{"id":3894,"date":"2023-04-16T12:25:06","date_gmt":"2023-04-16T11:25:06","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3894"},"modified":"2023-04-16T12:25:06","modified_gmt":"2023-04-16T11:25:06","slug":"winnipeg-le-navire-qui-a-mene-vers-lexil-des-centaines-despagnols-opprimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3894","title":{"rendered":"Winnipeg, le navire qui a men\u00e9 vers l\u2019exil des centaines d&rsquo;Espagnols opprim\u00e9s."},"content":{"rendered":"<p>Le 4 ao\u00fbt 1939, apr\u00e8s la d\u00e9faite des r\u00e9publicains dans la guerre civile, des centaines de familles espagnoles exil\u00e9es et survivant dans les camps de concentration fran\u00e7ais montent \u00e0 bord d&rsquo;un vieux cargo pour fuir vers le Chili. Et ce plan avait un p\u00e8re : le po\u00e8te Pablo Neruda. C&rsquo;est une histoire o\u00f9 la solidarit\u00e9 finit par vaincre la douleur.<\/p>\n<p>MARCEL BELTRAN@BELTRAN_MARCEL<br \/>\nToutes les histoires de guerre sont marqu\u00e9es par la cruaut\u00e9 et la souffrance. Certaines, cependant, s\u2019\u00e9chappent des lignes et avancent dans une direction oppos\u00e9e, comme si quelqu&rsquo;un les avait \u00e9crites \u00e0 l&rsquo;envers. En voici une d\u2019entre elles. Lola Patau avait cinq ans lorsqu&rsquo;elle est mont\u00e9e sur le bateau qui a chang\u00e9 sa vie avec sa m\u00e8re et son p\u00e8re. Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 88 ans, lorsqu&rsquo;elle d\u00e9croche \u00e0 l&rsquo;appel du journal P\u00fablico et qu&rsquo;on l&rsquo;interroge sur ce voyage plein d&rsquo;incertitudes, elle r\u00e9pond avec un enthousiasme implacable : \u00ab C&rsquo;\u00e9tait une belle aventure.\u00a0\u00bb<br \/>\nLola est une de ces plus de 2 000 personnes de nationalit\u00e9 espagnole qui, le 4 ao\u00fbt 1939, embarquent \u00e0 bord du Winnipeg depuis le port de Pauillac, pr\u00e8s de Bordeaux, pour se rendre au Chili. Des centaines de familles qui, apr\u00e8s avoir perdu la guerre civile, avaient travers\u00e9 la fronti\u00e8re avec bien d&rsquo;autres pour finir entass\u00e9es, la plupart, dans des camps de concentration fran\u00e7ais, o\u00f9 les conditions de vie \u00e9taient mis\u00e9rables. Ils n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 s\u2019inscrire lorsqu&rsquo;ils ont appris que Pablo Neruda y Abraham Ortega Aguayo, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res et du Commerce du gouvernement chilien de Pedro Aguirre Cerda, s&rsquo;\u00e9taient lanc\u00e9s dans l&rsquo;organisation d&rsquo;un voyage avec un vieux cargo pour emmener des victimes du franquisme de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique. Ce voyage,deviendrait en fait celui avec le plus grand contingent de passagers de toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;exil r\u00e9publicain espagnol. M\u00eame si personne ne savait alors comment ils seraient re\u00e7us lorsqu&rsquo;ils arriveraient \u00e0 destination.<br \/>\n\u00ab\u00a0Les filles et les gar\u00e7ons du Winnipeg \u00e9taient les plus choy\u00e9s par les membres de l\u2019\u00e9quipage. Tout le monde veillait sur nous. On jouait toute la journ\u00e9e, il y avait m\u00eame des professeurs qui nous donnaient des cours. Pour les adultes, peut-\u00eatre pas tant que \u00e7a, mais pour nous , sans aucun doute, ce furent quelques semaines tr\u00e8s heureuses\u00a0\u00bb, explique Lola, la voix claire, sans \u00e9gratignure. Elle est n\u00e9e \u00e0 Barcelone, ville dans laquelle elle est revenue apr\u00e8s avoir v\u00e9cu 24 ans \u00e0 Santiago du Chili. Son p\u00e8re travaillait pour la Generalitat de Catalunya et, apr\u00e8s le d\u00e9clenchement du conflit, il fut le premier \u00e0 franchir les Pyr\u00e9n\u00e9es. Il fut intern\u00e9 dans l&rsquo;un des camps situ\u00e9s au bord de la fronti\u00e8re, et arriva plus tard \u00e0 Toulouse, o\u00f9 il avait de la famille. Sa m\u00e8re a travers\u00e9 les montagnes pour le retrouver, puis est revenue  la chercher, elle qui \u00e9tait sa fille unique. Quelques mois apr\u00e8s, ils obtenaient une autorisation pour repartir de z\u00e9ro \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde. Le jour de leur embarquement, Neruda, qui \u00e9tait en France personnellement charg\u00e9 des pr\u00e9paratifs, a donn\u00e9 aux plus petits une mallette avec des produits d&rsquo;hygi\u00e8ne de base pour le voyage.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te, aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s remis en cause par la gauche et le f\u00e9minisme en raison de certains passages pol\u00e9miques de ses m\u00e9moires, a sympathis\u00e9 avec la cause r\u00e9publicaine puisqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 Consul du Chili en Espagne quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Apr\u00e8s la fin de la guerre civile et apprenant la situation dans laquelle des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient pi\u00e9g\u00e9s, il proposa d&rsquo;en aider quelques-uns en convainquant Aguirre Cerda de leur ouvrir les portes du Chili. Le pr\u00e9sident le nomma Consul sp\u00e9cial pour l&rsquo;\u00e9migration espagnole \u00e0 Paris pour coordonner le transfert. Le voyage fut financ\u00e9 par le Service d\u2019Evacuation des R\u00e9fugi\u00e9s Espagnols (SERE), la F\u00e9d\u00e9ration des Organisations Argentines pour les R\u00e9fugi\u00e9s Espagnols (FOARE) et le Comit\u00e9 Chilien d\u2019Aide au R\u00e9fugi\u00e9 Espagnol (CChARE), et compta aussi sur l\u2019appui financier de l\u2019Uruguay et de la Colombie.<br \/>\nBien que les secteurs les plus conservateurs et une grande partie de la presse du pays d\u2019accueil aient d&#8217;embl\u00e9e manifest\u00e9 leur rejet de cette id\u00e9e. \u00ab\u00a0Cela ne facilite pas l&rsquo;immigration, cela remplit nos rues de voyous\u00a0\u00bb, s&rsquo;est plaint un d\u00e9put\u00e9 de droite dans les couloirs du Congr\u00e8s chilien alors que le Winnipeg avait d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9 sa route qui, une fois avoir travers\u00e9 l&rsquo;Atlantique, devait passer par le canal de Panama et se diriger vers le sud \u00e0 travers le Pacifique. Le d\u00e9bat gagna les rues et  prit de l&rsquo;ampleur, beaucoup interpr\u00e9tant qu&rsquo;ils tendaient la main \u00e0 des \u00ab\u00a0rouges purs et \u00e0 des communistes\u00a0\u00bb. Aguirre Cerda lui-m\u00eame mena\u00e7a de faire marche arri\u00e8re. Mais \u00e0 ce moment-l\u00e0, gr\u00e2ce \u00e0 la pression d&rsquo;Ortega Aguayo, l&rsquo;un des visages les plus connus de son cabinet, pr\u00eat \u00e0 mettre sa d\u00e9mission dans la balance s&rsquo;il faisait avorter le projet. Pour le ramener \u00e0 la raison, il lui assura que le navire am\u00e8nerait de nombreux ouvriers qualifi\u00e9s au Chili.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avec Winnipeg est un exemple de la fa\u00e7on dont l&rsquo;immigration peut devenir un mod\u00e8le de succ\u00e8s absolu pour n&rsquo;importe quel pays\u00a0\u00bb, affirme Laura Martel, une \u00e9crivaine et sc\u00e9nariste canarienne qui a fait des recherches pendant des ann\u00e9es pour conna\u00eetre tous les d\u00e9tails de cette histoire. En 2014, elle lui d\u00e9die la bande dessin\u00e9e Winnipeg : le bateau de Neruda, avec des dessins d&rsquo;Antonia Santolaya, qui deviendra plus tard une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et pourrait bient\u00f4t \u00eatre un film. \u00ab\u00a0Le po\u00e8te lui-m\u00eame \u00e9tait charg\u00e9 de s\u00e9lectionner les membres de l&rsquo;\u00e9quipage et de r\u00e9diger les rapports pertinents pour le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Il a fait du bon travail, bien que Neruda ait \u00e9t\u00e9 un d\u00e9sastre pour ces choses l\u00e0, ce qui fait penser que la responsable du ce succ\u00e8s \u00e9tait  son \u00e9pouse, Delia del Carril, \u00ab\u00a0la petite fourmi\u00a0\u00bb raconte Laura.<br \/>\n Le gouvernement chilien avait ordonn\u00e9 que l\u2019on choisisse des  profils de techniciens avant tout, mais de nombreux p\u00eacheurs, paysans, ma\u00e7ons, cordonniers, artistes mont\u00e8rent \u00e9galement sur le cargo. Et leurs enfants, bien s\u00fbr.<br \/>\nTous, un mois seulement apr\u00e8s leur d\u00e9part, ont atteint la c\u00f4te chilienne. Certains ont d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Arica, o\u00f9 il n&rsquo;y avait m\u00eame pas de port et o\u00f9 le navire devait mouiller. La plupart sont descendus \u00e0 Valpara\u00edso. Au moment de son arriv\u00e9e, la Seconde Guerre mondiale venait de commencer. Le dernier tron\u00e7on du voyage devait se faire de nuit, pour \u00e9viter d&rsquo;\u00e9ventuelles attaques de sous-marins allemands. Ce que les migrants ont trouv\u00e9 sur cette autre c\u00f4te \u00e9tait loin de ce qu&rsquo;ils avaient tant craint. Le Chili les a re\u00e7us avec les honneurs. Une foule impressionnante s&rsquo;est bouscul\u00e9e sur la jet\u00e9e, grimpant sur les grues et les toits des immeubles pour les saluer. Il y avait des drapeaux, des banni\u00e8res et de la musique, ainsi que des stands de collecte de nourriture et de v\u00eatements.<br \/>\nDans la foule, un jeune homme \u00e0 lunettes au sourire franc tentait de gagner une place au premier rang en tant que repr\u00e9sentant du gouvernement. C&rsquo;\u00e9tait le ministre de la Sant\u00e9. Votre nom? Salvador Allende. Tous les doutes sur le bien-fond\u00e9 de l\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s d&rsquo;un trait de plume. Laura confirme ce rebondissement : \u00ab Les journaux chiliens, \u00e0 cette \u00e9poque, avaient deux \u00e9ditions. Le 3 septembre 1939, au matin, ils rapportaient que la guerre avait commenc\u00e9 en Europe. Et le soir, ils r\u00e9p\u00e9taient tous les m\u00eames titres. : ce sont des hommes, des femmes et des enfants pauvres qui ont tout perdu : accueillons-les. Le sentiment de solidarit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 instantan\u00e9. Personne n&rsquo;allait plus leur tourner le dos.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai jamais entendu de mauvaises paroles contre moi ou ma famille\u00a0\u00bb, se souvient Lola. \u00ab\u00a0Jamais\u00a0\u00bb. D\u00e8s le moment o\u00f9 l&rsquo;\u00e9quipage a pos\u00e9 le pied sur la terre ferme, ils ont su qu&rsquo;ils avaient trouv\u00e9 une nouvelle maison. Ce voile d&rsquo;espoir et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qui a fini par couvrir le voyage du Winnipeg est ce qui a fascin\u00e9 Laura d\u00e8s le d\u00e9but, ce qui l&rsquo;a pouss\u00e9e \u00e0 vouloir en savoir plus. \u00ab\u00a0Chaque fois qu&rsquo;on nous raconte des histoires de cette \u00e9poque, ce sont des histoires tragiques et cruelles qui montrent le pire des \u00eatres humains \u00ab\u00a0, raconte-t-elle. \u00ab\u00a0Mais cette histoire m&rsquo;a sembl\u00e9 \u00eatre l&rsquo;antidote \u00e0 tout \u00e7a. C&rsquo;\u00e9tait une histoire de solidarit\u00e9. Et la solidarit\u00e9 est l&rsquo;antidote \u00e0 la guerre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour \u00e9crire la bande dessin\u00e9e, qui devait d&rsquo;abord \u00eatre un documentaire, l&rsquo;\u00e9crivain s&rsquo;est rendu au Chili en 2010 pour interviewer ces exil\u00e9s encore vivants. \u00c0 sa grande surprise, apr\u00e8s tant de temps, loin du pays o\u00f9 ils sont n\u00e9s, elle a trouv\u00e9 des personnes pleines de vie et agr\u00e9ables qui lui ont offert de l&rsquo;aide de mani\u00e8re d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e. Ils lui ont remis les dossiers et les objets qu&rsquo;ils gardaient, ils lui ont racont\u00e9 les anecdotes dont ils se souvenaient du voyage, ils l&rsquo;ont mise en contact avec d&rsquo;autres passagers. Tout, sans rien demander en retour. \u00ab\u00a0Les gens qui ont \u00e0 un moment donn\u00e9 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la solidarit\u00e9 des autres sont des gens heureux\u00a0\u00bb, estime-t-il. \u00ab\u00a0Et pr\u00eat \u00e0 vous aider dans tout ce qu&rsquo;il faut.\u00a0\u00bb<br \/>\nLes passagers ont trouv\u00e9 au Chili une deuxi\u00e8me patrie dans laquelle ils ont tenter de reconstruire leur vie. Et le Chili a trouv\u00e9 en eux une poign\u00e9e de citoyens reconnaissants et pr\u00eats \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans leur soci\u00e9t\u00e9. Certains resteront pendant des d\u00e9cennies avant de retourner en Espagne (dont quelques-uns ont d\u00fb faire leurs valises apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat de Pinochet en 1973, avec lequel ils ont d\u00fb faire face \u00e0 un deuxi\u00e8me exil). D&rsquo;autres, directement, ne reviendraient jamais. Mais ils ont tous laiss\u00e9 leur empreinte sur le pays qui les a accueillis.<br \/>\nSur la liste des passagers de Winnipeg, par exemple, le nom de V\u00edctor Pey appara\u00eet, un ing\u00e9nieur de Madrid qui a combattu pendant la guerre civile avec les  r\u00e9publicains dans la colonne Durruti, et qui finira par devenir le propre conseiller d&rsquo;Allende lorsqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 pr\u00e9sident. . Soit dit en passant, Pey, avec son fr\u00e8re Ra\u00fal, a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de construire le premier port commercial d&rsquo;Arica dans les ann\u00e9es 1960. La m\u00eame ville que vingt ans auparavant ils avaient vue du pont du vieux cargo avec les yeux mouill\u00e9s apr\u00e8s 30 jours de navigation en haute mer. Voyageaient \u00e9galement sur le bateau Leopoldo Castedo, un historien renomm\u00e9 qui a fini par travailler \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale du Chili ; le peintre Jos\u00e9 Balmes, laur\u00e9at du Prix national des arts plastiques en 1999, ou Carmen Machado, la ni\u00e8ce des po\u00e8tes Antonio et Manuel. Et, bien \u00e9videmment, Roser Bru, qui d\u00e9barqua avec sa famille \u00e0 Valpara\u00edso en 1939 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans et est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des figures les plus influentes de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art chilien moderne, apr\u00e8s avoir expos\u00e9 ses peintures dans les mus\u00e9es les plus importants de monde, comme le MoMA de New York.<br \/>\nRoser Bru a continu\u00e9 \u00e0 voir Lola pendant des ann\u00e9es \u00e0 Santiago. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, au Centre Catal\u00e0, que les exil\u00e9s de la r\u00e9gion ont transform\u00e9 en un point de rencontre r\u00e9gulier pour parler et se se mettre \u00e0 jour. Dans le m\u00eame but, le Centre Basque, ou Centre R\u00e9publicain, situ\u00e9 au Caf\u00e9 Miraflores de cette m\u00eame capitale, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9. \u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons pas laiss\u00e9 le lien se perdre. Nous \u00e9tions comme une grande famille. Avec certaines personnes que j&rsquo;ai rencontr\u00e9es \u00e0 Winnipeg, nous avons continu\u00e9 \u00e0 rester en contact m\u00eame lorsque nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 retourn\u00e9s en Espagne\u00a0\u00bb, explique Lola.<br \/>\nDans son cas, elle est rentr\u00e9 chez elle en 1963, sur d\u00e9cision de son p\u00e8re. Pour elle, peut-\u00eatre un peu trop t\u00f4t. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 la plus touch\u00e9e, car toute ma jeunesse, ma carri\u00e8re et mes amis \u00e9taient au Chili\u00a0\u00bb, raconte-t-elle. Install\u00e9e \u00e0 Santiago, la famille subvient \u00e0 ses besoins pendant des ann\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une cave \u00e0 vins, Vi\u00f1a Santa Luc\u00eda. Elle s&rsquo;est inscrite \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Et plus encore : au fil du temps, elle est devenue la premi\u00e8re journaliste chilienne dipl\u00f4m\u00e9e, en se pr\u00e9sentant  et r\u00e9ussir avec deux autres camarades de classe aux examens de l&rsquo;\u00c9cole de journalisme r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9e. Elle reconnait que ces ann\u00e9es intenses et passionnantes sont encore tr\u00e8s fra\u00eeches dans sa m\u00e9moire : \u00ab\u00a0Comme on me le dit souvent, je suis plus chilienne que les haricots porotos chiliens, car j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9e l\u00e0-bas, et cela me semble toujours \u00eatre un pays merveilleux.\u00a0\u00bb Elle y est retourn\u00e9 en plusieurs occasions. Dans l&rsquo;une d&rsquo;elles, elle r\u00e9alise un r\u00eave : que ses enfants, catalans, connaissent la terre o\u00f9 leur m\u00e8re a grandi.<br \/>\nLe Winnipeg a quitt\u00e9 le port de Pauillac il y a 84 ans. Ce jour d&rsquo;ao\u00fbt, alors que le navire venait de lever l&rsquo;ancre, Neruda ouvrit son carnet et lui d\u00e9dia quelques mots : \u00ab Que la critique efface toute ma po\u00e9sie, si cela vous arrange. Mais ce po\u00e8me, dont je me souviens aujourd&rsquo;hui, personne ne pourra l\u2019effacer.\u00a0\u00bb Pour Laura Martel, malgr\u00e9 le fait que personne n&rsquo;ait pu l&rsquo;effacer, il est moins pr\u00e9sent qu&rsquo;il ne devrait l&rsquo;\u00eatre, notamment en Espagne, o\u00f9 beaucoup ne savent m\u00eame pas qu&rsquo;il a exist\u00e9. Le po\u00e8me de Winnipeg, un antidote \u00e0 la douleur. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un \u00e9pisode peu connu ici, mais parce que dans ce pays, pour des raisons absurdes, il y a une partie de la soci\u00e9t\u00e9 qui ne veut rien entendre de la guerre civile\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;auteur. Pour elle, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul rem\u00e8de pour combattre ce silence : \u00ab Raconter l&rsquo;histoire encore et encore, et encore et encore, jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e, de toutes les mani\u00e8res possibles. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il continuera \u00e0 faire.<br \/>\nTraduction par mes soins de l&rsquo;article du journal Publico de Marcel Beltran Winnipeg, el barco que llev\u00f3 al exilio a cientos de represaliados espa\u00f1oles<\/p>\n<p>\u200b Winnipeg, el barco que llev\u00f3 al exilio a cientos de represaliados espa\u00f1oles<\/p>\n<p>\u200b El 4 de agosto de 1939, tras la derrota del bando republicano en la guerra civil, cientos de familias espa\u00f1olas que se hab\u00edan exiliado y malviv\u00edan en campos de concentraci\u00f3n franceses se subieron a un viejo carguero para huir a Chile. Y aquel plan ten\u00eda un padre: el poeta Pablo Neruda. Esta es una historia en la que la solidaridad le gana el pulso al dolor.<\/p>\n<p>MARCEL BELTRAN@BELTRAN_MARCEL<br \/>\nTodas las historias de guerra est\u00e1n marcadas por la crueldad y el sufrimiento. Algunas, sin embargo, escapan de los renglones y avanzan en direcci\u00f3n contraria, como si alguien las hubiera escrito al rev\u00e9s. Esta es una de ellas. Lola Patau\u00a0ten\u00eda cinco a\u00f1os cuando se subi\u00f3 con su madre y su padre al barco que le cambi\u00f3 la vida. Hoy, a los 88, cuando descuelga la llamada de\u00a0P\u00fablico\u00a0y le preguntan por ese viaje colmado de incertidumbres, responde con un entusiasmo implacable: \u00ab\u00a0Fue una gran aventura\u00a0\u00bb.<br \/>\nLola fue una de las m\u00e1s de 2.000 personas con nacionalidad espa\u00f1ola que el 4 de agosto de\u00a01939 zarparon a bordo del Winnipeg\u00a0desde el puerto de Pauillac, cerca de Burdeos, para\u00a0dirigirse a Chile. Cientos de familias que, despu\u00e9s de perder la guerrra civil, hab\u00edan cruzado la frontera junto a muchas otras para acabar hacinadas, la mayor\u00eda, en campos de concentraci\u00f3n franceses, donde las condiciones de vida eran miserables. Y que no dudaron en postularse cuando supieron que Pablo Neruday Abraham Ortega Aguayo, ministro de Relaciones Exteriores y Comercio del Gobierno chileno de Pedro Aguirre Cerda, se hab\u00edan embarcado en la organizaci\u00f3n de una traves\u00eda con un antiguo carguero para\u00a0llevarse a represaliados del franquismo al otro lado del Atl\u00e1ntico. Aquel viaje, a la postre, se convertir\u00eda en el de mayor contingente de pasajeros de toda la historia del\u00a0Exilio republicano espanol. Aunque entonces nadie sab\u00eda c\u00f3mo iban a ser recibidos cuando llegaran a su destino.<br \/>\n\u00ab\u00a0Las ni\u00f1as y los ni\u00f1os del Winnipeg \u00e9ramos los m\u00e1s privilegiados de la tripulaci\u00f3n. Todo el mundo estaba pendiente de nosotros. Jug\u00e1bamos todo el d\u00eda, incluso hab\u00eda algunas profesoras que nos daban clase. Para los adultos, quiz\u00e1 no tanto, pero para nosotros, sin duda, fueron unas semanas muy felices\u00a0\u00bb, explica Lola, la voz clara, sin un raspeo. Naci\u00f3 en Barcelona, ciudad a la que volvi\u00f3 despu\u00e9s de vivir 24 a\u00f1os en Santiago de Chile. Su padre trabajaba en la Generalitat de Catalunya, y, tras estallar el conflicto, fue el primero en atravesar los Pirineos. Ingres\u00f3 en uno de los campos situados al borde de la frontera, y m\u00e1s tarde lleg\u00f3 a Toulouse, donde ten\u00eda familia. Su madre cruz\u00f3 las monta\u00f1as para encontrarlo, y luego volvi\u00f3 a por ella, su \u00fanica hija. A los pocos meses conseguir\u00edan un permiso para empezar de cero en la otra punta del mundo. El d\u00eda que embarcaron,Neruda que estaba en Francia encarg\u00e1ndose personalmente de los preparativos, les regalaba a los m\u00e1s peque\u00f1os un malet\u00edn con productos b\u00e1sicos de higiene para que los acompa\u00f1ara en el trayecto.<br \/>\nEl poeta, hoy muy cuestionado por la izquierda y el feminismo debido a algunos pasajes pol\u00e9micos de sus memorias,\u00a0simpatizaba con la causa republicanadesde que ejerciera unos a\u00f1os antes como c\u00f3nsul chileno en Espa\u00f1a. Tras acabar la guerra civil y conocer la situaci\u00f3n en la que hab\u00edan quedado atrapados miles de refugiados, se prest\u00f3 a ayudar a unos cuantos convenciendo a\u00a0Aguirre Cerda\u00a0para que les abriera las puertas de\u00a0Chile.El presidente lo nombr\u00f3 C\u00f3nsul Especial de Emigraci\u00f3n Espa\u00f1ola en Par\u00eds para que coordinara el traslado. El viaje lo financiar\u00edan el Servicio de Evacuaci\u00f3n de los Refugiados Espa\u00f1oles (SERE), la Federaci\u00f3n de Organizaciones Argentinas pro Refugiados Espa\u00f1oles (FOARE) y el Comit\u00e9 Chileno de Ayuda al Refugiado Espa\u00f1ol (CChARE), y tambi\u00e9n contar\u00eda con el apoyo econ\u00f3mico de Uruguay y Colombia.<br \/>\nAunque los sectores m\u00e1s conservadores y gran parte de la prensa del pa\u00eds receptor mostraron desde el primer momento su rechazo a aquella idea. \u00ab\u00a0Esto no es facilitar la inmigraci\u00f3n, esto es llenar nuestras calles de maleantes\u00a0\u00bb, lleg\u00f3 a quejarse un diputado de derechas en los salones del Congreso chileno cuando el Winnipeg ya hab\u00eda trazado su ruta, que, una vez cruzado el Atl\u00e1ntico, deb\u00eda pasar por el Canal de Panam\u00e1 y dirigirse por el Pac\u00edfico hacia el sur. La discusi\u00f3n salt\u00f3 a las calles y subi\u00f3 de tono, al interpretar muchos que se estaba tendiendo la mano a \u00ab\u00a0puros rojos y comunistas\u00a0\u00bb. Aguirre Cerda, incluso, amag\u00f3 con echarse para atr\u00e1s. Pero en ese punto fue clave la presi\u00f3n de\u00a0Ortega Aguayo, una de las caras m\u00e1s conocidas de su gabinete, que le comunic\u00f3 que estaba dispuesto a presentar su dimisi\u00f3n si abortaba el proyecto. Para que entrara en raz\u00f3n, le asegur\u00f3 que aquel buque traer\u00eda muchas trabajadoras y trabajadores cualificados a Chile<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lo que ocurri\u00f3 con el Winnipeg es un ejemplo de c\u00f3mo la inmigraci\u00f3n puede ser un caso de \u00e9xito absoluto para cualquier pa\u00eds\u00a0\u00bb, reivindica\u00a0Laura Martel, escritora y guionista canaria que se document\u00f3 durante a\u00f1os para conocer todos los detalles de la historia. En 2014 le dedic\u00f3 la novela gr\u00e1fica\u00a0Winnipeg: el barco de Neruda, con dibujos de Antonia Santolaya, que luego fue obra de teatro y pronto podr\u00eda ser pel\u00edcula. \u00ab\u00a0El propio poeta se encargaba de seleccionar a los tripulantes\u00a0y de redactar los informes pertinentes para el Ministerio de Relaciones Exteriores. Hizo un buen trabajo, aunque Neruda era un desastre para estas cosas, lo que hace pensar que mucha culpa de ese \u00e9xito la tuviera su esposa,\u00a0Delia del Carril, la Hormiguita\u00a0\u00bb, detalla Laura. El Gobierno chileno hab\u00eda ordenado que se eligieran sobre todo perfiles t\u00e9cnicos, pero al carguero subieron tambi\u00e9n muchos pescadores, campesinos, alba\u00f1iles, zapateros, artistas. Y sus hijos, claro.<br \/>\nTodos ellos, un mes justo despu\u00e9s de partir, alcanzaron las costas chilenas. Algunos desembarcaron en Arica, donde ni tan siquiera hab\u00eda puerto y el barco tuvo que fondear. La mayor\u00eda baj\u00f3 en Valpara\u00edso. En el momento de su llegada acababa de empezar la Segunda Guerra Mundial. El \u00faltimo tramo del trayecto se tuvo que hacer de noche, para evitar posibles atentados de submarinos alemanes. Aunque lo que los desplazados encontraron en el otro costado distaba mucho de lo que tanto hab\u00edan temido.\u00a0Chile los recib\u00eda por todo lo alto. Una multitud impresionante colapsaba el muelle, subi\u00e9ndose a las gr\u00faas y a los tejados de los edificios para saludarlos. Hab\u00eda banderas, pancartas y m\u00fasica, adem\u00e1s de puestos de recogida de ropa y comida.<br \/>\nEntre la muchedumbre, un jovencito con gafas y una sonrisa prominente trataba de hacerse un hueco en la primera fila como representante del Gobierno. Era el ministro de Sanidad. \u00bfSu nombre?\u00a0Salvador Allende.Todas las dudas acerca de la conveniencia de acoger a los refugiados se hab\u00edan borrado de un plumazo. Laura confirma ese giro: \u00ab\u00a0Los peri\u00f3dicos de Chile, en aquella \u00e9poca, ten\u00edan dos ediciones. El 3 de septiembre de 1939, por la ma\u00f1ana, informaron de que la guerra hab\u00eda comenzado en Europa. Y por la noche, todos repet\u00edan los mismos titulares:\u00a0Son pobres hombres, mujeres y ni\u00f1os que lo han perdido todo: d\u00e9mosles la bienvenida. El sentimiento de solidaridad fue instant\u00e1neo. Nadie les iba a dar la espalda\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nunca escuch\u00e9 una mala palabra contra m\u00ed o contra mi familia\u00a0\u00bb, recuerda Lola. \u00ab\u00a0Nunca\u00a0\u00bb. Desde el instante en el que la tripulaci\u00f3n pis\u00f3 tierra firme, supieron que hab\u00edan encontrado un nuevo hogar. Ese velo de esperanza y generosidad que acab\u00f3 cubriendo el periplo del Winnipeg es el que fascin\u00f3 a Laura desde el principio, lo que la empuj\u00f3 a querer conocer m\u00e1s. \u00ab\u00a0Siempre que nos cuentan historias de aquellos tiempos, son historias tr\u00e1gicas, crueles, que muestran lo peor que tiene el ser humano\u00a0\u00bb, razona. \u00ab\u00a0Pero esa historia me pareci\u00f3 que era el ant\u00eddoto a todo eso. Era un relato de solidaridad. Y la solidaridad es el ant\u00eddoto a la guerra\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Para escribir el c\u00f3mic, que primero ten\u00eda que ser un documental, la escritora viaj\u00f3 a Chile en 2010 para\u00a0entrevistarse con aquellos exiliados\u00a0que todav\u00eda viv\u00edan. Para su sorpresa, despu\u00e9s de tanto tiempo lejos del pa\u00eds en el que hab\u00edan nacido, se encontr\u00f3 a personas vitales, agradables, que le brindaban ayuda desinteresadamente. Pon\u00edan en sus manos los archivos y los objetos que conservaban, le contaban las an\u00e9cdotas que recordaban de la traves\u00eda, la pon\u00edan en contacto con otros pasajeros. Todo, sin pedir nada a cambio. \u00ab\u00a0La gente que ha sido en alg\u00fan momento beneficiaria de la solidaridad de los dem\u00e1s, es gente feliz\u00a0\u00bb, reflexiona. \u00ab\u00a0Y dispuesta a ayudarte en lo que haga falta\u00a0\u00bb.<br \/>\nLos tripulantes encontraron en Chile una segunda patria en la que intentar reconstruir sus vidas. Y Chile encontr\u00f3 en ellos un pu\u00f1ado de ciudadanos agradecidos que estaban dispuestos a integrarse en su sociedad. Algunos se quedar\u00edan por d\u00e9cadas antes de volver a Espa\u00f1a (de esos, unos cuantos tuvieron que hacer las maletas tras  el golpe de estado de Pinochet en el 73, con lo que tuvieron que afrontar un segundo exilio). Otros, directamente, ya no regresar\u00edan nunca. Pero todos dejaron su huella en el pa\u00eds que los acogi\u00f3<br \/>\nEn la lista de pasajeros del Winnipeg, por ejemplo, aparece el nombre de\u00a0V\u00edctor Pey, ingeniero madrile\u00f1o que luch\u00f3 en la guerra civil por el bando republicano en la Columna Durruti, y que a la larga acabar\u00eda siendo\u00a0consejero del propio Allende\u00a0cuando este fue nombrado presidente. Pey, por cierto, se encarg\u00f3 junto a su hermano Ra\u00fal de la construcci\u00f3n del primer puerto comercial de Arica en los 60. S\u00ed, la misma ciudad que veinte a\u00f1os antes hab\u00edan visto desde la cubierta del viejo carguero con los ojos h\u00famedos despu\u00e9s de 30 d\u00edas navegando en alta mar. En la embarcaci\u00f3n tambi\u00e9n viajaban\u00a0Leopoldo Castedo, reconocido historiador\u00a0que acab\u00f3 trabajando en la Biblioteca Nacional de Chile;\u00a0el pintor Jos\u00e9 Balmes, que fue galardonado en 1999 con el Premio Nacional de Artes Pl\u00e1sticas, o\u00a0Carmen Machado, la sobrina de los poetas Antonio y Manuel. Y, por supuesto,\u00a0Roser Bru, que desembarc\u00f3 con su familia en Valpara\u00edso en el 39 con 16 a\u00f1os y hoy est\u00e1 considerada como una de las figuras m\u00e1s influyentes de la historia del arte moderno chileno, tras exponer sus cuadros en los museos m\u00e1s importantes del mundo, como el MoMA de Nueva York.<\/p>\n<p>Roser Bru se sigui\u00f3 viendo durante a\u00f1os en Santiago con Lola. Concretamente, en el Centre Catal\u00e0, que los exiliados provenientes de la regi\u00f3n convirtieron en un punto de encuentro habitual para conversar y ponerse al d\u00eda. Con id\u00e9ntico prop\u00f3sito se fund\u00f3 el Centro Vasco, o el Centro Republicano, ubicado en el Caf\u00e9 Miraflores de la misma capital. \u00ab\u00a0No dejamos que el v\u00ednculo se perdiera. \u00c9ramos como una gran familia. Con algunas personas que conoc\u00ed en el Winnipeg seguimos quedando incluso cuando ya hab\u00edamos vuelto a Espa\u00f1a\u00a0\u00bb, precisa Lola.<br \/>\nEn su caso,\u00a0regres\u00f3 a casa en 1963, por decisi\u00f3n de su padre. Para ella, tal vez demasiado pronto. \u00ab\u00a0Yo fui la m\u00e1s perjudicada, porque toda mi juventud, mi carrera y mis amigos estaban en Chile\u00a0\u00bb, se\u00f1ala. Instalada en Santiago, la familia se mantuvo durante a\u00f1os gracias a una bodega de vinos, Vi\u00f1a Santa Luc\u00eda. Ella se apunt\u00f3 a la universidad. No solo eso: con el tiempo, se convirti\u00f3 en la\u00a0primera periodista titulada chilena, al presentarse y aprobar junto a otros dos compa\u00f1eros los ex\u00e1menes de la Escuela de Periodismo, creada hac\u00eda poco. Admite que aquellos a\u00f1os intensos y apasionantes siguen muy frescos en su memoria: \u00ab\u00a0Como suelen decirme, yo soy m\u00e1s chilena que los porotos, porque me eduqu\u00e9 all\u00ed, y me sigue pareciendo un pa\u00eds maravilloso\u00a0\u00bb. Ha vuelto en varias ocasiones. En una de ellas, cumpli\u00f3 un sue\u00f1o: que sus hijos, catalanes, conocieran la tierra en la que creci\u00f3 su madre.<br \/>\nEl Winnipeg dej\u00f3 atr\u00e1s el puerto de Pauillac hace 84 a\u00f1os. Aquel d\u00eda de agosto, cuando el barco acababa de levar anclas, Neruda abri\u00f3 su cuaderno y le dedic\u00f3 unas palabras: \u00ab\u00a0Que la cr\u00edtica borre toda mi poes\u00eda, si le parece. Pero este poema, que hoy recuerdo, no podr\u00e1 borrarlo nadie\u00a0\u00bb. Para Laura Martel, pese a que nadie haya sido capaz de borrarlo, se tiene menos presente de lo que se deber\u00eda, sobre todo en Espa\u00f1a, donde muchos ni tan siquiera saben que existi\u00f3. El poema del Winnipeg, un ant\u00eddoto contra el dolor. \u00ab\u00a0Es un episodio que aqu\u00ed se conoce poco, pero porque en este pa\u00eds, por motivos absurdos, hay una parte de la sociedad que no quiere o\u00edr hablar de nada que est\u00e9 relacionado con la guerra civil\u00a0\u00bb, dice la autora. Para ella, solo hay un remedio para combatir ese silencio: \u00ab\u00a0Contar la historia una y otra vez, y otra m\u00e1s, hasta la saciedad, de todas las formas posibles\u00a0\u00bb. Es lo que seguir\u00e1 haciendo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 4 ao\u00fbt 1939, apr\u00e8s la d\u00e9faite des r\u00e9publicains dans la guerre civile, des centaines de familles espagnoles exil\u00e9es et survivant dans les camps de concentration fran\u00e7ais montent \u00e0 bord d&rsquo;un vieux cargo pour fuir vers le Chili. Et ce plan avait un p\u00e8re : le po\u00e8te Pablo Neruda. 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