Archives de catégorie : Actualités

Qu’appelle-t-on la RETIRADA ?

TRI

Un peu d’histoire : la seconde République espagnole a été proclamée à la suite des élections municipales d’avril 1931. Le roi Alphonse XIII  abandonne Madrid et part en exil sans avoir abdiqué. Ce fut la fin de la dictature monarchique espagnole (1923-1930).

En juillet 1931, début de la 2ème République espagnole, la gauche espagnole a donc le pouvoir de transformer par voie législative l’ordre social et économique du pays, et de moderniser l’Espagne.

Malheureusement, compte tenu notamment de la complexité de la société espagnole et des divergences entre les différents acteurs politiques (mouvements libertaires et anarchistes défenseurs de la révolution sociale, communistes modérés ou staliniens, socialistes, partis régionalistes), et malgré les nombreuses réformes progressistes mises en place, les espoirs suscités par ce régime républicain seront partiellement déçus.

Néanmoins, les élections du 16 février 1936 ont vu la victoire du Frente Popular (front populaire espagnol).

Mais le coup d’état de juillet 1936 mené par le général Franco, avec l’appui d’une grande partie de l’armée, des grands propriétaires terriens et de la grande majorité du clergé, plongera l’Espagne dans une guerre civile au cours de laquelle Hitler et Mussolini apporteront un soutien militaire décisif aux franquistes. Les estimations actuelles font état d’environ 500 000 victimes majoritairement dans le camp républicain.

La France, l’Angleterre et les USA resteront quasiment neutres dans ce conflit durant lequel les allemands ont pu tester leurs forces, leur stratégie de combat et leurs matériels, avant de poursuivre avec le déclenchement de la deuxième guerre mondiale.

Et malgré l’appui de l’URSS et le déploiement extraordinaire des brigades internationales venues soutenir l’armée de la République, le camp républicain, dont les différentes composantes ont malheureusement été souvent divisées, perdra la guerre à laquelle Franco mettra un terme le 1er avril 1939, après avoir provoqué début 1939 l’exil de près de 500 000 républicains espagnols majoritairement vers la France, pour échapper à la féroce répression des franquistes.

Cet exil sera par la suite appelé « retirada » en espagnol et catalan.

la-foule-des-refugies-au-perthus-29-janvier-1939_451624_516x332 RETIRADA 1939

Ces réfugiés seront « parqués » dans des conditions déplorables dans des camps de concentration mis en place à la hâte notamment sur les plages du Roussillon (Argelès-sur-Mer, Saint Cyprien, Le Barcarès, Rivesaltes,…) et dans d’autres régions (Le Vernet d’Ariège, Gurs, Angoulême, …) avant d‘être ensuite dispersés sur tout le territoire ou envoyés dans les camps de concentration allemands. D’autres partiront vers l’Afrique du nord et certains pays d’Amérique latine, notamment le Mexique et le Brésil.

Beaucoup de combattants espagnols rejoindront la résistance française ou la légion puis la 2ème DB du Général Leclerc notamment.

Certains seront incités par les états français et espagnol à retourner en Espagne. Ceux qui y retourneront seront aussitôt internés dans les geôles du Caudillo.

En Espagne, Franco mettra en place une dictature et une terrible répression perdurera durant de nombreuses années à l’encontre des combattants de la République, de leurs familles, amis, ….

Après la victoire des alliés sur les nazis, les républicains espagnols espéraient qu’ils chasseraient Franco pour rétablir un régime démocratique mais la stratégie des alliés n’était pas celle-ci.

La majorité des réfugiés espagnols ont fait leur vie en France et leurs enfants se sont parfaitement intégrés.

Pour en savoir plus, on pourra se reporter aux très nombreux ouvrages écrits sur la guerre d’Espagne et la retirada, notamment le livre de Geneviève DREYFUS-ARMAND : « L’exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco ». (Editions Albin Michel), ainsi que sur de nombreux sites internet de diverses associations.

http://www.histoire-immigration.fr/des-dossiers-thematiques-sur-l-histoire-de-l-immigration/la-retirada-ou-l-exil-republicain-espagnol-d-apres-guerre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Retirada

PASSAGE FRONTIERE 39 RETIRADA 1939 2

 

 

 

Jean-Louis nous informe : un documentaire « Compañera »

Dans l’huma du 7 septembre, un documentaire :

« Compañera », réhabilite le rôle des femmes dans la défense de la République espagnole

Publié le 10 Septembre 2015

« Compañera », le documentaire de Dominique Gautier et Jean Ortiz rend hommage aux femmes et à leur rôle dans la défense de la République espagnole, dans l’anti-franquisme. Une participation décisive longtemps reléguée, comme effacée. Sortie octobre 2015.

La suite :

« Compañera », réhabilite le rôle des femmes dans la défense de la République espagnole

http://www.humanite.fr/companera-rehabilite-le-role-des-fem

Association www.24-aout-1944 : les antifascistes espagnols à Mauthausen

Cette association a pour but de faire connaître et de cultiver la mémoire historique (écrite, enregistrée, iconographique, artistique, etc.) de la Libération de Paris en 1944 en liant cette célébration à la participation des antifascistes espagnols de la 2e DB, en exposant toutes les facettes de cette lutte commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, et continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique, et plus particulièrement dans les maquis en France. Pour beaucoup de femmes et d’hommes, elle se prolongea dans le combat contre le franquisme, jusque dans les années 60.

Vous trouverez ci-après le lien vers un article paru sur le site de l’association, qui concerne les espagnols à Mauthausen :

http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/plaquette_mauthausen_web.pdf

 

 

RETIRADA37 soutient la Cie CANO LOPEZ

La Compagnie Cano Lopez a été créée en 1986 et est installée au Château du Plessis, propriété de la ville de Tours, à La Riche depuis 1998. Ce site est un lieu culturel pluridisciplinaire de grande qualité où se sont déroulées de nombreuses manifestations regroupant musiciens, comédiens, danseurs, plasticiens, auteurs en résidence et stagiaires en formation (en 2015 : 135 artistes en résidence, 900 stagiaires issus de différents milieux). Comme le dit José Manuel Cano Lopez « Son projet s’inscrit plus que jamais dans la vie de la Cité, avec la volonté permanente de nourrir le dialogue entre les créateurs et les publics »
Les différentes baisses de subvention depuis le désengagement de l’Etat en 2008, puis des collectivités locales et celle de la Ville de Tours depuis 2014 avec moins 52% mettent en danger l’existence même de la Compagnie.
En décidant unilatéralement le départ de la Compagnie du Plessis au 1er janvier 2016 la municipalité de Tours veut sa disparition.
Un dialogue doit s’ouvrir pour revoir le montant des subventions et maintenir l’activité au Plessis-théatre Gabriel Monnet. Voici notre appel pour le soutien à la Compagnie Cano Lopez

Communiqué de l’association RETIRADA 37

  Le CA de l’association Retirada 37, dont le but est de faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés, a décidé unanimement le jeudi 4 juin 2015 d’adhérer au Comité de soutien du Plessis-Théâtre Gabriel Monnet.
  L’association Retirada 37 a trouvé auprès de la Compagnie soutien et coopération pour construire un événement artistique, mémoriel et convivial le 20 novembre 2015 afin de commémorer le 40ème anniversaire de la fin du dictateur Franco et l’espoir pour de nombreux Républicains espagnols exilés d’un retour à la démocratie.
  Retirada 37 compte parmi ses valeurs celles de l’éducation populaire, de la démocratie culturelle, de la promotion des découvertes artistiques, du partage, de l’accueil qui sont également celles de la Compagnie José Manuel Cano Lopez.
  Le CA de Retirada 37 estime donc nécessaire de reconsidérer la baisse de subvention et de maintenir au Plessis le projet de la Compagnie, dans ce lieu où elle a su unir ses valeurs, ses créations, ses multiples actions artistiques et l’âme de ce lieu qu’elle a d’ailleurs aidé à sauvegarder.
 

Aux espagnols exilés – Version traduite en Français

Mensonges ….

Après leur entrée en France essentiellement en février 1939 (la « retirada ») et leur internement dans les différents camps installés à la hâte notamment sur les plages du Roussillon, les exilés républicains espagnols (environ 500 000) seront dispersés dans plus de 70 départements français.

L’arrivée d’autres réfugiés courant 1939 est telle que l’administration française poursuit la dispersion des Espagnols et les pousse au maximum à rentrer en Espagne.

En parallèle, des lettres de propagande de I ’Ambassade d’Espagne en France sont distribuées à cet effet. Franco promet d’accueillir sans poursuite les exilés.

C’est une traduction de ces lettres que nous publions aujourd’hui (cliquer sur le lien ci-dessus et utiliser le zoom pour une meilleure lecture).

Ceux qui retourneront en Espagne seront aussitôt internés dans les geôles du Caudillo. La répression sera féroce. Des milliers de prisonniers seront affectés à la construction de « La valle de los caidos » auprès de I ’Escorial. Ce chantier souterrain gigantesque (cathédrale taillée dans le roc) est un bagne terrible. Beaucoup de prisonniers mourront d’épuisement. FRANCO, à sa demande, y sera enterré en 1975.

« L’Estaca », un hymne à la liberté…

L’Estaca, une chanson symbole de la lutte anti Franquiste, n’est ni plus ni moins qu’une métaphore, un code que le public décrypte évidemment rapidement et auquel il s’identifie. La chanson sonne clairement comme un chant de résistance au fascisme en même temps qu’un chant d’espoir et une invitation à ne jamais cesser de lutter contre le pouvoir autoritaire car le temps peut remplacer la force quand celle-ci fait défaut. Au bout d’un an, cette chanson est censurée par Franco et interdite. Une décision qui intervient trop tard tant les paroles et la mélodie qui l’accompagne sont connues de tous. A aucun moment Lluis Llach ne reculera devant la pression et les menaces. Pour ne pas se mettre en danger, il lui arrive de jouer les notes sans paroles et de laisser à son public la liberté d’entonner le texte. En 1970, Llach se produit ainsi au Théâtre espagnol de Madrid. Sa popularité naissante lui attire les foudres du pouvoir et tous les textes interprétés en public doivent préalablement être soumis à la censure. Au garde à vous devant son micro, il explique alors la situation pendant que son pianiste continue à jouer le refrain de l’Estaca. Trois mille personnes se mettent à chanter. Lui reste muet…

Une version chantée par Luis Llach, en Catalan, en 1976 :

Une version en Français par Marc Robine :

Une version avec Serge Utgé-Royo, Marc Robine, Christiane Stefanski, Marek Mogilewicz au Festival de Barjac 2001 :

Une version étonnante d’actualité  par Emel Mathlouthi qui fut un des airs de la révolution de Tunisie de janvier 2011 :

( En septembre 2012, juste retour des choses, la chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi interprète Dima dima de Yasser Jradi en public à Barcelone, sur les terres où Lluís Llach composa l’Estaca 44 ans plus tôt. Malheureusement, le son de cet enregistrement direct n’est pas excellent. Toutefois, l’émotion du chant et des symboles font plus que pallier à la mauvaise qualité auditive ).

 

Paroles et traduction de «L’estaca» (Du Catalan au français)

L’estaca (Le Pieu (1))

L’avi Siset em parlava
Grand-père Siset me parlait ainsi
De bon mati al portal
De bon matin sous le porche
Mentre el sol esperavem
Tandis qu’en attendant le soleil
I els carros veiem passar
Nous regardions passer les charettes

Siset, que no veus l’estaca
Siset, ne vois-tu pas le pieu
On estem tots lligats ?
Où nous sommes tous attachés ?
Si no podem desfer-nos-en
Si nous ne pouvons nous en défaire
Mai no podrem caminar !
Jamais nous ne pourrons nous échapper !

[Refrany]
[Refrain]
Si estirem tots, ella caurà
Si nous tirons tous, il tombera
I molt de temps no pot durar
Cela ne peut durer plus longtemps
Segur que tomba, tomba, tomba
C’est sûr il tombera, tombera, tombera
Ben corcada deu ser ja.
Bien vermoulu il doît être déjà.
Si tu l’estires fort per acqui
Si tu le tires fort par ici
I jo l’estiro fort per alla
Et que je le tire fort par là
Segur que tomba, tomba, tomba,
C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,
I ens podrem alliberar.
Et nous pourrons nous libérer.

Pero Siset fa molt temps ja
Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps
Les mans se’m van escorxant !
Mes mains à vif sont écorchées !
I quan la força se me’n va
Et alors que les forces me quittent
Ella és més ample i més gran.
Il est plus large et plus haut.

Ben cert sé que està podrida,
Bien sûr, je sais qu’il est pourri,
Pero és que, Siset, costa tant !
Mais, aussi, Siset, il est si lourd !
Que a cops la força m’oblida
Que parfois les forcent me manquent
Tornem a dir el teu cant :
Reprenons donc ton chant :

[Refrany]
[Refrain]

L’avi Siset ja no diu res
Grand-père Siset ne dit plus rien
Mal vent que se’l va emportar
Un mauvais vent l’a emporté
Ell qui sap cap a quin indret
Lui seul sait vers quel lieu
I jo a sota el portal
Et moi, je reste sous le porche

I quan passem els nous vailets
Et quand passent d’autres gens
Estiro el col per cantar
Je lève la tête pour chanter
El darrer cant d’en Siset,
Le dernier chant de Siset,
Lo darrer que em va ensenyar
Le dernier qu’il m’a appris :

[Refrany] (x2)
[Refrain] (x2)

En Espagnol :

El viejo Siset me hablaba
al amanecer, en el portal,
mientras esperábamos
la salida del sol
y veíamos pasar los carros.

Siset: ¿No ves la estaca
a la que estamos todos atados?
Si no conseguimos
liberarnos de ella
nunca podremos andar.

Si tiramos fuerte, la haremos caer.
Ya no puede durar mucho tiempo.
Seguro que cae, cae, cae,
pues debe estar ya bien podrida.

Si yo tiro fuerte por aquí,
y tú tiras fuerte por allí,
seguro que cae, cae, cae,
y podremos liberarnos.

¡ Pero, ha pasado tanto tiempo así !
Las manos se me están desollando,
y en cuanto abandono un instante,
se hace más gruesa y más grande.

Ya sé que está podrida,
pero es que, Siset, pesa tanto,
que a veces me abandonan
las fuerzas.
Repíteme tu canción.

Si tiramos fuerte …

Si yo tiro fuerte por aquí …

El viejo Siset ya no dice nada;
se lo llevó un mal viento.
– él sabe hacia donde -,
mientras yo continúo
bajo el portal.

Y cuando pasan
los nuevos muchachos,
alzo la voz para cantar
el último canto
que él me enseñó.

Si tiramos fuerte …

Si yo tiro fuerte por aquí,
y tú tiras fuerte por allí,
seguro que cae, cae, cae,
y podremos liberarnos