{"id":3672,"date":"2022-03-27T17:53:14","date_gmt":"2022-03-27T16:53:14","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3672"},"modified":"2022-03-28T09:03:28","modified_gmt":"2022-03-28T08:03:28","slug":"miguel-hernandez-dans-la-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3672","title":{"rendered":"Miguel Hernandez dans la m\u00e9moire."},"content":{"rendered":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"cmVwZzHES1\"><p><a href=\"https:\/\/blogs.publico.es\/otrasmiradas\/58236\/miguel-hernandez-en-la-memoria\/\">Miguel Hern\u00e1ndez en la memoria<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00abMiguel Hern\u00e1ndez en la memoria\u00bb \u2014 Otras miradas\" src=\"https:\/\/blogs.publico.es\/otrasmiradas\/58236\/miguel-hernandez-en-la-memoria\/embed\/#?secret=QshRJVnPJV#?secret=cmVwZzHES1\" data-secret=\"cmVwZzHES1\" width=\"474\" height=\"267\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>Miguel Hernandez dans la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Mar Campelo Moreno<\/p>\n<p>Publico du 26 mars 2022<\/p>\n<p>A Elvira Hernandez Gilabert, ma grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p>Ma ch\u00e8re grand-m\u00e8re\u00a0: <\/p>\n<p>Il y a plus de 25 ans que tu es partie et aujourd\u2019hui c\u2019est le 80\u00e8me anniversaire de ta derni\u00e8re visite \u00e0 ton fr\u00e8re Miguel en vie, mais je n\u2019ai pas oubli\u00e9 les anecdotes que tu m\u2019as racont\u00e9es \u00e0 maintes reprises depuis que j\u2019\u00e9tais toute petite fille jusqu\u2019\u00e0 cette maudite maladie qui a emport\u00e9 tes souvenirs\u00a0; m\u00eame quand tu avais perdu les capacit\u00e9s de t\u2019exprimer, tu ouvrais les yeux et quelque chose remuait en toi en voyant une photo de ton fr\u00e8re.<br \/>\nDe la m\u00eame fa\u00e7on tu riais quand tu me racontais les remontrances que tu lui lan\u00e7ais chaque fois que son esprit s\u2019\u00e9garait dans ses promenades dans la montagne d\u2019Orihuela pour aller lire ou \u00e9crire et que tu devais te justifier avec une quelconque excuse ou quand tu clouas les volets pour qu\u2019il ne les ouvrit pas aux heures de fortes chaleur.<br \/>\nIl riait aussi quand tu lisais ses po\u00e8mes et que tu lui demandais qu\u2019il t\u2019expliqu\u00e2t ce qui se cachait derri\u00e8re chaque figure de rh\u00e9torique, sans te lasser jusqu\u2019\u00e0 ce que tu ais tout compris. Et quand tu le reprenais pour ses expressions d\u2019une tonalit\u00e9 os\u00e9e. Quand tu parlais de votre enfance et de votre jeunesse, toujours tu souriais, tes yeux s\u2019illuminaient en revivant ces instants, et tu dessinais l\u2019image d\u2019un gar\u00e7on joyeux, spontan\u00e9, affectueux et plein de vie, avec une \u00e9norme empathie pour la souffrance d\u2019autrui.<br \/>\nVous avez \u00e9t\u00e9 compagnons de jeux, toujours complices et amis. Il te parlait de ses lectures, de sa passion cr\u00e9atrice \u2013 tu fus la premi\u00e8re lectrice de beaucoup de ses po\u00e8mes- de son fervent d\u00e9sir d\u2019aller \u00e0 Madrid, mais aussi de ses exp\u00e9riences, de ses amis, des femmes qu\u2019il avait aim\u00e9es&#8230;Avec cette pr\u00e9cision du d\u00e9tail qui te for\u00e7ait \u00e0 te retenir en riant du bout des l\u00e8vres \u00ab\u00a0Miguel ne me raconte pas de telles choses\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avec ce sourire en coin, tu me racontais que ta m\u00e8re et toi vous trayiez les ch\u00e8vres par deux fois pour r\u00e9cup\u00e9rer quelques sous que vous envoyiez \u00e0 Miguel pour qu\u2019il survive \u00e0 Madrid.<\/p>\n<p>Tu t\u2019es mari\u00e9e et tu es partie \u00e0 Madrid avec ton mari et ta fille (ma m\u00e8re)\u00a0; l\u2019oncle Miguel retourna \u00e0 Madrid \u00e0 cette m\u00eame \u00e9poque et bien que vous habitiez dans une pension de famille, il venait presque tous les jours pour manger et faire laver son linge. <\/p>\n<p>Quand tu lus l\u2019\u00e9l\u00e9gie qu\u2019il \u00e9crivit pour son ami Manolo, mort noy\u00e9, tu lui demandas de ne pas l\u2019\u00e9diter parce qu\u2019elle aurait caus\u00e9 plus de douleur encore et il te l\u2019offrit pour que tu en fasses ce que tu voulais. Tu l\u2019as gard\u00e9e dans ton classeur des tr\u00e9sors, celui qui contenait toutes les coupures de presse o\u00f9 on parlait de lui\u00a0; ce classeur se remplit tout le reste de ta vie avec chacune de ses lettres, de ses photos, chacune de ses publications, tout ce qui concernait ton fr\u00e8re, pour la plus simple raison. <\/p>\n<p>Pourquoi retourna-t-il \u00e0 Orihuela \u00e0 la fin de la guerre\u00a0? Pourquoi n\u2019\u00e9couta-t-il pas votre p\u00e8re quand il lui dit \u00ab\u00a0va-t-en Miguel, c\u2019est maintenant que vont venir les exterminations\u00a0\u00bb\u00a0? Parce qu\u2019il voulait embrasser sa famille et qu\u2019il se savait innocent. Et ils l\u2019ont emprisonn\u00e9 dans le S\u00e9minaire, dans cette montagne o\u00f9 il aimait se perdre pour \u00e9crire, pour lire, pour s\u2019impr\u00e9gner de la nature. <\/p>\n<p>Ses lettres de prison tentaient de transmettre  l\u2019espoir, et il se permettait m\u00eame quelques plaisanteries\u00a0; il vous cacha qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils commu\u00e8rent la peine \u00e0 la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. Ces lettres qui passaient par la censure ou cach\u00e9es sur le rebord du pot \u00e0 lait, \u00e9crites sur du papier hygi\u00e9nique. Et toi tu \u00e9crivais ou rencontrais tous ceux qui pouvaient interc\u00e9der pour qu\u2019il puisse \u00eatre lib\u00e9r\u00e9. <\/p>\n<p>Tu habitais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Alicante quand ils le d\u00e9plac\u00e8rent dans un \u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire pour adultes, l\u00e0 o\u00f9 devait \u00eatre sa derni\u00e8re prison. A pied tu allais le voir chaque fois qu\u2019on autorisait un parloir et tu lui portais de la nourriture envoy\u00e9e par tes parents depuis Orihuela et tout ce que tu pouvais obtenir par le march\u00e9 noir\u00a0; ces pots \u00e0 lait si difficiles \u00e0 remplir et que les matons laissaient tomber. Le jour de Notre Dame de Merc\u00e9d\u00e8s, le 24 septembre, les enfants pouvaient rendre visite aux prisonniers ainsi pouvaient entrer son fils et les trois tiens. Ma m\u00e8re, \u00e0 sept ans \u00e9tait l\u2019ain\u00e9e et tu lui faisais m\u00e9moriser les messages \u00e0 lui transmettre. A la sortie, tu la sollicitais pour qu\u2019elle te r\u00e9p\u00e9t\u00e2t chaque parole de ton fr\u00e8re. <\/p>\n<p>Tu m\u2019\u00e9voquais ce jour o\u00f9 vous all\u00e8rent le voir avec Josefina\u00a0: il n\u2019avait plus la force de marcher et il s\u2019appuyait sur deux de ses compagnons. D\u00e8s qu\u2019il vous aper\u00e7ut, il se redressa, gonfla le torse et sourit.<br \/>\n&#8211; Miguel, tu es en pleine forme\u00a0? Tu vas mieux\u00a0?<br \/>\n&#8211; Ils sont venus m\u2019offrir de l\u2019argent  et la libert\u00e9 si je me r\u00e9tracte sur tout ce que j\u2019ai \u00e9crit et que je mets ma plume au service du r\u00e9gime.<br \/>\n-Tu as r\u00e9pondu que oui\u00a0!<br \/>\n&#8211; J\u2019ai dit que non.<br \/>\n\u00ab\u00a0Mon fr\u00e8re \u00e9tait comme \u00e7a\u00a0\u00bb tu concluais.<br \/>\nSa sant\u00e9 s\u2019aggravait. Tu parcourais tout Alicante, d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, sans arr\u00eat, cherchant un appui, pour que puisse \u00eatre lev\u00e9e l\u2019interdiction qu\u2019un m\u00e9decin puisse lui rendre visite, jusqu\u2019\u00e0 ce que tu l\u2019obtiennes. Il l\u2019aida \u00e0 mieux respirer, sans les moyens suffisants, il ne pouvait faire plus. L\u2019id\u00e9al aurait \u00e9t\u00e9 de le transf\u00e9rer au Sanatorium pour tuberculeux de Porta Coeli, o\u00f9 \u00e0 l\u2019\u00e9cart de l\u2019insalubrit\u00e9 de la prison, il aurait pu se r\u00e9cup\u00e9rer. Mais tant que ton fr\u00e8re n\u2019acceptait pas de retourner au sein de l\u2019\u00e9glise, cela \u00e9tait impossible.<br \/>\nQuand tu allais pour lui rendre visite \u00e0 l\u2019infirmerie o\u00f9 il s\u2019\u00e9touffait parmi la crasse \u00e7a te brisait le coeur. Tu le lavais, tu l\u2019habillais avec du linge propre et tu lui faisais sortir le liquide de ses poumons comme te l\u2019avait montr\u00e9 le m\u00e9decin. <\/p>\n<p>Conscient que c\u2019\u00e9tait bient\u00f4t la fin, il accepta de se marier \u00e0 l\u2019\u00e9glise, prostr\u00e9 dans son lit, pour prot\u00e9ger sa famille (les mariages civils \u00e9taient non valides).  Quelques jours apr\u00e8s le transfert \u00e0 Porta Coeli fut  accept\u00e9, mais c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop tard. <\/p>\n<p>La nuit du 27 mars tu lui rendis visite avec Josefina. Ta voix se brisait quand tu me racontas que tu le lavas et l\u2019aidas \u00e0 respirer pour la derni\u00e8re fois. Il mourut au matin. <\/p>\n<p>Arriv\u00e8rent les ann\u00e9es de silence, de peur \u00e0 prononcer son nom, de l\u2019hypocrisie, des livres des \u00e9ditions Losada qui arrivaient myst\u00e9rieusement d\u2019Argentine, des conversations \u00e0 mi-voix. Tu \u00e9tais indign\u00e9e par l\u2019injustice, par la haine et les mensonges, toujours les mensonges. Tu me parlais de l\u2019oncle Miguel entre des murmures et tu me demandais de parler moins fort quand je te demandais des pr\u00e9cisions. \u00ab\u00a0Ne raconte rien\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Ne te fais pas remarquer\u00a0\u00bb Et bien \u00e0 pr\u00e9sent je le raconte, grand-m\u00e8re, ma m\u00e9moire est ta m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la d\u00e9mocratie, tu allais \u00e0 toutes les r\u00e9ceptions et tu r\u00e9pondais \u00e0 toutes les interviews. Tu \u00e9tais \u00e9puis\u00e9e, mais c\u2019\u00e9tait ton \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb de rendre hommage et de faire conna\u00eetre le nom et l\u2019oeuvre de ton fr\u00e8re. Ce fut la travail de toute ta vie. <\/p>\n<p>Tu aurais \u00e9t\u00e9 ravie de savoir que 2017 fut \u00ab\u00a0l\u2019ann\u00e9e Miguel Hernandez\u00a0\u00bb, toi qui \u00e9tais inqui\u00e8te qu\u2019ils le fassent  dispara\u00eetre. Ravie de savoir que je donne des conf\u00e9rences sur cet h\u00e9ritage de souvenirs dont tu m\u2019as fait cadeau, que j\u2019ai publi\u00e9 l\u2019\u00e9l\u00e9gie \u00e0 Manolo, comme tu le souhaitais, que le lit de ton fr\u00e8re (qui t\u2019accompagna dans tous les lieux o\u00f9 tu as habit\u00e9) est maintenant dans dans ta chambre, dans la maison de la rue de Arriba, qui aujourd\u2019hui s\u2019appelle Miguel Hernandez, et que c\u2019est une maison-mus\u00e9e. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 grand-m\u00e8re, m\u00eame une gare porte son nom, un a\u00e9roport, une universit\u00e9 et des \u00e9colee et centres culturels. <\/p>\n<p>Repose en paix, grand-m\u00e8re, la po\u00e9sie de ton fr\u00e8re r\u00e9sonne dans le monde entier\u00a0; son nom est \u00e9crit en lettres de feu\u00a0; et je continuerai \u00e0 partager cet h\u00e9ritage que tu m\u2019as transmis jusqu\u2019\u00e0 le laisser graver dans ma m\u00e9moire. Miguel Hernandez est, indiscutablement, un grand po\u00e8te\u00a0; mais pour moi il restera toujours l\u2019oncle Miguel. <\/p>\n<p>traduction de l&rsquo;article de Publico du 26 mars 2022 par Luis<\/p>\n<p>Miguel Hern\u00e1ndez en la memoria<br \/>\nMAR CAMPELO MORENO<br \/>\nPublico 26 de marzo 2022<br \/>\n    \u2022 A Elvira Hern\u00e1ndez Gilabert, mi abuela<br \/>\nQuerida abuela:<br \/>\nHace m\u00e1s de 25 a\u00f1os que te fuiste y hoy se cumplen 80 de la \u00faltima vez que viste a tu hermano Miguel con vida, pero no he olvidado las an\u00e9cdotas que me contaste una y otra vez desde que era una ni\u00f1a hasta que la maldita enfermedad se llev\u00f3 tus recuerdos; aunque, incluso cuando hab\u00edas perdido la capacidad de expresarte, abr\u00edas los ojos y algo se remov\u00eda dentro de ti si ve\u00edas una foto de tu hermano.<br \/>\nC\u00f3mo te re\u00edas cuando me contabas las rega\u00f1inas que le echabas cada vez que \u00ab\u00a0se le iba el santo al cielo\u00a0\u00bb en sus excursiones a la sierra de Orihuela para leer o escribir y ten\u00edas que justificarlo con cualquier excusa, o cuando clavaste las contraventanas para que no las abriera en las horas de calor.<br \/>\nTambi\u00e9n se re\u00eda \u00e9l cuando le\u00edas sus poemas y le hac\u00edas que te explicara lo que se escond\u00eda en cada juego ret\u00f3rico, no descansabas hasta que lo entend\u00edas todo. Y cuando lo reprend\u00edas por sus expresiones subidas de tono. Siempre sonre\u00edas cuando hablabas de vuestra ni\u00f1ez y juventud, se te iluminaban los ojos revivi\u00e9ndolo y dibujabas la imagen de un muchacho alegre, espont\u00e1neo, cari\u00f1oso y vital, con una enorme empat\u00eda con el sufrimiento ajeno.<br \/>\nFuisteis compa\u00f1eros de juegos y siempre c\u00f3mplices, amigos. Te hablaba de sus lecturas, de su pasi\u00f3n creadora \u2013fuiste la primera lectora de muchos de sus poemas-, de su deseo vehemente de ir a Madrid, pero tambi\u00e9n de sus vivencias, de sus amigos, de las mujeres a las que am\u00f3\u2026 Con esa atenci\u00f3n al detalle que ten\u00edas que reprimir entre risas pudorosas: \u00ab\u00a0Miguel, no me cuentes esas cosas\u00a0\u00bb.<br \/>\nCon esa sonrisa tuya de medio lado, me contabas que tu madre y t\u00fa orde\u00f1abais las cabras por segunda vez para sacar unas\u00a0perricas\u00a0que le enviabais a Miguel para que sobreviviera en Madrid.<br \/>\nTe casaste y te fuiste a Madrid con tu marido y tu hija (mi madre); el t\u00edo Miguel volvi\u00f3 a Madrid en esa misma \u00e9poca y, aunque viv\u00eda en una pensi\u00f3n, iba casi a diario a tu casa a comer y a que le lavaras la ropa.<br \/>\nCuando le\u00edste la eleg\u00eda que le escribi\u00f3 a su amigo Manolo, que hab\u00eda muerto ahogado, le pediste que no la publicara porque causar\u00eda m\u00e1s dolor y te la regal\u00f3 para que hicieras con ella lo que quisieras. T\u00fa la guardaste en tu carpeta de los tesoros, la que conten\u00eda todos los recortes de prensa en los que se hablaba de \u00e9l; esa carpeta que fue creciendo durante el resto de tu vida con cada carta suya, cada foto, cada publicaci\u00f3n, cada referencia a tu hermano por m\u00ednima que fuera.<br \/>\n\u00bfPor qu\u00e9 tuvo que volver a Orihuela cuando acab\u00f3 la guerra? \u00bfPor qu\u00e9 no escuch\u00f3 a vuestro padre cuando le dijo \u00ab\u00a0vete, Miguel, que ahora viene el exterminio\u00a0\u00bb? Porque quer\u00eda abrazar a su familia y se sab\u00eda inocente. Y lo encarcelaron en el Seminario, en esa sierra en la que le gustaba perderse para escribir, para leer, para empaparse de naturaleza.<br \/>\nSus cartas desde la c\u00e1rcel trataban de transmitir esperanza, incluso se permit\u00eda alguna broma; os ocult\u00f3 que lo hab\u00edan condenado a muerte hasta que le conmutaron la pena por cadena perpetua. Esas cartas que llegaban censuradas o escondidas en el borde de las lecheras, escritas en papel higi\u00e9nico. Y t\u00fa escrib\u00edas o visitabas a cualquiera que pudiera interceder para su excarcelaci\u00f3n.<br \/>\nYa viv\u00edas en Alicante cuando lo trasladaron al Reformatorio de Adultos, la que ser\u00eda su \u00faltima c\u00e1rcel. Caminabas hasta all\u00ed cada vez que se permit\u00eda una \u00ab\u00a0comunicaci\u00f3n\u00a0\u00bb y le llevabas los alimentos que enviaban tus padres desde Orihuela y los que pod\u00edas conseguir a trav\u00e9s del estraperlo; esas lecheras que tanto costaba llenar y que los carceleros dejaban caer.<br \/>\nEl d\u00eda de las Mercedes los ni\u00f1os pod\u00edan visitar a los presos y entraban su hijo y los tres tuyos. Mi madre, con siete a\u00f1os, era la mayor y le hac\u00edas memorizar los mensajes que quer\u00edas transmitirle. Cuando sal\u00edan, la interpelabas para que repitiera cada palabra de tu hermano.<br \/>\nMe hablabas de aquel d\u00eda que fuiste a verlo con Josefina: no ten\u00eda fuerzas para caminar y se apoyaba en dos compa\u00f1eros. Cuando os vio, se irgui\u00f3, hinch\u00f3 el pecho y sonri\u00f3:<br \/>\n    \u2022<br \/>\n    \u2022 Miguel, qu\u00e9 bien te veo, \u00bfest\u00e1s mejor?<br \/>\n    \u2022 Han venido a ofrecerme dinero y la libertad si me retracto de todo lo que he escrito y pongo mi pluma al servicio del r\u00e9gimen.<br \/>\n    \u2022 \u00a1Habr\u00e1s dicho que s\u00ed!<br \/>\n    \u2022 He dicho que no.<br \/>\n\u00ab\u00a0Ese era mi hermano\u00a0\u00bb, conclu\u00edas.<br \/>\nSu salud empeoraba. Recorr\u00edas Alicante de punta a punta sin descanso buscando una recomendaci\u00f3n que traspasara el bloqueo para que lo visitara un m\u00e9dico, hasta que lo conseguiste. Lo ayud\u00f3 a respirar mejor aunque, sin los medios suficientes, no pod\u00eda hacer m\u00e1s. Lo ideal era trasladarlo al sanatorio para tuberculosos de Porta Coeli, donde, fuera de la insalubridad de la prisi\u00f3n, se recuperar\u00eda. Pero mientras tu hermano no accediera a volver al seno de la iglesia, era imposible.<br \/>\nSe te romp\u00eda el coraz\u00f3n cuando entrabas a visitarlo a la enfermer\u00eda y lo encontrabas ahog\u00e1ndose entre suciedad. Lo lavabas, lo vest\u00edas con ropa limpia y le extra\u00edas el l\u00edquido de los pulmones como te hab\u00eda ense\u00f1ado el m\u00e9dico.<br \/>\nConsciente de que se acercaba el final, accedi\u00f3 a casarse por la iglesia, postrado en la cama, para proteger a su familia (los matrimonios civiles hab\u00edan quedado invalidados). Pocos d\u00edas despu\u00e9s se aprob\u00f3 el traslado a Porta Coeli, pero ya era tarde.<br \/>\nLa noche del 27 de marzo fuiste a visitarlo con Josefina, se te quebraba la voz cuando me contabas que lo aseaste y lo ayudaste a respirar por \u00faltima vez. Muri\u00f3 esa madrugada.<br \/>\nY llegaron los a\u00f1os del silencio, del miedo a pronunciar su nombre, de la hipocres\u00eda, de los libros de Losada llegados misteriosamente desde Argentina, de las conversaciones a media voz. Te indignaba la injusticia, el odio y las mentiras, siempre las mentiras. Me hablabas del t\u00edo Miguel entre murmullos y me ped\u00edas que bajara la voz cuando te ped\u00eda detalles: \u00ab\u00a0No cuentes nada\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0no te signifiques\u00a0\u00bb. Pues ahora lo estoy contando, abuela, mi memoria es tu memoria.<br \/>\nYa en democracia, ibas a todos los actos y acced\u00edas a casi cualquier entrevista. Te quedabas exhausta, pero era tu \u00ab\u00a0deber\u00a0\u00bb homenajear y propagar el nombre y la obra de tu hermano. Esa fue la labor de toda tu vida.<br \/>\nTe habr\u00eda encantado saber que 2017 fue el \u00ab\u00a0A\u00f1o de Miguel Hern\u00e1ndez\u00a0\u00bb, a ti que te preocupaba tanto que lo hicieran desaparecer. Que de vez en cuando doy una charla sobre ese legado de recuerdos que me regalaste. Que publiqu\u00e9 la eleg\u00eda a Manolo, como t\u00fa quer\u00edas. Que la cama de tu hermano (que te acompa\u00f1\u00f3 a todos los lugares donde viviste) est\u00e1 ahora en su cuarto, en la casa de la calle de Arriba, que ahora se llama de Miguel Hern\u00e1ndez, y que es su casa-museo. No lo han olvidado, abuela, hasta la estaci\u00f3n de tren lleva su nombre, y un aeropuerto, y una universidad, y colegios, y centros culturales.<br \/>\nDescansa en paz, abuela, la poes\u00eda de tu hermano resuena en todo el mundo; su nombre est\u00e1 marcado a fuego; y yo seguir\u00e9 compartiendo este legado que me transmitiste hasta dejarlo grabado en mi memoria. Miguel Hern\u00e1ndez es, indiscutiblemente, un gran poeta; pero para m\u00ed siempre ser\u00e1 el t\u00edo Miguel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Miguel Hern\u00e1ndez en la memoria Miguel Hernandez dans la m\u00e9moire. Mar Campelo Moreno Publico du 26 mars 2022 A Elvira Hernandez Gilabert, ma grand-m\u00e8re. Ma ch\u00e8re grand-m\u00e8re\u00a0: Il y a plus de 25 ans que tu es partie et aujourd\u2019hui c\u2019est le 80\u00e8me anniversaire de ta derni\u00e8re visite \u00e0 ton fr\u00e8re Miguel en vie, mais &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=3672\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Miguel Hernandez dans la m\u00e9moire.<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-3672","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3672"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3672\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3675,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3672\/revisions\/3675"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}