{"id":19157,"date":"2026-03-09T07:10:12","date_gmt":"2026-03-09T06:10:12","guid":{"rendered":"https:\/\/retirada37.com\/?p=19157"},"modified":"2026-03-07T17:13:00","modified_gmt":"2026-03-07T16:13:00","slug":"castelnau-durban-ariege-la-casace-casasse-massacre-despagnols-adultes-de-la-mouvance-anarchiste-et-denfants-par-des-guerilleros-15-juillet-1944","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=19157","title":{"rendered":"Castelnau-Durban (Ari\u00e8ge), La Casace [Casasse], massacre d\u2019Espagnols adultes de la mouvance anarchiste et d\u2019enfants par des \u00ab gu\u00e9rilleros \u00bb (15 juillet 1944"},"content":{"rendered":"<p><em>Le 15 juillet au soir, des gu\u00e9rilleros de l\u2019AGE (Agrupaci\u00f3n de guerrilleros espa\u00f1oles), d\u00e9pendant de l\u2019UNE (Uni\u00f3n nacional espa\u00f1ola) ont massacr\u00e9 sept personnes dans une ferme du hameau de la Casace. Une famille d\u2019anarchistes espagnols f\u00eatait la naissance, la semaine pr\u00e9c\u00e9dente, d\u2019une petite fille. Des amis \u00e9taient pr\u00e9sents. Les gu\u00e9rilleros, sans doute venus du maquis proche de La Crouzette, reprochaient \u00e0 Ricardo Roy Escribano de refuser d\u2019int\u00e9grer les rangs de l\u2019UNE et ceux de son bras arm\u00e9, l\u2019AGE (Agrupaci\u00f3n de guerrilleros espa\u00f1oles)<\/em><\/p>\n<p><strong>Un massacre occult\u00e9 :<\/strong><\/p>\n<p>Le massacre de La Casace [orthographe adopt\u00e9e par l\u2019IGN, \u00ab Massat, pic des tTois seigneurs, PNR des Pyr\u00e9n\u00e9es ari\u00e9geoises \u00bb, carte TOP 25 2047 ET, 2018 ; \u00e9crit aussi Lacazace, La Casasse, Lacasasse, Lacasace], un hameau situ\u00e9e \u00e0 environ 2 km au sud du village de Castelnau-Durban, aurait d\u00fb frapper les m\u00e9moires. Une des maisons de La Casace fut le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une trag\u00e9die : cette tuerie spectaculaire qui d\u00e9cima en premier lieu la famille Roy, quatre des sept victimes dont deux fillettes, l\u2019une d\u2019entre elles \u00e2g\u00e9e d\u2019\u00e0 peine une semaine, a \u00e9t\u00e9 occult\u00e9e. Pourtant, connue au-del\u00e0 des limites communales de Castelnau-Durban d\u00e8s l\u2019automne 1944, elle fut bient\u00f4t oubli\u00e9e, surpass\u00e9e dans la m\u00e9moire locale par le drame de la destruction de Rimont, village proche de Castelnau-Durban le 21 ao\u00fbt 1944, et le combat d\u00e9cisif livr\u00e9 par la R\u00e9sistance contre le Marschgruppe allemand compos\u00e9 en majorit\u00e9 de suppl\u00e9tifs turkestanais, qui pendant son repli avait sem\u00e9 la terreur \u00e0 Saint-Girons (Voir Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (Ari\u00e8ge), 22 ao\u00fbt 1944). Neuf maquisards et deux civils furent alors tu\u00e9s lors de l\u2019affrontement contre les troupes d\u2019occupation. Toutefois, la tuerie de la Casace demeura pr\u00e9sente dans la m\u00e9moire de r\u00e9publicains espagnols, anarchistes, socialistes ou autres, qui, en 1944-1945 s\u2019\u00e9taient oppos\u00e9s \u00e0 la tentative du Parti communiste d\u2019Espagne (PCE) de revendiquer l\u2019h\u00e9g\u00e9monie politique et d\u2019imposer leurs organisations \u00ab de masse \u00bb, Uni\u00f3n nacional espa\u00f1ola et Agrupaci\u00f3n de guerrilleros espa\u00f1oles comme \u00e9tant les repr\u00e9sentants exclusifs des Espagnols ayant particip\u00e9 \u00e0 la R\u00e9sistance en France. Mais, localement, la m\u00e9moire valorisa la \u00ab geste \u00bb des maquisards de l\u2019AGE et des FTPF de la Crouzette, et cette \u00ab bavure \u00bb criminelle s\u2019ajoutant \u00e0 d\u2019autres, on a tout fait pour l\u2019oublier et en faire dispara\u00eetre les traces.<\/p>\n<p>En effet, ce tragique \u00e9v\u00e9nement n\u2019avait pas \u00e9chapp\u00e9 aux r\u00e9publicains espagnols oppos\u00e9s \u00e0 l\u2019action du PCE et de ses organisations satellites dans la France de 1944. Dans un document de la Junta espa\u00f1ola de Liberaci\u00f3n (JEL, fond\u00e9e le 25 novembre 1943 par la plupart des forces politiques r\u00e9publicaines \u2014 mais non les forces syndicales \u2014 qui contestaient la volont\u00e9 d\u2019h\u00e9g\u00e9monie du PCE \u00e0 travers l\u2019UNE) adress\u00e9e le 4 novembre 1944 aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises, le massacre de la Cazace \u00e9tait d\u00e9nonc\u00e9 et d\u00e9crit dans ses grandes lignes. Le texte rapport\u00e9 par Jos\u00e9 Borras (op. cit., p. 21) en donnait les raisons : \u00ab D\u2019apr\u00e8s ses [Ricardo Roy Escribano] d\u00e9clarations, on lui avait enjoint \u00e0 plusieurs reprises l\u2019ordre de rejoindre la UNE, comme il a refus\u00e9, on l\u2019a menac\u00e9 de mort et les hommes de la UNE ont perp\u00e9tr\u00e9 le crime que nous d\u00e9non\u00e7ons \u00bb. Le Mouvement libertaire espagnol (MLE) adressa aussi une lettre au PCE dans laquelle il \u00e9tait \u00e9voqu\u00e9.<\/p>\n<p>Des historiens ont, par la suite, \u00e9voqu\u00e9 le massacre de La Casasse dans plusieurs ouvrages (cit\u00e9s dans les sources de cette notice) : Jos\u00e9 Borras, 1976 ; David Wingeate Pike, 1984 [Paris] ; Esteve Ballester, Martine Boury, Marcel G\u00e9lis, Marcel Langand, Henri Melich, Edward Sarboni, Carolina Benito, Amapola Gracia, Dominique Grein, 1984 [Perpignan] ; Marie-Christine Dargein, 1989 (dans un remarquable travail pionnier, elle a bien vu, la premi\u00e8re, parmi les historiens, comment s\u2019est \u00e9tabli le processus d\u2019occultation des affrontements entre r\u00e9sistants espagnols en Ari\u00e8ge, la r\u00e9pression men\u00e9e par l\u2019UNE et l\u2019AGE contre les anarchistes) ; Marie-Claude Raffaneau-Boj, 1993 ; Genevi\u00e8ve Dreyfus-Armand, 1999 ; Jos\u00e9 Cubero, 2005 ; D. Bueno, 1999 ; ouvrage collectif, 2012. Le travail collectif publi\u00e9 \u00e0 Perpignan en 1984, livre des t\u00e9moignages d\u00e9cisifs, ceux de Jos\u00e9 Aris\u00f3 (18 octobre 1910, Albalate de Cinca, province de Huesca, Aragon, Espagne ; 15 d\u00e9cembre 1998, Villefranche-de-Lauragais, Haute-Garonne) et de Francisco Subirats, d\u2019une part ; celui d\u2019Umberto Marzocchi, d\u2019autre part. En 2020, enfin, \u00c1ngel Carballeira a rouvert le dossier et a effectu\u00e9 une minutieuse enqu\u00eate compl\u00e9mentaire qui permet de mieux conna\u00eetre certains d\u00e9tails du drame de La Casace. Claude Delpla n\u2019en parle pas dans son ouvrage posthume (op. cit., 2019), mais il l\u2019avait \u00e9voqu\u00e9 implicitement \u2014 et minimis\u00e9 \u2014 en 2006 (op. cit., p. 163) : \u00ab Un d\u2019entre eux [parmi les libertaires espagnols du Couserans] refuse d\u2019aller au maquis [de l\u2019AGE, localis\u00e9 \u00e0 la Crouzette] malgr\u00e9 plusieurs sommations. La sanction est terrible. Il est ex\u00e9cut\u00e9 (15 juillet 1944) \u00bb. Remarquons au passage que le libertaire \u00e9voqu\u00e9 par Delpla, Ricardo Roy, a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution qui le visait et que les victimes innocentes de la tuerie sont ignor\u00e9es.<\/p>\n<p>Un autre historien ari\u00e9geois, Jean-Jacques P\u00e9tris a mentionn\u00e9 le massacre de la Casace dans ses notes mises en ordre et tapuscrites d\u00e9pos\u00e9es aux archives d\u00e9partementales \u00e0 Foix. Il a bien identifi\u00e9 et cern\u00e9 Ricardo Roy Escribano pr\u00e9sent\u00e9 comme anarchiste. Il a indiqu\u00e9 que le nombre de victimes \u00e9tait bien au nombre de sept parmi les quelles il a identifi\u00e9 sa femme, ses deux filles de six ans et huit jours, un ami et, \u00e0 tort, son beau-p\u00e8re qui ne se trouvait pas dans la maison. Il fait erreur aussi sur la date : pour lui le massacre a eu lieu le 13 juillet 1944. \u00c0 notre connaissance, il n\u2019a pas fait part du massacre dans ses publications imprim\u00e9es ou \u00e9lectroniques ou, du moins, dans celles que nous avons consult\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Le contexte :<\/strong><\/p>\n<p>De l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, avant m\u00eame la Lib\u00e9ration, jusqu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re moiti\u00e9 de 1945, les divergences de vue entre les deux tendances des \u00ab r\u00e9publicains espagnols \u00bb r\u00e9fugi\u00e9s en France, les communistes et tous les autres, d\u00e9bouch\u00e8rent sur des \u00ab liquidations \u00bb physiques. Elles sont bien document\u00e9es dans plusieurs d\u00e9partements : Ari\u00e8ge, Aude, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, Haute-Garonne, Aveyron, Lot, Corr\u00e8ze. Elles furent le fait de communistes, porte-paroles de l\u2019UNE, qui s\u2019en prirent \u00e0 des militants qui refusaient de rallier les maquis de l\u2019AGE. Il faut savoir, par ailleurs, que, hormis des militants qui ralli\u00e8rent l\u2019UNE et\/ou l\u2019AGE \u00e0 titre purement individuel, les socialistes du PSOE, les anarchistes, les militants du POUM, les nationalistes catalans particip\u00e8rent en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la R\u00e9sistance dans le cadre des mouvements fran\u00e7ais non communistes : Mouvements unis de la R\u00e9sistance (MUR) et leur organisation militaire, l\u2019Arm\u00e9e secr\u00e8te (AS) ; r\u00e9seaux fran\u00e7ais ou contr\u00f4l\u00e9s par les puissances alli\u00e9es (Cf. par exemple Ponz\u00e1n Francisco).<\/p>\n<p>En ce qui concerne le contexte local, on sait que les meurtres de la Casace furent commis par des membres de l\u2019UNE, dans la soir\u00e9e du 15 juillet 1944. Or, les membres actifs de l\u2019UNE les plus proches du hameau se trouvaient \u00e0 quelques kilom\u00e8tres dans le maquis de la Crouzette, dans commune voisine de Castelnau-Durban, Esplas-de-S\u00e9rou (Voir Esplas-de-S\u00e9rou (Ari\u00e8ge), col de la Crouzette (1244 m) et col de Rille (938 m) ; Castelnau-Durban (Ari\u00e8ge), Riv\u00e8renert (Ari\u00e8ge), 19 juin-21 juillet 1944). Ce maquis rassemblait deux formations militaires distinctes, de l\u2019AGE et des FTPF (Francs-tireurs et partisans fran\u00e7ais). Le 15 juillet 1944, au moment m\u00eame o\u00f9 se d\u00e9roulait le drame de la Casace, des maquisards descendirent de leur nid d\u2019aigle et vinrent enlever des collaborationnistes, ou suppos\u00e9s tels, pour les traduire devant un \u00ab tribunal du peuple \u00bb autoproclam\u00e9. Une terrible m\u00e9prise co\u00fbta la vie \u00e0 un innocent, Joseph P\u00e9doya, abattu par un des maquisards qui avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 chez lui. Si nous n\u2019avons pas la preuve que les membres de la UNE qui entr\u00e8rent au domicile du militant libertaire Ricardo Roy Escribano \u00e0 la Casace, venaient du maquis de la Crouzette, il y a n\u00e9anmoins de tr\u00e8s fortes probabilit\u00e9s \u2014 une quasi certitude \u2014 que ce fut le cas. La co\u00efncidence de date (15 juillet, nuitamment) est pour le moins troublante. Rappelons que les maquisards de la Crouzette vinrent, au m\u00eame moment, \u00ab visiter \u00bb d\u2019autres maisons de Castelnau-Durban. Les affili\u00e9s de l\u2019UNE\/AGE \u00e9taient selon toute vraisemblance venus chercher Ricardo Roy pour l\u2019amener au col de Rille o\u00f9 si\u00e9geait le \u00ab tribunal du peuple \u00bb des maquis de la Crouzette, comme d\u2019autres guerrilleros et\/ou maquisards FTPF \u00e9taient en train de faire dans d\u2019autres maisons de Castelnau-Durban, Montseron ou Rimont. Constatant son absence, ils auraient d\u00e9cid\u00e9 d\u2019exercer des repr\u00e9sailles sur les pr\u00e9sents, ne tenant m\u00eame pas compte de leur \u00e2ge et consid\u00e9rant comme certaine l\u2019adh\u00e9sion des adultes des deux sexes \u00e0 des engagements qui \u00e9taient aussi ceux de Ricardo Roy.<\/p>\n<p>Plus tard, \u00c0ngel Carballeira (op. cit., 2020) a par la suite pu interroger une villageoise de Castelnau-Durban, t\u00e9moin direct, qui confirma les r\u00e9cits d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9s et apporta des pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires. Son enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par des recherches d\u2019archives, municipales \u00e0 Castelnau-Durban, d\u00e9partementales \u00e0 Foix et \u00e0 Manresa (Catalogne, Espagne).<\/p>\n<p><strong>Les circonstances du massacre :<\/strong><\/p>\n<p>Le libertaire Jos\u00e9 Aris\u00f3 (1910-1998) \u00e9tait un ami de Ricardo Roy. Il habitait \u00e0 Mirepoix (Ari\u00e8ge) \u00e0 une quarantaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de Castelnau-Durban, et fut la premi\u00e8re personne \u00e0 qui Ricardo Roy, l\u2019un des deux rescap\u00e9s du massacre, raconta ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Quarante ans plus tard, il livra son t\u00e9moignage (Op. cit., 2004, Perpignan). Le libertaire italien, Umberto Marzocchi livra aussi un t\u00e9moignage (Op. cit., Perpignan, 1984) o\u00f9 il \u00e9voqua la tuerie de la Casace. Ancien volontaire \u00ab international \u00bb en Espagne r\u00e9publicaine, apr\u00e8s avoir int\u00e9gr\u00e9 peu de temps le maquis des FTPF cantonn\u00e9 au col de la Crouzette (Voir Ren\u00e9 Plaisant), au-dessus de Castelnau-Durban, il fit partie, avec d\u2019autres anarchistes du maquis \u00ab Bidon 5 \u00bb de l\u2019Arm\u00e9e secr\u00e8te, fond\u00e9 par des r\u00e9sistants socialistes ou proches de ce parti issus pour beaucoup d\u2019entre eux de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re du Comminges.<\/p>\n<p>Cette unit\u00e9 de l\u2019AS, centr\u00e9e sur le village pyr\u00e9n\u00e9en du Comminges, Arbas (Haute-Garonne), avait une implantation dans des villages du Couserans, proches de la limite avec la Haute-Garonne plus particuli\u00e8rement Cazavet (Ari\u00e8ge). Elle accueillit des anarchistes espagnols (mais \u00e9galement un Italien comme Marzocchi) souvent domicili\u00e9s dans le Couserans \u2014 ils appartenaient au groupe de Saint-Girons de la CNT clandestine en France \u2014 qui refusaient d\u2019int\u00e9grer l\u2019AGE. Ils formaient au sein de ce maquis une \u00ab unit\u00e9 particuli\u00e8re \u00bb se r\u00e9clamant, apr\u00e8s la Lib\u00e9ration de l\u2019Ari\u00e8ge et de la Haute-Garonne de l\u2019Alliance d\u00e9mocratique espagnole (ADE) fond\u00e9e le 9 septembre 1944 et regroupant toutes les tendances r\u00e9publicaines de l\u2019exil espagnol, \u00e0 l\u2019exception des seuls communistes (la JEL prit ensuite le relais de l\u2019ADE). Cette \u00ab unit\u00e9 \u00bb du maquis Bidon 5 de l\u2019AS \u00e9tait command\u00e9e par Eduardo Vizcaya, alias \u00ab Del Rio \u00bb, n\u00e9 en 1910.<\/p>\n<p>Les Espagnols affili\u00e9s \u00e0 la UNE entr\u00e8rent arm\u00e9s au domicile de Ricardo Roy, en contact, comme ses amis, avec la R\u00e9sistance. Ils furent surpris lorsqu\u2019ils se rendirent compte qu\u2019une f\u00eate familiale y \u00e9tait organis\u00e9e afin de c\u00e9l\u00e9brer la naissance, le 8 juillet 1944, d\u2019Isabelle fille de Ricardo Roy et de son \u00e9pouse Palmira Tom\u00e0s. Neuf personnes, membres de la famille et amis, \u00e9taient pr\u00e9sentes. Les membres de l\u2019UNE discut\u00e8rent et furent finalement invit\u00e9s \u00e0 participer aux agapes. Ils demand\u00e8rent \u00e0 leurs h\u00f4tes s\u2019ils disposaient d\u2019armes et s\u2019ils savaient les utiliser. Ils sortirent alors les leurs et les manipul\u00e8rent. Vers 22 heures 30, l\u2019un d\u2019entre eux \u00e9teignit la lumi\u00e8re et les maquisards tir\u00e8rent. Les victimes de la tuerie n\u2019\u00e9taient pas identifi\u00e9es dans les t\u00e9moignages de 1944 et de 1984 utilis\u00e9s entre temps par quelques historiens. La maison o\u00f9 furent perp\u00e9tr\u00e9s ces meurtres fut ensuite br\u00fbl\u00e9e. Au Service historique de la D\u00e9fense \u00e0 Vincennes, \u00c1ngel Carballeira (op. cit., 2020, p. 31) a retrouv\u00e9, \u00e0 la date du 18 juillet 1944, dans les registres de la brigade de gendarmerie de Saint-Girons (cote 9 E 179, rubrique \u00ab Incendies \u00bb, p. 378, photographie du document dans l\u2019article cit\u00e9) la note suivante : \u00ab Dans la nuit du 15 au 16-7-44 incendie de la ferme de Cazace commune de Castelnau-Durban par des terroristes avec cinq espagnols \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qui ont p\u00e9ri (rapport n\u00b0 58\/4 du 18-7-44) \u00bb. Il n\u2019est pas dit que, au pr\u00e9alable, que ces personnes (cinq au lieu des six ou sept finalement comptabilis\u00e9es) avaient \u00e9t\u00e9 cribl\u00e9es de balles. Dans le jugement du tribunal civil de premi\u00e8re instance de Foix rendu le 9 septembre 1954, analys\u00e9 en d\u00e9tail plus bas, il est dit que l\u2019enqu\u00eate a permis de savoir que l\u2019incendie de la Casace avait fait sept victimes. Mais les sept victimes p\u00e9rirent tr\u00e8s vraisemblablement par balles. Le feu n\u2019a sans doute \u00e9t\u00e9 mis par les assassins que pour tenter de faire dispara\u00eetre les traces de leur crime.<\/p>\n<p><strong>Le bilan :<\/strong><\/p>\n<p>Remarquons, en premier lieu, que Jos\u00e9 Aris\u00f3, ami proche de Ricardo Roy, a indiqu\u00e9 qu\u2019il y avait eu huit victimes, six adultes et deux enfants. L\u2019enqu\u00eate d\u2019\u00c1ngel Carballeira (op. cit., 2020) permet de dresser, en produisant des arguments probants, le bilan macabre de ce massacre. Il a \u00e9tabli \u00e0 sept (six, selon lui dans le cas o\u00f9 l\u2019on consid\u00e8re que \u00ab Garcia \u00bb et \u00ab Gracia \u00bb auraient pu \u00eatre une seule et m\u00eame personne) le nombre probable de victimes de la tuerie. Mais, finalement, nous avons eu la preuve (voir ci-dessous) qu\u2019il y a eu sept victimes, ce qui permet de conclure que Garcia et Garcia \u00e9tait selon toute vraisemblance deux personnes diff\u00e9rentes. Deux personnes purent \u00e9chapper au massacre.<\/p>\n<p>Cinq d\u2019entre elles \u00e9taient connues avant le travail de recherches d\u2019\u00c1ngel Carballeira : Isabelle Roy, n\u00e9e \u00e0 La Casace, commune de Castelnau-Durban, le 8 juillet 1944. Son acte de naissance figure dans le registre de l\u2019\u00e9tat civil de la commune ; Prosperitat Roy i Tom\u00e0s n\u00e9e \u00e0 Manresa (province de Barcelone) le 8 octobre 1937. L\u2019acte de naissance r\u00e9dig\u00e9 en catalan figure dans l\u2019\u00e9tat civil de cette ville ; Palmira Tom\u00e0s i P\u00e9rez (orthographe catalane du patronyme consign\u00e9e dans son acte de mariage, \u00e9tat civil de Manresa), n\u00e9e \u00e0 S\u00faria, localit\u00e9 industrielle au nord de Manresa, le 17 avril 1916, mari\u00e9e avec Ricardo Roy Escribano le 11 octobre 1937 ; Garcia, ami de la famille, p\u00e8re de deux filles, Carmen et Anita, habitait Castelnau-Durban au moins depuis1943 ; Evaristo Soler Crivell\u00e9, n\u00e9 le 18 octobre 1887 \u00e0 la Torre de l\u2019Espanyol (province de Tarragone), village de la rive gauche de l\u2019\u00c8bre, demeurant en 1944 \u00e0 La Bastide de-S\u00e9rou (Ari\u00e8ge), entre Castelnau-Durban et Foix. Il n\u2019y a pas d\u2019acte de d\u00e9c\u00e8s le concernant. Le tribunal civil de Foix, dans un jugement du 9 septembre 1954, indiqua que sa disparition \u00ab caus\u00e9e pour faits de guerre \u00bb a bien \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat de sa mort au cours de l\u2019incendie la maison Estaque \u00e0 la Casace, commune de Castelnau-Durban. Pour des raisons qui nous \u00e9chappent ce jugement ayant valeur d\u2019acte de d\u00e9c\u00e8s fut transcrit non pas sur l\u2019\u00e9tat civil de Castelnau-Durban sur le registre l\u2019\u00e9tat civil de sa commune de r\u00e9sidence, La Bastide-de-S\u00e9rou.<\/p>\n<p>On peut s\u2019interroger sur l\u2019attitude des magistrats de Foix qui en ordonnant la transcription du d\u00e9c\u00e8s sur l\u2019\u00e9tat civil d\u2019une commune o\u00f9 il est av\u00e9r\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas eu lieu, n\u2019ont pas appliqu\u00e9 strictement la loi. Par ailleurs, comme, dix ans apr\u00e8s le crime n\u2019\u00e9tait pas prescrit, n\u2019auraient-ils pas d\u00fb ordonner une enqu\u00eate ? D\u2019autant plus que l\u2019arr\u00eat rendu reconnaissait l\u2019existence de six autres victimes. En rendant ce jugement, on peut penser qu\u2019ils ont subi la pression de groupes politiques influents pr\u00e9sents en Ari\u00e8ge. Ou, du moins, qu\u2019ils n\u2019ont pas voulu les m\u00e9contenter. D\u2019o\u00f9 ce jugement en demi-teinte qui, cependant, \u00e9tablissait de fa\u00e7on d\u00e9finitive la r\u00e9alit\u00e9 du massacre du 15 juillet 1944 \u00e0 la Casace.<\/p>\n<p>Deux autres victimes non consign\u00e9es dans les r\u00e9cits ant\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019enqu\u00eate d\u2019\u00c0ngel Carballeira : Rosario P\u00e9rez Rodr\u00edguez, m\u00e8re de Palmira Tom\u00e0s, n\u00e9e \u00e0 Monforte de Lemos (province de Lugo, Galice, Espagne) ; Gracia dont le nom figure dans le document de la JEL faisant \u00e9tat du massacre de la Casace. Mais peut-\u00eatre se confond-il avec le \u00ab Garcia \u00bb de la liste pr\u00e9c\u00e9dente ? Une m\u00e9tath\u00e8se est toujours possible lors d\u2019une transcription.<\/p>\n<p>Deux personnes ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la tuerie : Ricardo Roy Escribano, le seul vis\u00e9 par une \u00ab liquidation \u00bb physique par les gu\u00e9rilleros de l\u2019AGE, n\u00e9 le 9 f\u00e9vrier 1902 \u00e0 Borobia (province de de Soria, Espagne), un des habitants de la maison de la Casace, lieu de la tuerie. Il \u00e9tait absent lorsque les hommes de l\u2019UNE tu\u00e8rent les occupants de sa maison. \u00c9tant donn\u00e9 la longueur des journ\u00e9es de l\u2019\u00e9t\u00e9, peut-\u00eatre n\u2019\u00e9tait-il pas encore revenu du travail et d\u00e9couvrit-il avec horreur le drame \u00e0 son retour en observant la b\u00e2tisse en train de br\u00fbler ? Peut-\u00eatre, aussi, avait-il \u00e9t\u00e9 mis au courant des menaces qui pesaient sur lui et s\u2019\u00e9tait-il abstenu, un samedi soir, lendemain d\u2019un 14 juillet, de participer \u00e0 une f\u00eate familiale et amicale qui, \u00e0 n\u2019en point douter, lui tenait \u00e0 coeur ? ; Lourtadon, un ami, sans doute de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, bien connu du t\u00e9moin interrog\u00e9 par \u00c1ngel Carballeira. Ayant \u00e9chapp\u00e9 au mitraillage, il r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9chapper par fen\u00eatre qui \u00e9tait ouverte et \u00e0 se r\u00e9fugier dans une maison voisine.<\/p>\n<p>On ne sait ce qui devinrent ces deux hommes qui fuirent Castelnau-Durban, traumatis\u00e9s par le massacre et peu d\u00e9sireux de r\u00e9appara\u00eetre \u00e0 Castelnau-Durban o\u00f9 ils auraient peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 \u00e0 leur tour \u00ab liquid\u00e9s \u00bb. Comme on l\u2019a vu, Roy alla \u00e0 Mirepoix chez Aris\u00f3, mais qu\u2019advint-il de lui par la suite ?<\/p>\n<p><strong>S\u00e9pultures et \u00e9tat civil :<\/strong><\/p>\n<p>Les victimes de la tuerie de la Casace, d\u2019apr\u00e8s les divers t\u00e9moignages furent inhum\u00e9es dans le cimeti\u00e8re communal. Mais leurs tombes ont disparu. Furent-ils enterr\u00e9s dans la fosse commune ? D\u2019ailleurs, l\u2019\u00e9tat civil de Castelnau-Durban n\u2019a pas enregistr\u00e9 les d\u00e9c\u00e8s des victimes. Seul, celui d\u2019Evaristo Soler le fut, dix ans plus tard, \u00e0 La Bastide-de-S\u00e9rou \u00e0 la date du 15 juillet 1944. Pourquoi le maire de Castelnau-Durban n\u2019a-t-il pas fait transcrire les d\u00e9c\u00e8s des victimes sur l\u2019\u00e9tat civil communal, alors m\u00eame que les gendarmes de Saint-Girons avaient signal\u00e9 au moins cinq victimes dans l\u2019incendie de la maison de La Casace ? Craignait-il quelques repr\u00e9sailles ? Le jugement du tribunal civil de premi\u00e8re instance de Foix (Ari\u00e8ge) rendu le 9 septembre 1954 est une preuve suppl\u00e9mentaire \u2014 d\u00e9cisive \u2014 de la tuerie de la Casace du 15 juillet 1944, m\u00eame si elle n\u2019\u00e9voque que des d\u00e9c\u00e8s provoqu\u00e9s par le feu, ignorant la mort pr\u00e9alable par fusillade. Dans ce jugement, il est bien dit que l\u2019incendie a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9 \u00ab par un autre groupe d\u2019Espagnols \u00bb et qu\u2019il avait fait sept victimes. Ordonn\u00e9 \u00e0 la demande du ministre des Anciens combattants de des victimes de guerre, il ne concerna, plus de dix ans apr\u00e8s le drame, que le seul Evaristo Soler Crivell\u00e9. Pourquoi les autres victimes ne figurent-elles pas sur un registre d\u2019\u00e9tat civil, tout comme Soler ? Pour davantage de d\u00e9tails sur ce jugement, se reporter \u00e0 la notice d\u2019Evaristo Soler Crivell\u00e9.<\/p>\n<p>Tout semble, en effet, avoir \u00e9t\u00e9 fait afin de cacher et de faire oublier un horrible massacre. Nous savons par Claude Delpla (op. cit., 2006, p. 163) que les gu\u00e9rilleros de l\u2019AGE consid\u00e9raient que des \u00ab groupes arm\u00e9s ind\u00e9pendants se pr\u00e9sentant comme libertaires \u00bb (\u2026), \u00ab des vrais ou faux anarchistes [terrorisaient] les paysans \u00bb. Il fait sienne l\u2019id\u00e9e colport\u00e9e par l\u2019UNE que \u00ab ces maquis \u00ab noirs \u00bb justifient la propagande vichyssoise et allemande r\u00e9p\u00e9tant que les maquisards [de l\u2019AGE, des FTPF] sont des \u00ab bandits rouges \u00bb, des \u00ab terroristes \u00bb qui \u00ab attaquent les fermes, pillent, volent au nom de la R\u00e9sistance \u00bb. Et, \u00e9voquant le maquis espagnol de la Crouzette, il \u00e9crit que si les libertaires \u00ab refusent de se battre [avec l\u2019AGE] et continuent de d\u00e9valiser les paysans, le maquis \u00ab noir \u00bb [anarchiste] sera d\u00e9truit comme un groupe ennemi \u00bb pour pr\u00e9ciser qu\u2019un \u00ab r\u00e9fractaire \u00bb \u2014 peut-\u00eatre parle-t-il de Ricardo Roy qui finalement ne fut pas ex\u00e9cut\u00e9 parce qu\u2019absent de son domicile ? \u2014 a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 par des membres de ce maquis le 15 juillet 1944. Pourtant, les libertaires espagnols qui participaient \u00e0 R\u00e9sistance n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec des d\u00e9linquants qui se faisaient passer pour des maquisards afin de ran\u00e7onner les populations civiles. Refusant, pour la grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux, d\u2019int\u00e9grer les rangs de l\u2019UNE\/AGE, ils participaient aux r\u00e9seaux des services fran\u00e7ais ou alli\u00e9s (Voir par exemple Ester Josep, Ponz\u00e1n Francisco) ou participaient aux activit\u00e9s de mouvements de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise et des maquis de l\u2019AS : ainsi les anarchistes du Couserans \u00e9taient-ils devenus pour nombre d\u2019entre eux des combattants de l\u2019AS (maquis Bidon 5 d\u2019Arbas, Haute-Garonne, et Cazavet (Ari\u00e8ge).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/maitron.fr\/castelnau-durban-ariege-la-casace-casasse-massacre-despagnols-adultes-de-la-mouvance-anarchiste-et-denfants-par-des-guerilleros-15-juillet-1944\/\">https:\/\/maitron.fr\/castelnau-durban-ariege-la-casace-casasse-massacre-despagnols-adultes-de-la-mouvance-anarchiste-et-denfants-par-des-guerilleros-15-juillet-1944\/<\/a><\/p>\n<p><strong>Les victimes :<\/strong><\/p>\n<p>GARCIA (GARCIA NARV\u00c1EZ Jos\u00e9 ?)<\/p>\n<p>GRACIA<\/p>\n<p>P\u00c9REZ RODR\u00cdGUEZ Rosario<\/p>\n<p>ROY Isabelle<\/p>\n<p>ROY i TOM\u00c0S Prosperitat<\/p>\n<p>TOM\u00c0S i P\u00c9REZ Palmira<\/p>\n<p>SOLER CRIVELL\u05a4\u00c9 Evaristo<\/p>\n<p><strong>Les survivants :<\/strong><\/p>\n<p>LOURTADON<\/p>\n<p>ROY ESCRIBANO Ricardo<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 15 juillet au soir, des gu\u00e9rilleros de l\u2019AGE (Agrupaci\u00f3n de guerrilleros espa\u00f1oles), d\u00e9pendant de l\u2019UNE (Uni\u00f3n nacional espa\u00f1ola) ont massacr\u00e9 sept personnes dans une ferme du hameau de la Casace. Une famille d\u2019anarchistes espagnols f\u00eatait la naissance, la semaine pr\u00e9c\u00e9dente, d\u2019une petite fille. Des amis \u00e9taient pr\u00e9sents. Les gu\u00e9rilleros, sans doute venus du maquis &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=19157\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Castelnau-Durban (Ari\u00e8ge), La Casace [Casasse], massacre d\u2019Espagnols adultes de la mouvance anarchiste et d\u2019enfants par des \u00ab gu\u00e9rilleros \u00bb (15 juillet 1944<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-19157","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19157","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19157"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19157\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19158,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19157\/revisions\/19158"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19157"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19157"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19157"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}