Un nuage Espagnol

Un hommage aux Républicains espagnols de la « Nueve » par Serge Utgé-Royo, auteur-compositeur-interprète, fils d’exilés républicains de la guerre d’Espagne.
Ses chansons disent une réalité violente, absurde, révoltante ; elles évoquent l’Histoire des hommes et des femmes, ses utopies, ses horreurs aussi…
Son regard est celui d’un citoyen observant sa planète, qui vit, cherche à comprendre, rit, se moque, s’insurge, aime, chante…

 

No Pasaran !

Centre Culturel Communal
Saint-Pierre-des-Corps Vendredi 23 février 2018 à 20h
Concert – SERGE UTGE-ROYO 

Spectacle renouvelé à l’occasion de l’anniversaire : 1936-2016, dans lequel Serge Utgé-Royo, fils d’exilés catalan-castillan, revient aux sources et rassemble ses propres chansons portant la mémoire et les espoirs des siens, ainsi que des chants de la guerre d’Espagne et des poèmes (Hernandez, Celaya, Jara… des chansons de Llach, Ibañez…)

En première partie Véro LP chante Golondrina, la parole des poètes et l’effervescence d’un monde où la rue est le décor du grand théâtre de la vie, à travers un répertoire de chansons populaires d’Espagne et d’Amérique Latine : des tangos argentins aux coplas espagnoles.

Serge Utgé-Royo est compositeur- interprète, comédien, et traducteur. A son actif, plus de 200 chansons, une quinzaine d’albums, de nombreuses aventures discographiques collectives, avec, entre autres, Moustaki, Higelin, Théodorakis, Lluis Llach… Plusieurs recueils de poèmes ont été publiés, ainsi qu’un roman historique, un conte, des nouvelles… 

Article de Jean Ortiz Mercredi, 14 Février, 2018 – Fosses communes, disparitions forcées, affaire « Renée Lafont »… : l’Espagne hors la loi. Une exception macabre, selon Amnesty International

SIGNEZ  LA PETITION

https://www.mesopinions.com/petition/politique/journaliste-francaise-fosse-commune-espagne-1936/39169

Selon les estimations actuelles, études, recherches, il reste en Espagne, dans 2052 fosses communes recensées, entre 115 000 et 150 000 suppliciés, victimes du franquisme, dont les squelettes s’entassent dans ces fosses communes, près ou dans les cimetières. Les phalangistes fusillaient le plus souvent contre les murs des cimetières.

Selon l’historien Julian Casanova, plus d’un million de personnes furent victimes de la répression (globalement de classe). De nombreuses villes possèdent des fosses communes de plusieurs milliers de corps : deux mille dans chaque cimetière de Cordoue. N’importe quelle province du sud-ouest de l’Espagne, compte plus de « disparus » que le Chili. Le franquisme ne fut pas un simple « golpe » suivi d’une dictature « comme les autres », mais l’application programmée, méthodique, systématique, d’un plan d’extermination de l’Espagne « Républicaine », incarnation du mal absolu. Des historiens de premier plan, comme Paul Preston, parlent même de « génocide ». Dans la zone cordouane, dans « la Campiña », la répression franquiste fut féroce et la violence structurelle. Tous les moyens furent utilisés pour « nettoyer », pour faire « disparaître »… L’historien Francisco Moreno Gómez y a consacré trente ans de recherches et d’écriture. On comprend donc pourquoi la journaliste française Renée Lafont gît dans une fosse commune de 2000 fusillés, oubliée de tous, alors que des bourreaux se promènent dans les rues et se pavanent aux terrasses des bistrots en toute impunité. Un « Etat de droit » est incompatible avec l’impunité. Pourquoi donc s’étonner si « la fondation Franco », financée par les deniers publics, cultive encore en toute « légalité », grâce à la loi d’amnistie de 1977 « el ideario » (la pensée) du dictateur. Elle échappe à l’illégalisation qu’elle mériterait.

Hier, le conseil municipal de Cordoue (majorité PSOE- Izquierda Unida ; et les voix de « Ganemos » (« Podemos »), en session plénière, a décidé de débaptiser 15 noms de rue qui renvoient au franquisme. Le PP et Ciudadanos s’y sont globalement opposés, dans un climat de grande tension, affichant sans vergogne, comme les autorités nationales (la « bande à Rajoy »), un mépris insupportable par rapport aux victimes et à leurs descendants, nombreux, présents dans la salle… C’est qu’il s’avère impossible d’honorer les morts sans dénoncer leurs assassins.

En soulevant « l’affaire Renée » nous mettons face à leurs responsabilités les autorités françaises et espagnoles. La législation internationale en matière de « crimes contre l’humanité » est contraignante. L’Etat espagnol ne l’applique pas. Depuis plus de 10 ans, plusieurs rapports de l’ONU (3 en 2009) ont accusé l’Espagne de prétexter de la loi d’amnistie pour ne pas enquêter sur les crimes contre l’humanité et ne pas entendre les victimes. Le droit international exclut de la possibilité d’amnistie les délits d’arrestations illégales et de disparitions forcées. Aucune structure n’a été mise en place à l’échelon national, notamment pour récupérer les corps. L’Espagne n’applique pas non plus les recommandations de la Convention européenne pour la défense des droits de l’homme, ni la loi de mémoire de 2007, ratifiée par IU-ICV, le PSOE, pourtant bien timorée et minimaliste. Une loi, considérée le 27 septembre 2008 par le Cardinal ultra-conservateur Rouco, archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale, comme « non nécessaire ».

L’ouverture des fosses met en cause la « transition » que l’on nous a présentée comme « modélique », et dont toute l’architecture est aujourd’hui ébranlée, notamment par la crise catalane. L’ouverture des fosses gêne tous ceux qui voudraient « tourner la page sans l’avoir lue », tous ceux qui redoutent que demain l’Espagne redevienne républicaine, multiple, plurielle, sociale, une « Espagne de toutes les Espagne ».helon national, notamment pour récupérer les corps. L’Espagne n’applique pas non plus les recommandations de la Convention européenne pour la défense des droits de l’homme, ni la loi de mémoire de 2007, ratifiée par IU-ICV, le PSOE, pourtant bien timorée et minimaliste. Une loi, considérée le 27 septembre 2008 par le Cardinal ultra-conservateur Rouco, archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale, comme « non nécessaire ».

 

L’ouverture des fosses met en cause la « transition » que l’on nous a présentée comme « modélique », et dont toute l’architecture est aujourd’hui ébranlée, notamment par la crise catalane. L’ouverture des fosses gêne tous ceux qui voudraient « tourner la page sans l’avoir lue », tous ceux qui redoutent que demain l’Espagne redevienne républicaine, multiple, plurielle, sociale, une « Espagne de toutes les Espagne ».

Mardi 20 février 18h30 Bibliothèque Saint-Pierre-des-Corps avec Jean ORTIZ

Après les deux soirées réussies avec Claire Rol-Tanguy et Patrick Amand mardi dernier  et avec Edouard Sill hier, avec plus de 100 participants à chaque fois,

soyons nombreux à la soirée, suivie d’un débat avec la participation exceptionnelle de Jean ORTIZ, après la diffusion du Documentaire « Brigades Internationales. Entre mémoire et silence » de Dominique Gautier et Jean Ortiz

Ce documentaire de 25 minutes, tourné en juin 2016 à Albacete, dont le propos est de savoir ce qu’il reste aujourd’hui du « grand récit » des Brigades Internationales, de leur engagement, de leur exemple, de leurs valeurs, sera projeté à la Bibliothèque de Sant-Pierre-des-Corps le mardi 20 février à 18h30 en présence de Jean ORTIZ.
Il y plus de 80 ans,  des volontaires du monde entier, majoritairement ouvriers, arrivaient à Albacete, base des Brigades Internationales… Le 18 septembre 1936, le Présidium de l’Internationale Communiste, réuni à Moscou, avait décidé de « procéder au recrutement parmi les ouvriers de tous les pays de volontaires ayant une expérience militaire en vue de leur envoi en Espagne ». 35 000 au total, de 53 pays.
Au même moment, les « démocraties occidentales » choisissaient de renforcer la « farce sinistre » de la « non intervention », destinée en réalité, sous couvert de « neutralité », à « apaiser Hitler », à étouffer la République espagnole en l’empêchant de recevoir l’aide internationale et en premier lieu l’aide militaire de l’Union Soviétique, seul pays avec le Mexique, qui décida, dans les conditions de l époque, avec ses parts d’ombre, de fournir assistance militaire aux antifascistes espagnols. Les classes dominantes anglaises, françaises, elles, avaient choisi leur camp dès le départ : en finir avec les « rouges frontpopulistes », avec la « menace » ouvrière, avec les puissants syndicats espagnols, avec cet exemple contagieux.
Au même moment (13 octobre 1936) les premiers groupes de volontaires internationaux rejoignent Albacete (pour quelques séquences de formation), mal équipés, peu expérimentés, vivant dans des conditions précaires… Ils seront envoyés pourtant souvent en première ligne… En ce début de novembre, lorsque les Brigades commencent à se déployer à Madrid, la capitale est sur le point de tomber aux mains des factieux, puissamment soutenus par Mussolini, Hitler, Salazar, et la banque.
La démoralisation, la parano, le chaos, commencent à s’installer… On se bat au corps à corps dans les faubourgs de Madrid. Le peuple de Madrid, ne fléchit pas, encouragé par cette arrivée d’amis solidaires de tous les pays ; il redouble de courage. Les miliciens, essentiellement communistes du PCE, militants jeunes de la JSU, anarchistes de la CNT-FAI, simples républicains, avec les Brigadistes, sauvent la capitale.
Les premiers avions soviétiques , modernes, apparaissent dans le ciel de Madrid, et les chars dans les faubourgs… Les fournitures soviétiques sont payées par le gouvernement d’union du socialiste Largo Caballero (qui a décidé à l’unanimité de mettre en sécurité à Moscou l’or de la Banque d’Espagne), puis du docteur Negrin, socialiste. Le gouvernement lui, sans trop de courage, a quitté la capitale pour Valence, laissant Madrid « aux mains » des milices, d’une « Junte de défense » populaire, d’officiers républicains (Miaja, peu convaincu malgré son aura, et surtout Rojo, l’âme de la résistance militaire), du célèbre « Quinto Régiment », organisé par les communistes… « No pasarán ! ». Ils ne sont pas passés ! Mais à quel prix… Le général Mola, cerveau du « golpe », à la tête des troupes du nord, prévoyait une victoire rapide… « Boire le café Puerta del Sol dans quelques jours », avait-il fanfaronné… Le café refroidira.
Le plus souvent au feu, à l’avant, les Brigades Internationales, dont certaines furent décimées lors des combats de la défense de Madrid, puis en Andalousie, en Aragon, malgré les frictions, les affrontements inter-Républicains, donnèrent un exemple extraordinaire d’engagement solidaire, d’internationaliste, de conviction en actes.
Aucune entreprise révisionniste de réécriture de l’histoire ne parviendra, si nous prolongeons leur mémoire et leur combat, à stigmatiser ces héros qui pour beaucoup finirent dans les « camps de concentration » français (gouvernement radical-socialiste Daladier-Sarraut-Bonnet) du Roussillon, de Gurs, maltraités, surveillés, « suspects », « indésirables » « Liste S ». Des Brigadistes furent livrés aux Allemands. La majorité de ceux qui rentrèrent en URSS tombèrent, victimes de la répression stalinienne.
Par-dessus tout, il reste l’éclat de l’altruisme solidaire, aussi nécessaire aujourd’hui qu’alors.

108 personnes ont assisté au débat animé par Édouard Sill ce vendredi 16 février 2018

Une assistance nombreuse s’est déplacée pour écouter l’historien Édouard Sill lors de sa conférence sur les volontaires anarchistes et révolutionnaires lors de la guerre/révolution en Espagne de 1936 à 1939. Le tout suivi par une intervention appréciée de la chorale « La P’tite Rouge de Touraine ».

Les volontaires internationaux anarchistes et révolutionnaires durant la guerre civile

Édouard Sill, doctorant en histoire contemporaine à l’École Pratique des Hautes Études (EPHEE), viendra nous parler du mouvement anarchiste pendant la guerre d’Espagne : « Ni Franco, ni Staline ». Elle sera suivie d’un moment convivial avec la chorale « La P’tite Rouge de Touraine » qui chantera quelques chansons adaptées à cette période.
Cela se déroulera le vendredi 16 février, à 18h30, à la bibliothèque de Saint Pierre des Corps.

Ci dessous, en lien, la série d’émissions qu’avait réalisé par Édouard Sill pour « Demain Le Grand Soir » en 2006, sur les ondes de « Radio Béton ». Elles étaient consacrées à la révolution espagnole de 1936 et nous donne une avant gout du débat de vendredi prochain :
http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1538

Faire vivre les mémoires et les valeurs des Républicains espagnols exilés

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