{"id":3187,"date":"2020-11-12T11:11:14","date_gmt":"2020-11-12T10:11:14","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=3187"},"modified":"2020-11-12T11:12:46","modified_gmt":"2020-11-12T10:12:46","slug":"ouvrir-en-grand-les-archives-ces-camps-avec-vue-sur-mer-que-la-france-a-longtemps-refuse-de-regarder","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=3187","title":{"rendered":"Ouvrir en grand les archives : ces camps avec vue sur mer que la France a longtemps refus\u00e9 de regarder"},"content":{"rendered":"<p>En 1938, une loi cr\u00e9ait les \u201c\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u201d, qu\u2019on pouvait enfermer au nom du seul danger potentiel. En 1939, des dizaines de milliers d\u2019Espagnols fuyant Franco \u00e9taient parqu\u00e9s, puis intern\u00e9s dans les camps du Sud de la France. Depuis Rivesaltes, retour sur 70 ans d\u2019histoire de France.<\/p>\n<p>La France a cr\u00e9\u00e9 en 1938 la cat\u00e9gorie des \u00ab\u00a0\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb. Les tout premiers seront les Espagnols, enferm\u00e9s alors qu&rsquo;ils venaient de franchir les Pyr\u00e9n\u00e9es par centaines de milliers apr\u00e8s la victoire de Franco.<br \/>\nLa France a cr\u00e9\u00e9 en 1938 la cat\u00e9gorie des \u00ab\u00a0\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb. Les tout premiers seront les Espagnols, enferm\u00e9s alors qu&rsquo;ils venaient de franchir les Pyr\u00e9n\u00e9es par centaines de milliers apr\u00e8s la victoire de Franco.\u2022 Cr\u00e9dits : <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/reti.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/reti.png\" alt=\"\" width=\"817\" height=\"628\" class=\"alignnone size-full wp-image-3188\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/reti.png 817w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/reti-300x231.png 300w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/reti-768x590.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 817px) 100vw, 817px\" \/><\/a>FPG\/Hulton Archive &#8211; Getty<\/p>\n<p>Cet automne, les archives d\u00e9partementales des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales ont annonc\u00e9 l\u2019ouverture massive d\u2019un fond d\u2019archives tr\u00e8s important, d\u00e9sormais accessible \u00e0 tous, depuis n\u2019importe quel ordinateur personnel : une base de donn\u00e9es num\u00e9ris\u00e9e, qui donne acc\u00e8s au sort de 60 000 personnes parmi les prisonniers intern\u00e9s aux camps de Rivesaltes et Argel\u00e8s-sur-Mer, entre 1939 et 1942. Cet acc\u00e8s sans \u00e9quivalent \u00e0 l\u2019histoire de ces lieux d\u2019enfermement \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de Perpignan intervient alors que les demandes de consultation \u00e9taient de plus en plus nombreuses : les archives re\u00e7oivent aujourd\u2019hui jusqu\u2019\u00e0 trois cents requ\u00eates par an. <\/p>\n<p>Ces sollicitations affluent du monde entier, car de nombreuses trajectoires, et autant de nationalit\u00e9s, ont transit\u00e9 par ces 600 ha de baraques de fortune aux latrines inf\u00e2mes. Certains ont surv\u00e9cu, d\u2019autres sont morts sur place ou ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s en d\u00e9portation en Allemagne. Tous comptent aujourd\u2019hui des parents et des descendants, dispers\u00e9s sur le globe terrestre, qui parfois cherchent \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 reconstituer le fil tenu de ces trajectoires qui croisent histoire et m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Parfois, l&rsquo;espoir est vain : le fichier mis en ligne compte quelque 90 000 fiches cartonn\u00e9es au total, num\u00e9ris\u00e9es au terme d\u2019un travail de fourmi d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Mais il est parcellaire, et souffre de trous inexorables : ainsi, toute la premi\u00e8re partie de la Retirada, du nom de l\u2019exil des R\u00e9publicains espagnols fuyant le franquisme triomphant, est parti par pertes et profits \u00e0 la Lib\u00e9ration. Ceux qui chercheront aujourd&rsquo;hui un nom, et un parcours pour en savoir plus sur ces visages grav\u00e9s sur la pellicule en seront h\u00e9las pour leurs frais. Malgr\u00e9 tout, l\u2019acc\u00e8s in\u00e9dit \u00e0 ces dizaines de milliers de fiches, et autant de traces d\u2019histoires personnelles ench\u00e2ss\u00e9es dans une histoire collective, est un pas de g\u00e9ant alors que ces vies sont, longtemps, demeur\u00e9es dans un silence assourdissant, faute d\u2019acc\u00e8s aux sources et de volont\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Lorsque le dessinateur Aurel est venu sur France Culture raconter les pr\u00e9mices de son film Josep, consacr\u00e9 au destin de Josep Bartoli et de plusieurs milliers d\u2019anonymes qui, \u00e0 la fin des ann\u00e9es trente, ont fui l\u2019Espagne franquiste pour finir, parqu\u00e9s, dans des camps fran\u00e7ais des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, il a racont\u00e9 avoir d\u2019abord trouv\u00e9 tr\u00e8s peu d\u2019images pour se figurer ce pan d\u2019histoire. Une absence d\u2019images qui a longtemps entour\u00e9 non seulement la m\u00e9moire de la Retirada, mais aussi toute l\u2019existence de ces camps fran\u00e7ais qui ont vu le jour en 1939 avant d&rsquo;\u00eatre regroup\u00e9s sur un terrain o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e avait d\u2019abord song\u00e9 installer ses garnisons. Ont longtemps manqu\u00e9 les images tout court, r\u00e9elles comme ces dessins du carnet du r\u00e9publicain Josep Bartoli ou la poign\u00e9e de clich\u00e9s d\u00e9couverts dans la \u201cvalise mexicaine\u201d de Robert Capa et Gerda Taro. Mais aussi les images mentales, et les repr\u00e9sentations explicites et m\u00e9tabolis\u00e9es, d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 longtemps rest\u00e9e tapie dans l\u2019ombre d\u2019une histoire que la France ne regardait gu\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais la temporalit\u00e9 de la fabrication du film nous montre aussi tout le chemin parcouru : lorsque le dessinateur a commenc\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 son projet, le m\u00e9morial de Rivesaltes n\u2019existait pas encore. Il a vu le jour en 2015. Une \u00e9tape essentielle pour documenter l\u2019histoire de ce que les historiens Nicolas Lebourg et Abderahmen Moumen ont nomm\u00e9 \u201cle camp de la France\u201d. C\u2019est le titre de leur livre, paru justement cette ann\u00e9e 2015. Docteurs depuis dix ans l\u2019un comme l\u2019autre, aucun d&rsquo;eux n\u2019avait pourtant fait sa th\u00e8se sur \u201cRivesaltes\u201d, comme on dit aujourd\u2019hui pour saisir le destin de ce petit archipel de camps rapidement centralis\u00e9 dans les baraquements en dur de l&rsquo;ancien site de garnison. En somme, une histoire de France \u00e0 tiroirs, dont le d\u00e9tail d\u00e9borde largement celle de la Retirada des R\u00e9publicains espagnols. Apr\u00e8s eux, ce sont les Juifs et les Tsiganes de Zone libre sous Vichy, puis les collaborateurs \u00e0 la Lib\u00e9ration, et les harkis, abandonn\u00e9s par la France apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 la fin de la Guerre d\u2019Alg\u00e9rie o\u00f9 ils avaient servi de suppl\u00e9tifs \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, qui y seront accueillis jusqu\u2019au d\u00e9part des toutes derni\u00e8res familles, en 1977. Encore que \u201caccueillis\u201d soit un terme bien trop euph\u00e9mistique pour l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un s\u00e9jour au camp. De l\u2019ancien site militaire grand comme soixante fois Paris, l\u2019Etat fera bri\u00e8vement (et contre l&rsquo;avis du pr\u00e9fet, sollicit\u00e9 sur la d\u00e9licatesse de la destination), un CRA (Centre de r\u00e9tention administrative, pour les \u00e9trangers en situation irr\u00e9guli\u00e8re) avant de laisser la garrigue reprendre ses droits entre ces murs bien charg\u00e9s.<\/p>\n<p>Longtemps, il n\u2019y eut que peu de recherches acad\u00e9miques \u00e0 fouiller directement l\u2019histoire du site. Quand Anne Boitel consacrait, en 2000, un m\u00e9moire de ma\u00eetrise \u00e0 la fac de Perpignan au sort des Juifs \u00e0 Rivesaltes en 1941 et 1942, tr\u00e8s peu d\u2019ouvrages \u00e9taient encore disponibles, m\u00eame si la liste des 2 300 Juifs enferm\u00e9s sur place avait par exemple fait l\u2019objet d\u2019une publication au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Aujourd\u2019hui au c\u0153ur de plusieurs travaux de doctorants, r\u00e9cemment soutenus, ou encore en cours, l\u2019histoire de Rivesaltes gagnera encore \u00e0 l\u2019acc\u00e8s libre au fichier d\u2019archives d\u00e9cid\u00e9 en septembre 2020, ce qui pourra permettre d\u2019arpenter, depuis les inventaires d\u00e9sormais accessibles en ligne, des angles morts. Car longtemps, l\u2019absence de travaux et les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux sources parcellaires, \u00e9parses et fragiles, ont co\u00efncid\u00e9. Au milieu des ann\u00e9es 1990, une partie du fichier des Juifs intern\u00e9s au camp avait m\u00eame carr\u00e9ment fini \u00e0 la benne. On pouvait y lire le nom d\u2019un millier de Juifs pass\u00e9s entre le 15 avril et le 24 d\u00e9cembre 1942 par cette gare de triage devenue antichambre des camps de la mort. La plupart y figurent, class\u00e9s par nationalit\u00e9, et parfois, inscrits sur des listes qui distinguaient entre ceux qui partaient pour Drancy, et ceux qui \u00e9taient fl\u00e9ch\u00e9s pour y \u00e9chapper &#8211; au moins momentan\u00e9ment. D\u2019autres documents en partance pour la d\u00e9chetterie renseignaient encore des bribes de la trajectoire d&rsquo;\u00e9trangers en situation irr\u00e9guli\u00e8re qui transit\u00e8rent, eux aussi, par le camp \u00e0 cette \u00e9poque, dans l\u2019entrelacs de ces pans d\u2019histoire encore largement \u00e0 excaver \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>En 1997, on trouvait encore tout au plus, sur place, une st\u00e8le \u00e9rig\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire des Juifs d\u00e9port\u00e9s du camp de Rivesaltes vers Auschwitz, inaugur\u00e9e en 1994, avant une autre, pour les harkis, en d\u00e9cembre 1995. Il faudra attendre cinq ann\u00e9es de plus et 1999 pour voir sortir de terre une autre plaque, cette fois en hommage aux R\u00e9publicains espagnols. Sauv\u00e9 in extremis avant sa destruction et rendu public dans la presse locale, le fichier des prisonniers juifs de 1942 avait regagn\u00e9 les archives d\u00e9partementales, mais l\u2019id\u00e9e, tellement saisissante, qu\u2019on ait pu seulement imaginer s\u2019en d\u00e9barrasser acc\u00e9l\u00e8re le travail de m\u00e9moire. Et le rend surtout incontournable. C\u2019est dans la foul\u00e9e que l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er un M\u00e9morial de Rivesaltes redouble d\u2019ardeur. Elle doit beaucoup au travail de mobilisation de deux locaux, Claude Delmas et Claude Vauchez, et d\u2019un relais important trouv\u00e9 aupr\u00e8s de Serge Klarsfeld qui, d\u00e8s 1978, avait cherch\u00e9 \u00e0 viraliser la liste des d\u00e9port\u00e9s juifs du camp qui semblait sombrer dans l\u2019oubli.<\/p>\n<p>Vingt ans plus tard, une p\u00e9tition d\u2019ampleur nationale voit cette fois le jour, tandis que, sur place, dans les Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, un \u00e9lu socialiste part en campagne et d\u00e9cide de militer pour la cr\u00e9ation d\u2019un lieu de m\u00e9moire ambitieux. C\u2019est Christian Bourquin, qui remporte la pr\u00e9sidence du Conseil d\u00e9partemental en 1998, et bient\u00f4t prendra la t\u00eate de la R\u00e9gion \u00e0 la mort de Georges Fr\u00eache. Sans perdre de vue son objectif : cr\u00e9er un M\u00e9morial. En 2006, le projet a d\u00e9j\u00e0 fait un pas de g\u00e9ant lorsque l\u2019architecte Rudy Ricciotti est missionn\u00e9, et qu\u2019un vaste travail de documentation s\u2019ouvre.<\/p>\n<p>Inaugur\u00e9 fin 2015, ce M\u00e9morial compte aujourd\u2019hui un conseil scientifique, toujours pr\u00e9sid\u00e9 par Denis Peschanski, sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire m\u00e9morielle, que Bourquin \u00e9tait all\u00e9 chercher tandis que le projet en \u00e9tait encore aux limbes. A la fois institution \u00e0 vocation scientifique et lieu p\u00e9dagogique en soi, ce lieu vient trouer la brume des impens\u00e9s et des non-dits. Sur le net, on trouve par exemple la trace de rencontres entre des survivants du camp et des \u00e9l\u00e8ves en lyc\u00e9e agricole dans la r\u00e9gion, et les m\u00e9dias r\u00e9gionaux qui filment ces moments de transmission.<\/p>\n<p>Car l\u2019existence d\u2019un lieu m\u00e9moriel a non seulement permis de s\u00e9dimenter une histoire menac\u00e9e par l\u2019oubli (ou le d\u00e9ni), mais aussi aid\u00e9 \u00e0 la circulation de mat\u00e9riaux &#8211; principalement des photos &#8211; pour documenter l\u2019histoire d\u2019un site : le \u201ccamp Joffre\u201d de son nom administratif, \u00e9ternellement en travaux, et seule adresse durable de ceux que l\u2019Etat fran\u00e7ais a durablement construits comme ses \u201c\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u201d. Mais parce que des ponts existent entre tous les objets de cette histoire filigrane, au-del\u00e0 de l\u2019histoire du site, c\u2019est aussi \u00e0 l\u2019histoire fran\u00e7aise de l\u2019immigration, outre celle de Vichy, que l\u2019on acc\u00e8de en d\u00e9couvrant Rivesaltes. La cat\u00e9gorie \u201c\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u201d qui s\u2019affiche, explicite et in extenso, sur la litt\u00e9rature administrative, vient d&rsquo;une loi de 1938, qui autorisera l&rsquo;internement au nom du seul danger potentiel que ces \u00e9trangers \u00e9taient cens\u00e9s repr\u00e9senter &#8211; et non ce qu&rsquo;ils avaient fait. Lorsqu&rsquo;ils sont plus de 400 000 \u00e0 franchir la fronti\u00e8re en f\u00e9vrier 1939 apr\u00e8s la victoire de Franco dans la Guerre d&rsquo;Espagne, les Espagnols de la Retirada sont les premiers \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9s au nom de cette cat\u00e9gorie administrative qui mutera encore au fil de l\u2019histoire, creusant \u00e0 chaque fois un peu plus le foss\u00e9 qui s\u00e9parait la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par ces \u201cind\u00e9sirables\u201d, des paroles d\u2019un L\u00e9on Blum qui avait d\u2019abord parl\u00e9 de \u201cnos h\u00f4tes espagnols\u201d. <\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1940, on compte quelque 50 000 personnes dans les camps du rivage catalan. La cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb, marqueur de l\u2019indignit\u00e9, n\u2019a pas toujours concern\u00e9 les m\u00eames gens, mais tous feront l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un dispositif qui a en commun l\u2019enfermement, la d\u00e9gradation et, \u00e0 chaque fois, le r\u00f4le des forces de l\u2019ordre fran\u00e7aises pour chapeauter le tout, alors que le camp redeviendra lieu de garnison quand les Allemands prendront le contr\u00f4le de la zone dite \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb, en 1942. En deux ans, 17 500 personnes auront \u00e9t\u00e9 intern\u00e9es \u00e0 Rivesaltes, dont 53% d\u2019Espagnols, 40% de Juifs \u00e9trangers, et 7% de Tsiganes, fran\u00e7ais. Un v\u00e9ritable observatoire de l\u2019histoire fran\u00e7aise de la rel\u00e9gation x\u00e9nophobe au XXe si\u00e8cle en somme. Et justement l\u2019historien Philippe Joutard \u00e9crivait dans la pr\u00e9face au livre de Lebourg et Moumen, en 2015, que \u201c\u00e9crire l\u2019histoire du camp de Rivesaltes [&#8230;] c\u2019est [adopter] un prisme \u00e0 travers lequel appara\u00eet l\u2019histoire tourment\u00e9e de la France depuis plus de sept d\u00e9cennies\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 Drancy qui a retrouv\u00e9 sa fonction de cit\u00e9 HLM en Ile-de-France, le camp de la zone libre est finalement rest\u00e9 tel quel. Aujourd\u2019hui, les visiteurs d\u00e9couvrent un site plant\u00e9 dans la garrigue, \u00e0 la sortie de Perpignan, pas tr\u00e8s loin de l\u00e0 o\u00f9 file l\u2019autoroute A9. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019on trouve aujourd\u2019hui un centre de formation, une agence Chronopost et quelques domaines agricoles o\u00f9 l\u2019on fait pousser le raisin pour en faire surtout du muscat, les baraquements frustes sont devenus des lieux de m\u00e9moire. Une m\u00e9moire \u00e0 plusieurs facettes, que mobilisent des hommes et des femmes politiques de bords diff\u00e9rents, et notamment d\u2019extr\u00eame-droite, qui ont pu s\u2019y montrer pour honorer le souvenir de l\u2019endroit, et labourer quelques hectares politiques. Et si Denis Peschanski a souvent \u00e9voqu\u00e9 Rivesaltes comme un lieu \u201cqui parle de lui-m\u00eame\u201d, l\u2019usage politique qui se dessine rend d\u2019autant plus crucial le r\u00e9cit scientifique, et la d\u00e9mocratisation de l&rsquo;usage des archives. Les centaines de demandes, et autant de connexions individuelles, depuis l&rsquo;ouverture du site d&rsquo;archives au grand public, parlent aussi de cela : la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;approprier une m\u00e9moire, et de continuer diss\u00e9quer, et construire, \u00e0 hauteur de vies humaines, une histoire, pour s&rsquo;affranchir de toute confiscation politique.<\/p>\n<p><strong>Chlo\u00e9 Leprince<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/histoire\/ouvrir-en-grand-les-archives-ces-camps-avec-vue-sur-mer-que-la-france-a-longtemps-refuse-de-regarder?utm_medium=Social&#038;utm_source=Facebook&#038;fbclid=IwAR0Yfm7hIdbYHGCCjYlx2nbAuM-EAf7EbrI3mVj3JwexHgsExUw_2fIkxJ0#Echobox=1604946409\">https:\/\/www.franceculture.fr\/histoire\/ouvrir-en-grand-les-archives-ces-camps-avec-vue-sur-mer-que-la-france-a-longtemps-refuse-de-regarder?utm_medium=Social&#038;utm_source=Facebook&#038;fbclid=IwAR0Yfm7hIdbYHGCCjYlx2nbAuM-EAf7EbrI3mVj3JwexHgsExUw_2fIkxJ0#Echobox=1604946409<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1938, une loi cr\u00e9ait les \u201c\u00e9trangers ind\u00e9sirables\u201d, qu\u2019on pouvait enfermer au nom du seul danger potentiel. En 1939, des dizaines de milliers d\u2019Espagnols fuyant Franco \u00e9taient parqu\u00e9s, puis intern\u00e9s dans les camps du Sud de la France. Depuis Rivesaltes, retour sur 70 ans d\u2019histoire de France. La France a cr\u00e9\u00e9 en 1938 la cat\u00e9gorie &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=3187\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Ouvrir en grand les archives : ces camps avec vue sur mer que la France a longtemps refus\u00e9 de regarder<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14,15],"tags":[],"class_list":["post-3187","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-temoignages-et-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3187"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3187\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3190,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3187\/revisions\/3190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}