{"id":2591,"date":"2017-09-16T17:40:16","date_gmt":"2017-09-16T16:40:16","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=2591"},"modified":"2017-09-16T17:42:54","modified_gmt":"2017-09-16T16:42:54","slug":"le-groupe-des-amis-de-durruti-1937","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=2591","title":{"rendered":"Le Groupe des Amis de Durruti ( 1937 )"},"content":{"rendered":"<p><strong>La salve d\u2019honneur de la CNT ?<\/strong><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/agustin_durruti.jpg\" alt=\"\" width=\"563\" height=\"813\" class=\"alignnone size-full wp-image-2592\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/agustin_durruti.jpg 563w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/agustin_durruti-208x300.jpg 208w\" sizes=\"auto, (max-width: 563px) 100vw, 563px\" \/><\/p>\n<p><em>\u00ab Pour battre Franco, il fallait d\u2019abord battre Companys et Caballero. Pour vaincre le fascisme, il fallait d\u2019abord \u00e9craser la bourgeoisie et ses alli\u00e9s staliniens et socialiste. Il fallait d\u00e9truire de fond en comble l\u2019Etat capitaliste et instaurer un pouvoir ouvrier surgi des comit\u00e9s de base des travailleurs. L\u2019apolitisme anarchiste a \u00e9chou\u00e9 &#8230; \u00bb (Manifeste d\u2019Union Communiste, juin 1937, in Bilan 10\/18. Un extrait est aussi reproduit dans Lorenzo page 270, note 32.)<\/em><\/p>\n<p>Au travers de ces quelques morceaux du livre d\u2019Agust\u00edn Guillam\u00f3n, \u00a0\u00bb Barricades \u00e0 Barcelone \u00ab\u00a0, nous saluons la r\u00e9sistance de la base anarchiste, de tous ceux qui continu\u00e8rent jusqu\u2019au bout \u00e0 marcher vers un monde meilleur.<\/p>\n<p>Sam<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.collectif-smolny.org\/article.php3?id_article=666\"><\/a><\/p>\n<p>Extraits :<\/p>\n<p>\u00ab La Agrupaci\u00f3n de los Amigos de Durruti est une organisation anarchiste fond\u00e9e en mars 1937. Ses membres \u00e9taient des miliciens de la colonne Durruti oppos\u00e9s \u00e0 la militarisation et des anarchistes critiques vis-\u00e0-vis de la CNT qui collabora au gouvernement central r\u00e9publicain et \u00e0 celui de la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9.<\/p>\n<p>En octobre 1936, le d\u00e9cret de militarisation des milices populaires provoqua un \u00e9norme m\u00e9contentement parmi les miliciens anarchistes de la colonne Durruti et sur le front d\u2019Aragon. Apr\u00e8s de longues discussions enflamm\u00e9es, en mars 1937, plusieurs centaines de miliciens volontaires, \u00e9tablis dans le secteur de Gelsa, d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019abandonner le front et de retourner \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. [&#8230;] Une fois \u00e0 Barcelone, avec d\u2019autres anarchistes (d\u00e9fenseurs de la continuit\u00e9 et de l\u2019approfondissement de la r\u00e9volution de juillet et oppos\u00e9s au collaborationnisme conf\u00e9d\u00e9ral avec le gouvernement), les miliciens de Gelsa d\u00e9cid\u00e8rent de constituer une organisation anarchiste, distincte de la FAI, de la CNT ou des Jeunesses libertaires, ayant pour mission de canaliser le mouvement anarchiste dans la voie r\u00e9volutionnaire. [&#8230;] C\u2019est le comit\u00e9 directeur de cette nouvelle organisation qui d\u00e9cida de l\u2019appeler Agrupaci\u00f3n de los Amigos de Durruti, nom qui d\u2019une part faisait allusion \u00e0 l\u2019origine commune des ex-miliciens de la colonne Durruti, et qui d\u2019autre part, comme le disait tr\u00e8s bien Balius, ne faisait r\u00e9f\u00e9rence aucunement \u00e0 la pens\u00e9e de Durruti, mais \u00e0 sa mythification populaire.<\/p>\n<p>Le si\u00e8ge central du Groupe \u00e9tait situ\u00e9 sur les Ramblas, \u00e0 l\u2019angle de la rue Hospital. Le nombre de ses membres augmenta tr\u00e8s rapidement et de fa\u00e7on consid\u00e9rable. Avant mai 1937, il y eut entre 4 000 et 5 000 cartes d\u2019adh\u00e9sion au Groupe. [&#8230;] La croissance du Groupe \u00e9tait due au m\u00e9contentement d\u2019un large secteur du militantisme anarchiste par rapport \u00e0 la politique d\u00e9faillante de la CNT. Un autre facteur qui la favorisa avait \u00e9t\u00e9 la lutte engag\u00e9e contre l\u2019application du d\u00e9cret de collectivisation, (&#8230;), par lesquels le gouvernement de la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 pr\u00e9tendait contr\u00f4ler et diriger toutes les entreprises catalanes en les soumettant \u00e0 un plan \u00e9conomique d\u2019Etat tr\u00e8s rigide. [&#8230;] Les ouvriers de l\u2019industrie convoqu\u00e8rent de nombreuses assembl\u00e9es dans les usines \u00e0 Barcelone entre le mois de janvier et le mois de juillet 1937. Ces assembl\u00e9es posaient la question, de fa\u00e7on plus ou moins claire et pr\u00e9cise, de l\u2019opposition entre socialisation et collectivisation, et d\u00e9battaient du probl\u00e8me tr\u00e8s grave de la baisse du pouvoir d\u2019achat et des difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement en aliment et en produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9. Ces assembl\u00e9es \u00e9taient souvent menac\u00e9es par un fort dispositif policier. [&#8230;]<\/p>\n<p>Le Groupe d\u00e9ploya une activit\u00e9 fr\u00e9n\u00e9tique, prit de nombreuses initiatives. Depuis sa constitution formelle, le 17 mars, jusqu\u2019au 3 mai, il organisa plusieurs meetings (au th\u00e9\u00e2tre Poliorama le 18 avril et au th\u00e9\u00e2tre Goya le 2 mai), distribua plusieurs brochures et plusieurs tracts, sabota l\u2019intervention de Federica Monstseny au meeting des ar\u00e8nes de la Monumental le 11 avril et tapissa les murs de Barcelone d\u2019affiches qui expliquaient son programme. [&#8230;]<\/p>\n<p>Les porte-parole des Amis de Durruti les plus en vue furent Jaime Balius et Pablo Ruiz. Le dimanche 18 avril, le Groupe convoqua un meeting au th\u00e9\u00e2tre Poliorama pour pr\u00e9senter son programme et pour se faire conna\u00eetre publiquement comme organisation. Au meeting intervinrent Jaime Balius, Pablo Ruiz (d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du groupe de Gelsa de la colonne Durruti), Francisco Pellicer (du syndicat de l\u2019alimentation) et Francisco Carre\u0148o (membre du Comit\u00e9 de guerre de la colonne Durruti). Le meeting fut un succ\u00e8s et les concepts exprim\u00e9s par les orateurs furent largement applaudis. [&#8230;]<\/p>\n<p>Ils expos\u00e8rent leur programme par une affiche dont ils tapiss\u00e8rent les murs de Barcelone \u00e0 la fin du mois d\u2019avril 1937. Sur ces affiches, ils affirmaient, avant que ne se produise l\u2019insurrection de mai, la n\u00e9cessit\u00e9 de remplacer le gouvernement bourgeois de la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de Catalogne par une Junte r\u00e9volutionnaire. On pouvait y lire :<\/p>\n<p>\u00ab Agrupaci\u00f3n de Los Amigos de Durruti. A la classe travailleuse :<\/p>\n<p>1 &#8211; Constitution imm\u00e9diate d\u2019une Junte r\u00e9volutionnaire form\u00e9e par les ouvriers de la ville, de la campagne et par les combattants.<\/p>\n<p>2 &#8211; Salaire familial. Carte de rationnement. Direction de l\u2019\u00e9conomie et contr\u00f4le de la distribution par les syndicats.<\/p>\n<p>3 &#8211; Liquidation de la contre-r\u00e9volution.<\/p>\n<p>4 &#8211; Cr\u00e9ation d\u2019une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>5 &#8211; Contr\u00f4le absolu de l\u2019ordre public par la classe travailleuse.<\/p>\n<p>6 &#8211; Opposition ferme \u00e0 tout armistice.<\/p>\n<p>7 &#8211; Justice prol\u00e9tarienne.<\/p>\n<p>8 &#8211; Abolition des \u00e9changes de personnalit\u00e9. [N.D.T. : Echange entre Franco et la R\u00e9publique de prisonniers antifascistes contre des prisonniers fascistes.]<\/p>\n<p>Travailleurs, attention ! Notre regroupement s\u2019oppose \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e de la contre-r\u00e9volution. Les d\u00e9crets sur l\u2019ordre public, soutenus par Aiguad\u00e9, ne seront pas appliqu\u00e9s. Nous exigeons la libert\u00e9 de Maroto et des autres camarades d\u00e9t\u00e9nus.<\/p>\n<p>Tout le pouvoir \u00e0 la classe travailleuse.<\/p>\n<p>Tout le pouvoir \u00e9conomique aux syndicats.<\/p>\n<p>Contre la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, la Junte r\u00e9volutionnaire. \u00bb<\/p>\n<p>[&#8230;] Le programme politique exprim\u00e9 par cette affiche, juste avant les Journ\u00e9es de mai, \u00e9taient sans nul doute le plus avanc\u00e9 et le plus lucide de tous ceux des groupes prol\u00e9tariens existants, et faisait des Amis de Durruti l\u2019avant-garde r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat espagnol dans cette situation critique et d\u00e9cisive. Et c\u2019est ce que reconnurent alors alors le POUM et la Secci\u00f3n bolchevique-leninista de Espa\u0148a (SBLE) [Section espagnole de la IV\u00b0 Internationale, dirig\u00e9e par Manuel Fern\u00e1ndez-Grandizo, dit Munis.]<\/p>\n<p>Companys \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 casser une politique, toujours plus compliqu\u00e9e, de pacte avec la CNT et pensa que l\u2019heure \u00e9tait arriv\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du PSUC et des Sovi\u00e9tiques, d\u2019imposer par la force l\u2019autorit\u00e9 et les d\u00e9cisions d\u2019un gouvernement de la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 qui, comme les faits le d\u00e9montr\u00e8rent, n\u2019\u00e9tait pas encore assez puissant pour cesser de n\u00e9gocier avec la CNT. [&#8230;] Pendant que les ouvriers luttaient les armes \u00e0 la main, les Amis de Durruti essay\u00e8rent de les diriger et de les doter d\u2019un objectif r\u00e9volutionnaire. Mais ils rencontr\u00e8rent vite leurs limites. Ils critiqu\u00e8rent les dirigeants de la CNT, qu\u2019ils trait\u00e8rent m\u00eame de tra\u00eetres, dans le manifeste du 8 mai, mais ils ne surent pas contrer leurs appels \u00e0 abandonner les barricades. Ils ne se propos\u00e8rent pas non plus de d\u00e9border la direction conf\u00e9d\u00e9rale, qui voulut stopper nette l\u2019insurrection initi\u00e9e par les comit\u00e9s de d\u00e9fense, lorsque les premiers matadors, comme Garcia Oliver, Federica Montseny et Abad de Santillan, essay\u00e8rent d\u2019\u00e9teindre le feu. [&#8230;] D\u2019autre part, le Groupe \u00e9tait jeune, sans exp\u00e9rience et ne jouissait d\u2019aucun prestige au sein de la masse conf\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>[&#8230;] Le mercredi 5 mai, les Amis de Durruti distribu\u00e8rent sur les barricades le tract qui les rendit c\u00e9l\u00e8bre et qui disait :<\/p>\n<p>\u00ab CNT &#8211; FAI Agrupaci\u00f3n de Los Amigos de Durruti.<\/p>\n<p>TRAVAILLEURS ! Une junte r\u00e9volutionnaire. Ex\u00e9cution des coupables. D\u00e9sarmement de tous les corps arm\u00e9s. Socialisation de l\u2019\u00e9conomie. Dissolution des partis politiques qui ont agress\u00e9 la classe des travailleurs. Ne c\u00e9dons pas la rue. La r\u00e9volution avant tout. Nous saluons nos camarades du POUM qui ont fraternis\u00e9 dans la rue avec nous. VIVE LA REVOLUTION SOCIALE ! A BAS LA CONTRE-REVOLUTION ! \u00bb<\/p>\n<p>Mais les discours radiophoniques des ministres et autres chefaillons anarchistes eurent un \u00e9norme pouvoir d\u00e9mobilisateur. [&#8230;] Le jeudi 6 mai, les militants de la CNT, pour prouver leur bonne volont\u00e9 et obtenir l\u2019apaisement de la ville, abandonn\u00e8rent l\u2019immeuble du central t\u00e9l\u00e9phonique, origine du conflit, qui fut imm\u00e9diatement occup\u00e9 par les forces de police, qui assur\u00e8rent la s\u00e9curit\u00e9 des militants de l\u2019UGT \u00e0 leurs postes de travail, afin que l\u2019activit\u00e9 du service t\u00e9l\u00e9phonique [\u00ab Il est important de comprendre ce que signifiait la Telef\u00f3nica aux yeux des ouvriers de Barcelone et pourquoi tant de mensonges grouillent autour de cet immeuble. C\u2019est que ce b\u00e2timent admirablement situ\u00e9 a \u00e9t\u00e9 en quelque sorte l\u2019axe de combat entre les militaires soulev\u00e9s et les ouvriers de la ville \u00e0 partir du 19 juillet. Les factieux qui l\u2019avaient occup\u00e9 donn\u00e8rent aux ouvriers l\u2019ordre de couper les communications des centres de r\u00e9sistance ouvriers. Les techniciens avaient fait mine d\u2019obtemp\u00e9rer, mais avaient en r\u00e9alit\u00e9 coup\u00e9 les relations entre les quartiers g\u00e9n\u00e9raux des militaires soulev\u00e9s (Capitania General, Comandancia Militar) et les diff\u00e9rentes casernes. Sa prise avait \u00e9t\u00e9 le signe de la victoire ouvri\u00e8re et il avait \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement plac\u00e9 sous le contr\u00f4le effectif &#8211; surveillance et \u00e9coute des communications &#8211; d\u2019un comit\u00e9 CNT-UGT. [&#8230;] Rien n\u2019est plus instructif \u00e0 cet \u00e9gard que les r\u00e9criminations des hommes politiques \u00e0 propos du contr\u00f4le de leurs communications : elles \u00e9manent d\u2019hommes pour qui n\u2019existe qu\u2019un seul pouvoir l\u00e9gitime : le leur. Joan Comorera l\u2019exprime avec une franchise presque d\u00e9sarmante : \u00ab Tous les contr\u00f4le int\u00e9rieurs de la Telef\u00f3nica \u00e9taient au service, non de la collectivit\u00e9, mais d\u2019une organisation : ni le pr\u00e9sident Aza\u0148a, ni le pr\u00e9sident Companys, ni personne ne pouvaient parler sans que l\u2019oreille du contr\u00f4leur sache ce qu\u2019ils disaient. Les ouvriers de la CNT, la classe ouvri\u00e8re barcelonaise en g\u00e9n\u00e9ral, consid\u00e8rent de leur c\u00f4t\u00e9 que le contr\u00f4le des conversations par eux est une conqu\u00eate r\u00e9volutionnaire et la reconnaissance de leur droit au pouvoir. [&#8230;] Treball le reconna\u00eet de fa\u00e7on tout \u00e0 fait explicite quand il titre \u00ab Pas de dualit\u00e9 de pouvoirs \u00bb le discours de justification de Comorera sur mai. C\u2019est bien la question du pouvoir qui \u00e9tait pos\u00e9e. \u00bb in Staline et la r\u00e9volution, pages 240-241.] reprenne en toute normalit\u00e9.<\/p>\n<p>[&#8230;] Lorsque l\u2019on sut que partait de Valence un contingent de troupes pour pacifier Barcelone, Balius proposa de constituer une colonne conf\u00e9d\u00e9rale qui aille \u00e0 sa rencontre. Form\u00e9e \u00e0 Barcelone, la colonne grossirait en chemin en comptant sur l\u2019incorporation de nombreux miliciens du front d\u2019Aragon : \u00ab On pouvait arriver jusqu\u2019\u00e0 Valence, et ensuite prendre le ciel d\u2019assaut &#8230; ! \u00bb Des commissions se form\u00e8rent pour consulter les militants dans les syndicats et dans la rue, mais la proposition n\u2019eut aucune r\u00e9percussion. Elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 totalement irr\u00e9elle. Le vendredi 7 mai, \u00e0 partir de 19 heures, les troupes de Valence d\u00e9fil\u00e8rent sur l\u2019avenue Diagonal et le Paseo de Gracia. Quelques jours apr\u00e8s, il ne restait plus que les barricades que le PSUC avait voulu conserver pour montrer et d\u00e9montrer \u00e0 tout le monde qui avait gagn\u00e9.<\/p>\n<p>[&#8230;] Le manifeste distribu\u00e9 le 8 mai par les Amis de Durruti, o\u00f9 apparaissait un bilan des Journ\u00e9es de mai, fut imprim\u00e9 \u00e0 l\u2019imprimerie de La Batalla. Le Groupe, d\u00e9nonc\u00e9 par la CNT comme \u00e9tant une organisation de provocateurs, n\u2019avait pas d\u2019imprimerie. Lorsqu\u2019un milicien du POUM, Paradell, leader du Syndicat du commerce, connut la difficult\u00e9 ainsi rencontr\u00e9e par les Amis de Durruti, il en informa Josep Rebull, g\u00e9rant de l\u2019organe du POUM, qui, en accord avec le plus \u00e9l\u00e9mentaire devoir de solidarit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, sans consulter aucune instance sup\u00e9rieure du parti, mit l\u2019imprimerie \u00e0 la disposition des Amis.<\/p>\n<p>[&#8230;] A aucun moment, mai 37 n\u2019a \u00e9t\u00e9 une insurrection ouvri\u00e8re offensive et d\u00e9cid\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fensive et sans objectifs pr\u00e9cis, m\u00eame si se poursuivait le combat pour la socialisation contre la collectivisation et pour la d\u00e9fense des \u00ab conqu\u00eates de Juillet. [&#8230;] Une insurrection ouvri\u00e8re vaincue peut ne pas abandonner les armes, mais elle ne peut esp\u00e9rer que la r\u00e9pression ne s\u2019abattra pas sur les insurg\u00e9s, comme ce fut le cas \u00e0 partir du 16 juin. [&#8230;] Le bilan de ces journ\u00e9es fut de 500 morts environ et de 1000 bless\u00e9s. \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue th\u00e9orique, le r\u00f4le du Groupe des Amis de Durruti fut beaucoup plus remarquable apr\u00e8s les Journ\u00e9es de mai, lorsqu\u2019ils commenc\u00e8rent \u00e0 publier leur organe, qui emprunta le nom du journal publi\u00e9 par Marat au cours de la R\u00e9volution fran\u00e7aise : El Amigo del Pueblo (l\u2019ami du peuple). La direction de la CNT proposa l\u2019expulsion des membres du Groupe des Amis de Durruti, mais ne r\u00e9ussit jamais \u00e0 ce que cette mesure f\u00fbt ratifi\u00e9e par une assembl\u00e9e des syndicats. Le premier num\u00e9ro d\u2019El Amigo del Pueblo fut publi\u00e9 l\u00e9galement le 19 mai avec des parties totalement censur\u00e9es. La couverture de grand format en noir et rouge reproduisait un dessin o\u00f9 apparaissait un Durruti souriant, brandissant le drapeau noir et rouge. [&#8230;] Pour \u00e9viter la censure, \u00e0 partir du deuxi\u00e8me num\u00e9ro, El Amigo del Pueblo fut \u00e9dit\u00e9 clandestinement. Le num\u00e9ro 5 est l\u2019un des plus int\u00e9ressants. En premi\u00e8re page appara\u00eet un article intitul\u00e9 Una teor\u00eda revolucionaria. [&#8230;] Dans cet \u00e9ditorial, les Amis de Durruti attribuaient la mont\u00e9e de la contre-r\u00e9volution et l\u2019\u00e9chec de la CNT, apr\u00e8s son triomphe irr\u00e9futable et absolu en juillet 36, \u00e0 une seule raison : l\u2019absence de programme r\u00e9volutionnaire, cause \u00e9galement de la d\u00e9faite de mai 37. La conclusion \u00e0 laquelle ils \u00e9taient arriv\u00e9s est exprim\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s limpide :<\/p>\n<p>\u00ab La trajectoire descendante [de la r\u00e9volution] doit \u00eatre exclusivement attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019inexistence d\u2019un programme concret et au manque de r\u00e9alisations imm\u00e9diates. A cause de cela, nous sommes tomb\u00e9s dans les filets des secteurs contre-r\u00e9volutionnaires juste au moment o\u00f9 les circonstances devenaient nettement favorables au couronnement des aspirations du prol\u00e9tariat. Parce que nous n\u2019avons pas laiss\u00e9 libre cours \u00e0 l\u2019\u00e9veil de Juillet, dans un sens clairement classiste, nous avons permis une domination bourgeoise qui n\u2019aurait pas pu s\u2019imposer si dans les milieux conf\u00e9d\u00e9raux et anarchistes avait pr\u00e9valu la d\u00e9cision unanime de consolider le pouvoir du prol\u00e9tariat \u00e0 la direction du pays. [&#8230;] en \u00e9tant assez niais pour croire que le c\u0153ur d\u2019une r\u00e9volution \u00e0 caract\u00e8re social pouvait partager ses battements \u00e9conomiques et sociaux avec l\u2019ennemi. [&#8230;] En mai 37 s\u2019est pos\u00e9 le m\u00eame probl\u00e8me. A nouveau, la question de la direction de la r\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9e. Mais ceux qui \u00e9taient effray\u00e9s en juillet 36 par le danger d\u2019une intervention \u00e9trang\u00e8re tomb\u00e8rent \u00e0 nouveau durant les Journ\u00e9es de mai dans ce manque de vision qui aboutit au \u00ab cessez-le-feu \u00bb fatidique, qui plus tard s\u2019est traduit, malgr\u00e9 la tr\u00eave convenue, \u00e0 la poursuite du d\u00e9sarmement et \u00e0 la r\u00e9pression impitoyable de la classe ouvri\u00e8re. [&#8230;] Il fallait \u00e9craser les partis petits-bourgeois en juillet et en mai. Nous pensons que n\u2019importe quel secteur, s\u2019il avait eu la majorit\u00e9 absolue que nous avions, se serait \u00e9rig\u00e9 en ma\u00eetre absolu de la situation. Dans le num\u00e9ro ant\u00e9rieur de notre publication nous pr\u00e9cisions un programme. Nous affirmions le besoin d\u2019une junte r\u00e9volutionnaire, de la pr\u00e9pond\u00e9rance des syndicats dans le domaine \u00e9conomique et d\u2019une restructuration libre des municipalit\u00e9s. [&#8230;] La victoire d\u00e9pend de l\u2019existence d\u2019un programme qui doit \u00eatre appuy\u00e9, sans h\u00e9sitation, par les fusils [&#8230;]. Sans th\u00e9orie, les r\u00e9volutions ne peuvent aller de l\u2019avant. Nous, Amis de Durruti, avons esquiss\u00e9 notre pens\u00e9e, pouvant \u00eatre l\u2019objet de retouches appropri\u00e9es aux grandes secousses sociales, qui se fonde sur deux points essentiels qui ne peuvent \u00eatre \u00e9lud\u00e9s : un programme et des fusils. \u00bb<\/p>\n<p>[&#8230;] Le num\u00e9ro 12 d\u2019El Amigo del Pueblo, dat\u00e9 du 1er f\u00e9vrier 1938, a \u00e9t\u00e9 le dernier num\u00e9ro de l\u2019organe du Groupe des Amis de Durruti.<\/p>\n<p>La brochure Hacia una nueva revoluci\u00f3n fut \u00e9dit\u00e9e clandestinement en janvier 1938, bien que Balius ait commenc\u00e9 \u00e0 la r\u00e9diger vers le mois de novembre 1937. [&#8230;] Il est int\u00e9ressant de souligner l\u2019analyse profonde que les Amis de Durruti faisaient de la r\u00e9volution du 19 juillet 1936 : \u00ab C\u2019est le peuple qui s\u2019est procur\u00e9 les armes. Il les a gagn\u00e9es. Il les a conquises de toutes ses forces. Personne ne les lui a donn\u00e9es. Ni le gouvernement de la R\u00e9publique, ni la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 n\u2019ont donn\u00e9 un seul fusil. [&#8230;] L\u2019immense majorit\u00e9 des travailleurs \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 de la CNT. La Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e9tait l\u2019organisation majoritaire en Catalogne. Que s\u2019est-il pass\u00e9 pour que la CNT ne fasse pas la r\u00e9volution qui \u00e9tait celle du peuple, celle de la majorit\u00e9 du prol\u00e9tariat. [&#8230;] Nous n\u2019avions pas de programme correct. Nous ne savions pas o\u00f9 nous allions. Un grand enthousiasme, mais en fin de compte nous n\u2019avons su que faire avec ces \u00e9normes masses de travailleurs, nous n\u2019avons pas su concr\u00e9tiser cette vague populaire qui s\u2019en remettait \u00e0 nos organisations &#8230; \u00bb<\/p>\n<p>[&#8230;] \u00ab Lorsqu\u2019une organisation a pass\u00e9 toute sa vie \u00e0 d\u00e9fendre la r\u00e9volution sociale, elle a l\u2019obligation de la faire lorsque pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019occasion s\u2019en pr\u00e9sente. En juillet, la conjoncture y \u00e9tait favorable. La CNT devait se jucher jusqu\u2019au sommet de la direction du pays, en donnant des coups de pieds qui en auraient fini avec tout ce qui \u00e9tait archa\u00efque, avec tout ce qui \u00e9tait v\u00e9tuste, et ainsi nous aurions gagn\u00e9 la guerre et nous aurions gagn\u00e9 la r\u00e9volution. Mais c\u2019est tout le contraire qui se produisit. C\u2019est la collaboration avec la bourgeoisie dans les sph\u00e8res \u00e9tatiques qui fut choisie, au moment pr\u00e9cis o\u00f9 l\u2019Etat \u00e9clatait en mille morceaux. Cela fortifia Companys et sa suite. Un ballon d\u2019oxyg\u00e8ne fut apport\u00e9 \u00e0 une bourgeoisie an\u00e9mique et terrifi\u00e9e. [&#8230;] D\u2019autre part, nous affirmons que les r\u00e9volutions sont totalitaires, et que beaucoup pensent le contraire n\u2019y change rien. Ce qui se passe, c\u2019est que divers aspects de la r\u00e9volution se concr\u00e9tisent peu \u00e0 peu, mais avec la garantie que c\u2019est la classe qui repr\u00e9sente l\u2019ordre nouveau qui en porte la plus grande responsabilit\u00e9. Et lorsqu\u2019on fait les choses \u00e0 moiti\u00e9, il se produit ce que nous venons de dire, le d\u00e9sastre de Juillet. En juillet s\u2019est constitu\u00e9 un Comit\u00e9 des milices antifascistes. Ce n\u2019\u00e9tait pas un organisme de classe. En son sein \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es les fractions bourgeoises et contre-r\u00e9volutionnaires. Il semblait que ce Comit\u00e9 s\u2019\u00e9tait dress\u00e9 face \u00e0 la G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. Mais ce n\u2019\u00e9tait que du vent. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Source :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Pages 109 \u00e0 156 de l\u2019excellent livre de Agust\u00edn Guillam\u00f3n : Barricades \u00e0 Barcelone aux Editions Spartacus (2009). Profitons aussi de l\u2019occasion pour remercier les membres des Amis de Spartacus qui depuis des ann\u00e9es, avec une magnifique constance, proposent de bons textes vari\u00e9s !<\/p>\n<p>Bibliographie compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<p>\u2014 A Contretemps, D\u2019une Espagne rouge et noire &#8211; Entretiens avec Diego Abad de Santill\u00e1n, F\u00e9lix Carrasquer, Juan Garc\u00eda Oliver et Jos\u00e9 Peirats, Les Editions Libertaires 2009 [Cf. les pages 64\/ 68 &#8211; 88\/ 89 &#8211; 155\/ 174 &#8211; 208\/ 216] ;<\/p>\n<p>\u2014 ALBA Victor, Histoire du POUM, Ivrea, 2000, Cf. les pages 275-306 ;<\/p>\n<p>\u2014 AMOROS Miguel, La Revoluci\u00f3n traicionada : la verdadera historia de Balius y Los Amigos de Durruti, Virus editorial, Barcelone, 2003 ; Jos\u00e9 Pellicer, el anarquista integro, Virus, 2009 ;<\/p>\n<p>\u2014 BROU\u00c9 Pierre, Staline et la r\u00e9volution &#8211; Le cas espagnol, Fayard, 1993 ;<\/p>\n<p>\u2014 CCI, Les Amis de Durruti : le\u00e7ons d\u2019une rupture incompl\u00e8te avec l\u2019anarchisme ;<\/p>\n<p>\u2014 CHRIST Michel, Le POUM &#8211; Histoire d\u2019un parti r\u00e9volutionnaire espagnol (1935-1952), L\u2019Harmattan, 2006 ; Cf. pages 16 \u00e0 19 puis 37 et les nombreuses notices biographiques des staliniens, du POUM, du PSOE\/ UGT et des anarchistes ;<\/p>\n<p>\u2014 CHURCHILL Winston, Journal politique &#8211; 1936-1939, Tallandier, 2010 ;<\/p>\n<p>\u2014 GODICHEAU Fran\u00e7ois, Militer pour survivre &#8211; Lettres d\u2019anarchistes fran\u00e7ais emprisonn\u00e9s \u00e0 Barcelone (1937-1938) :<\/p>\n<p>\u00ab<em>  La pers\u00e9cution soufferte par le POUM est relativement connue (le parti est dissout, ses locaux ferm\u00e9s, ses journaux interdits, plusieurs centaines de militants emprisonn\u00e9s, des dirigeants inculp\u00e9s de haute trahison), le martyr de son dirigeant Andr\u00e9s Nin, mort aux mains du NKVD, la police politique sovi\u00e9tique, en est le symbole. Le vaste mouvement d\u2019arrestations qui jette en prison des milliers de libertaires entre mai 1937 et ao\u00fbt 1938 est en revanche fr\u00e9quemment oubli\u00e9 ; il touche le plus souvent de simples militants, des activistes des campagnes, des quartiers de Barcelone ou des miliciens de retour du front. Parmi eux, quelques centaines de militants \u00e9trangers venus s\u2019engager dans les colonnes anarchistes ou dans la colonne du POUM, anarchistes fran\u00e7ais, italiens, allemands, communistes oppositionnels de tous les pays. Les lettres de Danon et de Kaplan, retrouv\u00e9es \u00e0 l\u2019Institut International d\u2019Histoire Sociale (IISH) d\u2019Amsterdam, font partie d\u2019un ensemble plus vaste de correspondance de ces \u00ab prisonniers antifascistes \u00bb, ainsi qu\u2019ils s\u2019appelaient eux-m\u00eames, lettres collectives et individuelles, \u00e9crites depuis diverses prisons catalanes et aragonaises, et qui constituent une documentation pr\u00e9cieuse \u00e0 plus d\u2019un titre. Elles sont une voix originale dans le concert politique de l\u2019arri\u00e8re r\u00e9publicain ; elles contribuent toutes \u00e0 l\u2019expression d\u2019un courant politique qui ne prend quasiment jamais la parole de fa\u00e7on directe. Contre le cours des \u00e9v\u00e9nements politiques, contre la remise en cause de la r\u00e9volution de juillet 1936, elles parlent aussi contre les comit\u00e9s de la CNT, et contre la Commission juridique charg\u00e9e par celle-ci de les d\u00e9fendre. Elles sont une voix qui n\u2019est pas pass\u00e9e au tamis de l\u2019organisation et de la discipline politique.<\/em> \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 LORENZO C\u00e9sar, Les anarchistes espagnols et le pouvoir, Seuil, 1969 ; Cf. pages 268-270 : \u00ab <em>Un certain nombre d\u2019anarchistes s\u2019engag\u00e8rent \u00e0 fond aux c\u00f4t\u00e9s du POUM et surtout de l\u2019aile gauche de ce parti (la section bolcheviste-l\u00e9niniste que pilotait le trotskyste G. Munis et dont le journal s\u2019intitulait La Voz leninista) [&#8230;] Les \u00ab Amis de Durruti \u00bb \u00e9taient en fait des anarchistes bolchevis\u00e9s. [&#8230;] d\u00e9magogues obscurs, n\u2019h\u00e9sitaient pas dans un moment de surexcitation, de d\u00e9pit violent, \u00e0 l\u2019affronter [la CNT] ouvertement en se mettant \u00e0 la tra\u00eene du POUM. [&#8230;] Si les \u00ab Amis de Durruti \u00bb eurent une audience fort limit\u00e9e, ils n\u2019en sont pas moins un exemple curieux de l\u2019\u00e9volution de certains anarchistes face aux r\u00e9alit\u00e9s politiques et \u00e0 la collaboration de la CNT au gouvernement.<\/em> \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 MUNIS Grandizo, Le\u00e7ons d\u2019une d\u00e9faite, promesse d\u2019une victoire, Editions Science Marxiste, 2007 ;<\/p>\n<p>\u2014 NICOLAS Lazarevitch, A travers les r\u00e9volutions espagnoles, Poche-Club \u00ab Changer la vie \u00bb, 1972 ; Cf. pages 152-163 ;<\/p>\n<p>\u2014 OLLIVIER Marcel et LANDAU Katia, Espagne &#8211; Les fossoyeurs de la r\u00e9volution sociale, Spartacus, 1975 ; Cf. le r\u00e9cit complet \u00ab Les Journ\u00e9es sanglantes de Barcelone \u00bb, pages 11-27 ;<\/p>\n<p>\u2014 PECINA M. et MINTZ F., The Friends of Durruti, the Trotskyts and the May Events (manuscrit Hoover Institution, 88 pages dactylographi\u00e9es in papiers Bolloten, note 9, page 304 du livre de Brou\u00e9) ;<\/p>\n<p>\u2014 VAN DAAL Julius, Le r\u00eave en armes &#8211; R\u00e9volution et contre-r\u00e9volution en Espagne 1936-37, Nautilus, 2001 ; Voir surtout les pages 84-85] ;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La salve d\u2019honneur de la CNT ? \u00ab Pour battre Franco, il fallait d\u2019abord battre Companys et Caballero. Pour vaincre le fascisme, il fallait d\u2019abord \u00e9craser la bourgeoisie et ses alli\u00e9s staliniens et socialiste. Il fallait d\u00e9truire de fond en comble l\u2019Etat capitaliste et instaurer un pouvoir ouvrier surgi des comit\u00e9s de base des travailleurs. &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=2591\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le Groupe des Amis de Durruti ( 1937 )<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-2591","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2591","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2591"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2591\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2595,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2591\/revisions\/2595"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2591"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2591"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2591"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}