{"id":18998,"date":"2025-11-20T12:18:25","date_gmt":"2025-11-20T11:18:25","guid":{"rendered":"http:\/\/retirada37.com\/?p=18998"},"modified":"2025-11-20T12:18:25","modified_gmt":"2025-11-20T11:18:25","slug":"en-espagne-la-bataille-continue-pour-exhumer-les-6000-fosses-communes-des-victimes-du-franquisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/retirada37.com\/?p=18998","title":{"rendered":"En Espagne, la bataille continue pour exhumer les 6000 fosses communes des victimes du franquisme"},"content":{"rendered":"<p>Cinq d\u00e9cennies apr\u00e8s la mort du dictateur Franco, l\u2019Espagne peine \u00e0 faire face \u00e0 son pass\u00e9 franquiste, entre impunit\u00e9, fractures sociales et obstacles politiques, alors que la bataille pour exhumer les fosses communes et reconna\u00eetre les victimes continue.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 le 19 novembre 2025<br \/>\nHumanit\u00e9<br \/>\nBelchite, Saragosse (Espagne), envoy\u00e9 sp\u00e9cial.<br \/>\nAntoine Portoles<\/p>\n<p>Il\u00a0faut lever les yeux pour\u00a0ne pas le rater.\u00a0Un obus non explos\u00e9, plant\u00e9 dans la tour en briques de l\u2019\u00c9glise de San\u00a0Agustin, au\u00a0c\u0153ur\u00a0des ruines\u00a0de\u00a0Belchite.\u00a0\u00c0 l\u2019observer longuement, l\u00e0 o\u00f9, jadis, des\u00a0milliers de cadavres jonchaient les rues, on\u00a0d\u00e9c\u00e8le\u00a0derri\u00e8re ce\u00a0pr\u00e9cieux\u00a0vestige de la guerre d\u2019Espagne le symbole d\u2019une soci\u00e9t\u00e9\u00a0qui\u00a0est loin d\u2019avoir referm\u00e9 les blessures du franquisme.\u00a0<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas\u00a0un\u00a0hasard\u00a0si le cin\u00e9aste mexicain Guillermo\u00a0del\u00a0Toro a\u00a0pos\u00e9 sa cam\u00e9ra\u00a0dans\u00a0cet Oradour-sur-Glane\u00a0d\u2019outre-Pyr\u00e9n\u00e9es,\u00a0pour filmer\u00a0le Labyrinthe de Pan,\u00a0tant il fut le th\u00e9\u00e2tre d\u2019atrocit\u00e9s dont les\u00a0impacts de balles et les fosses communes\u00a0sont les derniers t\u00e9moins.\u00a0Une cit\u00e9 ravag\u00e9e\u00a0de toute part que\u00a0le dictateur Francisco Franco\u00a0a\u00a0durant son interminable r\u00e8gne\u00a0(1939-1975) \u00e9rig\u00e9\u00a0en\u00a0triomphe du fascisme sur la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>\u200b L\u2019impunit\u00e9 d\u2019un dictateur contest\u00e9e en Espagne<\/p>\n<p>Voil\u00e0\u00a0cinquante\u00a0ans jour pour jour que le Caudillo est mort.\u00a0\u00c0\u00a050\u00a0km au nord du village martyr, dans le centre de Saragosse,\u00a0cet anniversaire\u00a0est synonyme d\u2019impunit\u00e9.\u00a0\u00ab\u00a0La dictature n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9faite, il n\u2019aura jamais \u00e9t\u00e9 jug\u00e9. Il est mort dans son lit et puis c\u2019est tout, peste Adolfo\u00a0Barrena, assis \u00e0 la terrasse d\u2019un caf\u00e9.\u00a0En Allemagne, en Argentine, en Italie, le travail m\u00e9moriel a \u00e9t\u00e9 men\u00e9. Chez nous, les fascistes ont gagn\u00e9.\u00a0\u00bb<br \/>\nPorte-parole de la plateforme d\u2019action pour la m\u00e9moire en Aragon (Pama), il se\u00a0bat pour reconstruire la m\u00e9moire historique de son pays.\u00a0D\u00e9faire une\u00a0\u00e0 une\u00a0les falsifications\u00a0qui perdurent.\u00a0Et puisque les crimes franquistes ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s, Adolfo Barrena s\u2019attelle \u00e0 faire exhumer\u00a0les fosses communes\u00a0: en Aragon,\u00a0il y en a 1\u00a0246, d\u2019apr\u00e8s un dernier recensement\u00a0local. La plupart n\u2019ont toujours pas \u00e9t\u00e9 ouvertes.<br \/>\nLa t\u00e2che est pharaonique.\u00a0Maria Dolores Albiac\u00a0s\u2019est attel\u00e9e d\u00e8s les ann\u00e9es 1990\u00a0\u00e0 retrouver la trace\u00a0de\u00a0trois de ses\u00a0grands-oncles.\u00a0Aucune information sur le premier. L\u2019un des autres, s\u00e9minariste, a \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9\u00a0puis enterr\u00e9 avec\u00a016\u00a0autres opposants, \u00e0 Huesca.\u00a0\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, jamais de la vie on\u00a0aurait\u00a0os\u00e9\u00a0raconter\u00a0qu\u2019un homme d\u2019\u00c9glise avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par les franquistes\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0ironise-t-elle.<br \/>\nL\u2019ancienne journaliste nous\u00a0guide\u00a0jusqu\u2019au cimeti\u00e8re de Saragosse, o\u00f9 se trouve le\u00a0Monumento\u00a0a los\u00a0Caidos (monument \u00e0 ceux qui sont tomb\u00e9s), un b\u00e2timent\u00a0froid et mal entretenu, surplomb\u00e9\u00a0d\u2019une immense croix en pierre, \u00e0 l\u2019image de celui, bien plus imposant, de Madrid, b\u00e2ti par des prisonniers r\u00e9publicains au prix du sang. Sa version miniature au sud de la ville aragonaise fut cr\u00e9\u00e9e apr\u00e8s la guerre par les franquistes, comme tous ceux qui ont prolif\u00e9r\u00e9 dans le pays pour rendre hommage aux \u00ab\u00a0martyrs de la croisade\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u200b Droite et extr\u00eame droite sabrent les subventions m\u00e9morielles<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain, une structure\u00a0rouge, situ\u00e9e \u00e0 quelques encablures, est entour\u00e9e par plus de 3\u00a0543\u00a0poteaux en m\u00e9tal. Y sont inscrits les noms de\u00a0tous\u00a0ceux\u00a0qui, professeurs, syndicalistes, militants communistes, anarchistes et socialistes, sont\u00a0morts pour avoir d\u00e9fendu la libert\u00e9 et la d\u00e9mocratie.\u00a0Parmi eux, Antonio\u00a0Alcolea\u00a0Alcolea, ex\u00e9cut\u00e9 sommairement\u00a0\u00e0 l\u2019\u00e2ge de\u00a015\u00a0ans<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans la plupart des foyers, on ne parlait jamais de la guerre.\u00a0Il a fallu attendre les ann\u00e9es 2000 pour que la m\u00e9moire historique se d\u00e9veloppe\u00a0\u00bb, regrette Maria Dolores.\u00a0Elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la loi\u00a0promulgu\u00e9e en 2007\u00a0par\u00a0le gouvernement\u00a0socialiste de Jos\u00e9 Luis Rodriguez Zapatero.\u00a0La premi\u00e8re \u00e0 rouvrir le dossier depuis l\u2019inique\u00a0loi d\u2019amnistie de 1977, ce pacte de l\u2019oubli\u00a0comme on l\u2019appelle dans la p\u00e9ninsule, pens\u00e9\u00a0pour bloquer\u00a0de fait tout processus\u00a0m\u00e9moriel et renvoyer\u00a0dos \u00e0 dos franquistes et forces loyales \u00e0 la R\u00e9publique.<br \/>\nReconnaissance\u00a0officielle\u00a0des victimes de la guerre de 1936-1939 et de la dictature, ainsi que du caract\u00e8re ill\u00e9gitime des jugements prononc\u00e9s par les tribunaux militaires et civils, identification des innombrables charniers,\u00a0retrait des symboles franquistes\u2026\u00a0<br \/>\nQuarante ans plus tard, sur le papier, un premier pas \u00e9tait effectu\u00e9. Mais, comme le constate am\u00e8rement\u00a0Enrique Gomez, pr\u00e9sident de l\u2019Association pour la r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire historique en Aragon (Armha),\u00a0\u00ab\u00a0cette loi\u00a0n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e, aucun budget n\u2019a \u00e9t\u00e9 allou\u00e9\u00a0par les gouvernements de droite\u00a0qui ont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Zapatero\u00a0\u00bb.\u00a0<br \/>\nSous l\u2019ex\u00e9cutif de Pedro Sanchez, le transfert de la d\u00e9pouille de Franco\u00a0de\u00a0la crypte de\u00a0Valle de los\u00a0Ca\u00eddos\u00a0au cimeti\u00e8re du Pardo, \u00e0\u00a0Madrid, en 2019, n\u2019a pas suffi \u00e0 contenter les partisans de la m\u00e9moire d\u00e9mocratique. Une nouvelle loi adopt\u00e9e en 2022 \u00e9tait cens\u00e9e\u00a0corriger\u00a0les \u00e9checs de la pr\u00e9c\u00e9dente avec la cr\u00e9ation d\u2019une banque d\u2019ADN pour recenser les victimes, la protection des lieux m\u00e9moriels, la prise en charge des exhumations, l\u2019interdiction de l\u2019apologie de la dictature,\u00a0etc.<br \/>\n\u00a0<br \/>\n\u200b Identifier les victimes, un combat contre l\u2019oubli<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, les r\u00e9sultats tardent \u00e0 venir. \u00c0 l\u2019instar de Valence ou de la Castille-Leon, le\u00a0gouvernement provincial aragonais, dirig\u00e9\u00a0par le Parti populaire (droite) alli\u00e9 \u00e0 Vox (extr\u00eame droite),\u00a0tente d\u2019abroger les textes m\u00e9morielsvot\u00e9s ant\u00e9rieurement au niveau local et sabre les subventions aux organismes m\u00e9moriels.\u00a0Raison pour laquelle la Pama et ses composantes manquent cruellement\u00a0de moyens\u00a0pour avancer.<\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e\u00a0du local\u00a0de l\u2019Armha ne paye pas de mine.\u00a0Un ancien poste de police, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019angle d\u2019une rue excentr\u00e9e de\u00a0la ville.\u00a0Chaque semaine, 15 \u00e0 20\u00a0proches de victimes prennent contact avec\u00a0ses membres, en qu\u00eate de r\u00e9ponses. \u00ab\u00a0Je ne connais pas\u00a0d\u2019exp\u00e9rience plus gratifiante que\u00a0de\u00a0d\u00e9terrer\u00a0le parent de\u00a0quelqu\u2019un\u00a0en sa pr\u00e9sence, cette personne qui a pass\u00e9 40, 60, 70\u00a0ans\u00a0emmur\u00e9e dans\u00a0le silence au point que son histoire devienne une l\u00e9gende familiale, et qui, tout \u00e0 coup, fait face\u00a0\u00e0\u00a0la d\u00e9couverte\u00a0du corps\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9meut\u00a0Enrique.\u00a0<br \/>\nLa plus importante\u00a0op\u00e9ration d\u2019excavation men\u00e9e en Aragon a\u00a0commenc\u00e9 d\u00e8s 2018\u00a0au nord de Saragosse, \u00e0\u00a0Ejea\u00a0de los Caballeros et a connu une grande avanc\u00e9e\u00a0en octobre\u00a0dernier. Dans cette fosse de 100 m\u00e8tres de long, les chercheurs estiment que plus de 160\u00a0squelettes\u00a0y seraient enfouis. Un massacre perp\u00e9tr\u00e9\u00a0entre ao\u00fbt et d\u00e9cembre 1936, dont la majorit\u00e9 des victimes a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e d\u2019une balle dans la t\u00eate.\u00a0Sur certains cadavres, d\u2019infimes traces de violences laissent sugg\u00e9rer qu\u2019ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 terre et inconscients lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 abattus.<br \/>\nIl a d\u2019abord fallu enqu\u00eater sur la r\u00e9pression dans la zone, recouper les archives municipales, religieuses et militaires, rechercher les proches et enfin obtenir les autorisations.\u00a0Pour\u00a0les corps retir\u00e9s\u00a0un \u00e0 un\u00a0de la fosse, toute la difficult\u00e9 consiste ensuite \u00e0\u00a0les identifier.<br \/>\n\u00a0<br \/>\n\u200b La fracture sociale autour de la m\u00e9moire franquiste<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les os sont nettoy\u00e9s, le sexe, la taille, les pathologies, la cause du d\u00e9c\u00e8s, sont d\u00e9termin\u00e9s, pr\u00e9cise Javier\u00a0Sumelzo, secr\u00e9taire de l\u2019association pour la m\u00e9moire historique\u00a0Cinco\u00a0Villas, focalis\u00e9e\u00a0sur\u00a0Ejea de los Caballeros.\u00a0Puis tout est envoy\u00e9\u00a0\u00e0\u00a0des laboratoires\u00a0o\u00f9 des tests ADN seront effectu\u00e9s pour v\u00e9rifier s\u2019ils correspondent \u00e0 ceux d\u2019un membre de la famille et pour identifier la victime.\u00a0\u00bb<br \/>\nParce que la banque nationale d\u2019ADN pr\u00e9vue par la loi de 2022 n\u2019est pas encore op\u00e9rationnelle et que\u00a0ces travaux de recherche ne sont toujours pas pris en charge financi\u00e8rement par l\u2019\u00c9tat, l\u2019exhumation des fosses communes n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses pr\u00e9mices.<\/p>\n<p>\u00c0 Ejea de los Caballeros, elle suit\u00a0son cours.\u00a0Arturo\u00a0Arrieta\u00a0Baron, espagnol r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 3\u00a0ans et demi en France, a depuis longtemps\u00a0connaissance\u00a0du\u00a0destin\u00a0tragique de\u00a0sa m\u00e8re\u00a0Cirila, assassin\u00e9e\u00a0l\u00e0-bas avec sa\u00a0s\u0153ur.\u00a0Apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une prise de sang \u00e0 distance en octobre, il esp\u00e8re\u00a0que son lien avec elle soit\u00a0enfin\u00a0\u00e9tabli\u00a0et que ce crime soit\u00a0officiellement\u00a0reconnu.\u00a0\u00ab\u00a0En attendant les r\u00e9sultats, nous sommes anxieux\u00a0et \u00e9mus, confie sa fille Jocelyne, la voix tremblotante.\u00a0Pour moi et mon p\u00e8re, ces fouilles sont\u00a0un cadeau.\u00a0\u00bb<br \/>\nD\u2019autres n\u2019ont malheureusement pas eu cette chance.\u00a0Adolfo\u00a0Barrena, qui est\u00a0\u00e9galement repr\u00e9sentant local d\u2019Izquierda\u00a0Unida, s\u2019inqui\u00e8te de la lenteur du processus, car\u00a0\u00ab\u00a0nous en sommes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration\u00a0depuis la guerre\u00a0; plus le temps passe, et\u00a0plus les gens\u00a0meurent\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u200b Le combat antifasciste pour la v\u00e9rit\u00e9 historique<\/p>\n<p>Selon les travaux men\u00e9s par le sociologue et petit-fils de r\u00e9publicain Emilio Silva, sur les\u00a06\u00a0000 fosses communes que compte la p\u00e9ninsule, plus de\u00a0114\u00a0000 personnes assassin\u00e9es sont toujours port\u00e9es disparues.\u00a0Pour l\u2019heure, seulement\u00a09\u00a0000\u00a0d\u2019entre elles\u00a0ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terr\u00e9es et\u2026 70 identifi\u00e9es et remis \u00e0 leurs familles. Cette l\u00e9thargie s\u2019explique par le manque de volont\u00e9 politique et du fait des profondes fractures qui subsistent dans la soci\u00e9t\u00e9 espagnole.\u00a0<br \/>\nOn peut dire que la population est divis\u00e9e en trois blocs quasiment \u00e9gaux\u00a0: ceux qui, \u00e0 gauche notamment, militent en faveur de l\u2019excavation des charniers, ceux qui y sont visc\u00e9ralement oppos\u00e9s, et les indiff\u00e9rents. Un m\u00e9lange de citoyens n\u00e9s pendant la p\u00e9riode de la transition mais \u00e9duqu\u00e9s par des parents traumatis\u00e9s par trente-six\u00a0ans de terreur et de silence, ainsi que\u00a0de nombreux jeunes ignorant tout du pass\u00e9.<br \/>\nCes derniers sont de plus en plus nombreux \u00e0 \u00eatre aveugl\u00e9s par les mythes du franquisme, \u00e0 commencer par celui d\u2019une guerre fratricide entre Espagnols, d\u2019une \u00ab\u00a0guerre civile\u00a0\u00bb plut\u00f4t qu\u2019un coup d\u2019\u00c9tat militaire et fasciste contre une R\u00e9publique d\u00e9mocratique.<br \/>\nPour les militants rencontr\u00e9s, la bataille doit \u00e9galement \u00eatre men\u00e9e sur le plan s\u00e9mantique, dans les \u00e9coles, les lieux culturels, et m\u00eame au sein des partis politiques. Ils estiment impensable qu\u2019un \u00c9tat digne de ce nom ne restaure pas sa m\u00e9moire historique.\u00a0Comme le rappelle Enrique Gomez\u00a0de\u00a0l\u2019Armha, les phalangistes, eux, ont\u00a0b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une loi \u00ab\u00a0m\u00e9morielle\u00a0\u00bb, et ce d\u00e8s 1940. Celle-ci dispose que les\u00a0exhumations des personnes assassin\u00e9es par les \u00ab\u00a0hordes rouges\u00a0\u00bb soient prises en charge par l\u2019\u00c9tat.\u00a0<br \/>\nD\u2019ailleurs, et contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendent la droite et l\u2019extr\u00eame droite pour bloquer ce processus m\u00e9moriel, l\u2019ouverture des charniers aux quatre coins de l\u2019Espagne concernent tout le monde, les r\u00e9publicains bien s\u00fbr, mais aussi des victimes franquistes.\u00a0Ils persistent \u00e0 nier que\u00a0\u00ab\u00a0la dictature de Franco a \u00e9t\u00e9 la pire chose qui soit arriv\u00e9e au pays, insiste l\u2019historienne Cristina Sanchez.\u00a0Ce\u00a0n\u2019est\u00a0que si\u00a0l\u2019on\u00a0est\u00a0antifasciste\u00a0que\u00a0l\u2019on\u00a0peut\u00a0\u00eatre\u00a0d\u00e9mocrate. L\u2019enjeu ne se r\u00e9sume pas\u00a0seulement \u00e0 \u201cquelques os\u201d, et la\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0a\u00a0l\u2019obligation\u00a0mais\u00a0aussi\u00a0le\u00a0droit\u00a0de\u00a0conna\u00eetre\u00a0son histoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinq d\u00e9cennies apr\u00e8s la mort du dictateur Franco, l\u2019Espagne peine \u00e0 faire face \u00e0 son pass\u00e9 franquiste, entre impunit\u00e9, fractures sociales et obstacles politiques, alors que la bataille pour exhumer les fosses communes et reconna\u00eetre les victimes continue. Publi\u00e9 le 19 novembre 2025 Humanit\u00e9 Belchite, Saragosse (Espagne), envoy\u00e9 sp\u00e9cial. Antoine Portoles Il\u00a0faut lever les yeux &hellip; <a href=\"https:\/\/retirada37.com\/?p=18998\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">En Espagne, la bataille continue pour exhumer les 6000 fosses communes des victimes du franquisme<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-18998","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18998","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=18998"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18998\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18999,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18998\/revisions\/18999"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=18998"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=18998"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/retirada37.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=18998"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}