Archives de catégorie : Témoignages et récits

FRAGMENTS DE MÉMOIRE 5

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Sont reproduits ici les textes qui ont été mis en voix par la Compagnie Cano López le 20 novembre 2015 au Plessis-Théâtres  à  La Riche (Indre-et-Loire).

« Tuntún ¿Quién llama a la puerta ? »

 

Comptine chantée dans les cours d’école (années 40) « Tuntún ¿Quién llama a la puerta ? Es la policía … Tuntún ¡me van a matar ! »

 

Pendant les bombardements, elle a pris le train avec sa sœur aînée et sa mère pour se réfugier en France. Comme elle était la plus petite, mon grand-père avait dissimulé des billets dans sa chaussette pour que sa famille ait un peu d’argent. Quand ma grand-mère a trouvé les billets elle était furieuse car il était interdit de sortir des billets d’Espagne et elles auraient risqué une arrestation. De toutes façons, les franquistes une fois au pouvoir, ont décrété que la monnaie républicaine n’aurait plus cours et ne valait plus rien.

Elles ont passé la guerre à Bezons (banlieue parisienne) chez des amis communistes (mes grands-parents étaient anarchistes). Là-bas, les amis René et Marcelle ont publié dans un journal (communiste je crois) le témoignage « de deux petites réfugiées de la guerre d »Espagne » que ma mère et ma tante avaient rédigé (Elles avaient entre 9 et 10 ans). Le but de cet article était de sensibiliser la population française à ce qu’il se passait en Espagne.

La République de 1931 avait permis que les élèves apprennent le catalan à l’école. Je conserve encore un livre d’alphabet de cette époque. Après la guerre, le catalan était interdit à l’école.

Dans le quartier de mes grands-parents il y avait un aviateur qui avait participé aux bombardements de Barcelone sous les ordres de Franco. Il avait bombardé le quartier de Gracia et du Guinardó. La guerre terminée il avait continué d’habiter près de la Sagrada Familia. Mais il ne sortait guère de sa maison car les gens savaient ce qu’il avait fait, et même s’il était dans le camp des vainqueurs,  il y avait de l’animosité contre lui.

 Sylvie Dulos

 

FRAGMENTS DE MÉMOIRE 4

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Sont reproduits ici les textes qui ont été mis en voix par la Compagnie Cano López le 20 novembre 2015 au Plessis-Théâtres  à  La Riche (Indre-et-Loire).

Les Olympiades oubliées – Barcelone, juillet 1936

 

17 juillet  – En 1936 le tourisme n’est pas encore populaire mais sur les Ramblas de Barcelone  les accents étrangers, surtout européens, se mélangent aux parlers  catalans, andalous, madrilènes… On attend plusieurs milliers de sportifs et visiteurs à l’occasion des Olympiades Populaires qui vont se dérouler au stade Montjuich du 20 juillet au 26 juillet. Ces  Olympiades sont organisées par le mouvement sportif catalan en opposition aux Jeux Olympiques de Berlin présidés par Hitler.

Dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir un mouvement de boycott lancé par des sportifs américains avait contesté  l’organisation par le régime nazi des Jeux Olympiques attribués en avril 1931 à l’Allemagne. Les protestataires s’appuyaient notamment sur le fait qu’aucun athlète juif ne serait sélectionné en Allemagne. Le mouvement de protestation s’était également  développé dans d’autres pays, notamment en France, avec les organisations sportives FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), UFOLEP (Union française des organisations laïques d’éducation physique) et même des associations ou fédérations purement sportives. En mai 1936 l’invitation était venue d’Espagne d’organiser des Olympiades Populaires à la fois sportives et culturelles  en signe de protestation pacifique à l’encontre des Jeux encadrés par les uniformes nazis.

L’entrée en rébellion de Franco au Maroc « espagnol » mettait la République en grand danger. Le général Goded était attendu, venant de Majorque, pour prendre la tête de la rébellion à Barcelone, un colonel assurait l’intérim. Mais l’armée était loin d’être gagnée à la cause monarcho-fasciste et des armes avaient été données aux travailleurs par des sous officiers ; certaines unités de Gardes d’Assaut et de Gardes Civiles, la majorité des forces de police, se mirent aux côtés des travailleurs armés dans les jours qui suivirent.

Les 18 et 19 juillet les combats sporadiques eurent lieu dans Barcelone. Les délégations sportives logées dans les hôtels de la place de Catalogne les entendirent et il y eut quelques blessés parmi eux. Mais aussi de nombreux morts des deux côtés des combattants. Le général Goded arrivé dans la mi-journée du 19 ne put rallier les unités de la Garde Civile, il fut fait prisonnier et lança un appel à la radio pour cesser le combat. Les travailleurs armés de la CNT, du Poum et du Parti socialiste unifié catalan avaient gagné la première épreuve à Barcelone. Il n’en était pas de même en d’autres lieux. Les barcelonais victorieux allaient devoir prêter main forte aux républicains des autres villes.

Le 20 juillet les Olympiades Populaires durent être annulées. Le 24 juillet la plupart des sportifs et accompagnateurs français furent rapatriés à Marseille dans deux paquebots. Jacques Gérald, responsable de la délégation girondine, raccompagna les sportifs aquitains dans leur région et repartit, en volontaire, au mois d’août, pour combattre au côté des républicains espagnols, il fut tué sur le front le 2 janvier 1937. Andrés Martin, ex secrétaire du Comité d’organisation des Olympiades Populaires, fut tué, en septembre, sur le front d’Estrémadure.

En 1937 des Olympiades Populaires eurent lieu à Anvers en souvenir des Olympiades Populaires de Barcelone. Les organisations sportives travaillistes internationales continuaient de rechercher les bases possibles de l’unité antifasciste. En Espagne la guerre continuait et s’aggravait avec l’intervention ouverte des forces armées hitlériennes et mussoliniennes.

 Gilbert Déverines

FRAGMENTS DE MÉMOIRE 3

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Sont reproduits ici les textes qui ont été mis en voix par la Compagnie Cano López le 20 novembre 2015 au Plessis-Théâtres  à  La Riche (Indre-et-Loire).

La vie quotidienne dans les camps

 

Voici quelques lignes extraites des lettres  que  mon père, interné à Argelès puis Gurs puis  en CTI -Camp de Travailleurs Internationaux-  puis au Stalag VIII C (Silésie), adressait à ma mère et ma sœur aînée (au Camp de Réfugiés Espagnols de Charolles – Côte d’Or -).

Quelques « thèmes » récurrents bien sûr : manque de nourriture, manque d’hygiène, manque d’information ;  mais espoir de bientôt  se retrouver !

Un petit tour d’Europe : il a fui sa  Bulgarie natale pour rejoindre  l’Espagne Républicaine dès les années 30, enthousiasmé par le mouvement  libertaire qui s’y développait. Il a vécu à Barcelone où est née ma sœur, qui, âgée de 3 ans, passa la frontière à pied en février 1939 avec ma mère et grand-mère.

Il  a donc connu les camps du Sud de la France en 1939… puis le Nord de la France (C.T.I.)…, la Silésie (Stalag VIII C), puis Béziers et enfin la Touraine !

 

 27 mars 1939 : Argelès-sur-Mer
El tiempo hoy es un poco mejor. Hace unos dias que la lluvia nos obligaba a quedarnos en las chabolas dónde las gotas caían como lágrimas… No mando más que un dibujo para nuestra alegría; le explicarás el poema de las « hermosas gaviotas ».

 2 août 1939 : Gurs
Por aquí hace algunos días que la policía francesa, con algunos representantes de Franco, van por los islotes de los Españoles y les dicen que los que quieren ir a España que cojan sus maletas para salir y los que quieran quedarse en Francia  pues  que se queden…

Eso lo hacen en presencia de las autoridades españolas porque habían llevado una campaña contra el Gobierno francés, diciendo que no déja a los Españoles que vayan  a sus país, y para desmentir esta calumnia hacen lo presente ; pero son muy pocos los que se van porque  tienen bien en cuenta lo que es el fascismo.

Corren rumores que dentro de un mes liquidarán con los campos pero no hay verdad en ese bulo.

Papel tengo para dibujar, no me mandes más. Recuerdos para todos y vosotras, morena y rubia,  queridas, muchos besos.

 27 janvier 1940 : Gurs (enveloppe censure militaire à Béziers)
… Para nuestra salida en Companía de trabajo ya no se habla. No sé cuándo será pero la esperamos con ansia… Para los que trabajan en las enfermerías les pagan 100 francos para el mes de Diciembre ; para mejorar las condiciones de la vida… en invierno siempre hay más gastos. Cómo hace frío podéis tomar las tres (abuela, hija, y tú) aceite de bacalao para restablecer las fuerzas perdidas en el Refugio.

 2 février 1940 : Gurs
… No sabemos cuándo nos sacarán de aquí a trabajar…

 7 février 1940 : Gurs
… estoy muy contento que estéis bién… y gozando de la vida libre y que nuestra rubita se siente como un pájaro con alas –que antes las tenía cortadas entre los alambrados… eso me da  fuerza para vivir y resistir…

 17 février 1940 : Gurs  (enveloppe censure militaire à Béziers)
Tu última carta me ha emocionado mucho… Voy a decirte una cosa inesperada : todos los internacionales van a salir en Companías de trabajo y de nustro islote, según las informaciones, saldremos todos .

Dicen que saldrán primero los civiles que no tomaron parte en la guerra en España, y yo, cómo he trabajado todo el tiempo en Barcelona, estoy entre los primeros que saldrán.

 25 février 1940 : Gurs
El viernes recibí tu paquete… los bloques de papel son grandes pero no importa, con uno haré dos ; los pasteles también buenos… De nuestro islote ya formaron una Companía y la semana que viene tal vez saldrá. En ella no estamos –yo ni Constantino- Quedamos para la segunda Companía

3 mars 1940 : Gurs
µ… el paquete llegó bién, con salchichón, cuadernos de dibujo, caja de pintura, pasteles  y fruta seca que era muy buena. Te voy a decir que que formaron la segunda Companía de nuestro islote  y estamos agregados yo y Constantino.

Antes de ayer, nos sacaron sangre y estamos esperando de día en día para salir. Puede ser que hasta el día 15 del mes actual salgamos todos. Nuestra Companía se compone en mayoría de Alemanes, Austriacos, Ungaros, Checos, algunos Yugoslavos, algunos Italianos y 2 Cubanos.

 El Jefe de la Companía es Alemán, el Jefe de nuetsro islote es Ungaro y estamos en la sección de los Ungaros. Así que todos contentos de salir pronto, cuando el invierno se aleja y se aproxima la primavera. El próximo dibujo que haré serán los Pirineos, que los tengo a la vista.

7 mars 1940 : Gurs
…mañana salen 4 Companías y en una de estas estamos yo y Constantino. Nos tralandan de un islote a otro y mañana al fín saldremos…

cf . certificat de présence 254è Compagnie de Travailleurs Internationaux

13 mars 1940
Camp de Buyschewre (Nord) – matricule 277-

25 mars 1940 : St-Omer
Hoy lunes, segundo día de Pascua no trabajamos… La comida la han mejorado y nos dieron botas porque el terreno es de barro y agua… Por la mañana nos dan un pedazo de pan con 5 gramos de queso o salchichón o pescado. Eso nos resfuerza un poco. El trabajo no es pesado para los que tienen la costumbre. Lo único que nos pesa es que no sabemos cuál será nuestro destino después de trabajar meses y meses por nada… No tenemos derecho de franqueo militar ni salir sin guardias por los pueblos… Ayer, por la  fiesta, salió un grupo a paseo –con guardias- pour un pueblo próximo. A medio día nos dieron café…. No me mandes nada, vale caro y no tengo necesidad… Por aqui hay mucha ensalada de campo y comemos cuando tenemos la volubtad de recogerla. El aceite vale 12 francos el litro ; hay también leche fresca -1,80 el litro-. De vez en cuando compro pan porque el que nos dan no basta (cuando se trabaja se come más)… Aquí es preferible para mí : se anda, se trabaja y la vida es movimiento, no es paro.

Lo más desagradable es -y será- la falta de remedios para limpiarnos de los piojos que ya los tenemos… Estamos como sardinas en las barracas. Eso a mí me pesa más que todo.

Con nosotros está Pierre y una veintena de Búlgaros (pero no los conoces) ; está también aquel que trabajaba en una fábrica de guerra detrás de Montjuit… Ahora, Constantino está limpiando ensalada. Son las 3 ½ y como no tenemos pan la comeremos sin pan (nos darán esta noche para mañana). Nos dan ¼ de vino diario.

3 avril 1940 : St-Omer
 Ayer llegó tu última carta ; veo que nos has recibido mi segunda. Te  repito que el trabajo no es pesado ; comemos bién y esta semana nos dieron ropa o sea zapatos y pantalones. No hace frío y ya estamos en el mes de Abril… Este mes, según el Jefe de la Companíq, se areglará el asunto del permiso para los que tienen familia… También nos dijeron en Gurs, antes de   salir, ,que a las mujeres de los que están en Companías de trabajo pagarán 8 francos y a cada niño 4 francos y nosotros tendremos el jornal del soldado francés. Así que podréis mejorar la vida… Nadie sabe cómo se desarrollará ni cómo terminará la guerra… pero mientras tanto ne se oyen los bombardeos como en Barcelona. España, cómo está tan ruinada, no cro que entrará en guerra…Comprendo bién tu pena… ya se cumplieron 15 meses sin vernos…

El tiempo aquí lo pasamos muy divertido, sobretodo por la noche : despés de la cena.
Cuando nos ponemos en las camas, parece que estamos al teatro : los Italianos comen ranas, las cazan en el agua por aquí. Una noche uno cojió 2 ranas y las metió en sus botas para comerlas por la mañana. Cuando todos estábamos callados, las ranas empezaron su canción de noche : « cuac, cuac, cuac… » ; una risa entre todos explotó como una bomba ; las ranas, oyendo, se callaron un momento… para empezar otra vez y gritar más… Esto  duró hasta media noche y cansados de risa y de charlas, por fin, nos dormimos sin más oír la voz de las 2 cantadoras… La vida colectiva es siempre divertida…

 21 avril 1940  – 28 avril 1940
… las cartas llegan con retraso. Aquí mando unas flores de primavera… los pájaros cantan día y noche y todo el aire es música agradable… Estamos bastante bién ; nos dieron

2 trajes : el uno es de pana y otro de « caquí ». También nos dieron ropa interior. Nos pagaron 2 veces ya y 2 veces nos dieron tabaco.

 2 mai 1940 :
He recibido el paquete con los calcetines y el salchichón el día 30 del mes pasado. Aquí podemos comprar lo que necesitamos y dinero todavía tengo. Ya te escribí que la comida es bastante buena porque se organizó nuestro  « aprovisionamento ».

 24 juin 1940 « Alemania » – Stalag VIII C
…Al fin puedo  comunicaros que estoy prisionero en un Campo y Costantino está  en otro. Me imagino bien la alegría que os causará esta porque hace más de un mes que no pude escribiros. Estoy bien de salud ; estamos puestos en camas individuales.

Esperamos pronto el fin de la guerra y tan pronto estaré a vuestro lado. La dirección la escribirás tal cómo está detrás del sobre : ni una letra más.

P.S. mándame 1 paquete de 5 kg : azúcar, tocino,  galletas, queso y pan.

 5 août 1940 : Stalag VIII C
 No tengo noticias vuestras… Salud y alegría os deseo – la mía bién.

 25 septembre 1940 : Stalag VIII C  (écrite le 9 sept., expédiée le 25)
Estoy bién de salud y trabajo hace 3 semanas… Tal vez pronto marcharemos y nos veremos después de tanto tiempo separados…

 22 octobre 1940 : Stalag VIII C
… estoy bién de salud. Hace un mes que no tengo noticcias vuestras. Es posible que este mes salgamos de aquí…

28 octobre 1940 : Stalag VIII C
… Si no has mandado el paquete… no me lo mandes que no necesito y tal vez pronto marcharemos de aquí y nos veremos pronto si el bulo que corre por el momento sale verdad. Entonces podré comer uva que tanto me gusta.

A la nena, díle que cuándo vuelva le compraré la bicicleta que tanto tiempo está deseando.

2 novembre 1940 : Stalag VIII C
… ayer recibí tu carta del  29 – 9

 17 novembre 1940 : Stalag VIII C
… El paquete aún no ha llegado. Estoy bien de salud. Los cvliles franceses se marcharon estos días.

 20 novembre 1940 : Reims : carte imprimée : « strictement réservée à la correspondance d’ordre familial »
« je suis en bonne santé »

 

Certificat AUSWEIS
du 26 février 1941
« rapatrié d’Allemagne » et « libéré définitivement » ;
« engagé comme bûcheron »
à Dun/Meuse – signé :  Sous Préfet de Reims.

Sans doute Béziers à partir de mars 1941.

Novembre 1941 à mai 1942 : ouvrier agricole – « La Girardière – Genillé (37) ;

Juin 1942 à mars 1957 :   ouvrier agricole – Ferme de Marolles  – Genillé – (37) – Ferme pilote, inaugurée par Mac Mahon en septembre 1877 – ;

Puis Tours : manœuvre, usine SCHMID.

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 A mi hija Primavera

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Primavera : il s’agit de ma sœur (née le jour du printemps, 21 mars, 1936 !).

L’auteur du poème : Stefan Gramatikoff (un bulgare qui se trouvait en Espagne dès 1931).

 Aurora Bourreau

 


 

FRAGMENTS DE MÉMOIRE 2

Sont reproduits ici les textes qui ont été mis en voix par la Compagnie Cano López le 20 novembre 2015 au Plessis-Théâtres  à  La Riche (Indre-et-Loire).

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Pero no.

España, con más de 114.000 desaparecidos, es « el segundo país del mundo, tras Camboya, con mayor número de personas víctimas de desapariciones forzadas cuyos restos no han sido recuperados ni identificados » (Jueces para la democracia, asociación profesional de jueces y magistrados). Todos y todas los desaparecidos fueron calificados como de izquierdas o rojos, muertos durante la Guerra civil española (1936-1939), cuyo balance fue de 500.000 muertos entre los 2 bandos y otros tantos exiliados de izquierdas.
Con la excusa de una imparcialidad hipócrita, de no reabrir heridas, de mirar al futuro y no al pasado, parte de la sociedad española describe esta etapa crucial, la más sangrienta en la historia de España, como una lucha fratricida, de hermanos. Consecuencia normal, lógica y natural del caos y estado de violencia permanente durante la Segunda República (1931-1939). Si hubiesen ganado los “rojos”, España hubiese sido un estado satélite de Stalin, mejor un dictador nacional. La transición política, culminada con la aprobación de la Constitución de 1978, supuso la llegada de la democracia a España, una reconciliación nacional, con homologación europea incluida, un juntos hacia adelante, sin importar el pasado.
Pero no. Un Estado social y democrático de derecho, como dice la Constitución, con 37 años ya, no puede permitirse tener a más de 100.000 compatriotas enterrados en su territorio sin localizar ni identificar. No puede permanecer neutro a la hora de analizar, un golpe de estado, preparado desde su interior, antes incluso de la proclamación de la propia II República, por militares, responsables precisamente del orden público, poseedores del monopolio de la violencia. Un golpe de estado en contra de la legalidad vigente, que ellos debían defender los primeros. La legalidad democrática de una
República que quería modernizar el país, hacer real en España los principios de libertad, igualdad y fraternidad. Aunque pocos, pero muy violentos y organizados, con la ayuda de Hitler y Mussolini, y las necesidades de supervivencia de toda maldita guerra, vencieron, logrando casi su objetivo de “eliminar, sin dudarlo a todos los que no piensen como nosotros (Mola dixit)”.
Ahí la diferencia radical. Una vez empezada la guerra, el gobierno republicano condenaba, incluso perseguía, todo ajuste de cuentas en la retaguardia, fuera del campo de batalla, algo que logró 6 meses después de empezada ésta. Franco y sus colaboradores, fomentaron el “limpiar España”, desde el principio hasta el final. O matar y violar a todos los calificados como rojos, judíos o masones. Por eso no es comparable la bandera tricolor republicana con la rojigualda del Águila de San Juan, reinante durante 40 años. Hay heridas que no pueden reabrirse porque nunca terminaron de cerrarse, de cicatrizar. Todo el mundo tiene derecho a tener un sitio donde visitar o rezar a sus muertos. Debemos aprender del pasado para no repetir los mismos errores.
Jesús Bermejo González

FRAGMENTS DE MÉMOIRE 1

Sont reproduits ici les textes qui ont été mis en voix par la Compagnie Cano López le 20 novembre 2015 au Plessis-Théâtres  à  La Riche (Indre-et-Loire).

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Mon camarade José

Mon camarade José, vieux militant du PSOE (Parti Socialiste Espagnol), et de la CGT, a dû demander la nationalité française pour lui, sa femme, et ses enfants dès 1974, juste avant la mort de Franco.

C’était pour avoir le droit  d’obtenir des bourses pour les études, car ils n’avaient pas les moyens d’y subvenir, sa femme et lui. José était maçon, et, aujourd’hui comme hier, les salaires sont vraiment insuffisants, dans le bâtiment. Et les retraites aussi. Et puis, cela ouvrait des portes pour les emplois futurs, y compris dans la fonction publique. « Mais ce n’était pas de gaité de cœur », m’a–t-il dit avec l’accent qu’il n’a jamais perdu.

Même avec sa carte d’identité, originaire de Galice, il n’a jamais pu dire qu’il était français. Dès que possible, il a demandé (et obtenu) la récupération de sa nationalité espagnole.

Il a toujours été dubitatif en ce qui concerne la loi sur la mémoire historique votée en 2007. C’est un amendement de cette loi qui permet aux enfants et petits-enfants d’exilés de réclamer la nationalité de leurs ascendants. L’amendement concerne les émigrants en général.

José pense que « la loi profitera surtout aux enfants des émigrés économiques d’Amérique du sud… Je ne sais pas pourquoi ils ont voulu mélanger ça avec le loi sur la mémoire historique ».

« Les républicains exilés se sont sentis trahis quand la démocratie, puis la gauche se sont installées au pouvoir en Espagne » … Ceux qui, comme José, se sont battus les armes à la main pour défendre la jeune république du « Frente Popular » contre les miliciens du Général Franco « ont trouvé bien longue la transition démocratique ».

Dans le pays, des rues, des places, des monuments évoquent toujours la période franquiste … « La volonté de ne pas raviver les tensions était peut-être juste ( ?) mais nous l’avons souvent vécu comme une humiliation supplémentaire. » a conclu José, l’air soucieux, les sourcils froncés.

Jean-Louis Bargès

Un film rare sur l’exode des républicains espagnols en 1939

L’Independant.fr publie un long extrait du film « L’exode d’un peuple », jamais diffusé à la télévision ni sur Internet

Un film rare sur l’exode des républicains espagnols en 1939
L’Indépendant.fr a publié ce vendredi un long extrait (18 des 36 minutes que compte le film) du document de Louis Llech et Louis Isambert tourné à l’hiver 1939 sur l’exode des républicains espagnols dans les Pyrénées-Orientales et intitulé : « L’exode d’un peuple ».

Ce document a été édité en DVD avec l’ouvrage «La retirada en images mouvantes» (ed. Trabucaire ).

http://www.sudouest.fr/2013/02/22/un-film-rare-sur-l-exode-des-republicains-espagnols-en-1939-975042-4803.php

De la part de jacqueline

« Histoire d’une photo »

Qui ne connaît cette célèbre et émouvante photo, souvent reproduite dans les livres, parue le 18 février 1939 dans la revue l’Illustration, photo devenue l’un des symboles emblématiques de la Retirada ?

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Amadeo (5 ans), Mariano le père, Alicia la sœur et Antonio le frère aîné arrivaient de Monzón (Province de Huesca).
(Photo « Satara », inconnue des photographes. Certains auteurs indiquent que ce cliché appartient à l’agence Roger-Viollet –créée en 1938 – mais je ne retrouve aucune copie dans leurs archives). On remarquera que le père porte sur son épaule droite le drapeau républicain où l’on peut distinguer la « grenade » représentant le royaume du même nom qui est placé en bas du blason officiel.

enseigne

Voici rapidement ce que l’on sait de leur épopée :
Le 20 novembre 1937, la ville de Monzón est bombardée par des Savoia italiens. La mère, Pilar, prend son ouvrage, empoigne Amadeo et prie Antonio de suivre une voisine qui se saisit au passage d’Alicia et cours se mettre à l’abri, dans les champs, loin des maisons. Elle s’aperçoit rapidement qu’elle a oublié son dé à coudre et prie Antonio d’aller le chercher. Elle se couche sur Amadeo afin de le protéger et, dans le même réflexe, la voisine sur Alicia. Des éclats de bombe atteignent les deux femmes. Amadeo a son pied gauche en partie arraché, sa sœur Alicia la jambe gauche déchiquetée. L’aîné Antonio est miraculeusement indemne, il constate, effondré, le massacre. Le père rentre précipitamment de la sucrerie dans laquelle il travaille (collectivisée par un comité anarcho-syndicaliste). Deux semaines plus tard la maman décède à l’hôpital de Lérida,  Amadeo aura le pied amputé et sa sœur la jambe gauche. Le papa décide de s’installer près de l’hôpital afin de veiller sur ses enfants. Le 23 novembre un autre bombardement atteint la salle d’hôpital où ils se trouvent. Ils en sortent indemnes. Le père a eu la bonne idée de quitter Monzón car la ville est prise par les franquistes le 30 mars et se préparent à investir Lérida. L’hôpital est évacué par camion vers la clinique San Pau de Barcelone, Mariano recherche alors un nouveau lieu d’accueil et, début juin, il trouve une place pour les trois enfants à La Garriga, à 30 km au nord de Barcelone, dans une colonie pour orphelins parrainée par Negrín où le père a pu se faire engager comme gardien. Devant l’avancée franquiste sur Barcelone la famille est conduite à Ripoll puis à Camprodón, puis ensuite vers la frontière française. Etant donné l’état des deux enfants ils bénéficient d’un camion pour accomplir les 18km séparant Camprodón du col d’Ares, frontière et terminus carrossable. De là, le groupe a emprunté l’un des nombreux sentiers conduisant à Prats de Mollo. C’est en chemin que Thomas Coll, un habitant du village, ancien poilu de 14-18, lui aussi amputé, offre sa main à Amadeo pour atteindre le lieu de fouille de la frontière.
Le père décède, probablement dans un camp, entre fin 1939 et début 1940. Amadeo, entouré de ses petits-enfants, vit sa retraite à Alcalá de Henares. Atteint d’un cancer je ne sais pas s’il est encore parmi nous.
En voici l’histoire de cette photo :
Le journal « El País Semanal » souhaite publier un numéro spécial consacré à la Retirada (qui sera mis à la vente le 12 janvier 2003). Il est alors proposé aux lecteurs d’envoyer leurs témoignages. Amadeo envoie un courrier (« Yo ni perdono, ni olvido ») ainsi qu’une copie de cette photo où il s’identifie. L’émotion des lecteurs entraine une vague de sympathie pour cet aragonais au parcours douloureux. Le journal reçoit des appels téléphoniques et aussi de nombreux courriers dont celui d’Irène Suñer de l’Association des Fils et Filles de Réfugiés Espagnols et Enfants de l’Exode (FFREEE) d’Argelés et de Marguerite Planell, présidente de l’association « Prats Endavant » de Prats del Mollo. Amadeo apprend alors que l’homme qui lui tient la main s’appelle Thomas Coll.
Fin 2003, Enrique Líster López, le fils du célèbre général communiste, écrit à la rédaction et adresse une copie d’un film qu’il a retrouvé dans les archives de son père : « Levés avant le jour », réalisé en 1948 par Bertrand Dunoyer. Amadeo découvre l’existence de ce film et revit avec une grande émotion ces instants pénibles, dans la neige et le froid, en compagnie de son père et de ses frère et sœur. Soixante ans plus tard, invité à Prats de Mollo, Amadeo revivra son tragique passé. (Enrique Líster junior, aujourd’hui retraité, a été maître de conférence en Langue, Civilisation et Histoire russe à l’université de Poitiers).

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Bande extraite du film « Levés avant le jour » dont le titre est tiré de l’ouvrage d’Artur London « Espagne, Espagne… ».
Film réalisé par Bertrand Dunoyer (54’) :
http://parcours.cinearchives.org/Les-films-731-153-0-0.html

La courte séquence sur Amadeo est à 5’08 ’’ (index défilant au centre de l’écran).

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Monument de l’exil à La Vajol, « Mariano en compagnie de sa fille Alicia ».

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Je vous recommande vivement la visite du MUME (Musée Mémorial de l’Exil) à La Junquera.

http://www.museuexili.cat/index.php?lang=fr

Sources :
PRUJA, Jean-Claude, « Premiers camps de l’exil espagnol, Prats de Mollo, 1939 », Saint-Cyr-sur-Loire, Ed. Alan Sutton, 2003.
PRUJA, Jean-Claude, « De la République aux camps de l’exil, La Guerre d’Espagne, Réfugiés dans les Pyrénées et sur la côte catalane », Saint-Cyr-sur-Loire, Ed. Alan Sutton, 2009.
LONDON, Artur, « Espagne… », Bruxelles, Editions Tribord, 2003.
http://todoslosrostros.blogspot.fr/2009/09/en-algun-oculto-lugar-de-la-memoria.html
Jean-Claude Vanhille Lite

A lire ou à relire : « Révolution et contre révolution en Catalogne, 1936-1937 » de Carlos SEMPRUN MAURA

Présentation1 revolution et contre revLa guerre d’Espagne n’a pas été seulement une terrible guerre civile.

En effet, une tentative de révolution sociale avait vu le jour quelque temps auparavant dans diverses régions d’Espagne et s’est poursuivi pendant la guerre civile.

L’ouvrage « Révolution et contre révolution en Catalogne (1936-1937) » de Carlos SEMPRUN MAURA retrace de façon très détaillée cette tentative en Catalogne et en Aragon.

Il s’appuie notamment sur les écrits, règlements, tracts, lois, déclarations, … des différentes parties antifranquistes (gouvernement républicain légal, staliniens, communistes modérés, socialistes et surtout les mouvements libertaires, acteurs majeurs de cette tentative).

On trouvera sur la deuxième photo jointe à l’article un résumé du sujet du livre (double click pour l’agrandir).

Le livre est passionnant mais le nombre de documents à caractère plus ou moins administratifs rapportés et commentés peut rebuter certains lecteurs.

J’ai noté quelques points qui ont particulièrement attiré mon intérêt :

  • L’étendue des collectivisations et de l’autogestion agricoles et industrielles mises en place dans le cadre de cette tentative de révolution sociale, collectivisations qui ont perduré longtemps en Aragon.
  • La suppression par les anarchistes et leurs milices des anciennes hiérarchies et bureaucratie existantes, afin de mettre en place les leurs non moins pesantes.
  • L’opposition, jusqu’au divorce, au sein des mouvements libertaires, des militants de base et des dirigeants compromis avec les autres parties.
  • Les alliances « contre nature », notamment entre les républicains de la Généralité catalane (le gouvernement légal) et les communistes staliniens dans le but de détruire cette tentative libertaire, y compris avec une terrible violence.

Nous savions depuis longtemps qu’au sein de la guerre civile, une autre guerre fratricide avait eu lieu. Mais la description détaillée de cette période désastreuse inspire consternation et m’interroge : comment les « Républicains » auraient-ils pu gagner …

L’auteur est Carlos SEMPRUN MAURA, frère de l’écrivain Jorge SEMPRUN.

A la lecture du livre, on devine ses sympathies libertaires.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlos_Sempr%C3%BAn_Maura

A noter que le livre a été imprimé par l’imprimerie tourangelle MAME en 1974.

 

Rencontres au détour des vacances…

Au cours de nos pérégrinations ornithologiques, dans les P.O.
(Pyrénées Orientales),nous avons découvert ,au bout d’un chemin
inextricable,d’un petit village de montagne catalane :PY (réserve naturelle),
une plaque commémorative de la retirada (voir pièce jointe ).
Ce qui semble banal ,au premier abord,dans ce département qui reçut plusieurs
centaines de milliers de réfugiés, l’ait beaucoup moins, quand comme nous, avons pu le
constater physiquement, la route empruntée n’était pas la plus naturelle et la plus facile.
-La vallée de la Rotja est très escarpée,avec peu de sentiers ou sentes naturelles dessinées
( peu d’élevage et estives).
-La frontière suit des sommets de plus de 2000m qui forment une barrière très difficile à franchir
-Il est certain qu’au mois de février 1939,cette « route » était fortement enneigée.
Alors pourquoi avoir choisi cet itinéraire ?
Était ce un choix ,ou se sont ils perdu ?
Avaient-ils des contacts avec les catalans du village de Py ou de Mantet ?
Pensaient-ils,que l’accueil français serait meilleur ici que sur les grands passages?
Je crois savoir que la route de Mollo était la dernière à être contrôlée par les fascistes,
ces réfugiés faisaient -ils parti des dernières vagues ?
Qui étaient-ils ?

J’imagine mal des femmes , enfants, vieillards résister à une telle marche!
Que sont ils devenu ?

Quelle est leur histoire ?
Visiblement à PY leur mémoire a perduré,mais en interrogeant un garde de la maison de la nature,
il m’indiqua sans trop de précision, que certains s’étaient établis dans l’arrière pays
(j’ai grand peine à imaginer plus arrière pays que cette vallée ) ou ont étés dirigés vers
Rivesaltes…..Bref rien de bien probant .
Étant seulement de passage, je n’ai pu continuer mes investigations plus loin, auprès du maire,
des résidents etc…..ces questions resteront pour l’instant sans réponse.
Je souhaitais seulement vous faire partager ma stupéfaction devant les conditions extrêmes de
cet « exode ».
Salut et fraternité
Bruno N.