{"id":3379,"date":"2021-04-15T08:00:39","date_gmt":"2021-04-15T07:00:39","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3379"},"modified":"2021-04-10T15:36:00","modified_gmt":"2021-04-10T14:36:00","slug":"lenfer-des-republicains-espagnols-exiles-en-afrique-du-nord","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3379","title":{"rendered":"L\u2019enfer des r\u00e9publicains espagnols exil\u00e9s en Afrique du Nord"},"content":{"rendered":"<p>Aux derniers jours de la guerre d\u2019Espagne (1936-1939), des milliers de r\u00e9publicains trouvaient refuge dans le Maghreb colonial. Intern\u00e9s puis convertis aux travaux forc\u00e9s sous le r\u00e9gime de Vichy, ils ont v\u00e9cu une histoire aussi tragique que m\u00e9connue.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1.png\" alt=\"\" width=\"1074\" height=\"595\" class=\"alignnone size-full wp-image-3381\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1.png 1074w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1-300x166.png 300w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1-768x425.png 768w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1-1024x567.png 1024w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1-672x372.png 672w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/retir-1-1038x576.png 1038w\" sizes=\"auto, (max-width: 1074px) 100vw, 1074px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Photo prise au camp de Bouarfa (Maroc) en 1940.<br \/>\nArchives personnelles Eliane Ortega Bernabeu<\/p>\n<p>Mars 1939. Depuis plus d\u2019un mois, la Catalogne est entre les mains des forces franquistes. Pr\u00e8s d\u2019un demi-million de r\u00e9fugi\u00e9s r\u00e9publicains espagnols prennent la fuite par le nord, pour ce qui reste aujourd\u2019hui encore la plus importante migration jamais observ\u00e9e \u00e0 une fronti\u00e8re fran\u00e7aise. Mais la retirada n\u2019est pas l\u2019ultime chapitre de la guerre d\u2019Espagne : dans le sud-est de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, les derniers bastions r\u00e9publicains tombent les uns apr\u00e8s les autres. Les hostilit\u00e9s se terminent dans \u00ab l\u2019entonnoir \u00bb d\u2019Alicante. Ne pouvant fuir ni par Valence ni par le sud de l\u2019Espagne d\u00e9j\u00e0 aux mains des franquistes, miliciens et civils r\u00e9publicains sont contraints de prendre la mer.<\/p>\n<p>Depuis Alicante, plusieurs milliers embarquent en catastrophe en direction du port le plus proche, Oran. La flotte r\u00e9publicaine en provenance de Carthag\u00e8ne accoste elle \u00e0 Alger, avant d\u2019\u00eatre d\u00e9rout\u00e9e, avec 4 000 personnes \u00e0 son bord, vers Bizerte en Tunisie. Au total, ce sont probablement entre 10 000 et 12 000 Espagnols \u2014 peut-\u00eatre plus selon certains t\u00e9moignages \u2014 qui arrivent sur les c\u00f4tes d\u2019Afrique du Nord en quelques jours.<\/p>\n<p>Si une poign\u00e9e de r\u00e9publicains sont accueillis par des proches \u00e0 Oran \u2014 qui poss\u00e8de une forte communaut\u00e9 hispanique \u2014 d\u00e8s le 10 mars 1939, le gouvernement de la IIIe R\u00e9publique qui administre l\u2019Afrique du Nord met un frein \u00e0 leur arriv\u00e9e. Depuis un an, les d\u00e9crets-lois Daladier encadrent la venue de r\u00e9fugi\u00e9s : on parle de triage entre la \u00ab partie saine et laborieuse de la population \u00e9trang\u00e8re et les ind\u00e9sirables \u00bb, d\u2019assignations \u00e0 r\u00e9sidence, de centres d\u2019internements\u2026 Un sch\u00e9ma qui va \u00eatre reproduit en Alg\u00e9rie, au Maroc et en Tunisie.<\/p>\n<p>Pendant que le maire d\u2019Oran c\u00e9l\u00e8bre en grande pompe la victoire franquiste, une partie des r\u00e9publicains sont maintenus de force dans des embarcations converties en bateaux-prisons. Ceux qui peuvent d\u00e9barquer sont plac\u00e9s dans des \u00ab guitounes \u00bb, notamment sur le quai \u00e9loign\u00e9 de Ravin blanc. Eliane Ortega Bernabeu, dont le grand-p\u00e8re \u00e9tait \u00e0 bord de l\u2019un de ces bateaux, le Ronwyn, raconte :<\/p>\n<p>    \u00a0\u00bb <em>Ils \u00e9taient totalement isol\u00e9s, tenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart des habitants. Malgr\u00e9 cela, certains Oranais leur sont venus en aide, en amenant de la nourriture, qu\u2019ils hissaient \u00e0 bord des navires gr\u00e2ce \u00e0 des cordes. En revanche, une autre partie de la population ne voulait pas recevoir ces Espagnols, inquiets de leur nombre. Le maire de la ville, l\u2019abb\u00e9 Lambert, \u00e9tait un ami de Franco. Il a grandement contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er un climat de peur chez ces habitants<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>En Tunisie, les marins et les civils de la flotte r\u00e9publicaine sont eux aussi tenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la population. Rapidement, ils sont achemin\u00e9s en train vers le centre du pays et des camps d\u2019internement, notamment celui de Meheri Zebbeus. En Alg\u00e9rie \u00e9galement, une fois d\u00e9barqu\u00e9s, les r\u00e9fugi\u00e9s sont plac\u00e9s dans des camps : \u00ab <em>Il y avait des civils, des ouvriers, des syndicalistes, enferm\u00e9s derri\u00e8re des barbel\u00e9s, et sous la menace constante de ba\u00efonnettes<\/em> \u00bb, explique Eliane Ortega Bernabeu.<\/p>\n<p>Dans les nombreux camps \u2014 dont la majorit\u00e9 se situe sur le territoire alg\u00e9rien \u2014, la m\u00eame l\u00e9gislation qu\u2019en m\u00e9tropole est appliqu\u00e9e. Peter Gaida, historien allemand et auteur de plusieurs ouvrages sur les camps de travaux forc\u00e9s et les r\u00e9publicains, explique :<\/p>\n<p>    \u00a0\u00bb <em>Les exil\u00e9s sont consid\u00e9r\u00e9s comme dangereux pour la d\u00e9fense nationale, ils sont contraints de fournir des prestations en \u00e9change de l\u2019asile : une partie part dans les camps d\u2019internement, l\u2019autre dans les compagnies de travailleurs \u00e9trangers, les CTE. Des prestations l\u00e9gales dans la mesure o\u00f9 la France \u00e9tait en guerre, et les Fran\u00e7ais \u00e9taient aussi r\u00e9quisitionn\u00e9s<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>En Alg\u00e9rie, les femmes, les enfants, ainsi que des invalides sont envoy\u00e9s dans diff\u00e9rents camps : Carnot (Orl\u00e9ansville) ou Moli\u00e8re, pour les plus connus ; les combattants, eux, rejoignent ceux de Boghar et Boghari o\u00f9 ils sont enr\u00f4l\u00e9s pour satisfaire aux besoins en main-d\u2019\u0153uvre de la puissance occupante. Ils sont employ\u00e9s notamment \u00e0 r\u00e9nover des routes dans la r\u00e9gion de Constantine, et \u00e0 exploiter les mines de charbon et de mangan\u00e8se dans le sud oranais.<\/p>\n<p><strong>Le transsaharien, vieux r\u00eave colonial<\/strong><\/p>\n<p>Les dirigeants de la IIIe R\u00e9publique fran\u00e7aise d\u00e9cident alors de relier les mines de Kenadsa, situ\u00e9es au sud d\u2019Oran, aux chemins de fer marocains. Deux mille r\u00e9publicains espagnols et membres des Brigades internationales int\u00e8grent la Compagnie g\u00e9n\u00e9rale transsaharienne, afin d\u2019entretenir les pistes dans le d\u00e9sert. Dans son ouvrage Camps de travail sous Vichy (\u00e0 para\u00eetre en juin 2021 aux \u00e9ditions Les Indes savantes), Peter Gaida publie le t\u00e9moignage de l\u2019un d\u2019entre d\u2019eux, intern\u00e9 au camp de Colomb-B\u00e9chard, en Alg\u00e9rie :<\/p>\n<p>    \u00ab\u00a0<em> On nous envoya \u00e0 quatre kilom\u00e8tres de l\u2019oasis pour enlever le sable d\u2019une \u00e9norme dune p\u00e9trifi\u00e9e de plus de 2 000 m\u00e8tres de longueur. La temp\u00e9rature \u00e9tait \u00e9touffante, plus de 40\u00b0 \u00e0 l\u2019ombre et l\u2019eau rare et chaude. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019ont commenc\u00e9 les dysenteries, les crises de paludisme, les vomissements et les forts maux de t\u00eate<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019armistice du 22 juin 1940, le gouvernement de Vichy au pouvoir remet au go\u00fbt du jour un vieux r\u00eave colonial : l\u2019\u00e9dification d\u2019une ligne de chemin de fer strat\u00e9gique, le transsaharien, autrement appel\u00e9 \u00ab M\u00e9diterran\u00e9e-Niger \u00bb. L\u2019id\u00e9e est de relier les colonies d\u2019Afrique du Nord \u00e0 celles d\u2019Afrique occidentale :<\/p>\n<p>    \u00a0\u00bb <em>En r\u00e9alit\u00e9, les capitales des deux empires coloniaux fran\u00e7ais, Alger et Dakar. Vichy entreprend donc la construction d\u2019une liaison ferroviaire de 3 000 kilom\u00e8tres, en plein d\u00e9sert. Mais l\u2019objectif est multiple : en plus du prestige colonial, il s\u2019agit aussi de transporter des troupes militaires, du mat\u00e9riel et du charbon exploit\u00e9 au Maroc. Il y a \u00e9galement un projet en Afrique occidentale qui consiste \u00e0 irriguer le Niger et de cr\u00e9er une culture du coton gigantesque, qui permettrait de rendre la France ind\u00e9pendante des Britanniques. Pour cela, il leur faut un chemin de fer qui puisse relier Alger<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Le chantier, colossal, se divise en trois phases : la construction d\u2019un axe Oran-Gao, en longeant le Niger, un second menant de Gao \u00e0 Bamako, et un troisi\u00e8me cens\u00e9 relier la ligne \u00e0 Dakar.<\/p>\n<p><strong>L\u2019horreur des camps<\/strong><\/p>\n<p>La main-d\u2019\u0153uvre est toute trouv\u00e9e : les Groupements de travailleurs \u00e9trangers (GTE, qui ont succ\u00e9d\u00e9 aux CTE), disposent d\u2019un cadre l\u00e9gislatif r\u00e9pressif, subtile alliance du colonialisme et du fascisme. Un certain nombre de camps sont \u00e9rig\u00e9s et r\u00e9partis entre le Maroc, la Tunisie, et l\u2019Alg\u00e9rie. Mais les r\u00e9publicains espagnols ne sont pas les seuls \u00e0 \u00eatre affect\u00e9s sur les diff\u00e9rents chantiers : \u00ab Des anarchistes et communistes fran\u00e7ais, des membres de Brigades internationales, et des personnes aux profils tr\u00e8s divers vont \u00eatre d\u00e9port\u00e9s des camps fran\u00e7ais, comme celui de Vernet, vers ceux d\u2019Afrique du Nord en bateau. Pour Vichy, ce sont \u201cdes bouches inutiles et des bras qui manquent\u201d \u00bb, explique Peter Gaida.<\/p>\n<p>En outre, plusieurs milliers de juifs sont exclus de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, et plac\u00e9s dans des Groupements de travailleurs isra\u00e9lites (GTI). \u00ab Dans les camps, il y \u00e9galement des Nord-Africains, notamment ceux les leaders des mouvements nationalistes en Tunisie et en Alg\u00e9rie. Il y a donc une population tr\u00e8s mixte, on trouve m\u00eame la trace de juifs allemands et de Yougoslaves \u00bb, commente Gaida.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion d\u2019Oran, les d\u00e9tenus politiques consid\u00e9r\u00e9s comme dangereux sont intern\u00e9s dans les camps de Djelfa, de Djenien Bou Rezg ou de Hadjerat M\u2019Guil. \u00ab Il y a en tout six camps d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la r\u00e9pression, poursuit Eliane Ortega Bernabeu. Des camps de la mort, comme les appelaient les r\u00e9publicains intern\u00e9s. Entre 1940 et 1942, \u00e0 Berrouaghia, tous les indices que nous avons pu recueillir d\u00e9montrent qu\u2019au moins 750 y sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, de faim, de froid, ou de s\u00e9vices. \u00bb<\/p>\n<p>Les pensionnaires subissent punitions, brimades, et torture. \u00ab Le camp de Meridja [en Alg\u00e9rie] ferme apr\u00e8s que les r\u00e9publicains aient entam\u00e9 une gr\u00e8ve de la faim, afin de protester contre des actes de torture. En r\u00e9alit\u00e9, il est rouvert par Vichy un peu plus au nord, sous le nom d\u2019A\u00efn el-Ourak \u00bb, poursuit Eliane Ortega Bernabeu. Le chantier du transsaharien, lui, s\u2019enlise : \u00e0 peine 62 kilom\u00e8tres de voies seront achev\u00e9s.<\/p>\n<p>En Tunisie, les conditions dans les camps semblent \u00e0 peine plus cl\u00e9mentes qu\u2019en Alg\u00e9rie ou au Maroc. La moiti\u00e9 des 4 000 personnes arriv\u00e9es en 1939 est d\u00e9j\u00e0 repartie en Espagne, suite \u00e0 une promesse d\u2019amnistie formul\u00e9e par Franco. Victoria Fernandez, fille de r\u00e9publicain espagnol exil\u00e9 en Tunisie, raconte :<\/p>\n<p>   \u00a0\u00bb <em>D\u2019apr\u00e8s mes recherches, au moins 25 ont \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s en Espagne d\u00e8s leur arriv\u00e9e, et les autres ont v\u00e9cu dans des conditions extr\u00eamement difficiles. Quant aux 2 000 qui sont rest\u00e9s en Tunisie, une partie importante est envoy\u00e9e dans des camps dans la r\u00e9gion de Kasserine, o\u00f9 ils s\u2019occupent de plantations maraich\u00e8res, d\u2019arbres fruitiers, ou travaillent pour diverses entreprises<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p> De nombreuses informations sur les maltraitances sont rapport\u00e9es, notamment dans la r\u00e9gion de Gab\u00e8s. \u00ab En plus de cela, 300 marins r\u00e9publicains sont envoy\u00e9s dans le d\u00e9sert, au sud du pays. Politis\u00e9s et r\u00e9fractaires, ils \u00e9taient encore plus ind\u00e9sirables que les autres \u00bb, poursuit Victoria Fernandez. Parall\u00e8lement, environ 5 000 hommes tunisiens de confession juive seront enr\u00f4l\u00e9s aux travaux forc\u00e9s, dans des camps distincts, pr\u00e8s des lignes de front.<\/p>\n<p><strong>Lib\u00e9ration de la France, aide au FLN<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9barquement des Alli\u00e9s en Afrique du Nord en novembre 1942 connu sous le nom de \u00ab l\u2019op\u00e9ration Torch \u00bb rebat les cartes : un flottement s\u2019installe dans l\u2019administration fran\u00e7aise, les g\u00e9n\u00e9raux Henri Giraud et Charles de Gaulle se disputant le contr\u00f4le de l\u2019Alg\u00e9rie et du Maroc. En Tunisie, la Wehrmacht fait son entr\u00e9e, elle y restera six mois : \u00ab Durant cette p\u00e9riode d\u2019occupation allemande, une partie des r\u00e9publicains espagnols fuient vers l\u2019Alg\u00e9rie, les autres essaient de dissimuler leur identit\u00e9. Tous ceux qui sont attrap\u00e9s sont envoy\u00e9s dans les GTE, dans la r\u00e9gion de Kasserine \u00bb, explique Victoria Fernandez.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019Alg\u00e9rie et le Maroc, d\u2019autres r\u00e9publicains font le chemin inverse. Peter Gaida :<\/p>\n<p>    \u00a0\u00bb <em>On leur propose de signer un contrat de travail, de rentrer, ou de prendre les armes. Donc beaucoup s\u2019engagent dans les forces reli\u00e9es \u00e0 la France libre, et attaquent les forces allemandes en Tunisie. Apr\u00e8s le d\u00e9part de la Wehrmacht du pays, certains d\u00e9barquent en Sicile et on retrouve leur trace aux c\u00f4t\u00e9s des forces de la France libre en Provence. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9fugi\u00e9s de la guerre d\u2019Espagne, intern\u00e9s par la IIIe R\u00e9publique, et travailleurs forc\u00e9s sous Vichy, ils combattent pour la lib\u00e9ration de la France. Un destin trop peu mis en valeur, o\u00f9 ils sont \u00e0 la fois des victimes et des h\u00e9ros<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>En 1943, une partie des r\u00e9publicains espagnols part pour Casablanca, avant d\u2019embarquer pour le Mexique ou pour l\u2019Am\u00e9rique du Sud. \u00ab D\u2019autres sont rest\u00e9s, comme ma famille. En r\u00e9alit\u00e9, ils pensaient que Franco finirait par \u00eatre chass\u00e9, ils dormaient avec la valise sous le lit \u00bb, reprend Eliane Ortega Bernabeu. Sa naissance \u00e0 Oran en 1954 co\u00efncide avec le d\u00e9but de la guerre de lib\u00e9ration nationale en Alg\u00e9rie :<\/p>\n<p>   \u00a0\u00bb <em>Je ne suis pas pied-noir, d\u00e9j\u00e0 parce que c\u2019est un terme colonial, mais \u00e9galement, parce que je ne suis pas fran\u00e7aise. Je suis une Espagnole d\u2019Oran. Les r\u00e9publicains portaient des valeurs d\u00e9mocratiques, ils \u00e9taient donc fermement oppos\u00e9s au colonialisme. L\u2019exploitation d\u2019un peuple par un autre \u00e9tait pour eux une horreur. Beaucoup plus tard, je me suis rendu compte que mon p\u00e8re payait sa cotisation au FLN. Lui et les autres voyaient la pauvret\u00e9 des indig\u00e8nes, l\u2019exploitation, la torture. Automatiquement, ils ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 leur combat<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Les Espagnols rest\u00e9s en Tunisie finissent par partir, principalement \u00e0 cause de probl\u00e8mes \u00e9conomiques. La derni\u00e8re vague quittera le pays \u00e0 la mort de Franco, quand l\u2019Espagne a reconnu leur service dans la marine.<\/p>\n<p>Du passage des r\u00e9publicains au Maghreb, il reste des pierres tombales, bien peu de textes, beaucoup de zones d\u2019ombre \u00e0 \u00e9claircir. Peter Gaida, Eliane Ortega Bernabeu, Victoria Fernandez et bien d\u2019autres continuent inlassablement de recoller les fragments de cette histoire. Une mani\u00e8re de donner aux victimes de ces camps une reconnaissance qui, 80 ans apr\u00e8s, se fait toujours attendre. <\/p>\n<p><strong>Laurent Perpigna Iban<\/strong><\/p>\n<p>Journaliste et photographe ind\u00e9pendant, passionn\u00e9 par le Proche-Orient o\u00f9 il se rend r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Source : <a href=\"https:\/\/orientxxi.info\/magazine\/l-enfer-des-republicains-espagnols-exiles-en-afrique-du-nord,4624?fbclid=IwAR1DQyjTcLqHemIVTT_rMs1Q7Ux5D42MJe54XwgRQ7gN_TqJPU9q9IJ2HnE\">https:\/\/orientxxi.info\/magazine\/l-enfer-des-republicains-espagnols-exiles-en-afrique-du-nord,4624?fbclid=IwAR1DQyjTcLqHemIVTT_rMs1Q7Ux5D42MJe54XwgRQ7gN_TqJPU9q9IJ2HnE<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux derniers jours de la guerre d\u2019Espagne (1936-1939), des milliers de r\u00e9publicains trouvaient refuge dans le Maghreb colonial. Intern\u00e9s puis convertis aux travaux forc\u00e9s sous le r\u00e9gime de Vichy, ils ont v\u00e9cu une histoire aussi tragique que m\u00e9connue. Photo prise au camp de Bouarfa (Maroc) en 1940. Archives personnelles Eliane Ortega Bernabeu Mars 1939. Depuis &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=3379\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">L\u2019enfer des r\u00e9publicains espagnols exil\u00e9s en Afrique du Nord<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14,15],"tags":[],"class_list":["post-3379","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-temoignages-et-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3379","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3379"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3385,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3379\/revisions\/3385"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}