec l\u2019Espagne. D\u00e9cembre 1951, en ce qui concerne la France&#8230; Quelques semaines apr\u00e8s \u00ab Bol\u00e9ro-Paprika \u00bb. Tout est l\u00e0. Le 8 mai 1948, et le 14 juin 1949, la France et l\u2019Espagne avaient d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 des accords commerciaux et financiers.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nLe 23 septembre 1953, le pr\u00e9sident Eisenhower paraphe \u00e0 Madrid avec Franco, en grande pompe, les \u00ab Accords de Madrid \u00bb, en toute \u00ab coh\u00e9rence \u00bb : reconnaissance diplomatique du fascisme espagnol contre soutien \u00e9conomique et militaire de Washington, et quatre bases militaires.<br \/>\n\u00a0<br \/>\nComme Somoza, Franco \u00e9tait un \u00ab fils de pute \u00bb, mais c\u2019\u00e9tait \u00ab notre fils de pute \u00bb, comme le d\u00e9clara, un jour d\u2019inhabituelle lucidit\u00e9, le pr\u00e9sident nord-am\u00e9ricain.<br \/>\n\u00a0<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[1] DENOYER Aur\u00e9lie, \u00ab R\u00e9sonances fran\u00e7aises de la guerre d\u2019Espagne \u00bb, HAL, Archives ouvertes, ed. D\u2019Albray, 2011, p. 295-312.<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[2] Archives nationales, Paris, f 7\/16114, Bol\u00e9ro-Paprika<br \/>\n\u00a0<br \/>\n[3] SERRANO Segundino, \u00ab Maquis \u00bb, Madrid, ed. Temas de hoy, 2001, p. 145.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un \u00ab Bolero \u00bb tr\u00e8s anti-communiste 7 septembre 1950 , nom de code : \u00ab Op\u00e9ration Bolero-Paprika \u00bb. Une rafle du gouvernement Pleven, socialistes et \u00ab radicaux \u00bb entre autres, contre les \u00ab communistes \u00e9trangers \u00bb r\u00e9fugi\u00e9s en France&#8230; essentiellement espagnols. Mercredi 8 ao\u00fbt 2018 Jean Ortiz Les gu\u00e9rilleros&#8230; A la Lib\u00e9ration, nombre d\u2019entre eux &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=3901\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">L&rsquo;op\u00e9ration Bolero-Paprika<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-3901","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3901","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3901"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3901\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3903,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3901\/revisions\/3903"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3901"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3901"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3901"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}