{"id":3610,"date":"2022-01-30T12:37:48","date_gmt":"2022-01-30T11:37:48","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3610"},"modified":"2022-02-18T15:40:54","modified_gmt":"2022-02-18T14:40:54","slug":"la-guitare-au-service-de-la-memoire-que-joue-juan-francisco-ortiz-fils-dune-victime-republicaine-de-lholocauste-nazi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3610","title":{"rendered":"La guitare au service de la m\u00e9moire que joue Juan Francisco  Ortiz, fils d\u2019une victime r\u00e9publicaine de l\u2019Holocauste nazi"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Unknown.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Unknown.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" class=\"alignnone size-full wp-image-3616\" \/><\/a>Avec un concert dans le Mus\u00e9e S\u00e9farade de Tol\u00e8de, le musicien franco-espagnol et son fils David ont rendu hommage aux victimes de la r\u00e9pression par Adolphe Hitler, le Jour International de la Comm\u00e9moration des Victimes de l\u2019Holocauste.<\/p>\n<p>Tol\u00e8de \u2013 Le guitariste franco-espagnol Juan Francisco Ortiz a voulu rappeler et \u00e9voquer son p\u00e8re, Francisco Ortiz, prisonnier 4252 \u00e0 Mauthausen-Gusen (Autriche), dans le concert qu\u2019il a offert jeudi au Mus\u00e9e S\u00e9farade de Tol\u00e8de, y qui s\u2019est transform\u00e9 en m\u00eame temps en un hommage aux Espagnols qui furent d\u00e9port\u00e9s dans les camps d\u2019extermination nazi.<br \/>\n\u00ab\u00a0Que je sois invit\u00e9 pour rappeler l\u2019histoire est un orgueil pour moi\u00a0\u00bb faisait remarquer dans une interview \u00e0 l\u2019occasion de son concert \u00e0 Tol\u00e8de le jour de la Comm\u00e9moration des Victimes de l\u2019Holocauste.<br \/>\nJuan Francisco Ortiz a d\u00e9j\u00e0 une certaine exp\u00e9rience pour mettre sa musique \u00ab\u00a0au service de la m\u00e9moire\u00a0\u00bb il le fit en 2015 en jouant au M\u00e9morial de Mauthausen pour le 70\u00e8me anniversaire du Camp, un an apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re, originaire de Santisteban del Puerto, un village de la province de Jaen.<br \/>\nApr\u00e8s sa mort, Ortiz se demanda ce qu\u2019il pouvait faire avec le peu de chose que son p\u00e8re avait rapport\u00e9 du camp de concentration \u2013 un drapeau sign\u00e9 par ses camarades prisonniers, un pull fait \u00e0 la main et un pistolet qu\u2019il d\u00e9roba \u00e0 un SS\u00a0&#8211; pour les prot\u00e9ger de l\u2019oubli\u00a0; il eut l\u2019id\u00e9e de les offrir au mus\u00e9e en \u00e9change d\u2019un concert.<br \/>\nSon p\u00e8re, Francisco Ortiz, s\u2019engagea \u00e0 presque 16 ans dans l\u2019Arm\u00e9e r\u00e9publicaine et une fois la guerre perdue, il partit en France pour continuer la lutte contre le fascisme avec l\u2019id\u00e9e qu\u2019un jour ou l\u2019autre il pourrait renverser le dictateur Francisco Franco, mais il fut captur\u00e9 par les Allemands et d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Mauthausen, o\u00f9 il fut maintenu prisonnier pendant quatre ans \u00ab\u00a0tr\u00e8s difficiles\u00a0\u00bb raconte son fils.<br \/>\nUn jour les nazis le matraqu\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 le laisser pour mort et les amis de Francisco Ortiz, aussi prisonniers, le cach\u00e8rent dans la partie basse, appel\u00e9e le camp des russes, o\u00f9 il y avait une infirmerie. Le natif de Jaen surv\u00e9cut \u00e0 base de sucre, de lait et de p\u00e2tes, des aliments qu\u2019il refusa de go\u00fbter durant tout le reste de sa vie.<br \/>\nUne fois lib\u00e9r\u00e9 par les Alli\u00e9s, sa seconde destination fut la France, mais il ne put retourner en Espagne, et l\u00e0 bas il se maria et \u00e9leva son fils, Juan Francisco, qui se retrouva depuis son enfance avec les amis de son p\u00e8re, ex-prisonniers, et il assure que l\u2019\u00e9motion li\u00e9e \u00e0 ces histoires n\u2019a jamais disparu.<br \/>\n          \u00ab\u00a0C\u2019est un traumatisme qui se r\u00e9percute chez mes proches. J\u2019ai jou\u00e9 dans la prison de     Carabanchel (Madrid) et  dans le public qui est venu il y en avait qui avait eu un proche en prison ici. A la fin du concert ils se sont embrass\u00e9s en pleurant.\u00a0\u00bb affirme-t-il.<\/p>\n<p>Juan Francisco n\u2019a pu venir en Espagne qu\u2019en 1961 avec un d\u00e9cret qui autorisait le retour des fils d\u2019exil\u00e9s. Ce fut lors d\u2019un voyage d\u2019\u00e9t\u00e9 chez son oncle Aurelio pendant lequel il pu enfin conna\u00eetre le village de son p\u00e8re, sa famille paternelle et m\u00eame sa future femme. Et de plus il acheta une guitare.<br \/>\nL\u2019art le fit voyager depuis son enfance, son p\u00e8re \u00e9tait chanteur de flamenco, mais quand il annon\u00e7a officiellement qu\u2019il voulait vivre de la musique, la r\u00e9action de la famille \u00ab\u00a0fut un drame\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Mon p\u00e8re, apr\u00e8s ce qu\u2019il avait v\u00e9cu, voulait que je sois m\u00e9decin ou avocat, quelque chose de s\u00e9rieux. Ma chance fut qu\u2019\u00e0 Paris arriv\u00e8rent beaucoup d\u2019artistes fuyant le franquisme et je connus des ma\u00eetres de grande qualit\u00e9 qui m\u2019enseign\u00e8rent la musique d\u2019une tr\u00e8s belle mani\u00e8re.\u00a0\u00bb se rappelle Ortiz qui fut \u00e9l\u00e8ve du virtuose Andr\u00e8s Segovia.<br \/>\nOrtiz ne se prend pas pour \u00ab\u00a0une vedette c\u00e9l\u00e8bre\u00a0\u00bb mais il \u00ab\u00a0a parcouru le monde\u00a0\u00bb et a jou\u00e9 au Costa Rica avec Paco de Lucia et au Chili avec Manolo Sanlucar et avec Carmen Linares. \u00ab\u00a0Quand je voyage dans un pays et que je rencontre un musicien, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de parler. Nous nous comprenons. La musique est universelle et d\u2019un humanisme sup\u00e9rieur.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe guitariste, qui a exerc\u00e9 comme professeur pendant plus de cinquante ans, prend pour exemple un cours qu\u2019il donna au conservatoire Ho Chi Minh au Vietnam dans lequel il put partager \u00ab\u00a0sans aucun probl\u00e8me\u00a0\u00bb malgr\u00e9 les barri\u00e8res culturelles et linguistiques.<br \/>\n      Il se souvient du musicien argentin et grand pianiste Daniel Barenboin qui r\u00e9ussit \u00e0 rassembler dans un m\u00eame orchestre des musiciens palestiniens et juifs, un \u00ab\u00a0exemple grandiose de ce que repr\u00e9sente la musique.\u00a0\u00bb rapporte Ortiz pour qui il lui semble \u00ab\u00a0incroyable\u00a0\u00bb qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il y a encore des gens qui nient ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 dans les camps, parce que selon lui \u00ab\u00a0l&rsquo;humanit\u00e9 n&rsquo;a pas de m\u00e9moire et n&rsquo;en tire pas les enseignements\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>    Le guitariste qui a maintenant 75 ans, continue \u00e0 se produire en concerts, alorq qu&rsquo;il est \u00e0 la retraite depuis 8 ans aujourd&rsquo;hui m\u00eame, accompagn\u00e9 sur sc\u00e8ne par son fils David, et ce de fa\u00e7on gratuite en offrant un r\u00e9pertoire qu&rsquo;il appelle son programme de la m\u00e9moire et ajoute qu&rsquo;il faut lutter \u00ab\u00a0pour la maintenir\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Dans ce programme il \u00e9voque son p\u00e8re, le camp de Mauthausen avec l\u2019Histoire d\u2019un drapeau, une \u0153uvre compos\u00e9e par lui-m\u00eame inspir\u00e9e par le fameux escalier de la mort, 190 marches que les prisonniers \u00e9taient oblig\u00e9s de monter avec des charges de blocs de pierre de plus de cinquante kilos \u00ab\u00a0beaucoup d\u2019entre eux p\u00e9rirent\u00a0succombant \u00e0 l\u2019\u00e9puisement\u00bb rappelle Ortiz.<br \/>\n Il interpr\u00e8te \u00e9galement \u00ab\u00a0El Emigrante\u00a0\u00bb de Juanito Valderrama, un texte que son p\u00e8re \u00ab\u00a0chantait beaucoup\u00a0\u00bb en souvenir de l\u2019Espagne\u00a0; une suite juive de trois morceaux et une en Yiddish\u00a0; une autre composition de sa cr\u00e9ation sur les Treize Roses \u00ab\u00a0Que mon nom ne s\u2019efface pas\u00a0\u00bb\u00a0; un hommage aux po\u00e8tes Lorca, Machado et Hernandez et pour terminer trois \u0153uvres symboliques de la R\u00e9sistance \u00ab\u00a0La Liste de Schlinder\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0El Cants dels Ocells\u00a0\u00bb et il a cl\u00f4turer  avec \u2018Bella Ciao\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Article traduit par mes soins<\/p>\n<p><strong>Luis<\/strong><br \/>\n<strong><br \/>\nPROCHAINEMENT AU THEATRE DU PLESSIS, 37520 LA RICHE :<\/p>\n<p>Vendredi 11 mars, \u00e0 20h : <\/p>\n<p>Concert de Juan Francisco Ortiz \u00ab Concierto para la Memoria \u00bb<br \/>\nD\u00c9SIRS PARTAG\u00c9S avec l\u2019association Retirada37<\/strong><\/p>\n<p>La guitare au service de la m\u00e9moire dont joue Juan Francisco Ortiz,<br \/>\n        fils d\u2019une victime r\u00e9publicaine de l\u2019Holocauste nazi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec un concert dans le Mus\u00e9e S\u00e9farade de Tol\u00e8de, le musicien franco-espagnol et son fils David ont rendu hommage aux victimes de la r\u00e9pression par Adolphe Hitler, le Jour International de la Comm\u00e9moration des Victimes de l\u2019Holocauste. 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