{"id":3778,"date":"2022-10-15T13:11:12","date_gmt":"2022-10-15T12:11:12","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3778"},"modified":"2022-10-15T13:11:29","modified_gmt":"2022-10-15T12:11:29","slug":"se-souvenir-du-massacre-de-vitoria-gazteiz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3778","title":{"rendered":"Se souvenir du massacre de Vitoria-Gazteiz"},"content":{"rendered":"<p><em>En Espagne, si l\u2019ann\u00e9e 1975 est marqu\u00e9e par la mort du dictateur Franco, le r\u00e9gime autoritaire et r\u00e9pressif franquiste ne s\u2019\u00e9teint pas avec lui. Jusqu\u2019aux premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives, en 1977, les manifestations se multiplient dans le pays. L\u2019une d\u2019elles se tient le 3 mars 1976 \u00e0 Vitoria-Gasteiz, dans le Pays Basque. L\u2019intervention de la police conduit \u00e0 un massacre : cinq manifestants sont tu\u00e9s par balle, une centaine bless\u00e9s. Depuis, le souvenir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement fait l\u2019objet d\u2019un combat permanent. L\u2019auteur du pr\u00e9sent texte revient sur l\u2019histoire r\u00e9cente d\u2019un processus m\u00e9moriel qui, dans l\u2019Espagne contemporaine, doit composer avec le d\u00e9ni des crimes perp\u00e9tr\u00e9s sous le r\u00e9gime franquiste.<\/em><\/p>\n<p>3 mars 1976. 18 000 personnes sont en gr\u00e8ve \u00e0 Vitoria-Gasteiz au Pays Basque. 80 usines sont ferm\u00e9es ou occup\u00e9es par les travailleurs. Apr\u00e8s la tenue de plusieurs assembl\u00e9es dans ces derni\u00e8res, des manifestations partent de fa\u00e7on simultan\u00e9e des diff\u00e9rents quartiers ouvriers de la ville. 12 000 personnes arrivent devant l\u2019\u00e9glise San Francisco o\u00f9 une assembl\u00e9e est pr\u00e9vue \u00e0 17 heures. Parmi elles, 5 000 parviennent \u00e0 rentrer dans l\u2019\u00e9difice tandis que les 7 000 autres restent aux alentours, bloqu\u00e9es par la police qui encercle l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>Elle proc\u00e8de \u00e0 son \u00e9vacuation en jetant des gaz lacrymog\u00e8nes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, ce qui provoque la panique des gr\u00e9vistes qui se ruent hors du b\u00e2timent. La police, comme en t\u00e9moigne les enregistrements de leurs communications radio (1) se sent accul\u00e9e et menac\u00e9e. Au moment o\u00f9 les gr\u00e9vistes sortent de l\u2019\u00e9difice, elle tire \u00e0 balles r\u00e9elles, provoquant une centaine de bless\u00e9s, dont vingt graves, et la mort de cinq personnes. Deux jours plus tard, environ 70 000 travailleurs assistent aux fun\u00e9railles des ouvriers tu\u00e9s. Puis le lundi 8 mars, une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale r\u00e9unit 600 000 personnes dans la rue pour exiger la dissolution des corps de police arm\u00e9e et un proc\u00e8s pour les responsables du massacre du 3 mars. Ce jours-l\u00e0, deux autres personnes meurent sous les balles.<a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11.png\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"289\" class=\"alignnone size-full wp-image-3783\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11.png 290w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 290px) 100vw, 290px\" \/><\/a><\/p>\n<p>1er juin 2021. Le roi d\u2019Espagne Felipe VI et le chef du gouvernement Pedro S\u00e1nchez inaugurent \u00e0 Vitoria-Gasteiz le Centre-m\u00e9morial des victimes du terrorisme. Il s\u2019agit d\u2019un mus\u00e9e dont l\u2019acc\u00e8s est gratuit, o\u00f9 le public peut s\u2019informer et rendre hommage aux 1 453 victimes du terrorisme comptabilis\u00e9es depuis 1960, date de l\u2019assassinat d\u2019une enfant, Bego\u00f1a U\u00f1oz, par le DRIL (2) jusqu\u2019aux deux reporters espagnols David Beriain et Roberto Fraile, ex\u00e9cut\u00e9s par Al-Qaeda en avril dernier. Si le m\u00e9morial englobe l\u2019ensemble des actions terroristes des derni\u00e8res d\u00e9cennies \u2014 de l\u2019attentat de l\u2019Hypercor par l\u2019ETA le 19 juin 1987 en passant par celui de la gare d\u2019Atocha de Madrid le 11 mars 2004 \u2014 il n\u2019int\u00e8gre pas les victimes de la r\u00e9pression franquiste et notamment celles du franquisme tardif, c\u2019est-\u00e0-dire celles situ\u00e9es entre le 20 novembre 1975, date de la mort du dictateur, et juin 1977, moment des premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives depuis 1936. Bien qu\u2019un nouveau r\u00e9gime m\u00e9moriel se soit consolid\u00e9 durant les ann\u00e9es 2000, accompagn\u00e9 de nouveaux termes comme \u00ab violations des droits de l\u2019homme \u00bb, \u00ab impunit\u00e9 \u00bb, \u00ab crimes contre l\u2019humanit\u00e9 \u00bb, pour caract\u00e9riser le pass\u00e9 franquiste, ce dernier n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un r\u00e9gime politique dont l\u2019appareil r\u00e9pressif pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de terrorisme d\u2019\u00c9tat. Les victimes de la violence d\u2019\u00c9tat franquiste, et notamment du second franquisme (1960\u20131977), ne sont donc pas reconnues officiellement comme telles.<a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/12.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/12.png\" alt=\"\" width=\"614\" height=\"380\" class=\"alignnone size-full wp-image-3782\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/12.png 614w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/12-300x186.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 614px) 100vw, 614px\" \/><\/a><\/p>\n<p>    \u00ab Apr\u00e8s la mort du dictateur, le r\u00e9gime a employ\u00e9 la violence et la terreur pour mettre un terme aux mobilisations populaires d\u2019une ampleur in\u00e9dite, comme cela fut le cas \u00e0 Vitoria. \u00bb<\/p>\n<p>Le pacte de silence \u00e9rig\u00e9 pendant la p\u00e9riode dite de transition d\u00e9mocratique \u2014 un pacte d\u2019oubli autant que d\u2019amn\u00e9sie \u2014, scell\u00e9 par la loi d\u2019amnistie d\u2019octobre 1977 (3), a permis la lib\u00e9ration des prisonniers politiques, mais a \u00e9galement garanti l\u2019impunit\u00e9 aux criminels franquistes (4). La l\u00e9gitimit\u00e9 de cette loi a \u00e9t\u00e9 remise en question par le mouvement citoyen de \u00ab r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire historique \u00bb qui a abouti en 2007 \u00e0 la loi dite de \u00ab m\u00e9moire historique \u00bb. Cependant, le texte comporte de nombreux \u00e9cueils. Si la loi de 2007 condamne officiellement le franquisme et d\u00e9clare ill\u00e9gitimes les sentences prononc\u00e9es par la dictature franquiste, elle ne les annule pas et n\u2019affirme pas l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 des tribunaux franquistes (5). Faisant face \u00e0 ces manquements, les associations m\u00e9morielles se sont tourn\u00e9es vers la justice internationale pour les combattre. Elles ont aussi construit des instruments de lutte au service de la v\u00e9rit\u00e9, de la justice et de la r\u00e9paration (6).<\/p>\n<p>Dans leur sillage, d\u2019autres acteurs, comme l\u2019association des victimes du massacre du 3 mars 1976, ont \u00e9galement entrepris des recours devant les tribunaux tout en d\u00e9ployant d\u2019autres ressources afin d\u2019\u00eatre reconnus par l\u2019\u00c9tat comme victimes du terrorisme et demander justice. Cette mobilisation s\u2019articule \u00e0 la volont\u00e9 de combattre l\u2019oubli de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, un oubli qui s\u2019explique en partie parce que la transition apparait, aujourd\u2019hui encore, comme une p\u00e9riode mythifi\u00e9e, fond\u00e9e sur un imaginaire politique o\u00f9 le processus de d\u00e9mocratisation aurait \u00e9t\u00e9 pacifique et mod\u00e9r\u00e9e. Pourtant, les travaux scientifiques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont montr\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s la mort du dictateur, le r\u00e9gime a employ\u00e9 la violence et la terreur pour mettre un terme aux mobilisations populaires d\u2019une ampleur in\u00e9dite, comme cela fut le cas \u00e0 Vitoria (7).<a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/13.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/13.png\" alt=\"\" width=\"593\" height=\"367\" class=\"alignnone size-full wp-image-3781\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/13.png 593w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/13-300x186.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En montrant les ressources d\u00e9ploy\u00e9es par l\u2019association de victimes du 3 mars, on aborde tout un r\u00e9pertoire d\u2019actions allant de la construction d\u2019un lieu de m\u00e9moire sur le lieu du massacre, jusqu\u2019\u00e0 la saisie de la justice pour obtenir des r\u00e9parations aupr\u00e8s de l\u2019\u00c9tat. Dans ce processus, on le verra, les autorit\u00e9s publiques, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale, ne sont pas exclues. Enfin, si l\u2019objectif est d\u2019obtenir justice et d\u2019\u00eatre reconnus comme victimes du terrorisme, cela s\u2019accompagne aussi de la volont\u00e9 de construire un r\u00e9cit des \u00e9v\u00e9nements qui rompt avec l\u2019imaginaire politique de la transition et conteste les politiques m\u00e9morielles men\u00e9es par l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re de terrorisme.<\/p>\n<p><strong>Contre l\u2019oubli et pour la justice : la construction d\u2019un lieu de m\u00e9moire<\/strong><\/p>\n<p>Depuis 45 ans, la mobilisation initi\u00e9e par l\u2019association des familles de victimes du 3 mars se traduit par la volont\u00e9 de faire du quartier de Zaramaga, l\u2019un des principaux quartiers ouvriers de la ville, un lieu de m\u00e9moire. C\u2019est l\u00e0 que la mobilisation en 1976 a \u00e9t\u00e9 la plus suivie ; l\u00e0, aussi, dans l\u2019\u00e9glise San Francisco, que les ouvriers ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par la police. Alors que des collectifs comme l\u2019association pour la r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire historique (ARMH) m\u00e8nent depuis le milieu des ann\u00e9es 1990 un combat contre l\u2019oubli, combat qui s\u2019est traduit par l\u2019exhumation des fosses communes (8), l\u2019association de victimes du 3 mars, elle, s\u2019engage dans un processus de mise en m\u00e9moire du lieu du massacre. Son objectif, selon ses mots : diffuser \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour combattre l\u2019oubli et pour combattre les interpr\u00e9tations et justifications de l\u2019\u00c9tat post-franquiste (9) \u00bb. Chaque ann\u00e9e, des centaines de personnes se r\u00e9unissent pour honorer les victimes. Lors de l\u2019un de ces rassemblements, un monolithe fabriqu\u00e9 par les ouvriers de l\u2019usine Forjas Alavesas a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 dans le quartier \u2014 une \u0153uvre repr\u00e9sentant un poing lev\u00e9, symbole de la combativit\u00e9 ouvri\u00e8re. Une plaque, situ\u00e9e sur son socle, rappelle au public l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique du massacre. Cette initiative constitue une \u00e9tape importante de la mobilisation visant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer une m\u00e9moire ouvri\u00e8re que les acteurs estiment pass\u00e9e sous silence au profit d\u2019une vision h\u00e9g\u00e9monique de la transition. Afin de mener \u00e0 bien ce projet, l\u2019association a sollicit\u00e9 le soutien des autorit\u00e9s publiques locales pour entamer des d\u00e9marches judiciaires dans le but de d\u00e9terminer les responsabilit\u00e9s des policiers dans le massacre de Vitoria. En 2004, sur demande de l\u2019association, des chercheurs ont produit un rapport sur l\u2019\u00e9v\u00e9nement, donnant lieu \u00e0 une r\u00e9solution adopt\u00e9e par le parlement basque (10). Une collaboration entre les autorit\u00e9s publiques basques et l\u2019association de victimes pour entamer des d\u00e9marches judiciaires est lanc\u00e9e. Les actions port\u00e9es par les \u00ab entrepreneurs de m\u00e9moire (11) \u00bb en dehors de l\u2019Espagne, devant le parlement europ\u00e9en (12), par exemple, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 2010 et plus r\u00e9cemment encore devant l\u2019ONU (13), sont en effet soutenues par les institutions publiques basques. D\u00e8s lors, la mobilisation dans la rue s\u2019articule aux recours devant la justice afin de punir les responsables du massacre.<\/p>\n<p>    \u00ab Avec le mouvement des Indign\u00e9s en 2011, c\u2019est toute une partie de la m\u00e9moire ouvri\u00e8re jusque-l\u00e0 invisibilis\u00e9e qui refait surface dans la parole et les pratiques des acteurs mobilis\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Avec la crise socio-\u00e9conomique qu\u2019a travers\u00e9e l\u2019Espagne en 2008 puis l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de la droite en novembre 2011, la question de la r\u00e9paration des victimes de la Guerre Civile et du franquisme a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan du d\u00e9bat public. \u00c0 rebours, des collectifs s\u2019emparent de ces questions. Avec le mouvement des Indign\u00e9s en 2011, c\u2019est toute une partie de la m\u00e9moire ouvri\u00e8re jusque-l\u00e0 invisibilis\u00e9e qui refait surface dans la parole et les pratiques des acteurs mobilis\u00e9s. Alors, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un mouvement ouvrier assembl\u00e9iste et autonome, cantonn\u00e9e jusqu\u2019alors au silence (14), qui est mise en \u00e9vidence (15). La lutte contre l\u2019oubli passe ainsi par la r\u00e9affirmation d\u2019une identit\u00e9 collective ouvri\u00e8re et des valeurs qui lui sont associ\u00e9es, comme la solidarit\u00e9 et la justice sociale, permettant de construire des ponts entre luttes sociales pr\u00e9sentes et pass\u00e9es.<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s le mouvement des Indign\u00e9s, lors du 45e anniversaire du massacre de Vitoria, Loli Garcia, la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale des Commissions Ouvri\u00e8res (CC.OO.) du Pays Basque s\u2019est f\u00e9licit\u00e9e de la d\u00e9cision prise par les autorit\u00e9s basques de construire un m\u00e9morial dans l\u2019\u00e9glise San Francisco. Pour la dirigeante, cette initiative participe \u00e0 \u00ab r\u00e9cup\u00e9rer le r\u00e9cit (16) \u00bb et de mettre en avant le r\u00f4le fondamental jou\u00e9 par la classe ouvri\u00e8re dans le processus de changement politique dans les ann\u00e9es 1970. C\u2019est aussi le sens de la d\u00e9claration publique de Miren Gorrotxategi, parlementaire et porte-parole de la coalition de gauche Elkarrekin Podemos qui, elle, d\u00e9clare : \u00ab Nous n\u2019oublions pas ce qui s\u2019est pass\u00e9. Et nous n\u2019oublions pas la lutte des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9es par la police. Ils ont \u00e9t\u00e9 des pionniers dans la lutte pour les droits des travailleurs. C\u2019est un crime qui reste impuni et nous devons le garder en m\u00e9moire (17) \u00bb. Les dirigeants politiques et syndicaux, ainsi que l\u2019association du 3 mars, r\u00e9clament d\u2019une m\u00eame voix justice par rapport aux crimes commis le 3 mars 1976 et revendiquent l\u2019int\u00e9gration de cet \u00e9v\u00e9nement dans un r\u00e9cit plus vaste, celui des luttes anti-franquistes port\u00e9es par la classe ouvri\u00e8re. De quoi d\u00e9stabiliser le r\u00e9cit h\u00e9g\u00e9monique de la transition.<\/p>\n<p>Avant cela, en 2016, \u00e0 l\u2019occasion du 40e anniversaire du massacre, la mobilisation a connu un tournant majeur. C\u2019est en effet \u00e0 partir \u00e0 compter de cette date que l\u2019association du 3 mars a commenc\u00e9 \u00e0 organiser des visites guid\u00e9es du quartier de Zaramaga. Elles sont ponctu\u00e9es d\u2019interventions artistiques, vid\u00e9os, litt\u00e9raires, et se terminent devant l\u2019\u00e9glise San Francisco o\u00f9 le public peut voir un collage audiovisuel \u00e0 partir de sons et d\u2019images d\u2019archives. Ces visites guid\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rendues possibles par le financement du gouvernement basque et constituent, pour les associations, une victoire dans la lutte contre l\u2019oubli. Cependant, pour les militants de l\u2019association du 3 mars, le combat ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0 : la gestion du m\u00e9morial de San Francisco, coordonn\u00e9e \u00e0 la fois par les autorit\u00e9s basques et par l\u2019association, risque de voir se confronter des desseins contradictoires. En effet, les discussions sont encore en cours pour savoir comment sera g\u00e9r\u00e9 ce m\u00e9morial et quels en seront le contenu et les objectifs. Si les pouvoirs publics veulent participer \u00e0 l\u2019\u00e9dification du m\u00e9morial et s\u2019investissent depuis plusieurs ann\u00e9es dans la mise en place de politiques m\u00e9morielles, l\u2019objectif de l\u2019association du 3 mars, on l\u2019a vu, est plus large : il s\u2019agit de \u00ab r\u00e9cup\u00e9rer \u00bb la m\u00e9moire des luttes ouvri\u00e8res pendant le franquisme et la transition.<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de mettre sur pied un lieu de m\u00e9moire montre d\u00e8s lors que la mobilisation passe par une appropriation de l\u2019espace public. Cette action se conjugue aux d\u00e9marches juridiques pour que l\u2019\u00c9tat ouvre une enqu\u00eate afin de d\u00e9terminer les responsables du massacre, et, dans le m\u00eame temps, reconnaisse aux personnes tu\u00e9es et bless\u00e9es le 3 mars 1976 le statut de victimes. Pourtant, le combat contre l\u2019oubli et la qu\u00eate de justice des acteurs, qui se sont investis de diverses mani\u00e8res pour parvenir \u00e0 cette reconnaissance, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivis d\u2019effet sur le plan national \u2014 bien au contraire. Les associations m\u00e9morielles estiment que l\u2019inauguration, en juin dernier, du Centre-m\u00e9morial en l\u2019hommage des victimes du terrorisme, constitue une instrumentalisation politique du pass\u00e9 par l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p><strong>Pour une \u00ab m\u00e9moire int\u00e9grale \u00bb : d\u00e9noncer la \u00ab discrimination m\u00e9morielle \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>    \u00ab Les victimes de la violence franquiste sont exclues du champ des victimes du terrorisme. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est pour d\u00e9noncer la \u00ab discrimination m\u00e9morielle \u00bb que des associations comme celle du 3 mars ont lanc\u00e9 la campagne \u00ab memoria osoa : memoria integral, para construir convivencia \u00bb (M\u00e9moire compl\u00e8te : m\u00e9moire int\u00e9grale pour construire la convivialit\u00e9). Dans le cadre de cette campagne, une tribune publi\u00e9e dans la presse condamne le Centre-m\u00e9morial car \u00ab il r\u00e9pond \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique qui impose un r\u00e9cit officiel sur la v\u00e9rit\u00e9 et la violence. Ce r\u00e9cit officiel est fond\u00e9 sur des int\u00e9r\u00eats politiques et id\u00e9ologiques sp\u00e9cifiques, pr\u00e9cis\u00e9ment de ceux qui nient l\u2019existence d\u2019autres victimes que celles \u00e9voqu\u00e9es dans ce m\u00e9morial (18) \u00bb. On retrouve dans cet extrait la volont\u00e9 de combattre ce que les auteurs d\u00e9signent comme le r\u00e9cit officiel de l\u2019\u00c9tat espagnol. Un r\u00e9cit qui ne reconnait pas, ou bien minimise, le caract\u00e8re violent et r\u00e9pressif de l\u2019\u00c9tat franquiste et invisibilise ses victimes.<\/p>\n<p>Ce r\u00e9cit officiel est le produit du mythe de la transition triomphante, ce que les travaux de B\u00e9n\u00e9dicte Andr\u00e9-Bazzana (19) et de Sophie Baby (20) ont bien montr\u00e9. D\u00e8s lors, les explosions spectaculaires de violence comme les massacres de Vitoria ou celui d\u2019Atocha en janvier 1977 (21) sont signal\u00e9es dans les travaux historiques pour en souligner seulement le caract\u00e8re exceptionnel (22). Cela explique en partie pourquoi aujourd\u2019hui les victimes de la violence franquiste sont exclues du champ des victimes du terrorisme, une exclusion que d\u00e9nonce la campagne memoria osoa de la mani\u00e8re suivante : \u00ab nous ne pouvons qu\u2019exprimer notre rejet absolu d\u2019un m\u00e9morial dont le fondement repose sur l\u2019utilisation de la souffrance d\u2019une partie des victimes, afin d\u2019approfondir le discours qui nie l\u2019existence de milliers de victimes caus\u00e9es par la violence et le terrorisme d\u2019\u00c9tat (23). \u00bb<\/p>\n<p>La campagne memoria osoa avance que ce sont des milliers de victimes provoqu\u00e9es par \u00ab le terrorisme d\u2019\u00c9tat \u00bb qui sont ni\u00e9es. Ce concept n\u2019est pas repris par le Centre-m\u00e9morial des victimes du terrorisme, ni par la loi de 2011 sur la reconnaissance et la protection int\u00e9grale des victimes du terrorisme, dont le m\u00e9morial constitue l\u2019un des aboutissements. En effet, la loi de 2011 est fond\u00e9e sur une d\u00e9finition sp\u00e9cifique du terrorisme, que l\u2019on retrouve notamment dans les fascicules disponibles dans le Centre-m\u00e9morial et dans ceux \u00e0 destination des enseignants et des \u00e9l\u00e8ves. On y lit que le terrorisme aurait quatre aspects : la clandestinit\u00e9, le climat de terreur, la propagande et l\u2019imposition d\u2019objectifs politiques. \u00c0 partir de cette d\u00e9finition, le Centre-m\u00e9morial entend reconna\u00eetre tous les terrorismes qu\u2019a connu l\u2019Espagne depuis juin 1960. Il rend compte des violences terroristes exerc\u00e9es par l\u2019ETA et de celles de groupes terroristes d\u2019extr\u00eame gauche, comme les Groupes de r\u00e9sistance antifasciste du premier octobre (GRAPO), ainsi que celles de groupes d\u2019extr\u00eame droite comme le Batall\u00f3n Vasco Espa\u00f1ol (BVE) et les commandos para-militaires Groupes Antiterroristes de Lib\u00e9ration (24) (GAL). La \u00ab Guerre sale \u00bb contre le terrorisme initi\u00e9e par l\u2019\u00c9tat d\u00e9mocratique espagnol est un h\u00e9ritage des m\u00e9thodes de violence d\u2019\u00c9tat du franquisme. Si en int\u00e9grant les victimes du GAL au Centre-m\u00e9morial, l\u2019\u00c9tat reconnait la violence que ce groupe terroriste a provoqu\u00e9, elle autonomise \u00e9galement son action. La responsabilit\u00e9 des l\u00e9gislations antiterroristes, qui exportent dans le r\u00e9gime d\u00e9mocratique des m\u00e9thodes de violence politique comme la torture (25), n\u2019est pas reconnue. Cette conception restrictive de la notion de terrorisme pr\u00e9sente les diff\u00e9rentes \u00e9tapes politiques qu\u2019a connues l\u2019Espagne en \u00e9vacuant de l\u2019analyse le degr\u00e9 de violence employ\u00e9 par l\u2019\u00c9tat dans sa gestion du maintien de l\u2019ordre public. La dictature franquiste est d\u00e9crite comme un r\u00e9gime o\u00f9 les libert\u00e9s publiques et individuelles \u00e9taient inexistantes, certes, mais son caract\u00e8re autoritaire et ses m\u00e9thodes r\u00e9pressives ne sont pas \u00e9voqu\u00e9s \u2014 au contraire. Les fascicules diffus\u00e9s font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019accroissement du terrorisme en Europe dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. L\u2019Espagne est compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres pays europ\u00e9ens sans qu\u2019aucune contextualisation ne soit fournie et sans plus d\u2019explications quant aux causes des pratiques de lutte arm\u00e9e dans un pays r\u00e9gi par une dictature.<\/p>\n<p>Le terrorisme est donc exclusivement per\u00e7u comme relevant de l\u2019action clandestine. Il n\u2019est pas envisag\u00e9 comme un outil de l\u2019appareil r\u00e9pressif d\u2019\u00c9tat. Or, la terreur comme arme politique, fond\u00e9e sur une conception autoritaire et r\u00e9pressive de l\u2019ordre public, peut \u00eatre employ\u00e9e par un r\u00e9gime qui cherche \u00e0 contr\u00f4ler sa population, comme cela fut le cas sous le franquisme. C\u2019est, par exemple, ce qu\u2019affirme l\u2019historien Eduardo Gonzalez Calleja (26). Par ailleurs, la date choisie par la loi pour reconna\u00eetre l\u00e9galement les victimes du terrorisme \u2014 1960 \u2014 renvoie \u00e0 une \u00e9tape charni\u00e8re du r\u00e9gime franquiste. C\u2019est \u00e0 ce moment que le franquisme amorce un tournant lib\u00e9ral qui se traduit par une relative ouverture dans les domaines de la culture et de l\u2019information. Bien que cela ne soit pas comparable avec la r\u00e9pression pratiqu\u00e9e pendant la Guerre Civile et les premi\u00e8res ann\u00e9es du franquisme, plus d\u2019une centaine de personnes sont tu\u00e9es par la r\u00e9pression l\u00e9gale, polici\u00e8re et para-polici\u00e8re, entre 1960 et 1977 (27). <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/14.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/14.png\" alt=\"\" width=\"620\" height=\"375\" class=\"alignnone size-full wp-image-3780\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/14.png 620w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/14-300x181.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><\/a>L\u2019intensit\u00e9 de la violence politique d\u00e9ploy\u00e9e par l\u2019\u00c9tat \u00e0 la fin du franquisme \u2014 notamment \u00e0 la mort du dictateur entre 1976\u20131977 \u2014 t\u00e9moigne ainsi de sa volont\u00e9 de combattre les mobilisations sociales par la terreur.<\/p>\n<p>    \u00ab La \u00ab\u00a0Guerre sale\u00a0\u00bb contre le terrorisme initi\u00e9e par l\u2019\u00c9tat d\u00e9mocratique espagnol est un h\u00e9ritage des m\u00e9thodes de violence d\u2019\u00c9tat du franquisme. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est donc avec la volont\u00e9 d\u2019\u00e9tendre la d\u00e9finition de terrorisme pour que soient reconnues toutes les victimes, que plaident les associations m\u00e9morielles comme celle du 3 mars, afin de favoriser la construction d\u2019une m\u00e9moire inclusive et sans discrimination. Ainsi, \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble doit se sentir int\u00e9gr\u00e9e. La m\u00e9moire, en tant qu\u2019exercice n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement de la convivialit\u00e9 d\u00e9mocratique dans une soci\u00e9t\u00e9 plurielle, ne peut en aucun cas taire la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par une partie de celle-ci. La m\u00e9moire n\u2019est pas le patrimoine exclusif d\u2019un courant id\u00e9ologique, d\u2019un parti politique ou d\u2019un gouvernement ; la m\u00e9moire nous appartient \u00e0 tous (28). \u00bb La d\u00e9nonciation de la part des associations de victimes du franquisme, d\u2019une \u00ab discrimination m\u00e9morielle \u00bb, n\u2019est pas centr\u00e9e sur l\u2019existence du Centre-m\u00e9morial en tant que tel, mais bel et bien sur son caract\u00e8re excluant. Dans le m\u00eame temps, elles prennent garde \u00e0 ne pas rentrer dans une logique de concurrence victimaire. Au contraire, elles mettent en \u00e9vidence le fait qu\u2019il existe une pluralit\u00e9 de m\u00e9moires historiques et collectives. En homog\u00e9n\u00e9isant le ph\u00e9nom\u00e8ne terroriste, en le naturalisant, les politiques m\u00e9morielles visant \u00e0 rendre hommage aux victimes du terrorisme d\u00e9terminent quelles sont les m\u00e9moires traumatiques l\u00e9gitimes et quelles sont celles qui ne le sont pas. En voulant figer une m\u00e9moire traumatique, celle des victimes du terrorisme, elles participent \u00e0 nier celles qui ont \u00e9t\u00e9 victimes de la r\u00e9pression franquiste, pour pr\u00e9server le mythe transitionnel, mythe fondateur de la d\u00e9mocratie espagnole.<\/p>\n<p>Il semble toutefois que la situation parlementaire fasse \u00e9voluer ces politiques m\u00e9morielles. En juillet dernier, le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de promulguer une future loi dite de \u00ab m\u00e9moire d\u00e9mocratique \u00bb, qui devrait aller plus loin que celle de 2007. Le texte pr\u00e9voit en effet la cr\u00e9ation d\u2019un parquet sp\u00e9cialis\u00e9 pour enqu\u00eater sur les violations des droits de l\u2019homme durant la guerre civile et les quarante ans de dictature franquiste (29). Ce dernier point est important car il pourrait constituer un tournant d\u00e9cisif dans la reconnaissance par l\u2019\u00c9tat des victimes du franquisme, en brisant la loi d\u2019amnistie de 1977 et en adaptant la l\u00e9gislation p\u00e9nale espagnole au droit international.<\/p>\n<p><strong>Arnaud Dolidier<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.revue-ballast.fr\/le-massacre-de-vitoria-gazteiz-mobilisations-memorielles-dans-lespagne-daujourdhui\/\">https:\/\/www.revue-ballast.fr\/le-massacre-de-vitoria-gazteiz-mobilisations-memorielles-dans-lespagne-daujourdhui\/<\/a><\/p>\n<p> 1 &#8211; Les enregistrements audio de la police durant le 3 mars sont disponibles sur le site de l\u2019association de victimes du 3 mars.\u2191<\/p>\n<p>2 &#8211; Directoire R\u00e9volutionnaire de Lib\u00e9ration Ib\u00e9rique (DRIL), organisation terroriste et antifasciste qui avait pour objectif de lutter par les armes contre les dictatures de Salazar et de Franco. Le DRIL a organis\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019attentats \u00e0 la bombe. L\u2019une de ces bombes, plac\u00e9e dans la gare de San Sebasti\u00e1n, provoque la mort d\u2019une enfant de 22 mois, Bego\u00f1a U\u00f1oz, en juin 1960.\u2191<\/p>\n<p>3 &#8211; Paloma Aguilar, Memoria y olvido de la Guerra Civil espa\u00f1ola, Madrid, Alianza, 1996.\u2191<\/p>\n<p>4 &#8211;  Sophy Baby, \u00ab Sortir de la guerre civile \u00e0 retardement : le cas espagnol \u00bb, Histoire@politique, vol. 3, n\u00b0 13, 2007.\u2191<\/p>\n<p>5 -Voir Danielle Rosemberg, \u00ab La m\u00e9moire du franquisme dans la construction de l\u2019Espagne d\u00e9mocratique. Les voies incertaines d\u2019une r\u00e9conciliation nationale \u00bb, T\u00e9moigner. Entre histoire et m\u00e9moire, vol. 117, 2014.\u2191<\/p>\n<p>6 &#8211; Sophie Baby, \u00ab V\u00e9rit\u00e9, justice, r\u00e9paration : de l\u2019usage en Espagne de principes internationaux \u00bb, Mat\u00e9riaux pour l\u2019histoire de notre temps, vol. 3\u20134, 2013.\u2191<\/p>\n<p>7 -B\u00e9n\u00e9dicte Andr\u00e9-Bazzana, Mitos y mentiras de la transici\u00f3n, El viejo topo, 2006 ; Sophie Baby, Le mythe de la transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975\u20131982), Casa de Vel\u00e1zquez, 2012.\u2191<\/p>\n<p> 8 &#8211; Mercedes Yusta Rodrigo, \u00ab \u00bfMemoria versus justicia ? La recuperaci\u00f3n de la memoria hist\u00f3rica en la Espa\u00f1a actual \u00bb, Amnis, Revue d\u2019\u00e9tudes des soci\u00e9t\u00e9s et cultures contemporaines, Europe \u2014 Am\u00e9rique, vol. 2, 2011.\u2191<\/p>\n<p> 9 &#8211; Entretien avec l\u2019association de victimes du 3 mars, octobre 2021.\u2191\u2191<\/p>\n<p> 10 &#8211; \u00ab Dictamen hist\u00f3rico sobre los acontecimientos producidos el 3 de marzo de 1976 en Vitoria \u00bb. Les documents sont consultables sur le site de l\u2019association de victimes du 3 mars.\u2191<\/p>\n<p> 11 &#8211; Entendre par-l\u00e0 des personnes d\u00e9sign\u00e9es comme repr\u00e9sentantes d\u2019une m\u00e9moire historique \u00e0 faire reconna\u00eetre en-dehors de leur groupe d\u2019appartenance.\u2191<\/p>\n<p>12 &#8211;  \u00ab Las v\u00edctimas del 3 de marzo acuden al parlamento europeo para pedir justicia \u00bb, El Pa\u00eds, mars 2006.\u2191<\/p>\n<p>13 &#8211;  \u00ab Llevaran a la ONU los asesinatos del 3 de marzo de 1976 en Vitoria \u00bb, La Vanguardia, 27 f\u00e9vrier 2019.\u2191<\/p>\n<p>14 &#8211; Arnaud Dolidier, Tout le pouvoir \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e ! Une histoire du mouvement ouvrier espagnol pendant la transition (1970\u20131979), Syllepse, 2021.\u2191<\/p>\n<p>15 &#8211; Le documentaire Autonom\u00eda obrera par exemple, sorti en 2008, donne la parole aux ouvriers qui se sont engag\u00e9s dans des mouvements de luttes assembl\u00e9istes. Ce long-m\u00e9trage parle ainsi de la lutte de Vitoria sans axer uniquement son propos sur le massacre mais en \u00e9voquant la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de deux mois qui a secou\u00e9 la ville entre janvier et mars 1976.\u2191<\/p>\n<p>16 &#8211; \u00ab Vitoria, contra el olvido del tres de marzo \u00bb, El correo, 3 mars 2021.\u2191<\/p>\n<p>17 &#8211; Ibid.\u2191<\/p>\n<p>18 &#8211; \u00ab Por una memoria inclusiva y no parcial \u00bb, Noticias de Navarra, 16 d\u00e9cembre 2020.\u2191<\/p>\n<p>19 &#8211;  B\u00e9n\u00e9dicte Andr\u00e9-Bazzana, Mitos y mentiras de la transici\u00f3n, op.cit.\u2191<\/p>\n<p>20 &#8211; Sophie Baby, Le mythe de la transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975\u20131982), op.cit.\u2191<\/p>\n<p>21 &#8211; En janvier 1977, un commando arm\u00e9 d\u2019extr\u00eame droite assassine trois avocats en droit du travail et membres du Parti Communiste d\u2019Espagne (PCE).\u2191<\/p>\n<p>22 -Javier Tusell, Alvaro Soto Carmona (eds.), Historia de la transici\u00f3n<br \/>\n(1975\u20131986), Madrid, Alianza, 1996.\u2191<\/p>\n<p>23 &#8211; \u00ab Por una memoria inclusiva y no parcial \u00bb, Noticias de Navarra, 16 d\u00e9cembre 2020, op.cit.\u2191<\/p>\n<p>24 &#8211; Le syst\u00e8me de l\u2019appareil r\u00e9pressif d\u2019\u00c9tat franquiste, confront\u00e9 aux d\u00e9fis pos\u00e9s par l\u2019augmentation des mobilisations populaires, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9adapt\u00e9 par le chef du gouvernement Carrero Blanco dans les ann\u00e9es 1970. Ce syst\u00e8me n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 par la d\u00e9mocratie mais a continu\u00e9 d\u2019\u00eatre employ\u00e9 pour combattre d\u00e8s 1978 le Batall\u00f3n Vasco Espa\u00f1ol (BVE), puis perfectionn\u00e9 en 1984 lors de la cr\u00e9ation des Groupes Antiterroristes de Lib\u00e9ration (GAL).\u2191<\/p>\n<p>25 &#8211; Sophy Baby, \u00ab Sortir de la guerre civile \u00e0 retardement : le cas espagnol \u00bb, art. cit.\u2191<\/p>\n<p>26 &#8211; \u00ab Un experto asegura que el franquismo uso el terrorismo como acci\u00f3n pol\u00edtica \u00bb, El Diario, 25 novembre 2012.\u2191<\/p>\n<p>27 &#8211; Pau Casanellas, Morir matando. El franquismo ante la practica armada, 1968\u20131977, La catarata, 2014.\u2191<\/p>\n<p>28 &#8211; Por una memoria inclusiva y no parcial \u00bb, op.cit.\u2191<\/p>\n<p>29 &#8211; \u00ab PSOE y Unidas Podemos acuerdan enmendar la ley de memoria para que se puedan juzgar cr\u00edmenes franquistas \u00bb, P\u00fablico, 17 novembre 2021.\u2191<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Espagne, si l\u2019ann\u00e9e 1975 est marqu\u00e9e par la mort du dictateur Franco, le r\u00e9gime autoritaire et r\u00e9pressif franquiste ne s\u2019\u00e9teint pas avec lui. Jusqu\u2019aux premi\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives, en 1977, les manifestations se multiplient dans le pays. L\u2019une d\u2019elles se tient le 3 mars 1976 \u00e0 Vitoria-Gasteiz, dans le Pays Basque. L\u2019intervention de la police &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=3778\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Se souvenir du massacre de Vitoria-Gazteiz<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14,15],"tags":[],"class_list":["post-3778","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-temoignages-et-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3778","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3778"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3778\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3788,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3778\/revisions\/3788"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3778"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3778"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3778"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}