« L’Estaca », un hymne à la liberté…

L’Estaca, une chanson symbole de la lutte anti Franquiste, n’est ni plus ni moins qu’une métaphore, un code que le public décrypte évidemment rapidement et auquel il s’identifie. La chanson sonne clairement comme un chant de résistance au fascisme en même temps qu’un chant d’espoir et une invitation à ne jamais cesser de lutter contre le pouvoir autoritaire car le temps peut remplacer la force quand celle-ci fait défaut. Au bout d’un an, cette chanson est censurée par Franco et interdite. Une décision qui intervient trop tard tant les paroles et la mélodie qui l’accompagne sont connues de tous. A aucun moment Lluis Llach ne reculera devant la pression et les menaces. Pour ne pas se mettre en danger, il lui arrive de jouer les notes sans paroles et de laisser à son public la liberté d’entonner le texte. En 1970, Llach se produit ainsi au Théâtre espagnol de Madrid. Sa popularité naissante lui attire les foudres du pouvoir et tous les textes interprétés en public doivent préalablement être soumis à la censure. Au garde à vous devant son micro, il explique alors la situation pendant que son pianiste continue à jouer le refrain de l’Estaca. Trois mille personnes se mettent à chanter. Lui reste muet…

Une version chantée par Luis Llach, en Catalan, en 1976 :

Une version en Français par Marc Robine :

Une version avec Serge Utgé-Royo, Marc Robine, Christiane Stefanski, Marek Mogilewicz au Festival de Barjac 2001 :

Une version étonnante d’actualité  par Emel Mathlouthi qui fut un des airs de la révolution de Tunisie de janvier 2011 :

( En septembre 2012, juste retour des choses, la chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi interprète Dima dima de Yasser Jradi en public à Barcelone, sur les terres où Lluís Llach composa l’Estaca 44 ans plus tôt. Malheureusement, le son de cet enregistrement direct n’est pas excellent. Toutefois, l’émotion du chant et des symboles font plus que pallier à la mauvaise qualité auditive ).

 

Paroles et traduction de «L’estaca» (Du Catalan au français)

L’estaca (Le Pieu (1))

L’avi Siset em parlava
Grand-père Siset me parlait ainsi
De bon mati al portal
De bon matin sous le porche
Mentre el sol esperavem
Tandis qu’en attendant le soleil
I els carros veiem passar
Nous regardions passer les charettes

Siset, que no veus l’estaca
Siset, ne vois-tu pas le pieu
On estem tots lligats ?
Où nous sommes tous attachés ?
Si no podem desfer-nos-en
Si nous ne pouvons nous en défaire
Mai no podrem caminar !
Jamais nous ne pourrons nous échapper !

[Refrany]
[Refrain]
Si estirem tots, ella caurà
Si nous tirons tous, il tombera
I molt de temps no pot durar
Cela ne peut durer plus longtemps
Segur que tomba, tomba, tomba
C’est sûr il tombera, tombera, tombera
Ben corcada deu ser ja.
Bien vermoulu il doît être déjà.
Si tu l’estires fort per acqui
Si tu le tires fort par ici
I jo l’estiro fort per alla
Et que je le tire fort par là
Segur que tomba, tomba, tomba,
C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,
I ens podrem alliberar.
Et nous pourrons nous libérer.

Pero Siset fa molt temps ja
Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps
Les mans se’m van escorxant !
Mes mains à vif sont écorchées !
I quan la força se me’n va
Et alors que les forces me quittent
Ella és més ample i més gran.
Il est plus large et plus haut.

Ben cert sé que està podrida,
Bien sûr, je sais qu’il est pourri,
Pero és que, Siset, costa tant !
Mais, aussi, Siset, il est si lourd !
Que a cops la força m’oblida
Que parfois les forcent me manquent
Tornem a dir el teu cant :
Reprenons donc ton chant :

[Refrany]
[Refrain]

L’avi Siset ja no diu res
Grand-père Siset ne dit plus rien
Mal vent que se’l va emportar
Un mauvais vent l’a emporté
Ell qui sap cap a quin indret
Lui seul sait vers quel lieu
I jo a sota el portal
Et moi, je reste sous le porche

I quan passem els nous vailets
Et quand passent d’autres gens
Estiro el col per cantar
Je lève la tête pour chanter
El darrer cant d’en Siset,
Le dernier chant de Siset,
Lo darrer que em va ensenyar
Le dernier qu’il m’a appris :

[Refrany] (x2)
[Refrain] (x2)

En Espagnol :

El viejo Siset me hablaba
al amanecer, en el portal,
mientras esperábamos
la salida del sol
y veíamos pasar los carros.

Siset: ¿No ves la estaca
a la que estamos todos atados?
Si no conseguimos
liberarnos de ella
nunca podremos andar.

Si tiramos fuerte, la haremos caer.
Ya no puede durar mucho tiempo.
Seguro que cae, cae, cae,
pues debe estar ya bien podrida.

Si yo tiro fuerte por aquí,
y tú tiras fuerte por allí,
seguro que cae, cae, cae,
y podremos liberarnos.

¡ Pero, ha pasado tanto tiempo así !
Las manos se me están desollando,
y en cuanto abandono un instante,
se hace más gruesa y más grande.

Ya sé que está podrida,
pero es que, Siset, pesa tanto,
que a veces me abandonan
las fuerzas.
Repíteme tu canción.

Si tiramos fuerte …

Si yo tiro fuerte por aquí …

El viejo Siset ya no dice nada;
se lo llevó un mal viento.
– él sabe hacia donde -,
mientras yo continúo
bajo el portal.

Y cuando pasan
los nuevos muchachos,
alzo la voz para cantar
el último canto
que él me enseñó.

Si tiramos fuerte …

Si yo tiro fuerte por aquí,
y tú tiras fuerte por allí,
seguro que cae, cae, cae,
y podremos liberarnos

Rencontre-débat du mardi 21 avril avec Evelyn MESQUIDA sur La Nueve.

Une soirée réussie, instructive et conviviale.

La rencontre débat du 21 avril 2015, à 18h aux Halles de Tours, était la première activité publique organisée par notre association depuis sa création en décembre 2014.

Environ 80 personnes ont assisté à cette soirée où l’invitée était Evelyn MESQUIDA journaliste espagnole et écrivain, auteure du livre « La Nueve », cette compagnie de soldats républicains espagnols, de la division Leclerc, qui sont entrés les premiers à Paris pour libérer la capitale le 24 aout 1944.

Luis a d’abord présenté notre association, la genèse de sa création, ses futurs projets et invité les nouveaux participants intéressés à adhérer.

Evelyn a ensuite présenté et fait une synthèse de son livre qu’elle a été amenée à écrire presque par hasard puisque c’est en travaillant en 1998 sur les camps de réfugiés du littoral qu’un espagnol lui a montré une photo de La Nueve dont elle ignorait l’existence, comme beaucoup, car oubliés par l’histoire officielle.

Elle a alors décidé d’écrire l’histoire des hommes qui constituaient cette compagnie si particulière, ces anciens combattants de la République espagnole issus notamment des mouvements libertaires et des diverses tendances combattant le fascisme.

Elle a réussi à retrouver neuf anciens de La Nueve qui ont survécu et dont elle a recueilli les témoignages.

Elle évoque également les principaux acteurs français de cette période, dont le général de Gaulle, le général Leclerc et le capitaine Dronne qui commandait cette compagnie.

Elle développe en particulier l’étonnant respect réciproque que partageaient ces hommes et le général Leclerc (Philippe de Hauteclocque de son vrai nom), grand aristocrate français.

Les participants ont pu ensuite échanger avec Evelyn. Plusieurs questions ont porté sur le contexte de l’époque de la libération et des années « gaullistes » qui ont suivi, durant lesquelles ces évènements ont été quelque peu « oubliés ».

La soirée s’est terminée par un pot dinatoire de l’amitié, autour de boissons et de plats espagnols préparés par certains participants.

Merci à tous.

Merci à Evelyn MESQUIDA pour sa venue, sa gentillesse et sa présentation très intéressante.

http://www.cherche-midi.com/theme/La_Nueve,_24_aout_1944-Evelyn_MESQUIDA_-9782749120461.html

Hymne de la Seconde République Espagnole

Aujourd’hui c’est le 84eme  anniversaire de la proclamation de la Seconde République Espagnole.  Régime politique qui avec ses vertus et défauts , essaya d’implanter et de développer la liberté, l’égalité et la fraternité en Espagne.  Autrement dit, de démocratiser et de moderniser le pays.

Trouver ci-dessous une vidéo sous-titré de l’hymne de Riego,l’hymne de la Seconde République.

La seconde République espagnole

Le 14 avril 1931 était proclamée la Seconde République espagnole. Nous célébrons cette année le 84 ème anniversaire. Les mesures contenues dans le programme des Républicains en matière d’éducation, de culture, de nouveaux droits pour les femmes, pour les travailleurs, des villes et des champs, contre le pouvoir de l’Eglise soulevèrent un immense espoir dans le peuple espagnol. Elles ne furent pas toutes mises en œuvre pendant cette courte période. Le Front Populaire victorieux en février 1936, qui rassemblait largement les démocrates et les révolutionnaires, redonna un nouveau souffle à ces espérances. Ces orientations furent l’élément constitutif des valeurs républicaines d’égalité et de justice portées par les exilés espagnols. Ce sont ces valeurs et ces mémoires que nous voulons faire vivre, dans toutes leurs diversités, avec la volonté de rassembler, sans vouloir occulter les différences et les divisions qui ont marqué cette période de l’Histoire. C’est là, aussi, toute la richesse des Républicains espagnols.

L’exposition de David Garcia sur la Seconde République sera présentée à Tours dans le premier trimestre 2016.
Cliquez sur ce lien pour y accéder

Liens aux bases récapitutalives d’articles sur la Guerre Civile espagnole et la Mémoire des journaux espagnols « El País » et « Público »

Trouver ci-joint  les liens aux bases récapitulatives d’articles sur la Guerre civile espagnole, l’après-guerre et la Mémoire apparus dans les journaux « El País » et « Público » ( mis à jour de façon automatique par les journaux concernés). Il y a des récits personnels, biographiques, les avis des historiens sur les sujets, des actualités, la recherche des victimes des fusillades de la répression…. En plus, sur la base de données de « Público » on peut accéder au sommaire que le juge Baltasar Garzón a instruit contre le régime franquiste. Tous les articles sont en espagnol.

http://elpais.com/tag/guerra_civil_espanola/a/196

http://especiales.publico.es/es/memoria-publica/documentacion.php  (cliquer sur Actualidad pour lire les articles)

 

Bonne lecture!

Les massacres oubliés de la guerre d’Espagne : « La carretera de la muerte »

Une information de Dolorès : conférences-débats le 25 avril 2015 à Toulouse.

Du 8 au 12 Février 1937 un massacre essentiellement de civils femmes, enfants, blessés et vieillards eut lieu sur la route qui menait de pauvres gens fuyant la répression franquiste  de Malaga à Almeria, route qui fut alors baptisée Carretera de la muerte. Tragique destin pour ces républicains espagnols désarmés qui, poursuivis par les unités de Queipo de Llano, le boucher de Séville puis de Malaga, seront bombardés par l’aviation et les navires des pays de l’axe. Les haines fascistes se déchaînant, bien qu’il y ait eu beaucoup plus de morts qu’à Badajoz ou qu’à Guernika ce massacre est à peine connu tant en France qu’en Espagne.

Espagne 36-39 les massacres oubliés

La Nueve le 21 avril à Tours

Le 24 août 1944, 150 soldats, républicains espagnols, de la France libre entraient dans Paris occupé, avec la 9ème compagnie de la 2ème Division Blindée de l’armée du Général Leclerc. Les blindés s’appelaient Guernica, Guadalajara, Ebro, Don Quichotte, Teruel…
Nous allons honorer le 21 avril prochain ces héros oubliés de la Nueve dans une rencontre avec Evelyn Mesquida. Elle dédicacera son livre qui sera en vente ce soir là.

Sur le site 24 août 1944 de nombeux articles vous informent sur cette période.

http://www.24-aout-1944.org/-Articles-presse-

Je vous invite aussi à regarder avec attention le documentaire « La Nueve ou les oubliés de la victoire » qui retrace à travers des témoignages émouvants ce grand moment de notre Histoire.

L’association Retirada 37 a été créée pour faire vivre l’action de ces républicains espagnols exilés en France : combattants de la Nueve et aussi les nombreux résistants espagnols en France qui ont combattu pour la Libération de notre pays.

La bête immonde ressurgit aujourd’hui en Europe, en France sous des formes qui se voudraient plus « civilisées ». Nous avons le devoir de les dénoncer, de les combattre avec la même force. Les républicains espagnols, mais aussi les Brigades Internationales nous ont appris que la lutte contre le fascisme, contre la barbarie nazie est universelle. A nous de perpétuer ces valeurs, ces mémoires.

NO PASARAN !

Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés

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