{"id":3242,"date":"2021-01-18T11:46:20","date_gmt":"2021-01-18T10:46:20","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3242"},"modified":"2021-01-18T12:14:36","modified_gmt":"2021-01-18T11:14:36","slug":"1939-1944-le-barrage-de-laigle-creuset-de-la-reorganisation-de-la-cnt-ait-espagnole-en-exil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3242","title":{"rendered":"1939-1944 : Le Barrage de l\u2019Aigle, creuset de la r\u00e9organisation de la CNT-AIT espagnole en exil"},"content":{"rendered":"<p>Extrait de la brochure \u00ab des anarchistes espagnols en R\u00e9sistance, tome 2 :<em> \u00ab Quand des migrants et des parias tenaient le maquis dans le Cantal \u00bb<\/em> <a href=\"http:\/\/cnt-ait.info\/2021\/01\/10\/migrants-parias-maquis\/\">http:\/\/cnt-ait.info\/2021\/01\/10\/migrants-parias-maquis\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Notre-barrage.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Notre-barrage.png\" alt=\"\" width=\"448\" height=\"107\" class=\"alignnone size-full wp-image-3243\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Notre-barrage.png 448w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Notre-barrage-300x72.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 448px) 100vw, 448px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au cours de l\u2019hiver 1939, 500 000 espagnols fuient la victoire des fasciste et les repr\u00e9sailles pr\u00e9visibles et se r\u00e9fugient en France. Malgr\u00e9 quelques gestes de sympathie d\u2019une partie de la population, la R\u00e9publique ne voit pas d\u2019un bon \u0153il l\u2019arriv\u00e9e de ces combattants de la libert\u00e9, qu\u2019elle d\u00e9signe en fait sous le vocable d\u2019 \u00ab ind\u00e9sirables \u00bb. Alors qu\u2019ils s\u2019attendaient \u00e0 \u00eatre accueillis en fr\u00e8res, les r\u00e9fugi\u00e9s sont jet\u00e9s dans des camps \u00ab du m\u00e9pris \u00bb, o\u00f9 ils sont trait\u00e9s de fa\u00e7on inhumaine.<\/p>\n<p><strong>Des camps aux GTE : l\u2019int\u00e9gration des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019effort de guerre<\/strong><\/p>\n<p>Avec la d\u00e9claration de guerre de la France \u00e0 l\u2019Allemagne nazi, certains r\u00e9publicains demandent \u00e0 s\u2019engager dans les bataillons \u00e9trangers de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Mais les officiers fran\u00e7ais ont de la m\u00e9fiance envers ceux qu\u2019ils nomment les \u00ab Rouges \u00bb, les communistes \u00e9tant li\u00e9s \u00e0 l\u2019Allemagne nazi par le Pacte germano-sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>Toutefois, de nombreux fran\u00e7ais \u00e9tant  mobilis\u00e9s sur le Front, il manque des bras notamment pour les travaux de force sur les chantiers, dans les for\u00eats, dans les fermes ou dans les mines.  La R\u00e9publique voit l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle peut tirer des r\u00e9fugi\u00e9s (espagnols ou autres) et les int\u00e8gre \u00e0 l\u2019effort de guerre par le biais des Compagnies de travailleurs \u00e9trangers (CTE). Pour les r\u00e9fugi\u00e9s, c\u2019est surtout l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00e9chapper au camp, \u00e0 ses brimades et \u00e0 ses privations. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises vont puiser dans les camps de concentration les bras dont ils ont besoin pour les travaux p\u00e9nibles et dangereux.<\/p>\n<p> \u00ab Le mois de d\u00e9cembre 1939 commenc\u00e8rent \u00e0 arriver au barrage en qualit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre, les premiers r\u00e9fugi\u00e9s espagnols. Quelques-uns s\u2019embauch\u00e8rent individuellement. Les autres, provenaient des camps de concentration. D\u2019abord ce fut un groupe de 22 hommes, en provenance du camp de Saint-Cyprien. Puis, pendant les mois de janvier, f\u00e9vrier, mars 1940, ils arriv\u00e8rent au nombre de plus de 400. Ils venaient pieds-nus ; d\u2019autres plus fortun\u00e9s, portaient les pieds envelopp\u00e9s de bandes faites avec des sacs ; ils allaient d\u00e9chir\u00e9s, habill\u00e9s avec des haillons, tels que les avaient laiss\u00e9 la d\u00e9route et le camp de concentration [1]\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que la Chambre du Front Populaire ait vot\u00e9 les pleins pouvoirs \u00e0 P\u00e9tain, l\u2019Etat Fran\u00e7ais se substitua \u00e0 la R\u00e9publique fran\u00e7aise. N\u00e9cessit\u00e9 faisant loi, il y a avait des centaines de milliers de prisonniers et la France manquait de bras \u2026 Les CTE devinrent des GTE (groupements de travailleurs \u00e9trangers) et ils continu\u00e8rent leurs activit\u00e9s, toutefois avec un contr\u00f4le renforc\u00e9 des autorit\u00e9s polici\u00e8res, les travailleurs r\u00e9fugi\u00e9s passant du statut d\u2019ind\u00e9sirable \u00e0 celui de potentiels  ennemis int\u00e9rieurs.<\/p>\n<p><strong>Les r\u00e9fugi\u00e9s, une main d\u2019\u0153uvre corv\u00e9able \u2026 et convoit\u00e9e !<\/strong><\/p>\n<p>Les GTE dans le Cantal regroupaient des travailleurs de toutes nationalit\u00e9s, mais principalement d\u2019espagnols, de polonais et de membres de la communaut\u00e9 juive, sachant que beaucoup de polonais \u00e9taient de confession juive. Le cynisme des autorit\u00e9s de Vichy allant jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9signer ces derniers sous le terme de<br \/>\n\u00ab Palestiniens \u00bb, ou de mani\u00e8re plus stigmatisante, \u00ab d\u2019Isra\u00e9lites oisifs \u00bb\u2026. Le 431\u00e8me GTE, constitu\u00e9 d\u2019environ 400 espagnols install\u00e9 \u00e0 Mauriac et Tourniac, et le 437\u00e8me GTE constitu\u00e9 d\u2019environ 200 espagnols install\u00e9 \u00e0 Mauriac, \u00e9taient destin\u00e9 tout principalement \u00e0 la construction de barrages. Le 664\u00e8me GTE, constitu\u00e9 d\u2019environ 200 polonais et juifs de diverses nationalit\u00e9s, install\u00e9 \u00e0 Mauriac, \u00e9tait \u00e9galement destin\u00e9 \u00e0 la construction de barrages, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019exploitation foresti\u00e8re et aux travaux agricoles au profit d\u2019entreprises priv\u00e9es ou de particuliers.<\/p>\n<p>Par la suite, les nazis cherchent aussi \u00e0 tirer profit de cette main-d\u2019\u0153uvre corv\u00e9able \u00e0 merci. Eux aussi avaient besoin de bras pour construire leur Mur de l\u2019Atlantique qui devait les prot\u00e9ger d\u2019une invasion alli\u00e9e. Entre 1942 et 1943, 26 000 Espagnols travailleurs des GTE ou autres sont envoy\u00e9s dans le cadre du STO sur les chantiers de l\u2019Organisation Todt sur la fa\u00e7ade atlantique.<\/p>\n<p>Les ing\u00e9nieurs du barrage de l\u2019Aigle partageaient avec les ouvriers espagnols l\u2019esprit de r\u00e9sistance. Aucun homme, aucun mat\u00e9riau ne devait aller aux nazis. La r\u00e9sistance, avant d\u2019\u00eatre de hauts faits d\u2019armes, ce fut surtout le refus obstin\u00e9 et silencieux de servir et d\u2019ob\u00e9ir.<\/p>\n<p>\u00ab le barrage de l\u2019Aigle n\u2019est pas seulement un ouvrage de r\u00e9sistance mat\u00e9rielle. Il a \u00e9t\u00e9 aussi un rep\u00e8re de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019envahisseur allemand. Ni la guerre, ni la d\u00e9route, ni l\u2019occupation n\u2019ont arr\u00eat\u00e9 le travail continu du barrage. Tout au contraire : il fallait emp\u00eacher que le b\u00e9ton aille grossir le mur de l\u2019Atlantique et que les hommes quittent le chantier pour des chantiers allemands. Dans ces montagnes n\u00e9es pour cacher des maquis, la r\u00e9sistance a \u00e9t\u00e9 tellement bien organis\u00e9e que pas un seul homme, pas un m\u00e8tre cube de b\u00e9ton, pas un kilo de ferraille ne sont all\u00e9s collaborer avec les Allemands \u00bb.<\/p>\n<p>Il fallait donc faire en sorte que le chantier progresse, mais pas trop vite non plus pour freiner sur la fin la mise en service de l\u2019usine qui risquait de fournir de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019effort de guerre allemand.<\/p>\n<p>Dans un article paru dans Notre Barrage, la gazette du chantier, les compagnons espagnols d\u00e9taillent les diff\u00e9rentes tactiques utilis\u00e9es pour \u00e9chapper aux r\u00e9quisitions<\/p>\n<p>Les espagnols du Chantier de l\u2019Aigle ne partiront pas \u00e0 l\u2019organisation TODT<\/p>\n<p><strong>Notre barrage, Novembre 1944<\/p>\n<p>Non et non. Ils ne repartiront pas.<\/strong><\/p>\n<p>La lutte a dur\u00e9 deux ans, avec des p\u00e9riodes de crise et des accalmies, mais toujours renaissante. Ils ne sont finalement pas partis, mais au prix d\u2019une r\u00e9sistance plus ou moins \u00e9lastique, qui a pris toutes les formes : la pagaie, le vide, les \u00e9pid\u00e9mies, le chantage, les cartes de nationalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La pagaie<\/strong><\/p>\n<p>La tactique consistait d\u2019abord \u00e0 tout embrouiller. En t\u00e9l\u00e9phonant simultan\u00e9ment aux services de Paris, de Limoges, de Clermont, d\u2019urillac, dont nous d\u00e9pendions \u00e0 des titres divers, on finissait bien, malgr\u00e9 la prudence administrative bien connue, par trouver une fissure, ou une contradiction, m\u00eame de d\u00e9tail. Apr\u00e8s c\u2019\u00e9tait l\u2019enfance de l\u2019art.<\/p>\n<p>Mais quelque fois le proc\u00e9d\u00e9 ne rendait pas. Il s\u2019agissait alors de gagner du temps, quelques jours ou m\u00eame quelques heures : les d\u00e9parts \u00e9taient imp\u00e9rativement fix\u00e9s pour telle date. Et on avait remarqu\u00e9 par exp\u00e9rience que pass\u00e9e cette date, la question retombait en sommeil jusqu\u2019\u00e0 la prochaine fois.<\/p>\n<p><strong>Le vide<\/strong><\/p>\n<p>Gagner du temps pouvait se faire par des voies administratives, ce que, respectueux de la bonne r\u00e8gle, nous commen\u00e7ons par essayer, sous un pr\u00e9texte quelconque, mais on fut parfois r\u00e9duit \u00e0 employer l\u2019ultime m\u00e9thode : le vide. D\u00e8s que des cars pour le \u00ab ramassage \u00bb \u00e9taient group\u00e9s \u00e0 Mauriac, tous les espagnols du chantier, ob\u00e9issant \u00e0 un myst\u00e9rieux mot d\u2019ordre, disparaissaient et les forces de police tombaient dans ce vide. Sans douter que sous le plancher de la cabine t\u00e9l\u00e9phonique d\u2019o\u00f9 ils annon\u00e7aient leur d\u00e9convenue \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure et hi\u00e9rarchique \u2013 dans cette \u00e9glise devant laquelle ils passaient \u2013 dans ce buisson qui bordait la route, et, surtout, massivement, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Dordogne, ils \u00e9taient \u00e9cout\u00e9s, observ\u00e9s, \u00e9pi\u00e9s, etc \u2026 par des tas de type qui la couverture roul\u00e9e autour du corps et le casse-cro\u00fbte dans la musette, pr\u00eats \u00e0 aller un peu plus loin en cas de besoin, surveillaient le passage des cars place Ponge.<\/p>\n<p>Mais un jour, on parla de cerner les environs du chantier. Sur le moment, nous f\u00fbmes impressionn\u00e9s et on avait une autre m\u00e9thode, celle des \u00e9pid\u00e9mies. [nous l\u2019avons utilis\u00e9 \u00e0 deux reprises]<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9pid\u00e9mies<\/strong><\/p>\n<p>On n\u2019avait refoul\u00e9 \u00e0 priori que la poliomy\u00e9lite pour ne pas affoler les gens de la cit\u00e9, mais \u00e0 part cela il suffisait \u00e0 un \u00e9pid\u00e9mie de typho\u00efde ou de je ne sais quoi (affaire de toubib)  de se d\u00e9clarer juste au bon moment, \u00e0 la grande col\u00e8re des administrateurs charg\u00e9s de la rafle, qui n\u2019\u00e9taient pas dupe, mais n\u2019y pouvaient rien, les formes \u00e9tant respect\u00e9es. On n\u2019osa tout de m\u00eame pas recommencer une troisi\u00e8me fois.<\/p>\n<p><strong>Le chantage<\/strong><\/p>\n<p>Finalement, on recourut au chantage, on fit courir le bruit (Dieu sait si c\u2019est facile) que si des op\u00e9rations de police recommen\u00e7aient, les maquis de Corr\u00e8ze s\u2019en m\u00ealeraient et que \u00e7a pourrait tourner au drame. Des techniciens officiels et bien intentionn\u00e9s estim\u00e8rent que, dans ces conditions, il fallait 5 000 hommes pour ramasser la centaine d\u2019espagnols tant convoit\u00e9s. Or la R\u00e9gion de Clermont ne disposait pas de ces importantes forces arm\u00e9es, il lui fallait donc demander le concours de la r\u00e9gion de Limoges. Inutile de dire qu\u2019administrativement, faire passer quoi que ce soit, et notamment des forces de police, d\u2019une R\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre est un probl\u00e8me insoluble. L\u2019op\u00e9ration n\u2019eut pas lieu.<\/p>\n<p><strong>Les cartes de nationalit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, des gens bien-pensants commen\u00e7aient \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter du danger des Espagnols \u00ab rouges \u00bb. La presse de Paris, dont nous citons par ailleurs un \u00e9loquent extrait, commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019en m\u00ealer. Les Allemands risquaient d\u2019intervenir. Il fallait trouver une solution officielle, d\u2019apparence au moins.<\/p>\n<p>Ce fut la protection de chaque ouvrier espagnol par les cartes de nationalit\u00e9, argument un peu acrobatique sur lequel il serait indiscret d\u2019insister, mais qui nous permit d\u2019attendre le message \u00ab Coup d\u2019envoi \u00e0 15 heures \u00bb et le d\u00e9barquement.<\/p>\n<p>Un  inspecteur de Vichy fut envoy\u00e9 sp\u00e9cialement pour se rendre compte de la main-d\u2019\u0153uvre qu\u2019on pouvait enlever au barrage au b\u00e9n\u00e9fice des Allemands. Quand il arriva au barrage, il se trouva devant une \u00e9pid\u00e9mie : \u00e0 l\u2019infirmerie, plusieurs Espagnols \u00e9taient au lit, victimes de typhus. Il pouvait bien le constater \u00e0 l\u2019aide de graphiques de fi\u00e8vres, aux l\u00e8vres p\u00e2les et \u00e0 l\u2019\u00e9tat des malades. Le pauvre inspecteur ne voulut rien savoir et s\u2019empressa de repartir pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019effroyable maladie. Apr\u00e8s quoi, les malades ayant prouv\u00e9 leur mauvais \u00e9tat de sant\u00e9 \u00e0 l\u2019inspecteur, se lev\u00e8rent et se remirent au travail, car l\u2019\u00e9pid\u00e9mie avait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 de toutes pi\u00e8ces, aussi pour tromper Vichy que pour \u00e9chapper aux Allemands.<\/p>\n<p>Pendant la p\u00e9riode de clandestinit\u00e9, fran\u00e7ais et espagnols faisaient le guet sur les routes amenant au barrage. D\u00e8s qu\u2019ils d\u00e9couvraient des Allemands, tous les hommes, et m\u00eame quelques femmes, laissaient le chantier et gagnaient la montagne.<br \/>\nLa r\u00e9organisation de la Conf\u00e9d\u00e9ration commence dans un village du Cantal<\/p>\n<p>D\u00e8s leur arriv\u00e9e au camp, les v\u00e9t\u00e9rans de la CNT-AIT espagnole commencent \u00e0 recr\u00e9er des liens affinitaires, dans le but de recr\u00e9er l\u2019organisation clandestine. Durant l\u2019ann\u00e9e 1940, le groupe initial est cr\u00e9\u00e9 : la F\u00e9d\u00e9ration Locale d\u2019Aynes. Ses membres multiplient les contacts avec des militants isol\u00e9s rep\u00e9r\u00e9s dans les villages alentour, travaillant sur d\u2019autres chantiers ou dans des fermes, avec les nouveaux arrivants sur le chantier du barrage. La 1\u00e8re r\u00e9union clandestine ouverte aux militants s\u00fbrs se tient en octobre 1941. D\u00e8s lors, s\u2019enchainent des circulaires, le groupe du barrage, dans impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir des contacts avec le Conseil national de a CNT en exil, d\u00e9cide de se constituer en Commission r\u00e9organisatrice du Mouvement libertaire en exil.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re circulaire de liaison des anarchistes du barrage de l\u2019aigle, de novembre 1941, se fixe comme premier objectif de regrouper les compagnons qui souhaitent reprendre la lutte.<\/p>\n<p><strong>COMMISSION D\u2019ORGANISATION DU MOUVEMENT LIBERTAIRE ESPAGNOL EN FRANCE \u2013 CIRCULAIRE N \u00b0 1<\/strong><br \/>\n<em><br \/>\nCompagnons: Sans \u00eatre officiellement organis\u00e9es, les circulaires que le Conseil du Mouvement Libertaire nous a envoy\u00e9es sont arriv\u00e9es entre vos mains. Aujourd\u2019hui, nous supposons qu\u2019en raison des circonstances, le silence le plus absolu r\u00e8gne autour de nous. La r\u00e9alit\u00e9 crue nous montre que le salut ne viendra pas d\u2019un hypoth\u00e9tique d\u00e9barquement. C\u2019est un r\u00eave irr\u00e9alisable dont ce sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9veill\u00e9s ceux d\u2019entre nous qui ont v\u00e9cu la vie de ce camp de concentration avec des montagnes de barbel\u00e9s.<\/p>\n<p>Les hommes de la CNT, la FAI. et les FIJ ne sont pas de ceux qui se laissent d\u00e9courager par les \u00e9v\u00e9nements, ni de ceux qui sont intimid\u00e9s par les dangers. Le groupe qui a re\u00e7u les circulaires depuis notre arriv\u00e9e du Camp de Saint Cyprien a pris soin de les envoyer \u00e0 ceux que, par leurs manifestations d\u2019int\u00e9r\u00eat et leurs attitudes, nous avons not\u00e9 comme compagnons; Compte tenu de la responsabilit\u00e9 que nous pourrions encourir si nous nous laissions influencer par le d\u00e9couragement g\u00e9n\u00e9ral, nous avons convoqu\u00e9 une r\u00e9union du groupe, que nous avons \u00e9tendu \u00e0 diff\u00e9rents compagnons, d\u2019o\u00f9 sont issues les r\u00e9solutions suivantes :<\/p>\n<p>\u2013 Premi\u00e8rement : Nommer une Commission de r\u00e9organisation locale.<\/p>\n<p>\u2013 Deuxi\u00e8mement : Donner pleine confiance \u00e0 la Commission afin qu\u2019elle essaie de regrouper le plus grand nombre de compagnons dans les plus brefs d\u00e9lais.<\/p>\n<p>\u2013 Troisi\u00e8mement : Une fois que les compagnons regroup\u00e9s se sont ajust\u00e9s en groupes d\u2019affinit\u00e9 ou de besoin, organisation \u00e0 des fins d\u2019information et de r\u00e9union.<\/p>\n<p>\u2013 Quatri\u00e8mement : Entre-temps, lancer des efforts pour localiser la r\u00e9sidence des membres du Conseil du mouvement libertaire.<\/p>\n<p>\u2013 Cinqui\u00e8mement : Une fois le travail de regroupement effectu\u00e9, convoquer des r\u00e9unions de groupe pour nommer officiellement la Commission et fixer les directives \u00e0 suivre, les cotisations \u00e0 payer, etc. etc.<\/p>\n<p>T\u2019estimant digne de notre confiance, tu indiqueras au m\u00eame compagnon qui te remet cette circulaire si tu connais un autre compagnon [int\u00e9ress\u00e9], en m\u00eame temps que tu indiqueras avec lequel ou lesquels tu pr\u00e9f\u00e8rerais \u00eatre group\u00e9.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas le moment de manquer de responsabilit\u00e9 face aux dangers; prends tes pr\u00e9cautions comme le fait la Commission. Ne fais confiance \u00e0 personne tant que tu n\u2019es pas s\u00fbr de sa qualit\u00e9 de compagnon; Si tu nous en pr\u00e9sente un autre, communique avec la Commission qui se chargera de v\u00e9rifier tes indications.<\/p>\n<p>En esp\u00e9rant que tu feras honneur \u00e0 la confiance que nous t\u2019accordons et que rejoindra notre Organisation, nous te saluons fraternellement.<\/p>\n<p>Pour la Commission, Jos\u00e9 Germ\u00e1n.<br \/>\nNovembre 1941.<\/em><\/p>\n<p>===================================<\/p>\n<p>Les efforts d\u2019organisation commencent \u00e0 porter leurs fruits : dans la seconde circulaire de Janvier 42, \u00e0 peine plus d\u2019un mois apr\u00e8s la premi\u00e8re, le groupe annonce regrouper d\u00e9j\u00e0 80 compagnons r\u00e9partis en 5 groupes. Par contre les mesures de protections sont renforc\u00e9es : alors que la premi\u00e8re circulaire avait \u00e9t\u00e9 largement distribu\u00e9e parmi les groupes de travailleurs espagnols, cette seconde circulaire \u2013 et les suivantes \u2013 sera diffus\u00e9e sous forme orale, par un membre de la Commission d\u2019organisation. En effet, ne disposant pas de machine \u00e0 \u00e9crire, la premi\u00e8re circulaire \u00e9tait manuscrite et un compagnon avait fait remarquer qu\u2019on pouvait reconna\u00eetre l\u2019\u00e9criture de son auteur \u2026 ce n\u2019est seulement qu\u2019\u00e0 partir de 1944 que le groupe put faire imprimer clandestinement ses documents, nous y reviendrons.<\/p>\n<p>Parmi les autres d\u00e9cisions, l\u2019adoption d\u2019une cotisation de 10 francs \u2013 ce qui pour l\u2019\u00e9poque repr\u00e9sentait une somme significative, les ouvriers \u00e9tant pay\u00e9 journali\u00e8re au tarif de 5 francs de l\u2019heure et les ouvriers anarchosyndicalistes se refusant par \u00e9thique syndicale de faire la moindre heure suppl\u00e9mentaire. Cette cotisation servait essentiellement (plus de 80% selon les rapports financiers transmis avec les circulaires suivantes) \u00e0 la solidarit\u00e9 notamment avec les r\u00e9fugi\u00e9s rest\u00e9s dans les camps de concentration.<\/p>\n<p>Se pose la question du \u00ab camouflage \u00bb des compagnons qui ont besoin d\u2019\u00e9chapper aux pers\u00e9cutions : des contacts ont \u00e9t\u00e9 pris avec des fran\u00e7ais (vraisemblablement les ing\u00e9nieurs du barrage tel que Decelle, qui fut toujours extr\u00eamement loyal et humain avec les espagnols, les consid\u00e9rant au m\u00eame titre que les ouvriers fran\u00e7ais et s\u2019assurant qu\u2019ils disposent eux aussi du ravitaillement, de v\u00eatements d\u2019hiver et de chaussures), faut-il continuer les relations de mani\u00e8res individuelle ou de mani\u00e8re semi-offcielle. En d\u2019autre mots faut il prendre contact de fa\u00e7on organique avec la R\u00e9sistante fran\u00e7aise ?<\/p>\n<p>Enfin, la solidarit\u00e9 avec les r\u00e9fugi\u00e9s doit elle s\u2019\u00e9tendre \u00e0 tous les espagnols, sans consid\u00e9ration de leur affiliation id\u00e9ologique ? Autrement dit, quelles doivent \u00eatre les relations avec le Pari Communiste et ses membres ?<\/p>\n<p>Ces questions sont renvoy\u00e9es pour discussion aux groupes locaux, qui feront remonter leur opinion. Les prochaines circulaires donneront la synth\u00e8se des r\u00e9ponses \u00e0 ces questions.<\/p>\n<p>===================================<br \/>\n<strong>COMMISSION LOCALE DU BARRAGE DE L \u2018AIGLE \u2013 CIRCULAIRE N \u00b0 2<\/strong><\/p>\n<p><em>Compagnons :<\/p>\n<p>Un peu plus d\u2019un mois depuis notre premi\u00e8re circulaire, nous reprenons la plume pour prendre contact avec toi, te faire conna\u00eetre nos travaux afin que, discut\u00e9s au sein de ton Groupe, ils puissent \u00eatre approuv\u00e9s ou rejet\u00e9s dans la prochaine r\u00e9union que cette commission aura avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du groupe, que vous nommerez d\u00e9finitivement.<\/p>\n<p>RAPPORT DES TRAVAUX R\u00c9ALIS\u00c9S<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement.\u2014 R\u00e9cup\u00e9ration des compagnons<\/p>\n<p>Actuellement, environ 80 compagnons ont se sont manifest\u00e9s pour accepter la responsabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre organis\u00e9s. Il y a d\u2019autres camarades qui pourraient nous rejoindre, mais \u00e0 cause de leur manque de caract\u00e8re, il nous semble dangereux de les accueillir jusqu\u2019\u00e0 ce que nous ayons mieux structur\u00e9 la d\u00e9fense du Mouvement.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement.\u2014 Groupes organis\u00e9s.<\/p>\n<p>Il y a le groupe Laferri\u00e9re, qui contr\u00f4le les camarades isol\u00e9s de Valette, Spontour et Las Combes, celui de Soursac et ceux de Mauriac, de Chalvignac et du Barrage<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement.\u2014 Relation avec le Conseil [National]<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les nombreux efforts et la correspondance soutenue avec d\u2019autres noyaux nombreux de compagnons [2], personne n\u2019a la moindre id\u00e9e de l\u2019endroit o\u00f9 sont les membres [du Conseil National]. Pensez-vous qu\u2019il soit opportun pour nous d\u2019envoyer des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vers les groupes de compagnons susmentionn\u00e9s afin qu\u2019ils puissent s\u2019organiser et voir comment entrer en contact avec le Conseil ou cr\u00e9er un organe qui relie tous les libertaires et conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s en exil ?<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement. \u2013 Pensez-vous qu\u2019il serait utile de payer 10 francs par mois de cotisation, dont le maximum possible servirait \u00e0 aider les compagnons dans les camps, qui en font la demande directement ou par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019autres compagnons ?<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement. \u2013 un membre de cette Commission a rencontr\u00e9, \u00e0 titre personnel, des relations qui peuvent servir \u00e0 \u00ab camoufler \u00bb des coll\u00e8gues pers\u00e9cut\u00e9s ou qui ont besoin de travail, pensez-vous qu\u2019il est souhaitable que ces relations se poursuivent sur un plan priv\u00e9 ou bien semi-officiel ?<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement. \u2013 Pouvons-nous \u00e9tendre cette occasion de solidarit\u00e9 aux autres exil\u00e9s, appartenant \u00e0 n\u2019importe quelle organisation ou parti?<\/p>\n<p>Confiants que vos d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s parviendront \u00e0 des accords sur nos objectifs et \u00e0 de nouvelles suggestions pour normaliser le rythme de notre organisation bien-aim\u00e9e.<\/p>\n<p>Avec nos salutations libertaires.<\/p>\n<p>Pour la Commission, Jos\u00e9 Germ\u00e1n<\/p>\n<p>L\u2019Aigle, janvier 1942.<\/p>\n<p>Note: La Commission a convenu qu\u2019un de ses membres se d\u00e9placera avec la circulaire parmi les groupes pour contr\u00f4ler sa diffusion et donner des \u00e9claircissements s\u2019il y a de la place.<\/em><\/p>\n<p>===================================<\/p>\n<p>Le travail d\u2019organisation se poursuit. En mars 1942, en absence de signe du vie du Comit\u00e9 National, le r\u00e9seau du barrage de l\u2019Aigle d\u00e9cide de se nommer \u00ab mouvement libertaire CNT en France \u00bb et d\u2019intensifier ses contacts avec les autres noyaux dispers\u00e9s sur le territoire fran\u00e7ais,pour reconstituer une organisation nationale. Les contacts pour le \u00ab camouflage \u00bb des militants pers\u00e9cut\u00e9s seront maintenus \u00e0 titre \u00ab priv\u00e9s \u00bb, pour ne pas exposer l\u2019organisation, et la solidarit\u00e9 sera \u00e9tendu \u00e0 tout r\u00e9fugi\u00e9, quelque soit son affiliation id\u00e9ologique. Toutefois, la circulaire num\u00e9ro 3 mentionne que des confrontations avec les Communistes sont \u00e0 pr\u00e9voir dans le futur, ceux-ci essayant aussi de se r\u00e9organiser bien qu\u2019ils soient moins nombreux que les c\u00e9n\u00e9tistes.<\/p>\n<p>===================================<br \/>\n<strong>M.L.\u2014 C.N.T. en France. Commission locale du Barrage de l\u2019Aigle. CIRCULAIRE N\u00b03<\/strong><\/p>\n<p><em>Chers compagnons, ceci pour vous informer du r\u00e9sultat de la r\u00e9union de cette Commission avec les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du Groupe et des accords conclus, qui sont les suivant :<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement.\u2014 Soutenir le d\u00e9veloppement de l\u2019organisation.<\/p>\n<p>    Prendre des pr\u00e9cautions pour les nouveaux venus.<br \/>\n    Avoir la discr\u00e9tion la plus absolue sur les d\u00e9tails qui pourraient co\u00fbter cher. La Gestapo veille ; chaque compagnon et chaque comit\u00e9 a la confiance n\u00e9cessaire pour remplir les objectifs de sa mission, \u00e0 la fois responsabilit\u00e9 et confiance absolues.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement. \u2014 \u00c0 compter de maintenant, chaque r\u00e9union de groupe sera suivie par un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Commission locale. Il ne sera connu que des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du groupe, et nomm\u00e9 par eux.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement. \u2013 La cotisation est fix\u00e9e \u00e0 10 francs et la forme de solidarit\u00e9 telle qu\u2019indiqu\u00e9 dans la circulaire n \u00b0 2, c\u2019est-\u00e0-dire par proposition directe, est accept\u00e9e.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement. \u2014 Vu la difficult\u00e9 de former des comit\u00e9s pour chaque branche, nous d\u00e9cidons de nous nommer \u00ab Mouvement Libertaire \u2014 CNT en France \u00bb.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement.\u2014 Il est d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s dans d\u2019autres noyaux militants et la Commission est habilit\u00e9e \u00e0 utiliser les compagnons appropri\u00e9s comme liens vers les noyaux indiqu\u00e9s afin qu\u2019ils s\u2019organisent dans le m\u00eame sens que nous, c\u2019est-\u00e0-dire trouver ou donner forme \u00e0 un organisme national.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement.\u2014 Il est convenu d\u2019utiliser les relations du compagnon sur  un plan personnel, les \u00e9tendant \u00e0 tous les compatriotes qui en ont besoin sans distinction de parti ou d\u2019organisation.<\/p>\n<p>Comme vous le verrez, pour notre part, nous faisons de notre mieux pour donner le plus t\u00f4t possible corps \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019organisations de noyau qui nous permettra d\u2019e nous confronter sur le plan national avec des organisations exil\u00e9es qui avec moins de force que nous commencent n\u00e9anmoins \u00e0 montrer des signes de vie, comme le Parti Communiste avec ses deux soldats et son caporal.<\/p>\n<p>Nous promettons de faire honneur \u00e0 la confiance que vous nous accordez<\/p>\n<p>Pour la Commission, Jos\u00e9 Germ\u00e1n<br \/>\nL\u2019Aigle, mars 1942.<\/em><\/p>\n<p>===================================<br \/>\n<strong>Les relations avec la R\u00e9sistance Fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n<p>Comme on l\u2019a vu, il \u00e9tait hors de question pour les militants de la CNT-AIT d\u2019avoir une quelconque relation avec les Communistes, qui les avaient trahis en Espagne. Par ailleurs, on sait que les Communistes ne rentr\u00e8rent que tardivement en R\u00e9sistance, pas avant l\u2019invasion de l\u2019URSS par l\u2019Allemagne Nazi, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 41. Il est vrai qu\u2019avant la Patrie du Socialisme r\u00e9el \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 l\u2019Allemagne Nazi par le pacte germano-sovi\u00e9tque.<\/p>\n<p>Sur le chantier du barrage, les ing\u00e9nieurs responsables du projet ne se r\u00e9signaient pas \u00e0 la d\u00e9faite. Sous l\u2019impulsion d\u2019Andr\u00e9 COYNE, chef du Service Technique des Grands Barrages et ing\u00e9nieur polytechnicien qui avait fait la guerre de 14, un premier groupe de r\u00e9sistance est cr\u00e9\u00e9 en 1942, dont le responsable sera l\u2019ing\u00e9nieur Andr\u00e9 Decelle (qui dans la r\u00e9sistance prendra le pseudonyme de Didier). Ce groupe est li\u00e9 \u00e0 l\u2019ORA (Organisation de la R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e). L\u2019ORA est surtout constitu\u00e9 de militaires qui ne se reconnaissent pas dans P\u00e9tain. Leur objectif est de Constituer clandestinement, avec les personnels les plus s\u00fbrs, un centre d\u2019accueil pouvant assurer le fonctionnement d\u2019un \u00c9tat-Major de commandement op\u00e9rationnel avec les liaisons et la protection n\u00e9cessaires, Ils recommandaient la discr\u00e9tion absolue, rien ne devant d\u00e9voiler l\u2019organisation, qui ne devait entreprendre aucune action visible avant instructions formelles ou soul\u00e8vement national,<\/p>\n<p>Les relations entre Coyne, Decelle et les espagnols sont bonnes d\u00e8s le d\u00e9but \u00ab Il se sont efforc\u00e9s de rendre le plus confortable possible la vie des ouvriers espagnols. Monsieur Andr\u00e9 Coyne, salua l\u2019arriv\u00e9e des r\u00e9fugi\u00e9s espagnols en des termes tr\u00e8s humains et \u00e9logieux, en leur offrant son aide pour tous les probl\u00e8mes qui rel\u00e8veraient de ses comp\u00e9tences, leur ouvrant aussi la porte d\u2019entr\u00e9e, avec tous les honneurs, dans la R\u00e9sistance fran\u00e7aise oppos\u00e9e aux troupes allemandes. Un autre jeune ing\u00e9nieur, Monsieur Andr\u00e9 Decelle, se r\u00e9v\u00e9la \u00e9galement tr\u00e8s chaleureux et compr\u00e9hensif \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ORA \u00e9tant compos\u00e9e d\u2019anciens militaires, elle pense que la R\u00e9sistance selon l\u2019O.R.A. doit rester une activit\u00e9 de professionnels, c\u2019est \u00e0 dire des cadres de l\u2019arm\u00e9e. Par ailleurs l\u2019ORA est anticommuniste et antir\u00e9volutionnaire. <\/p>\n<p>Paradoxalement, \u00e7a ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre en relation avec les anarchistes de la CNT-AIT espagnole ! En fait chacune des deux parties y trouve son avantage : les fran\u00e7ais ont besoin de l\u2019expertise de la guerre de guerilla des espagnols, ils savent qu\u2019ils pourront compter sur eux le temps venu. Et ils savent aussi que ce ne sont pas des communistes. Pour la CNT-AIT espagnole, la \u00ab discr\u00e9tion \u00bb de l\u2019ORA, va faciliter le travail de ses militants qui a besoin d\u2019un lieu s\u00e9curis\u00e9 pour avancer dans la reconstruction de la CNT. Ainsi, les relations entre l\u2019ORA et la CNT-AIT peuvent se d\u00e9finir comme une \u00ab tol\u00e9rance r\u00e9ciproque \u00bb, la participation \u00e0 la R\u00e9sistance en 1944 se fera dans l\u2019ind\u00e9pendance entre CNT-AIT et ORA-FFI, avec la pr\u00e9sence d\u2019un maquis anarchiste autonome.<\/p>\n<p>Mais il faut noter que la CNT-AIT reconstitu\u00e9e aura plus de rapports avec d\u2019autres mouvements de r\u00e9sistance, plus proches politiquement : groupes \u00ab Combat \u00bb, \u00ab Lib\u00e9ration\u00bb,et \u00ab Francs tireurs \u00bb. Ces trois organisations fusionneront le 26 janvier 1943 dans le \u00ab Mouvement Uni de la R\u00e9sistance \u00bb (M.U.R.). La CNT-AIT travaillera essentiellement en relation avec l\u2019 \u00ab Arm\u00e9e secr\u00e8te \u00bb, la branche arm\u00e9e du MUR, notamment pour l\u2019ex\u00e9cution de sabotages [3].<\/p>\n<p><strong>La R\u00e9sistance, une culture avant d\u2019\u00eatre un engagement<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9sistance fut essentiellement morale, faute de moyens mat\u00e9riels et notamment d\u2019armes. Au-del\u00e0 de l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9seau, rapidement, une biblioth\u00e8que est cr\u00e9\u00e9e. Jos\u00e9 Oliver Calle expert de la mise en sc\u00e8ne qui avait milit\u00e9 au syndicat des spectacles publics de la CNT-AIT de Barcelone, cr\u00e9\u00e9 un groupe artistique compos\u00e9 de Fran\u00e7ais, d\u2019Italiens et d\u2019 Espagnols, qui offrit des spectacles de grande qualit\u00e9 dans et hors le barrage\u2026Un autre compatriote, Manuel Morey Blanch (ex directeur des \u00c9coles Rationalistes de Catalogne, secr\u00e9taire de la propagande de la CNT-AIT au barrage de l\u2019Aigle), r\u00e9ussit \u00e0 organiser une exposition sur la r\u00e9volution espagnole\u2026 Musicien aux qualit\u00e9s exceptionnelles, Bautista Gimeno organise un orchestre et donne des cours de violons. Un folkloriste, Gin\u00e9s Sicilia, a pr\u00e9sent\u00e9 d\u2019admirables repr\u00e9sentations de danses espagnoles. L\u2019instituteur du village, M. Gaillard, organise des cours de fran\u00e7ais pour les espagnols, qui facilitent la communication avec les mouvements de R\u00e9sistance. Il pr\u00eate aussi une salle de classe pour que les enfants qui le souhaitent, sans distinction de nationalit\u00e9, suivent des cours d\u2019espagnol, deux heures par jour du mardi au vendredi, sous la responsabilit\u00e9 de Manuel Morey et de Jos\u00e9 BERREZUO [4]. En ces temps de nationalisme exacerb\u00e9 et de m\u00e9fiance institutionnelle envers les \u00ab \u00e9trangers rouges \u00bb, les anarchistes espagnols mettent pratique la fraternisation et l\u2019internationalisme. La R\u00e9sistance est un \u00e9tat d\u2019esprit avant d\u2019\u00eatre un engagement.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s le d\u00e9barquement, le temps de l\u2019action<\/strong><\/p>\n<p>Il faudra attendre les parachutages alli\u00e9s de l\u2019\u00e9t\u00e9 44 et qu\u2019un avion de reconnaissance allemand s\u2019\u00e9crase en juillet 44 pour que le groupe Espagnol puisse disposer d\u2019armement. C\u2019est apr\u00e8s le d\u00e9barquement du 6 juin 44 que la Compagnie espagnole, int\u00e9gr\u00e9e au bataillon Didier, passera enfin \u00e0 l\u2019action.<\/p>\n<p>Le journal \u00ab Notre barrage \u00bb, journal du chantier destin\u00e9 aux ouvriers, qui avait fini par \u00eatre interdit par Vichy pour propos s\u00e9ditieux et qui r\u00e9apparu bri\u00e8vement apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, consacra \u00e0 \u00ab\u00a0chaud\u00a0\u00bb plusieurs articles aux espagnols, afin d\u2019informer les fran\u00e7ais sur leur participation \u00e0 la R\u00e9sistance et ce qu\u2019ils leur devaient pour leur Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>===================================<br \/>\n<strong>Des exil\u00e9s pleins de fiert\u00e9 et de noblesse<\/p>\n<p>Notre barrage, d\u00e9cembre 1944<\/strong><\/p>\n<p>Une Espagne nouvelle accueillera esp\u00e9rons-le, ceux de ses fils qui ont continu\u00e9 la lutte de l\u2019exil. Leur fiert\u00e9 et leur noblesse leur ont conquis sympathie et respect.<\/p>\n<p>L\u2019un deux, chef ferrailleur au Barrage, nous est particuli\u00e8rement connu. Nous avions d\u2019abord parl\u00e9 avec lui plan de ferraillage, d\u00e9lais d\u2019ex\u00e9cution et d\u00e9tails techniques. Puis il s\u2019\u00e9tait agi d\u2019emp\u00eacher les d\u00e9parts pour l\u2019Organisation Todt et d\u2019h\u00e9berger les r\u00e9fractaires espagnols venant d\u2019autres r\u00e9gions. Enfin le moment vint de pr\u00e9parer de concert l\u2019insurrection pour la lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Notre ami eut \u00e0 jouer un r\u00f4le de premier plan dans la mise sur pied des groupements de lib\u00e9ration espagnols Nous l\u2019avons rencontr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 Limoges, \u00e0 Toulouse, \u00e0 Roanne, mais souvent nous ne trouvions pas nos correspondants : la gestapo \u00e9tait pass\u00e9e par l\u00e0 et des semaines, parfois des mois \u00e9taient perdus, tout \u00e9tait \u00e0 recommencer et les fils \u00e0 renouer, patiemment.<\/p>\n<p>Au d\u00e9barquement [du 6 juin 44], Germain (sic) Gonzal\u00e8s, qui \u00e9tait devenu d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional, prit aussi le commandement de la Compagnie Espagnole du bataillon Didier, qui en assurant toutes les missions territoriales, nous permit de partir au loin rechercher l\u2019accrochage.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui nous le retrouvons \u00e0 l\u2019h\u00f4pital : il recommence seulement \u00e0 marcher. Une grave chute de moto en service command\u00e9 l\u2019a immobilis\u00e9 \u00e0 partir du 5 ao\u00fbt. La mort dans l\u2019\u00e2me, il a d\u00fb renoncer au moment o\u00f9 il \u00e9tait le plus utile. Le sort une fois de plus lui \u00e9tait cruel<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>Nous nous excusons aupr\u00e8s de lui de nos indiscr\u00e9tions, mais il faut qu\u2019en France on connaisse la trag\u00e9die des familles espagnoles d\u00e9chir\u00e9es par la guerre civile, et la vie dangereuse de ceux qui n\u2019ont pas renonc\u00e9. Et son cas est particuli\u00e8rement typique.<\/p>\n<p>Nous lui posons quelques questions, car dans nos rencontres br\u00e8ves parce que surveill\u00e9es d\u2019autrefois, beaucoup de choses avaient d\u00fb rester dans l\u2019ombre.<br \/>\nLe tragique destin d\u2019une famille espagnole.<\/p>\n<p>    A quel groupe antifasciste espagnol appartenez vous ?<\/p>\n<p>    A la CNT (l\u2019\u00e9quivalent de notre CGT (sic) )<\/p>\n<p>    Quelle \u00e9tait votre profession avant la guerre civile ?<\/p>\n<p>    Entrepreneur g\u00e9n\u00e9ral de travaux publics<\/p>\n<p>    Combien \u00e9tiez-vous dans votre famille ?<\/p>\n<p>    Neuf personnes, qui vivions tous en Catalogne.<\/p>\n<p>    Combien restez-vous ?<\/p>\n<p>    Cinq, dont trois en France. Ma m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e au cours d\u2019un bombardement pendant l\u2019exode en 1939 ; mon fr\u00e8re Armando a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi \u00e0 25 ans (chef de centurie \u00e0 la colonne Durutti \u00e0 Madrid) ; mon fr\u00e8re Adolpho a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 23 ans aux attaque de Montsec (comme chef du 4\u00e8me bataillon de la 120\u00e8me brigade) ; ma tante est morte de chagrin en France ; un autre fr\u00e8re Xavier est prisonnier en Afrique ; mon p\u00e8re s\u2019est exil\u00e9 au Mexique.<\/p>\n<p>    Comment \u00eates-vous entr\u00e9s en France ?<\/p>\n<p>    Mon Etat-major et moi par le Perthus le 5 f\u00e9vrier 1938, mon p\u00e8re avec mon jeune fr\u00e8re de 14 ans, ma jeune s\u0153ur de 14 ans et ma tante.<\/p>\n<p>    O\u00f9 avez-vous \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s ?<\/p>\n<p>    Ma tante et ma s\u0153ur dans la Creuse, mon p\u00e8re au camp du Vernet d\u2019o\u00f9 en 1940 il partit pour l\u2019Am\u00e9rique, moi-m\u00eame au camp de Saint-Cyprien.<\/p>\n<p>Arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo<\/p>\n<p>    Comme membre de la r\u00e9sistance, vous avez eu affaire \u00e0 la Gestapo ou \u00e0 la milice, dans quelles circonstances ?<\/p>\n<p>    A Montpellier, en mars 1944, je fus arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la gare et conduit au si\u00e8ge de la Gestapo. Je circulais avec un faux permis, de l\u2019argent et des papiers compromettants de la CNT en poche et, dissimul\u00e9e dans ma cravate, la moiti\u00e9 du billet qui devait me faire reconna\u00eetre du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 national que je devais rencontrer \u00e0 Marseille. Dans une pochette sur une feuille de papier \u00e0 cigarette, j\u2019avais les adresses de 12 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s espagnols de la CNT.<\/p>\n<p>    Comment avez-vous pu faire disparaitre ces documents dont la d\u00e9couverte vous aurait fait in\u00e9vitablement fusiller ?<\/p>\n<p>     Les papiers de la CNT ? Je demandais \u00e0 l\u2019allemand qui m\u2019avait enlev\u00e9 mon portefeuille de recompter mon argent. Il me r\u00e9pondit : \u00ab soit tranquille ! Nous ne te prendrons pas l\u2019argent, nous en commandons au kilo ! Tu peux recompter \u00bb. En recomptant, je subtilisait les papiers et les fourrai dans une poche avec mon mouchoir. Plus tard, en cours de route, en me mouchant, je les d\u00e9chirai dans le mouchoir et en jetai les morceaux dans un virage, en faisant semblant de remonter mon col et tout en surveillant les Allemands qui pouvaient me regarder dans le r\u00e9troviseur.<\/p>\n<p>     En arrivant \u00e0 la Gestapo, j\u2019avalais le papier \u00e0 cigarette sur lequel \u00e9tait inscrite la liste.<\/p>\n<p>     Restaient le faux permis et le demi-billet. Pour le premier rien \u00e0 faire et pour le demi-billet, impossibilit\u00e9 mat\u00e9rielle de d\u00e9nouer la cravate sous la<br \/>\n     surveillance s\u00e9v\u00e8re et constante d\u2019un ou plusieurs policiers. Mais par chance, le permis, qui avait toutes les apparences d\u2019authenticit\u00e9, ne parut pas suspect et par ailleurs on ne me fit pas enlever la cravate.<\/p>\n<p>    Comment avez-vous op\u00e9r\u00e9 pour tromper la police allemande ?<\/p>\n<p>    Tout d\u2019abord, au \u00ab mouton \u00bb [5] en pr\u00e9sence de qui je me trouvai \u00e0 la Gestapo et qui se pr\u00e9tendait arr\u00eat\u00e9 parce que de la R\u00e9sistance, je d\u00e9clarai que j\u2019\u00e9tais un voyageur qui allait voir sa famille et chercher du travail.<\/p>\n<p>     A un premier interrogatoire, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de l\u2019annonce par un policier des tortures possibles, je restai impassible \u2013 malgr\u00e9 la cravate.<\/p>\n<p>Au deuxi\u00e8me interrogatoire, serr\u00e9 et rapide sous des lampes \u00e0 souder (\u00e0 arc)<br \/>\n     je r\u00e9p\u00e9tai exactement mon alibi \u2013 malgr\u00e9 les nouvelles menaces de torture<br \/>\n     (chambre frigorifique, machines \u00e9lectriques, barre tournante) et les cris qui semblaient venir de la chambre de torture.<\/p>\n<p>Au troisi\u00e8me interrogatoire, trois heures plus tard, je maintins strictement mes dires. Si bien que deux heures plus tard, j\u2019\u00e9tais libre et pus partir avec mon demi-billet dans la cravate.<\/p>\n<p>Nouvelles alertes<\/p>\n<p>D\u2019autre fois l\u2019alerte fut moins chaude. C\u2019est ainsi qu\u2019un jour, \u00e0 Toulouse, dans  un quatri\u00e8me \u00e9tage apr\u00e8s une r\u00e9union clandestine de nuit, je dormais dans la cuisine, le camarade mari\u00e9, qui me donne l\u2019hospitalit\u00e9, occupant avec sa femme l\u2019autre pi\u00e8ce\u2026 5 heures, il part\u2026 6 heures, r\u00e9veil brutal : coups de sifflets ; appels, pas pr\u00e9cipit\u00e9s. On monte dans l\u2019escalier C\u2019est la rafle. Je cache en vitesse les papiers compromettants dans la cuisini\u00e8re et m\u2019allonge sur le lit voisin pendant que la femme de mon camarade ouvre.<\/p>\n<p>\u00ab Police ! \u00bb Un agent fran\u00e7ais en civil, deux membres de la Feldgendarmerie. \u00ab Qui habite ici ? \u00bb \u2013 Moi, avec mon mari. \u2013 C\u2019est votre mari, ce monsieur ? \u2013 Non, c\u2019est mon cousin. Mon mari est absent. Il ne rentre que le dimanche. \u00bb Le policier v\u00e9rifie ses faux papiers e il traduit ce qui lui a \u00e9t\u00e9 dit et qu\u2019il croit vrai\u2026 Il ajoute \u00ab j\u2019ai compris comment vous \u00eates cousins \u2026 \u00bb Et il part avec les Fritz, satisfait de sa perspicacit\u00e9.<br \/>\nIl y a des vides dans les rangs\u2026<\/p>\n<p>Mais par contre, combien fut triste cette r\u00e9union de Marseille du Comit\u00e9 National [de la CNT] o\u00f9 quatre places rest\u00e8rent vides, quatre de nos vaillants camarades ayant \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo porteurs de papiers du secr\u00e9tariat.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9union avait \u00e9t\u00e9 tenue malgr\u00e9 une surveillance s\u00e9v\u00e8re \u00e0 la demande des anciens : Buenarosa, Acracio, Bartolome, Moh\u00e9ra, Pujol. Rien n\u2019aurait pu faire fl\u00e9chir leur volont\u00e9 de continuer la lutte et leur foi en la libert\u00e9.<\/p>\n<p>[1] L\u2019Espagne r\u00e9publicaine, n\u00b0 20, 10 novembre 1945<\/p>\n<p>[2] Notamment dans les mines d\u2019Al\u00e8s dans le Gard et d\u2019autres chantiers dans le Sud., tels le Barrage de Laroque-brou ou le Barrage de La Maronne<\/p>\n<p>[3]Libre pens\u00e9e du Cantal, \u00ab Une page de l\u2019histoire cantalienne occult\u00e9e \u00bb, https:\/\/lp15.pagesperso-orange.fr\/espagne-mai.html<\/p>\n<p>[4] Jos\u00e9 BERREZUO, Contribucion a la historia de la CNT en exilio Mexico, 1967<\/p>\n<p>[5] Personne plac\u00e9e dans la cellule de garde \u00e0 vue, qui se pr\u00e9tend arr\u00eat\u00e9e mais qui en fait travaille pour la police, essayant de gagner la confiance des autres personnes pour en obtenir des confidences qui seront ensuite utilis\u00e9es contre lui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de la brochure \u00ab des anarchistes espagnols en R\u00e9sistance, tome 2 : \u00ab Quand des migrants et des parias tenaient le maquis dans le Cantal \u00bb http:\/\/cnt-ait.info\/2021\/01\/10\/migrants-parias-maquis\/ Au cours de l\u2019hiver 1939, 500 000 espagnols fuient la victoire des fasciste et les repr\u00e9sailles pr\u00e9visibles et se r\u00e9fugient en France. 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