{"id":19131,"date":"2026-02-16T19:38:15","date_gmt":"2026-02-16T18:38:15","guid":{"rendered":"https:\/\/retirada37.com\/?p=19131"},"modified":"2026-02-16T19:38:15","modified_gmt":"2026-02-16T18:38:15","slug":"quatre-vingt-dix-ans-apres-la-victoire-du-front-populaire-quand-les-urnes-se-sont-dressees-contre-le-fascisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=19131","title":{"rendered":"Quatre-vingt-dix ans apr\u00e8s la victoire du Front populaire : quand les urnes se sont dress\u00e9es contre le fascisme."},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9but 1936, la menace r\u00e9actionnaire a pouss\u00e9 la gauche \u00e0 former une grande alliance. Les historiens se rem\u00e9morent, pour le journal \u00ab P\u00fablico \u00bb, un \u00e9v\u00e8nement historique o\u00f9 priorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e au dialogue, aux concessions et \u00e0 une forte mobilisation sociale  face \u00e0 la mont\u00e9e du fascisme en Europe.<\/p>\n<p>Traduit par mes soins, Luis Lopez, l\u2019article du journal Publico<br \/>\nLaura Prieto Gallego,<br \/>\n14\/02\/2026. <\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;une coalition r\u00e9ussisse, plusieurs facteurs doivent \u00eatre rassembl\u00e9s : un objectif commun justifiant la n\u00e9cessit\u00e9 de gouverner, un programme minimum r\u00e9aliste et concret, une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e des pouvoirs et des dirigeants capables de n\u00e9gocier. C&rsquo;est un jeu o\u00f9 chacun doit avoir le sentiment d&rsquo;avoir gagn\u00e9, apr\u00e8s avoir fait d&rsquo;importantes concessions. <\/p>\n<p>Tous ces \u00e9l\u00e9ments, et un peu de chance, ont permis la victoire du Front populaire, cette grande coalition de gauche qui remporta les \u00e9lections du 16 f\u00e9vrier 1936, les derni\u00e8res avant la Guerre Civile. <\/p>\n<p>Quatre-vingt-dix ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis, et il y a eu des tentatives comme les mouvements de cette semaine au sein de la gauche alternative.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne suis pas surpris que tout cela revienne dans l\u2019actualit\u00e9. Le contexte de 1936 \u00e9tait celui de la situation europ\u00e9enne et mondiale, marqu\u00e9e par la mont\u00e9e du fascisme. Aujourd\u2019hui, la situation n\u2019est gu\u00e8re diff\u00e9rente. Le fascisme ou le n\u00e9ofascisme sont-ils en progression\u00a0? Sans aucun doute\u00a0\u00bb, affirme Carmelo Romero Salvador, docteur en histoire contemporaine et professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 la Facult\u00e9 de philosophie et des lettres de l\u2019Universit\u00e9 de Saragosse, dans un entretien avec P\u00fablico. <\/p>\n<p>Ainhoa \u200b\u200bCampos, docteure en histoire et arch\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 Complutense de Madrid, rel\u00e8ve des similitudes entre le discours actuel et celui des Fronts populaires europ\u00e9ens. \u00ab\u00a0Le discours de Rufi\u00e1n ces derniers temps s\u2019articule autour du danger que repr\u00e9sente un gouvernement PP-Vox\u00a0;  il y a 90\u00a0ans, ce danger \u00e9tait  incarn\u00e9 par la CEDA\u00a0\u00bb, et elle ajoute: \u00ab\u00a0Cette id\u00e9e que \u201cnous ne sommes pas d\u2019accord sur tout, mais que nous sommes d\u2019accord sur le fait qu\u2019il faut stopper les extr\u00e9mistes de droite\u201d est la m\u00eame chose que ce qui se disait dans les ann\u00e9es\u00a01930 en France, en Italie et en Espagne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La gauche s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 ces \u00e9lections avec deux objectifs clairs. Le premier \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment de pr\u00e9server la d\u00e9mocratie de la vague r\u00e9actionnaire. \u00ab En 1931, l&rsquo;espoir nous unissait ; en 1936, c&rsquo;\u00e9tait la peur \u00bb, affirme Romero dans son essai r\u00e9cemment paru, *Le Front populaire de gauche (janvier-juillet 1936)*. Mais le second, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, \u00e9tait de lib\u00e9rer les prisonniers politiques de 1934. \u00ab L&rsquo;amnistie fut g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Des familles ouvri\u00e8res, jusque-l\u00e0 peu engag\u00e9es politiquement, comptaient au moins un membre en prison \u00bb, explique Campos. Des centaines d&rsquo;ouvriers avaient p\u00e9ri lors de la R\u00e9volutiion des mineurs asturiens, et jamais auparavant dans l&rsquo;histoire espagnole un si grand nombre de prisonniers politiques n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus : Companys, Aza\u00f1a et Largo Caballero, entre autres. <\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9 de cette th\u00e8se du danger, Anna Pastor Rold\u00e1n, collaboratrice d&rsquo;EUROM et coordinatrice de *Ruta al Exilio* (Route de l&rsquo;exil), propose une autre approche : la mont\u00e9e des mouvements d&rsquo;extr\u00eame droite a avant tout conduit \u00e0 s\u2019organiser. \u00ab Les r\u00e9seaux du mouvement politique populaire, l\u2019action syndicale et les projets d\u2019am\u00e9lioration sociale qui se sont mis en action en t\u00e9moignent \u00bb, souligne-t-il.<\/p>\n<p>Une question de chiffres<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une \u00e9lection est perdue, ce qui est habituel consiste \u00e0 rejeter la faute sur autrui. En 1933 (la \u00ab\u00a0p\u00e9riode biennale noire \u00bb), on a imput\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec \u00e0 l&rsquo;abstention des anarchistes et \u00e0 l&rsquo;approbation du suffrage f\u00e9minin. \u00ab C&rsquo;est un mythe de cette \u00e9poque que certains historiens perp\u00e9tuent encore. Les femmes n&rsquo;ont ni provoqu\u00e9 la victoire de la droite, ni jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif dans cette \u00e9lection \u00bb, affirme Ana Mart\u00ednez Rus, professeure d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Complutense de Madrid. Cette d\u00e9faite \u00e9tait davantage un \u00e9chec de strat\u00e9gie politique. <\/p>\n<p>Il faut d&rsquo;abord comprendre le fonctionnement du syst\u00e8me \u00e9lectoral de la R\u00e9publique, tr\u00e8s similaire \u00e0 celui qui r\u00e9git le S\u00e9nat (espagnol) aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;\u00e9tait un syst\u00e8me majoritaire \u00e0 listes ouvertes, exigeant qu&rsquo;au moins un candidat obtienne 40 % des voix pour \u00e9viter un second tour. \u00ab Le vote des grands partis est surestim\u00e9 \u00bb, explique Carmelo Romero. Comme toute loi, ce syst\u00e8me comportait des r\u00e8gles \u00e0 respecter et favorisait les accords pr\u00e9\u00e9lectoraux.<\/p>\n<p>En 1931, les partis progressistes \u00e9taient unis, mais le pouvoir suscita divisions et dissensions, ce qui, selon l&rsquo;historien sp\u00e9cialiste des syst\u00e8mes \u00e9lectoraux, leur porta pr\u00e9judice non seulement en termes de voix, mais les \u00ab d\u00e9sint\u00e9gra finalement en termes de si\u00e8ges \u00bb. Une fois dans l&rsquo;opposition, en 1934, les premi\u00e8res discussions s&rsquo;engag\u00e8rent. \u00ab Aujourd&rsquo;hui encore, nous constatons que, dans certaines r\u00e9gions, la fragmentation nuit consid\u00e9rablement aux petits partis ou \u00e0 ceux dont l&rsquo;\u00e9lectorat est dispers\u00e9, comme l&rsquo;IU ou Podemos \u00bb, souligne-t-il, rappelant que, paradoxalement, tant en 1936 que dans les d\u00e9bats actuels, les initiatives \u00e9manent de l&rsquo;ERC. <\/p>\n<p>Pour Miguel \u00c1ngel del Arco Blanco, docteur en Histoire de l&rsquo;Universit\u00e9 de Grenade et professeur d&rsquo;Histoire contemporaine, la cl\u00e9 r\u00e9sidait non seulement dans les instances officielles, mais aussi dans la rue : la mobilisation fut le facteur d\u00e9cisif. En f\u00e9vrier 1936, le taux de participation atteignit 71,3 %, soit quatre points de plus que lors des \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes. \u00ab\u00a0De nombreux anarchistes se sont rendus aux urnes, ce qui est inhabituel\u00a0\u00bb, souligne l\u2019historien. Le scrutin s\u2019est jou\u00e9 \u00e0 deux, la gauche l\u2019emportant de justesse (47,2\u00a0% contre 45,6\u00a0% pour la droite), effa\u00e7ant pratiquement de la carte  le centre politique.<\/p>\n<p>Un leader pour soulever l&rsquo;enthousiasme. <\/p>\n<p>\u00ab Curieusement, Aza\u00f1a n&rsquo;a jamais voulu l&rsquo;appeler le Front populaire, car il ne croyait pas aux partis ouvriers, m\u00eame si l&rsquo;histoire a fini par le nommer ainsi, \u00e0 son grand regret \u00bb, note Campos. Il fut le principal acteur de ces n\u00e9gociations et celui qui impulsa le programme \u00e9lectoral, une figure cl\u00e9 capable de jouer le r\u00f4le de m\u00e9diateur entre l&rsquo;aile la plus conservatrice et le bloc ouvrier. Aza\u00f1a \u00e9tait, selon les mots de Paul Preston, \u00ab la R\u00e9publique personnifi\u00e9e \u00bb. Son arrestation lors de la R\u00e9volution de 1934 avait encore accru sa popularit\u00e9. \u00ab Il \u00e9tait capable de remplir des meetings avec des milliers de personnes \u00bb, explique Campos. La campagne \u00e9lectorale de 1936 fut l&rsquo;une des premi\u00e8res \u00e0 faire appel \u00e0 la mobilisation des masses et \u00e0 utiliser des techniques de propagande modernes : \u00ab Une immense affiche de Gil Robles avec des chars d&rsquo;assaut en arri\u00e8re-plan fut plac\u00e9e \u00e0 la Puerta del Sol, imitant le style des Chemises brunes. \u00bb Le dirigeant de la CEDA est \u00e9galement parvenu \u00e0 former une coalition contre-r\u00e9volutionnaire, \u00e0 une diff\u00e9rence majeure pr\u00e8s\u00a0: il s\u2019agissait d\u2019un accord artificiel, fond\u00e9 principalement sur des calculs \u00e9lectoraux, sans aucun accord pr\u00e9alable. \u00ab\u00a0Tandis que la gauche s\u2019unissait autour des prisonniers et de l\u2019amnistie, la droite n\u2019\u00e9tait unie que par la peur du communisme. Il lui manque ce ciment\u00a0\u00bb, explique Romero.<br \/>\nEntre  socialistes et r\u00e9publicains, des moments de tensions ne manqu\u00e8rent pas durant ces mois de n\u00e9gociations. De profondes divergences id\u00e9ologiques existaient, et l&rsquo;inclusion du PCE (Parti communiste d&rsquo;Espagne) constituait le point qui d\u00e9clenchait le plus de col\u00e8res. \u00ab Largo Caballero les incita \u00e0 ne pas partir seuls, et il a r\u00e9ussi, mais l&rsquo;aile mod\u00e9r\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9ticente \u00bb, se souvient Romero. La cl\u00e9 d&rsquo;un accord r\u00e9ussi r\u00e9sidait dans un programme minimal et mod\u00e9r\u00e9, structur\u00e9 comme \u00ab un contrat de mariage \u00bb. \u00ab Il s&rsquo;agissait de forces tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, aux points de vue diff\u00e9rents, mais ils \u00e9taient coh\u00e9rents, sinc\u00e8res et clairs. Le Parti socialiste et l&rsquo;UGT (Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs), par exemple, ont explicitement indiqu\u00e9 les points qu&rsquo;ils soutenaient et ceux qu&rsquo;ils rejetaient \u00bb, affirme Mart\u00ednez Rus. Pastor souligne que, loin de ce qui fut finalement convenu, \u00ab le manifeste ne comportait aucune mesure r\u00e9volutionnaire et renfor\u00e7ait les id\u00e9es de la bourgeoisie \u00bb. Ce qui est certain, c&rsquo;est que dans les mois pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9clenchement de la guerre civile, les revendications sociales sont en hausse et que \u00ab le Front a partiellement soutenu ces revendications \u00bb, comme l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la mise en \u0153uvre de la r\u00e9forme agraire ou le projet de sauvetage et de restitution des biens communaux.<\/p>\n<p>Certaines \u00e9lections sont contest\u00e9es, d&rsquo;autres non. <\/p>\n<p>Parmi les dizaines d&rsquo;\u00e9lections organis\u00e9es avant 1936, une seule fois celui  qui  convoqua  le scrutin fut le vainqueur\u00a0: les \u00e9lections d&rsquo;avril 1931. La m\u00eame exception s&rsquo;est produite cinq ans plus tard, laissant e \u00e9tat de choc les vaincus, qui tenaient la victoire pour acquise. Dans les deux cas, c\u2019est la droite qui a c\u00e9d\u00e9 le pouvoir, et dans les deux cas, les r\u00e9sultats des urnes ont continu\u00e9 d&rsquo;\u00eatre contest\u00e9s.<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Ce d\u00e9bat doit \u00eatre replac\u00e9 dans son contexte national et est largement d\u00fb, en grande partie, aux mythes que nous a l\u00e9gu\u00e9s le franquisme pour s\u2019auto-l\u00e9gitimer\u00a0\u00bb, note Del Arco, rappelant que le r\u00e9cit de fraudes pr\u00e9sum\u00e9es a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 remis en question par l\u2019historiographie. Les historiens partagent cette th\u00e8se, sans nier que des irr\u00e9gularit\u00e9s locales ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es de la part des deux partis, comme cela s&rsquo;\u00e9tait produit deux ans auparavant, sans toutefois concerner un nombre significatif de si\u00e8ges. <\/p>\n<p>Quelle est l&rsquo;origine de la th\u00e9orie des \u00e9lections truqu\u00e9es\u00a0? En 1938, alors que la guerre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9e comme gagn\u00e9e, Serrano Su\u00f1er chargea un comit\u00e9 de 29 membres, compos\u00e9 d&rsquo;anciens ministres et de \u00ab\u00a0caciques\u00a0\u00bb locaux, de d\u00e9clarer \u00ab ill\u00e9gales les \u00e9lections de 1936 et 1931 \u00bb. \u00ab Le discours des franquistes, hier comme aujourd&rsquo;hui, est le m\u00eame : tenter de justifier le coup d&rsquo;\u00c9tat \u00bb, affirme Campos, une id\u00e9e reprise par Pastor : \u00ab Ceux qui pr\u00e9tendent que ces \u00e9lections ont cr\u00e9\u00e9 le conflit et d\u00e9clench\u00e9 la guerre s\u2019approprient le discours franquiste, qui cherchait \u00e0 rendre  responsable la gauche politique espagnole et les mouvements sociaux. \u00bb<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est que, le 16 f\u00e9vrier, le bloc contre-r\u00e9volutionnaire s&rsquo;est retrouv\u00e9 encore plus d\u00e9sempar\u00e9, fractur\u00e9 et \u00e9loign\u00e9 de la voie d\u00e9mocratique. Le nombre d&rsquo;adh\u00e9sions  \u00e0 la Phalange a explos\u00e9 et le discours politique s&rsquo;est radicalis\u00e9, en symbiose avec le climat de violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. \u00ab La R\u00e9publique, \u00e0 aucun moment,  ils ne l\u2019ont jamais laiss\u00e9 en paix \u00bb, affirme Mart\u00ednez Rus, en rappelant la tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat de Sanjurjo. \u00ab D\u00e9s le d\u00e9part il y eut l&rsquo;id\u00e9e d\u2019en finir avec ce r\u00e9gime par la violence de rue et par les actions de l&rsquo;\u00e9lite \u00e9conomique, entre autres \u00bb, explique-t-il. Violence, chaos, menace r\u00e9volutionnaire, d\u00e9membrement de la nation\u2026 Les arguments qui sous-tendaient les complots ayant men\u00e9 au coup d&rsquo;\u00c9tat ont persist\u00e9 des d\u00e9cennies plus tard et r\u00e9sonnent encore aujourd&rsquo;hui. \u00ab Il ne faut pas oublier qu&rsquo;un tiers de la population nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 sous le franquisme, et que chacun est le produit de son  enfance. Nous avons grandi avec ces encyclop\u00e9dies et ces manuels \u00bb, conclut Carmelo Romero.<\/p>\n<p> Laura Prieto Gallego<br \/>\n r\u00e9dactrice en chef de la rubrique Logement et M\u00e9moire historique. Auparavant, elle a travaill\u00e9 au service des informations d&rsquo;El Confidencial et dans les r\u00e9dactions d&rsquo;elDiario.es, d&rsquo;infoLibre et de Cadena SER. Elle a \u00e9tudi\u00e9 le journalisme, les sciences politiques et l&rsquo;administration publique \u00e0 l&rsquo;URJC de Madrid.<\/p>\n<p>Art\u00edculo diario P\u00fablico<\/p>\n<p>Noventa a\u00f1os de la victoria del Frente Popular: cuando las urnas se plantaron frente al fascismo<\/p>\n<p>En los inicios de 1936, la amenaza reaccionaria empuj\u00f3 a las izquierdas a una gran alianza. Historiadores rememoran para &lsquo;P\u00fablico&rsquo; un hito hist\u00f3rico donde prim\u00f3 el di\u00e1logo, las cesiones y una fuerte movilizaci\u00f3n social ante el avance de los fascismos en toda Europa.<\/p>\n<p>Laura Prieto Gallego<br \/>\n14\/02\/2026 <\/p>\n<p>Para que una coalici\u00f3n salga adelante tienen que cumplirse varios factores: un objetivo com\u00fan que justifique la necesidad de gobernar, un programa de m\u00ednimos realista y concreto, un reparto de poder equilibrado y l\u00edderes capaces de negociar. Es un juego en el que todos tienen que sentirse ganadores habiendo cedido en mucho.<br \/>\nTodo ello, y algo de suerte, confluye para que salga adelante el Frente Popular, la gran coalici\u00f3n de izquierdas que gan\u00f3 las elecciones el 16 de febrero de 1936, las \u00faltimas antes de la Guerra Civil. De eso han pasado ya 90 a\u00f1os e intentos como los movimientos de esta semana en la izquierda alternativa.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0No me extra\u00f1a que todo esto vaya surgiendo. La coyuntura en 1936 es la situaci\u00f3n europea y mundial, con el crecimiento del fascismo. Hoy no es muy diferente. \u00bfEst\u00e1 creciendo un fascismo o neofascismo? Sin duda\u00a0\u00bb, argumenta en conversaciones con P\u00fablico Carmelo Romero Salvador, doctor en Historia Contempor\u00e1nea y profesor titular jubilado de la Facultad de Filosof\u00eda y Letras de la Universidad de Zaragoza.<br \/>\nAinhoa Campos, doctora en Historia y Arqueolog\u00eda por la Universidad Complutense de Madrid, encuentra similitudes entre los discursos actuales y los de los frentes populares europeos. \u00ab\u00a0El discurso de Rufi\u00e1n estos d\u00edas ha girado sobre el peligro de un gobierno de PP y Vox; y ese peligro hace 90 a\u00f1os era la CEDA\u00a0\u00bb, y a\u00f1ade: \u00ab\u00a0Aquello de no estamos de acuerdo en todo, pero s\u00ed en que hay que parar a los ultras es lo mismo que se dijo en los a\u00f1os treinta en Francia, Italia o Espa\u00f1a\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>La izquierda se presentaba a estos comicios con dos objetivos claros. El primero era, precisamente, salvaguardar la democracia de la ola reaccionaria. \u00ab\u00a0En el 31 un\u00eda la ilusi\u00f3n, en el 36 fue el miedo\u00a0\u00bb, sentencia Romero en su reci\u00e9n publicado ensayo El Frente Popular de Izquierdas (enero-julio 1936). Pero el segundo, en el plano nacional, eraliberar a los presos pol\u00edticos del 34. \u00ab\u00a0La amnist\u00eda era transversal. Familias obreras que hasta entonces no estaban especialmente politizadas ten\u00edan a alguien en la c\u00e1rcel\u00a0\u00bb, cuenta Campos. En la revoluci\u00f3n asturiana hab\u00edan muerto centenares de obreros y nunca en la historia de Espa\u00f1a se hab\u00eda acumulado tal cantidad de presos pol\u00edticos: Companys, Aza\u00f1a o Largo Caballero, entre ellos.<br \/>\nFrente a la tesis del peligro, Anna Pastor Rold\u00e1n, colaboradora de EUROM y coordinadora de Ruta al Exilio, propone un enfoque distinto: el auge de movimientos de extrema derecha provoc\u00f3, sobre todo, organizaci\u00f3n. \u00ab\u00a0Las redes del movimiento pol\u00edtico popular, la acci\u00f3n sindical y los proyectos de mejoramiento social que se pusieron en marcha lo demuestran\u00a0\u00bb, subraya.<\/p>\n<p>Cuesti\u00f3n de n\u00fameros<br \/>\nCuando se pierden unos comicios, lo habitual es echar balones fuera. En 1933 (bienio negro) la diana se puso en la abstenci\u00f3n anarquista y la aprobaci\u00f3n del sufragio femenino. \u00ab\u00a0Es un mito de la \u00e9poca que algunos historiadores todav\u00eda reproducen. Las mujeres ni hacen que gane la derecha ni son determinantes aqu\u00ed\u00a0\u00bb, sentencia Ana Mart\u00ednez Rus, profesora titular de Historia Contempor\u00e1nea en la Universidad Complutense de Madrid. El descalabro fue m\u00e1s bien un fallo de estrategia pol\u00edtica.<br \/>\nLo primero que hay que entender es c\u00f3mo funcionaba el modelo electoral de la Rep\u00fablica, muy similar al que hoy rige en el Senado. Se trataba de un sistema mayoritario de listas abiertas que exig\u00eda que, al menos, uno de los candidatos alcanzara el 40% de los votos para evitar la segunda vuelta. \u00ab\u00a0Se sobredimensiona el voto de los partidos grandes\u00a0\u00bb, explica Carmelo Romero. Como todas las leyes, aquella ten\u00eda unas reglas con las que hab\u00eda que jugar y que beneficiaban los acuerdos preelectorales.<\/p>\n<p>En 1931, las formaciones progresistas fueron unidas, pero el poder les aboc\u00f3 a la divisi\u00f3n y las disidencias, lo que, en palabras del historiador, experto en sistemas electorales, no solo les perjudic\u00f3 en votos, sino que termin\u00f3 por \u00ab\u00a0fulminarlos en esca\u00f1os\u00a0\u00bb. Una vez en la oposici\u00f3n, ya en 1934, empezaron las primeras conversaciones. \u00ab\u00a0Incluso hoy en d\u00eda estamos viendo que hay zonas donde la fractura hace mucho da\u00f1o a las formaciones peque\u00f1as o con voto disperso, como IU o Podemos\u00a0\u00bb, apunta, recordando que parad\u00f3jicamente tanto en el 36 como en los debates actuales las iniciativas surgen desde ERC.<br \/>\nPara Miguel \u00c1ngel del Arco Blanco,doctor en Historia por la Universidad de Granada y profesor titular de Historia Contempor\u00e1nea, la clave no estuvo solo en los despachos, sino en la calle: lo determinante fue la movilizaci\u00f3n. En febrero de 1936, la participaci\u00f3n escal\u00f3 hasta el 71,3%, cuatro puntos m\u00e1s que en las anteriores elecciones. \u00ab\u00a0Muchos anarquistas acudieron a las urnas, algo que no es habitual\u00a0\u00bb, apunta el historiador. Fueun duelo entre dos donde la izquierda se impuso por la m\u00ednima\u2014un 47,2% frente al 45,6% de las derechas\u2014, dejando un centro pol\u00edtico pr\u00e1cticamente borrado del mapa.<\/p>\n<p>Un l\u00edder que entusiasme<br \/>\n\u00ab\u00a0Curiosamente Aza\u00f1a nunca quiso llamarlo Frente Popular, porque \u00e9l no cre\u00eda en los partidos obreros, aunque es lo que acab\u00f3 pasando a la historia, para su disgusto\u00a0\u00bb, apostilla Campos. Es el gran protagonista de estas negociaciones y el impulsor del programa electoral, una figura clave que pod\u00eda actuar de mediadorentre el \u00e1rea m\u00e1s conservadora y el bloque obrero.<br \/>\nAza\u00f1a era, en palabras de Paul Preston, \u00ab\u00a0la Rep\u00fablica personificada\u00a0\u00bb. Su detenci\u00f3n en la revoluci\u00f3n del 34hab\u00eda disparado a\u00fan m\u00e1s su popularidad. \u00ab\u00a0Era capaz de llenar m\u00edtines con miles de personas\u00a0\u00bb, dice Campos. La del 36 fue una de las primeras campa\u00f1as electorales en las que se apela a la movilizaci\u00f3n masiva y se utilizan t\u00e9cnicas de propaganda modernas: \u00ab\u00a0Se coloc\u00f3 en la Puerta del Sol un cartel gigante de Gil Robles con tanques de fondo, copiando el estilo de las camisas pardas\u00a0\u00bb.<br \/>\nEl l\u00edder de la CEDA tambi\u00e9n consigui\u00f3 formar una coalici\u00f3n antirrevolucionaria, con una diferencia clave: era un acuerdo artificial por puro c\u00e1lculo electoral, sin ning\u00fan preacuerdo. \u00ab\u00a0Mientras la izquierda se un\u00eda en torno a los presos y la amnist\u00eda, a la derecha solo la cohesionaba el temor al comunismo. Les falta esa argamasa\u00a0\u00bb, explica Romero.<\/p>\n<p>Entre socialistas y republicanos tampoco faltaron momentos de tensi\u00f3n en los meses que duraron las conversaciones. Hab\u00eda profundas diferencias ideol\u00f3gicas y la inclusi\u00f3n del PCE fue lo que m\u00e1s ampollas levant\u00f3. \u00ab\u00a0Largo Caballeropresion\u00f3 para que no fueran en solitario y lo consigui\u00f3, pero el ala moderada era muy reticente\u00a0\u00bb, recuerda Romero. <\/p>\n<p>La clave para llegar a buen t\u00e9rmino fue un programa de m\u00ednimos, moderado, que se arm\u00f3 como \u00ab\u00a0un matrimonio en separaci\u00f3n de bienes\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Eran fuerzas muy heterog\u00e9neas con puntos de vista distintos, pero fueron coherentes, sinceros y claros. El Partido Socialista y la UGT, por ejemplo, explicitaron qu\u00e9 puntos respaldaban y cu\u00e1les no\u00a0\u00bb,  sostiene Mart\u00ednez Rus.<\/p>\n<p>Pastor resalta que, lejos de lo que se ha venido a firmar, \u00ab\u00a0el manifiesto no incluy\u00f3 medidas revolucionarias y fortalec\u00eda las ideas burguesas\u00a0\u00bb. Lo que s\u00ed es cierto es que en los meses previos al estallido de la Guerra Civil las demandas sociales aumentan y \u00ab\u00a0el Frente acompa\u00f1\u00f3 parcialmente esas reivindicaciones\u00a0\u00bb, como la aceleraci\u00f3n de la implantaci\u00f3n de la Reforma Agraria o el proyecto de rescate y restituci\u00f3n de bienes comunales. <\/p>\n<p>Unas elecciones se cuestionan y otras no<br \/>\nEn las decenas de contiendas electorales que se hab\u00edan celebrado antes de 1936, s\u00f3lo en una ocasi\u00f3n el ganador no era el convocante: las de abril de 1931. La misma excepci\u00f3n se dio cinco a\u00f1os despu\u00e9s, dejando en shock a los derrotados, que daban la victoria por hecha. En ambos casos son sectores de la derecha quienes abandonan el poder y, en ambos casos tambi\u00e9n, sigue poni\u00e9ndose en duda el resultado de las urnas.<br \/>\n\u00ab\u00a0Este debate tiene que leerse en clave nacional y se debe, en gran parte, a los mitos que nos leg\u00f3 el franquismo para autolegitimarse\u00a0\u00bb, apunta Del Arco, recordando que la narrativa del supuesto fraude ha sido cuestionada recientemente por la historiograf\u00eda. En esta tesis coinciden los historiadores, sin negar que se registraron irregularidades locales por parte de ambos partidos, como hab\u00eda sucedido en el anterior bienio, sin afectar a un n\u00famero relevante de esca\u00f1os.<br \/>\n\u00bfCu\u00e1l es el origen de la teor\u00eda del pucherazo? En 1938, cuando la guerra ya se daba por ganada,Serrano Su\u00f1er encarga una comisi\u00f3n de 29 miembros, entre exministros y antiguos caciques, para dictaminar \u00ab\u00a0la ilegalidad de las elecciones de 1936 y 1931\u00a0\u00bb.  \u00ab\u00a0El relato de los franquistas entonces y hoy es el mismo: tratar de justificar el golpe de Estado\u00a0\u00bb, sentencia Campos, una idea a la que Pastor se suma: \u00ab\u00a0Quienes argumentan que estas elecciones crearon conflictividad y desencadenaron la guerra, compran el relato del franquismo, que busc\u00f3 responsabilizar a la izquierdapol\u00edtica espa\u00f1ola y a los movimientos sociales\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lo cierto es que aquel 16 de febrero el bloque antirrevolucionario qued\u00f3 a\u00fan m\u00e1s desconcertado, fracturado y alejado de la v\u00eda democr\u00e1tica. Las afiliaciones a Falange se dispararon y los discursos pol\u00edticos se radicalizaron en sinton\u00eda con el ambiente de violencia generalizada. \u00ab\u00a0A la Rep\u00fablica no la dejan en paz en ning\u00fan momento\u00a0\u00bb, sostiene Mart\u00ednez Rus, recordando la Sanjurjada. \u00ab\u00a0Ya hab\u00eda una idea de acabar con este r\u00e9gimen desde la violencia callejera y desde la \u00e9lite econ\u00f3mica, entre otras v\u00edas\u00a0\u00bb, explica.<\/p>\n<p>Violencia, caos, amenaza revolucionaria, desmembramiento de la patria\u2026 Los argumentos que sobrevolaban las conspiraciones previas al golpe de Estado se mantuvieron d\u00e9cadas despu\u00e9s y hoy siguen resonando. \u00ab\u00a0No hay que olvidar que un tercio de la poblaci\u00f3n nos educamos en el franquismo y cada uno es hijo de su infancia. Nos hemos criado en esas enciclopedias y esos textos\u00a0\u00bb, concluye Carmelo Romero.<\/p>\n<p>Laura Prieto Gallego<br \/>\nRedactora de Vivienda y Memoria Hist\u00f3rica. Antes trabaj\u00f3 en el equipo de Mesa de El Confidencial y ha pasado por las redacciones de elDiario.es, infoLibre y Cadena SER. Ha estudiado Periodismo, Ciencia Pol\u00edtica y Gesti\u00f3n P\u00fablica en la URJC de Madrid.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9but 1936, la menace r\u00e9actionnaire a pouss\u00e9 la gauche \u00e0 former une grande alliance. Les historiens se rem\u00e9morent, pour le journal \u00ab P\u00fablico \u00bb, un \u00e9v\u00e8nement historique o\u00f9 priorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e au dialogue, aux concessions et \u00e0 une forte mobilisation sociale face \u00e0 la mont\u00e9e du fascisme en Europe. Traduit par mes soins, Luis &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=19131\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Quatre-vingt-dix ans apr\u00e8s la victoire du Front populaire : quand les urnes se sont dress\u00e9es contre le fascisme.<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-19131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19131"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19132,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19131\/revisions\/19132"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}