{"id":2571,"date":"2017-09-01T17:07:07","date_gmt":"2017-09-01T16:07:07","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=2571"},"modified":"2017-09-01T17:32:57","modified_gmt":"2017-09-01T16:32:57","slug":"1936-les-premiers-refugies-espagnols-arrivent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=2571","title":{"rendered":"1936 : les premiers r\u00e9fugi\u00e9s espagnols arrivent"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ci- dessous, la reproduction d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;articles parus dans \u00ab\u00a0La Nouvelle R\u00e9publique\u00a0\u00bb (\u00e9dition du Loir et Cher) entre juillet et ao\u00fbt 2017 :<\/strong><\/p>\n<p><figure id=\"attachment_2572\" aria-describedby=\"caption-attachment-2572\" style=\"width: 640px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/1936-les-premiers-refugies-espagnols-arrivent_image_article_large.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"403\" class=\"size-full wp-image-2572\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/1936-les-premiers-refugies-espagnols-arrivent_image_article_large.jpg 640w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/1936-les-premiers-refugies-espagnols-arrivent_image_article_large-300x189.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2572\" class=\"wp-caption-text\">CARTE POSTALE    PLACE DE LA REPUBLIQUE<\/figcaption><\/figure><br \/>\n <em><br \/>\n  La Halle aux grains de Blois abrita 160\u00a0petits Madril\u00e8nes &#8211; (Archives d\u00e9partementales de Loir-et-Cher)<br \/>\n\u00c9t\u00e9 1936. La guerre civile \u00e9clate en Espagne et l\u2019exil commence pour beaucoup d\u2019habitants. Les premiers r\u00e9fugi\u00e9s, surtout des enfants, arrivent \u00e0 Blois.<\/em><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au Front populaire arriv\u00e9 au pouvoir au printemps 1936, les Fran\u00e7ais profitent pour la premi\u00e8re fois des cong\u00e9s pay\u00e9s. Au m\u00eame moment, l&rsquo;Espagne plonge dans la tourmente. La guerre civile \u00e9clate \u00e0 la mi-juillet suite au soul\u00e8vement militaire dirig\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Franco contre la jeune R\u00e9publique. Dans les semaines qui suivent, les combats autour de Madrid et au Pays Basque coupent pratiquement le pays en deux, entra\u00eenant les premiers d\u00e9parts de r\u00e9fugi\u00e9s vers la France. D\u00e8s le 18\u00a0ao\u00fbt, comme l&rsquo;indique Jeanine Sodigne Lostau dans sa th\u00e8se (*) , des r\u00e9fugi\u00e9s arrivent seuls ou par petits groupes en Loir-et-Cher et se pr\u00e9sentent aux services de police.<br \/>\nLe dimanche 13\u00a0septembre 1936, plus de 160\u00a0enfants madril\u00e8nes sont accueillis en tenue de plage avec leurs accompagnateurs, en gare de Blois. Ils appartiennent \u00e0 une colonie de vacances de Santander sur la c\u00f4te cantabrique qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9e en urgence. Les autorit\u00e9s pr\u00e9fectorales et municipales leur proposent un repas servi au buffet de la gare et offert par le Bureau de bienfaisance. Puis les enfants sont conduits \u00e0 la Halle aux grains o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e a install\u00e9 des couchages. Le lendemain, les petits Madril\u00e8nes partent en promenade dans les rues de la ville puis sont r\u00e9partis dans des lieux d&rsquo;h\u00e9bergement en l&rsquo;occurrence l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Angleterre et son annexe situ\u00e9e rue Foulerie ainsi qu&rsquo;une ancienne \u00e9cole de gar\u00e7ons, place Louis-XII. <\/p>\n<p>Un Bl\u00e9sois s&rsquo;inqui\u00e8te particuli\u00e8rement de leur sort. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;avocat Hubert Fillay qui, le 16\u00a0septembre, \u00e9crit au pr\u00e9fet\u2009: \u00ab\u00a0En voyant passer les petits Espagnols r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Blois, il est impossible de ne pas \u00e9prouver un sentiment de piti\u00e9 pour ces malheureux innocents et de ne pas se demander, aux approches de l&rsquo;hiver, comment on subviendra \u00e0 tous leurs besoins en v\u00eatements chauds, linge, chaussures, aliments etc.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Et le juriste de sugg\u00e9rer au repr\u00e9sentant de l&rsquo;\u00c9tat de r\u00e9unir un comit\u00e9 d&rsquo;accueil pr\u00e9c\u00e9demment cr\u00e9\u00e9 pour la venue de Canadiens et de lui faire lancer un appel \u00e0 la population en faveur des petits r\u00e9fugi\u00e9s. Un couple d&rsquo;origine espagnole et domicili\u00e9 \u00e0 Saint-Lubin (l&rsquo;homme exerce la profession de carrier) se propose d&rsquo;accueillir des enfants \u00e0 son domicile. La communaut\u00e9 de la Providence \u00e0 Blois se d\u00e9clare, elle aussi, pr\u00eate \u00e0 en h\u00e9berger. Finalement, les combats s&rsquo;interrompent temporairement et les enfants peuvent regagner Madrid via la Catalogne.<\/p>\n<p>En pr\u00e9vision de l&rsquo;arriv\u00e9e de nouveaux r\u00e9fugi\u00e9s, le pr\u00e9fet s&rsquo;adresse aux principales communes pour dresser un inventaire de leurs capacit\u00e9s d&rsquo;h\u00e9bergement. La ville de Blois dispose alors de 280 places, celle de Vend\u00f4me ne peut offrir qu&rsquo;un h\u00e9bergement \u00ab\u00a0tr\u00e8s provisoire\u00a0\u00bb pour 50 personnes.<br \/>\nUne nouvelle vague de civils arrive en France apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de l&rsquo;offensive nationaliste dans le nord de l&rsquo;Espagne au printemps 1937. Cet afflux oblige les pouvoirs publics \u00e0 rechercher d&rsquo;autres lieux d&rsquo;accueil. Ce seront principalement les communs du ch\u00e2teau de La Gaudini\u00e8re \u00e0 La Ville-aux-Clercs et le camp de Remonte de Selles-sur-Cher, deux sites qui accueilleront pr\u00e8s de 1.000\u00a0personnes durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1937. <\/p>\n<p>La municipalit\u00e9 de Selles-sur-Cher propose un haras militaire d\u00e9saffect\u00e9 qui peut abriter jusqu&rsquo;\u00e0 500 personnes. Le camp de Remonte se compose d&rsquo;une caserne, de hangars et de deux \u00e9curies qui seront transform\u00e9es en dortoirs. D&rsquo;apr\u00e8s les recherches de Jeanine Sodign\u00e9 Lostau (*), le lieu est d\u00e9crit comme un \u00ab\u00a0abri sommaire et peu recommandable\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0L&rsquo;air et la lumi\u00e8re ne p\u00e9n\u00e8trent que par une grande porte fermant mal.\u00a0\u00bb Les r\u00e9fugi\u00e9s dorment dans des couchages rudimentaires dispos\u00e9s sur un sol en terre battue.<br \/>\n(*) L&rsquo;immigration politique espagnole en r\u00e9gion Centre de 1936 \u00e0 1946, Universit\u00e9 Paris 7. <\/p>\n<p><strong>R\u00e9fugi\u00e9s espagnols : l&rsquo;exode s&rsquo;intensifie <\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Refugies-espagnols-l-exode-s-intensifie-3_image_article_large.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"418\" class=\"alignnone size-full wp-image-2573\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Refugies-espagnols-l-exode-s-intensifie-3_image_article_large.jpg 640w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Refugies-espagnols-l-exode-s-intensifie-3_image_article_large-300x196.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><br \/>\nLe ch\u00e2teau de la Gaudini\u00e8re \u00e0 La Ville-aux-Clercs abrita dans ses communs 300\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s entre juin et septembre\u00a01937. <\/p>\n<p><em>Au printemps 1937, la guerre civile redouble d\u2019intensit\u00e9 en Espagne. Le Loir-et-Cher doit faire face \u00e0 un afflux de plusieurs centaines de r\u00e9fugi\u00e9s<\/em>.<\/p>\n<p>Si dans les premiers mois de la guerre civile qui \u00e9clate en Espagne en juillet\u00a01936, la France a pu accueillir des r\u00e9fugi\u00e9s sans trop de difficult\u00e9s, la situation se complique \u00e0 partir du printemps 1937. L&rsquo;offensive des troupes franquistes sur la Biscaye et Bilbao pousse des milliers de civils \u00e0 fuir vers la mer et la France. Le 27\u00a0avril, jour de march\u00e9, la petite cit\u00e9 de Guernica est \u00e9cras\u00e9e sous les bombes de la l\u00e9gion Condor. <\/p>\n<p>Au d\u00e9but de juin\u00a01937, des r\u00e9fugi\u00e9s, 476\u00a0personnes (dont seulement 16\u00a0hommes) arrivent \u00e0 \u00ab\u00a0pleins trains\u00a0\u00bb (1) en gare de Selles-sur-Cher. La commune utilise alors l&rsquo;annexe du camp de remonte, situ\u00e9 pr\u00e8s du canal de Berry et de la route nationale 76, pour les installer. Beaucoup n&rsquo;ont plus rien ou seulement quelques effets personnels. Le docteur Ren\u00e9 Massacr\u00e9, \u00e0 la t\u00eate de la municipalit\u00e9 socialiste alors en place, fait appel \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ses concitoyens pour leur fournir des v\u00eatements. Le comit\u00e9 local d&rsquo;accueil r\u00e9unit 4.000\u00a0francs de dons. <\/p>\n<p>Fin juillet, la population du camp atteint son maximum avec 679\u00a0personnes. Parmi elles, 327\u00a0enfants dont l&rsquo;\u00e9tat sanitaire est pr\u00e9occupant. L&rsquo;hospice de Selles note de nombreux cas de rougeoles et de diarrh\u00e9es. Une infirmerie sera ensuite install\u00e9e dans le haras tandis que les cas les plus graves sont \u00e9vacu\u00e9s vers les h\u00f4pitaux de Blois et de Romorantin. <\/p>\n<p>En cette deuxi\u00e8me ann\u00e9e de guerre civile, un autre lieu d&rsquo;accueil se distingue dans le d\u00e9partement. Il s&rsquo;agit du ch\u00e2teau de la Gaudini\u00e8re \u00e0 La Ville-aux-Clercs.<\/p>\n<p>Jean-Jacques Loisel a consacr\u00e9 un article tr\u00e8s fouill\u00e9 (2) \u00e0 ce sujet. L&rsquo;auteur \u00e9voque l&rsquo;installation des r\u00e9fugi\u00e9s espagnols dans ce lieu qui fut, de 1924\u00a0\u00e0 1934, un centre d&rsquo;accueil et d&rsquo;apprentissage pour les orphelins du g\u00e9nocide arm\u00e9nien fond\u00e9 par un m\u00e9c\u00e8ne am\u00e9ricain d&rsquo;origine arm\u00e9nienne. Il aborde aussi le traitement journalistique de la guerre d&rsquo;Espagne dans les deux titres de la presse locale, Le Progr\u00e8s du Loir-et-Cher, favorable au Front populaire et \u00e0 la cause r\u00e9publicaine, et Le Carillon de Vend\u00f4me, alors class\u00e9 tr\u00e8s \u00e0 droite et hostile aux r\u00e9fugi\u00e9s espagnols consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0rouges\u00a0\u00bb anticl\u00e9ricaux.<br \/>\nLa Ville-aux-Clercs est en 1936\u00a0situ\u00e9e dans un canton o\u00f9 le Parti communiste est bien repr\u00e9sent\u00e9. L&rsquo;ancien centre de vacances est pressenti une premi\u00e8re fois pour accueillir des \u00e9coliers madril\u00e8nes arriv\u00e9s \u00e0 Blois et qui finalement repartent en Espagne sans y s\u00e9journer. Le ch\u00e2teau de la Gaudini\u00e8re fut d\u00e9truit par un incendie le 17\u00a0novembre 1934. La propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait en vente et il ne restait gu\u00e8re que les gardiens quand furent accueillis en juin\u00a01937\u00a0environ\u00a0300\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s, essentiellement des femmes et des enfants ayant fui Bilbao et ses environs, qui s&rsquo;\u00e9tablirent dans les communs du ch\u00e2teau. Leur s\u00e9jour fut pay\u00e9 par la pr\u00e9fecture qui recruta un directeur, un \u00e9conome, un cuisinier, un \u00e9lectricien, une infirmi\u00e8re et un instituteur. Le ravitaillement \u00e9tait assur\u00e9 par les boulangers et les bouchers de la commune et des environs.<\/p>\n<p>Le journal Le Progr\u00e8s se fit l&rsquo;\u00e9cho de leur pr\u00e9sence et lan\u00e7a un appel aux dons. Une cha\u00eene de solidarit\u00e9 se mit en place. <\/p>\n<p>Sur le front du nord, les nationalistes ach\u00e8vent leur conqu\u00eate du Pays basque durant l&rsquo;automne 1937. Une grande partie des civils accueillis \u00e0 Selles-sur-Cher et La Ville-aux-Clercs retournent au pays, souvent sous la pression des autorit\u00e9s fran\u00e7aises. <\/p>\n<p>(1) Souvenir de Roger Blondeau rapport\u00e9 dans \u00ab\u00a0Le camp des Espagnols (1937-1939)\u00a0\u00bb par Yves Tanguy et Michel Ollier. (2) \u00ab\u00a0Les r\u00e9fugi\u00e9s espagnols de la Gaudini\u00e8re\u00a0\u00bb, par Jean-Jacques Loisel, Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 arch\u00e9ologique, scientifique et litt\u00e9raire du Vend\u00f4mois, 2009. <\/p>\n<p><strong>Bois-Br\u00fbl\u00e9 de sinistre m\u00e9moire <\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Bois-Brule-de-sinistre-memoire_image_article_large.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"437\" class=\"alignnone size-full wp-image-2574\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Bois-Brule-de-sinistre-memoire_image_article_large.jpg 640w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Bois-Brule-de-sinistre-memoire_image_article_large-300x205.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p><em><br \/>\nA Boisseau, le camp de Bois-Br\u00fbl\u00e9 ouvre ses portes le 1er\u00a0septembre 1939. Il accueillera jusqu&rsquo;\u00e0 1.600\u00a0personnes. &#8211; (Dessin r\u00e9alis\u00e9 par un r\u00e9fugi\u00e9 et offert au pr\u00e9fet de l&rsquo;\u00e9poque en remerciement)<br \/>\nD\u00e9but 1939. La R\u00e9publique espagnole agonise. Le Loir-et-Cher se mobilise pour accueillir les r\u00e9fugi\u00e9s. Le camp de Bois-Br\u00fbl\u00e9 est construit \u00e0 Boisseau (4).<\/em><\/p>\n<p>Dans les premi\u00e8res semaines de l&rsquo;ann\u00e9e 1939, la guerre civile espagnole touche \u00e0 sa fin, la R\u00e9publique est \u00e0 l&rsquo;agonie. Le 26\u00a0janvier, la prise de Barcelone par les troupes franquistes provoque un exode massif vers la fronti\u00e8re fran\u00e7aise. Plusieurs centaines de milliers de combattants et de civils fuient la r\u00e9pression des nationalistes et franchissent les Pyr\u00e9n\u00e9es. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises sont compl\u00e8tement d\u00e9bord\u00e9es par l&rsquo;ampleur de la Retirada (retraite). Des camps sont ouverts en urgence dans la r\u00e9gion de Perpignan mais ils sont rapidement satur\u00e9s. Les d\u00e9partements situ\u00e9s plus au nord sont appel\u00e9s \u00e0 la rescousse. <\/p>\n<p>En pr\u00e9vision d&rsquo;un afflux massif de civils, la pr\u00e9fecture du Loir-et-Cher charge la gendarmerie de rep\u00e9rer des lieux appropri\u00e9s \u00e0 l&rsquo;am\u00e9nagement d&rsquo;un camp. Un site est rep\u00e9r\u00e9 non loin de Oucques, en bordure de la d\u00e9partementale qui relie Blois \u00e0 Ch\u00e2teaudun (D924). Le lieu-dit s&rsquo;appelle Bois-Br\u00fbl\u00e9, non loin du bourg de Boisseau. Des appels d&rsquo;offre sont pass\u00e9s aux entreprises locales pour fournir entre 15\u00a0et 30\u00a0baraquements en bois d&rsquo;une longueur de 40\u00a0m sur 6\u00a0m de large. Au mois d&rsquo;ao\u00fbt, un directeur est recrut\u00e9 avec un traitement mensuel de 1.500\u00a0francs, ainsi qu&rsquo;un secr\u00e9taire interpr\u00e8te, un enseignant, un cuisinier, un responsable d&rsquo;atelier. <\/p>\n<p>Le camp de Bois-Br\u00fbl\u00e9 ouvre ses portes le 1er\u00a0septembre 1939, le jour o\u00f9 les troupes nazies entrent en Pologne, d\u00e9clenchant le second conflit mondial. Trois semaines plus tard, le site abrite 1.618\u00a0personnes, en majorit\u00e9 des femmes et des enfants, r\u00e9partis en 28\u00a0baraques d\u00e9pourvues de plafond. Les r\u00e9fugi\u00e9s sont plac\u00e9s sous la surveillance continuelle de gendarmes et d&rsquo;hommes de troupe.<br \/>\nLes conditions de vie sont difficiles d&rsquo;autant que l&rsquo;hiver 1939-1940 est glacial. Jeannine Sodign\u00e9 Loustau, dans sa th\u00e8se consacr\u00e9e aux r\u00e9fugi\u00e9s espagnols dans la r\u00e9gion (1), cite le t\u00e9moignage du m\u00e9decin affect\u00e9 au centre. Celui-ci craint les incendies si on installe des po\u00eales dans les baraquements\u2009: \u00ab\u00a0Les Espagnols mettent leur linge dessus, les gosses se feront flamber, si on donne bois ou charbon pour 8\u00a0jours, il sera br\u00fbl\u00e9 en 48\u2009h d&rsquo;o\u00f9 six jours sans feu.\u00a0\u00bb Il faudra l&rsquo;intervention de la Commission internationale d&rsquo;aide aux enfants r\u00e9fugi\u00e9s pour que l&rsquo;administration du camp installe en mars\u00a01940\u00a0des plafonds, des lavabos et des douches. Le rapporteur de cette commission a d\u00e9crit le camp comme l&rsquo;un des pires qu&rsquo;il ait visit\u00e9. \u00ab\u00a0Environ 250\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9taient install\u00e9s dans des baraques sales, dans lesquelles la temp\u00e9rature \u00e9tait proche de z\u00e9ro [\u2026] Le sol \u00e9tait macul\u00e9 d&rsquo;urine gel\u00e9e.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Originaire de la r\u00e9gion de Saragosse, Carmen Martin n\u00e9e Lazaro a t\u00e9moign\u00e9 de son passage \u00e0 Bois-Br\u00fbl\u00e9 (2). Elle avait \u00e0 peine 7\u00a0ans. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai le souvenir qu&rsquo;avec d&rsquo;autres de nos compatriotes, nous avons \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9s dans des wagons \u00e0 bestiaux. On a dit aux m\u00e8res que nous allions nous diriger vers le camp de concentration du Bois-Br\u00fbl\u00e9. Dans ce train on nous vaccinait (avec des produits p\u00e9rim\u00e9s\u2009!) et j&rsquo;en ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s malade. Nous avons donc attendu dans ce camp jusqu&rsquo;en f\u00e9vrier\u00a01940. Nous y avons souffert de froid car l&rsquo;hiver fut tr\u00e8s rude, et de malnutrition (un pain qui gelait dans la journ\u00e9e, pour 7 personnes et une bo\u00eete de conserve contenant un bouillon chaud)\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Un autre t\u00e9moignage poignant, celui de Rosa Casany, \u00e9voque des conditions de vie \u00ab\u00a0inhumaines\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La construction des baraques n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e et le froid passait entre le haut du mur et le toit. La nourriture\u2026 il n&rsquo;y en avait pas. L&rsquo;eau \u00e9tait gel\u00e9e. <\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, ma tante a accouch\u00e9 de son fils qui est mort quand il avait trois mois, faute de m\u00e9dicaments.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Juste apr\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;offensive allemande contre la France et le B\u00e9n\u00e9lux, \u00e0 la mi-mai\u00a01940, le camp ne comptait plus que 21\u00a0personnes. Beaucoup de r\u00e9fugi\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis dans diff\u00e9rentes communes ou renvoy\u00e9s vers l&rsquo;Espagne.<\/p>\n<p>(1) L&rsquo;immigration politique en r\u00e9gion Centre de 1936\u00a0\u00e0 1946, Universit\u00e9 Paris 7 (2) M\u00e9moire Histoire des R\u00e9publicains Espagnols de l&rsquo;Yonne <\/p>\n<p><strong><br \/>\nLe triste sort des r\u00e9fugi\u00e9s espagnols <\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Le-triste-sort-des-refugies-espagnols_image_article_large.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"391\" class=\"alignnone size-full wp-image-2575\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Le-triste-sort-des-refugies-espagnols_image_article_large.jpg 640w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Le-triste-sort-des-refugies-espagnols_image_article_large-300x183.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p> <em>Une r\u00e9fugi\u00e9e espagnole. Le Loir-et-Cher accueillit en majorit\u00e9 des femmes et des enfants. <\/em><\/p>\n<p>Les conditions de vie des r\u00e9fugi\u00e9s ayant fui la guerre civile espagnole \u00e9taient difficiles. Ils furent r\u00e9partis dans une quarantaine de communes (5).<\/p>\n<p>Entre\u00a01936\u00a0et\u00a01939, le d\u00e9partement accueillit de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s espagnols qui fuyaient les horreurs de la guerre civile. L&rsquo;exode prit une ampleur particuli\u00e8re durant les derniers mois du conflit (janvier-avril\u00a01939). Alors que les combattants r\u00e9publicains r\u00e9sistaient encore aux franquistes dans Barcelone, Madrid et Valence, des centaines de milliers d&rsquo;hommes, de femmes et d&rsquo;enfants trouv\u00e8rent refuge en France.<\/p>\n<p>Durant cette p\u00e9riode, environ 3.000\u00a0personnes furent r\u00e9parties dans une quarantaine de\u00a0communes. Leurs conditions de vie furent difficiles car les moyens allou\u00e9s aux pr\u00e9fectures \u00e9taient limit\u00e9s. Des \u00e9pid\u00e9mies de typho\u00efde et de dipht\u00e9rie touch\u00e8rent cette population fragile, surtout les enfants. Les pouvoirs publics se m\u00e9fiaient de ces exil\u00e9s qu&rsquo;ils surveillaient en permanence. Les r\u00e9fugi\u00e9s n&rsquo;avaient pas le droit de quitter leur lieu de r\u00e9sidence sans une autorisation qui leur \u00e9tait le plus souvent refus\u00e9e.<\/p>\n<p>Le rapport d&rsquo;un gendarme de Mondoubleau datant de mars\u00a01939\u00a0\u00e9voque l&rsquo;escapade de femmes parties prendre un peu de bon temps au bal de Souday un dimanche soir. \u00ab\u00a0Effectant une visite aux abords du camp de r\u00e9fugi\u00e9s, j&rsquo;ai constat\u00e9 que les locaux \u00e9taient ouverts et \u00e9clair\u00e9s. Deux femmes gardaient les enfants, toutes les autres se trouvant au bal public install\u00e9 sur la place \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate locale. A notre vue, une quinzaine de femmes et de jeunes filles se sont pr\u00e9cipit\u00e9es vers la sortie pour regagner leur camp.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Consid\u00e9r\u00e9s comme des prisonniers \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La nourriture fut souvent source de pol\u00e9mique. A Lamotte-Beuvron, un scandale \u00e9clate dans la salle \u00e0 manger, les r\u00e9fugi\u00e9s se plaignent qu&rsquo;\u00ab il y a surtout du gras et beaucoup d&rsquo;os dans la viande\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Jeanine Sodign\u00e9-Loustau (1).<br \/>\nEn mars\u00a01939, un habitant de Pontlevoy \u00e9crit au d\u00e9put\u00e9 socialiste Robert Mauger au sujet des r\u00e9fugi\u00e9s h\u00e9berg\u00e9s dans sa commune. \u00ab\u00a0Ces pauvres gens sont consid\u00e9r\u00e9s comme des prisonniers gard\u00e9s par un garde champ\u00eatre qui fait de la propagande fasciste [\u2026] Ils n&rsquo;ont pas le droit de sortir ni de recevoir des amis. [\u2026] La nourriture n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;elle devrait \u00eatre, dimanche dernier encore il y avait de la viande avari\u00e9e.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Bien des habitants se sont \u00e9mus du sort qui leur r\u00e9serv\u00e9, en particulier les enfants. Telle cette institutrice de Lamotte-Beuvron, Mme\u00a0Moreau, qui propose d&rsquo;organiser une f\u00eate au sanatorium au profit des petits Espagnols. \u00ab\u00a0Je crois qu&rsquo;ils ont \u00e0 peu pr\u00e8s ce qui leur est n\u00e9cessaire mais aucune g\u00e2terie et je suis navr\u00e9e quand je les vois contempler les devantures\u00a0\u00bb, confie-t-elle dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 M.\u00a0Coursaget, conseiller g\u00e9n\u00e9ral.Elle sollicite l&rsquo;autorisation d&rsquo;entrer dans le camp. Mais le pr\u00e9fet d\u00e9cline le projet qui lui para\u00eet \u00ab\u00a0peu opportun, pour l&rsquo;instant tout au moins\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Dans certains lieux d&rsquo;h\u00e9bergement, on s&rsquo;accuse de favoritisme parce que des \u00ab\u00a0douceurs\u00a0\u00bb sont accord\u00e9es \u00e0 certains. Parfois des discussions houleuses opposent les sympathisants nationalistes et les pro-r\u00e9publicains. Dans une commune de la vall\u00e9e du Cher, un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d&rsquo;un comit\u00e9 d&rsquo;accueil proteste contre le m\u00e9decin qui, \u00ab\u00a0appel\u00e9 quatre fois, n&rsquo;est venu qu&rsquo;apr\u00e8s la mort d&rsquo;un enfant\u00a0\u00bb.<br \/>\nAu d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1940, en pleine \u00ab\u00a0Dr\u00f4le de guerre\u00a0\u00bb, les autorit\u00e9s d\u00e9cident de fermer les centres et d&rsquo;organiser le retour vers l&rsquo;Espagne des \u00ab\u00a0inaptes\u00a0\u00bb au travail. Certains r\u00e9fugi\u00e9s choisissent de s&rsquo;exiler en Am\u00e9rique du Sud pour \u00e9viter les repr\u00e9sailles franquistes. La mobilisation a cependant entra\u00een\u00e9 un besoin de main-d&rsquo;\u0153uvre dans l&rsquo;agriculture et l&rsquo;industrie (en particuliers les ateliers de chargement de munitions de Salbris) si bien que de nombreux hommes restent dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>(1) L&rsquo;immigration politique en r\u00e9gion Centre de 1936\u00a0\u00e0 1946, Universit\u00e9 Paris\u00a07.<br \/>\n\u00a0\u00e0 1946, Universit\u00e9 Paris\u00a07.<\/p>\n<p><strong>Ces r\u00e9fugi\u00e9s espagnols r\u00e9sistants sous l&rsquo;Occupation <\/strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Capture1111.png\" alt=\"\" width=\"447\" height=\"458\" class=\"alignnone size-full wp-image-2580\" srcset=\"https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Capture1111.png 447w, https:\/\/retirada37.com\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Capture1111-293x300.png 293w\" sizes=\"auto, (max-width: 447px) 100vw, 447px\" \/><\/p>\n<p>Le 10\u00a0mai 1940, l&rsquo;Allemagne lance une offensive foudroyante qui submerge rapidement le Benelux et la France. Apr\u00e8s l&rsquo;armistice du 22\u00a0juin 1940, le pays est coup\u00e9 en deux. En Loir-et-Cher, les communes situ\u00e9es sur la rive sud du Cher se retrouvent en zone \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb. Comme le pr\u00e9cise Jeanine Sodign\u00e9 Loustau dans sa th\u00e8se (1), les r\u00e9fugi\u00e9s espagnols, environ 1.000\u00a0personnes recens\u00e9es dans le d\u00e9partement, sont vite consid\u00e9r\u00e9s comme ind\u00e9sirables par le mar\u00e9chal P\u00e9tain, chef de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais install\u00e9 \u00e0 Vichy. En zone occup\u00e9e, la police allemande, avec l&rsquo;aide des autorit\u00e9s fran\u00e7aises, surveille de pr\u00e8s les \u00ab\u00a0Espagnols rouges\u00a0\u00bb. Les hommes se retrouvent au ch\u00f4mage en raison du chaos entra\u00een\u00e9 par l&rsquo;exode et la d\u00e9faite, puis retrouvent progressivement du travail dans les fermes ou comme b\u00fbcherons. <\/p>\n<p>La justice plus s\u00e9v\u00e8re avec ces r\u00e9fugi\u00e9s<\/p>\n<p>L&rsquo;occupant va par la suite en r\u00e9int\u00e9grer un certain nombre dans des chantiers militaires comme \u00e0 Pruniers ou Salbris au sein de groupement de travailleurs \u00e9trangers (GTE). \u00c0 partir de 1943\u00a0et de l&rsquo;instauration du service du travail obligatoire (STO), le Reich r\u00e9quisitionne aussi des Espagnols pour les envoyer dans les usines allemandes. Les femmes se voient, quant \u00e0 elles, proposer des emplois domestiques. Sous l&rsquo;Occupation, la justice se montre plus s\u00e9v\u00e8re avec ces r\u00e9fugi\u00e9s\u2009: pour un Espagnol, le moindre d\u00e9lit est puni syst\u00e9matiquement d&rsquo;un minimum 15\u00a0jours d&rsquo;internement et d&rsquo;une amende.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de r\u00e9publicains espagnols dans les r\u00e9seaux de R\u00e9sistance est signal\u00e9e d\u00e8s 1941. Leur engagement constitue la poursuite sur le sol fran\u00e7ais de la guerre civile, l&rsquo;occupant nazi ayant soutenu activement le g\u00e9n\u00e9ral Franco. Il s&rsquo;agit aussi pour eux d&rsquo;exprimer leur gratitude envers leurs camarades fran\u00e7ais qui avaient d\u00e9fendu la R\u00e9publique espagnole au sein des brigades internationales. Parmi les r\u00e9sistants espagnols, les communistes sont particuli\u00e8rement actifs au sein de l&rsquo;organisation MOI (Main d&rsquo;\u0153uvre immigr\u00e9e).<\/p>\n<p>Des groupes de combat<\/p>\n<p>Des groupes de combat sont cr\u00e9\u00e9s et int\u00e8grent des Espagnols dans leurs rangs pour effectuer des sabotages ou des attentats. Et lorsqu&rsquo;ils sont captur\u00e9s, ils partagent le m\u00eame sort que leurs camarades fran\u00e7ais, \u00e0 savoir la torture, la d\u00e9portation, le peloton d&rsquo;ex\u00e9cution. <\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s le D\u00e9barquement du 6\u00a0juin 1944, le pr\u00e9fet du Loir-et-Cher fait prononcer l&rsquo;internement de 19\u00a0personnes dont des Espagnols qui seront lib\u00e9r\u00e9s le 16\u00a0ao\u00fbt par les FFI. <\/p>\n<p>La for\u00eat domaniale de Chambord employait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des b\u00fbcherons, dont des r\u00e9fugi\u00e9s espagnols, qui cach\u00e8rent sous des fours \u00e0 charbon de bois, des armes parachut\u00e9es par les Alli\u00e9s et qui furent utilis\u00e9es lors des combats pour la lib\u00e9ration de Blois et du d\u00e9partement. Plusieurs dizaines de \u00ab\u00a0gu\u00e9rilleros\u00a0\u00bb \u00e9taient alors actifs au sein du maquis de Mont-pr\u00e8s-Chambord o\u00f9 le drapeau espagnol flottait au c\u00f4t\u00e9 du drapeau tricolore (2). Certains tomb\u00e8rent lors des affrontements qui marqu\u00e8rent la retraite des Allemands ou furent captur\u00e9s et fusill\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;exemple de Juan Correas, ex\u00e9cut\u00e9 le 21\u00a0ao\u00fbt 1944\u00a0\u00e0 La Fert\u00e9-Saint-Cyr avec deux de ses camarades<\/p>\n<p>L&rsquo;engagement des r\u00e9publicains espagnols dans la R\u00e9sistance est, malheureusement, trop souvent oubli\u00e9. Mais si la France retrouve la libert\u00e9 et la paix en 1945, l&rsquo;Espagne reste sous la f\u00e9rule de Franco jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1975. C&rsquo;est pourquoi, dans les ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, bien d&rsquo;autres Espagnols travers\u00e8rent les Pyr\u00e9n\u00e9es pour construire une nouvelle vie en France.<\/p>\n<p>(1) \u00ab\u00a0L&rsquo;immigration politique espagnole en r\u00e9gion Centre de 1936 \u00e0 1946\u00a0\u00bb, Universit\u00e9 Paris 7. (2) \u00ab\u00a0La R\u00e9sistance en Loir-et-Cher\u00a0\u00bb, par Lucien Jardel et Raymond Casas. <\/p>\n<p><strong>Lionel Oger<\/strong> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ci- dessous, la reproduction d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;articles parus dans \u00ab\u00a0La Nouvelle R\u00e9publique\u00a0\u00bb (\u00e9dition du Loir et Cher) entre juillet et ao\u00fbt 2017 : La Halle aux grains de Blois abrita 160\u00a0petits Madril\u00e8nes &#8211; (Archives d\u00e9partementales de Loir-et-Cher) \u00c9t\u00e9 1936. La guerre civile \u00e9clate en Espagne et l\u2019exil commence pour beaucoup d\u2019habitants. Les premiers r\u00e9fugi\u00e9s, surtout &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=2571\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">1936 : les premiers r\u00e9fugi\u00e9s espagnols arrivent<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14,15],"tags":[],"class_list":["post-2571","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","category-temoignages-et-recits"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2571"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2571\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2581,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2571\/revisions\/2581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}