Tous les articles par Georges Pares

Des dates à ne pas oublier ….

  • Mardi 4 avril : venue à Tours du groupe de poètes espagnols engagés éditeurs de la revue poétique « Fake » (à León), pour une lecture-spectacle (lecture de textes publiés dans la revue et intermèdes musicaux-guitare, saxophone, voix) au 3° étage de la B. U. Tanneurs, à Tours.
  • Jeudi 6 avril : soirée CNP au Studio « Les femmes dans luttes armées aujourd’hui », à 20 h (CNP, Osez le féminisme, Retirada 37). Documentaire « Femmes contre Daech »  de Pascale Bourgaux, débat avec Edouard Sill, historien.
  • Vendredi 31 mars :
  • Exposition de David Garcia « L’œuvre réformatrice de la seconde République espagnole, 1931-1936. Réalisations et héritages ». Salles Varennes et Walsort à Noizay, à partir de 14h.
  • Des collégiennes présentent leur film enquête sur les réfugiés espagnols de Noizay, à 19h au Collège Anatole France, Tours.
  • Autour des réfugiés espagnols de Noizay : présentation d’archives, enquête filmée « Sur les traces des réfugiés espagnols de Noizay », intervention de Retirada 37 et David Garcia, à 20 h salle Bernache à Noizay.
  • Samedi 10 juin : nuit du cinéma au Studio, de 18 h à l’aube.
  • Jeudi 22 juin : projection du film « Federica Montseny, l’indomptable » en présence du réalisateur Jean-Michel Rodrigo, à 20 h au Plessis, à La Riche.

Cathy FELIX : les écrivains et la mémoire

La guerre d’Espagne a été une guerre emblématique et des journalistes et des écrivains venus du monde entier se sont engagés aux côtés des Républicains contre le fascisme. Comment ces écrivains ont-ils contribué à forger la mémoire de la Guerre Civile pendant que la dictature muselait les écrivains en Espagne ? Après la mort de Franco, comment les écrivains espagnols ont-ils contribué au réveil d’une mémoire massacrée ?

CONFERENCE ECRIVAINS ET MEMOIRE

El caminar hacia el último viaje (Le chemin vers le dernier voyage)

Toujours à propos d’António MACHADO : un petit livre  qui relate le dernier voyage de Don Antonio MACHADO, de Madrid à Collioure où il décèdera.

Antonio MACHADO. Le chemin vers le dernier voyage. De Monique ALONSO et António TELLO. Edition bilingue français/castillan. Editions Mare Nostrum Perpignan.

 

 

Un auteur à lire, à relire ou à découvrir : Agustín GOMEZ – ARCOS

Agustín Gómez-Arcos est né à Almería (Andalousie) le 15 janvier 1933 et est décédé à Paris le 20 mars 1998 à l’âge de 65 ans.

C’est un écrivain espagnol de tendance libertaire, d’expression espagnole et française.

Après des études de droit, il quitte l’université pour le théâtre. Certaines de ses pièces ayant été interdites, il quitte l’Espagne pour la France en 1966. Il est l’auteur de romans traduits dans le monde entier.

L’Agneau carnivore est son premier roman écrit en français ; le narrateur y évoque son enfance dans l’Espagne franquiste, l’inceste et l’homosexualité.

Mais d’autres romans sont davantage connus, notamment Ana Non qui a fait l’objet d’une adaptation à la télévision par Jean Prat en 1985.

Trois récompenses lui ont été attribuées : le prix du LIVRE INTER en 1977, à sa parution, le prix THYDE-MONNIER « Société des gens de lettres », le prix ROLAND DORGELES en 1978.

Ce livre, c’est l’histoire d’un voyage, mais d’un voyage très particulier qui est à la fois un et multiple : voyage à travers une vie, voyage d’amour, voyage initiatique et imaginaire, voyage de mort et voyage à travers une époque.

C’est le voyage que va accomplir l’héroïne, Anna Paucha, Anna la rouge, Anna NON, à pied, en suivant la voie de chemin de fer pour monter vers le nord de l’Espagne.

Avant, Ana était comblée, sa vie se résumait à peu de choses : un homme, trois fils, la République et une barque.

Mais la guerre civile va anéantir ce bonheur qu’elle croyait à jamais acquis. Elle perd le mari et les deux fils ainés. Le cadet, « le petit », 52 ans, accusé d’être un rouge, est en prison dans les geôles franquistes dans le nord de l’Espagne, depuis 30 ans et pour toujours.

Et c’est portée par l’espérance folle de pouvoir embrasser son fils une dernière fois, qu’à 75 ans, elle entreprend ce voyage emportant avec elle pour tout bagage, un pain qu’elle a confectionné «un pain aux amandes, huilé, anisé et sucré comme un gâteau », un pain comme il les aimait.

Ce gâteau va être le « cordon ombilical » imaginaire qui la relie à son fils et qui va lui permettre de se maintenir vivante tout au long du voyage malgré les épreuves qu’elle va devoir subir.

Tout au long de ce voyage, la mort, cette « putain » avec laquelle elle va dialoguer, se confier, l’appelant, la repoussant, est omniprésente.

Ces épreuves, ces dialogues avec la mort, sa confidente, vont lui permettre de retrouver une conscience politique et une identité, ainsi que d’apprendre à lire et de se métamorphoser en Ana OUI.

C’est aussi un voyage à travers l’Espagne colorée et typique mais surtout à travers l’Espagne franquiste, avec toutes ses injustices, ses absurdités, ses aberrations, sa misère et ses interrogations. Et l’on voit transparaitre les idées de Gomez Arcos, son anticléricalisme, son ironie et son mépris pour le Caudillo et son aéropage ainsi que sa haine de la patrie.

Franco est ainsi qualifié de « décompositions miniature, d’agonie naine » et son héritier Juan Carlos, de « Bourbon fade et jaune comme une crème tournée ». De même que les curés sont décrits ainsi : « les curés enrobés, folâtrant depuis mâtine comme des donzelles ».

Les autres oeuvres de GOMEZ-ARCOS :

Maria República

Scène de chasse (furtive)

Un oiseau brulé vif

Pré-papa ou roman des fées

L’enfant pain

L’enfant miraculée

L’homme à genoux.

J. Parès.

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Conférence à Argenton-sur Creuse : l’exil républicain en France

ARGENTON WP_20160116_002ARGENTON SUR CREUSE 001De la part de Mar-y-Luz CARINO LOPEZ

Dans le cadre de l’Université Populaire d’Argenton-sur-Creuse (UPAC, 69 rue Auclert Descottes, 36200 Argenton-sur-Creuse, courriel : upopargenton36@orange.fr), une conférence est organisée  avec la participation de Geneviève Dreyfus-Armand :  « L’exil républicain espagnol en France : de l’histoire à la mémoire ».

Cliquez sur l’image.

Entrée : 2 € pour les adhérents, 5 € pour les non adhérents.

Maternité suisse d’Elne (66) : la mémoire retrouvée

Maternité suisse photoDe la part d’Alice CHANIOUX

LA MEMOIRE RETROUVEE

Autour d’une exposition au Musée Terrus d’Elne (Pyrénées Orientales) « Un berceau d’humanité au cœur de l’inhumain », une belle histoire racontée : celle de la maternité Suisse d’Elne, installée dans le château d’En Bardou (vieille famille roussillonnaise).

Ce lieu a d’ailleurs été classé monument historique pour que personne n’oublie le combat d’une femme : Elisabeth EIDENBENZ, membre du secours Suisse aux enfants d’Espagne, elle sera l’âme et la cheville ouvrière de ce lieu de vie et d’espoir.

Le maire d’Elne, lui même petit fils de Républicains Espagnols, outré par la façon dont la France avait « accueilli » ces réfugiés qui fuyaient l’Espagne fasciste de Franco, les rescapés de la Retirada, disait que pour beaucoup, la seule chose qui leur soit arrivé de bien en France, c’était leur passage à Elne car « la Republica volvia la espalda a la Republica »  (la République – française – avait tournait le dos à la République – espagnole).

C’est   lui qui a remué «  ciel et terre » pour que ce lieu soit restauré et cette histoire connue.

En effet, entre 1939 et 1944, durant 5 ans, 600 enfants de mères Républicaines (principalement) sont nés dans cette maternité, mères extraites des camps de prisonniers du sud (Rivesaltes, Le Barcarès, Argelés, Saint Cyprien) où elles survivaient à grand peine. En plus de ces naissances, un millier de femmes et d’enfants seront ici accueillis, dans un îlot de paix, échappant ainsi à l’horreur !

Un film de Frédéric Goldbronn a retracé cette histoire en 2002.

On peut retrouver également sur Wikipédia   « Mémoria   del exilio »,   une émouvante interview d’Elisabeth (en espagnol) qui est décédée en 2011.

La Reine Sophie d’Espagne a d’ailleurs décoré le maire d’Elne (en l’absence de l’héroïne), au nom de son pays, la Région ( la Provencia )de Catalogne en a fait de même !

La restauration de ce lieu est quasiment terminée.

Les enfants d’Elisabeth s’y retrouvent déjà avec leurs descendants car Elisabeth EIDENBENZ avait pris soin de photographier chaque enfant pour que les mamans aient un souvenir. Elle donnait un prénom espagnol aux bébés de mamans juives pour qu’ils échappent à la Gestapo, cela a failli lui coûter la vie !

Pour en savoir plus :

http://www.ville-elne.fr/fr/information/71625/la-maternite-suisse

http://www.racontemoilhistoire.com/2015/09/20/elisabeth-eidenbenz-maternite-suisse/

 

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