{"id":3376,"date":"2021-04-09T09:00:08","date_gmt":"2021-04-09T08:00:08","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3376"},"modified":"2021-04-08T18:07:32","modified_gmt":"2021-04-08T17:07:32","slug":"le-dernier-grand-tresor-photographique-de-la-guerre-civile-espagnole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3376","title":{"rendered":"Le dernier grand tr\u00e9sor photographique de la guerre civile espagnole"},"content":{"rendered":"<p>Retrouv\u00e9es dans deux bo\u00eetes rouges au fond d\u2019un garage, 5 000 photos cach\u00e9es du photographe Antoni Campa\u00f1\u00e0, prises durant la guerre civile espagnole, sont d\u00e9voil\u00e9es pour la premi\u00e8re fois.<a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1.jpg\" alt=\"\" width=\"1366\" height=\"703\" class=\"alignnone size-full wp-image-3377\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1.jpg 1366w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1-300x154.jpg 300w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1-768x395.jpg 768w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/EYJPBN1-1024x527.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1366px) 100vw, 1366px\" \/><\/a><\/p>\n<p>On dit des photographes qui ont couvert la guerre d\u2019Espagne (1936-1939) qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 les pionniers du photojournalisme. A l\u2019\u00e9poque, cette guerre civile enflamme le pays. Elle oppose le camp des r\u00e9publicains espagnols compos\u00e9 de loyalistes \u00e0 l\u2019\u00e9gard du gouvernement l\u00e9galement \u00e9tabli, de communistes, de l\u00e9ninistes, d\u2019anarchistes \u00e0 celui des nationalistes et rebelles putschistes dirig\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral Franco. Robert Capa, David Seymour, Gerda Taro ont photographi\u00e9 le conflit. Leurs images ont fait le tour du monde.<\/p>\n<p>On pense alors avoir tout vu de cette guerre avant qu\u2019en 2018, pr\u00e8s de Barcelone, lors de la d\u00e9molition d\u2019une maison ayant appartenu au photographe catalan Antoni Campa\u00f1\u00e0 apparaissent, au fond d\u2019un garage, deux bo\u00eetes rouges. Elle contiennent plus de 5 000 photos, des n\u00e9gatifs pour la plupart, mais \u00e9galement plusieurs centaines de tirages, le tout r\u00e9alis\u00e9 durant les trois ann\u00e9es d\u2019affrontements. Selon le quotidien catalan La Vanguardia, il s\u2019agit \u00ab du dernier grand tr\u00e9sor photographique de la guerre civile espagnole \u00bb.<\/p>\n<p>Mais qui est Antoni Campa\u00f1\u00e0 ? Dans le tr\u00e8s beau texte d\u2019introduction du livre La bo\u00eete rouge (Seuil) qui revient sur cette histoire et a \u00e9t\u00e9 codirig\u00e9 par le journaliste Pl\u00e0cid Garcia-Planas, l\u2019historien Arnau Gonz\u00e0lez Vilalta et le photographe David Ramos, la question est pos\u00e9e. \u00ab Qui fut Antoni Campa\u00f1\u00e0 Bandranas ? Un artiste, un photojournaliste de sport, un reporter de la vie politique et de la guerre, un repr\u00e9sentant de commerce pour Leica et Contax, un \u00e9diteur de cartes postales ? Ou encore un saxophoniste de l\u2019Iberian Orchestra, qui se produisait dans les ann\u00e9es 1930 \u00e0 Barcelone ? En guise de r\u00e9ponse, on pourrait dire que (\u2026) Campa\u00f1\u00e0 fut un parfait homme-orchestre de la photographie. \u00bb Fils et petit-fils d\u2019entrepreneurs dans le domaine de la construction, issu d\u2019une famille ais\u00e9e, Campa\u00f1\u00e0 d\u00e9cide tr\u00e8s jeune de faire de la photographie sa vie. \u00c0 douze ans, il vend d\u00e9j\u00e0 ses positifs. \u00c0 quatorze ans, il r\u00e9alise un reportage \u00ab graphique \u00bb sur le roi Alphonse XIII, publi\u00e9 dans une revue espagnole. D\u00e8s lors, l\u2019appareil photo devient un ins\u00e9parable compagnon.<\/p>\n<p>Campa\u00f1\u00e0 a trente ans quand d\u00e9bute la guerre civile espagnole. R\u00e9publicain, catalaniste et fervent catholique, le photographe manifestera tr\u00e8s peu de prises de position politiques publiques, affirmant simplement \u00eatre du c\u00f4t\u00e9 de ceux \u00ab qui gouverneront, s\u2019ils me plaisent \u00bb. Il adopte en quelque sorte la position d\u2019un diplomate, et cette diplomatie lui permet de photographier les uns et les autres sans distinction : \u00ab De la Ligue de Camb\u00f2 ou la gauche r\u00e9publicaine de Catalogne de Companys de f\u00e9vrier et mars 1936, puis, quelques mois plus tard, les r\u00e9volutionnaires anarchistes et les franquistes victorieux, puis les fascistes et les nazis en 1939. \u00bb<\/p>\n<p>Ses images, aussi expos\u00e9es en ce moment au Mus\u00e9e national d\u2019art de Catalogne, d\u00e9peignent une r\u00e9alit\u00e9 tragique pleine de nuances et de contrastes douloureux. Elles sont une d\u00e9couverte incroyable sur la guerre civile espagnole, une v\u00e9ritable fresque allant du coup d\u2019\u00e9tat de Franco, \u00e0 la \u00ab Barcelone sovi\u00e9tique \u00bb, jusqu\u2019aux portraits des miliciens antifascistes se rendant au front. Campa\u00f1\u00e0 observe ce qui l\u2019entoure, se soucie de son prochain et il se rend partout o\u00f9 il peut aller. Il photographie parfois au Leica, parfois au Rolleiflex, tout ce qu\u2019il consid\u00e8re comme important, en particulier des \u00e9v\u00e8nements qui l\u2019ont profond\u00e9ment heurt\u00e9 ou marqu\u00e9 : des \u00e9glises victimes des r\u00e9volutionnaires iconoclastes aux portraits d\u2019attirants combattants libertaires, des protestations de rues aux cons\u00e9quences mis\u00e9rables de la guerre.Retour ligne automatique<\/p>\n<p>Car c\u2019est de cela qu\u2019il s\u2019agit dans ces images cach\u00e9es et retrouv\u00e9es pr\u00e8s de trente ans apr\u00e8s la mort du photographe : de l\u2019histoire d\u2019un homme meurtri de voir son pays d\u00e9truit. \u00ab Campa\u00f1\u00e0 a photographi\u00e9 la guerre civile espagnole avec amertume et tristesse, cet \u00e9tat d\u2019\u00e2me a guid\u00e9 son refus de diffuser ses photographies \u00bb, \u00e9crit la commissaire d\u2019exposition Marta Gili. Le photographe n\u2019a pourtant pas aim\u00e9 photographier la pauvret\u00e9, comme il l\u2019a confi\u00e9 \u00e0 ses enfants. Ainsi son fils Antoni se rappelle-t-il que son p\u00e8re \u00ab n\u2019a jamais voulu que l\u2019on sache qu\u2019il avait r\u00e9alis\u00e9 des images de la guerre \u00bb. A qui se destinaient alors ces photos ? Nul ne le sait mais comme il est joliment \u00e9crit sur la quatri\u00e8me couverture du livre La bo\u00eete rouge : \u00ab Aujourd\u2019hui, par bonheur, elles nous sont offertes. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Par Sabyl Ghoussoub<\/strong><\/p>\n<p> P.-S.<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Paris en 1988 dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub est un \u00e9crivain, chroniqueur et commissaire d\u2019exposition. Son deuxi\u00e8me roman Beyrouth entre parenth\u00e8ses est sorti aux \u00e9ditions de l\u2019Antilope en ao\u00fbt 2020.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.blind-magazine.com\/fr\/stories\/1276\/Le-Dernier-Grand-Tresor-Photographique-De-La-Guerre-Civile-Espagnole\">https:\/\/www.blind-magazine.com\/fr\/stories\/1276\/Le-Dernier-Grand-Tresor-Photographique-De-La-Guerre-Civile-Espagnole<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retrouv\u00e9es dans deux bo\u00eetes rouges au fond d\u2019un garage, 5 000 photos cach\u00e9es du photographe Antoni Campa\u00f1\u00e0, prises durant la guerre civile espagnole, sont d\u00e9voil\u00e9es pour la premi\u00e8re fois. On dit des photographes qui ont couvert la guerre d\u2019Espagne (1936-1939) qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 les pionniers du photojournalisme. 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